Glossaire de la psychothérapie
Définissons, définissons et redéfinissons, il en restera quelque chose, une pensée mieux construite, au maillage conceptuel plus solide, exactement ce qu’il nous faut.
A
Accréditer, accréditation, accréditement
I – accréditer
a) Accréditer c’est d’abord faire reconnaître quelqu’un comme son représentant auprès de quelqu’un d’autre. On accrédite par une lettre de créance la personne qui nous représente et que nous mandons auprès d’une autre. Il s’agit d’une délégation d’autorité.
b) D’où en langage courant l’idée d’attribution de crédibilité. Ainsi dans l’item 11 du TLF :
11. « Le mauvais grec que parlait Paul, sa phrase incorrecte et haletante, n’étaient pas faits pour l’accréditer à Athènes. »
E. RENAN, Histoire des origines du Christianisme, Saint Paul, 1869, p. 190. »
On peut donc accréditer une information inexacte en fabriquant de fausses preuves, comme ce fut le cas récemment à propos de la prétendue « théorie du genre ». Ainsi Bernard Accoyer accréditait la rumeur que les psychothérapeutes seraient des charlatans. Comme l’écrit Gide, Journal, 1929, p. 960 : « C’est ainsi que le faux-semblant s’accrédite. »
On n’est pas très loin de l’auto-proclamation, par quoi une personne accrédite elle-même la fausse idée qu’elle est professionnelle légitime en se contentant de diffuser l’information inexacte évidemment sans référence à l’instance qui l’autoriserait.
II – accréditement
on trouve au TLF :
« 1. Acte par lequel un chef d’État délègue à un ambassadeur l’autorité nécessaire pour agir en qualité de représentant de cet État.
2. Acte par lequel un ambassadeur est reconnu comme représentant d’un État par le chef de l’État auprès duquel il est envoyé :
L’accréditement est différent de la nomination : celle-ci est un acte de droit interne; le double accréditement d’un ambassadeur (par le chef de l’État qui envoie celui-ci et par le chef de l’État auprès duquel il est envoyé) a au contraire un caractère international.
G. VÉDEL, {Manuel élémentaire de droit constitutionnel, 1949, p. 524}. »
On pourrait soutenir que par extension avec l’accréditement nous tenons le système à double détente qui caractérise la confirmation (après reconnaissance) d’un psychopraticien relationnel®. Le diplôme (reconnaissance par l’école) relève du « droit interne » : une école délivre un diplôme. L’autorisation d’exercer est conférée par un syndicat, ou un organisme accréditeur autorisé, à un professionnel (diplômé certes, c’est la moindre des choses, il remplit les conditions de nécessité de compétence : certification – le deuxième des Cinq critères) qui le confirme comme praticien et de ce fait l’intégrant au réseau solidaire de ses pairs, l’adresse et recommande au public. En qualité de professionnel éprouvé par ses pairs expérimentés, représentant l’institution professionnelle historique responsable, le voici autorisé et sa pratique solidairement garantie.
Ainsi le titre d’exercice professionnel privé [autoréglementation] (de psychopraticien relationnel®)(1) vient couronner le diplôme, littéralement confirmer le praticien sur le plan de sa pratique professionnelle, de l’exercice même de son métier. On trouve exactement la même chose – non, pas exactement, précisément – avec les psychologues, diplômés psychologues cliniciens d’une part, bénéficiaires du titre d’exercice (de nouvelle désignation [réglementation datant de 2010]) de psychothérapeute d’autre part. Au détail près que dans ce cas de figure ledit titre d’exercice se voit attribuer automatiquement sur simple démarche administrative d’inscription auprès d’une ARS. Alors que le titre d’exercice délivré par des professionnels (regroupés sous le sigle GLPR) soumis aux Cinq critères et particulièrement au Cinquième – dit de la « validation par les pairs » – la garantie solidaire se voit attribuée lors d’une véritable passation devant des professionnels confirmés, responsables scientifiques et caution éthique du bon exercice du métier.
La question de la distribution, de la façon dont sont dispensés ces accréditements dans le cadre de référence du GLPR, on l’a vu en examinant les différents points d’attribution de « titres », demeure complexe voire compliquée [rédaction au 11 mars 2014], peut-être évolutive, en tout cas indispensable.
La complexité est à son comble quand on sait que des professionnels du simple accompagnement psychologique, on pourrait parler de professionnels de la relation d’aide (counseling), ne se tiennent pas toujours à distance respectueuse de la psychothérapie. L’exemple sémantique certes vient de loin, avec Carl Rogers (1951), les deux champs en pays anglo-saxons étant poreux l’un à l’autre. Question restée entrouverte, attention aux courants d’air. On peut soutenir cependant que précisément les époques et contextes ne sont plus les mêmes et que dans notre pays nos institutions professionnelles historiques tiennent de façon mieux définie les choses en main.
III. accréditation / accréditement
– Le champ sémantique du terme accréditation promet et permet beaucoup : acceptation, consentement, accréditement, agrément, autorisation, attribution de permis, avec comme antonymes refus, objection. On ne serait pas loin de l’attribution du permis… d’exercer.
– Toutefois c’est bien accréditement qui permet de comprendre le mécanisme à double détente qui fait passer de la reconnaissance (diplôme) de l’école à la confirmation par l’attribution du titre d’exercice professionnel (i.e. délivré par la profession en tant qu’organisée et responsable).
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Création 11 Mars 2015 – Mises à jour : 1er novembre 2015 –
- 1 Ou de psychopraticien agréé (PSY’G) ou de psychopraticien certifié (FF2P), le tout garanti conjointement dans le cadre du GLPR.
- praticien
- autoréglementation
- méthode
Système de fichage administratif des professions paramédicales – dont les psychologues, et maintenant les psychothérapeutes Accoyer.
« Chaque professionnel de santé, psychiatres compris, ainsi que les psychologues et psychothérapeutes(1), doivent s’inscrire sur cette liste d’Automatisation DEs LIstes (ADELI), gérée par la DDASS. Ainsi un numéro professionnel est attribué, permettant la pratique professionnelle. Arrêté du 27 mai 1998″. In Wikipédia
Ainsi les psychopraticiens relationnels (SNPPsy), non paramédicalisés, ne relèvent pas de cette mise en liste. Ils relèvent d’un altertitre professionnel garanti par un des 4 organismes membres du GLPR.
- 1 Au sens nouveau de psychothérapeutes Accoyer. NdlR.
AEP Association européenne de psychothérapie
EAP
en globish.
« L’EAP, fondée le 30 juin 1991 à Vienne, se déclare « représentée dans 46 pays européens », et réunir environ 200 organismes regroupant environ 120.000 psychothérapeutes. Lire la suite«
La crédibilité de l’institution du CEP ne répond plus à son projet initial, consistant à s’efforcer d’imposer aux États un statut professionnel de type européen pour la psychothérapie, au sens large du terme – la question du sens de ce terme faisant problème comme on sait. Le principe de subsidiarité ayant joué de nombreux états européens se sont dotés d’une législation propre réglementant le titre d’exercice (et non diplôme) de psychothérapeute. Si bien que la prétention à un certificat européen s’est vue réduite à un mécanisme professionnel autorégulateur alternatif, souvent présenté sous des dehors pseudo officiels (le CEP n’est en rien une institution européenne au sens politique commun du terme), se contentant de valider après retraduction en anglais le diplôme obtenu auprès d’une méthode « scientifiquement reconnue » (une vingtaine en Europe) par l’AEP.
En France la FF2P, fédération d’organismes, sorte de « section française » de l’AEP, en autorisant les professionnels à s’inscrire auprès d’elle à titre individuel, s’est comportée en concurrente déloyale des syndicats (ce qui a provoqué la naissance de l’Affop). À l’issue de la Bataille des charlatans, elle a participé au rapprochement avec des deux syndicats historiques et la fédération dissidente en créant le cadre du GLPR, réunissant depuis février 2012 les Quatre protagonistes historiques responsables avec leurs différences d’orientation et de conception (contenant les tensions internes qui en résultent), en un groupe de liaison, que sa concertation permanente rend politiquement plus efficace.
psychopraticien – nom de métier
Ceci au prix de l’adhésion de la FF2P aux Cinq critères syndicaux. C’est dans le cadre du GLPR que le nom de métier de psychopraticien (à l’origine créé par le SNPPsy) s’est vu adopté par les Quatre et s’est imposé.
titres alternatifs
Le titre lui se déclinant en psychopraticien certifié (FF2P), psychopraticien agréé (PSY’G), psychopraticien relationnel® (Affop-SNPPsy).
- Lacan, rebelle et tragique
- Problèmes de terminologie et de pratiques institutionnelles
- Dangerosité du DSM5
» L’Affop est une fédération qui regroupe des organismes évoluant dans le champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle (née en 2001).
Celle-ci, regroupant diverses méthodes, considère que c’est la relation psychothérapique qui constitue le levier du processus de changement.
« En 1998, dix-neuf organismes de psychothérapie – instituts de formation, sociétés savantes, organismes de praticiens, syndicats professionnels – regroupant des praticiens de la psychothérapie relationnelle exerçant sous le titre de psychothérapeute, de psychologues, de psychanalyste ou de psychiatre, ont fondé l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie, devenue après son Assemblée générale extraordinaire du 16 décembre 2010, l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie relationnelle et de psychanalyse – AFFOP
Ces différents organismes se reconnaissent dans la notion de psychothérapie relationnelle. »
Les deux syndicats professionnels historiques, PSY’G et SNPPsy, fondateurs et ex-membres de la FFdP (Fédération française de psychothérapie en 1995, nommée FF2P à partir de 2006), ont fondé ensuite l’AFFOP en 1998 avec 17 écoles, sociétés savantes et groupes professionnels issus de la FFdP.
Cette scission et refondation conserve pour principe de soutenir et préserver le métier (donc la personne) en amont des méthodes (écoles organisées en centrales européennes). Le système Affop accrédite le praticien et non sa méthode de référence, chargée dans le cadre FFdP de le diplômer puis de retranscrire administrativement ce diplôme en CEP. L’AFFOP publie la liste des praticiens (d’abord reconnus par un diplôme puis) confirmés par leur institution de référence (syndicat – et parfois société savante, la configuration tendant à une complexité que nous abordons dans d’autres entrées), selon le schéma reconnaissance puis confirmation en qualité de praticien.
On ne s’inscrit pas individuellement à cette fédération, qui n’inscrit et enregistre que des organismes. C’est en partie sur cette différence que s’est opérée la scission (clause de non concurrence syndicale).
Cet organisme a le souci de veiller à la qualité de ses accréditements d’organismes, et de façon générale tient davantage à la qualité qu’à la quantité.
Le SNPPsy, membre de l’AFFOP, maintient son indépendance institutionnelle.
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- LE FASCISME S'ADRESSE À NOUS – Faisons lui face et tenons lui tête.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
titre & altertitre d’exercice
I – Il existe deux types de
titre d’exercice
de la psychothérapie.
1) Le titre d’exercice de psychothérapeute réservé aux psychologues cliniciens et aux psychiatres(1)
2) Les trois titres alternatifs ou altertitres professionnels d’exercice, délivrant un soin ni médical ni paramédical(2), garantis conjointement moyennant cinquième critère par les organisations historiques responsables du GLPR :
– psychopraticien relationnel® SNPPsy et Affop(3)
– psychopraticien certifié (FF2P)
– psychopraticien agréé (PSY‘G)
II – tout
autre titre
En dehors de cela, tout autre titre ne tire sa crédibilité que de la seule autorité de l’organisation ou école qui le délivre, aux risques de celui qui recourt aux praticiens qui l’affichent.
Note
: attention, titre d’exercice ne veut pas dire grade, universitaire ou autre, il ne s’agit en aucun cas d’un diplôme.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
mis en ligne 2013 – révisé 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- 1 les psychanalystes se retrouvent à 98% dans l’une de ces deux professions.
- 2 Cela ne peut en aucun cas signifier qu’il ne faille pas recourir aux soins médicaux, bien au contraire dans le cas d’une stratégie complémentaire.
- 3 Bémol : cette fédération détient de fait le pouvoir de déléguer à des méthodes la capacité de délivrer le titre d’exercice professionnel de psychopraticien relationnel® concurremment au SNPPsy, lieu spécifique de résidence de la légitimité professionnelle vs. la légitimité de spécialité. Cette configuration institutionnelle mérite analyse, sinon ajustement. PHG
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
- Grandir ou ne plus souffrir ?
- Communiqué du GLPR
ÂME
Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Que désigne l’âme humaine ? nous savons être dotés d’un esprit, par lequel nous pensons (donc je suis). D’une sensibilité, par laquelle nous éprouvons, ressentons. Les émotions représentent la fonction existentielle de base, d’évaluation des qualités sensibles immédiates de notre environnement. Nous sommes le siège – depuis quand au juste, depuis le XVIIIème siècle ? depuis que le système nerveux a succédé aux humeurs de l’Antiquité (Madame avait encore ses vapeurs au XIXème siècle en France), le siège disais-je d’un psychisme. De ce qui s’exprime de façon courante quand on dit tout ça c’est psychologique. On arrive à psychè, souffle en grec. Ce qui nous anime pour parler latin.
Nous sommes dotés d’une âme au sens où nous l’entendons nous autres méditerranéens, depuis Platon et en deçà. Même qu’elle serait immortelle puisque immatérielle. Elle pourrait de nos jours émaner du cerveau, et ma foi quand le bois est consommé, plus de flamme. Genre plasma psy. Belle comme l’éclair.
Freud parle constamment d’âme (Seele). Pas pareil qu’appareil psychique, inconscient à la clé. Ou le self gestaltiste, pur processus. Les neuroscientifiques naïfs prétendent filmer l’âme en exercice. Alors qu’ils ne fixent que la trace de connexions neuronales. Productrices d’états d’âme. Mon cerveau produit aussi de l’ocytocine, « hormone de l’amour » (sprays nasaux en vente libre dans les pharmacies) qui me rend ivre de l’autre mais c’est moi qui aime, qui ose aimer.
Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu’eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?
PHG
02 01 2016 —
- Psychiatrie, bistouri et matière grise
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
Méthode issue des travaux de Wilhelm Reich, développée par Alexander Lowen. Le terme « analyse » laisse entendre qu’il s’agirait d’une sorte de psychanalyse, en ce cas qu’on pourrait dire psychocorporelle. Il manifeste surtout que de nombreux praticiens de cette méthode s’efforcent de se situer à l’intersection intégrative des deux, la néoreichienne et la freudienne.
En 1956, Alexandre Lowen, John Pierrakos et William Walling créent à New York l’IBA, devenu en 1983 sous la direction d’Alexandre Lowen l’IIBA — Institut international d’analyse bioénergétique. Filiales françaises : SFABE (1978) — Société française d’analyse bioénergétique, IABFS — Institut d’analyse bioénergétique France Sud( (bon travail de description en ligne, dont nous nous sommes partiellement inspirés ici) enfin CFAB (2007) — Collège français d’analyse bioénergétique. Cette structuration institutionnelle permet à l’analyse bioénergétique de se distinguer de l’appellation devenue fourre-tout de bioénergie.
Inspirée des travaux d’Alexander Lowen, l’analyse bioénergétique est une méthode de travail sur soi de type cathartique. Elle « allie un travail sur le corps, la respiration et le mouvement, mettant en jeu des tensions musculaires sédimentées résiduelles inscrites dans la musculature striée, à un travail d’élaboration psychique. » À l’heure actuelle son apport est précieux aux praticiens intégratifs ou multiréférentiels, car elle représente un cadre de travail complexe et rigoureux. On la trouve rarement utilisée seule de nos jours. Elle est précieuse en combinaison, aux mains de praticiens sérieusement formés.
La conduite d’une séance en analyse bioénergétique pourra mobiliser la personne psychocorporellement au moyen d’exercices impliquant la respiration, le mouvement, la mise en tension, l’expression active, à partir du matériel psychique qui se présente en cours de processus. À travers l’expérience vécue en séance en relation avec le praticien en psychothérapie (désignée termes de transfert dans la terminologie psychanalytique), des prises de conscience successives permettront l’intégration de la dimension psychosomatique en lien avec l’histoire passée, — littéralement « gravée », inscrite dans le corps. Le moi, pour parler en termes psychanalytiques (première topique), s’assouplit et se renforce. L’analyse bioénergétique est une méthode complexe d’orientation double, psychanalytique ou neuroscientifique. Ou tentant une intégration des deux.
La psychanalyse multiréférentielle et la psychanalyse intégrative en font un de leur constituants de base.
Le travail d’inspiration gestaltiste, dans sa dimension psychocorporelle, peut se souvenir que Frédéric Perls fut comme Lowen « analysé » par Reich.
19 octobre 2008 – 13 novembre 2015 – 22 mars 2019 —
voir également bioénergie
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
Relation aux autres disciplines du carré psy
Déconstruction du concept de psychiatrie ?
On remarquera qu’il n’existe pas à proprement parler d’antipsychologie. Nous avons bien chez Canguilhem la psychologie et le commissariat de la rue Soufflot, et avec Freud une métapsychologie, méta et non anti. Tout de même la psychanalyse lacanienne se constituera en « antipsychothérapie » et dans une certaine mesure en antipsychologie.
La psychologie depuis son côté expérimental considère la psychanalyse comme non scientifique (définition de ce terme), à juste titre d’ailleurs. Aile agressive de la psychologie expérimentale, la TCC militant dans le champ de l’autisme se déclare antipsychanalytique. La psychothérapie relationnelle met en cause l’ignorance structurelle de la relation par la psychologie, et se classe du côté du processus de subjectivation aux côtés de la psychanalyse. Disjonction plus qu’anti.
Peut-on considérer la psychiatrie comme la seule des quatre locataires du carré psy à avoir engendré une réflexion mettant en cause jusqu’au principe fondateur de son identité scientifique, engendrant par là une secousse profonde du carré psy lui-même, ou peut-on symétriquement penser que la psychologie humaniste de son côté interroge radicalement la psychologie qui se dit scientifique et la psychiatrie ?
Le terme d’antipsychiatrie remonte aux années 60 avec Ronald Laing et David Cooper.
L’actuelle installation de la psychothérapie relationnelle comme alternative à la psychothérapie psychologique et psychiatrique (coucou DSM !) regroupant ses praticiens sous le titre d’exercice de psychothérapeute configure deux champs radicalement hétérogènes, dont le second se désigne sous le titre alternatif d’exercice(1) de psychopraticien relationnel.
La psychothérapie relationnelle pour sa part se reconnaît deux racines, la psychologie humaniste existentielle et la psychothérapie institutionnelle, en dehors de la psychanalyse bien entendu.
On sait par ailleurs que les professionnels chevauchent parfois dans leur pratique personnelle plusieurs champs mais cela ne fait que requérir un strict système de définitions et de marquage des différences, confirmant l’existence distincte desdits champs en tant que tels.
- 1 Cela signifie qu’il existe
deux titres d’exercice
– de
réglementation d’État,
titre d’exercice de psychothérapeute, réservé aux psychologues et psychiatres
– deréglementation professionnelle
(syndicats, fédérations relevant du système informel GLPR), l’alternatif titre d’exercice de psychopraticien relationnel (ne pas oublier que psychopraticien utilisé seul n’est qu’un nom de métier), réservé aux professionnels relevant du domaine autoréglementé de la psychothérapie relationnelle.
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- Séminaire Roudinesco au CIFP – Histoire de la clinique
- Célia Bertin
appellation protégée de méthode
méthode – appellation protégée de
télescopage symbolique et institutionnel
Les méthodes sont entrées en concurrence avec les syndicats, s’agissant de professionnaliser les praticiens. Cela remonte à la nuit des temps thérapeutiques. Deux sources de légitimation se trouvent émettre ainsi le même type de monnaie symbolique par l’attribution d’un titre. Conflit de logique institutionnelle, deux titres, deux pouvoirs. Comment remédier à cette non séparation des pouvoirs ? L’AFFOP se fonda et demeura dans la logique de leur articulation. La FF2P demeura dans celle de la concurrence. Le GLPR reconnut les différences, les laissa de côté pour travailler à unifier et fédérer les quatre institutions historiques au service de la profession.
L’acronyme GLPR s’accorde– sur l’expression psychothérapie relationnelle comme nom de discipline commune
– sur le nom de métier commun de psychopraticien,
– sur trois titres (et non un seul), deux syndicaux : psychopraticien agréé, psychopraticien relationnel®, et un fédéral : psychopraticien certifié.
deux autorisations en une
Ainsi, compliquant la figure, des méthodes ont estimé devoir « [titulariser] »(1) de leur côté, c’est-à-dire reconnaître professionnellement l’exercice de psychothérapeute(2) en même temps qu’elles autorisaient le praticien à se réclamer de la pratique (titre d’exercice) de leur méthode, ce qui cumule deux autorisations en une, délivrant en fait des appellations protégées de méthodes, ça c’est leur juridiction, mais avec à la clé une autorisation d’exercice professionnel de juridiction syndicale ou fédérative(3). Tant et si bien – ou si mal, comme on veut – que les praticiens ne savent plus comment hiérarchiser leur nom et autorisation d’appellation de méthode, – par exemple tagada-thérapeute, exerçant dans le cadre disciplinaire de la psychothérapie relationnelle. À la limite, pourquoi me syndiquer pour défendre ma profession si ma société savante me soutient déjà, en quelque sorte, professionnellement ? tout est dans le en quelque sorte.
appellation de méthode et non pas titre
Question soulevée au départ dès la décennie 80 auprès de la Société française de gestalt par Noël Salathé. Selon lui une société savante n’a pas à reconnaître ses professionnels (tâche para ordinale du syndicat professionnel qui confirme des praticiens en psychothérapie(4) en tant que capables de l’exercer suffisamment bien sous caution solidaire syndicale) mais les réunir dans son cadre pour veiller à la pratique de leur méthode et œuvrer à son rayonnement. Il revendiquait en conséquence pour sa part le nom (appellation de méthode et non pas [ [titre]->mot117] !) de gestalt praticien, qu’il adossait à titulaire du SNPPsy.
Ce point terminologique déterminant reste actuellement (octobre 2013) au travail.
- 1 Défaut de précision du substantif titre et du verbe titulariser. L’emploi des crochets indique ici que le mot est employé dans un sens qu’on est en droit de considérer comme irrégulier, en toute rigueur. Personne depuis un demi siècle n’a employé ce mot rigoureusement, psychanalystes compris. En créant le titre d’exercice de psychothérapeute (attention psychothérapeute n’est pas un diplôme) la loi Accoyer nous aura incités à penser ce terme, et avec lui notre discipline (psychothérapie relationnelle c’est nous qui l’avons pensé), nos Méthodes (en médecine ils diraient spécialités, il serait peut-être avisé de les graphier ainsi pour éviter toute confusion avec la méthodologie) et notre profession.
- 2 Psychopraticien relationnel->mot87] ou praticien en psychothérapie actuellement.
- 3 On sait que la scission de l’AFFOP eut pour cause entre autres l’orientation « syndicaliste » concurrentielle de la FFdP d’enregistrer des personnes à côté des institutions, et donc de fonctionner à la fois comme fédération de méthodes et para syndicat de praticiens.
- 4 Par la suite on spécifia : relationnelle.
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
- pluralisme
- psychanalyse multiréférentielle®
Pour plus d’information voir La piste From dont cet article est extrait.
Artex — Atelier de recherche en [psycho]thérapie existentielle [gestaltiste]
[…]
1989
— parallèlement, constitution d’ARTEX [18] et poursuite de sa recherche
Pendant ce temps, s’institue l’Atelier de recherche en thérapie existentielle, ouvrant une dernière période. Depuis 1980 Noël Salathé avait rassemblé autour de lui un groupe de supervision qui finit par se fidéliser et tourna à une relation à la parole du Maître, pour parler Lacan, mais aussi de parole fraternelle pour parler Rogers, et de transmission et approfondissement du cœur de la théorie gestaltiste centrée sur Goodman pour se tenir dans la dynamique de l’apport d’Isadore From.
De fidèles ils devinrent un groupe d’égaux, conservant un affectueux égard pour le savoir et l’expérience de leur pilier qu’ils n’appelèrent jamais Nono la science mais quand même. Ils finirent par se muer en groupe d’étude. Et changèrent définitivement de peau en devenant en 1985 nous venons de le voir Atelier de recherche en gestalt-thérapie existentielle, sous le nom d’ARTEX [19], intégrant la dimension existentielle référencée à Yalom et Frankl [20]. Cela sous le signe d’une amitié mutuelle et d’une solidarité sans faille, où humour, sérieux et confirmation mutuelle s’équilibrent et se renforcent, alimentant le plaisir toujours renouvelé de se retrouver pour travailler, on pourrait dire avec Misrahi dans la joie et qui sait parfois avec quelque bonheur.
Une des lois fondatrices du groupe fut de s’imposer l’absence de contrainte de production écrite. Ce qui n’empêcha pas de stimuler une collatérale production externe, dont la revue Gestalt profita largement. Cette production reste en deçà du travail accompli dans le cadre des deux rencontres annuelles du groupe à Paris. Sans compter que nombre de ses membres exercent ou exercèrent des responsabilités institutionnelles importantes dans le milieu gestalt-thérapiste et au-delà. Dans le cadre d’ARTEX Noël Salathé transmit comme jamais un esprit de rigueur et d’ouverture au bénéfice de tous dans un constant dialogue théorico-clinique. D’où la multiréférentialité, paradoxalement associée au souci de purisme n’était jamais exclue.
Au catalogue, une série de thèmes parmi lesquels le cycle de l’expérience, les émotions, la perversion, Nietzsche, la régression, la philosophie clinique et le bonheur (sessions spéciale chez Noël Salathé) [21].
Noël voyant sa santé décliner se retira en 2005. ARTEX tourne actuellement comme groupe sans leader désigné, poursuivant heureusement son travail dans la même ambiance avec une efficacité tranquille qui ne démérite pas.
La composition actuelle du groupe est la suivante : Jacques Péaron, Paul Molliex, Françoise Rossignol, Marie-Noëlle Salathé, Philippe Hardy, Marie Boutrolle, Philippe Grauer, Claude Haza, Élisabeth Drault.
doctrine
La thérapie existentielle gestaltiste est une psychothérapie intégrative, combinant une gestalt-thérapie d’inspiration Goodman-Isadore From aux données existentielles telles que les définit Irvin Yalom, dont on peut penser que le message ne dénature pas la doctrine gestaltiste proprement dite. On trouve également à Artex des delisliens – PGRO – la psychothérapie gestaltiste de la relation d’objet constituant elle selon ceux qui ne la partagent pas une altération intégrative de la gestalt-thérapie.
29 octobre 2008 – 8 mai 2012 –
- La Thérapie du bonheur
- L’éthique animale, un défi pour les humains d’aujourd’hui
- La vie est partout
L’Association analyser est une petite association dirigée par F-R Dupond Muzart et René Major qui a adressé une requête au Conseil d’état demandant que soit qualifiée la pratique psychanalytique.
- Psychanalystes et psychologues à leur tour au Conseil d'État
- Les délinquants du titre de psychothérapeute : le délit commence le 1er juillet 2010
- La loi sur les psychothérapeutes a ouvert la boîte de Pandore
– 72) Élisabeth Roudinesco, Pierre Delion, Écouter, soigner. La souffrance psychique de l’enfant, Albin Michel, 175 p.- [26 avril 2013]
– 71) Autisme : coût et financement précédé de « Autisme attention virages dangereux » par Philippe Grauer [15 octobre 2012]
– 70) Pour le packing, in memoriam précédé de « Une agression intégriste contre le psychocorporel » par Philippe Grauer [19 juillet 2012]
– 69) Autisme : l’ABA trouble l’université de Lille Bernadette Rogé interviewée par Sophie Dufau – Mediapart [publié le 14 mai 2012, répercuté sur ce site le 27 juin 2012.] précédé de « Pinces crocodiles vs. mères crocodiles » par Philippe Grauer
– 68) Autisme et psychanalyse : nos convictions par Judith Miller, Jean-Robert Rabanel, Daniel Roy, Alexandre Stevens [publié le 2 février 2012, répercuté sur ce site le 31 mai 2012.] précédé de « Dialogue problématique, enjeux de civilisation » par Philippe Grauer
– 67) Autisme, un scandale français par Franck Ramuz [29 02 2012] précédé de « Quand celui qui le dit l’est lui-même » par Philippe Grauer
– 66) Réflexions et constats pour aborder l’autisme autrement
par Régine Castaing [29 avril 2012] précédé de « autisme – cloches fêlées » par Philippe Grauer
– 65) La psychanalyse est-elle en danger ? [1er mai 2012]
par Fethi Benslama, Marie-Noëlle Clément, Roland Gori, L’Humanité du 23 avril 2012, précédé de « La psychanalyse, bilan et perspectives », par Philippe Grauer
– 64) Faut-il brûler la psychanalyse ? [19 avril 2012]
par Alain Badiou & Élisabeth Roudinesco, Le Nouvel Observateur du 18 avril 2012.
– 63) Feu sur la psychanalyse [19 avril 2012] par Jacqueline De Linarès, précédé de « Incendie mode d’emploi » par Philippe Grauer
– 62) Autisme – la FASM Croix-Marine analyse les recommandations de la HAS [mardi 17 avril 2012] par le dr. Bernard Durand, précédé de « Une condamnation bien utile pour masquer des manques bien réels », par Philippe Grauer
– 61) À propos de l’autisme : science sans conscience n’est que ruine de l’âme [11 avril 2012] Par le Dr. Patrick Alary, précédé de « Trois clés pour en sortir : ouverture, rénovation et pluralisme », par Philippe Grauer
– 60) Autisme : les méthodes comportementales sont-elles efficaces ? [11 avril 2012] par Marc Oeynhausen, précédé de « Pas extraordinairement probant » par Philippe Grauer
– 59) autisme – enquête auprès d’un centre comportementaliste exemplaire, [5 avril 2012] précédé de « La méthode française est toujours la meilleure » par Philippe Grauer
– 58) L’enveloppe qui déchire [3 avril 2012] Pierre Delion par Catherine Vincent, précédé de « Un grand psychiatre humaniste » par Philippe Grauer
– 57) Moi, autiste, face à la guerre des lobbies [21 mars 2012] Par Gabriel Bernot, Le Monde, précédé de « Attention mur droit devant » par Philippe Grauer
– 56) Autisme et psychanalyse : les véritables enjeux
[17 mars 2012] par Éric Laurent, in Nouvel Observateur, précédé de « Soutenir sa cause en admettant ses défaillances », par Philippe Grauer
– 55) La psychanalyse est devenue dogmatique, c’est son erreur [15 mars 2012] par Boris Cyrulnik, in Nouvel Observateur, précédé de « Que les bouches – & les intelligences – s’ouvrent ! » par Philippe Grauer
– 54) Le Mur n’est pas un documentaire mais un pamphlet [14 mars 2012] par Éric Laurent.
– 53) La Haute autorité est tombée bien bas [13 mars 2012], par Collectif des 39, précédé de ‘Pour le dialogue entre psychiatrie et psychothérapie relationnelles » par Philippe Grauer
– 52) Une mère, deux enfants autistes, une bataille sans fin [9 mars 201] Catherine Vincent, Le Monde, précédé de « Ce n’est pas la psychanalyse qui est en cause mais le dogmatisme », par Philippe Grauer
– 51) Autisme : l’approche psychanalytique mise hors jeu [08 mars 2012] par Catherine Vincent, Le Monde, précédé de « Amère victoire » par Philippe Grauer
– 50) Autisme: la HAS et l’Anesm opposées à la pratique du packing hors recherche [08 mars 2012] Communiqué, précédé de « Montrons-nous solidaires d’une psychanalyse ouverte », par Philippe Grauer
– 49) La génétique, « cause » de l’autisme ? [09 mars 2012] par David Simard
– 48) Non à la sursimplification comportementaliste [09 mars 2012] Donald Winnicott. Précédé de Se conduire en état de guerre idéologique sans fanatisme, par Philippe Grauer
– 47) Pourquoi j’ai porté plainte contre Sophie Robert [7 mars 2012] Par Alexandre Stevens in Le Cercle psy
– 46) Autisme, Fasquelle : pour sortir de la défensive [4 mars 2012] par François-R. Dupond Muzart
– 45) Autisme, un témoignage [1er mars 2012] par Anne-Cécile **, précédé de « Écouter soigneusement sans s’embarquer d’un bord à l’autre » par Philippe Grauer
– 44) L’Autisme et la querelle des classifications nosographiques [1er mars 2012] par Patrick Landman, précédé de « Au DSM mal conçu source de confusion, opposer l’alternative de la CFTMEA », par Philippe Grauer
– 43) • Voir aussi sur Œdipe, en cliquant ici un récapitulatif et des commentaires.
– 42) • Voir encore sur LQ, Lacan quotidien, une série d’articles dont on tirera grand parti de la consultation.
– 41) Une mère d’autiste parle [28 février 2012] Libération par Magali Pignard
– 40) Pétition internationale pour l’abord clinique de l’autisme par le CLIPS (mouvance Cause freudienne) [24 février 2012]
– 39) Ni rituel psychanalytique ni réductionnisme génétique ! Les malades méritent mieux [22 février 2012] par un Collectif
– 38) Autisme : c’est la psychiatrie qu’on attaque. Défendre la psychothérapie institutionnelle [22 février 2012] par Jean-François Rey
– 37) APPEL A UNE PLATE FORME CONSENSUELLE POUR L’ANNÉE DE L’AUTISME 2012 [21 février 2012]
– 36) J’ai un enfant autiste, j’envisage de m’exiler [29 février 2012] par Magali Pignare
– 35) Pétition internationale pour l’abord clinique de l’autisme [26 février 2012] par CLIPS, précédé de « La psychanalyse dans ses institutions françaises se corporatise », par Philippe Grauer
– 34) La psychanalyse (enfin) contrainte à évoluer [23 février 2012] Serge Tisseron in Libération, précédé de « Et si que la psychanalyse jouait l’ouverture ? » par Philippe Grauer.
– 33) Ni rituel psychanalytique ni réductionnisme génétique ! les malades méritent mieux [22 février 2012] par un collectif : »Une approche à la carte sans menu fixe et sans hégémonie s’impose. »
– 32) Packing – convoqué par l’Ordre le Pr. Delion s’explique [18 février 2012] entretien Quotidien du médecin, conduit par David Bilhaut, précédé de « Pour une démarche intégrative humaniste, contre la guerre des emmurés » par Philippe Grauer
– 31) autour des enfants autistes, une bataille de bac à sable [14 février] par Laure Daussy
– 30) autisme – guerre ouverte contre la psychanalyse [17 février] par Catherine Vincent – Le Monde 17 février
– 29) Alain Vanier écrit à la HAS [16 février 2012]
– 28) autisme – quel jugement pour quelle cause ? [16 février] précédé de « Conviction peu convaincante » par Philippe Grauer
– 27) autisme – la HAS prend position [14 février] par AFP/PHILIPPE HUGUEN, précédé de Psychanalyse, récifs en vue, par Philippe Grauer
– 26) Autisme dans Libé [13 février] par ERIC FAVEREAU, précédé de « Pour une démarche intégrative« , par Philippe Grauer.
– 25) Autisme– les psychologues freudiens entrent dans l’arène [6 février] par InterCoPsychos N° N°327
– 24) Autisme – à propos du packing [6 février] par Pierre Delion
– 23) Autisme : Delion, packing, inquiétante comparution [6 février] par sans auteur
– 22) Autisme : Guy Baillon écrit au Conseil de l’Ordre [6 février] par Docteur Guy Baillon, Psychiatre des hôpitaux
– 21) Les batailles de l’autisme : hier et aujourd’hui [6 février] par Jacques Hochmann, précédé de « Y voir clair dans la question de l’autisme » par Philippe Grauer
– 20) Psychanalystes, encore un effort pour ne pas délirer sur l’autisme ni adhérer aux positions d’Edwige Antier [6 février] par Michel Rotfus, précédé de « À droite, droite ! » par Philippe Grauer
– 19) Psychanalyse et autisme : la polémique [31 janvier] par Élisabeth Roudinesco – précédée de « Résister à la bêtise de l’autre démultipliée par la sienne propre », par Philippe Grauer
– 18) Autisme : la psychanalyse en procès [30 janvier]
– 17) autisme – appel à soutien à Pierre Delion et David Cohen [29 janvier] précédé de « Ne pas jeter l’enfant avec l’eau du soin humide », par Philippe Grauer
– 16) autisme packing – Lettre ouverte des 39 par Collectif des 39 [27 janvier 2012]
– 15) Autisme – dossier [22 janvier]
– 14) Autisme – une maladie grave aux multiples visages [17 janvier] par Élisabeth Roudinesco
– 13) Autisme : dogmatismes en duel au tribunal de Lille [Décembre 2011] par Stéphanie Maurice
– 12) La psychanalyse doit débattre de l’autisme [23 novembre 2011] par Sophie Robert, propos recueillis par J-F Marmion, in Le Cercle psy, précédé de « Avertissement : volontairement à charge » par Philippe Grauer
– 11) La psychanalyse doit débattre de l’autisme Par Sophie Robert, cinéaste [23 septembre 2011]
– 10) Autisme : les emmurés de l’indicible [Novembre 2010] par Élisabeth Roudinesco chronique Henri Rey-Flaud
– 9) Autisme : Les enfants de l’indicible peur [Octobre 2010]
– 8) L’autisme au cœur de l’humain. Approche psychanalytique [Octobre 2010]
– 7) Autisme — halte à la désinformation ! [Mai 2009] par Caroline Eliacheff. Précédé de « Pas l’un ou l’autre mais l’un & l’autre » par Philippe Grauer
– 6) Autisme — lettre ouverte aux parents d’autistes, à leurs éducateurs et soignants [Avril 2009] par Pierre DELION — introduction de Philippe Grauer
– 5) Autisme à nouveau [Octobre 2008] par Par Isabelle Fauvel , du Collectif InterCoPsychos de Saint-Malo, avant-propos de Philippe Grauer
– 4) Henri Rey-Flaud expose avec clarté les théories, approches et hypothèses sur l’énigme de l’autisme [Mai 2008] par Élisabeth Roudinesco, suivi de 8 commentaires.
– 3) –Autisme et impasses de la médecine chroniqués au Monde des livres [Avril 2008] par Élisabeth Roudinesco, avant-propos de Philippe Grauer
– 2 Sandrine Bonnaire témoigne [Janvier 2008] par Éric Favereau — précédé de « Sandrine Bonnaire sans haine dit la souffrance » par Philippe Grauer
– 1) Sandrine Bonnaire, sa sœur, l’HP ordinaire. [Janvier 2008] par Libération
- Note sur le packing
- La fonction phorique
- Psychiatrie, bistouri et matière grise
déclinaison : autoréglementé
Depuis 1966 les praticiens en psychothérapie (relationnelle avant la lettre) ont entamé de s’organiser en corps professionnel autonome et responsable, avec la création du PSY‘G. Les bases d’une autoréglementation sont jetées.
En 1981 se crée le SNPPsy, avec des objectifs voisins et une sorte d’élan de type ordinal : l’autoréglementation de la nouvelle profession se complexifie et parachève : cinq critères, code de déontologie, puis encadrement des écoles.
1990 : la Déclaration de Strasbourg européanise par une proclamation d’indépendance professionnelle le processus largement entamé en France par les deux syndicats.
1995 : le PSY‘G et le SNPPsy fondent la FFdP
1999 : d’où ils sortent ensemble pour fonder l’Affop
2004 : La FFdP deviend FF2P.
Depuis près d’un demi siècle d’un travail militant continu les praticiens en psychothérapie (qui allait devenir) relationnelle responsable promeuvent et honorent leur profession, la pourvoient d’une déontologie, et de critères d’encadrement propres, assurent son éthique. Ils se démarquent vigoureusement de l’espace des sectes comme du psychologisme scientiste. Institutionnellement différenciés, ils représentent et font valoir leurs exigences de rigueur professionnelle et leur spécificité clinique (s’être soi-même au préalable qualifié par l’implication d’une psychothérapie ou psychanalyse suffisante) auprès des citoyens et des pouvoirs publics.
1999 : l’Académie de médecine réalise que Les psychothérapeutes existent et gagnent en autorité morale et professionnelle dans la réalité sociale française. Elle décide de s’approprier le vocable de psychothérapeute, de se débarrasser à moyen terme de la psychanalyse (1) par la même occasion, et de réussir enfin à coloniser et paramédicaliser la psychologie (2). Ces médecins scientistes se situent naturellement dans le cadre du Mouvement mondialiste centré sur le DSM américain en voie de transformation dégageant la psychiatrie de l’influence de la psychologie dynamique et de la psychanalyse. Dans ce contexte la conjonction à l’initiative du président de la SPP(3), Jean Cournut, d’un médecin ORL député UMP d’Annecy, et de Christian Vasseur, psychiatre conservateur, alors Président de la Société française de psychiatrie, produit les amendements Accoyer, lancés en rafale à l’Assemblée Nationale. Une campagne de onze ans, la bataille des charlatans, aboutit à la promulgation de la loi réservant depuis le 1er juillet 2010 un titre d’exercice de psychothérapeute aux psychiatres, médecins généralistes, psychologues – et… psychanalystes(4), lesquels sont à peu près tous psychiatres, médecins ou psychologues, si bien que la catégorie de psychanalyste sans spécification fait fausse fenêtre institutionnelle, et redouble la dimension corporatiste des nouveaux psychothérapeutes.
2010 : en fondant le GLPR les quatre organisations majeures responsables historiques de la psychothérapie relationnelle se regroupent et continuent de promouvoir et défendre ensemble leur profession sous le nouveau nom de métier de psychopraticien, soutenu par trois titres dont celui de psychopraticien relationnel® pour le SNPPsy et l’Affop.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Depuis le lancement de la campagne Accoyer il est de bon ton dans les milieux psys corporatistes de confondre volontairement les praticiens autoréglementés, dûment encadrés par des institutions professionnelles responsables, avec les professionnels ne relevant d’aucun encadrement sérieux, exerçant par conséquent sous le régime de l’autoproclamation.
hors du champ de la médicalisation de l’existence…
Au nom de cet amalgame de mauvaise foi psychiatres et psychologues unis contre une profession estimée rivale (5) veillent à tenter de réduire l’influence légitime des praticiens autoréglementés. Ils consacrent beaucoup d’énergie à tenter de dissuader les personnes désireuses d’engager la démarche de prendre soin d’eux-mêmes, de recourir au secteur psy encadré mais situé hors du champ de la médicalisation de l’existence.
… une profession de santé non médicale
Le débat qu’illustre ce conflit institutionnel comporte l’enjeu non négligeable de l’existence alternative d’une profession de santé non médicale, fondée sur une discipline (la psychothérapie relationnelle et ses méthodes majeures) à laquelle l’université actuelle entend barrer l’accès, cependant que son champ de recherche et sa créativité bousculent le savoir établi, l’idéologie scientiste actuellement en cours, qu’épaule le DSM.
garanties
La question des garanties et des risques sera traitée ultérieurement. On mesurera qu’une autoréglementation est précisément à même de procurer la sécurité indispensable à cette pratique de l’intime particulièrement exigeante que représente la psychothérapie relationnelle.
Philippe Grauer
Mise à jour : 28 avril 2012, d’après autoréglementé, du 24 février 2011 – 10 août 2013 – janvier 2014 –
- 1 Ses responsables n’y comprennent rien et se précipitent en nombre sauf Jacques-Alain Miller et ses militants de la Cause freudienne et Élisabeth Roudinesco et son livre sur Le patient le thérapeute et l’État dans la brèche anti « charlatans« .
- 2 Ses responsables n’ont rien vu venir, tout préoccupés qu’ils étaient d’en finir avec « Les psychothérapeutes« .
- 3 Société psychanalytique de Paris, psychanalystes médecins conservateurs.
- 4 Leur diminution universitaire viendra plus tard.
- 5 Si l’on avait voulu intégrer les psychopraticiens relationnels au cadre de psychothérapeute il suffisait de leur permettre d’acquérir le complément jugé indispensable en psychopathologie, même si dans de nombreux cas c’eût été arbitraire et injuste, à l’université aux côtés des psychologues. Mais ce serait sans compter avec le corporatisme sévissant tant chez les psychologues que chez les psychanalystes (la plupart du temps eux-mêmes psychologues ou psychiatres), et plus d’un demi siècle de mépris psychanalytique envers tout ce qui ne relève pas de la psychanalyse hors de laquelle point de salut. À la diligence et insistance du bon docteur Accoyer la médecine veilla, appuyée par la psychologie qu’elle s’apprêtait à coiffer sur le poteau, à priver de toute possibilité de rattrapage universitaire les futurs psychopraticiens relationnels. L’Histoire continuant d’avancer nous verrons ce que tout cela deviendra dans les vingt ans à venir, et si, quand et comment, la justice venant sur nos pas triomphant, l’actuel système cédera la place à un dispositif institutionnel plus conforme à l’intérêt de la science et du public.
- À quoi s'occupent l'AFFOP et le SNPPsy depuis des années ?
- DYNAMIQUE DU SOUFFLE à Carpentras
- Manifeste pour la psychanalyse – à propos d'un ouvrage récent
déclinaison : autoréglementation
Depuis 1966 les praticiens en psychothérapie (relationnelle avant la lettre) ont entamé de s’organiser en corps professionnel autonome et responsable, avec la création du Psy’G. Les bases d’une autoréglementation sont jetées.
En 1981 se crée le SNPPsy, avec des objectifs voisins et une sorte d’élan de type ordinal : l’autoréglementation de la nouvelle profession se complexifie et parachève : cinq critères, code de déontologie.
1990 : la Déclaration de Strasbourg européanise par une proclamation d’indépendance professionnelle le processus largement entamé en France par les deux syndicats.
1995 : le Psy’G et le SNPPsy fondent la FFdP
1999 : d’où ils sortent ensemble pour fonder l’AFFOP
1999 : l’Académie de médecine réalise que Les psychothérapeutes existent et gagnent en autorité morale et professionnelle dans la réalité sociale française. Elle décide de s’approprier le titre de psychothérapeute, de se débarrasser à moyen terme de la psychanalyse (1) par la même occasion, et de réussir enfin à coloniser et paramédicaliser la psychologie (2). Ces médecins scientistes se situent naturellement dans le cadre du Mouvement mondialiste centré sur le DSM américain en voie de transformation dégageant la psychiatrie de l’influence de la psychologie dynamique et de la psychanalyse. Dans ce contexte la conjonction à l’initiative du président de la SPP(3), Jean Cournut, d’un médecin ORL député UMP d’Annecy, et de Christian Vasseur, psychiatre conservateur, alors Président de la Société française de psychiatrie, produit les amendements Accoyer, lancés en rafale à l’Assemblée Nationale. Une campagne de onze ans, la bataille des charlatans, aboutit à la promulgation de la loi réservant depuis le 1er juillet 2010 le titre de psychothérapeute aux médecins, psychologues et psychanalystes (lesquels sont à peu près tous psychiatres, médecins ou psychologues, si bien que la catégorie de psychanalyste sans spécification fait fausse fenêtre institutionnelle, et redouble la dimension corporatiste des nouveaux psychothérapeutes).
1997-2000 : le SNPPsy forge le concept de psychothérapie relationnelle.
2004 : La FFdP deviend FF2P.
Depuis 45 ans – près d’un demi siècle – d’un travail militant continu les praticiens en psychothérapie (relationnelle) responsable promeuvent et honorent leur profession, la pourvoient d’une déontologie et de critères d’encadrement propres. Ils se démarquent vigoureusement de l’espace des sectes comme du psychologisme scientiste. Institutionnellement différenciés, ils représentent et font valoir leurs exigences de rigueur professionnelle et leur spécificité clinique (s’être soi-même au préalable qualifié par l’implication d’une psychothérapie ou psychanalyse suffisante) auprès des citoyens et des pouvoirs publics.
2004 : le SNPPsy crée le nom de métier de psychopraticien, auquel il joint le déterminant déjà existant de relationnel.
2010 : en fondant le GLPR les quatre organisations majeures responsables historiques de la psychothérapie relationnelle se regroupent et continuent de promouvoir et défendre ensemble leur profession sous le nouveau nom de métier de psychopraticien, soutenu par trois titres d’exercice dont celui de psychopraticien relationnel® pour le SNPPsy(4).
2017 : le GLPR se désagrège (avec le retrait du PSY’G, vivement opposé à a FF2P), maintenu sans appellation (le terme relationnel fait problème à la FF2P) par l’AFFOP, la FF2P, le SNPPsy.
Lors de la campagne Accoyer on se plut dans les milieux psys corporatistes à confondre volontairement les praticiens autoréglementés, dûment encadrés par des institutions professionnelles responsables, avec les professionnels ne relevant d’aucun encadrement sérieux, exerçant par conséquent sous le régime de l’autoproclamation.
Au nom de cet amalgame psychiatres et psychologues unis contre une profession émergente (5) veillent à tenter de réduire l’influence légitime des praticiens autoréglementés. Ils consacrent beaucoup d’énergie à tenter de dissuader les personnes désireuses d’engager la démarche de prendre soin d’eux-mêmes, de recourir au secteur psy encadré mais situé hors du champ de la médicalisation de l’existence.
De fait, il existe
a) une profession réglementée, pratiquée par les psychologues cliniciens (et les psychiatres), jouissant du titre d’exercice (enregistrement) de psychothérapeute
b) une profession autoréglementée, titre alternatif d’exercice professionnel : psychopraticien relationnel®.
c) les « autres » relèvent de l’autoproclamation. Dans ces métiers-là il y a toujours des « autres ».
— Question des garanties et des risques : considérer la légitimité d’une autoréglementation, est à même de procurer la sécurité indispensable à cette pratique de l’intime particulièrement exigeante que représente la psychothérapie relationnelle. Considérer cette légitimité à celle définie très différemment par la seule détention d’un diplôme universitaire certes ne requérant pas du praticien l’exigence méthodologique et éthique en cours chez les psychopraticiens relationnels dûment encadrés. Ces professions sciences humaines cliniques sont bien compliquées.
Philippe Grauer
Mise à jour : 24 février 2011 – 28 avril 2012 –
- 1 Ses responsables n’y comprennent rien et se précipitent en nombre sauf Jacques-Alain Miller et ses militants de la Cause freudienne et Élisabeth Roudinesco et son livre sur Le patient le thérapeute et l’État dans la brèche anti « charlatans ».
- 2 Ses responsables n’ont rien vu venir, tout préoccupés qu’ils étaient d’en finir avec « Les psychothérapeutes« .
- 3 Société psychanalytique de Paris, psychanalystes conservateurs.
- 4 Les deux autres titres GLPR sont : psychopraticien agréé pour le PSYG et psychopraticien certifié pour la FF2P.
- 5 Si l’on avait voulu intégrer les psychopraticiens relationnels au cadre de psychothérapeute il suffisait de leur permettre d’acquérir le complément jugé indispensable en psychopathologie, même si dans de nombreux cas c’eût été arbitraire et injuste, à l’université aux côtés des psychologues. Mais ce serait sans compter avec le corporatisme sévissant tant chez les psychologues que chez les psychanalystes (la plupart du temps eux-mêmes psychologues ou psychiatres), et plus d’un demi siècle de mépris psychanalytique envers tout ce qui ne relève pas de la psychanalyse hors de laquelle point de salut. À la diligence et insistance du bon docteur Accoyer la médecine veilla, appuyée par la psychologie qu’elle s’apprêtait à coiffer sur le poteau, à priver de toute possibilité de rattrapage universitaire les futurs psychopraticiens relationnels. L’Histoire continuant d’avancer nous verrons ce que tout cela deviendra dans les vingt ans à venir, et si, quand et comment, la justice venant sur nos pas triomphant, l’iniquité connaîtra sa fin.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- Psycho repérages au Nouvel Obs
- psychopraticiens relationnels s'intéressant au titre de psychothérapeute
B
À l’article bataille des charlatans un § bataille de l’autisme indiquait :
« La bataille des charlatans à peine achevée, l’agression dirigée depuis le début contre la psychanalyse reprenait de plus belle à l’occasion de la question controuvée de l’autisme. Les psychanalystes du Groupe de contact qui s’étaient réjouis de l’élimination probable des psychothérapeutes relationnels réalisent dix ans plus tard qu’ils se retrouvent seuls et démunis face aux ennemis des rivaux dont ils se réjouissaient la veille du bon débarras. Les psychanalystes en tant que corps ne semblent pas réagir de façon ajustée et coordonnée à la montée de discrédit que les scientistes et parents d’autistes leur destinent. Espérons que cela change. Les psychopraticiens relationnels restent disponibles pour appuyer une juste réaction face à la vague de déconsidération qui commence à déferler sur leurs collègues. »
retraite de la psychanalyse
Le fait est que la psychanalyse, d’abord visée dans la première bataille par la médecine ayant décidé de récupérer la psychiatrie en en excluant la psychanalyse, visée politique que le Groupe de contact ne distingua pas lorsque la première boule heurtée fut celle de la psychothérapie relationnelle, le fait est donc que la psychanalyse bat en retraite d’implantation et d’influence au sein du carré psy, le statut de psychothérapeute de nouvelle désignation l’ayant supplantée.
la psychothérapie institutionnelle, village gaulois ?
Ce qui reste de la psychothérapie institutionnelle, pour lutter contre le mouvement mondialiste d’une psychiatrie prise entre comportementalisme et organicisme, contituerait un des points d’appui à la disposition des psychiatres d’inspiration psychanalytique et psychodynamique pour résister à l’organo-comportementalisme qui se dessine. Quels sont ses effectifs, quel est actuellement son rayonnement véritable, qu’est devenue sa clinique hospitalière ? Les prochains regroupements centrés sur la question de l’identité psychiatrique dans notre pays le montreront.
dogmatisme clinique
Le second accrochage important se joua autour de la question de l’autisme. Nombre de psychanalystes-psychiatres ayant incriminé les mères d’enfants autistes et mis en avant un dispositif incorrect style psychologie des familles à base de complexe d’Œdipe aussi primitif qu’inefficace en la matière, les parents se sont révoltés et les comportementalistes ont sauté sur l’occasion. Leurs méthodes, dures, se sont montrées en tout cas plus efficaces et maintenant les parents ne veulent plus entendre parler de psychanalyse, ce qui est dommageable aux bons praticiens comme Delion (heureusement mis hors de cause).
voir aussi
– Jacques Hochmann, Les batailles de l’autisme : hier et aujourd’hui [Février 2012].
symétrie
Résultat, la bataille de l’autisme perdue, voici la psychanalyse poussée hors la psychiatrie. Comme le juste combat contre le DSM ne risque pas de changer la donne de la psychiatrie mondiale définitivement divorcée de la psychanalyse en ce qui concerne une orientation psychodynamique, la psychanalyse se trouvera réfugiée en psychologie, une psychologie qui ne veut pas d’elle. Devenus psychothérapeutes de nouvelle désignation, les psychanalystes sont en train de reprendre leur posture institutionnelle de base au sein du carré psy, évidemment symétrique de celle de la psychothérapie relationnelle, toutes deux disciplines de la dynamique de subjectivation (formation et habilitation propre hors les murs universitaires).
Remaniements en cours à suivre.
voir également notre dossier Delion
-* l’enveloppe qui déchire [Avril 2012] par Par Catherine Vincent envoyée spéciale du Monde auprès du Pr. Pierre Delion
-* Autisme – à propos du packing [Février 2012] par Pierre Delion
-* Réponse à Michel Onfray sur ses prises de positions caricaturales en matière de psychanalyse [Avril 2010] par Pierre Delion
-* Autisme — lettre ouverte aux parents d’autistes, à leurs éducateurs et soignants [Avril 2009] par Pierre DELION — introduction de Philippe Grauer
-* Vive la psychothérapie institutionnelle ! [Mai 2007] par Philippe Grauer, Pierre Delion
-* Delion : irréprochable [Avril 2012]
-* Autisme : Delion, packing, inquiétante comparution [Février 2012] par sans auteur
-* autisme – appel à soutien à Pierre Delion et David Cohen [Janvier 2012]
-* Delion – autisme, écoute de l’enfant, packing [26 avril] par Pierre Delion par Élisabeth Roudinesco
-* Packing : convoqué par l’Ordre, le Pr. Delion s’explique [Février 2012] par Delion – propos recueillis par David Bilhaut. Précédé de « Pour une démarche intégrative humaniste, contre la guerre des emmurés » par Philippe Grauer
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- LE MARIAGE POUR TOUS – Quelques questionnements.
- Rapport moral version récupérée
voir aussi
– charlatan
– autoréglementé
– autoproclamé
Accoyer, Cournut, Vasseur, les parrains
Déclenchée en 1999 à l’initiative de Bernard Accoyer, député UMP d’Annecy (le massacre du Temple solaire avait eu lieu sur le territoire de sa mairie), à la suite d’une initiative de Jean Cournut, président de la SPP, de Christian Vasseur, psychiatre conservateur, alors Président de la Société française de psychiatrie, et l’appui d’un site victimaire, une offensive contre la psychanalyse dissimulée en offensive contre les-psychothérapeutes (cette écriture désigne les psychothérapeutes relationnels ainsi re-nommés depuis 2001 à l’initiative du SNPPsy) s’effectue en application du programme de l’Académie de médecine.
Catherine Génisson la complice
Plusieurs amendements Accoyer se succèderont depuis 1999. Celui de 2003, voté en séance de nuit du 7 au 8 octobre recueillit l’unanimité des quelques participants de la séance grâce au vote socialiste du Dr. Catherine Génisson,
[Document : Sans titre]
une anesthésiste qui veillait ce jour-là, alors députée socialiste, probablement dans la mouvance Kouchner, le même Kouchner qui avait commencé à refuser de recevoir les psychothérapeutes relationnels et confié à une agence et aux psychiatres la mission de prendre ce dossier en charge, de sorte que le Dr. Accoyer put affirmer qu’il ne faisait que reprendre le dossier avancé par son prédécesseur en allant dans le même sens. C’est à partir de cette complicité socialo-corporatiste médicale que l’amendement prit l’autorité qui lui permit d’élargir son audience.
la résistance : laissez-nous nos charlatans
Un campagne violente s’ensuivit, tentant de déconsidérer les-psychothérapeutes (1) comme autoproclamés (confusion volontaire avec autoréglementés) qualifiés de charlatans. « Laissez-nous nos charlatans ! » rétorque dans Le Monde du 3 décembre 2003 la pétition signée Marcela Iacub et Patrice Maniglier.
la Coordination psy
Les psychothérapeutes relationnels livrent bataille, appuyés par la Cause freudienne (Jacques-Alain Miller), qui prend la tête de la Coordination psy, le Manifeste pour la psychanalyse (René Major) et Élisabeth Roudinesco. Cette bataille des charlatans, d’après le nom d’infamie ayant servi d’enseigne aux agresseurs, durera 11 ans, jusqu’à la loi parfois dite Accoyer, en fait Acoyer-Bachelot, cette dernière n’ayant fait qu’appliquer à la lettre les consignes du premier.
le GLPR
Un long travail avec la Représentation nationale aboutira à la confiscation du nom de métier [assorti jusque là d’un titre syndical d’exercice] de psychothérapeute et son détournement en titre d’exercice de type paramédical par la médecine, comme voulu par cette dernière (cf. rapport Pichot-Allilaire], parallèlement au libre exercice de la psychothérapie relationnelle par les psychopraticiens du même nom. Qui se pourvoiront d’un nom de métier et de titres professionnels propres, alternatifs au système de médicalisation de l’existence, garantis dans le cadre du GLPR.
la loi
La loi revêtira la forme d’un Article 52 de la loi du 9 août 2004, modifié par l’article 91 de la loi du 21 juillet 2009 (HTSP), et ses décrets d’application (20 mai 2010) réglementant l’usage du titre de psychothérapeute à dater du 1er juillet 2010 . Cf. Loi dite Accoyer ici-même.
et maintenant la bataille de l’autisme
La bataille des charlatans à peine achevée, l’agression dirigée depuis le début contre la psychanalyse reprenait de plus belle à l’occasion de la question controuvée de l’autisme. Les psychanalystes du Groupe de contact qui s’étaient réjouis de l’élimination probable des psychothérapeutes relationnels réalisent dix ans plus tard qu’ils se retrouvent seuls et démunis face aux ennemis des rivaux dont ils se réjouissaient la veille du bon débarras. Les psychanalystes en tant que corps ne semblent pas réagir de façon ajustée et coordonnée à la montée de discrédit que les scientistes et parents d’autistes leur destinent. Espérons que cela change. Les psychopraticiens relationnels restent disponibles pour appuyer une juste réaction face à la vague de déconsidération qui commence à déferler sur leurs collègues.
Notons qu’à la suite du peu d’appui des psychanalystes (sauf exception notable on l’a vu, suivie toutefois d’une défection également notable) les psychpraticiens relationnels, visés par les attaques « anti-charlatanesques » qui se poursuivent de la part des psychologues et psychiatres psychanalystes, sont affaiblis – la faute à qui.
nécessaire et juste alliance
Aucune des deux disciplines pourtant, œuvrant au sein du carré psy dans le cadre du processus de subjectivation, n’a intérêt à l’affaiblissement de sa voisine face à la puissante offensive idéologique et scientifique du néo positivisme, et à la médicalisation de l’existence, qui atteint la citoyenneté même. Il convient de garder cela en mémoire et de rester en ce qui nous concerne des alliés stables de la psychanalyse comme discipline.
Philippe Grauer
29 avril 2012 – 7 juin 2013 – 16 novembre 2014 – 29 décembre 2014 –
§ GLPR avant la correction du 29 décembre 2014
Un long travail avec la Représentation nationale aboutira à la confiscation du titre par la médecine, comme prévu, et le libre exercice de la psychothérapie relationnelle par les psychopraticiens du même nom. Qui se pourvoiront d’un nom de métier et de titres professionnels garantis dans le cadre du GLPR.
- 1 On nous appelait « les psychothérapeutes » d’après le premier nom que nous nous sommes donné, de 1981 à 2001, avant à la réflexion d’avoir abandonné la ligne qui devenait corporatiste consistant à considérer que nous représentions la légitimité éthique professionnelle à nous seuls, à l’exclusion des autres psys relevant de ce que nous allions corrélativement désigner comme co-locataires du carré psy. Nous-mêmes n’avons intégré qu’en quelques années, dans la cadre même de la lutte commune contre la loi Accoyer en devenir, n’avons intégré que progressivement la différence conceptuelle que ce basculement terminologique, structurel, représentait. En tout cas les-psychothérapeutes c’était nous vus par les autres, sans prise en considération de la psychothérapie relationnelle.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
article à venir, voir analyse bioénergétique. Wilhelm Reich, Alexander Lowen.
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
- REETZ Stefanie
Dans quelle mesure faut-il préférer la vérité qui dérange à l’illusion qui réconforte ? quid de la recherche d’un bien radical, suprême, qui puisse être absolument joyeux (1)? partielle et toujours mutilée, la façon dont je perçois le monde (selon le principe d’imperfection, dit en termes non spinozistes), est-elle en droit d’entamer la générosité (vs. égoïsme) avec laquelle considérer la condition humaine ? quid du tragique nietzschéen ? quid encore de la civilisation du bonheur supermarché de l’amour pour reprendre une expression de Max Pagès, de ce que l’on pourrait appeler la thérapie du bonheur vers quoi par exemple aurait dérapé la psychanalyse américaine, du système consumériste des biens ordinaires à la base de la mondialisation dont traite Gilles Lipovetsky (2) ?
Quel est le bien dont l’obtention n’épuise pas le désir ? les biens ordinaires nous possèdent plus que l’inverse (aliénation). En quoi consiste le bien suprême ? comment mener une vie qui ne nous happe, ne nous distraie pas de la fin supérieure seule digne d’un être véritablement humain ? comment accéder à la sagesse de l’amour ? comment accéder à ce quelque chose de recherché par dessus tout, le contentement du philosophe, qui se déploie dans la joie (vs. dans une forme de perdition) ? comment accéder à l’accomplissement de soi [Abraham Maslow] ? qu’est-ce que la plénitude ? qu’est-ce que le manque ?
Comment penser le désir hors du manque, comment penser le souverain bien, d’un désir dicté par ce dernier (3) ? quelle vie mener alors ? selon quelle pratique de vie, quel « élan d’amour », penser et mener la sienne ?
Comment réguler le principe de satisfaction (du manque) à renouveler indéfiniment en une course folle ? La question du bonheur, dont Saint Just annonçait qu’il est une idée neuve en Europe (4), continue de se poser à nous et de constituer un ressort fondamental dans notre espace de civilisation (mais sous des formes culturelles variées il s’agit d’un universel, eh oui, vaste question mais question de principe !). Elle continue de faire polémique entre les écoles de psychothérapie relationnelle et de psychanalyse. Il importe que chaque psychopraticien relationnel, chaque psychanalyste là-dessus ait étudié ce que la philosophie en dit, et puisse le reporter à sa propre vie et à sa propre clinique. C’est pourquoi notre École fait à la philosophie la place qui lui revient selon nous de droit dans la formation à la psychothérapie (en tout cas relationnelle), sans quoi cette dernière serait pour le moins borgne.
Nous ne résistons pas à proposer à votre réflexion l’introduction que le spinoziste Robert Misrahi donne à son ouvrage, Les actes de la joie (5), sous le titre Le Bonheur comme Préférable absolu, et que voici.
Nous avons montré par ailleurs que le sujet individuel, loin d’être définissable comme manque insurmontable ou comme tragédie de l’impossible, se constitue en réalité par son rapport à la joie. En son être le plus profond le sujet est désir de la libre joie, mouvement qualitatif vers une plénitude assez constante et assez éclatante pour mériter le beau nom de splendeur. Essentiellement, le sujet, comme le sujet désirant concret, est un mouvement vers la plénitude et ce mouvement a l’intensité d’une soif : merci est pas un malheur car elle n’ouvre pas sur l’insatiable ; bien au contraire, elle l’est à l’origine du mouvement qui mène à la satisfaction ; le sujet est ainsi, comme soif de la plénitude, la source de son propre mouvement et de sa joie.
C’est pourquoi nous avons pu également montrer que le bonheur est l’incontournable corrélat de ce désir qui définit le sujet. La question du bonheur n’est pas une question parmi d’autres, mais la question fondamentale qui éclaire toutes les autres et dont toutes les autres découlent. Nous avons pu mettre en évidence le fait que les apories traditionnelles de la morale (dans ses rapports au désir ou à l’institution) sont toutes artificielles et ne sauraient être dépassées que par la référence à une éthique concrète : or le seul concept de bonheur est en mesure de fonder une telle éthique, située par-delà les oppositions morale/politique et désir/institution. Seul le bonheur est critère utilisable dans la détermination des valeurs qui peuvent inspirer l’action intégrale et rendre au désir l’adéquation à lui-même, aux autres et au monde.
Ainsi, une éthique peut se fonder, qui ne soit ni matérialiste ni idéaliste ; une philosophie peut se déployer qui reconnaisse au bonheur la place qui est la sienne, et qui est la première. C’est par rapport à son absence que peuvent se penser le malheur et le mal et c’est seulement par référence au bonheur ne peuvent se comprendre la permanence, la vitalité et l’ampleur du mouvement du désir : le bonheur, désiré par tous, toujours, quelle que soit la forme par laquelle il se manifeste ou se cache, est l’incontournable, l’inévitable corrélat de la vie d’un sujet.
Bien entendu il y a loin de la méditation philosophique à l’encours de la psychothérapie relationnelle ou de la psychanalyse, conduite par le sujet en son devenir et selon son ressort propre, en relation avec le cadre psychothérapique. En ce sens que le psychopraticien relationnel n’a aucunement charge d’éclairer ladite méditation, mais seulement d’épauler discrètement (prendre la discrétion ici comme concept) le psychothérapisant dans sa démarche vers lui-même. Les deux disciplines, philosophie et psychothérapie, peuvent et doivent s’articuler, jamais se confondre, et le processus psychothérapique conduit le bal. La philosophie peut dialoguer utilement avec la psychothérapie relationnelle, elle le doit même, ce dialogue se tient en amont de la séance. Cela crée la distance avec les tentatives par ailleurs d’une philosophie clinique.
Nous pensons enrichir cette fiche ultérieurement, mais telle que la voici ayez l’indulgence de la considérer comme un possible départ.
Philippe Grauer
- 1 Par ailleurs la joie comme indice du sens de la vie (Bergson) nous conduit au couple joie/tristesse, corrélé à vie/mort, avec/sans ; nous examinerons cela ultérieurement.
- 2 Le bonheur paradoxal, Paris, Gallimard, 2006, 466 pages.-
- 3 Distinguer selon Spinoza cupiditas vers une réjouissance qui ne débouche pas sur la triste amertume de l’après satisfaction, de desiderium, fondé sur une tristesse à compenser quand, seulement appelé par quelque chose qui nous manque, je cherche un bien ne satisfaisant que mon regret.
- 4 « Le bonheur est une idée neuve en Europe », rapport au nom du Comité de salut public sur le mode d’exécution du décret contre les ennemis de la Révolution, présenté à la Convention nationale le 13 ventôse an II (3 mars 1794).
- 5 Sous-titre : Fonder aimer, rêver, agir, Encre marine, 1987, 298 p.-
- Les parents des terroristes ont leur part de responsabilité
- Au politiquement correct opposer le mépris civilisé
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
C
voir le dossier sur le carré psy
- Robert Leopold Spitzer, psychiatre américain
- De psychothérapeute à psychopraticien
- Faut-il médicaliser la dépression ?
Décharge émotionnelle productive de sens, élaborative. Au cours de la catharsis l’émotion pénible exprimée, dans les bonnes conditions de l’équilibre de l’attention — voir cette expression, au sens propre délivre la capacité de comprendre ce qui s’est passé. Le sens qui n’avait pu s’élaborer en situation de détresse se constitue, un sens sensible, intégrant affect et pensée.
On distinguera ce concept de celui d’abréaction, bouffée aveugle qui ne comporte pas d’élaboration. À l’inverse de la catharsis, apollinienne, l’abréaction tempête en vain. À distinguer également de la dramatisation.
Aux yeux de Freud la catharsis c’est le passage au corps, comme on dirait à l’acte. Synonyme d’abréaction, d’irruption pulsionnelle incontrôlée. La redéfinition que nous proposons ici dessine un nouvel espace conceptuel.
Cet article est appelé à s’enrichir d’un panorama du concept depuis Hippocrate et surtout Aristote élaborant après coup une théorie littéraire du théâtre récemment inventé.
25 nov 2008.
Aristote in La Politique, traduction J. Tricot, Vrin, 1995, p. 584 :
» Nous voyons ces mêmes personnes, quand elles ont eu recours aux mélodies qui transportent l’âme hors d’elle-même, remises d’aplomb comme si elles avaient pris un remède et une purgation. C’est à ce même traitement dès lors que doivent être nécessairement soumis à la fois ceux qui sont enclins à la pitié et ceux qui sont enclins à la terreur, et tous les autres qui, d’une façon générale, sont sous l’empire d’une émotion quelconque pour autant qu’il y a en chacun d’eux tendance à de telles émotions, et pour tous il se produit une certaine purgation et un allégement accompagné de plaisir. Or, c’est de la même façon aussi que les mélodies purgatrices procurent à l’homme une joie inoffensive. «
Allègement accompagné de plaisir n’est pas à proprement parler joie mais soulagement. Quoi qu’il en soit la catharsis a partie liée avec la représentation, l’identification et la mise à distance (Verfremdungeffekt) du spectacle de la condition humaine, lorsque le héros se trouve sous nos yeux pris dans l’action (drama) qui le conduit logiquement dans des situations intenables. Il nous prend à témoin de ce qui lui arrive et nos émotions accompagnent sa destinée. Excellente occasion pour nous libérer en ce qui nous concerne des tensions emmagasinées et conflits similaires dont nous mêmes sommes le siège. Excellente occasion de se mettre à la fenêtre pour enfin se voir passer dans la rue, qui plus est au moment de l’accident.
7 août 2012
Voir aussi
régression
25 nov 2008 – mise à jour 7 août 2012
- L'erreur de Matthieu Ricard
- Il n’y a pas de causes sociales au djihadisme
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
CENTRE DE DÉVELOPPEMENT DU POTENTIEL HUMAIN 1972 -198?
1972. Les Trois mousquetaires fondateurs sont Jean-Michel Fourcade, Tan Nguyen, Dominique Colleter, Philippe Grauer.
À force d’organiser, après leur propre formation auprès de Bill Grossman, directeur du Kaleidoscope à Londres (et de très fréquents voyages à Kaleidoscope et Quæsitor (Mike Barnett) aux fondements des Nouvelles Thérapies (1969-1971), puis d’organiser des sessions régulières de sensibilisation et formation aux méthodes et techniques du Potentiel humain, les quatre sus-mentionnés décident, si leur première université d’été tenue dans des locaux aimablement prêtés à Jean-Michel Fourcade par les Beaux-Arts de Nice, est un succès de se structurer en organisme. C’est ce qui se produit en octobre 1972. Le CDPH (locaux administratifs à Paris rue de Charenton) exerce alors régulièrement dans les locaux du Centre d’évolution de Jacques Durand-Dassier, ceux mis à disposition par Michel Sokolof et quelques autres. Le CDPH durera un peu plus d’une dizaine d’années, se partageant entre centre de sensibilisation aux techniques et méthodes du Potentiel humain et en lieu de formation. Institution de référence d’une présentation et représentation des Nouvelles Thérapies dans leur diversité, le CDPH, un moment tenu par Jean-Michel Fourcade et Vincent Lenhardt, situé pour finir rue de Turenne à Paris, cédera la place à un organisme de pure formation, ancêtre de l’actuelle NFL.
Entre temps il verra se modifier sa direction. Une première scission, sur la question de la spiritualité, du laïcisme et du refus d’une médiatisation à la Meignant, scindera l’organisme entre Tan Nguyen et Dominique Colleter d’une part, qui quittent l’organisme, Jean-Michel Fourcade et Philippe Grauer d’autre part, qui le conservent, l’orientant selon des exigences plus universitaires. Puis Philippe Grauer, sur injonction de Harvey Jackins dont il dirige un moment la section française du cocounseling (Soutien mutuel thérapeutique) quitte le CDPH à regret quelques années plus tard (évidemment il quittera le cocounseling ensuite), ce qui le conduira en 1985 à fonder avec Noël Salathé et Christian Chazette le Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie, CIFP. On mesure l’évolution de la sémantique. Les deux organismes resteront longtemps références nationales en matière de formation œcuménique.
Le Centre d’Évolution de Jacques Durand-Dassier, 14 rue des Saints Pères à Paris, est contemporain du CDPH. il durera jusqu’à peu après la mort de son fondateur.
Puis l’histoire continue.
- Rapport moral version récupérée
- En France les innocents vont en prison
- Dans le vif de la pratique gestaltiste 2012
certificat européen de psychothérapie
Pour la définition du dernier terme, psychothérapie, prendre garde de ne pas se le donner comme allant de soi. Pour la définition de l’antépénultième rester également vigilant ; le CEP n’est nullement une institution européenne au sens institutionnel courant de l’expression. Il s’agissait de fonder une légitimité professionnelle privée à l’échelle européenne, susceptible d’inspirer un modèle supra étatique. Il n’en fut rien, le principe de subsidiarité ayant joué en faveur des États légiférant successivement chacun de leur côté en matière de réglementation de « la-psychothérapie« .
« scientifiquement validée«
Le CEP fut Instauré en Juillet 1995 lors du 1er congrès de Vienne de l’AEP (avec l’approbation du SNPPsy malgré ses réserves). Son principe consiste à valider administrativement le diplôme d’un psychothérapeute (terminologie de l’époque) sorti d’une méthode-école « scientifiquement validée », ie reconnue par l’AEP, la reconnaissance portant sur la méthode (une vingtaine, pour se voir reconnaître une méthode doit être présente dans au moins six pays d’Europe, et répondre à une série de critères de « scientificité ») et par voie de conséquence sur l’étudiant reconnu par elle. Pas à proprement parler de confirmation, sinon administrative.
Une standardisation horaire de l’ordre de plusieurs milliers d’heures se voit tempérée par un système d’équivalences réduisant les exigences. Les critères de base, au nombre de quatre, se trouvent dans la Déclaration de Strasbourg.
Mitteleuropa : faire nombre
Le cadre du CEP visait à instaurer une structure professionnelle internationale à l’échelle de l’Europe. Sa pertinence a principalement joué de 1995 à 2005 dans la Mitteleuropa, et fut soutenu en France à titre de contre exemple d’autoréglementation professionnelle s’appuyant sur une population élargie à l’Europe d’une centaine de milliers de praticiens, de qualité à vrai dire diverse mais également cautionnée par l’AEP(1), lors de la bataille parlementaire pour l’établissement d’une réglementation nationale. Le CEP devait impressionner par sa masse de titulaires à l’échelle continentale.
alternative syndicale : passation du praticien
L’Affop se créa – à partir du départ du SNPPsy et du PSY’G de la FFdP qu’ils avaient d’abord fondée – pour proposer un cadre national de référence différent, s’appuyant sur la confirmation du praticien (diplômé par ailleurs) par le passage obligatoire devant un Comité de pairs expérimentés. Cette rencontre déterminante relevant du fameux Cinquième critère (les quatre strasbourgeois plus un). Ce système fédératif et syndical perdure, dans sa différence avec l’institution du CEP.
écoles
Les deux systèmes sont fondés sur un système de reconnaissance des écoles, dont les critères et le niveau d’exigence diffèrent.
- 1 Critère important, qu’une institution professionnelle crédible se porte garante des professionnels qu’elle sélectionne.
- psychanalyse et autisme : la polémique
- "psychothérapeute ou psychopraticien ?"
- Lettre ouverte à l'ARS de la région PACA
Il existe en France en matière de psychothérapie deux instances de certification, renvoyant à deux systèmes de légitimation distincts, représentant deux champs d’exercice encadrés.
1)
certification d’État sans garantie par les Cinq critères
. Le système universitaire certifie autorisé à porter le titre d’exercice de psychothérapeute paramédical de nouvelle désignation (2010) les psychologues cliniciens et les psychiatres(1). Transitoirement les ARS ont désigné quels sont les psychologues et les psychothérapeutes d’ancienne dénomination qui et sous quelles conditions peuvent porter dorénavant le titre paramédical de nouvelle désignation de psychothérapeute. Le nouveau titre d’exercice de psychothérapeute ne répond pas aux cinq critères.
2)
certification professionnelle privée garantie par les Cinq critères
. La profession organisée autoréglementée hors du champ médical par les quatre institutions historiques responsables de référence regroupés dans le cadre du GLPR, dispense et garantit trois titres alternatifs, relevant d’une conception non médicale du soin. Leurs organismes tutélaires garantissent qu’ils répondant aux exigences des cinq critères et à ce titre répondent d’eux et de leur pratique.
Ces trois titres d’exercice sont– psychopraticien agréé – PSY’G
– psychopraticien relationnel® – titulaire du SNPPsy ou d’un des cinq organismes titularisants regroupés au sein de l’AFFOP(2)
– psychopraticien certifié – FF2P
3)
Hors cadre et hors Cinq critères
de simples psychopraticiens bénéficient ou non de certifications diverses, dont la garantie ne dépasse pas ce que peut représenter l’organisme qui l’aura décernée. Ils ne répondent pas aux cinq critères et l’on prend avec eux le risque de ce manque de garantie(3).
4) Les catégories
1 et 2 sont cumulables
. Bien vérifier que le cumul est valide.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
11 mars 2014 – 2 janvier 2015 – 2 novembre 2015 –
- 1 Les psychanalystes relèvent par ailleurs massivement de ces deux catégories dans notre pays (principalement de la psychologie de nos jours). Leur couverture vient de là. Par effet de cumul ils peuvent au nom de la psychanalyse incarnée dans une institution (mais pas toujours) plus ou moins relever des cinq critères, qu’ils ne formulent pas de la même manière, ramenant la pratique psychanalytique à ce qu’ils appellent son éthique. De rares psychanalystes ni psychologues ni psychiatres exercent leur discipline hors cadre, pouvant être couverts par une société psychanalytique.
- 2 Ici complexification de la figure avec l’apparition d’une « titrisation » par société savante validée par une fédération. Besoin de mise en cohérence à venir (2 janvier 2015).
- 3 Un psychopraticien peut n’offrir qu’une relation d’aide aussi bien, dont il faudrait que la qualification se voie attestée (mais par quelle institution responsable ?) voir moins encore. La question de la garantie professionnelle est cruciale, et difficile à caractériser hors des parcours correctement balisés par la profession historiquement instituée.
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CFTMEA 2000.
AUTEURS : R. Misès, N. Quemada, M. Botbol, Cl. Bursztejn, B. Durand, J. Garrabé, B. Golse, Ph. Jeammet, A. Plantade, Ch. Portelli, J.P. Thevenot.
Classification des maladies mentales marquée par la vision du monde psychanalytique, opposée au DSM et CIM 10.
Voir aussi
DSM
logique éducative vs. logique de soin ?
L’opposition logique éducative vs. logique de soin n’a pas lieu d’être. Les comportementalistes, dans leur lutte idéologique extrémiste contre la psychanalyse réclament l’expulsion radicale de la psychiatrie d’inspiration psychanalytique (ce qu’il en reste, vu la reneurologisation actuelle de la psychiatrie) du champ des soins des autistes. Ce qui signifie un basculement du soin vers le tout éducatif, comme si on devait passer du tout soin au tout éducatif. Éducatif tout cognitiviste bien entendu.
Haine contre haine, des TCC contre la psychanalyse et réciproquement, cette formule bloquerait tout. Ça n’est pas en passant par une radicalisation politique que les choses risquent de s’arranger.
la bataille de l’autisme
De fait la guerre continue. À la bataille des charlatans (1999-2010) succède la bataille de l’autisme, conduite tambour battant contre la psychanalyse à l’hôpital. Les psychiatres psychanalystes et psychologues psychanalystes qui ont sacrifié l’alliance avec les psychopraticiens relationnels – ex psychothérapeutes – à leurs calculs prévoyant le maintien de leurs privilèges universitaires et hospitaliers, se retrouvent maintenant seuls face à de violentes attaques prenant pour base les dérives dogmatiques de nombreux psychanalystes n’ayant pas fait face à leurs devoirs de soignants face à la question de l’autisme.
application de la philosophie de la CFTMEA au domaine de l’autisme
Les troubles envahissants du développement – TED –, y sont appelés psychoses précoces.
Ce qui permet de parler en termes de dysharmonie psychotique :« Derrière cette symptomatologie variable, les traits et mécanismes de la série psychotique constituent un élément commun :
– menace de rupture avec le réel, absence ou mauvaise organisation du sentiment de soi et des rapports avec la réalité ;
– tendance au débordement de la pensée par des affects et des représentations d’une extrême crudité ;
– les angoisses sont de divers types : angoisses de néantisation, angoisses dépressives et de séparation, parfois attaques de panique ;
– dominante d’une relation duelle avec incapacité d’accès aux conflits et aux modes d’identification les plus évolués;
– prédominance de positions et d’intérêts très primitifs. »
a) Il n’a jamais été entendu qu’une stratégie éducative intensive en pareil cas ne serait pas la bienvenue.
b) le mérite de cette classification consiste à ne pas oblitérer qu’il s’agit d’une affection qui n’est pas de l’ordre de la névrose. On n’efface pas ce qu’on ne saurait voir, à savoir qu’avec l’autisme on est déjà dans le domaine de ce qu’il y a lieu d’appeler communément folie : logique de soin.
c) que les causes en sont multifactorielles est à présent avéré.
d) ce qui exclut l’hypothèse justement dénoncée de la cause principale sinon unique dite des « mères de psychotiques », encore dite « mères crocodiles« , dans laquelle se sont illustrés suffisamment de psychiatres et psychologues psychanalystes pour que l’actuelle guerre de l’autisme se soit légitimement déclenchée.
e) ce qui n’empêche pas cependant que les soins prodigués doivent maintenir l’hypothèse du sujet en relation et qu’il n’y a donc pas lieu d’évacuer de ce domaine l’attitude psychanalytique de l’arsenal psychothérapique au motif que des psychanalystes se soient fourvoyés parfois grossièrement dans ce domaine.
Entrée datant du 7 mars 2012 –
- Robert Leopold Spitzer, psychiatre américain
- Roudinesco : L'héritage de la pensée 68 est-il épuisé ?
- DSM 5 & STOP DSM : opposition radicale aux fondements et à l’utilisation du DSM 5
les pouvoirs publics tout autant que les universités semblent ne pas se rendre compte du fait que l’on devient psychothérapeute relationnel la plupart du temps par voie de reconversion, entre 35 et 50 ans, et non à 20, ayant déjà vécu, personnellement et professionnellement, ce qui confère à celui qui exerce cet art la densité existentielle et l’expérience qu’on est en droit d’attendre de celui ou celle à qui on entreprend de parler des choses de sa vie.
Par conséquent les carrières universitaires, l’accumulation d’un savoir psychologique théorique et l’acquisition de la méthode statistique ou autre présidant aux recherches d’inspiration cognitivistes laissent de marbre ceux dont le parcours y compris académique, dans des disciplines généralement sciences humaines ou arts, mais parfois autres, est déjà fait. Leur maturité leur permet d’évaluer que le savoir psychologique académique, même le seul savoir psychanalytique dont la base ne saurait jamais être seulement théorisante ou livresque, a peu à voir avec celui qu’ils cherchent à acquérir, savoir faire et savoir être intégrés à une réflexion vécue, approfondie, de type anthropologique sur le cours de la vie humaine, savoirs littéraires et poétiques, savoirs d’art.
Ce qui ne les empêche pas de se passionner pour une psycho éthio pathologie qu’ils aiment interroger, y exerçant leur capacité critique, et Dieu sait si dans ce domaine il y a à faire.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkmédecin incapable et sans scrupules
Charlatan : au XVIème siècle, par croisement entre Cerretano, habitant de Cerreto (village proche de Spolete dont de nombreux habitants étaient vendeurs ambulants) et ciariare (proche du provençal charra > charabia, charade, charrier quelqu’un), désigne un bateleur, bonimenteur débitant des drogues sur les marchés, arracheur de dents à l’occasion. Cela donne à partir du XVIIème siècle « Imposteur exploitant la crédulité publique (1668)« (1). Par extension, celui qui propose et prodigue des soins illusoires.
Le TLF donne : Médecin incapable et sans scrupules. [Les] charlatans en médecine (H. BEER, Introd. à l’astrol., 1939, p. 16).
B. P. ext., péj. Personne habile qui trompe sur ses qualités réelles et exploite la crédulité d’autrui pour s’enrichir ou s’imposer. Synon. imposteur.
fantasme noir de la médecine
Celui qui prétend exercer une activité dans laquelle il est incompétent. Né avec elle, le charlatan est le mauvais objet, le fantasme noir de la médecine scientifique. On est toujours le charlatan de l’autre, ce terme sert à disqualifier et dénoncer (sauf note le Robert étymologique en français d’Afrique où il prend le sens de devin sans connotation négative). Il désigne celui dont l’identité professionnelle et les pratiques douteuses mettent péril le sentiment de la propre identité et éthique de l’accusateur.
Les médecins se traitent souvent mutuellement de charlatans, sans pouvoir davantage se nuire, protégés qu’ils sont par leurs diplômes, par la reconnaissance de l’État, incarné dans l’institution universitaire. Dans le cadre d’une mentalité sécuritariste, ce terme a servi à s’efforcer de discréditer et disqualifier une branche professionnelle toute entière, en ignorant sciemment le travail de fondement institutionnel auquel elle a procédé depuis bientôt un demi siècle : syndicalisation, agrément d’écoles, création de fédérations professionnelles représentatives. Ce n’est pas hasard si cette médicale invective s’est trouvé utilisée à l’encontre des psychothérapeutes relationnels par des politiciens médecins.
victimalisme populiste
Reste le victimalisme. Encore tout récemment Bernard Accoyer, parrain du titre d’exercice de psychothérapeute confisquant cette appellation au bénéfice de la médecine afin de nous débarrasser enfin des charlatans, évoquait dans un article de La Croix en date du 20 novembre 2012 les « milliers de victimes », pas moins que cela, qui avaient décidé son cœur populiste blessé à lancer une ardente croisade en vue de les protéger. Des officines victimaires spécialisées dans l’épinglage approximatif de méthodes évaluées à la hâte par des amateurs, de dénonciation de personnages douteux de préférence non inscrits dans des institutions professionnelles sérieuses, cherchent à déclencher le réflexe d’indignation populiste sur lequel certains hommes politiques ont durant la période Sarkozy beaucoup joué : puisqu’on vient de retrouver une femme coupée en morceaux par un récidiviste, il faut dorénavant et de toute urgence, surtout avant d’avoir pris la peine d’examiner le cas à froid en concertation avec les professionnels, boucler préventivement tous les récidivistes potentiels (sécuritarisme). Dans le cas du charlatanisme, on désignera pas tout à fait au hasard une catégorie entière de praticiens à la vindicte, ou bien l’on dénoncera sans preuves et à tort une méthode comme secte (méthodologique erronée consistant à repérer un groupuscule sectaire puis à le confondre avec la méthode qu’il prétend illustrer), le principe du pas de fumée sans feu supposé faire le reste. La rationalité du procédé n’est pas avérée si l’effet choc et de manipulation est garanti. Le principe de l’affolement de l’opinion et de la mise en route d’une législation de circonstance par la monstration d’une victime n’a rien à voir avec la démarche scientifique – pas davantage dans le domaine psy qu’en sociologie.
près d’un demi siècle de travail institutionnel assidu
Ceux qui portent à présent le titre de psychopraticiens relationnels® le font sur la base de la mise en ordre de leur profession durant un long travail institutionnel assidu, précisément destinée à pourvoir leur corps professionnel et doctrinal des garanties nécessaires au respect de son éthique. Une éthique voisine de celle de la psychanalyse, consignée d’abord dans le code de déontologie du SNPPsy, puis dans quelques autres codes surgis depuis. Le travail des institutions historiques (représentées dans le cadre du GLPR et de lui seul) de la psychothérapie relationnelle a précisément si l’on peut dire décharlatanisé la profession de longue date et érigé la discipline sur des bases critiques suffisantes.
voir également
exopratiques dans Titre de psychothérapeute : une mécanique institutionnelle complexe
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, et ceux qui nomment charlatans ceux dont ils n’ont pas en réalité eux-mêmes les compétences savent que ce faisant ils enfument. L’aspect partisan de telles accusations n’échappera pas à l’opinion éclairée. On a souvent retourné le compliment et les psychologues ou médecins pratiquant la psychothérapie se voient traités de charlatans au même motif. Cela remonte à Freud disant à propos de la question de l’analyse laïque, des médecins qu’ils ne sont pas compétents dans le domaine du psychisme, de la « médecine de l’âme, » du simple fait d’être médecins, et que la charlatanerie siège chez eux lorsqu’ils y prétendent au motif qu’ils sont, à l’instar de nos psychiatres, selon la définition de Philippe Grosbois, « génétiquement psychothérapeutes« (2).
Autrement dit c’est souvent celui qui le dit qui l’est : le compliment, réversible surtout quand il reste vague, dénote une pulsion d’angoisse identitaire qu’il y a lieu de contenir (et cas échéant traiter ? « allez vous faire soigner », apostrophe banale). C’est pourquoi il est intéressant de dresser un tableau précis des situations d’exopratiques et malpratiques, qui liste les abus de pratique par incompétence dans le domaine des professions du psychisme, et stigmatise tout autant les accusateurs sécuritaristes et corporatistes ordinaires : médecins, psychiatres, psychologues.
figure complexe de l’hétérogène
Élisabeth Roudinesco dans Le patient le thérapeute et l’État(3) traite au chapitre 1 de la question du charlatanisme. La figure complexe de l’hétérogène y apparaît en qualité de composante régulière de notre équilibre de civilisation. Qu’est-ce qu’un imposteur qu’est-ce que l’autre ? curieux que les professionnels de l’identité, de l’altérité et de la relation se trouvent par rapport à cette question aussi démunis que ceux venus précisément les consulter à ce titre. La relation comme pharmakon, remède/poison ? empoisonnement institutionnel (les mécanismes institutionnels semblent souvent relever des théories de Mélanie Klein) ? Syndrome du cordonnier ?
figure de l’imposteur
« Toute société, écrit-elle, accorde une place à la figure de l’imposteur du fait même qu’elle ne peut fonctionner qu’en définissant clairement qui elle rejette et qui elle inclut en vertu des normes qu’elle s’est fixées. Ainsi le charlatan, quel que soit le nom qu’on lui donne, est toujours une figure structurale de l’hétérogène. Défini comme la part maudite (cf. Bataille) il est ce qui échappe à la raison et au logos. Il est le diable, l’exclu, le sacré, la souillure, la pulsion, l’inavouable, la mort. Mais il est du même coup la drogue (pharmakon), le pourvoyeur de drogue (pharmakos), le drogué, le bouc émissaire ou le martyr qu’il faut punir pour que la cité se régénère. Le charlatan est donc un être double : il endosse la sanction, mais il est aussi la condition de toute sanction. Il est tout autant celui qui donne la guérison à l’aide de ses potions miraculeuses que celui qui distribue le poison. Empoisonneur ou réparateur, tyran ou misérable, le charlatan est « l’autre de la science et de la raison, l’autre de nous-mêmes. »
médicalisation
À dater du 10 mars 1803 en France rappelle-t-elle l’État met en place les bases d’une médecine orientée sur l’axe norme / pathologie, début du processus de médicalisation de la santé puis de l’existence qui court jusqu’à nos jours. Adieu guérisseurs, sorciers, magiciens ! Bonjour médecine scientifique ! Bonjour en même temps aux médecines parallèles. Que la médecine elle-même ne laisse pas d’officialiser, intégrant à son corpus homéopathie, ostéopathie, acupuncture, etc. (souvent moyennant édulcoration). Notons qu’en dehors de toute polémique scientifique le principe actif classique absent en homéopathie l’est tout à fait, actif, du côté du sujet et de la relation retrouvés. La polarité objectivation/subjectivation se reconstitue toujours, du relationnel s’infiltre à la marge, d’autant que la ligne de partage entre domaine scientifique d’État et alternatif est mouvante et en constant remaniement.
partage des malfaçons et malpratiques
Aussi est-ce en réalité au sein de chacune des zones que se crée le partage des malfaçons et malpratiques. Avec prudence dans le maniement des chiffres Élisabeth Roudinesco parle d’après l’OMS de 100 000 praticiens parallèles, de médecins (cf. ci-dessus la définition du TLF installée en premier intertitre) à astrologues (4). Qui est le charlatan de qui ? s’interroge-t-elle, considérant l’usage incroyable en cours chez les généralistes de prescrire des neuroleptiques que seules quatre années supplémentaires d’études en psychiatrie permettent logiquement d’administrer en connaissance de cause, et Dieu sait si la cause en question reste difficile à pénétrer. Zarifian a popularisé l’idée juste que la population française était soumise à un régime beaucoup trop riche en psycho molécules(5).
comment s’en débarrasser ?
Ainsi poursuit Élisabeth Roudinesco dans ce chapitre I qu’il faut lire en entier, « le charlatan que l’on veut exclure de la cité en usant d’une science érigée en religion plutôt que de la raison, est toujours présent, soit à l’extérieur des grands systèmes qui visent à son abolition, soit à l’intérieur de ces mêmes systèmes quand ils cherchent à l’intégrer. Telle une drogue ou un spectre il est toujours là, tapi dans l’ombre, semblable aux monstres de Goya séjournant dans le royaume des rêves. Et pour l’empêcher de nuire, il faut être bien conscient que jamais on n’en viendra à bout: ni par la chasse aux sorcières, ni par l’expertise dite scientifique, ni par la reconnaissance pure et simple (dont les effets sont évidemment pervers). »
ruyne de l’âme
Elle nous rappelle que la médecine du XIX au XXème siècle se développa selon deux directions antagonistes : soigner les grandes maladies organiques, orientation dont les progrès sont admirables, ou éliminer, non les microbes mais les races dégénérées, malades, contagieuses de surcroît. On sait comment a dégénéré la seconde option. Dans le domaine du psychisme la variante « génétique » conduit au bio-pouvoir. Chercher à médicaliser à outrance en criant sus aux charlatans les professions du soin de l’âme conduit à la ruyne de l’âme. Prenons garde à l’emploi immodéré de certains signifiants idéologiquement toxiques.
reconfiguration
La figure anthropologique du charlatan requiert davantage de réflexion que le prêt à barrer la pensée des messages populistes médiatiques. Le complexe comme dirait La Palice, est moins simple qu’il n’y paraît. La partie politique jouée par la médecine au détriment des psychologues et des psychologues-psychanalystes (les psychiatres vainqueurs restent en perdition, cf. le Collectif des 39) croyant jouer au plus fin a engendré une reconfiguration au sein du Carré psy qui s’avèrera probablement aussi illusoire que la suppression du wagon de queue pour diminuer le risque dans le domaine des accidents de chemin de fer.
Mise à jour : 23 juin 2011, 16 -18 juillet 2011 – 2 décembre 2012 – 22 juillet 2013 – 30 septembre 2013 – 10 août 2014 – .
- 1 Robert étym.
- 2 « est charlatan celui qui entreprend un traitement sans posséder les connaissances et capacités requises. M’appuyant sur cette définition, je me risque à affirmer que – pas uniquement dans les pays d’Europe – les médecins fournissent à l’analyse son plus gros contingent de charlatans. Très souvent, ils pratiquent le traitement psychanalytique sans l’avoir appris et sans le comprendre ». In Sigmund Freud. La question de l’analyse profane. [1927], Paris, Gallimard, 1985, p. 106.-
- 3 Élisabeth Roudinesco. Le patient le thérapeute et l’État. 2004, Paris, Fayard, 179 p., cf. pp. 23 et sq –
- 4 La récente sortie sur les ondes par Jean-François Marmion du terme supposé spirituel d’astropsys pour qualifier ceux que les pur sucre psychologues et médico-psys ont décidé de livrer médiatiquement à l’exécration et peur publiques, reprend au compte des psychologues ce signifiant de discrédit d’une catégorie tout entière.
- 5 Question annexe : le principe du protocole consiste à rester toujours actif, pour le praticien, au lieu d’agir et laisser suffisamment longtemps sans rien faire de plus, pour que le psychisme du patient ait le temps d’évoluer, ou de se stabiliser. Résultat, on essaye toute la gamme, jusqu’à l’électrochoc, sur un rythme endiablé. Et ensuite ?
- À quoi s'occupent l'AFFOP et le SNPPsy depuis des années ?
- La psychothérapie et les psychologues
- Manifeste pour la psychanalyse – à propos d'un ouvrage récent
–
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- CHARLIE ET LA PSYCHANALYSE
- DSM, mon amour – Nouvelle dispute sur la nature de l'âme humaine
« La Classification internationale des maladies (CIM ; en anglais : International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems, CID), dont l’appellation complète est Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, est une classification médicale codifiée classifiant les maladies et une très vaste variété de signes, symptômes, lésions traumatiques, empoisonnements, circonstances sociales et causes externes de blessures ou de maladies. La Classification internationale des maladies est publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et est mondialement utilisée pour l’enregistrement des causes de morbidité et de mortalité touchant le domaine de la médecine. » Wikipedia
Voir aussi
DSM
CFTMEA
L’Autisme et la querelle des classifications nosographiques Par Patrick Landman [février 2012]
alignement sur le DSM
« Cette classification qui globalement s’est alignée sur celle du DSM (particulièrement depuis la 4e révision DSM-IV) est très critiquée et pour les mêmes raisons. Par ailleurs, le fait qu’elle ne reprenne pas les « axes » du DSM fait que la liste des diagnostics a tendance à s’allonger sans fin et sans qu’on puisse clairement hiérarchiser ceux qui sont pertinents dans l’actuel, ceux qui relèvent d’un aspect structurel, etc. Enfin, la partie des diagnostics pédopsychiatrique (enfants et adolescents) est insuffisante, ce qui a tendance à confondre pédopsychiatrie et psychiatrie de l’adulte dans une vision adultomorphe. » Wikipedia
- DSM, mon amour – Nouvelle dispute sur la nature de l'âme humaine
- CFTM – Classification française des maladies mentales. Avis de parution
- Un 11 janvier refondateur
Avertissement général
La loi dont le décret d’application vient juste d’être publiée laisse le libre usage du terme de psychothérapeute jusqu’en mai 2011 sous certaines conditions, pour désigner ceux qui sont en train de devenir psychopraticiens relationnels. Au sens général de celui qui pratique la psychothérapie il parcourt l’ensemble de la graphomasse de ce site, et ne doit pas être entendu alors comme celui qui se réclame du titre auquel il a renoncé pour en adopter désormais un autre, celui de psychopraticien relationnel®, désormais conféré par le Snppsy, en tant que membre titularisant de l’Affop, sur la foi des … Cinq critères. Ça tourne en rond et ça tourne rond, heureusement, le système est cohérent.
Attention, ne confondons pas titre d’exercice (simple licence professionnelle) et nom de métier. Le nom de métier correspondant étant psychopraticien tout court, garanti par rien ni personne (d’autre que celui qui se le dit).
Ces deux précédents §§ ont été révisés en date du 5 janvier 2011
Nous n’exercerons pas de censure rétroactive, et l’on devinera à la modulation terminologique si un texte est daté d’avant ou après la rupture, non épistémologique mais juridique, prohibant le port du titre d’exercice protégé, désormais dévolu à ceux qui ne pratiquent pas « la psychothérapie » (non définie dans ce cas) à titre exclusif, i.e. qui pratiquent la psychopratique relationnelle uniquement. Nous n’entreprendrons pas de remanier toute la production écrite de ce site pour escamoter l’appellation désormais interdite à de nombreux psychopraticiens relationnels, comme sur les clichés staliniens on s’ingéniait à faire disparaître les personnalités exécutées l’année précédente.
Les Cinq critères du SNPPsy
Les cinq critères, quatre fondamentaux éclairés par la dynamique du cinquième, la reconnaissance par les pairs croisée à celle par soi-même, ont fait le tour de la profession. Ils font il est vrai le tour de la question.
Les allusions au charlatanisme qu’on rencontrera au fil de ce texte sont à présent datées. Des années 2003 et suivantes où de dures attaques furent portées, sans parvenir à effondrer la psychothérapie relationnelle d’abord, la psychanalyse ensuite. Les institutions constituées de la psychothérapie relationnelle firent face, alliées aux psychanalystes et à l’opinion éclairée, et protégèrent notre profession. Ce fut l’époque de la Coordination psy. Le SNPPsy y joua son rôle. Le Cifp aussi, en qualité de membre de l’AFFOP.
Vient à présent (2010) le temps du GLPR, montrant que les organisations historiquement responsables de la psychothérapie relationnelle savent s’unir et se concerter pour défendre, protéger et soutenir notre profession et discipline.
Les Cinq critères participèrent, par leur autorité historique et morale, au mouvement de résistance à la vague d’évaluation machinique des faits de l’âme, et à la tentative de confiscation du quatrième côté du Carré psy par les locataires universitaires scientistes dudit Carré au service de la dynamique du biopouvoir.
Cette dynamique s’incarne dans la détermination de la médecine organiciste de faire main basse sur l’ensemble du Carré psy, en soumettant les psychologues, lesquels se chargent de réduire voire liquider la psychanalyse, le tout à l’enseigne d’une tentative de marginalisation de la psychothérapie relationnelle, dont les praticiens expulsés de leur titre de psychothérapeute, seraient renommés, par une réthorique populiste qui a fait long feu, charlatans, ou zélateurs de sectes. Le bon La Fontaine le formule excellemment :
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.
L’affrontement en cours, qui revêt des aspects idéologiques autant que corporatistes, n’est pas achevé pour autant. Au cours du demi siècle qui s’annonce on peut parier que nos professions et professions de foi humanistes n’auront pas à chômer pour accomplir leur office dans nos sociétés démocratiques. L’exigence des Cinq critères continuera de servir de ligne de conduite à la génération qui vient.
Ce texte date et retentit de l’écho des luttes syndicales et fédérales de la première décennie du siècle. Nous le laissons pour l’instant en l’état, à titre (!) de document et témoignage (avril 2018).
Les praticiens en psychothérapie relationnelle titulaires du Snppsy répondent aux cinq critères suivants :
1) avoir soi-même suivi une psychothérapie ou psychanalyse suffisante
— au cours d’une démarche longue et réussie, niveau professionnel, de l’ordre de 7 ans, souvent davantage, pour donner une idée, mais nous refusons aux chiffres de nous enfermer, et nous avons les moyens de déterminer si sa démarche personnelle a véritablement qualifié un psychopraticien travaillant à partir de la relation.
2) bien connaître son métier : méthodes, théories, pratique, psychopathologie
tels que les transmettent des écoles à présent spécialisées dans ce type spécifique de formation, alliant la didactique à l’expérientiel, ces écoles étant elles-mêmes agréées par des institutions professionnelles nationales responsables.
savoir universitaire
La question du savoir universitaire est importante, mais insuffisante seule. Un Master de Psychologie ou un CES de psychiatrie diplôment mais ne qualifient que pour ce qu’on pourrait nommer dans les meilleurs des cas des déclinaisons très différentes de la psychothérapie(1), et ne forment absolument pas à l’exercice de la psychanalyse ni à celle de la psychothérapie œuvrant à partir de la relation. De plus, jamais un diplôme seul ne saurait qualifier un psychothérapeute relationnel au sens où nous l’entendons, les Cinq critères ici exposés sont solidaires et indissociables. Il n’en saurait manquer aucun au praticien agréé.
impossible de définir la psychothérapie
Le raisonnement selon lequel puisqu’il est (heureusement) impossible de définir la psychothérapie (dans ce cas on reste vague en parlant de psychothérapie au sens générique du terme), on se garantit par une couche protectrice de psychopathologie (médicale bien entendu), ne résoud pas la question mais tend à dériver la profession vers celle de psychopathologue. L’affaire est difficile. Il aurait fallu faire confiance aux institutions responsables, dont la moralité professionnelle, la capacité de transmission et d’encadrement des professionnels qu’elles se chargent de syndiquer et fédérer, sont reconnues par le public et en privé de nombreux politiques (par ailleurs chargés comminatoirement d’exécuter les ordres venus de très haut), il aurait suffi de leur faire confiance pour que la question de la moralité professionnelle de la psychothérapie relationnelle se voit assurée.
« maladisation » du psychisme
Cela n’aurait pas cadré avec le projet médical ultra d’arraisonner l’ensemble du Carré psy, au grand dam des besoins de la population, qui n’a pas besoin seulement, dans le cadre réducteur d’une politique de santé mentale à base de protocoles TCC et de médicaments, d’une « maladisation », disons médicalisation de la vie intime privée, mais de sens et de capacité d’advenir à soi-même.
Bref, si des professionnels diplômés au titre de la psychologie veulent exercer en qualité de psychothérapeutes relationnels — demain de psychopraticiens relationnels, ils savent bien qu’il leur faut à titre de spécialité, consacrer encore au minimum quatre années universitaires dans une école professionnelle qualifiée (Ce dont conviennent les psychologues au niveau international mais dont ils ne veulent pas entendre parler dans le contexte français). Ceux qui ne voudraient pas le savoir entreraient dans une nouvelle imposture, comme quoi cette profession demeure institutionnellement fragile. Le cumul professionnel doit s’effectuer éthiquement.
travail en réseau
Quant aux psychiatres, dispensateurs de soins médicaux auprès de malades, leur vocation serait plutôt de travailler en réseau avec des confrères psychothérapeutes, pas obligatoirement médecins, spécialistes de cure par la parole, à moins que devenus psychothérapeutes relationnels ou psychanalystes, ils n’adressent leurs patients aux soins médicaux de confrères, pour éviter de mélanger les genres, ce qui peut nuire à la qualité du travail psychothérapique en cours.
« charlatan ! » : passe à ton voisin
Les médecins de plus en plus souvent substitués aux psychiatres posent encore un autre problème, celui de leur sous-qualification en psychiatrie, que leur compensation institutionnelle gratuite en psychothérapie au sens générique du terme sans la contre-partie d’une véritable formation (quatre ans minimum pour la psychothérapie relationnelle) dans la discipline, littéralement place en situation à leur tour de charlatans(2) Environ 400 000 charlatans d’État, où irait-t-on ? Cf. à ce sujet, concernant la « charlatanerie » des psychologues, Philippe Grosbois .
3) être en supervision ou contrôle constant
auprès d’un professionnel qualifié dans le domaine. On comprend la nécessité d’une telle sécurité, de nature à border tout errement sur le terrain, car ce métier est psychologiquement difficile, même pour un spécialiste très compétent, vu l’implication relationnelle engagée dans un tel processus et la complexité des méandres de ce que nous appelons l’inconscient.
4) se référer à un code de déontologie spécifique
Celui du Snppsy fait généralement référence(3). Une Commission d’éthique, qui examine et traite annuellement un certain nombre de doléances (souvent à propos de faits ne concernant pas nos psychothérapeutes…), enracine ce code au niveau pratique. Notons que les manquements sont chiffrables à 2% de la pratique globale de la profession.
5) se voir agréer par une Commission de pairs professionnels expérimentés
qui apprécient le savoir, savoir-être, savoir-faire et savoir faire être spécifique de leur collègue, dans le temps que celui ou celle-ci trouve la force morale et psychique de se reconnaître en les rencontrant.
Cela à l’issue d’une période suffisante d’exercice en qualité de psychothérapeute relationnel stagiaire, représentant plusieurs années de supervision et post-formation.
– Ce cinquième critère est déterminant. Par lui se distingue le SNPPsy (et l’Affop) de l’univers de représentation et des principes organisationnels et éthiques en découlant.
– Le cinquième critère est le moment de la rencontre humaine et professionnelle entre praticiens relevant d’obédiences scientifiques différentes, rencontre unique dans le cadre du SNPPsy du fait de son pluralisme. Rencontre qui permet à l’occasion d’une reconnaissance et confirmation mutuelle, d’attester en relation et solidarité de la qualité de psychopraticien relationnel de celui qui manifeste le désir de s’en réclamer.
– Aucune admission sur dossier, éventuellement simplement complétée par une rencontre en cas de doute, ne peut remplacer le moment fondateur du dialogue en vérité du Cinquième critère.
Cet article figure également à notre rubrique Textes et documents
- 1 Les questions d’identité et d’appartenance sont souvent épineuses, et prêtent à l’exclusive, sinon à l’exclusion. De tous côtés on trouve des professionnels pour déclarer que tels autres ne le sont pas. Nous écrivions récemment que nos confrères psychiatres membres du SNPPsy diraient volontiers que les psychiatres en tant que tels « ne font pas de psychothérapie » (sauf si formés spécifiquement, en dehors de leur diplôme précisément).
Nous ajoutions que pour éviter de tomber dans ce travers identitaire qui bloque la réflexion, nous adoptions la ligne consistant à définir notre propre pratique sans intervenir autrement qu’en dialogue dans le domaine de nos autres collègues psy. Comme on voit, le travers risque à tout moment de prendre le dessus. À terme, ce serait dommage pour tout le monde, patients compris.
- 2 Ce concept date de l’apparition de la médecine scientifique, en tout cas de son projet, à partir du XVIème siècle. Ou bien l’on opère à partir de la Médecine comme corps organisé de savoir et de pratiques, adossé à l’université et l’État, ou l’on propose un processus de guérison extra médical(e). La hantise de la médecine sera désormais la proposition de voies de guérisons alternatives, fondées sur la séduction commerciale et le boniment (charlatani) ou sur la pensée magique. Pas question de guérir autrement que dans les règles de l’art, hors du cadre. On en comprend le principe. Il s’agit de réglementer la santé publique et d’instaurer au bénéfice de la science le monopole du « droit de soigner (auquel s’oppose alors le droit de guérir par d’autres moyens, extra médicalistes) ». Comme la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle opèrent à la marge, quand la médecine entreprend de s’attaquer à elles, immédiatement le mot qui tue se trouve utilisé, il tombe dans le discours comme une signature. C’est ce qui s’est immédiatement passé quand le Docteur Accoyer, agissant sur sa conviction mais structurellement sur celle de l’Académie de médecine, a entamé sa chasse aux « charlatans » contre les psychothérapeutes relationnels non psychologues ou médecins. Ce terme qui fonctionne sur le principe du tabou, est bien discerné en particulier par Isabelle Stengel.
- 3 Pour ne citer qu’un exemple, il traite en quarante cinq articles ce qui tient dans environ cinq lignes dans le code de déontologie des psychologues. Comme on dit, chacun son métier.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
5) se voir confirmer et agréer par une Commission de pairs professionnels expérimentés
qui apprécient le savoir, savoir-être, savoir-faire et savoir faire être spécifique de leur collègue, dans le temps que celui ou celle-ci trouve la force morale et psychique de se reconnaître en les rencontrant.
Cela à l’issue d’une période suffisante d’exercice en qualité de psychopraticien relationnel stagiaire, représentant plusieurs années de supervision et post-formation.
– Ce cinquième critère est déterminant. Par lui se distingue le SNPPsy (et l’Affop) de l’univers de représentation et de principes organisationnels et éthiques en découlant, pouvant conduire à une simple inscription administrative.
– Le cinquième critère est le moment de la rencontre humaine et professionnelle entre praticiens relevant d’obédiences scientifiques différentes. Rencontre qui permet à l’occasion d’une reconnaissance et confirmation mutuelle, d’attester en relation et solidarité de la qualité de psychopraticien relationnel chez celui ou celle qui manifeste le désir de s’en réclamer.
Aucune admission sur dossier, éventuellement simplement complétée par une rencontre en cas de doute, ne peut remplacer le moment fondateur du dialogue en vérité du Cinquième critère.
Ce texte est extrait des Cinq critères.
2 septembre 2011 – 19 novembre 2012 – psychothérapeute relationnel s’est vu remplacer par psychopraticien relationnel – 15 mars 2014 –
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
1) Difficile réplique
Par Philippe Grauer
Ce texte vient en réplique aux innocents propos d’un ministre de l’intérieur aussi adroit qu’à droite, certainement ravi de l’effet qu’il a produit, car il a parlé pour le produire. La question avec ce type d’attitude c’est son côté double lien, ou vous laissez passer, et ça passe, ou vous ne laissez pas passer, et ça passe.
C’est le mécanisme pervers qu’il faudrait pouvoir démonter, l’ennui avec la perversion c’est que lorsque vous vous donnez le mal de la démonter vous l’alimentez de ce fait. On parle alors de cercle vicieux. Il faut bien en sortir, au risque de s’y enfoncer dans le mouvement d’extraction. Cela peut dépendre de l’importance de la riposte. Et puis, ne serait-ce que pour l’honneur, et l’éthique scientifique autant qu’anthropologique, il faut malgré tout marquer le coup.
Le coup porté à l’honneur de la France, précisément.
2) faux débat vraie manipulation
par Philippe Grauer
Réponse mesurée intelligente et humaniste d’Edgar Morin aux propos sur la supériorité de nos démocraties par rapport aux gouvernements tyranniques tenus récemment par un spécialiste gouvernemental de la provocation extrêmement à droite.
Il paraît que cette personnalité est un républicain convaincu. Éric Richalley, étudiant au Cifp, fournit sur son site là-dessus son point de vue, que nous vous livrons, avec en encart l’intervention du député Serge Letchimy.
Nous livrons également l’analyse du Figaro en date du 10 février, qui permettra à chacun de juger en toute équité.
On peut qualifier d’exercice bien dans le style de l’orateur de tenir devant les membres de l’UNI, tout de même pas n’importe qui, des propos « de bon sens » ajustés pour être à la limite, que chacun puisse entendre comme il l’entend, qui tendent à faire passer de façon infra liminaire (plus précisément il s’agit à la fois de connotation et de présupposition), un message d’extrême droite, « républicaine » d’aspect en effet.
Il est anthropologiquement impossible de hiérarchiser les civilisations – ensembles trop complexes pour supporter la démarche comparatiste bloc à bloc – ce sont des valeurs, des mœurs et de traits institutionnels qu’il s’agit en l’occurrence. Pour reprendre les propos d’Arno Klarsfeld, « le racisme ou les talibans » – deux catégories non homogènes d’ailleurs – ne constituent pas une civilisation. L’imprécision terminologique conduit au faux pas logique et méthodologique. Le comparatisme à la louche aboutit à des naufrages de la pensée et de l’humanisme, selon une organisation savante et comme innocente de la confusion qui s’avère toxique.
échelle de Guéant
Si civilisation = société caractérisée par son degré d’avancement, tous les coups sont permis, à commencer par le comparatisme en fonction d’un système de valeurs – ici « républicain » façon ministère de l’intérieur –, permettant de discréditer la « civilisation » voisine, entendue comme état global d’organisation sociale, morale et politique, mesuré à l’aune de critères comme la tolérance ou le traitement réservé aux femmes (pour celui réservé aux Roms on laissera la chose de côté). On arrive rapidement d’ailleurs à définir par cette méthode le fameux degré de civilisation, qu’on n’a plus qu’à noter, notre « civilisation » raffolant de ce genre de chiffrage (culture du chiffre, ou du résultat) sur une échelle de 1 à 10. On pourrait l’appeler échelle de Guéant.
Ne nous laissons pas embarquer dans un faux débat infini et vite passionnel sur la base d’un terme dont chaque protagoniste fournit sa définition, assorti d’un combat pour des valeurs, sur lesquelles par définition il n’est pas question de céder.
La déclaration déclencheuse peut aussi s’analyser comme relevant de la stratégie politique. Tant qu’on se passionne pour cela, on ne parle pas du reste. L’agitation de chiffons rouges, avec débat interminable sur la véritable couleur du chiffon, c’est tout un art. Il convient ici de saluer l’artiste.
Récapitulation des articles
L’humiliant apprentissage du premier député » nègre « , Hégésippe Legitimus par Gérard Noiriel [24 février 2012] précédé de « Difficile réplique » par Philippe Grauer
Toutes les civilisations ne se valent-elles pas ? Comment déclencher une polémique au mépris de l’intelligence par Daniel Ramirez [20 février 2012]
Symbiose des cultures par Edgar Morin – suivi du texte de l’intervention du député Serge Letchimy à l’Assemblée nationale, d’une interview du ministre par le Figaro, et d’un commentaire d’Éric Richalley, le tout précédé de « Faux débat et vraie manipulation » par Philippe Grauer [8 février 2012]
Oui, il est permis d’évaluer les cultures par Pierre-Henri Tavoillot [24 février 2012]
Noter l’Autre est absurde, par André Comte-Sponville [24 février 2012]
- Conférence : la psychanalyse intégrative - par Magali Cipriani Bouvard
- Formations modulaires
- LE FASCISME S'ADRESSE À NOUS – Faisons lui face et tenons lui tête.
L’étymologie hellénique du terme sert de définition tarte à la crème, lancée à la figure du premier venu pour lui asséner que seule la médecine, ou une « psychologie » en passe de remplacer une psychiatrie bien réellement malade, elle, s’affairant au lit des malades, sont capables de dispenser la formation nécessaire à qui prétend au souci d’autrui.
C’est comme le radical thérapie que la même médecine utilise pour prétendre au-delà de son champ d’application épistémologique qu’il tombe sous le sens que tout ce qui le comporte relève de sa juridiction exclusive. Or il existe, quoi qu’on puisse en dire, une psychothérapie non médicale, dont relève la psychothérapie relationnelle.
Territoire, quand tu nous tiens ! Distinguons malaise et maladie. La psychothérapie relationnelle comme la psychanalyse s’occupent principalement du souci de soi et du processus de subjectivation, qui s’effectuent dans le cadre de la relation intime directe avec la personne en souffrance
mais non malade
(bien entendu le cumul des deux qualités peut se présenter, d’où l’intérêt de travailler en réseau), non malade au sens médical de ce terme(1), en souffrance de sens. De cela, du malaise, de la difficulté existentielle, s’occupe spécifiquement la clinique.
Cela opère à partir de la problématique de la subjectivation. En clair à partir d’un dialogue entre deux sujets (sans compter comme aurait dit Rochefort les sujets de mécontentement), dans le cadre précisément défini de l’entreprise psychothérapique (2), où le professionnel du psychisme et celui qui recourt à lui, engagés en profondeur dans le processus — conduit d’une main ferme et souple, c’est tout un métier et même un art — apprennent chacun quelque chose, et en tirent quelque chose. La chose que peut finir par en tirer à force de patience le patient, c’est lui-même. Il accouche progressivement de lui-même, y voit plus clair en lui et dans sa situation, se dégage.
Les choses qu’apprend à mesure du processus le clinicien, autre nom qu’on peut donner au praticien de l’intersubjectivité, ce sont des informations parfois impondérables, que seule une attitude d’écoute, à la fois engagée et décalée, lui permet d’entendre. À partir de son savoir, un savoir fondé à la fois sur des théories fortes, et sur le fait qu’il a lui-même longuement expérimenté sur lui-même le type de travail sur soi dont il propose l’expérience.
Ainsi engagé, le dialogue de type particulier, on pourrait dire professionnel mais il est en même temps et à cause de cela profondément personnel, intime et intense, permet la progression. C’est à cela que se réfère ce que les psychologues et les psychiatres (les vieux, ceux qui ont reçu la formation pour cela, du temps où la psychanalyse avait pondu ses œufs dans le nid de la psychiatrie : coucou !) évoquent quand ils parlent de clinique.
Les ex psychothérapeutes titulaires – à présent psychopraticiens relationnels®, parlent davantage en terme de pratique, raison pour laquelle ils se disent praticiens et appellent à sauver la pratique.
Voir aussi
– Sauvons la clinique.
Se reporter par ailleurs à l’appellation réservée ou nom réservé de méthode, de psychopraticien multiréférentiel® conféré par le diplôme du Cifp.
1 — Qu’on distinguera de psychothérapeutique pour se démarquer de la médecine.
Article créé le 30 oct 2008 – mises à jour : 28 janvier 2011 – 8 octobre 2013 – 12 août 2014 – }
- 1 Nous constituons une
profession de santé non médicale
.
- 2 Qu’on distinguera de psychothérapeutique pour se démarquer de la médecine.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Formations modulaires
CNCP – Commission nationale de la certification professionnelle
Attention, vous entrez en territoire de politique professionnelle. Restez circonspect et critique, citoyen/ne.
l’assurance, ou l’apparence, d’une évaluation et d’une garantie professionnelle
Organisme d’État, cette Commission nationale, créée par la loi de modernisation sociale de 2002, est placée sous l’autorité du ministre en charge de la formation professionnelle.
Elle est composée de 43 membres : des représentants des ministères et des régions, des partenaires sociaux, des chambres consulaires et des personnes qualifiées.
Les missions de la CNCP, nombreuses, visent à l’harmonisation communautaire européenne de tout ce qui peut, dans chaque secteur et champ d’activité de la vie professionnelle, offrir l’assurance, ou l’apparence, d’une évaluation et d’une garantie professionnelle.
examen par nos syndicats
Recourir au dispositif RNCP – Répertoire national des certifications professionnelles – dépendant du Ministère du travail, de demande d’agrément du diplôme d’une école de formation à la psychothérapie (non différenciée) revient à solliciter du Ministère de la Santé, qui veille, son « autorisation » de ladite école. Le SNPPsy s’est penché sur cette offre apparemment séduisante. Retrouver une voie d’autorisation administrative détournée qui nous mettrait à égalité de reconnaissance sociale avec nos confrères psychothérapeutes, une excellente ruse institutionnelle, comme les syndicats adorent. Après examen approfondi du dossier, le SNPPsy s’est refusé à se hasarder dans une telle démarche. Le PSY’G pareil. L’AFFOP a suivi leurs conclusions.
attention au piège
C’est que se joue là une partie extrêmement dangereuse, à gains réels envisageables faibles ou nuls. Jamais les psychologues et les psychiatres n’accepteront que nous nous rapprochions de quelque manière du titre d’exercice de psychothérapeute de nouvelle désignation, qui demeure leur privilège et réserve exclusive. Par contre, toute démarche en ce sens pour tenter d’obtenir validation des cursus de nos écoles peuvent aboutir à tout moment à une aggravation perverse de notre actuel statut de professionnels indépendants d’exercice libéral. Collatéralement à la possible ruine d’écoles de valeur.
aventurisme
La FF2P en se lançant dans une politique aventuriste de cette nature, met en danger l’ensemble de notre profession, au motif trompeur de tenter de la mettre à couvert d’une « reconnaissance » ministérielle par ailleurs infiniment problématique. Évidemment, quelle idée brillante d’apparaître comme l’organisation qui s’occupe le mieux de l’inconfort de nos psychopraticiens (dans ce cas on omet de spécifier relationnels comme ça on pêche en toutes eaux). Qui s’occupe elle effectivement de redonner une visibilité étatique à ceux qui ont perdu en 2010 leur ancien nom et statut. De leur faire miroiter qu’ils vont pouvoir bientôt (peut-être, seulement peut-être, mais quel beau coup de com) pouvoir faire face à la concurrence de collègues mieux « autorisés » apparemment qu’eux (1). Bref s’afficher comme la fédération qui va au Ministère, négocie pied à pied, s’occupe de vous, quoi de mieux ?
À ignorer les risques, on y expose ceux qu’on a mandat de protéger. Le SNPPsy a signé avec le PSY’G et l’AFFOP une Adresse aux psychopraticiens que nous nous apprêtons à répercuter et présenter ici même, prenant à témoin nos collègues, tous organismes confondus, du danger encouru.
syndiquez-vous !
Des Assises de la psychothérapie relationnelle réunissant les quatre organisations historiques responsables reliées au sein du GLPR pourraient ensemble ouvrir le débat dont nous évoquons ici les termes. En tant que membre de l’AFFOP le CIFPR y est favorable. En attendant, à titre individuel, syndiquez-vous donc ! Oui, notre profession comporte un indice non négligeable de militantisme. Militer pour préserver notre belle profession de santé non médicale, indépendante et humaniste, ça n’est pas forcément perdre son temps, c’est être utile et relié. Que pensez-vous d’un tel programme ?
- 1 Distinguer entre légal et légitime. Vieille histoire. Histoire de sécurité de base professionnelle.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
Le Cifp est heureux de mettre à votre disposition le code du SNPPsy, qui fait désormais référence et constitue une partie incontournable du paysage psy. La génération qui a eu l’audace de le concevoir et produire a bien travaillé. Ce faisant elle engendrait la profession de psychothérapeute relationnel.
Ce code, rédigé en 1981-82, statuait sur la condition de psychothérapeute au sens générique du terme, à une époque où les fondateurs du SNPPsy, issus de la psychologie humaniste et influencés par la psychanalyse, envisageaient la psychothérapie comme une et indivisible, aux couleurs de ce qui deviendrait la psychothérapie relationnelle. Ils pensaient alors que tout psychothérapeute devrait finir par se ranger à l’exigence d’un long et fructueux travail sur soi, sinon, sortir de l’appellation.
C’est autre chose qui est sorti de la boîte de l’Histoire, le désir du législateur d’aligner la psychothérapie au sens générique sur une ligne psychopathologiste en relation avec un DSM4 qui n’existait pas alors, et sur un cognitivisme ultra minoritaire sur le terrain de la clinique.
Le Carré psy n’était pas né, ni la distinction à présent plus claire entre les psychothérapies à épistémologie objectiviste et celles ressortissant de la logique du processus de subjectivation. On ne discernait pas la complexité pouvant naître de certains cumuls, et la question des abus qui en résulteraient.
Pourtant, ce texte n’a guère pris de rides. Sauf pour deux articles on a laissé psychothérapeute, psychothérapie, avec leur sens générique. Seulement lorsqu’il était évident qu’il fallait spécifier, on a remplacé psychothérapeute par psychothérapeute relationnel. L’article 1.2 s’est vu réécrit en ce sens. Quant au 1.8, il est en train d’être emporté par l’annuarisation responsable de la profession, et devra être révisé en conséquence. Ces deux modifications devront faire l’objet d’un vote en AGE du SNPPsy.
Dans l’ensemble, un quart de siècle après sa rédaction, ce texte tient. On y mesurera la pérennité d’une pertinence véritablement fondatrice.
Philippe Grauer
Nouvelle édition revue et augmentée ► pour la consulter cliquez ici même
Février 2011
À présent les rides y sont ! nous préférons laisser ce texte de présentation dans son état originaire et le rectifier après-coup. Le titre de psychothérapeute se trouvant désormais réservé aux médecins et psychologues (les psychanalystes sont le plus souvent psychologues, et jouissent par devers cela du privilège du titre s’ils en font la demande pourvu qu’ils soient régulièrement inscrits sur leurs registres associatifs), il faut lire psychopraticien relationnel à chaque fois qu’on rencontre psychothérapeute. Ainsi a soufflé jusqu’à la prochaine fois le vent de l’Histoire. À part la terminologie rien n’a changé.
PHG
CODE DE DÉONTOLOGIE
De la fondation à 2014
I : Obligations générales du psychothérapeute
Art. 1/1 – Formation professionnelle.
Le psychothérapeute a une formation professionnelle approfondie théorique et pratique apte à créer une compétence de praticien.
Art. 1/2 – Processus psychothérapique personnel.
Le psychothérapeute relationnel est passé lui-même par un processus psychothérapique approfondi. Cette démarche personnelle est distincte de sa formation, bien qu’elle y participe fondamentalement.
Art. 1/3 – Formation continue
Sa formation et son développement personnel doivent faire l’objet d’une constante régénération tout au long de sa carrière.
Art. 1/4 – Contrôle et supervision
Le psychothérapeute se maintient dans un système de supervision ou de contrôle de sa pratique par un tiers qualifié.
Art. 1/5 – Indépendance professionnelle
Le psychothérapeute ne doit pas accepter des conditions de travail qui porteraient atteinte à son indépendance professionnelle et, notamment, qui l’empêcherait d’appliquer les principes déontologiques énoncés ici.
Art. 1/6 – Attitude de réserve
Le psychothérapeute, conscient de son pouvoir, s’engage à une attitude de réserve. Il prend garde aux conséquences directes ou indirectes de ses interventions et, entre autres, à l’utilisation qui pourrait en être faite par des tiers.
Art. 1/7 – Information sur son exercice
Toute information du public (articles, publications, émissions radio ou télédiffusées, enseignes, annonces payantes, conférences, documents pédagogiques etc.) doit être faite dans une position de réserve et de décence sur la personnalité du psychothérapeute, sur la nature des soins qu’il fournit et sur les résultats escomptés de la psychothérapie.
Le psychothérapeute n’utilisera pas ses patients à des fins médiatiques.
Art. 1/8 – Appartenance au syndicat
Seuls les membres titulaires peuvent se prévaloir de leur appartenance au syndicat.
II – Devoirs du psychothérapeute vis-à-vis de ses patients
Art. II/1 – Qualité des soins
Dés lors qu’il s’est engagé dans un contrat psychothérapeutique avec une personne, le psychothérapeute s’ engage à lui donner personnellement les meilleurs soins.
Art. Il/2 – Appel à un tiers
À cet effet, et s’il l’estime utile, il fait appel à la collaboration de tiers.
Art. Il/3 Devoir de réserve
Conscient de la relation très spécifique qui le lie à ses patients, le psychothérapeute re observe une attitude de réserve en toutes circonstances.
Art. Il/4 Abstinence sexuelle
Le psychothérapeute s’abstient de toutes relations sexuelles avec ses patients ainsi qu’avec ses étudiants en formation et collègues en supervision.
Art. Il/5 – Respect de l’individu
Le psychothérapeute respecte l’intégrité et les valeurs propres du patient dans le cadre du processus de changement.
Art. Il/0 Responsabilité du patient
Le psychothérapeute se doit d’attirer l’attention du patient sur sa responsabilité propre et sur la nécessité d’une coopération active et permanente de ce dernier.
Art. Il/7 Sécurité physique
Dans le cadre de sa pratique, le psychothérapeute instaure une règle de non-violence sur les personnes et les biens.
Art. Il/8 – Honoraires
Chaque psychothérapeute fixe lui-même ses honoraires en conscience.
Art. Il/9 Secret professionnel
Le psychothérapeute est soumis aux règles usuelles du secret professionnel qui s’étend à tout ce qu’il a vu, entendu ou compris au cours de sa pratique.
Art. Il/10 – Garantie de l’anonymat
Le psychothérapeute prend toutes les précautions nécessaires pour préserver l’anonymat des personnes qui le consultent ou l’ont consulté.
Art. Il/11 – Secret professionnel et cothérapie
Si des raisons psychothérapiques nécessitent la collaboration avec une personne donnant des soins au psychothérapisant, le psychothérapeute ne peut partager ses informations qu’avec l’accord du patient. Cet accord est implicitement donné dans un processus de cothérapie.
Art. Il/12 Groupe : anonymat et discrétion
En séance collective, le psychothérapeute prescrit aux membres du groupe une obligation de secret quant à l’identité des participants et de discrétion sur le déroulement des séances.
Art. Il/13 – Protection des participants
En séance de groupe, le psychothérapeute interdit le passage à l’acte sexuel entre les participants et tout acte physique dommageable aux personnes et aux biens.
Art. Il/14 – Liberté d’engagement du psychothérapeute
Le psychothérapeute n’est jamais tenu de s’engager dans un processus de soins psychothérapiques.
Art. Il/15 – Continuité
Le psychothérapeute se doit d’assurer la continuité de l’engagement psychothérapique ou d’en faciliter les moyens.
Art. Il/16 – Choix du psychothérapeute
Le psychothérapeute respecte et facilite le libre choix de son psychothérapeute par le psychothérapisant.
Art. Il/17 Changement de psychothérapeute
Le psychothérapeute est conscient des liens spécifiques mis en place par une thérapie précédemment engagée avec un confrère. Dans le cas d’une consultation en vue de changer de psychothérapeute, il facilitera l’analyse de la difficulté qui a surgi.
III – Rapports du psychothérapeute à ses confrères, aux autres professionnels de la santé et aux institutions
Art. IlI/1 – Information déontologique
Le code de déontologie des praticiens en psychothérapie est public.
Art. III/2 – Personnel adjoint
Le psychothérapeute fait respecter le présent code par les personnels dont il est conduit à se faire entourer.
Art. III/3 – Appartenance institutionnelle
Le fait pour un psychothérapeute, d’être lié à un centre de soins, de formation, à un lieu de vie ou d’appartenir à des structures sociales ou associatives ne saurait porter atteinte à l’application des présentes règles déontologiques.
Art. III/4 – Contrôleurs, superviseurs, formateurs
Les psychothérapeutes exerçant des contrôles, supervisions ou activités didactiques doivent se faire dûment identifier par leurs groupes respectifs.
Art. III/5 – Règles de confraternité
Aucune pratique ni institution ne pouvant prétendre à l’exclusivité ou à la primauté sur les autres dans la compétence psychothérapeutique, le praticien est tenu au devoir de réserve par rapport à ses confrères.
Art. III/6 – Rapport à la médecine
Conscient de la spécificité de la psychothérapie et de celle de la médecine, le psychothérapeute invite son patient à s’entourer de toutes les garanties de cette dernière.
Art. III/7 – Utilisation du nom
Nul n’a le droit dans un texte informatif ou publicitaire, d’utiliser les nom et titres d’un psychothérapeute sans son autorisation expresse et son accord écrit.
IV – Application du code de déontologie
Art. IV/1 – Rôle de la commission de déontologie
En matière de déontologie, la commission interne au Syndicat (Syndicat national des praticiens en psychothérapie) a un rôle d’information, de prévention, de conseil et d’examen des requêtes.
Art. IV/2 – Manquements aux règles déontologiques
À la demande de l’intéressé, sur plainte interne ou externe, la commission de déontologie est à la disposition du psychothérapeute ou du plaignant pour examiner cette plainte.
Art. IV/3 – Sanctions
La commission de déontologie, statuant sur la valeur du manquement aura pouvoir de délivrer dans l’ordre : un rappel à l’ordre, un avertissement ou un blâme, ou de recommander l’exclusion temporaire ou définitive du psychothérapeute.
En ce qui concerne l’exclusion temporaire ou définitive, la recommandation de la commission devra être entérinée par un vote du Conseil d’administration à la majorité des trois quarts. Quelles que soient les instances, elles auront obligation d’entendre le psychothérapeute intéressé et ses défenseurs éventuels.
Art. IV/4 – Procédure
Sur proposition de la Commission de déontologie, le Conseil d’administration établit un règlement de procédure détaillé pour l’application des articles IV/2 et IV/3, concernant les manquements et les sanctions.
Mis en ligne sur ce site le 9 décembre 2006 – Modifications 3 août 2011 – 16 mai 2012 – 26 juin 2015 – 25 février 2016 –
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkPrincipes éthiques
Le praticien en psychothérapie relationnelle développe une éthique orientée vers ce qu’il estime le plus utile et le plus juste pour l’accomplissement psychique de la personne qui le consulte.
Se référant à l’approche phénoménologique de la philosophie, aux concepts de personne, de soin, de responsabilité et de droit issus de notre histoire culturelle, ainsi qu’aux notions de vie psychique, de symbolisation et de sujet introduites par l’histoire de la psychologie et de la psychanalyse, le praticien en psychothérapie relationnelle fonde son éthique professionnelle sur les principes suivants considérés comme valeurs de référence :
1 – Respect de la personne et de sa subjectivité.
Le praticien en psychothérapie relationnelle considère la personne qui le consulte comme un sujet unique et libre, ce qui le conduit à respecter sa dignité, son intimité, ses parts inconscientes et leur expression symbolique, son autonomie, ses options philosophiques ou religieuses.
2 – Intégrité du soin.
Le praticien en psychothérapie relationnelle se met au seul service du processus psychothérapique de la personne. Il ne fait rien qui pourrait lui nuire ou qui serait motivé par l’intérêt de tiers ou par des fins personnelles conscientes ou inconscientes autres que celles de la psychothérapie.
3 – Compétence professionnelle.
Le praticien en psychothérapie relationnelle s’autorise de sa compétence acquise par un travail psychothérapique approfondi sur lui-même, par des formations spécialisées de haut niveau, par un questionnement constant de sa pratique et par une coopération avec ses pairs dans le cadre d’instances professionnelles
4 – Responsabilité.
Le praticien en psychothérapie relationnelle décide seul de ses méthodes et techniques psychothérapiques. Il assume la responsabilité du suivi des personnes envers lesquelles il s’est engagé, dans le respect de la loi et des règles déontologiques de sa profession.
Règles déontologiques
Les règles déontologiques forment un contrat de droit privé entre le praticien en psychothérapie relationnelle qui s’engage à les respecter et l’institution professionnelle qui le reconnaît, le cautionne et le défend. Toute personne consultante peut s’y référer.
I – Respect de la personne et de sa subjectivité
I-1 Respect des droits de la personne
- a) Le praticien en psychothérapie relationnelle respecte la législation sur les droits des personnes, de leur dignité, de leur liberté et de leur protection.
- b) Il respecte le principe que nul n’est tenu de révéler quoi que ce soit sur lui-même.
- c) Il s’attache à favoriser l’autonomie de la personne qui le consulte. Il respecte son désir et prend acte de son jugement notamment quant à l’arrêt de sa psychothérapie, après que les motifs conscients et inconscients aient été décryptés.
I-2 Respect de la subjectivité de la personne
- a) Le praticien en psychothérapie relationnelle respecte en toutes circonstances l’intégrité et les valeurs propres de la personne qui le consulte dans le contexte du processus de changement.
- b) Lorsque l’intervention se déroule dans un cadre de contrainte ou lorsque les capacités de discernement de la personne sont altérées, le praticien en psychothérapie relationnelle s’efforce de réunir les conditions d’une relation respectueuse de la dimension psychique du sujet.
I-3 Devoir de réserve
- a) Conscient de la relation très spécifique qui le lie à la personne qui le consulte, le praticien en psychothérapie relationnelle observe une attitude de réserve en toutes circonstances.
- b) Conscient du possible impact de ses paroles, il prend garde aux conséquences directes ou indirectes de ses interventions et, entre autres, à l’utilisation qui pourrait en être faite par des tiers.
I-4 Cadre d’exercice
Le praticien en psychothérapie relationnelle pose un ensemble de règles concernant son cadre d’exercice visant à favoriser le processus psychothérapique et protéger la personne qui le consulte. Il respecte et fait respecter ce cadre.
I-5 Secret professionnel
- a) Le praticien en psychothérapie relationnelle est soumis aux règles usuelles du secret professionnel qui s’étend à tout ce qu’il a vu, entendu ou compris au cours de sa pratique.
- b) Il prend toutes les précautions nécessaires pour préserver l’anonymat et la confidentialité des personnes qui le consultent ou l’ont consulté.
- c) En séance collective, il prescrit aux membres du groupe une obligation de secret quant à l’identité des participants et de discrétion sur le déroulement des séances.
- d) Les obligations concernant le respect du secret professionnel s’imposent quel que soit le cadre d’exercice.
I-6 Abstinence sexuelle
- a) Le praticien en psychothérapie relationnelle s’abstient de toute relation sexuelle avec les personnes qui le consultent ainsi qu’avec ses étudiants en formation et collègues en supervision.
- b) Il prescrit un interdit de passage à l’acte sexuel entre les participants durant les séances collectives.
I-7 Sécurité physique et morale
- a) Dans le cadre de sa pratique, le praticien en psychothérapie relationnelle instaure une règle de non-violence sur les personnes et les biens.
- b) Il veille à ce que ses interventions ou ses conseils ne puissent pas nuire à la sécurité physique et morale des personnes qui le consultent.
- c) Dans les séances collectives, il impose des règles de respect des participants et de non-passage à l’acte de la violence.
I-8 Transmission d’informations
- a) Si des raisons thérapeutiques nécessitent la collaboration avec une autre personne donnant des soins, le praticien en psychothérapie relationnelle ne peut partager ses informations qu’avec l’accord de la personne qui le consulte.
- b) Cet accord est implicitement donné dans un processus de cothérapie où le cothérapeute et les éventuels assistants ou observateurs en formation partagent les obligations du présent code de déontologie.
- c) La transmission d’informations ou d’attestations à un tiers pour un usage autre que les soins ne se fait qu’avec discernement et réserve. Le praticien en psychothérapie relationnelle requiert l’assentiment de l’intéressé, ou informe celui-ci dans les cas de personnes au discernement altéré ou s’il s’agit de mineurs.
- d) Lorsqu’il y a obligation légale de signalement, le praticien en psychothérapie relationnelle se doit d’informer la personne qu’il est tenu de se conformer à la loi.
I-9 Informations sur son exercice
- a) Toute information du public par quelque moyen que ce soit doit être faite dans une position de réserve et de décence sur la personnalité du praticien en psychothérapie relationnelle, sur la nature des soins qu’il fournit et sur les résultats escomptés de la psychothérapie
- b) Le praticien en psychothérapie relationnelle n’utilise pas les personnes qui le consultent ou l’ont consulté à des fins médiatiques.
II – Intégrité du soin
II-1 Qualité du soin
Dès lors qu’il a établi un contrat thérapeutique avec une personne, le praticien en psychothérapie relationnelle s’engage à lui donner la meilleure qualité de soin psychothérapique.
II-2 Appel à un tiers
A cet effet, et s’il l’estime utile, il fait appel à la collaboration de tiers. Il signale à la personne en psychothérapie la possibilité ou la nécessité de recourir à d’autres compétences en complément ou en relais de ses propres soins.
II-3 Rapport à la médecine
Conscient de la spécificité de la psychothérapie et de celle de la médecine, le praticien en psychothérapie relationnelle invite le cas échéant la personne qui le consulte à s’entourer de toutes les garanties de cette dernière.
II-4 Responsabilité du consultant
Le praticien en psychothérapie relationnelle se doit d’attirer l’attention de la personne qui le consulte sur sa responsabilité propre et sur la nécessité d’une coopération active et permanente de cette dernière.
II-5 Choix du thérapeute
Le praticien en psychothérapie relationnelle respecte et facilite le libre choix de son thérapeute par la personne.
II-6 Changement de thérapeute
Le praticien en psychothérapie relationnelle est conscient des liens spécifiques mis en place par une thérapie précédemment engagée avec un autre praticien de la psychothérapie. Dans le cas d’une consultation en vue de changer de thérapeute, il facilitera l’analyse de la difficulté qui a surgi.
II-7 Interruption d’activité
Dans le cas où le praticien en psychothérapie relationnelle prévoit d’interrompre son activité, il en informe suffisamment d’avance les personnes qui le consultent et prend toutes mesures appropriées aux situations particulières.
II-8 Appartenance
- a) Le fait, pour un praticien en psychothérapie relationnelle, d’être lié à un centre de soins, de formation, à un lieu de vie ou toute autre institution ne saurait porter atteinte à l’application des présentes règles déontologiques.
- b) Le fait, pour un praticien en psychothérapie relationnelle, d’adhérer personnellement à des idées politiques, une idéologie, une religion, une spiritualité ou une philosophie, ne saurait l’autoriser à influencer la personne qui le consulte pour autre chose que la psychothérapie.
II-9 Liens personnels
- a) Le praticien en psychothérapie relationnelle n’engage pas de psychothérapie avec des personnes auxquelles il est par ailleurs intimement lié.
- b) Il n’engage pas de psychothérapie avec des personnes intimement liées entre elles, sauf dans le cadre des psychothérapies du système relationnel (psychothérapies de couple, psychothérapies systémiques familiales…).
- c) Dans une situation de conflit d’intérêts, il a l’obligation de se récuser.
III – Compétence professionnelle
III-1 Processus psychothérapique personnel
Le praticien en psychothérapie relationnelle est passé lui-même par un processus psychothérapique ou psychanalytique approfondi. Cette démarche personnelle est distincte de sa formation, bien qu’elle y participe fondamentalement.
III-2 Formation professionnelle
Le praticien en psychothérapie relationnelle a validé une formation professionnelle approfondie théorique et pratique apte à créer une compétence de praticien de la psychothérapie relationnelle.
III-3 Contrôle et supervision
Le praticien en psychothérapie relationnelle se maintient dans un système de contrôle ou de supervision de sa pratique par un tiers qualifié.
III-4 Formation continue
Les connaissances et les compétences du praticien en psychothérapie relationnelle doivent faire l’objet d’une constante régénération tout au long de sa carrière.
III-5 Rigueur
- a) Les modes d’intervention du praticien en psychothérapie relationnelle se font dans les règles de l’art des méthodes qu’il utilise. Il en connaît les fondements théoriques et pratiques et a expérimenté leurs effets.
- b) L’intuition personnelle et la créativité du praticien en psychothérapie relationnelle peuvent s’y ajouter quand elles respectent le cadre posé et ne servent qu’à favoriser le processus psychothérapique.
III-6 Mode de communication
Le praticien en psychothérapie relationnelle privilégie la rencontre en présence effective avant toute autre forme de communication à distance quel que soit le média employé. En cas de communication virtuelle nécessitée par les circonstances, il explique les limites de cette modalité et les conditions de son intervention.
III-7 Discernement
Le praticien en psychothérapie relationnelle définit ses limites propres compte tenu de sa formation et de ses expériences. Il n’est jamais tenu de s’engager dans un processus de soins psychothérapiques.
III-8 Orientation
Quand les demandes ne relèvent pas de sa compétence, le praticien en psychothérapie relationnelle oriente les personnes vers des professionnels susceptibles de répondre aux questions ou aux situations qui lui ont été soumises.
III-9 Évaluation
Le praticien en psychothérapie relationnelle ne donne pas de diagnostic ou d’avis à la personne qui le consulte concernant des tiers qu’il ne connaît pas, sauf s’il estime cet avis nécessaire au processus psychothérapique mais avec discernement et à titre de simple hypothèse fondée sur les dires de la personne. Cette disposition ne s’applique pas aux séances de supervision.
IV –Responsabilité
IV-1 Responsabilité et autonomie
Outre les responsabilités civiles et pénales de tout citoyen, le praticien en psychothérapie relationnelle a une responsabilité professionnelle. Dans le cadre de sa compétence professionnelle, il décide et répond personnellement du choix et de l’application des méthodes et techniques qu’il met en œuvre et des avis qu’il formule.
IV-2 Situations de droit commun
Le praticien en psychothérapie relationnelle ne peut se prévaloir du processus psychothérapique pour cautionner un acte illégal. Il est soumis aux obligations de la loi commune. Dans les cas de situations pouvant porter atteinte à l’intégrité psychique ou physique de la personne qui le consulte ou d’un tiers, il évalue avec discernement la conduite à tenir en tenant compte des dispositions légales en matière de secret professionnel, d’assistance à personne en danger et d’obligation de dénonciation de crime.
IV-3 Indépendance professionnelle
Le praticien en psychothérapie relationnelle ne doit pas accepter de conditions de travail qui porteraient atteinte à son indépendance professionnelle et, notamment, qui l’empêcheraient d’appliquer le présent code de déontologie.
IV-4 Contrôleurs, superviseurs, formateurs
Le praticien en psychothérapie relationnelle exerçant des contrôles, supervisions ou activités didactiques doit se faire dûment identifier par ses institutions professionnelles.
IV-5 Règles de confraternité
Aucune pratique ni institution ne pouvant prétendre à l’exclusivité ou à la primauté sur les autres dans la compétence psychothérapique, le praticien en psychothérapie relationnelle est tenu au devoir de réserve et de respect envers ses confrères et envers les autres professionnels de la psychothérapie.
IV-6 Utilisation du nom
Nul n’a le droit dans un texte informatif ou publicitaire, d’utiliser les nom et titres d’un autre praticien sans son autorisation expresse.
IV-7 Honoraires
Chaque praticien en psychothérapie relationnelle en exercice libéral fixe lui-même ses honoraires en conscience. Il informe les personnes qui le consultent de leur montant dès les premiers entretiens et s’assure de leur accord.
IV-8 Locaux Le praticien en psychothérapie relationnelle doit pouvoir disposer pour son exercice professionnel de locaux convenables permettant de préserver la confidentialité et disposant de moyens techniques suffisants en rapport avec la nature de ses actes professionnels et des personnes qui le consultent.
IV-9 Information déontologique
Le code de déontologie des praticiens en psychothérapie relationnelle est public. Le praticien en psychothérapie relationnelle le tient à la disposition des personnes qu’il reçoit.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkaccepter toutes les potentialités de l’autre
Ce terme se situe dans le champ de l’acceptation. Un intéressant débat Buber – Rogers là-dessus donne à réfléchir, sur un autre registre, comportant l’inclusion et l’acceptation. Dans Le développement de la personne, Rogers rappelle un passage de leur dialogue qui l’avait beaucoup frappé, et où Buber propose, dans le projet de toute relation, de « confirmer l’autre » : « Confirmer, dit-il, signifie… accepter toutes les potentialités de l’autre… Je peux reconnaître en lui, connaître en lui la personne qu’il devait devenir dès sa création. Je le confirme en moi-même et puis en lui par rapport à ces potentialités qui peuvent maintenant se développer et évoluer ». C’est le sens d’une rencontre profonde, à un niveau de subjectivité intense et en approfondissement croissant, dans un dialogue Je-Tu. information provenant du [site ]
système syndical de garantie professionnelle collective
En ce qui concerne l’institution qui autorise l’exercice de la psychothérapie relationnelle au titre de psychopraticien relationnel®, la confirmation consiste à autoriser et accréditer auprès du public un professionnel es qualité, après que s’étant vu d’abord reconnu par l’attribution du diplôme de son école, il ait exercé durant trois années. La confirmation vient de ses pairs expérimentés auprès desquels il aura professé qu’il s’autorise, confirmation au sens rogero-buberien (ce qui n’exclut pas bien au contraire la rigueur due à la cohérence intime (congruence) de celui qui confirme) qui l’autorise en retour et l’intègre au système de garantie professionnelle collective d’un des deux syndicats reliés dans le cadre du GLPR.
terme tardif
Le terme de confirmation n’est survenu au XXIème siècle que tardivement, à notre initiative. Dans les années 80 on pouvait se faire simplement reconnaître par un syndicat à l’issue d’un parcours éclectique (certificats de méthodes et tuteurs personnels, diplômes universitaires, description du parcours psychothérapique ou psychanalytique personnel obligatoire), qu’un aréopage de pairs examinait, permettant de se reconnaître soi en présence et à la faveur de l’assentiment des « quelques autres » qui, en effet, par leur propre reconnaissance, pouvaient vous confirmer. Jeu régulier du Cinquième critère.
cooptation autoréglementaire
Tout cela s’est amélioré, cassant l’effet jury. La confirmation professionnelle syndicale n’est pas une passation avec certification (diplôme), elle est intégration à un groupe de pairs se déclarant solidaires et caution de l’affichage identitaire du professionnel venu trouver auprès d’eux la jouissance du titre alternatif d’exercice de psychopraticien relationnel® après vérification que les conditions de base des cinq critères sont réunies. La confirmation fonde l’autoréglementation SNPPsy-Affop – l’une des trois du GLPR.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
2 janvier 2015 – 26 mais 2015
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
- éthique & psychothérapie : de la psychopathologie à l'autoproclamation
Structure politique professionnelle rassemblant en un lieu de concertation et de coordination psychanalystes de la mouvance École de la Cause freudienne, psychanalystes, psychiatres et psychologues freudiens, et psychothérapeutes relationnels(1) (AFFOP, FFdP, SNPPsy), qu’on continuait de désigner sous le nom d’ensemble les-psychothérapeutes, ceux à qui la Médecine avait décidé de confisquer leur nom de métier pour en faire un titre destiné à créer un nouveau cadre paramédical de psychothérapie hospitalière et de ville.
Née de la crise Accoyer, elle maintint et prolonge son action pour la promotion des professions du psychisme axées sur la dynamique de la subjectivité, dans le cadre du transfert. On lui doit, à l’issue de quatre années de lutte commune, l’abandon du décret d’application de l’article 52, qui signe l’oubli d’une loi torse que les amendements en rafale de son auteur ne sont jamais parvenus à redresser ni rendre opérable.
Jacques-Alain Miller agit en qualité de coordinateur, les différentes organisations constituant la Coordination psy restant maîtresses de leur politique, régulièrement coordonnée et concertée (30 oct 2008).
La Coordination psy dura du printemps 2004 à février 2009. Jacques-Alain Miller, qui nourrissait désormais d’autres projets, rompit avec les psychothérapeutes relationnels en accusant la FF2P de faciliter l’installation à Paris de la SFU — Sigmund Freud université, établissement privé d’obédience viennoise (sous l’autorité de Fritz Pritz, par ailleurs président de l’Organisation mondiale de psychothérapie), laquelle sous le nom de Freud dispense un enseignement n’ayant rien à voir avec la psychanalyse. Exact mais stratégique.
Sans s’en tenir strictement au niveau manifeste on notera que ce mouvement d’humeur institutionnel glissait sur le socle d’un mouvement beaucoup plus profond, niveau latent. Celui qui allait conduire le même Miller à sacrifier l’alliance avec les psychothérapeutes relationnels pour obtenir de Bernard Accoyer via Madame Roselyne Bachelot le feu vert de la précieuse équivalence pour le M2 de psychanalyse à Paris 8 avec le M2 de psychologie. La psychanalyse variété ECF devenait enfin discipline universitaire au sens plein du terme.
La bonne alliance de la Coordination comme on l’appelait, fonctionna à la satisfaction de tous durant cinq années. C’est elle notamment qui sous le ministère de Philippe Douste-Blazy officialisa la reconnaissance de la psychothérapie relationnelle aux côtés de la psychanalyse. Un an plus tard en février 2010, naissait le GLPR, instance de liaison des forces historiques de la psychothérapie relationnelle, désormais indépendantes (mise à jour 10 août 2010).
Mises à jour 30 octobre 2008 – 10 août 2011 – 28 novembre 2011 – 25 décembre 2012 –
- 1 Le terme, apparu au SNPPsy en 2001, encore récent, ne s’imposa que progressivement, et demeura longtemps confiné à l’univers de discours SNPPsy puis AFFOP.
- Extraits du Rapport moral prononcé devant l'A.G. du SNPPsy
- Oui, les psychotiques sont des êtres humains
- Antoinette Fouque, militante de l’émancipation des femmes
COUNSELING / RELATION D’AIDE
psychothérapie douce
Psychothérapie douce. Par analogie avec la médecine du même nom. Lacan a inventé le mi-dit. La psychologie humaniste a inventé une mi-distance, celle afférente au terme counseling. C’est dans le jeu de cet entre-deux que le counseling s’est développé comme un des noyaux de la psychologie humaniste. À mi-distance entre développement personnel et psychothérapie. L’anachronisme consistant à utiliser une expression née en 2001 pour qualifier ce que les psychanalystes ont coutume de désigner en France par thérapie(1) de soutien, fait sauter aux yeux que la chose a largement précédé le nom. Car la relation d’aide et la psychothérapie rogerienne se fondent incontestablement sur la relation. Sur une relation anti autoritaire fondée sur la confiance dans la capacité de guérison (healing), d’auto réparation et reprise de croissance d’une personne qui n’est pas un patient (médecine) mais un consultant, sujet souverain s’adressant à un professionnel du dépannage psychique comme on s’adresse à un avocat en qualité de client. Le patient est dépendant d’un détenteur du savoir sur lui, médecin, médecin-psychanalyste, psychologue, tandis que le client est « roi », c’est lui qui va libérer sa créativité (influence d’Otto Rank) grâce à l’aide d’un professionnel centré sur lui et non sur son savoir ou sur lui-même (problématique démédicalisante).
thérapie pour normaux
On a également utilisé à cette occasion l’expression de psychothérapie pour normaux, à mi distance entre la psychothérapie et le développement personnel. Le counseling (avec deux L en Europe) s’occupe des problèmes (mêmes « petits ») de la vie quotidienne des gens ordinaires [Vogel, D.L., Wade, N.G., & Hackler, A.H. (2007). « Perceived public stigma and the willingness to seek counseling: The mediating roles of self-stigma and attitudes towards counseling. » Journal of Counseling Psychology, 54, 40–50. In simpler terms what needs to be known is that one doesn’t have to have a mental disorder to seek counseling therapy, is built for people with even the smallest of problems. In http://en.wikipedia.org/wiki/Counseling_psychology]. Par là on côtoie l’idée de thérapie populaire, en tout cas de thérapie ordinaire pour des gens ordinaires, de ce que nous désignons actuellement comme une profession de santé ni médicale ni psychologique(2).
naissance d’une discipline
Ce qui finirait par devenir en 1961, vingt ans plus tard, à l’instigation d’Abraham Maslow appuyé entre autres par Carl Rogers, la psychologie humaniste, était en train de naître. Ce charivari allait bouleverser le paysage psy dominant alors aux États-Unis. L’axe linéaire : psychiatrie-psychanalyse (médicalisée normatrice du bonheur américain) / behaviorisme, allait accoucher d’un triangle, dont la pointe, Troisième force s’appellerait de façon longtemps ambigüe, psychologie humaniste, mêlant selon l’occasion et les secteurs concernés les deux vocables de counseling et de psychothérapie. Ce moment n’alla pas sans laisser de traces, dont une certaine confusion d’appellations et de genres, indifférente aux contemporains pourvu que chacun puisse exercer selon ses convictions éthiques, méthodologiques et scientifiques.
confusion organisée
Un article Wiki en ligne intitule l’un de ses §§ :
« Counseling relationship
Main article: Therapeutic relationship
The relationship between a counselor and client is the feelings and attitudes that a client and therapist have towards one another, and the manner in which those feelings and attitudes are expressed.[20][21] The relationship may be thought of in three parts: transference/countertransference, working alliance, and the real- or personal-relationship.[22] »
La note renvoie à :
Gelso, C.J. and Hayes, J.A. (1998). The Psychotherapy Relationship: Theory, Research and Practice. (p. 22–46): John Wiley & Sons: New York.
Vous avez bien lu. Difficile d’être plus clairement confus.
facilitateur, accompagnateur, écoute
Si, peut-être, sur le site rogerien officeil PCAI France (PCAII, Fondateurs, Carl Rogers, Ph. D. (1902-1987), Charles Devonshire, Ph. D. (1928-1999), Alberto Zucconi, Ph. D) que dirige notre estimée consœur Olga Kaufman où l’on peut lire (en date du 25 janvier 2014)
« COUNSELING ET PSYCHOTHÉRAPIE
L’objet d’une formation au counseling est de développer chez le participant ses qualités d’écoute et d’accompagnement. Sur ce point il n’y a pas de différence avec la psychothérapie [c’est nous qui soulignons]
Le counseling se différencie dans ses pratiques par le fait qu’il est appliqué dans des contextes sociaux distincts :– counseling en milieu pastoral,
– counseling en entreprise,
– counseling de soutien aux populations déplacées,
– counseling dans les établissements éducatifs,
– counseling après de malades chroniques graves,
– counseling en milieu hospitalier,
– counseling auprès de populations traumatisées (guerres, explosions, attentats, …),
– counseling auprès d’une population en cours de réinsertion,
– etc. etc. »
Le redoublement du etc. valant son pesant de Couseling Relish. Tout ceci fait du counseling un objet intermédiaire étrange.
parathérapie
Encore qu’en introduisant le concept de
facilitateur
dans le § qui suit l’auteur nous fournit une piste. Facilitation, accompagnement, écoute, autant de mots-clés qui désignent le cœur théorique et méthodologique d’une pratique qui s’étend en effet à de nombreux domaines extra psychologiques et se décline selon leur modalité propre. On avoisinerait alors de ce que nous avons appelé parathérapie pour désigner le co-counseling, aussi par nous dénommé à l’époque (années 70) Soutien mutuel thérapeutique, forme de psychothérapie populaire autogérée mais en fait pas tant que ça, « autogérée » autoritaire, dans le cadre d’une institution fortement hiérarchisée d’après un modèle proche de celui des Alcooliques anonymes révisé mao, cherchant pour maintenir un certain dogmatisme non exempt d’esprit sectaire à se tenir à distance institutionnellement et méthodologiquement des autres formes de psychologie humaniste. Cf. Harvey Jackins. Donc une variété exotique un peu à part, mais l’idée de parathérapie tient, et si la Reevaluation Co-Counseling s’est appelée ainsi ça n’est pas tout à fait par hasard.
candidature au nouveau nom de métier
Reprenons. Toujours dans le même article on relève une candidature à remplacer le terme de psychothérapeute alors mis en péril par la bataille des charlatans par l’anglo-saxon counselor (counsellor en Europe). Il s’agit de l’écho d’un conflit difficile à régler en Grande Bretagne au sein de l’UKCP, s’agissant de déterminer si les counsellors sont ou non des sous-psychothérapeutes. En se situant de la sorte l’auteur du site, dans le cadre de l’AEP et de l’institution du CEP, s’efforce de déborder par la bande les psychothérapeutes en danger. L’unification par le vocable de counsellor aurait en effet arrangé les choses en éteignant de fait le différent, qui repose bien sur une différence, même difficile à cerner :
« sous quel vocable exercer ? »
« Il est et sera alors difficile de trouver un terme simple substitut du terme psychothérapeute. En Europe, c’est le terme anglo-saxon counselor qui a pris cette place. En France il n’y a pas d’accord unanime sur une dénomination substitut et, à défaut, le terme counseling pourrait être le terme choisi.
Le terme de «counseling» pourrait alors remplacer le terme dorénavant protégé. »
On ne saurait être, pour une fois, plus clair.
ligne de partage
En fait en 1942 quand Rogers publie son livre éponyme la ligne de partage entre psychothérapie et counseling demeure floue. Dans certains états américains on ne peut pas pratiquer la psychothérapie si l’on n’est pas médecin ou psychologue. L’établissement de la psychothérapie comme profession clairement délimitée s’est effectué en plus d’un demi siècle, restant à déterminer si le processus est achevé. On pourrait vu sous cet angle aller jusqu’à considérer le counseling comme le symptôme du champ psy.
Histoire: échapper à la médecine et à la psychologie
Deux dates à retenir
– vers 1900 naissance du counseling(3).
– 1942 – Carl Rogers, Counseling and Psychotherapy, Western Behavioral Sciences Institute [La relation d’aide et la psychothérapie, ESF éditeur, 1970 (17ème édition en 2011,) 235 p.-]. In Chronologie
Le geste de Rogers comporte une signification historique originaire qu’on ne saurait ignorer. Limpide, quand on peut lire sur le site du P.C.A.I.- France (école agréée Affop) :
« Carl Rogers a particulièrement aidé à la promotion du counseling à l’occasion d’un conflit qui a opposé des membres d’organismes de psychiatres aux psychologues. Les psychiatres américains voulaient empêcher les psychologues de pratiquer la psychothérapie. Carl Rogers suggéra de modifier le nom de l’activité de psychothérapeute en {« counselor » et permit ainsi aux praticiens de poursuivre leurs activités en désarmant l’opposition des psychiatres. Ces « counselors », professionnels de la relation d’aide, s’organisèrent en un large panel de disciplines qui n’étaient plus soumises au monde de la médecine ou de la psychologie. »}
Mi distance, frontière floue
Cela eut pour effet que la relation d’aide constitue actuellement de fait une zone d’intervention psychique nous disions plus haut à mi distance entre psychothérapie et développement personnel. Dans la mesure où la personne qui la sollicite vient se plaindre d’une souffrance on est déjà dans la relation psychothérapique. Dans la mesure ou le praticien a fait des études plus courtes et ne peut pas accompagner la personne plus loin qu’un certain seuil on est encore dans la relation d’aide. Si le praticien ne dépasse pas ses capacités il reste pertinent. S’il va au-delà, il passe du côté du charlatanisme, pratique d’une méthodologie qu’on ignore puisqu’on n’en détiens qu’une parcelle, au nom d’une science qu’on ne possède pas puisqu’on en reste à ses prémisses.
Cela nous conduit à définir et distinguer science, demi science, fausse science.
psychologie situationiste
Nous laisserons provisoirement Catherine Tourette conclure (26 février 2008), avec un § tiré de son Que sais-je N° 31 33 (épuisé).
« Selon nous, le counseling est une forme de « psychologie situationniste » : c’est la situation qui est cause du symptôme et non l’inverse. En ce sens, le counseling, forme d’accompagnement psychologique et social, désigne une situation dans laquelle deux personnes entrent en relation, l’une faisant explicitement appel à l’autre en lui exprimant une demande aux fins de traiter, résoudre, assumer un ou des problèmes qui la concernent. De notre avis, l’expression « accompagnement psychologique » serait insuffisante dans la mesure où les champs d’application du counseling, auxquels nous consacrons tout un chapitre, désignent souvent des réalités sociales productrices à elles-seules chez les individus d’un ensemble de troubles ou de difficultés. »
Elle-même songe à une réédition remaniée, dans laquelle elle ferait place au… counseling motivationnel (ques aco ?). C’est dire que l’on n’en a jamais fini avec cet étrange objet des sciences humaines.
références
1) Catherine Tourette-Turgis
Bon travail de dégagement du concept : Les bases du counseling.
« Dans la culture anglo-saxonne, le terme de « counseling » est utilisé pour désigner un ensemble de pratiques aussi diverses que celles qui consistent à orienter, aider, informer, soutenir, traiter. H.B. et A.C. English définissent le counseling comme « une relation dans laquelle une personne tente d’aider une autre à comprendre et à résoudre des problèmes auxquels elle doit faire face. »[résolution de problème, un cas de figue mitoyen entre counseling et coaching. PHG]
Un thème, concernant la philosophie du counseling, prédomine dans toute la littérature anglo-saxonne : la croyance en la dignité et en la valeur de l’individu dans la reconnaissance de sa liberté à déterminer ses propres valeurs et objectifs et dans soin droit à poursuivre son style de vie.
L’individu a une valeur en soi en dehors de ce qu’il peut accomplir. Souvent il n’en a pas conscience et ignore son potentiel de développement, aussi le counseling vise-t-il à l’aider à développer sa singularité et à accentuer son individualité. Au-delà d’une philosophie qui, à première vue, pourrait se lire comme une forme d’individualisme sauvage, les grands textes du counseling font tous référence à la responsabilité de la personne vis-à-vis d’elle-même, d’autrui et de son environnement. L’individu n’est ni bon, ni mauvais par nature ou par hérédité. Il possède en lui un potentiel d’évolution et de changement. De la même manière, le counselor prend en compte le sens et les valeurs que le client attribue à la vie, à ses propres attitudes et comportements dans la mesure où un changement nécessité par l’environnement peut venir se heurter aux options philosophiques de la personne et et être en soi une cause de difficulté (ex : changement d’attitudes face au travail, à la famille, à la sexualité, à la mort, …). (1)
Selon Catherine Tourette-Turgis, » le principe de cohérence du counseling réside fondamentalement en ceci : beaucoup de situations de la vie sont causes à elles seules de souffrances psychologiques et sociales et nécessitent la conceptualisation et la mise à disposition de dispositifs de soutien auprès des publics concernés. »
Pour elle, « le counseling est une forme de « psychologie situationniste » : c’est la situation qui est cause du symptôme et non l’inverse. En ce sens, le counseling, forme d’accompagnement psychologique et social, désigne une situation dans laquelle deux personnes entrent en relation, l’une faisant explicitement appel à l’autre en lui exprimant une demande aux fins de traiter, résoudre, assumer un ou des problèmes qui la concernent. … l’expression « accompagnement psychologique » serait insuffisante dans la mesure où les champs d’application du counseling, … désignent souvent des réalités sociales productrices à elles-seules chez les individus d’un ensemble de troubles ou de difficultés. »(1)
Le counseling répond en ce sens aux besoins de personnes qui cherchent l’aide d’une personne pour résoudre, dans un temps relativement bref, des problèmes qui ne ressortissent pas forcément de leur propre pathologie. Ces problèmes peuvent en effet être liés aux contraintes ou à un contexte spécifique avec lequel elles doivent composer ou dans lequel elles doivent survivre et pour lesquels, la plupart du temps, la société ne les a pas préparées (ex: traumatisme de guerre, prévention du sida, chômage, …) ou n’assure pas les fonctions de soutien adéquates en temps réel.
Il existe des points communs au développement du counseling qui peuvent être résumés par l’importance accordée :– aux méthodes actives dans la relation d’aide
– à la croyance dans le potentiel d’un individu ou d’un groupe
– à la croyance au changement dans un délai bref
– à l’établissement d’une relation où l’empathie l’emporte sur l’autorité, où la réalité l’emporte sur le passé lointain
– à l’environnement comme facilitateur du changement et de l’évolution personnelle (groupe, travail dans les communautés).
2) soutien mutuel thérapeutique
Une variété intéressante : l’intervention limitée à un type de problème. Ici l’assuétude au jeu. Counseling centré sur le symptôme.
3) Counseling psychology
excellent article, centré sur la réalité états-unienne.
4) « philosophie clinique »
Counseling philosophie a remporté le prix de l’Innovation Jeunes Entrepreneurs de l’Année 2013. Intéressant à savoir. On mesure l’extensibilité du champ du concept.
(1) C Tourette-Turgis (1996). Le counseling. Ed. PUF, Coll. Que Sais-je ?, p. 25.-
- 1 Aphérèse constante dans l’usage.
- 2 Laïque auraient dit les psychanalystes
- 3 Le site PCAIF sur ce point reste vague. Il parle de « l’époque où des mouvements caritatifs s’organisèrent pour aider, accompagner des publics tombés dans la pauvreté, conséquence de l’industrialisation, » en affirmant que les méthodes d’intervention psy se moulèrent sur ce qui existait à l’époque. Précisément toute la question est là. Quelles mouvements caritatifs, quelles méthodes, en 1900 aux États-Unis ? On attend des précisions sur cette première vague.
- Abattage au cochage ou travail personnalisé ? les Conseillers d'orientation menacés par le tout-quantitatif
- Pas de télé pour les bébés !
- liste des psychothérapeutes
pas plus d’une douzaine de courants majeurs
Il convient d’établir une taxinomie ordonnant le champ complexe de la psychothérapie(1). Pas plus d’une douzaine de courants majeurs organise l’ensemble du champ. Une méthode peut comporter plusieurs traits, parmi lesquels distinguer les principaux des secondaires. Tout un travail reste à faire.
classification, qualification
Reste liée à la question de la classification, celle de la qualification même de psychothérapeute(2), au sens de psychotherapist, comme on disait autrefois pour désigner ceux qu’à présent on dit psychopraticiens (nom de métier). Déclarer « scientifique », admise, qualifiée dans une liste officielle (3) une méthode (4), c’est une chose (système AEP). Une tout autre est de qualifier et dûment confirmer en tant que psychopraticien relationnel® un professionnel en personne (5) (système Snppsy-Affop, accent mis sur le cinquième critère). Une source de confusion provient du type de centration de la qualification.
professionnel qualifié
Une autre se corrèle à la première, quand un professionnel qualifié autorise, si l’on peut dire la méthode ou la technique qui dans ses mains peut devenir un véritable outil psychothérapique à la limite sans l’être en soi. Cela rappelle l’anecdote de Dubuffet qui devait exécuter une série de gravures, auquel son éditeur avait procuré tout le nécessaire. Notre artiste négligea le superbe équipement du parfait graveur de haut niveau tout occupé à chercher chercher, partout dans l’atelier, ce qu’il lui fallait, qu’il finit par trouver : un clou bien tordu comme il le voulait. La technique ne qualifie pas le praticien, il est qualifié lui et use des méthodes et techniques.
domaines ou courants
Voici en attendant, selon un principe d’ordre lui-même rhapsodique, une liste permettant de s’orienter dans le champ. Cela vaut mieux que les inventaires à la Prévert qu’on nous propose parfois. Le principe consistant à énoncer qu’il existe 457 méthodes comptabilisées à ce jour sans compter les variantes, comme les 31 façons d’accommoder le canard à l’orange, permet de se noyer dans un verre d’eau en entreprenant d’en compter les gouttes sinon les molécules. Le confusion vient du terme de méthode, qui requiert de remonter à un champ disciplinaire. Or dans la liste que nous dressons on distingue deux champs disciplinaires distincts selon l’axe subjectivité / objectivité. En voici le compte quasi exhaustif. Cela donne :
– psychothérapie psychodynamique
– psychothérapie existentielle et phénoménologique
– psychothérapies groupales (en, devant le groupe / de groupe)
– psychosociologie, sociologie, cliniques
– psychothérapie émotionnelle, engageant la catharsis (au sens où nous l’entendons, catharsis vs. abréaction)
– psychothérapie psychocorporelle, à médiation (analyse bioénergétique, travail de souffle, en piscine d’eau chaude, intégration posturale, etc.)
– psychothérapie intégrative et/ou multiréférentielle : champ de la complexité.
– psychothérapie transpersonnelle
– psychothérapie transactionnelle (à composante cognitiviste)
– psychothérapie systémique (et sa variante relationnelle)
– thérapies comportementales et cognitives, TCC.
À partir de quoi on trouve des objets purs ou combinés.
Les TCC, méthodes à protocoles orientées vers l’orthopsychisme, relevant du champ de la rééducation, se revendiquent psychothérapie ce qui milite pour que ce mot employé au singulier ne désigne pas une discipline unique mais un champ hétérogène qui pour le coup mériterait le pluriel. La question de fond réside dans la définition même du terme, que tout le monde tombe d’accord pour estimer prudent de ne pas fournir.
centration sur la méthode ou sur le praticien
Un psychopraticien relationnel convenablement formé, dans les règles de l’art, utilisera peut-être différentes méthodes et techniques, c’est son affaire, il se dira alors intégratif, ou multiréférentiel(6). Certains se réclament même de la psychanalyse intégrative. Il importe de déterminer si la philosophie de base se centre sur la méthode, qu’il conviendra à une institution d’autoriser (le « scientifiquement reconnue » de et par l’AEP), ou sur le praticien, qu’il conviendra là aussi d’autoriser. Distinguer les deux démarches.
Fiche créée en 2010 – 18 juillet 2011 – 16 mai 2012 – 31 décembre 202
- 1 Question dans la question. Si la psychothérapie est un champ combien de divisions, pardon, de disciplines comporte-t-il ? deux : l’objectiviste et la subjectiviste (qui en comporte deux, la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle), ou trois : la psychothérapie de la psychiatrie et de la psychologie, la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle ? Nous reviendrons sur ces questions de classification.
- 2 On sait que le titre d’exercice est réservé depuis un an, mais le terme est employé ici à titre générique, recouvrant pour le sens le travail de tout professionnel s’occupant du psychisme. François Tosquelles parlait de psychistes.
- 3 Procédure FF2P. C’est un peu plus complexe, la FF2P valide selon le système AEP une vingtaine de méthodes « scientifiquement reconnues », puis reconnaît au second tour si l’on peut dire, un tour sur dossier essentiellement, les praticiens validés par ces méthodes : CEP. La question souvent posée est celle du respect réel du Cinquième critère. Cf. GLPR.
- 4 Afin d’établir une terminologie cohérente nous distinguerons méthode de discipline, réservant cette dénomination à la psychothérapie relationnelle. Que dire alors de psychothérapie sans déterminant, au sens générique, objectiviste vs. subjectiviste ? pourrait-on pour elle conserver le terme de fonction qu’affectionnent les psychologues ?
- 5 Procédure de titularisation Snppsy, Affop, PSY’G. Cf. GLPR.
- 6 Le SNPPsy réunit des praticiens relevant de méthodes différentes, c’est son caractère pluraliste. Ne pas confondre les termes. l’intégratif combine chez un praticien, le multiréférentiel articule, toujours dans la pratique d’un professionnel, le pluralisme juxtapose dans le cadre d’un organisme – en l’occurrence un syndicat.
- Au politiquement correct opposer le mépris civilisé
- Prévenons l'éclosion du fanatisme dès l'école
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
les quatre disciplines (et trois professions ? on ignore s’il y a lieu de considérer psychanalyste comme profession, étant donné que les psychanalystes exercent à 98% la profession de couverture de psychologue, à moins qu’ils ne soient psychiatres) du carré psy se caractérisent par le fait qu’elles sont cumulables, l’une pouvant s’exercer à l’ombre institutionnelle et tutélaire de l’autre.
Les cumuls peuvent être amateurs, la casquette de couverture sert alors à faciliter une sorte d’imposture, ou sérieux, des praticiens ayant honnêtement franchi les étapes de deux (ou davantage ?) cursus.
Les effets intégrateurs (et non intégratifs) du cumul sont parfois redoutables : l’intéressé peut en arriver à ne plus savoir d’où, épistémologiquement parlant, il parle.
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- Un 11 janvier refondateur
- Wolinski le génie de la vie pulsionnelle
D
– En accord avec les buts fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ;
– dans le cadre du décret de non-discrimination que la communauté Européenne (CE) a mis en vigueur et que l’Espace économique européen (EEE) a l’intention d’adopter ;
– selon le principe de la libre circulation des personnes et des services ;
les soussignés sont tombés d’accord sur les points suivants :
1- La psychothérapie est une discipline spécifique, du domaine des sciences humaines, dont l’exercice représente une profession libre et autonome.
2- La formation psychothérapeutique exige un niveau élevé de qualification théorique et clinique.
3- La diversité des méthodes psychothérapeutiques est garantie.
4- La formation dans une des méthodes psychothérapeutiques doit s’accomplir intégralement et comprend : la théorie, l’expérience sur sa propre personne et la pratique sous supervision. Sont également acquises de vastes notions sur d’autres méthodes.
5- L’accès à la profession est soumis à diverses préparations préliminaires, notamment en sciences humaines et sociales.
Strasbourg, le 21 octobre 1990.
Contresigné à ce jour par les représentants de 41 pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est – par le PSY‘G pour la France – et soutenue par l’Association européenne de psychothérapie (AEP).
– C’est le PSY‘G, en tant que membre du Comité directeur de l’EAP-Vienne, qui signa la Déclaration de Strasbourg pour la France (non pour lui-même en tant que syndicat). Car le PSY‘G, la première organisation française membre de l’EAP, fut désigné en 1993 pour représenter notre pays.
– C’est ainsi qu’au nom de l’EAP il se chargea de contacter les organismes professionnels français et organisa en juin 1994 au Méditel-Club derrière la gare Montparnasse avec Emmy Van Deurzen représentant l’UKCP (fondée en Standing Conference(1) 1989-93), Michèle Tordjman et Alain Naissant (PSY‘G), la réunion à laquelle s’était rendue la direction du SNPPsy (Michel Meignant, Philippe Grauer) à l’origine de la fondation un an plus tard, le 13 mai 1995 de la FFdP, de son entrée à l’EAP – Association européenne de psychothérapie et de son adhésion à la Déclaration de Strasbourg.
– À noter que précédemment le PSY‘G avait été en 1992 membre fondateur d’une première Association européenne de psychothérapie dont le siège avait été fixé à Bruxelles. Il avait tenté le rapprochement des deux EAP (Bruxelles et Vienne). Trop de divergences subsistant, le PSY‘G opta pour Vienne (Pr. Alfred Pritz).
scission
– Le fait que les deux syndicats français qui avaient depuis plus de deux décennies pour le plus ancien, mis en place une autoréglementation de la profession de psychothérapeute centrée sur la confirmation du praticien en tant que tel, se soient joints, aux côtés de l’UKCP, aux déclarants de Strasbourg centrés eux sur le principe de l’organisation internationale par méthodes, engendra une tension institutionnelle(2) qui aboutit à la création en 1998 de l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie (3), restée elle centrée sur le principe de l’organisation de la profession autour du concept de praticien d’un métier.
la méthode / le praticien
– Ainsi deux fédérations coexistent en France (et coopèrent dans le cadre nouveau du GLPR (2010 >)), l’une fondée sur le primat de la reconnaissance de la compétence des sociétés de méthodes(4), l’autre sur celui de la reconnaissance de la compétence des professionnels en tant que personnes.
coordination psy
– Ces divergences n’empêchèrent pas le SNPPsy, l‘Affop et la FFdP de participer ensemble à la Coordination psy – 2003-2009.
GLPR
– Depuis 2010 les quatre institutions historiques française, Affop, FF2P, PSY‘G, SNPPsy, se trouvent réunies dans le cadre d’un groupe de liaison, le GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle.
psychothérapie relationnelle
– La déclaration de Strasbourg conduisit le SNPPsy à réfléchir à la question de la définition de La psychothérapie vs. psychothérapie relationnelle et non plus psychothérapie à titre générique, en fait un composite épistémologique. En s’appliquant depuis 2001 à se définir comme praticiens en psychothérapie relationnelle, les membres du SNPPsy se délimitaient et distinguaient de l’ensemble du champ psychothérapique. Cela conduisit à une redéfinition du concept de Carré psy et à un positionnement scientifique et politique différent et différencié.
titre d’exercice : relationnel© / certifié / agréé.
– À partir de là le cinquième critère prit toute sa force et originalité. Il est au fondement du concensus interfédéral et intersyndical du GLPR qui protège solidairement (et bien entendu exclusivement) les trois titres professionnels d’exercice(5) de
– psychopraticien relationnel® Affop (dont SNPPsy)– psychopraticien certifié (FF2P)
– psychopraticien agréé (PSY‘G)
.
On y distingue trois fois le nom de métier, psychopraticien, spécifié par un déterminant de référence institutionnelle faisant alors titre d’exercice : le psychopraticien s’en trouve confirmé sur la base de l’examen en rencontre avec ses pairs de sa pratique (6).
PHG
Mises à jour : 7 août 2011 – 16 mai 20012 – 24 décembre 2012 – 30 juin 2014 – 16 août 2014 – 2 janvier 2015 –
- 1 Emmy nous a expliqué que l’UKCP existait depuis dix ans, ce qui était probablement partiellement inexact, le tout étant de savoir ce que veut dire exister.
- 2 Cette tension fut amplifiée par le style de direction du tandem Ginger-Meignant, manipulatoire et antidémocratique, verrouillant le fonctionnement de la FFdP. La conviction de Michel Meignant, dès qu’il fut aux affaires de la fédération, était que la fédération avait vocation de toute façon à supplanter les syndicats. Serge Ginger était plus nuancé, sa politique consistant à toujours maintenir tout – en se maintenant lui-même aux commandes, en dépit des incompatibilités, qu’il suffirait de contourner.
- 3 Plus tard à l’initiative du SNPPsy en 2005 : « et psychanalyse » ( 2006 pour l’Affop
- 4 Une méthode-école, complexe pouvant comporter une société savante annexe, ce qui complique la figure, délivre un diplôme, comme l’université, mais un diplôme professionnel privé bien entendu. En reconnaissant les méthodes on reconnait les institutions diplômantes, une vingtaine de « scientifiquement validées » par l’EAP, et le bénéficiaire du diplôme n’a plus, comme ce qui se passe à présent avec le titre d’exercice de psychothérapeute, qu’à demander son homologation comme praticien, par transformation institutionnelle sur dossier de son diplôme en titre (?), certificat plutôt (qu’est-ce qu’un certificat, qu’est-ce qu’un diplôme ?), d’exercice (professionnel privé) « européen ». Le processus délicat et précis, de la confirmation (cinquième critère), riche confrontation par mise en relation (!) avec des pairs d’autres obédiences que la sienne, se voit occulté par une démarche bureaucratique homologante. La centration maintenue sur la méthode contourne le cinquième critère, qui n’appartient pas au paradigme de l’EAP. Toutefois le GLPR se fonde sur l’adoption par les Quatre du principe du Cinquième critère. Si vous ne comprenez pas tout écrivez-nous… En fait le processus d’institutionnalisation, qui a évolué en un demi siècle, est tout simplement (!) toujours en cours. Son inventaire terminologique ne survient qu’avec le présent glossaire, dont l’auteur aimerait qu’il débouchât sur un débat de tous les intéressés. Note du 2 janvier 2015.
- 5 Psychothérapeute étant passé de nom de métier à titre d’exercice d’État, réservé aux psychologues cliniciens et aux psychiatres (les psychanalystes sont soit l’un soit l’autre dans leur immense majorité). Le nom de métier ayant succédé à celui de psychothérapeute après 2010 étant psychopraticien (tout court).
- 6 Ex. psychopraticien relationnel®) répondant à ce critère.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
Jacques Derrida : « Opération portant sur la structure ou l’architecture traditionnelle des concepts fondateurs de l’ontologie ou de la métaphysique occidentale. » Jacques Derrida, Psyché, p.338.
Ne pas confondre avec destruction – Zerstörung ou Destruktion, chez Heidegger, s’agissant plutôt de démontage en vue d’éclairer la disposition des rouages au remontage.
différance
Ce concept se verra réinventé par le Derrida de De la grammatologie, accouplé à un terme influencé par le structuralisme et la pensée de Saussure, la différance (le petits a prolifèrent alors). La différance combine différence, au sens de variation différentielle, et le participe passé du verbe différer, une chose différant d’une autre (si vous ne comprenez pas c’est pas grave). Appliqué à la signification d’un texte, cela revient à décomposer la structure du langage qui le constitue. Ni méthode, ni système philosophique, la déconstruction se propose comme une pratique de critique textuelle. Ne manquant pas d’obscurité – l’époque adore, ni de pénétration philosophique au demeurant pour ceux qui peuvent suivre.
usage élargi
Le fait est que le mot déconstruction est passé dans le langage philosophique courant, au moins en langue française, avec un sens généralement proche de ce que l’intuition linguistique immédiate autorise, conjugué à une certaine aura sciences humaines de haut niveau. Le terme devenu indice de la culture supposée de celui qui l’emploie a proliféré.
- Qu'est-ce qu'une vie ?
- Hiroshima – penser l'impensable destruction nucléaire
- Roudinesco / Gauchet : l'héritage de la pensée 68 est-il épuisé ?
Système complexe de dénomination
– Pour plus d’information cf. Rapport moral du SNPPsy 2011
Profession, statut(1), discipline, spécialité, certification, autorisation, agrément, reconnaissance, titre, légitimation, type de garantie, constituent dorénavant un système qu’il convient de spécifier, sachant que les professionnels n’y voient pas toujours aussi clair qu’ils veulent le croire, que le public n’y voit parfois que du psy, relevant toutefois d’un système ne fût-il qu’entrevu, d’une structure à vrai dire, dont il convient de discerner les éléments et le principe de fonctionnement. Fin 2011 le dispositif de dénomination auquel a abouti la loi de 2010 manifeste et distingue les appellations selon l’ordonnancement suivant.}
Tableau récapitulatif, statut, légitimité
– nom de métier : psychopraticien, d’usage libre (hors syndicat, hors GLPR)
– nom de discipline : psychothérapie relationnelle désigne un nom de domaine scientifique. Cette discipline se définit comme psychothérapie (soin-souci de soi) de la relation par la relation pour la relation.
Psychopraticien relationnel®, est devenu (au 15 mars 2012) l’appellation disciplinaire réservée aux membres titulaires du SNPPsy, exercice autorisé sous cette dénomination (2). Cette appellation peut être considérée en tant que spécialité, spécifiable, si l’on n’exerce qu’elle, comme : »psychothérapie relationnelle uniquement. »
– terme générique : psychothérapie est un terme générique(3) applicable à l’ensemble des locataires du Carré psy. La psychothérapie relationnelle appartient à l’ensemble nommé psychothérapie, lequel se subdivise en psychothérapie objectiviste et psychothérapie du processus de subjectivation, dont la psychothérapie relationnelle relève – et par lequel elle procède du même champ que la psychanalyse.
– nom de diplôme : certification, agrément AFFOP, appellation, reconnaissance, confirmation.
CERTIFICATION : nos écoles dispensent des diplômes, qui n’ont aucune valeur universitaire (par défaut d’accord avec la médecine et la psychologie(4)) mais dont les organismes membres du GLPR, représentant les quatre institutions françaises historiques majeures représentatives de la psychothérapie relationnelle, garantissent et certifient la qualité (5).
AGRÉMENT D’ÉCOLE : ainsi être diplômé d’une école agréée AFFOP constitue une référence et représente une certification de valeur de cet établissement. Le label AFFOP se délivre (exclusivement à une organisation (6)) à l’issue d’une procédure rigoureuse, sur des critères de qualité élevés, régulièrement contrôlés (7).
APPELLATION : Psychopraticien multiréférentiel®(8), diplômé du CIFPR, psychopraticien relationnel®, diplômé de l’école Ataraxia, etc.
RECONNAISSANCE : le diplôme d’École privée agréée AFFOP se conjugue obligatoirement à une reconnaissance syndicale si l’on veut bénéficier du titre.
CONFIRMATION : le processus par lequel le diplômé d’une école agréée se voit reconnu par ses pairs dans le moment qu’il se reconnaît lui-même dans sa relation à eux, à l’issue d’une expérience pratique suffisante, s’appelle confirmation. Effet retour de la reconnaissance, effet de dialogue qualifiant.
Noter qu’on peut se voir confirmer à l’issue d’un parcours atypique. Celui-ci sera soigneusement examiné.
TITRE & AUTORISATION PROFESSIONNELS
– titre : après validation post diplôme par une instance titularisante (i.e. conférant le titre) AFFOP (affiliée au GLPR)(9) le spécialiste en psychothérapie relationnelle se voit autorisé à porter le titre de
psychopraticien relationnel® titulaire ou membre du SNPPsy
, titre réservé, autorisé et garanti – selon les cinq critères.
– nom de métier syndicalement garanti : à partir du printemps 2012
pychopraticien membre du SNPPsy
est le nom dont dorénavant se désignent nos psychopraticiens non encore pourvus du titre professionnel de psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy.
– cumul de titres : conjugaison de titres et d’appartenances
• psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy & de la SFPPX
• psychopraticien relationnel® titulaire de la SFPPX, membre du SNPPsy
• psychothérapeute & psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy, etc.
– méthodes, spécialités, noms d’Écoles : eleftérothérapie, analyse néo socratique, psycho-valuation, intégratif, multiréférentiel (10), gestaltiste, spécialisé en psychanalyse intégrative, en psychocorporel, en Analyse multifactorielle, etc.
On peut être diplômé en quelque chose et ce diplôme peut n’être garanti que par l’organisme qui l’a délivré. Le nom de méthode en soi ne garantit rien(11). Pour qu’une école fasse selon nos critères autorité encore lui faut-il se trouver maillée à l’une des deux fédérations membres du GLPR. Sinon on évolue hors du système de légitimation répérable que nous avons pris soin de constituer (Cinq critères), soumis à la simple loi du marché, avec tous les risques que cela comporte.
– modalité d’exercice : individuel, groupe, couple, enfants et adolescents, anorexie-boulimie, etc.
– inscription aux Pages jaunes : à Psychothérapie (pratique hors du cadre réglementé)
• s’inscrire comme psychopraticien membre du SNPPsy / psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy, etc.
• si l’on est psychothérapeute au nouveau sens du terme, s’inscrire comme psychothérapeute relationnel – membre ou titulaire du SNPPsy.
Philippe Grauer
Novembre 2011 – mis à jour le 19 mars 2012 – mis à jour le 23 avril 2012 – 14 juillet 2012 –
- 1 Statut social : ensemble de droits et d’obligations socialement déterminés en vertu des valeurs qui ont cours dans un groupe culturel donné. Statut des psys en Europe à l’heure actuelle.
Statut juridique : en droit français, ensemble de textes qui règlent la situation d’un groupe d’individus, leurs droits, leurs obligations. Donc statut du psychopraticien relationnel®.
Statut de conservation : indicateur permettant d’évaluer l’ampleur du risque d’extinction d’une espèce à un instant donné. L’actuel statut de conservation des psychanalystes, des psychopraticiens relationnels, en France.
Définition : entendre pas statut un ensemble de dispositions contractuelles, légales ou réglementaires qui définissent les règles impersonnelles et objectives applicables à une situation juridique déterminée. Il peut s’agir, d’un groupe de personnes, ainsi le “statut d’enfant légitime”, ou le “statut de la Magistrature”(on devrait dire pour être plus précis : ”le statut des magistrats”) ou le « statut du Notariat », ou des règles qui régissent un type d’organisations ainsi, le “statut des établissements financiers ” ou “ le statut des Chambres de commerce” etc. – On parle alors de règles statutaires, d’obligations statutaires ou, en droit du travail particulièrement lorsqu’il s’agit des règles de la Fonction publique, d’avantages statutaires. D’après le {Dictionnaire juridique en ligne.
- 2 Psychopraticien relationnel® membre du SNPPsy, pour être précis, cette appellation ayant été ratifiée en Assemblée générale extraordinaire des membres du syndicat en mars 2012.
- 3 En qualité de terme générique, la psychothérapie, domaine hétérogène, s’écrit au singulier. L’utilisation du pluriel confondrait terme générique et méthodes-écoles. Ce serait la même chose que parler « des psychanalyses », au lieu du singulier qui recouvre la diversité du champ.
- 4 Certaines UER de Sciences de l’Éducation, comme celle de Paris 8 avec à sa tête Jean-Louis Le Grand sauvent l’honneur universitaire en accueillant la recherche en psychothérapie relationnelle.
- 5 Cela ne veut pas dire que ces critères soient unifiés. L’AFFOP se revendique comme proposant des critères différents de ceux de la FF2P. L’accord auquel sont parvenus les partenaires du GLPR stipule le plein respect par tous du Cinquième critère.
- 6 Une des différences entre AFFOP et FF2P est que l’AFFOP, par définition fédération d’organismes, ne concurrence pas les syndicats, qui eux comportent exclusivement des membres individuels. Noter que nous ne nous occupons ici que du système d’autorisation GLPR, dont nous déployons le principe de légitimation assis sur une historicité établie. Tout autre cadre de référence pour la profession de psychopraticien ne nous concerne pas. Nous refusons par conséquent de répondre de ses mérites et démérites, et de nous voir en aucune façon confondus avec lui. En un mot nous avons décharlatanisé notre secteur uniquement. Qui trop embrasse mal étreint.
- 7 GARANTIES ALÉATOIRES : en dehors de la couverture GLPR toutes autres garanties proposées le sont sous la seule responsabilité de l’organisme qui s’autoproclame garant. On peut être diplômé en quelque chose et ce diplôme peut n’être garanti que par l’organisme qui l’a institué, lui-même n’étant couvert pas aucune autorité morale professionnelle particulière dans le domaine de la psychothérapie relationnelle.
- 8 Le CIFPR délivre son diplôme sous ce nom. L’appellation appartient exclusivement à l’École (dépôt INPI)
- 9 Le SNPPsy est membre fondateur de l’AFFOP.
- 10 Psychopraticien multiréférentiel®, appellation de diplôme, est protégé comme tel par le CIFPR, sous condition d’appartenance au SNPPsy ou au PSYG.
- 11 Rien d’autre que la conformité à une méthode, son appartenance ou sa référence, il ne légitimise pas qui s’en réclame comme psychopraticien relationnel®.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
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29 décembre 2011 –
- ALEXANDER LOWEN : RÉÉDITION EN LANGUE FRANÇAISE
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- La Thérapie du bonheur
Ensemble des règles régissant la pratique d’un métier, organisé en profession. Une déontologie émane d’un organisme professionnel responsable, en matière de psychothérapie, dans notre pays, un syndicat ou une fédération. Ou encore une société savante, ce qui complique la figure par confusion de rang institutionnel. Une déontologie suppose une codification, un code.
codes de déontologie
Les psychologues, auprès desquels le SNPPsy milita jusqu’en 1990 au sein de l’ANOP, se sont inspirés du code SNPPsy pour améliorer leurs propres codes car ils en comptent deux (1990 et 1996) – non contraignants. Les psychanalystes se sont organisés en profession avec un code non formalisé, garanti par l’Association internationale de psychanalyse (IPA en acronyme anglo-saxon), depuis les années 20 du siècle dernier. La question de la durée des séances, autoréglementée de longue date, conduisit au schisme lacanien. Les psychiatres se réfèrent au serment d’Hippocrate. Ceux d’entre eux qui sont encore psychanalystes peuvent agrémenter cette référence d’une psychanalytique additionnelle. Ils parlent alors plus volontiers en termes d’éthique, puisqu’ils bénéficient déjà de la déontologie médicale. On notera que le système international de règles de l’AIP (IPA en anglo-saxon) représente cependant exactement ce qu’on appelle une déontologie, réglementant le métier de psychanalyste. Le code du SNPPsy sert toujours de référence structurant la profession de psychopraticien relationnel, et au-delà de tout praticien se réclamant de la psychothérapie relationnelle (discipline). Celui du PSY’G étant moins répandu. Certaines grandes sociétés savantes ont édité leur propre code de déontologie, adapté à leur pratique singulière.
la question d’un Ordre
Tout code de ce genre soulève immanquablement la question de l’inscription d’un code de déontologie dans la loi, conduisant à la question d’un Ordre, à laquelle depuis Pétain et la création de l’Ordre des médecins la sensibilité démocratique reste réservée. Les psychologues en ce qui les concerne suggèrent la solution médiane d’une conférence de consensus entre associations (syndicats, fédérations) et pouvoirs publics (Wikipedia : Est-il possible d’inscrire un code de déontologie des psychologues dans la loi ?). Selon nous, davantage régulateur que réglementariste, un tel dispositif pourrait en effet conférer une autorité morale républicaine aux principes de base de l’exercice de la psychothérapie relationnelle. La proposition de loi Gouteyron (2004), calquée sur la proposition de loi Marchand, prévoyait pour les praticiens confirmés par une organisation historiquement responsable clairement désignée, un dispositif mixte État-profession autorisant une réglementation souple sous l’autorité d’un Conseiller d’État.
statu quo
Bien entendu dès qu’on touche à ce matériau si sensible, se mettent à jouer des forces de politique professionnelle qui font penser à celles qui se déploient à l’ouverture de la boite de Pandore. Si bien qu’on risque d’aggraver une situation qui pourrait gagner à stationner en statu quo.
secret professionnel
Reste la question du secret professionnel, réglée pour les psychologues cliniciens dans certains cas au vu de la reconnaissance de la profession réglementée de psychologue, gérée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche depuis 1985.
Les psychopraticiens relationnels, profession autoréglementée, bénéficiant d’un statut couvert par la seule autorité morale des quatre organismes historiques regroupés au sein du GLPR.
Pour les cas de crimes et délits, la loi commune, non déclinée professionnellement, stipule ce qui suit :
– article 434-3 du code pénal : Le fait, pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience physique ou psychique ou d’un état de grossesse, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.
Ce qui met le psy, qu’il soit /chologue ou /copraticien relationnel, face à l’obligation de révéler toute situation de maltraitance à mineure ou personne dépendante.
– 434-1 : Le fait, pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. En dehors d’une pratique fonctionnarisée spécifique, la marge éthique tend vers zéro.
– et que dire de la connaissance d’un crime effectivement commis, entendu exactement comme le ferait un prêtre, dispensé lui de dénonciation ?
recourir à son lieu d’inscription professionnelle
Dans un premier temps, en cas de mise en difficulté clinique, le psychopraticien relationnel sera bien avisé de consulter sans délai la Commission d’éthique et de déontologie de son syndicat (d’où l’intérêt de se syndiquer), de sa société savante ou de sa fédération (on n’en compte que deux, dans le cadre du GLPR) de référence.
éthique – concept correllé
Ensemble des règles, système de valeurs présidant à la pratique, intégrées en morale personnelle, auquel se soumet la personne dans l’exercice de son métier ou de sa recherche, au service de sa discipline (elle-même au service de la personne). Une éthique suppose un système de référence didactique (formation permanente), une vision du monde, interpénétrée avec une doctrine, s’alimentant aux activités d’une société savante.
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
- REETZ Stefanie
« On a souvent recours à ce terme d’ »horizon » … Ce que Weber a appelé le désenchantement, la disparition de notre sentiment du cosmos en tant qu’ordre signifiant, a ruiné les horizons à l’intérieur desquels les gens vivaient aupravant leur vie spirituelle. C’est le terme qu’emploie Nietzsche dans sa fameuse déclaration sur la « mort de Dieu » : « Comment avons-nous pu vider la mer ? qui nous adonné l’éponge pour effacer tout l’horizon ?«
Charles TAYLOR, Les sources du moi [ Self, note de la Rédaction], la formation de l’identité moderne, [1989] Seuil, 1998, 712 p.-
Cf. également François JULLIEN, Fonder la morale, Grasset, 1995.-
- Roudinesco Nouvel Obs : désacraliser Freud
- Neurosciences et psychothérapie
- Yves Lefebvre, LE SEXE, LE GENRE ET L'ESPRIT. Études psychanalytiques et au delà
Nous désignerons par Développement personnel toute démarche d’évolution de soi fondée sur l’acquisition de nouvelles compétences psychologiques, de nouveaux moyens d’expression, recourant à la psychologie positive (cf. pensée positive, Norman Vincent Peale, The Power of Positive Thinking 1952, puis psychologie du même nom de Martin Seligman — 1998), développant la confiance en soi. Le développement personnel procède de l’ajout. Il procure du mieux aux détenteurs du bien. Il ne soigne ni ne guérit, selon la terminologie médicale, mais relève du mieux être. La tragédie de la condition humaine ne figure pas à son horizon. Sous réserve que parfois l’un prépare à l’autre en quelque sorte secrètement. Raison de plus pour ne pas tout confondre.
boisson « chocolatée » sans le chocolat de la psychothérapieAttention, psychologique ne veut pas dire psychothérapique, encore moins psychanalytique. La démarche développementale de soi s’effectue en dehors de toute problématique de souffrance proprement dite[1]. On peut voir des praticiens du développement personnel proposer leur méthode de changement personnel en s’appuyant sur la force en soi (domaine de la méditation) comme dans Star War. Parfait pourvu qu’ils se gardent de se réclamer[2] de la psychothérapie. Cette zone grise du premier souci de soi en quelque sorte, d’ordre éducatif, requiert un effort de définition stricte.
inconfort/souffrance : la relation d’aide, subthérapie de portée intermédiaireDeuxième étape, en sélectionnant dans la psychologie humaniste américaine et les recherches d’Abraham Maslow (pyramide des besoins mais aussi thérapie de l’être) des concepts non exempts de religiosité (d’où confusions avec le New Age, ultérieurement avec le transpersonnel) orientés vers l’idée d’accomplissement de soi (concept rogerien, moteur de la Nouvelle psychothérapie), on peut arriver à une zone intermédiaire, parapsychothérapique, qui s’appelle relation d’aide, correspondant à l’anglo-saxon counseling [3]. Une telle pratique propose à des personnes en état d’inconfort plus que de souffrance des techniques psychologiques leur permettant de se remettre d’aplomb dans leur vie sans avoir pour autant à la restructurer en profondeur. Les psychologues appellent cela thérapie de soutien. Durée moyenne, action idem. Relation de type 1 (cf. Les 5 degrés de la relation).
classifications différentiellesDépartager ces zones, sachant que, déjà, le counseling fut créé aux États-Unis (1939-1942), pour brouiller les pistes avec la psychiatrie qui préemptait toute pratique de LA psychothérapie (la sienne bien entendu, prétendue universelle et propriété réservée). Ces classification différentielles se retrouvent dans de nombreux systèmes psys, qui retranchent d’eux la partie définie comme non psychothérapique. L’identité se définissant autant comme ce qu’elle est que ce qu’elle n’est pas, sans compter ce qu’elle est aussi un petit peu.
une méthode d’une intensité d’environ 35 hGr (35 hectograuer)Ce mécanisme fonctionne de façon ré-itérative pour distinguer et préserver la « pureté » doctrinale et corporatiste de chaque méthode ou technique considérée. Faudra-t-il instituer une échelle psy en la matière, déterminer une table ? parviendra-t-on à exprimer le taux, le degré, de psychothérapisme d’une méthode ou technique ? Moi qui ai toujours rêvé de donner mon nom à un système de mesure, histoire de laisser une trace, peu important le ridicule, devrais-je proposer qu’on indexe par rapport à un zéro sur une échelle de Grauer à déterminer, mesuré au niveau de la mère évidemment, le degré de pression psychosphérique en psychothérapie ? plus sérieusement, on mesure ( ! ) ici comment instaurer dans le domaine du souci de soi des espaces discrets pose problème.
cas particulier de la curiosité de soiLa question reste complexe. C’est qu’à distinguer du rustique développement personnel, quoique également hors du ressort de la souffrance, il nous faut aussi tenir compte des cas où « entamer une démarche » est mu par la curiosité, le simple ( ?) désir de savoir : qui suis-je ? Les hellénistes vous diront que la devise de Delphes[4], le connais-toi toi-même imputé à Socrate assigne à l’homme la tâche de situer sa propre mesure dans l’ordre du monde (logos), laquelle conduit à la tempérance et nous avise de ne pas tenter de rivaliser avec les dieux. Nous parlons nous de prendre conscience de soi — 2 000 ans plus tard on parlera de conscience ! attention aux anachronismes.
Quoiqu’il en soit en effet il se trouve parfois des curieux soucieux de soi non mus par la souffrance à proprement parler (elle sera rencontrée en cours de processus). Tout ceci fait paradigme, créant l’option de la psychothérapie en relation entamée comme recherche, et non tentative initiale de se dégager d’une situation en/de souffrance. Quoique hors souffrance motrice initiale, cette démarche n’en sera pas exonérée, et la traversée sera bien d’ordre psychothérapique. Ce qui la disjoint du développement personnel.
PHG
voir également
– charlatan
– exopratiques
[1] Et du besoin d’accéder à soi comme sujet à partir d’un processus structurel lent et difficile de dégagement d’une ornière existentielle dans le cadre d’une psychothérapie relationnelle.
[2] On serait alors dans le charlatanisme, qui consisterait à nommer psychothérapie ce qui ne saurait en être (abus de domaine d’expertise).
[3] Laquelle avoisinerait le coaching, orienté lui vers l’aide à la réalisation de projets.
[4] À Delphes on est loin de l’intériorité psychothérapique fille des Lumières, ayant traversé la crise romantique, découvert l’angoisse kierkegaardienne, la phénoménologie et l’existentialisme, refaçonnée par le XXème siècle et ses guerres mondiales, dont se réclameront successivement puis conjointement, d’abord la psychanalyse, théorisant et méthodologisant le côté sombre, tragique et décentré du psychisme moderne, abordé en relation dynamique (transfert), ensuite dans le sillage de la psychologie humaniste ce qui allait constituer la psychothérapie relationnelle.
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- La Thérapie du bonheur
- L’éthique animale, un défi pour les humains d’aujourd’hui
Certification de compétence d’un étudiant ayant parcouru avec succès le processus complet d’un cursus de formation.
Les écoles agréées Affop délivrent un diplôme privé dans une méthode relevant du champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle.
Les diplômés dans les champs disciplinaires de la psychologie clinique et de la psychiatrie ont seuls le droit de revendiquer le titre d’exercice de psychothérapeute.
Les diplômés des écoles privées agréées Affop peuvent passer du diplôme (certification, reconnaissance) à la confirmation qui leur conférera le titre alternatif d’exercice de psychopraticien relationnel®. Ce titre leur est conféré entre autres par le SNPPsy(1).
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
dernière modification – 11 mars 2014 – 3 novembre 2015 –
- 1 En tant que membre de l’Affop, détentrice du titre à l’INPI.
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Contact
- REETZ Stefanie
Une discipline consiste en un champ autonome du savoir, une identité scientifique avec ses modes de conceptualisation, son épistémè, sa méthodologie, sa recherche, son type d’intervention, son éthique, une anthropologie sous-jacente, une histoire, une relation avec son voisinage, des perspectives, un devenir.
Elle peut être revêtir un caractère universitaire officiel, subreptice ou parasitaire (ainsi la psychanalyse en France).
La psychothérapie relationnelle en tant que discipline se caractérise par (liste non exhaustive) :
– une conception particulière de la relation et des rapports humains
– une méthodologie de l’implication du professionnel en relation de travail
– des règles d’encadrement et de cadrage relationnel
– un mode clinique et un type de sensibilité spécifique
– une prise en compte de la dimension inconsciente de la relation
– une conception de l’apprentissage et de l’éducation
– une conception de l’évolution et du changement
– une prise en compte de la dimension émotionnelle du comportement humain
– une définition du processus par lequel la personne accède à un savoir de soi comme être relationnel
– une conception du sujet
– une conception du processus d’autonomisation
– une philosophie de la psychopathologie
– une représentation de l’univers du sens
– une anthropologie
– une clinique de l’implication
– une éthique et un corpus de règles déontologiques
– une méthodologie de l’observation participante
– une philosophie de la recherche
– un mode de professionnalisation.
Elle représente l’alternative d’une psychothérapie du soin non médical (du souci de soi), axée sur la relation au sens plein et méthodologique du terme (la relation comme ressort du processus de changement), alternative donc à la psychothérapie psychologique ou médicale actuellement professionnalisée sous le titre de psychothérapeute (terme pris dans sa nouvelle désignation institutionnelle). Ces deux champs disciplinaires se répartissent (et éventuellement conjugent, au risque de situations paradoxales) dans le cadre du carré psy.
Au sens où nous l’entendons une discipline peut inclure plusieurs méthodes et non l’inverse. La discipline désigne un vaste champ de référence comportant un modèle métapsychologique, la référence d’une anthropologie (théorie générale de l’être humain), une véritable doctrine, corps de savoir et d’enseignement, qui peut bien entendu comporter des incohérences là n’est pas la question, une importante littérature de référence, une aire de dispute interne et externe, une capacité critique et au débat, une clinique spécifique.
Ni la psychanalyse, hébergée en psychologie et en psychiatrie à l’université, ni la psychothérapie relationnelle, ne constituent au sens universitaire du terme, des disciplines, dûment pourvues de chaires et de filières aboutissant au doctorat et à la recherche dans leur matière.
les trois savoirs
Cela pose la question du statut disciplinaire institutionnel de ces… disciplines, dont la formation s’effectue dans des Sociétés et Écoles non universitaires, ce qui s’explique pour une part importante par leur caractère implicatif. Leur savoir comporte une part importante de savoir être, d’un savoir-faire et d’un savoir faire être qui lui sont directement corrélés, ce non-savoir, cette expérience de soi en relation avec un ou plusieurs autres – qu’on pourrait dire savoir relationnel, ne relève pas du type de savoir (rationalité procédurale – qu’il n’ignore pas pour autant) administré par l’université.
La médecine pourtant, avec sa clinique, et après elle et selon son modèle une certaine psychologie (d’inspiration psychanalytique, comme on se retrouve !), sembleraient avoisiner la problématique de l’intersubjectivité, apanage de nos deux disciplines rebelles.
En fait non, l’équation personnelle — avoir traversé soi-même une longue expérience psychothérapique ou psychanalytique, n’entre pas dans le cadre universitaire et même s’y adjoint mal, institutionnellement parlant. L’autre partie, l’apprentissage clinique proprement dit, n’est pas non plus toujours assuré, en particulier en psychologie, convenablement par les stages quoi qu’on en dise.
dynamique de subjectivation
Il reste aux méthodes intéressées la responsabilité scientifique, morale et institutionnelle de s’autoréguler avec la rigueur nécessaire, et à revendiquer le statut de spécialités extra universitaires en qualité de sub-disciplines de la dynamique de subjectivation via la relation intersubjective, prenant en compte d’une manière ou d’une autre l’hypothèse de l’inconscient et du transfert.
Leur articulation avec l’université peut se concevoir, à condition que cette dernière y soit prête, ce qui est loin d’être actuellement le cas, au grand dam des deux parties. Il y eut bien une expérience historique de ce type, avec en France au lendemain de la Seconde guerre mondiale l’hébergement de la psychanalyse au sein de la psychologie clinique (Dr. Lagache) et son alliance temporaire avec la psychiatrie, massivement impulsée par le Dr. Jacques Lacan. La contre-offensive « athéoriciste » à base neuronique et comportementaliste condensée dans les nouveaux DSM mit fin à ce précaire équilibre.
disciplines cardinales
Chacun reprenant ses billes dans la nouvelle donne de l’après Accoyer, les deux disciplines jumelles du processus de subjectivation sont en train de se repositionner, la psychanalyse à l’ombre du statut de psychothérapeute de nouvelle désignation, la psychothérapie relationnelle hors de la zone de paramédicalisation médecine+psychologie. La figure structurelle du carré psy demeurant intacte – ce qui nous donne en tout et pour tout strictement quatre disciplines cardinales.
Le terme discipline demeure flottant. Comme tous les autres. Le présent effort terminologique vise à constituer un cadre d’appellations suffisamment définies pour permettre de mieux fixer et déterminer un corps de concepts et de désignations pratiques permettant de s’entendre, ce qui n’est pas du luxe au vu des combinaisons qui foisonnent.
Philippe Grauer
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Entrée en date du 30 octobre 2008 – mise à jour le 4 octobre 2011 – 2 décembre 2011 – 14 septembre 2012 – 20 décembre 2012 – 30 avril 2013 – 11 mars 2014 – 14 mai 2015 –
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- La fonction phorique
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
L’analyse bioénergétique, méthode post-reichienne développée par Alexander Lowen (lui-même secondé et inspiré par Leslie Lowen), relève du domaine du psychocorporel. Lequel comporte par exemple le travail de souffle, centré sur la respiration amalgamé à la psychanalyse, ou le travail en piscine d’eau chaude (différents styles) – nous voici rendus avec ces deux techniques dans l’espace de la psychothérapie intégrative, et de la psychothérapie à médiation.
On retrouve la dimension psychocorporelle dans l’haptonomie, la sophorologie dérivée en sophrothérapie, et de nombreuses techniques à base de relaxation.
La gestalt-thérapie relève en partie du domaine de la phénoménologie clinique, comme de l’existentialisme. Comment désigner par exemple la philosophie clinique de Noël Salathé ?
On appellera domaine le champ disciplinaire, méthodologique et philosophique englobant plusieurs méthodes et ou disciplines apparentées.
Notre terminologie n’a pas à ce jour suffisamment différencié domaine et courant.. Sans compter le terme approche. Le travail reste à faire (6 mai 2014).
PHG – 13 mars 2013 – 6 mai 2014 –
- Formations modulaires
- La fonction phorique
- L'erreur de Matthieu Ricard
Variantes : contraintes, données, pressions(1).
À partir du moment où ça n’est plus Dieu qui règle l’ordre du monde, c’est la grande bascule du règne de la Raison. Aux êtres humains pris comme individus (indépendance) ou sujets (autonomie), d’exercer la responsabilité de conduire leur vie dans le cadre des limitations apportées par la réalité objective (sujet/objet), qui nous bornent. On peut en dresser le compte.
Dans le cadre de la psychothérapie existentielle telle que la définit Yalom, relayé dans notre pays par Noël Salathé(2), on compte cinq (quatre chez Yalom) données existentielles [débat pour déterminer s’il est préférable de dire données ou contraintes] universaux encadrant la destinée humaine, à savoir :
– responsabilité (face à la liberté)– quête de sens (face à l’absurde) [Dieu y pourvoyait]
– finitude (face à la mort)
– solitude (face à l’isolement)
– limitation (face à l’imperfection) [donnée ajoutée à la liste yalomienne par Noël Salathé]
On peut imaginer y rattacher la donnée de base du vivre, antagonique de – et intimement liée à – la relation à la mort, le vivre se raccordant naturellement à la sexualité chez les êtres sexués, territoire terriblement préoccupant fin du XIXème début du XXème, sur la base duquel Freud construisit son édifice théorique (continuellement remodelé rappelons le), bientôt raccordé à la pulsion de mort [notion dont Fairbairn dressa la critique radicale], par quoi se rejoindraient les univers théoriques de Yalom et de la psychanalyse.
Vivre en projet, volonté de puissance, du projet au jet du jeté là heideggerien (à ne pas confondre avec le jeté là-bas des camps nazis indifférents à son cœur) voici tout le champ phénoménologique et existentiel qui défile sous nos yeux. Dans tous les cas l’obstination du vivre et le butoir du mourir constituent l’horizon des fameuses données, parfois vécues comme contraignantes, voyez le film sur Yalom vous aurez l’occasion d’y repenser.
(à suivre)
[ 23 septembre 2013 – 1er juin 2015 – … ]
- 1 Gonzague Masquelier, Vouloir sa vie,[1999] 2004, 143 p.– p. 76.
- 2 Cf. Noël K. Salathé, Psychothérapie existentielle, une perspective gestaltiste, pp. 53-108. On peut se le procurer auprès du Cifpr.
- La Thérapie du bonheur
- L’éthique animale, un défi pour les humains d’aujourd’hui
- Roms – ethnicisation de la misère européenne
DSM – psychopharmacologie – médicalisation
Voir aussi
– Pour en finir avec le carcan du DSM
– Marcelle Maugin, « DSM-4 – Souriez vous êtes renommés », précédé de « Le DSM sème le trouble et pourrait récolter la tempête, » par Philippe Grauer
– Matthieu Écoffier, Gare au relais des neuroleptiques, Le Monde, précédé de « C’est dur je me sens devenir santémental » par Philippe Grauer.
– Éric Favereau, La folie placée d’office sous silence, Le Monde, 22 sept 2012.-
– Bernard Bégaud interviewé par Éric Favereau, Benzodiazépines, médication à risque Libération, 28 septembre 2012.
– Gilles-Olivier Silvagni, STOP-DSM, Avertissement d’incendie, octobre 2012.
– Philippe Grauer, DSM quand tu nous tiens ! [mis en ligne le 11 mai 2013]
– DSM V
– Allen Frances mis en ligne le 13 mai 2013.
La visite du monstre évolutif DSM sous hégémonie américaine du Nord commence par le compte-rendu critique d’Élisabeth Roudinesco de l’ouvrage de Christopher Lane, La timidité ou comment un comportement normal devint une maladie, best-seller américain en 2007, édité en France sous l’improbable titre Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions. Elle montre comment le DSM tient comparativement en psychiatrie la place qu’occupe Monsanto en agriculture, santémentalisant en tranches de troubles, problématiques mais assurément pharmacodynamiques, la vie psychique ordinaire, psychopathologisée à la Ubu et Knock réunis, pour la plus grande honte d’une psychiatrie reneurologisée, régressée à Kraepelin.
Suivent deux autres analyses de Christopher Lane, l’un de Jean-François Marmion, l’autre de Thierry Longé, puis le classique Aimez-vous le DSM ? de Kirk & Kutchins analysé par Alain Bottero.
À consulter également, inspiré de Thomas Szasz, Publicité mensongère et trompeuse du lobby psychiatrique. Facteur contribuant à la négligence et à la maltraitance des patients ? Un rapport d’intérêt général de la Commission des citoyens pour les Droits de l’homme.
Nous poursuivrons cette fiche par un approfondissement du travail de synthèse. Affaire à suivre.
Les intertitres sont de la Rédaction.
Voir aussi
–Psychopathologie : l’ombre toujours portée de Kraepelin sur le Carré psy par Michael Randolph [13 juillet 2011]
–L’autisme et la querelle des classifications nosographiques par Patrick Landman [février 2012]: traite de l’alternative de la CFTMEA, classification fondée sur une théorie psychopathologique prenant en compte le courant psychanalytique. cf. R. Misès.
–CFTMEA
Entrée créée le 6 juillet 2001, reprise le 28 juillet – mis à jour 4-7 mars 2012
1)
Comportementalisme : le retour
}}}
Par Philippe Grauer
De quoi s’agit-il au juste avec la santé mentale ? que s’est-il passé après que notre psychiatrie eut consommé en 1968 sa séparation d’avec la neurologie ? en quoi consiste ce revirement à 180° opéré en l’espace d’un peu plus d’une seule décennie, inscrivant la psychiatrie et la psychologie derechef dans le mouvement global de médicalisation de l’existence ? comment se fait-il que la psychanalyse soit tombée à ce point et si brutalement en désuétude et déshérence institutionnelle que la psychologie et la psychiatrie n’aient eu de cesse de s’en débarrasser – tout de même, de plus en plus nombreux sont les patients qui arrivent à nos cabinets en spécifiant qu’ils ne veulent surtout pas de psychanalyse – ? Le mouvement de la psychologie humaniste américaine dont est issue la psychothérapie relationnelle bien entendu a contribué à cette désaffection, mais sa protestation s’en prenait autant à la psychanalyse normative et médicaliste américaine du c’est grave docteur ? qu’à un comportementalisme visant à remplacer le concept d’évolution de la personne par celui de dressage, revêtu d’une belle livrée « scientifique », désertifiant en matière de clinique. Sérieux malentendu toujours mal élucidé.
2)
La maladie de la médicalisation
par Élisabeth Roudinesco
Le Monde des livres – 6 mars 2009
LANE Christopher. Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions (Shyness. How Normal Behavior Became a Sickness), traduit de l’anglais (États-Unis) par François Boisivon. Flammarion, 379 pages, 26 €.
transformer en maladies mentales nos émotions les plus banales
Au moment où les psychiatres français s’insurgent contre une politique d’État qu’ils jugent contraire à leur éthique, voilà que le modèle cognitivo-comportemental qu’ils contestent et qu’ils regardent comme “américain”, est violemment critiqué aux États-Unis comme inefficace, grotesque et quasiment fasciste. De l’autre côté de l’Atlantique, cette mise en cause ne vient pas des psychiatres, trop soumis au diktat des laboratoires pharmaceutiques, mais des historiens et des écrivains. En témoigne le livre de Christopher Lane, qui a été un best-seller en 2007. Prenant l’exemple de la timidité qui n’est en rien une maladie mais une émotion ordinaire, l’auteur, spécialiste de l’époque victorienne et des Cultural Studies, dénonce la manière dont le fameux DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) – élaboré par l’American Psychiatric Association (APA), puis adopté dans le monde entier à travers l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – a permis, en une trentaine d’années, de transformer en maladies mentales nos émotions les plus banales, pour le plus grand bonheur d’une industrie pharmaceutique soucieuse de rentabiliser des molécules inutiles : contre la crainte de perdre son travail par temps de crise économique, contre l’angoisse de mourir quand on est atteint d’une maladie mortelle, contre la peur de traverser une autoroute à un endroit dangereux, contre le désir de bien manger parfois avec excès, contre le fait de boire un verre de vin par jour ou d’avoir une vie sexuelle ardente, etc.
Nous sommes tous des malades mentaux
Grâce au DSM, nous sommes donc invités à nous considérer comme des malades mentaux, dangereux pour les autres et pour nous-mêmes. Telle est la volonté hygiéniste et sécuritaire de cette grande bible de la psychiatrie moderne.
Ayant eu accès pour la première fois aux archives de l’APA, Lane y a découvert des informations étonnantes sur les différentes révisions de ce Manuel du père Ubu, censé définir le nouvel homme nouveau du début du XXIème siècle.
Entre 1952 et 1968, les deux premiers DSM étaient axés sur les catégories de la psychanalyse, c’est-à-dire sur une nomenclature des affections psychiques qui correspondait à l’étude de la subjectivité consciente et inconsciente : on y distinguait des normes et des pathologies, des névroses, des psychoses, des dépressions, etc. Mais, à partir des années 1970, sous la pression des laboratoires et des départements de neurosciences, soucieux de réintégrer la psychiatrie dans la neurologie et de créer une vaste science du cerveau où seraient mélangées des maladies dégénératives et des névroses légères, cette approche dite “dynamique”, fondée sur des psychothérapies par la parole, fut contestés sur sa droite pour son absence de scientificité biologique et sur sa gauche pour son incapacité à penser l’évolution des mœurs.
Ainsi en 1973, les homosexuels, groupés en associations, exigèrent de ne plus figurer dans le DSM au titre de malades mentaux : ils furent donc déclassifiés à la suite d’une vote. Mais cette décision n’avait rien de scientifique même si elle était justifiée puisque l’homosexualité n’est pas une maladie mentale. En conséquence, il fallut procéder à une nouvelle révision du DSM, d’autant que d’autres catégories de citoyens réclamaient, au contraire des homosexuels, d’être pris en compte dans le Manuel : les traumatisés de guerre notamment, désireux d’être indemnisés sans se soucier de savoir si leur problème relevait ou non d’une maladie mentale. On inventa donc pour les satisfaire “le syndrome post-Vietnam” qui fut dûment catalogué comme maladie mentale dans le DSM.
C’est alors qu’en 1974, le psychiatre Robert Spitzer, enseignant à l’Université de Columbia, admirateur de Wilhelm Reich et gavé de cures psychanalytiques, fut pressenti pour diriger la troisième révision du Manuel. Convaincu d’être le prophète d’une révolution neuronale de l’âme, il s’entoura de quatorze comités, composés chacun d’une multitude d’experts. Il effectua alors un retour spectaculaire vers le XIXème siècle, réintroduisant dans le Manuel la classification d’Emil Kraepelin (1856-1926), psychiatre allemand contemporain de Freud, ce qui lui permit de rétablir une analogie pourtant largement dépassée entre troubles mentaux et maladies organiques.
maladies imaginaires
Entre 1980 (DM-III) et 1987 (DSM-III-révisé), la folle équipe de Spitzer procéda à un “balayage athéorique” du phénomène psychique substituant à la terminologie de Kraepelin celle des psychologues du conditionnement. Les concepts classiques de la psychiatrie furent alors bannis au profit de la seule notion de trouble (disorder) qui permit de faire entrer dans le Manuel 292 maladies imaginaires. Dans le DSM-IV, publié en 1994, on en comptabilisait 350 et pour le futur DSM-V, de nouveaux syndromes seront ajoutés tels que l’activité sexuelle libertine, l’apathie, l’amour de la gastronomie ou encore le plaisir de se promener pendant des heures sur l’Internet : “J’ai honte pour la psychiatrie”, dira un psychiatre de renom : ”S’il vous plaît, il y a assez de choses ridicules dans la psychiatrie pour ne pas offrir des motifs de moqueries supplémentaires.” Ce Manuel, dira un autre, est un “nouveau suspensoir de l’Empereur”.
psychiatres soumis aux molécules
Après avoir lu ce récit, on se demande qui pourra faire barrage un jour à l’expansion de ces thèses aberrantes, comparables à celles du docteur Knock, et qui ont pour objectif de faire entrer dans des tableaux sombrement pathologiques l’existence ordinaire des hommes, au prix d’oublier que les fous peuvent être vraiment fous.
Pour l’heure, rien ne permet de dire que la démonstration argumentée et convaincante de Christopher Lane puisse être entendue par les psychiatres soumis aux molécules et qui continuent de croire aux vertus classificatoires de cet étrange Manuel.
3)
LANE Christopher. Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions. Flammarion, 2009, 384 p., ISBN : 978-2-0812-1233-6, 26 €
Traduit de l’anglais par François Boisivon, Paris, Flammarion, 2009. Paru sous le titre Shyness : How normal behaviour became a sickness, Yale University Press, New Haven & London, 2007.
Par MARMION Jean-François qui, in Sciences humaines.com, analyse l’ouvrage dans ces termes :
athéorique
Élaboré par l’Association américaine de psychiatrie (APA), le Manuel diagnostique et statistique (DSM) est devenu la norme mondiale en matière de classification des maladies mentales. Sa troisième édition, en 1980, a imposé une nomenclature médicale et une approche dite « athéorique » excluant tout recours aux théories et au vocabulaire psychanalytiques, ce que les émules de Sigmund Freud, ainsi mis sur la touche, n’ont jamais pardonné. Exploitant des archives inédites de l’APA, Christopher Lane, spécialiste d’histoire intellectuelle et chercheur à l’université de Chicago, retrace les six années de débats qui ont débouché sur le DSM-III. Il livre une reconstitution serrée des débats houleux qui ont bouleversé la psychiatrie, en marginalisant une psychanalyse déjà fragilisée. C. Lane ne fait pas mystère de sa sympathie pour cette dernière.
les maladies qui les arrangent
Si partial soit-il, c’est néanmoins de manière très argumentée qu’il reprend quelques questions classiques, sans réponse nette aujourd’hui encore. Il rappelle par exemple que le nombre de troubles répertoriés a doublé du DSM-II (en 1968) au DSM-IV (en 1994). Parce que les dysfonctionnements de l’esprit humain sont toujours mieux connus, ou parce que les psychiatres inventent aussi les maladies qui les arrangent, eux qui entretiennent des rapports étroits avec l’industrie pharmaceutique ? C. Lane penche pour la deuxième hypothèse, en citant le cas des émotions, ou des faiblesses ordinaires, désormais facilement considérées comme des pathologies. Le titre original de l’ouvrage était d’ailleurs : La Timidité. Comment un comportement normal est devenu une maladie.
le médicament comme baguette magique « soignant » des non-malades
La timidité, requalifiée de phobie sociale, est ainsi devenue le troisième trouble mental diagnostiqué aux États-Unis, derrière la dépression et la dépendance alcoolique. Les cas de dépression auraient d’ailleurs été multipliés par 1 000 durant ces dernières décennies, malgré l’existence de traitements supposés adéquats, dispensés avec générosité : les antidépresseurs auraient ainsi rapporté 12,5 milliards de dollars à l’industrie pharmaceutique américaine en 2005. Le médicament deviendrait donc une baguette magique « soignant » des non-malades, selon Christopher Lane qui décortique au passage les campagnes publicitaires de la psychopharmacologie. Si une histoire sereine et équilibrée des métamorphoses du DSM reste à écrire, les débats soulevés par cet ouvrage dépassent le simple plaidoyer pour la psychanalyse et rappellent combien, depuis toujours, la psychiatrie est facilement suspectée de brimer l’être humain sous couvert de le soigner.
4)
LONGÉ Thierry. « Christopher Lane, Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions », Essaim 2/2009 (n° 23), p. 159-162.
URL : www.cairn.info/revue-essaim-2009-2-page-159.htm.
DOI : 10.3917/ess.023.0159.
1 Au début du siècle dernier, à la clinique Bellevue, Ludwig Binswanger convoquait tour à tour Emil Kraepelin et Ernst Kretschmer au chevet d’Aby Warburg. Le débat à distance de ces deux sommités, au demeurant fort concurrentes, de la psychiatrie allemande donnait alors lieu à une querelle d’experts quant à la nomination diagnostique de l’affection du fondateur de l’iconographie : dementia praecox ou maniaco-dépression.
2 Ces débats et querelles resteraient encore très actuels, si l’on accepte bien sûr de considérer leur relooking contemporain concernant respectivement la schizophrénie, désormais si peu bleulérienne, et les troubles bipolaires.
3 L’époque était encore celle des fines descriptions sémiologiques, de la nosographie, et des savantes monographies, fruits d’une patiente observation clinique. Ces travaux étaient d’autant plus minutieux qu’ils étaient, pour l’essentiel, dégagés de tout souci curatif, permettant le déploiement d’études longitudinales quasi existentielles, complétées de l’éventuel nécropsie de l’organe cérébral dûment incriminé.
le décret de l’homme nouveau
4 Le capitalisme industriel approchait alors à grands pas de ses convulsions planétaires et le décret de l’homme nouveau n’avait pas encore trouvé ses voies manufacturières. L’idée n’avait pas dépassé le stade conceptuel fort modeste de l’eugénisme négatif et devait trouver son point de butée provisoire avec les effets dévastateurs de la barbarie.
5 Christopher Lane, dans cet essai d’anthropologie politique, nous propose d’ouvrir rien moins qu’un nouveau chapitre du capitalisme industriel et mercantile, indexé, au seul registre de la maladie mentale.
6 C’est une curieuse proposition que l’introduction de la catégorie d’une psychiatrie néo-kraepelinienne au principe de l’élaboration du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), dans ses moutures successives et singulièrement ses versions III et IV et leurs versions améliorées intermédiaires et dans l’attente pour 2012 de sa version V.
7 Ce temps lointain qu’on pouvait penser révolu de l’incidence et la montée en puissance au long du XXe siècle du courant psychanalytique, de la psychothérapie, qu’elle soit institutionnelle, ou individuelle, serait-il de retour ? Les mânes de Kraepelin seraient appelées alors pour dire l’effacement de la psychanalyse, le néo de la catégorie, pour affirmer la prévalence de la thérapeutique sur la sémiologie. La peste analytique, que Freud croyait importer lors de son unique voyage transatlantique, n’a pas résisté bien longtemps à l’American Way of Life, sa véritable antidote, et son rejeton se sont étiolés au pays du médicament roi. Depuis les années 1960, nous dit l’auteur, « l’histoire de la psychiatrie [y] fut réécrite de manière si radicale que tout se passe comme si Freud et la psychanalyse n’avaient jamais existé« . Cette stratégie révisionniste, c’est ainsi qu’il la nomme, Christopher Lane nous en propose la démonstration et ses conséquences à propos du traitement diagnostique de l’angoisse et extensivement de la qualification des émotions et des comportements (Behaviour) auxquels elle serait corrélée. La timidité (Shyness) est offerte, à ce titre, en paradigme de l’entreprise.
trouver leur régulateur adaptatif dans la pharmacopée
8 On peut, à ce propos, regretter le choix de traduction du titre français qui vaut interprétation de l’ensemble du propos. La traduction littérale du titre original, La timidité, ou comment un comportement normal est devenu une maladie, n’eût guère offusqué le lecteur français et eût permis de conserver le fil directeur de l’enquête : comment les comportements et les émotions ordinaires de l’homme ont pu être désignés comme autant de maladies possibles susceptibles de trouver leur régulateur adaptatif dans la pharmacopée.
avatar contemporain du marché humain
9 Interviews, archives, articles mais aussi iconographie des campagnes marketing de l’industrie pharmaceutique servent de matériau à la description du panorama des trente années qui virent l’imposition mondiale d’un modèle extensif et par voie de conséquence dissolutif de la psychiatrie. Il serait excessif d’y repérer en projet une stratégie manipulatrice visant la marchandisation délibérée des comportements humains et des émotions à laquelle la psychiatrie américaine, dont on nous montre par ailleurs la grande diversité, se serait employée. Au demeurant, au pays qui sut inventer via l’industrie cinématographique de nouveaux standards émotionnels et transformer le citoyen en cible publicitaire, il n’était que justice que les spécialistes de la psyché réclament un droit de regard sur l’homme en devenir dans cet avatar contemporain du marché humain. L’étonnement à la lecture, parfois drolatique, tient à la médiocrité des intervenants et à la faiblesse des réflexions qui les animent quant au bien-fondé de cette démarche visant à étiqueter sans ambages tout comportement et toute émotion humaine au registre du pathologique, pour autant qu’ils excèdent une normalité évanescente.
le nouvel homme nouveau : un homme troublé
10 L’homme ainsi redéfini, l’homme nouveau, chute brutalement au terme de cette mise en fiches pour se résoudre à n’être qu’un homme inadapté et donc malade. Après avoir délibérément écarté la notion de réaction et défait pour l’essentiel l’incidence environnementale sur les pathologies psychiques humaines, la nouvelle nomenclature diagnostique promeut l’idée d’un homme troublé (disordered) dont la fréquence statistique, par l’usage de seuils délibérément bas pour la détermination du trouble, lui confère une dimension quasi universelle.
11 L’homme nouveau est donc un homme troublé, ou susceptible de l’être, et dont le trouble principal est d’être ce qu’il est, ce que d’aucuns vont consigner désormais comme attentatoire à la norme. On se souviendra ici opportunément que les fondateurs de la psychiatrie, en usant et abusant sans doute de l’isolement, dans sa version du confinement asilaire, s’ils extrayaient le sujet de son environnement, le faisaient certes pour protéger un certain ordre public, mais aussi pour garantir les conditions scientifiques de l’observation et réduire l’incidence nocive de celui-ci sur la possible guérison du malade. Ils n’en maintenaient pas moins le caractère d’exception de l’affection.
épidémiologie : le sujet s’efface devant la cohorte
12 La casuistique, ordonnatrice d’un savoir reconnu, désormais défaite, cède le pas aux effets mêmes de l’anonymisation épidémiologique et statistique, où le sujet s’efface devant la cohorte et le colloque hippocratique abdique face aux protocoles standardisés d’enquête diagnostique et donc thérapeutique. Avec le DSM III et ses suites, l’explosion exponentielle des troubles discriminés a contrario tendrait cependant à réinventer du sujet là où la macroanalyse décidait son effacement. Mais c’est pour réapparaître sous la forme de classe de sujets malades dont la subjectivité est réduite au seul topos de la maladie dont ils souffrent ; maladie qui n’est plus la leur en tant qu’elle leur serait propre, mais celle de la classe à laquelle on les réfère, pour autant qu’elle les affecte, ce qui reste à démontrer.
maladies imaginaires pour un malade malgré lui
13 Au terme d’un procès en dé- et re-subjectivation, les formules moliéresques mutent d’elles-mêmes : médecin de maladies imaginaires pour un malade malgré lui. L’extension sans fin, prévisible, des troubles imputables à l’homme ultracontemporain, au regard d’un standard normalisé prétendument a-culturel, ne peut que déconcerter et fragiliser le collectif humain ainsi ciblé et épinglé et le préparer à la consommation massive de substances dont la iatrogénicité le dispute à l’inefficacité. « Il devient possible, nous dit l’auteur, de considérer les plus légers écarts à la norme comme relevant d’une inadaptation et, conséquemment, d’un traitement. » Et ce au plus grand bénéfice de leurs dispensateurs et fabricants dont la puissance de persuasion ne se prive ni de la force de frappe d’aucuns des outils les plus subtils de la communication massmédiatique, ni de celle de l’organisation et de l’orientation de la recherche en psychiatrie mais aussi de sa diffusion et de son enseignement.
l’idéal présomptueux qui constitue les psychoses schizophréniques
14 Freud en son temps crut, sans doute indûment, désigner la blessure faite à l’homme des extensions de son savoir sur lui-même ; blessé il le sera bien davantage de ne se reconnaître qu’en tant qu’être maladif et inadapté aux standards qu’on lui prescrit, voire qu’on lui impose. Ici nous revient le cri d’alarme d’un Maldiney, au regard du devenir contemporain de la psychiatrie : « Cet esprit d’objectivation, qui donne pouvoir sur les choses, est la caractéristique dominante de la psychiatrie aujourd’hui. Or cette attitude objectivante, qui tend à thématiser l’existence et l’existant, a un équivalent pathologique. Elle entre en résonance en particulier avec l’idéal présomptueux qui constitue les psychoses schizophréniques. L’idéal des sciences exactes appliqué à la connaissance de l’homme reconduit ou abandonne à sa thématisation l’homme psychotique(1)
l’anesthésie de pans entiers de la population
15 Christopher Lane pointe le préjudice fait à ceux qui souffrent de maladies mentales graves et leur délaissement au regard des profits substantiels générés par l’anesthésie de pans entiers de la population par l’usage généralisé de puissants psychotropes. Il ne manque cependant pas d’adoucir ce sombre tableau en soulignant les voies de la riposte possible, qu’elle émane de la psychiatrie elle-même en résistance contre ces diagnostics abusifs, ou du public et la littérature y trouve alors, comme toujours, toute sa place.
POUR CITER CET ARTICLE
Thierry Longé. « Christopher Lane, Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions », Essaim 2/2009 (n° 23), p. 159-162.
URL : www.cairn.info/revue-essaim-2009-2-page-159.htm.
DOI : 10.3917/ess.023.0159.
5)
www.neuropsychiatrie.fr Neuropsychiatrie:TendancesetDébats1999;4:65-67
KIRK Stuart, KUTCHINS Herb. Aimez-vous le DSM ? Le triomphe de la psychiatrie américaine. Traduit de l’anglais (américain). Titre original : The selling of DSM : the rhetoric of science in psychiatry (New York : Aldine de Gruyter, 1992). Collection « Les empêcheurs de penser en rond ». Paris : Institut Synthélabo pour le progrès et la connaissance, 1998, 400 pages. ISBN : 2-84324-046-8.
Par le Dr Alain Bottéro
triomphe de l’impérialisme psychiatrique américain
Dès son lancement en 1980, le DSM III connut un succès exceptionnel. Succès intellectuel en premier lieu, il généralisait à l’ensemble de la profession psychiatrique (et, de proche en proche, aux médecins, aux psychologues cliniciens, aux infirmiers psychiatriques, aux travailleurs sociaux impliqués dans le champ de la santé mentale, etc.) le débat jusqu’alors confiné à quelques cercles restreints de chercheurs sur la nécessaire mise à jour des classifications psychiatriques, à l’ère encore récente des psychotropes. Succès éditorial, accessoirement : l’envolée inescomptée des tirages de ce véritable best-seller permit à ses promoteurs, soit à l’Association Américaine de Psychiatrie (APA), de réinvestir d’énormes bénéfices dans une vaste entreprise commerciale, dotée d’une puissante maison d’éditions, l’American Psychiatric Press, qui devait tirer tous les avantages possibles des copyrights, multiplier les produits dérivés du DSM III (précis d’utilisation pratique, commentaires, manuels d’exemples cliniques, vidéos d’enseignement, etc.), et finir par envahir le marché. Mais surtout, succès institutionnel et idéologique sans précédent, qui a assis durablement le « triomphe de la psychiatrie américaine » (comme l’évoque à propos le titre de ce livre), ce qu’on pourrait appeler, vu du côté des vaincus, son impérialisme.
hégémonie sur les procédures du diagnostic
En publiant sa classification, solidement argumentée et bâtie selon des principes jusqu’alors inusités pour les psychiatres (critères diagnostiques opérationnels, classification multiaxiale, définitions reconnues pour provisoires et ouvertes aux révisions successives, etc.), l’APA lançait une OPA mondiale sur la nosographie des troubles mentaux, qui en dépit de ses évidentes faiblesses, de ses naïvetés confondantes, de ses compromis psychopathologiques souvent boiteux, devait bien comporter une part d’innovation impatiemment attendue par la profession, à constater la rapidité de son succès national et international. Quelles que furent les résistances, ici et là, des écoles divergentes, des traditions nationales différentes (rappelons-nous les grimaces qui accueillirent le DSM III en France au début des années quatre- vingt), il est un fait que le DSM III et ses révisions successives se sont imposés comme une référence inévitable, en matière de diagnostic psychiatrique. Depuis 1980, on diagnostique, on traite, on classe, on étudie, on publie, on « épidémiologise« , etc., en renvoyant en permanence à ses définitions et à ses critères. Cette hégémonie sur les procédures du diagnostic et, plus profondément, sur le langage commun aux psychiatres, n’a fait que se confirmer durant ces vingt dernières années, et même si, aujourd’hui plus que jamais, les nombreux défauts et les impasses intellectuelles que véhicule le DSM sont régulièrement dénoncés par la plupart des psychiatres, il n’en reste pas moins qu’aucun essai thérapeutique, qu’aucune étude clinique ou épidémiologique sérieuse, ne prend la liberté de faire l’économie de ses critères diagnostiques. La psychiatrie contemporaine, qu’on le veuille ou non, parle DSM III.
Robert Spitzer et ses néo-kraepeliniens
Deux sociologues de la connaissance scientifique américains, Stuart Kirk et Herbert Kutchins, se sont tôt intéressés aux raisons du succès, non seulement scientifique, mais aussi bien intellectuel et social, de ce nouveau paradigme nosographique. Travaillant depuis le milieu des années quatre-vingt sur les sources et les fondements scientifiques, mais aussi institutionnels et politiques du DSM III, ils ont réunis une importante documentation, difficile d’accès, sur les années préparatoires du DSM III. Le fil directeur de leur analyse, c’est principalement l’évolution des positions intellectuelles et tactiques, et les agissements, d’un personnage central, le véritable promoteur du DSM III, le psychiatre new yorkais Robert Spitzer. Un personnage que Kirk et Kutchins n’aiment guère, sans pouvoir toutefois dissimuler une certaine admiration pour l’énergie et les talents de négociateur dont il sut faire preuve, tout au long de la longue bataille qu’il a menée pour faire accepter les principes alors « révolutionnaires » du DSM III en gestation, à une APA plutôt réticente au cours des années soixante-dix, en raison notamment du caractère ouvertement antipsychanalytique du projet, tandis que les psychanalystes restaient encore très influents au sein de l’association. Ce livre est donc avant tout le récit d’une prise de pouvoir, celle de l’APA par Spitzer interposé, et quelques uns de ses complices « néo-kraepeliniens », des obstacles rencontrés sur leur chemin, des stratégies développées pour les contourner et parvenir, coûte que coûte, à leur objectif.
une psychiatrie abusive au service du pouvoir
Pour comprendre le lancement du projet DSM III, les auteurs commencent par nous rappeler le contexte de l’époque. Dans les années 60-70, la psychiatrie est en butte à des critiques radicales, de la part des sociologues, des mouvements anti-psychiatriques, de divers activismes politiques qui tous dénoncent le « pouvoir psychiatrique » et son territoire gardé, etc., et se trouvent relayés par autant de films grand public efficaces (Family Life, Vol au dessus d’un nid de coucou, etc.). Tandis que Thomas Szasz nie persuasivement toute valeur autre que répressive au diagnostic psychiatrique, des sociologues habiles (D. Rosenhan, etc.) parviennent à se faire interner et soigner pour schizophrénie, alors qu’ils n’ont fait que répéter ce qu’ils ont pu lire dans n’importe quel manuel de psychiatrie, ruinant encore un peu plus le crédit déjà fort chancelant du diagnostic psychiatrique. Michel Foucault, Thomas Scheff, etc., instruisent le procès historique et sociologique d’une psychiatrie abusive, imbue d’elle-même, autoritaire, instrument au service du « pouvoir » pour contrôler les individus. La question qui se pose alors aux psychiatres paraît donc centrale. C’est tout simplement de la crédibilité du diagnostic en
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psychiatrie qu’il s’agit. Outre ces critiques venues de l’extérieur, l’instabilité des diagnostics d’une école psychiatrique à l’autre, la part subjective, de plus en plus consciente, que prend le clinicien dans l’établissement de son diagnostic, partant l’arbitraire diagnostique qui en résulte, sèment le doute dans la profession elle-même quant à ses pratiques diagnostiques, alors résumées de façon succincte par un petit manuel sans prétention, à usage de codage statistique, le DSM II (1968). À l’intérieur de la psychiatrie américaine, la génération montante est anti-freudienne. Elle ne tardera pas à attribuer à l’influence psychanalytique l’origine de toutes ces inconséquences diagnostiques.
fiabilité fidélité, médiocre kappa
L’ensemble de cette problématique va être conceptualisée par plusieurs chercheurs de l’époque (S. Guze et ses collègues de St-Louis, Spitzer et les siens à New York, entre autres), en faisant appel à quelques notions nouvelles : la « fiabilité » diagnostique, la « fidélité » inter-juge, relayées par une technique statistique visant à les quantifier, le « kappa« . Kirk et Kutchins démontent par le menu les longs débats, posés en termes de « faible fiabilité » des diagnostics, aux temps du DSM II, comme l’atteste notablement la médiocrité des kappas obtenus lors d’épreuves de cotations expérimentales. C’est cette fiabilité défaillante que le futur DSM III se donne donc pour tâche de résoudre, en proposant notamment des critères diagnostiques réduisant au maximum la marge d’interprétation subjective laissée aux cotateurs (rêve pieux s’il en fût !). Armés de cette nouvelle technologie du kappa, Spitzer et ses fantassins vont se lancer dans la bataille. Ils l’emporteront, montrent Kirk et Kutchins, en déclarant comme officiellement résolue la question de la fiabilité diagnostique, alors qu’elle restera entière. Kirk et Kutchins n’ont aucune peine (et plutôt du plaisir) à nous montrer que les kappas d’après le DSM III n’ont pratiquement pas été améliorés, pour la plupart des catégories diagnostiques redéfinies par le nouveau manuel, testées à grands renforts d' »épreuves de terrain », au demeurant peu scientifiques. Ce qui changera, c’est la façon d’en parler, dans les innombrables articles, conférences, colloques, etc., qui ont préparé le lancement du DSM III, puis celui-ci paru, qui ont enfoncé le clou de son apothéose. Avant le DSM III, des kappas « moyens » (de l’ordre de 0,4 à 0,7) sont systématiquement considérés comme « mauvais ». Après sa parution, les mêmes kappas, calculés à partir des nouvelles définitions proposées, seront élogieusement qualifiés « d’excellents ».
de la réthorique à la propagande
Bref, Kirk et Kutchins se livrent à une analyse impitoyable de ce qu’ils appellent, à juste titre, « la rhétorique« , » l’art de l’annonce« , « le langage de la réussite« , qui ont caractérisé la mise sur pied et le lancement du DSM III. De même interprètent-ils les fameuses études de terrain reportées en annexe, à la fin du DSM III, comme moins que fiables et achevées, et avant tout destinées à renforcer l’autorité scientifique de l’entreprise. C’est ce qu’ils appellent de « la propagande« , un moyen politique comme un autre, utilisé par Spitzer et ses adeptes pour légitimer leur démarche, et obtenir l’aval du conseil d’administration de l’APA, afin de mener à bien leurs visées. Au bout du compte, « la fiabilité n’était ni plus ni moins qu’un argument de vente », en arrivent à conclure nos sociologues. Plusieurs batailles seront ainsi gagnées par Spitzer et ses alliés, que détaillent au passage Kirk et Kutchins, comme par exemple la réintégration des troubles mentaux dans le champ médical, contre la puissante corporation des psychologues, ou l’évacuation du terme de « névrose« , malgré l’opposition forcenée des psychanalystes. La plupart de ces controverses, en dépit du caractère affiché de scientificité absolue de la démarche, se régleront par des compromis, des votes, des rapports de force, bref du savoir-faire politique. Ainsi du diagnostic « d’homosexualité« , qui sera abandonné en route sous la pression efficace des mouvements gays, au nom des droits civiques, et grâce au flair politique et aux talents de négociateur de Spitzer. De même pour l’entrée du « syndrome de stress post-traumatique« , sous l’influence des vétérans du Vietnam et de leurs représentants psychiatres militaires, ou encore, dans le DSM III Révisé (1987), du rejet manqué de « la personnalité masochiste » et « du trouble dysphorique de la phase lutéale » par les associations féministes.
Tous ces exemples sont en effet suffisamment éloquents pour convaincre le lecteur que bien des décisions furent, en dernier ressort, politiques, au lieu d’être scientifiques, comme le proclamait haut et fort la fameuse introduction au DSM III, rédigée par Spitzer. Et c’est ce qui motive l’analyse, principalement politique, de la construction du DSM III à laquelle se livrent les auteurs de ce livre.
sociologie obsédée du contrôle social
Mais est-ce bien saisir les aspects essentiels du problème ? À force de ramener, a posteriori, mais sans les rigueurs de la méthode historique, toutes les argumentations des concepteurs des DSM III, III R et IV à de purs artifices rhétoriques au service d’une stratégie de conquête politique, ne risque-t-on pas de passer à côté de tout ce qui fît la substance, les contraintes et les nécessités du DSM III ? C’est là la principale faiblesse de cette brillante analyse socio-politique. Des véritables questions médicales, scientifiques, thérapeutiques, avant tout éthiques, qui se posaient aux psychiatres et ont sous-tendu la difficile élaboration du DSM III, Kirk et Kutchins ne nous disent pas grand chose. Pour eux, les « psychiatres avaient besoin de faire science« , c’est à peu près toute la justification qu’ils trouvent à leur entreprise. Comme ils ne manquent pas de le répéter, tout au long de leur livre, les « problèmes de fiabilité faisaient typiquement science« , en ce sens qu’ils permettaient d’apparaître « respectable« , « légitimé« , dans ce que nos deux sociologues ne peuvent concevoir que comme « une stratégie concertée de prise de pouvoir« . De quel pouvoir, se demandera-t’on, et par qui ? Du contrôle d’un domaine particulier de problèmes sociaux, nous est-il très pédagogiquement expliqué les problèmes de déviance dite psychiatrique, par un groupe social particulier, le groupe « libéral » des psychiatres (cette ligne d’analyse est d’ailleurs prolongée dans un ouvrage récent des deux mêmes auteurs : Making us crazy. : the psychiatric bible and the creation of mental disorders. New York : The Free Press, 1997). C’est d’une sociologie (obsédée…) du
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contrôle social qu’il est en fait question dans ce livre, d’une sociologie qui ne date pas d’aujourd’hui, mais nous ramène curieusement à ces années soixante d’où nous étions partis. Il est regrettable que la prise en compte des motifs scientifiques historiques, des pressions intellectuelles au changement qui ont effectivement entraîné la longue bataille du DSM III ait été sacrifiée à une analyse qui tient plus de la théorie du complot que de l’histoire sociale des idées et des pratiques médicales. Est finalement passé à la trappe tout ce qui tient à la responsabilité des psychiatres : avant tout la nécessité de soigner leurs patients, et de le faire au mieux, c’est à dire en adaptant, au jour le jour (et certainement en tâtonnant), leurs pratiques diagnostiques à l’évolution des connaissances, aux avancées thérapeutiques en particulier, mais encore l’obligation de vérifier que ces nouvelles thérapeutiques sont réellement utiles.
du bon usage des nouveaux psychotropes
Toute l’entreprise DSM III perd le gros de son sens si l’on ignore délibérément qu’elle visait, avant tout, à répondre à quelques questions élémentaires, qui se sont posées tous les jours aux psychiatres à partir des années 70, celles de l’activité et des indications exactes, comme celles des contre-indications, des nouveaux psychotropes mis à leur disposition, produits tout aussi efficaces que dangereux. Dès l’instant où neuroleptiques, antidépresseurs, anxiolytiques et lithium (auxquels il faudrait rajouter l’ECT, réévaluée à la suite de ces nouveaux traitements) étaient mis dans les mains de tous les prescripteurs, la décision thérapeutique devenait un enjeu pronostique considérable. Alors que les orientations précédentes de la psychiatrie (psychanalytiques, sociothérapiques, phénoménologiques ou autres) pouvaient se satisfaire de diagnostics des plus approximatifs pour leurs projets thérapeutiques, chaque psychiatre se trouvait désormais disposer d’une puissance d’intervention sans précédent, lui imposant de savoir exactement dans quel cas devait-il trancher pour ou contre, par exemple, un traitement neuroleptique au long cours, ou une lithiothérapie, avec toutes les conséquences gravissimes encourues par son patient en cas d’erreur diagnostique. Lourde responsabilité, lorsqu’on y réfléchit un peu dès l’instant où une étude telle que l’U.S.-U.K. Project (Cooper JE & al., 1972) avait mis en évidence que pour un échantillon identique de patients, les diagnostics de schizophrénie, d’états maniaques et de mélancolies délirantes pouvaient varier dans des proportions allant de 2 à 13 fois entre deux pays partageant pourtant la même langue, il était devenu impératif de réhabiliter la précision diagnostique, c’est à dire d’en passer par une approche critériologique, déjà routinière dans les autres spécialités médicales nécessitant des repères stricts d’indications, et d’intégrer d’une façon ou d’une autre des symptômes de validation thérapeutique implicites dans la définition des diagnostics psychiatriques, étant entendu que les solutions ne pouvaient tenir que du compromis provisoire, largement imparfait, mais sujet à révisions continues.
résultats moins convaincants sinon arbitraires
Ce sont de pareilles contraintes qui justifièrent avant tout la démarche du DSM III. Et au fond, le noyau solide du DSM III, quand on y songe, tient précisément aux questions de cet ordre, qu’il a permis, temporairement, de résoudre : la définition (extensive) des troubles thymiques, permettant tirer le meilleur parti des traitements antidépresseurs et du lithium, la restriction en contrepartie des troubles schizophréniques notoirement sur- diagnostiqués à l’époque, l’insistance sur les troubles neuropsychiatriques et d’étiologie médicale ou toxique, justifiant une intervention codifiée, en sont des exemples parmi d’autres. Pour bien d’autres chapitres cliniques du manuel, appliquant les mêmes méthodes de définition que pour ces pathologies donnant lieu à des décisions diagnostiques et thérapeutiques réglées (avec, notons-le au passage, parmi les tous premiers arbres décisionnels qui font leur apparition en psychiatrie, à la fin du DSM III), par exemple pour le domaine des troubles de la personnalité, pour celui des troubles de l’adaptation, ou celui des troubles du développement de l’enfant, les résultats ont d’emblée paru beaucoup moins convaincants, sinon arbitraires, bien souvent affaire de culture psychiatrique nord-américaine, dans tous les cas sans grande portée clinique. À côté de ces exigences propres à la clinique, d’autres contraintes encore rendaient obligatoire l’établissement d’une nosographie précisément définie : l’évaluation de l’efficacité des innombrables psychotropes envahissant le marché, la technologie des essais thérapeutiques contrôlés, la nécessité d’un langage diagnostique commun, pour les recherches étiologiques, pour l’épidémiologie, etc., la liste serait trop longue pour être citée ici.
authentiques débats médicaux et éthiques
Qu’il y ait donc eu beaucoup de rhétorique dans la bataille du DSM III, comme le montre avec force ce livre, cela est aussi certain que, probablement, inévitable. Mais de réduire, comme le font ses auteurs, tout l’enjeu de cette reprise en mains du diagnostic psychiatrique à l’ère des psychotropes à une stratégie rusée de « gestion sociale » au bénéfice du « business psychiatrique« , témoigne d’une vision partisane de l’évolution de la psychiatrie, plutôt myope sur les authentiques débats médicaux et éthiques qui l’ont animée au cours des années soixante-dix. On referme ce livre en se disant que l’histoire du DSM III reste à faire.
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Entrée créée le 6 juillet 2001, reprise le 28 juillet –
mise à jour 4-7 mars 2012
- 1 H. Maldiney, « L’homme dans la psychiatrie », Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, 2001/1, p. 31-46.
- La fonction phorique
- DSM, mon amour – Nouvelle dispute sur la nature de l'âme humaine
- Robert Leopold Spitzer, psychiatre américain
le DSM mourant les perspectives ne manquent pas
Le DSM est probablement en train de perdre la partie. Bonne inattendue si rapidement nouvelle. Cela ne se jouera pas en un jour ni ne s’effectuera sans luttes. Nous risquons d’assister à un combat d’envergure entre psychiatres biologistes et comportementalistes. Si les deuxièmes perdent, les troisièmes, les psychiatres psychanalystes ont perdu déjà et la psychanalyse se verra expulsée de la psychiatrie. Que deviendra une psychiatrie purement organiciste, soignant les maladies mentales comme le cancer ? le comportementalisme se réfugiera-t-il en psychologie, d’où il vient ? quel bizarre avenir pour une psychanalyse aux couleurs de la psychologie.
Comment en conséquence vont se réorganiser les rôles et les fonctions dans le cadre du carré psy ? les deux décennies qui viennent connaîtront des remaniements passionnants, au cours desquels on peut espérer que la psychanalyse trouve, parvenue à la cinquième génération, un second souffle dans une ouverture et une créativité renouvelées, pendant que la psychothérapie relationnelle, hopefully, appelée à jouer un rôle important, continuera de se transmettre dans ses bonnes écoles hors les murs universitaires et développera sa clinique dans la rigueur et sa pensée dans l’originalité.
Il n’est pas interdit de prévoir qu’enfin les deux disciplines de la dynamique de subjectivation engagent le dialogue que les rendez-vous de l’Histoire ont jusqu’ici peu favorisé. Voici venir peut-être le temps de l’intégrativisme et de la multiréférentialité. Alors, courage, et au travail tout le monde !
Philippe Grauer
voir également
– DSM
– Allen Frances mis en ligne le 13 mai 2013.
– DSM I et II (1952-1968)
– DSM-III (1980)
– DSM-III-R (1987)
– DSM-IV et DSM-IV-TR (1994-2000)
– DSM-5 2013
FRONDE CONTRE LA PSYCHIATRIE À OUTRANCE
Enquête. La nouvelle édition du DSM-5, l’ouvrage américain qui fait autorité dans le monde de la maladie mentale, élargit le champ des troubles et des traitements. Ses opposants donnent de la voix.Par Éric Favereau
tous fous
Tous fous, comme le suggère le DSM-5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, et 5 pour cinquième édition)? Dans quelques jours, vous aurez la réponse : la nouvelle bible du diagnostic psychiatrique sera rendue publique à l’occasion du congrès de l’APA (l’Association des psychiatres américains) qui se tient du 15 au 18 mai à San Francisco. Le DSM – 5 est l’ultime version d’un ouvrage qui règne sur la psychiatrie mondiale en décrivant, une par une, les 450 pathologies mentales qui nous menacent.
la colère gronde
Alors que faire ? Se cacher ? Et si nous étions tous un peu moins fous que les auteurs ne l’écrivent ? Car pour la première fois, la colère gronde, des pétitions et des manifestes circulent, y compris outre-Atlantique, pour «dénoncer cette psychiatrisation à outrance de nos modes de vie». Au point qu’aux États-Unis, le très sérieux National Institute of Mental Health prend ses distances.
frontière
«On doit se battre,» dit avec force le psychanalyste Patrick Landman, qui préside en France le collectif Stop DSM-5 . Et énumère les dangers qui nous guettent : «Non au surdiagnostic, non à la pathologisation de la vie quotidienne, non à la surprescription médicamenteuse.» On pourrait en sourire, comme on se moque du dernier jeu vidéo, dégager en touche et pointer le réflexe antiyankee, mais l’enjeu est réel. Et crucial puisqu’il concerne la frontière sans cesse redéfinie entre le normal et le pathologique. «C’est le triomphe du symptôme, la mort du sujet avec son histoire personnelle et singulière», insiste Patrick Landman qui ajoute, avec gravité : «Aujourd’hui, si vous voulez publier dans une grande revue psychiatrique internationale, vous devez passer par la grille DSM. En France, dans les universités de médecine, c’est la seule grille nosographique qui est enseignée. C’est elle qui façonne, c’est elle qui décide.»
querelles d’experts tatillons ?
Pas tout à fait. Un exemple de ces implications quotidiennes : jusqu’ici, le deuil pathologique renvoyait à une souffrance de plus de deux mois. Avec le DSM – 5, ce sera quinze jours. «Je peux vous annoncer, dans les années à venir, de nouvelles épidémies avec ces nouveaux diagnostics», lâche le pédopsychiatre Guy Dana. Autre cas de figure, l’apparition chez les personnes âgées d’un trouble dysfonctionnel de l’humeur («trouble mental mood disfunction»). «Il y a une volonté de prévoir la maladie d’Alzheimer, pourquoi pas ? Le DSM – 5 crée ce symptôme, c’est-à-dire la survenue de petits troubles cognitifs avec l’âge. Ils vont faire des tests, les répertorier, et puis… On traite, mais on traite quoi ?» poursuit le Dr. Dana. Un nouveau diagnostic nécessitant un nouveau traitement, le cercle vicieux est enclenché. Il est temps de traiter l’APA et son DSM fou eux-mêmes, il est temps de traiter la machine à cataloguer et traiter son semblable mais le traiter de quoi ? d’humain.
est-ce grave, docteur ?
Autre exemple, plus léger : vous avez trois ou quatre accès de gourmandise dans le mois. Est-ce grave, docteur ? L’hyperphagie surgit dans le DSM – 5. Ce diagnostic est construit à partir d’un symptôme qui se définirait comme un trouble des conduites alimentaires sans vomissement. Et hop, on vous diagnostique, vous êtes étiqueté, et pourquoi pas, on vous traite. «Aucun doute, dans quelques mois des articles dans les revues psychiatriques pointeront une épidémie d’hyperphagie», ironise Patrick Landman. Le danger est là. Avec le DSM – 5, le pathologique envahit toute la sphère du quotidien : tous les dix ans, l’usage de ce manuel agit comme une pieuvre qui prendrait dans ses tentacules tous les gestes de la vie quotidienne(1)
pourfendeur
Paradoxalement, l’attaque la plus sévère contre cette bible est venue de l’intérieur. Lancée par le professeur américain Allen Frances, le responsable du groupe d’experts qui a abouti à la publication en 1994 du DSM – 4. «Invité à un cocktail de l’American Psychiatric Association, j’y ai retrouvé beaucoup d’amis. Ils étaient très excités par la préparation du DSM – 5, raconte-t-il dans un entretien à la revue Books. L’un parlait d’une nouvelle possibilité de diagnostic, celle du risque de psychose. Il serait désormais envisageable de prévoir qu’un jeune deviendra psychotique. J’ai tenté de lui expliquer le danger d’une telle idée : nous n’avons aucun moyen de prédire qui deviendra psychotique, et il y a fort à parier que huit jeunes sujets ainsi labellisés sur dix ne le deviendront jamais. Le résultat serait une inflation aberrante du diagnostic, et des traitements donnés à tort à des sujets jeunes, avec des effets secondaires graves.» C’est comme ça que lui, l’artisan du DSM – 4, est devenu le pourfendeur du DSM – 5.
conséquences
Quand on l’interroge sur les conséquences du DSM – 5, Allen Frances répond : «Il faut faire très attention quand on pose un diagnostic, surtout sur un sujet jeune. Parce que, même s’il est faux ou abusif, ce jugement risque de rester attaché à la personne toute sa vie.» Et le psychiatre d’ajouter : «Les données épidémiologiques sont structurellement gonflées. C’est l’intérêt des grandes institutions publiques de recherche, aux États-Unis, de se référer à des données surévaluées. Cela leur permet de décrocher davantage de crédits. Les compagnies pharmaceutiques, elles, tirent argument des taux élevés pour dire que beaucoup de malades ne sont pas identifiés et qu’il faut élargir le marché.»
machine infernale
On aurait tort de prendre à la légère ces dérives potentielles. «Tout nouveau diagnostic cible des gens, qui vont ensuite recevoir des psychotropes. C’est une machine infernale», insiste Patrick Landman, qui vient de publier un livre sur le sujet (1). «Si au moins cela marchait», lâche-t-il. Dans les pays de l’OCDE, la consommation d’antidépresseurs a augmenté en moyenne de 60 % entre 2000 et 2009, et pourtant rien n’indique que le taux de dépression ait diminué. En Islande, plus gros consommateur de ces molécules dans le monde, le taux de suicide reste stable depuis dix ans.
ravages chez l’enfant
«Le plus grave, insiste Patrick Landman, c’est le règne de la pensée unique.» «Ce qui m’inquiète, conclut le Dr Tristan Garcia-Fons, pédopsychiatre, ce sont les ravages chez l’enfant. Le DSM -5 fabrique des enfants anormaux. Tout enfant qui s’écarte de la norme devient malade. C’est pour cela qu’il ne faut surtout pas se taire.»
(1) «Tristesse Business, le scandale du DSM – 5», Max Milo, 12 €.-
Libération, 7 mai 2013
DEPUIS VINGT ANS LES MALADIES MENTALES RESTENT PLUTÔT STABLES
Interview. Épidémiologiste et psychiatre, Bruno Falissard n’est pas alarmiste sur le DSM – 5.
Recueilli par Éric Favereau
peut-on parler de nouvelles maladies mentales, voire d’évolutions sensibles ces vingt dernières années ?
Si l’on prend les grandes maladies, il y a peu de changement. La schizophrénie ? C’est stable, peut-être en légère diminution. L’hypothèse de cette baisse renvoie à une meilleure prise en charge des grossesses : protection améliorée contre les virus par des vaccinations, moins de traumatismes du cerveau lors de l’accouchement. L’anorexie mentale augmente, mais moins qu’on ne le dit : si on écoute les médias et les familles, on peut croire qu’il y a explosion. En fait, c’est l’expression publique qui a explosé : les données épidémiologiques font certes état d’une augmentation, mais elle est limitée. L’anorexie n’est pas devenue la maladie du XXIe siècle.
et les troubles bipolaires, dont on parle sans cesse ?
Dans le cas des troubles bipolaires chez l’enfant, on a assisté à un phénomène spectaculaire : avant, en Europe, on n’en voyait pas, maintenant on dit qu’il y en a peut-être un peu. Aux États-Unis, cela a été un raz-de-marée, on ne parlait que de ça. Certains ont mis en avant les différences avec l’Europe, qu’il y avait là-bas beaucoup de prescriptions d’antidépresseurs qui pouvaient provoquer des virages maniaques. L’explication me paraît plus culturelle, voire sociétale : les Américains ont une clinique sémiologique précise quant au recueil des symptômes, alors que la nôtre est plus phénoménologique, plus proche du vécu subjectif des patients. Aux États-Unis, à cause des assurances, les psychiatres doivent renseigner précisément ce qui s’est passé. Nous n’avons pas le même regard. Il faut dire aussi que certains collègues américains ont pensé qu’il y avait là un «coup» à jouer, une découverte historique. Certaines firmes pharmaceutiques ont pu aussi y voir de nouveaux marchés. Mais le soufflé est en train de retomber.
il n’empêche que l’on parle de plus en plus d’enfants super agités
Les États-Unis nous ont renvoyé, là aussi, une situation particulière. Dans les congrès, dans les articles, la notion d’enfant «hyperactif» est devenue incontournable à partir des années 80. Avec cette précision : «En plus il y a un traitement qui marche très bien.» Et les prescriptions sont montées en flèche. En France, on a répondu qu’un symptôme n’est pas une maladie. Que porter le diagnostic d’hyperactivité sur un enfant est réducteur, et qu’on oublie de regarder le contexte et la trajectoire de vie du patient. Mais il faut être honnête, le traitement médicamenteux peut être efficace, et parfois impressionnant. Du coup, la machine s’est peut-être emballée aux États-Unis : dans certains États, 10% des garçons en fin d’école primaire sont sous Ritaline.
et en France ?
C’est dix fois moins.
il y a bien un risque de surdiagnostic ?
Oui, mais à un moment il faut bien trancher : à partir de quand y a-t-il un trouble ? Qu’est-ce qui fait qu’il y a un trouble ? En France, c’est lorsque quelqu’un sonne à la porte d’un médecin et vous dit «je souffre». Et ça, ce n’est pas le DSM qui le décide, c’est le patient. Le problème de l’enfant, c’est qu’il ne vient pas tout seul, ce sont les autres qui le trouvent malade.
pensez-vous que tout le comportement humain serait menacé d’un diagnostic psychiatrique ?
Soyons prudents, ce n’est pas si caricatural. Dans le DSM – 5, il devait y avoir, par exemple, l’addiction à Internet, ils l’ont retiré pour éviter ces considérations complexes sur ce qui est normal et ce qui est pathologique. Et puis, attention au faux débat : les maladies sont avant tout des concepts de médecin, pas toujours pertinentes pour le patient concerné.
dans le DSM – 5, le seuil pathologique du deuil passe de trois mois à quinze jours. A quoi ça rime ?
À rien. Certains disent que toute souffrance ne doit pas être médicalisée : dans la vie, il est normal d’être malheureux, de souffrir, par exemple après un deuil ou une rupture sentimentale. C’est un élément essentiel de la vie humaine. D’autres font remarquer que certains sujets endeuillés souffrent terriblement et que, s’ils souhaitent un traitement pour les soulager, il n’y a pas de raison de le leur refuser. Difficile de trancher. Mais c’est bien d’en débattre (2)
le diagnostic, n’est-ce pas surtout la fin du sujet ?
Je l’entends de la part de mes collègues : une fois l’étiquette posée, on oublie la personne qui est derrière. Selon un collègue économiste, Claude Lepen, «en ce moment, on observe un échec de la moyenne» avec la médecine personnalisée.
qu’est-ce que cela veut dire ?
Nous avons été trop loin dans la médecine fondée sur les preuves. Cette médecine reposant sur des études statistiques concerne un patient moyen. Si la médecine fondée sur des preuves a permis de rationaliser les prises en charge, elle a conditionné les médecins à penser que, derrière leur patient, il y a un cas d’école, un patient moyen. En santé mentale, c’est plus lourd, et encore plus en pédopsychiatrie où l’on accueille généralement toute une famille en consultation. Pour dire les choses simplement, le patient moyen n’existe pas. La moyenne permet de simplifier les problèmes, ce qui peut être utile, mais en face de vous, vous n’avez jamais de patient moyen (3).
vous craignez l’arrivée du DSM – 5 ?
Pourquoi avoir peur ? Pour être publié dans de grandes revues internationales, il faut passer par le DSM – 5, c’est le bon côté, au moins on parle tous de la même chose, même si c’est réducteur.
d’autres stigmatisent la montée en puissance de l’industrie pharmaceutique
Hier, peut-être… Moi, je préférerais qu’elle soit plus présente. Pour autant, que la présence de l’industrie soit trop forte en médecine, c’est une évidence, et que ce soient les firmes qui évaluent les produits qu’elles vendent, c’est un problème. Mais je n’ai jamais vu une firme inventer une maladie, même si elles peuvent se dire : «Tiens, il y a un coup à jouer.»
La question des causes est-elle encore pertinente en psychiatrie ?
Qu’est-ce qui rend fou ? Une cause virologique, génétique, psychique ? Cette notion ne fonctionne pas en psychiatrie. Quand on prend le comportement d’un être humain ou l’expression de ses émotions, comment établir une cause ? De mon point de vue, il y a derrière la notion de cause deux situations. La première relève d’une perspective de santé publique : on ne recherche pas les causes mais l’élément sur lequel agir pour que les gens aillent mieux. Et on dit ensuite que c’est la cause. La seconde se rencontre en clinique. Des parents me disent : «Mon enfant est hyperactif, mais à cause de quoi ? De nous ? De la société ?» Ils ont besoin que je leur raconte une histoire qui donne du sens au comportement de l’enfant. Nous tentons de donner du sens, mais au fond, c’est du storytelling.
Et la psychanalyse ?
Comment le nier ? Elle dit des choses très pertinentes, surtout en pédopsychiatrie. Elle permet de se repérer dans des situations d’entretien difficile. Elle est clouée au pilori en ce moment, c’est une chasse aux sorcières. Bien sûr, elle a été à l’origine d’une grande souffrance chez les parents d’enfants autistes, mais il ne faut pas oublier la force de cette théorie.
Que vous a appris l’épidémiologie finalement ?
Elle permet de mettre à plat les problèmes avec une certaine neutralité, même si ce n’est pas toujours spectaculaire. Elle nous interroge. Par exemple, il y a dix fois plus de filles anorexiques que de garçons, et deux fois plus de femmes déprimées que d’hommes. Pourquoi ? Il y a un peu plus d’hommes schizophrènes que de femmes. Et les patients schizophrènes ne sont pas nés de façon égale durant l’année. Comment l’expliquer ?
Libération, 7 mai 2013
AUX ÉTATS-UNIS LA GRANDE MISÈRE DE LA PSYCHIATRIE
La chute des budgets de santé mentale condamne les malades à la rue ou à la prison.
De notre correspondante à Washington Lorraine Millot
Plus de maladies, plus de malades… mais moins de soins ! Aux États-Unis, c’est la santé mentale elle-même, comme on dit ici, qui mérite un diagnostic de schizophrénie aiguë. Tandis que les psychiatres américains identifient toujours plus de troubles, les budgets de soins ont été sabrés ces dernières années, abandonnant de plus en plus de malades à la rue, aux urgences ou… aux prisons. De 2009 à 2012, les États fédérés, principaux responsables du soin psychiatrique aux États-Unis, ont sabré 4,35 milliards de dollars dans leurs budgets de santé mentale (sur un total de 37 milliards par an), a décompté l’association des directeurs de programmes de santé mentale (NASMHPD). Sur la même période, le nombre de patients requérant des soins augmentait de «près de 10 %» selon le même organisme.
Engagé dans les années 60, le mouvement de fermeture des hôpitaux psychiatriques s’est poursuivi. En 1955, les États-Unis comptaient un lit en psychiatrie pour 300 habitants. En 2010, le ratio était de 1 pour 7 100 Américains, et 4 000 lits ont encore été supprimés entre 2010 et 2012. A l’origine, l’idée était de soigner les malades plus près de chez eux, en milieu ouvert. En pratique, cela signifie souvent les abrutir de médicaments ou les abandonner à leur sort. Les shérifs se plaignent de perdre des journées entières à récupérer les malades et ne pas savoir qu’en faire, si ce n’est les déposer en prison.
Moins d’un tiers des adultes souffrant de trouble mental sont soignés, estime le National Alliance on Mental Illness (Nami), un des lobbys du secteur. «Nous dépensons l’argent à mauvais escient : dans les prisons, aux urgences des hôpitaux ou dans les refuges pour SDF quand les malades sont sérieusement atteints», s’indignaient les directeurs de programmes de santé mentale dans un rapport publié l’an dernier. «Depuis les dernières tueries de masse [souvent commises par des malades mal ou non soignés, ndlr], on commence tout de même à voir un possible retournement, observe Ted Lutterman, chargé de recherches pour la NASMHPD. Plusieurs États ont annoncé qu’ils allaient restaurer certains financements. Peut-être sommes-nous enfin à un tournant.»
7 mai 2013
LA JOURNÉE CLASSIQUE DU DR. S., PSY À ANNECY
Reportage. Douze patients, beaucoup de troubles liés au travail : «Libération» a assisté aux consultations d’un psychiatre.
Envoyé spécial à Annecy Éric Favereau
«Regardez, le DSM, je l’ai et je m’en sers pour tenir mon téléphone, s’amuse Marc S. Autrement ? Non, c’est rare que je le regarde…» Voilà un psychiatre comme on les aime, simple, pas prétentieux. Il fait son boulot du mieux qu’il peut. Et en vit correctement. Un temps médecin hospitalier dans une unité psychiatrique d’Annecy (Haute-Savoie), il s’est installé dans un petit trois-pièces, à quelques encablures du lac. Son cabinet est sobre ; devant son bureau, deux fauteuils, et sur le côté, l’ordinateur. La salle d’attente est chaleureuse. «C’était un vieux rêve que j’avais, je suis en secteur 2, je prends autour de 70 euros, dit-il, mais cela dépend évidemment du patient, parfois c’est moins.»
Nous l’avions rencontré par un ami commun, et lors de la discussion, il avait lâché : «Je suis sidéré de ce qui se passe avec les troubles de l’humeur. Les labos font pression, ils psychiatrisent un peu tout, ils nous poussent à poser ce diagnostic pour qu’ensuite nous prescrivions des antipsychotiques. C’est lourd, ces traitements, et cela ne me paraît pas en rapport avec ce dont souffrent certains de mes patients.» Quelques mois plus tard, nous lui avons proposé de suivre une de ses journées de consultation, en l’interrogeant sur les patients (1) qu’il allait recevoir, et sur la sortie prochaine du DSM – 5.
Est-ce que cette nouvelle version pourrait lui être utile ? Marc S. n’a rien contre les médicaments. Pour autant, il ne se sent pas loin du monde de la psychanalyse : sur son bureau, un tome des séminaires de Lacan est lourdement annoté. Ce jour-là, il reçoit 12 patients. «Une journée classique. J’ai plutôt plus de femmes que d’hommes, des névroses surtout, mais aussi quelques patients plus lourdement atteints.» Et quid du symptôme ? «Plus jeune, j’avais besoin de mettre un diagnostic. Maintenant, beaucoup moins, je suis plus tolérant, plus ouvert. Je sais la limite de mettre les gens dans des cases, dans nos cases, précise-t-il. On s’enferme à ne voir qu’un symptôme, et non un sujet.»
petites brimades
La journée débute par une patiente d’une trentaine d’années. En arrêt maladie depuis neuf mois. «Souffrance au travail, dit-il. Non-reconnaissance, petites brimades aussi. Quand je la vois, je ne décèle pas de syndrome dépressif, mais si elle se remet trop vite au travail, elle peut décompenser vraiment. On est sur une problématique d’une personne très consciencieuse qui craque.» Elle prend un traitement antidépresseur. «La mettre dans une case diagnostic ? Je ne vois pas laquelle. Mon rôle est de la soutenir, et l’aider dans un projet progressif de reprise de travail.» En parcourant son agenda, le médecin observe : «Je n’avais pas noté, mais en fait, j’ai pas mal de troubles liés au travail.» Arrive une autre patiente qu’il suit depuis trois ans. Une femme, avec un passé psy, des passages à l’acte suicidaire. «Je n’ai pas posé de diagnostic, elle a des troubles du caractère, elle peut s’emballer facilement.» Il la voit tous les mois. «On pourrait lui mettre quatre ou cinq diagnostics. D’autres médecins lui auraient peut-être prescrit un antipsychotique… moi, non. Avec des antidépresseurs, ça ne marche pas trop mal.»
De nouveau, une femme. Elle a 50 ans, est venue consulter «dans un contexte de recrudescence de crises d’angoisses». «Elle prend des antidépresseurs. Elle vient, on parle, c’est un peu une psychothérapie, toutes les semaines. Il y a une vraie souffrance, elle n’a pas digéré une séparation.» En début d’après midi, un jeune homme d’origine sud-américaine est là, un peu poussé par ses parents qui s’inquiètent de son impulsivité au travail. «Il vient, il est demandeur, mais je ne sais pas trop de quoi, note le médecin. C’est un enfant adopté. Il n’a pas de traitement, il ne participe pas beaucoup à l’entretien. Même si ce n’est pas très passionnant, on ne sait jamais, cela peut s’ouvrir.» Un diagnostic ? «Cela pourrait peut-être être utile, mais là, je ne sais pas lequel.»
Pour la patiente suivante, une femme de 46 ans qu’il suit depuis dix ans, il n’a guère de doutes. «Un trouble bipolaire, son traitement marche bien. Elle a besoin de venir tous les mois, cela la rassure, on a de bons rapports. Voilà, je l’accompagne, elle n’a jamais fait d’épisodes majeurs depuis.» Au tour d’une autre, malmenée, surpressurée dans son travail : «Elle fait une forme de burn-out. Que pourrait-on dire comme diagnostic ? Dépression réactive. Pourquoi pas ?»
«dévoré de l’intérieur»
Le défilé se poursuit : des consultations qui durent entre trente et quarante-cinq minutes. «Les visiteurs médicaux ? J’en reçois un par semaine… Cela m’est utile parfois, pour certains médicaments», reconnaît le docteur. Arrive un patient qui le trouble, une vieille histoire de rupture qui n’en finit pas. «Cela le dévore de l’intérieur, je ne sais pas, il faut être attentif, cela peut déraper.» Puis une femme de 63 ans qui travaille dans une droguerie. «On lui a fait un reproche, et elle a craqué. Il y a d’autres choses, c’est comme en réaction à une situation où elle se sentait comme une machine. Peut-être tenait-elle trop à son travail.» Des morceaux de vie surgissent et s’enchaînent jusqu’à la dernière consultation : un trouble alimentaire qui perdure. Marc S. n’a rien d’un magicien. «J’accompagne», répète-t-il.
(1) Des éléments concernant les patients ont été modifiés, pour qu’ils ne puissent être reconnus.
ÉDITO
de Nicolas Demorand – Dossier Libé du 7 mai 2013
La nouvelle édition de la bible de la folie paraît aux États-Unis et deviendra, comme les précédentes, le document de référence mondial de la psychiatrie. Elle dresse la nomenclature de tous les désordres mentaux : les anciens, les sérieux, les improbables, les carrément loufoques, qui en disent sans doute plus sur les médecins qui les inventent que sur les malades censés en souffrir. Une société se contemple au miroir de ses folies et cette somme peut se lire comme une plongée déroutante dans la psyché américaine, ce pays où l’extension du domaine du pathologique semble ne jamais devoir connaître de limite – même s’il commence à susciter des débats. A juste titre : comment, entre la première édition de ce livre en 1952 et la dernière, a-t-on pu passer de 60 à 450 troubles mentaux, doctement répertoriés ? Les progrès de la nosologie psychiatrique expliquent évidemment une partie du phénomène. L’émergence et la «prise en charge» de nouvelles souffrances, comme toutes celles liées au travail, interviennent également. Mais la pathologisation excessive de la vie quotidienne, y compris dans ses désordres les plus mineurs, est un symptôme inquiétant. Diagnostiquer des troubles incertains, les soigner avec des médicaments bien réels, contribue tout simplement à créer des malades. Et à inscrire dans leur biographie, parfois dès le plus jeune âge, la fêlure fondatrice, indélébile, de l’anormalité.
Entre-temps, les groupes pharmaceutiques auront breveté des molécules addictives et lucratives. Il s’en consomme toujours plus.
Huffington Post édition française – Publication : 22/12/2012 06h22
LE PSYCHIATRE, LE JUGE ET LE SCIENTISME
par Guy Baillon, psychiatre, co-fondateur du Collectif des 39
PSYCHIATRIE
MAIS D’ABORD UN INSERT DE LA RÉDACTION DU CIFPR :LES TROIS BATAILLES
par Philippe Grauer
La psychiatrie américaine donc mondiale ou globale comme on voudra bouge. Son premier mouvement consista à se libérer de l’hégémonisme psychanalytique. On jeta le bébé de l’aîné avec l’eau du bain et advint, vint au monde, le DSM 4. Son troisième frère le DSM 5, serait paraît-il mort-né, mettant la vie de sa mère en danger.
La psychiatrie française, divisée entre nouvelle génération organiciste et vieille garde psychanalytique, se trouve prise dans le conflit dont la bataille du DSM constitue l’emblème. Les organicistes se battent entre eux : pur organicisme, celui de Thomas R. Insel, qui oppose à présent au DSM son Research Domain Criteria (RDoC) vs. un comportementalisme modéré, celui d’Allan Frances qui maintenant critique le DSM 5 après avoir mis au monde le 4 ? Cela ne laisse aucune place, aucune, au psychodynamisme d’inspiration psychanalytique que représentent Guy Baillon et Patrick Landman, qui se situent dans le Collectif des 39 et STOP DSM.
Alors, la psychiatrie française va-t-elle renouer avec sa tradition organo dynamique datant d’Henri Ey ? en a-t-elle les moyens ? de quelle influence réelle faut-il créditer les 39 et la référence du CFTMEA ? ce contre-poids devenu le poids du passé fera-t-il le poids ?
On se souviendra que la psychiatrie d’inspiration psychanalytique engagée de fait dans le Groupe de contact n’a pas levé le petit doigt pour nous soutenir au moment de la bataille des charlatans. À présent la voici plus humaniste que nous, sans avoir produit la moindre analyse du passé récent dont elle avait parfaitement fait son affaire avant que la droite ne sonne l’heure de la charge contre elle. Pas d’illusion, elle continue d’ailleurs de nous ignorer.
C’est dans ces conditions troubles – il y a des mots comme ça qui reviennent à la surface on se demande comment ils trouvent leur chemin, allez disons confuses, conditions d’autant plus confuses donc que l’École de la Cause par exemple, se bataille de son côté pour rien à coup de procès (ils adorent) contre des comportementalistes visiblement aussi remontés en dogmatisme qu’eux-mêmes, ignorant que la bataille de l’autisme de son côté est perdue pour et par la psychanalyse, en partie qu’on le veuille ou non à cause de la responsabilité de psychiatres-psychanalystes dogmatiques dans le domaine. Là encore aucune amorce d’autocritique (à l’exception notable du Serge Tisseron de « Autisme : la psychanalyse (enfin) contrainte à évoluer »).
On voit que plusieurs conflits s’entremêlent, et que la psychanalyse se trouve en position de faiblesse. Nous soutiendrons les résistances, autant à l’organicisme pur de la maladie mentale comparable au cancer, qu’au comportementalisme absurde d’une psychothérapie à protocoles résultant d’une classification que certains de ses propres promoteurs et administrateurs les plus en vue à présent renient (il était temps). Nous n’oublions pas que les psychanalystes-psychiatres en tant qu’institution (à l’exception notable de ceux de la Cause freudienne du temps de la Coordination psy) eux nous ont toujours oubliés et continuent dans cette voie bien franco-française. Jusqu’à preuve du contraire.
PS : et l’Appel des appels dans tout ça ? ils ne parviennent pas à s’entendre avec les 39. Narcissisme des petites différences institutionnelles ?
commençons par nous libérer de l’hégémonie du DSM
Pour faire face au scientisme qui se veut être la référence de la justice commençons par nous libérer de l’hégémonie du DSM, la classification moderne des troubles psychiques. Cette classification (dont le seul titre est un programme : Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux) nous vient des USA où elle est depuis longtemps vivement critiquée.
Il est utile que chacun sache que le monde de la santé mentale et de la psychiatrie dépend à peu près totalement de cette classification. C’est elle qui est enseignée par nos universitaires, c’est sur elle que notre administration s’appuie pour décider du volume et de la répartition de ses dépenses, et fait nouveau d’une exceptionnelle gravité, nous voyons ces jours derniers à Marseille un juge en pénal condamner une psychiatre parce qu’un de ses patients a commis un homicide sur un autre. Le juge se référait à un diagnostic, à un médicament et à un expert, comme étant des certitudes. Des faits identiques se sont déjà produits sans une telle condamnation. Le DSM serait non contestable aux yeux de la justice aujourd’hui.
C’est dire l’autorité que prend ce DSM, il a pris l’allure de donnée scientifique indiscutable, écartant toute référence aux données psychothérapiques, écartant toute référence aux valeurs humaines avant toute chose, la personne devenant simple objet. Est-ce justifié ?
données objectives & données qualitatives : subjectives + le milieu
Certes tous les soignants s’accordent pour affirmer la nécessité d’un langage commun aux soignants et aux décideurs des soins, les psychiatres, pour que, dans leurs recherches, leurs évaluations d’un trouble, leurs choix des traitements, ils aient le sentiment de parler des mêmes faits. Il en est ainsi pour toute la médecine, mais s’ajoute ici une différence majeure, en médecine les données du diagnostic concernent le corps, son fonctionnement, ses examens complémentaires, et sont dites objectives, en psychiatrie les données du corps doivent être associées à celles des deux autres champs impliqués, les données subjectives du patient comme de celui qui le reçoit, ainsi que les données signant l’influence constante du milieu où vit la personne qui souffre ; ces deux dernières données restent qualitatives.
le diagnostic, moment intime entre le médecin et la personne qui souffre, à un niveau d’échange public sans limite
Le DSM s’est limité à tout ce qui pouvait faire l’objet d’une description objective, hors du qualitatif. De plus il a voulu le faire utiliser par toute une suite d’acteurs sociaux très divers : les divers chercheurs, les laboratoires pharmaceutiques, les assurances, les universitaires, les généralistes, alors qu’il est évident que leurs objectifs sont bien différents, au total c’était placer le diagnostic, moment intime entre le médecin et la personne qui souffre, à un niveau d’échange public sans limite.
ces moments de notre vie
Depuis plus de deux ans plusieurs des sommités scientifiques qui ont dirigé le groupe auteur de cette classification sillonnent le monde en s’accusant de s’être trompés. En premier Allen Frances, le Directeur du DSM IV (1), dans une interview de ce mois en France affirmant que le DSM entraine une multiplication sans limite des diagnostics, avec ses conséquences financières et confusionnelles : « En gros on a diagnostiqué des personnes qui n’étaient pas malades, dont certaines avaient des médicaments à vie ! ». Cette inflation est croissante pour plusieurs raisons. Les diagnostics portent non seulement sur les grands syndromes largement reconnus, mais aussi sur une multitude de troubles mineurs et modestes comme l’hyperactivité des jeunes enfants, les troubles bipolaires mineurs, les simples deuils… Elle va s’aggraver avec le DSM V (2) en mai prochain puisqu’y sont prévus « les crises de colère, la gourmandise, les troubles de mémoire de la vieillesse… », ces moments de notre vie.
sur une part de plus en plus grande de notre vie quotidienne
Cela veut dire que les assurances, les laboratoires pharmaceutiques, nos universitaires (précisons qu’ils ne sont que 80, – dont il faut retirer les 20 pédopsychiatres qui, grâce au Pr. Misès, ont créé une classification simple adaptée aux enfants et ado (3) – sont les seuls à soutenir le DSM), nos généralistes non formés, vont donner un tableau de la santé mentale soit disant « débordée, » en réalité ce sera simplement parce que cette nouvelle classification au lieu de rester cantonnée aux vrais troubles psychiques, va chercher, comme le souligne Allan Frances, à étendre son influence sur une part de plus en plus grande de notre vie quotidienne. Cette évolution sera soutenue par les recherches des laboratoires pharmaceutiques produisant des drogues capables de « moduler » de plus en plus nos sensations, ainsi comme avec l’alcool et les toxiques nous aurons accès à une vie factice dont nous ne pourrons plus nous détacher.
D’autres conséquences fort préoccupantes pèsent sur notre avenir psychique, nous n’en retenons ici que trois majeures : la formation, la justice, l’expertise.
–
formation
Les étudiants, soumis aux pressions de leurs universitaires, choisissent pour obtenir leur titre le créneau le plus aisé : ils récitent ce manuel comme une bible, au lieu d’avoir la patience d’abord d’accueillir les personnes qui souffrent, puis d’écouter avec modestie, générosité, les diverses souffrances qu’expriment directement les malades qu’ils reçoivent ; la perte du sens clinique de ces étudiants est dénoncée par les américains, comme les français (4); la majorité des 60 professeurs français (sauf les 20 de pédopsychiatrie) lui associent les méthodes éducatives et la distribution des médicaments, tout en évitant la psychothérapie (elle reste enseignée aux USA, contrairement à ce que nous colportons) (il faut lire leurs articles !) (5)
–
justice
Les juges sont aujourd’hui impressionnés par l’aura « scientifique » du DSM, comme le confirme la condamnation de la psychiatre de Marseille. Cette condamnation constitue un renversement extrêmement grave du lien entre psychiatrie et justice, et ne permettra plus en réalité l’exercice de la psychiatrie, aucun soin psychique ne peut voir son effet ‘prédit’ par quelque traitement que ce soit, car c’est en dernier recours toujours la liberté de chacun, qu’il soit malade ou pas, comme homme, qui s’exprime, et non une « pseudo-science », là encore les travaux des américains montrant les limites et les erreurs des recherches en psychiatrie sont nombreux(6), bizarrement non transmis par les universitaires français.
–
expertise
Les experts enfin, très vulnérables (sauf un petit nombre très compétent en matière pénale), se trouvent élevés au pinacle, comme s’ils représentaient la science (dont on a vu qu’elle ne peut être ici que modeste et prudente) ; ils sont appelés à juger à la place des juges ; de plus ils revendiquent une place de conseils politiques nationaux pour guider le choix des élus en s’appuyant de façon abusive sur des données statistiques, comme le prétend le DSM.
La France n’a-t-elle pas assez d’expérience et de compétence pour décider elle-même de ses références tout en tirant les leçons éclairées de nos amis d’USA ?
N’est-il pas urgent que la France prenne de la distance avec les abus des DSM et reprenne la classification générale qu’elle avait en 1980 ? Elle l’a déjà fait pour l’enfant et l’adolescent (CFTMEA).
un rôle de coordonnateur à la psychothérapie, c’est à dire à l’humain
Qu’elle donne une place modeste et humaine aux experts, qu’elle reprenne une formation qui soit d’abord humaniste, intégrant à leur place les divers progrès réalisés par la vraie science en redonnant un rôle de coordonnateur à la psychothérapie, c’est à dire à l’humain.
Les équipes de secteur en France ont accumulé pendant 50 ans une grande expérience qu’il suffit de consolider en renforçant leurs moyens, en s’appuyant sur les familles et sur l’environnement humain des patients.
Sarkozy le 2 décembre 2008
Mais pour conclure constatons que ce climat est le pur produit de la stigmatisation des malades et de la psychiatrie créée par le discours de Nicolas Sarkozy à la télévision le 2 décembre 2008 : le Président de la République, après avoir gommé les progrès de la psychiatrie des 50 années passées, s’appuyant sur des données pseudo scientifiques, a désigné certains malades comme de futurs criminels qu’il fallait enfermer. Il a mis sa violence à exécution avec la loi du 5-7-2011 qui traite tous les malades psychiques comme des délinquants qu’il faut enfermer et obliger à se traiter chimiquement, ce qui élimine tout traitement psychothérapeutique.
N’est-il pas légitime aujourd’hui de demander au nouveau Président d’affirmer solennellement à la nation que ces malades psychiques ne sont pas plus dangereux que les autres citoyens, que la folie fait partie de tout homme, et que ces personnes plus vulnérables méritent d’être respectées et accueillies par l’ensemble de la société ?
_______________________
(1) « Alerte au surdiagnostic », Allen Frances, Sud ouest, 2-12-12 p14 ; et sur Google sa « leçon » au NIMH le 20 mai 2012.-
(2) Le DSM V, nouvelle bible du diagnostic en psychiatrie, ne fait pas l’unanimité, Medscape France, 13-12-2012.-
(3) Maurice Corcos, L’homme selon le DSM. Le nouvel ordre psychiatrique, Albin Michel, 2011.-
(4) Sabshin Melvin 1997, « Reflects on two decades at the helm of the APA. Interview by JA Talbott and HH Goldman. » Psychiatr serv 48 : pp. 1164-1167.-
(5) Hyman SE 2010, « The diagnosis of mental disorders : the problem of reification ». Annu Ev Clin Psychology, 6 : pp. 155-179.-
(6) François Gonon, « La psychiatrie biologique : une bulle spéculative », Revue Esprit, nov 2011, pp. 54-73.-
Allen Frances, Professor Emeritus, Duke University
HIPPOCRATIC HUMILITY
Cf. hippocratic humility sur Huffington Post.
Posted: 05/08/2013 2:38 pm
Rappel en français d’un§ du texte précédent
toujours dans Huffington Post, version française.
Depuis plus de deux ans plusieurs des sommités scientifiques qui ont dirigé le groupe auteur de cette classification sillonnent le monde en s’accusant de s’être trompés. En premier Allen Frances, le Directeur du DSM IV (1), dans une interview de ce mois en France affirmant que le DSM entraine une multiplication sans limite des diagnostics, avec ses conséquences financières et confusionnelles « En gros on a diagnostiqué des personnes qui n’étaient pas malades, dont certaines avaient des médicaments à vie ! ». Cette inflation est croissante pour plusieurs raisons. Les diagnostics portent non seulement sur les grands syndromes largement reconnus, mais aussi sur une multitude de troubles mineurs et modestes comme l’hyperactivité des jeunes enfants, les troubles bipolaires mineurs, les simples deuils… Elle va s’aggraver avec le DSM V (2) en mai prochain puisqu’y sont prévus « les crises de colère, la gourmandise, les troubles de mémoire de la vieillesse… », ces moments de notre vie.
The greatest doctor who ever lived was a very humble guy. Hippocrates is the father of medicine because he introduced the naturalistic conception of disease — you got sick because your organs weren’t working properly — no spirits, no curses, no angry gods.
But he also set a precious example of physicianly humility too often since forgotten. On a nearby Greek island, the doctors treated their patients aggressively — in ways that often did more harm than good. This led Hippocrates to formulate the most robust and enduring finding in all of medical history — the « rule of thirds » states that one-third of patients get better on their own; one-third don’t respond to treatment; and just one-third really benefit from it. This has been part of medical student lore for almost 2,500 years and holds up remarkably well across time, specialties, and diseases.
It follows that the goal of medicine is to diagnose and treat only when there is a favorable risk/benefit ratio — to let people heal themselves when they can; to console those for whom there is no effective treatment; and to reserve risky treatments for those who need and can benefit from them.
It is, of course, difficult to predict course — and treatment response is often trial and error. But the obvious conclusion of Hippocrates’ teaching is to be humble about the doctor’s ability to treat and prevent illness. First and foremost — Do No Harm.
Dr. Diane O’Leary, an author and philosopher, believes physicianly humility is now in short supply. She writes:
Hippocrates’ sense of humility is valuable for all physicians — as a matter of principle and ethics, but also of simple number crunching.
There are roughly 30 million people in this country with rare diseases. That’s roughly 1 in 10 Americans asking their doctors for help with ailments likely to lead to diagnostic uncertainty. This is twice the number of people with cancer.
Since there are nearly 7,000 rare diseases on current listings, it’s not humanly or statistically possible for doctors to be familiar with most of them. Without humility — without awareness that diagnostic knowledge is always limited — doctors can’t begin to care for the 1 in 10 people with rare disease.
Given these numbers it should not be easy for doctors to assume that symptoms they are unable to explain have psychiatric causes — but it is, in fact, easy. It is standard practice.
Because common diseases do also present in unusual ways, easy psychiatric explanations can be threatening not just for those with rare diseases, but for everyone. When doctors treat their inability to understand symptoms as evidence of patients’ psychiatric problems, lack of humility stands in the way of sound diagnostic reasoning.
Dr. O’Leary’s specific call for physician humility in the face of ‘unexplained’ medical problems’ touches on the broader need for humility in all aspects of medical and psychiatric treatment.
– The poorly conceived DSM-5 Somatic Symptom Disorder substitutes a false psychiatric certainty that misleadingly covers medical uncertainty about the appropriate diagnosis. It is better to admit what we don’t know than cover it with meaningless labels.
– Psychiatry needs to contain its recent enthusiasm for diagnosing as mental disorders all problems of life.
– Researchers need to trim their exaggerated claims that we will soon solve the elusive mystery of how brain makes mind and behavior. The process of translating the exciting results of basic neuroscience into accurate diagnostic tests or improved treatments will be a very slow and lead up many blind alleys.
– Doctors need to stop making snap diagnoses and starting premature treatments after first meetings with people they have just met and barely know. Watchful waiting beats intrusive diagnostic and treatment exuberance whenever the patient’s problems are mild and bearable.
– Primary care doctors need to accept their limitations in delivering psychiatric treatment — it makes no sense for them to be prescribing 80 percent of psychiatric medicine. Not every patient has to leave the office with a pill.
– And patients need to accept physician uncertainty and humility. Don’t push doctors for quick answers that will be wrong and harmful. Don’t you expect or ask for a pill for every problem. Trust to time, resilience, and support from family and friends to solve the expectable and transient problems of life.
Psychiatric diagnosis and treatment are often life changing events — usually for the better, sometimes for worse, sometimes a tie score. Sorting out who is who in the rule of thirds requires patience and humility — both currently in short supply.
May 12, 2013
HuffPost Science
NIMH vs. DSM-5: NO ONE WINS, PATIENTS LOSE
par Allen Frances, Professor Emeritus, Duke University
Posted: 05/10/2013 11:46 am
Allen Frances sait de quoi il parle, il a dirigé l’entreprise DSM 4. Il critique le DSM V et s’en prend également, en réponse à l’article de Belluck et Carey, DSM 5 – Le guide de la psychiatrie perd le contact avec la science, dans le NYT, au docteur Thomas R. Insel, qui oppose à présent au DSM son Research Domain Criteria (RDoC), en relation avec la génétique et les neurosciences. Quand la bagarre aura trouvé une issue, la psychiatrie neurologisée réorientée biologie et organicisme, recentrée sur les cas lourds, qui s’occupera des cas ordinaires, disons « moyens-lourds » (où est la balance à peser les âmes ? je crois en avoir vu des modèles dans l’histoire de la peinture. Et puis un cœur lourd tout le monde sait ce que c’est) ?Nous serons toujours là, avec moins de l’aide psychiatrique nécessaire en appui.
PHG
Le NIMH – Institut national de la santé mentale, enfonce son clou dans le cercueuil du DSM
The flat out rejection of DSM-5 by National Institute of Mental Health is a sad moment for mental health and an unsafe one for our patients. The APA and NIMH are both letting us down, failing to be safe custodians for the mental health needs of our country.
DSM-5 certainly deserves rejecting. It offers a reckless hodgepodge of new diagnoses that will misidentify normals and subject them to unnecessary treatment and stigma.
The NIMH director may have hammered the nail in the DSM-5 coffin when he so harshly criticized its lack of validity.
DSM V mort-né entraînant la mort de sa mère la psychiatrie ?
But the NIMH statement went very far overboard with its implied promise that it would soon find a better way of sorting, understanding, and treating mental disorders. The media and internet are now alive with celebrations of this NiMH ‘kill shot’. There are chortlings that DSM-5 is dead on arrival and will perhaps take psychiatry down along with it.
This is misleading and dangerous stuff that is bad for the patients both institutions are meant to serve.
le NIMH tout comme (feu) le DSM dans l’incapacité de tenir ses promesses
NIMH has gone wrong now in the very same way that DSM-5 has gone wrong in the past — making impossible to keep promises. The new NIMH research agenda is necessary and highly desirable — it makes sense to target simpler symptoms rather than complex DSM syndromes, especially since so far we have come up empty. And the new plan will further, and be furthered, by the big, new Obama investment in brain research. But the likely payoff is being wildly oversold. There is no easy solution to what is in fact an almost impossibly complex research problem. (souligné par nous NDLR).
Newton : je peux calculer les mouvements du ciel mais pas la folie des hommes
Isaac Newton said it best almost 250 years ago; ‘I can calculate the motions of the heavens, but not the madness of men. » Figuring out how the universe works is simple stuff compared to figuring out what causes schizophrenia. The ineffable complexity of brain functioning has defeated past DSM hopes and will frustrate even the best NIMH efforts.
Progress in understanding mental disorders will necessarily be slow, retail, and painstaking — with no grand slam home runs, just occasional singles, no walks, and lots of strikeouts. No sweeping explanations — no Newtons, or Darwins, or Einsteins.
Experience teaches that there is very little low hanging fruit when you try to translate the results of exciting basic science into meaningful clinical advances. This is true in all of medicine, not just psychiatry. We have been fighting the war on cancer for 40 years and are still losing most of the battles.
Obama : il est à l’heure actuelle plus facile à un malade mental d’acquérir une arme que d’obtenir un rendez-vous pour patient au bout du rouleau
If it has been so hard to figure out how simple breast tissue goes awry to become cancerous, imagine how many orders of magnitude more difficult will it be to eventually understand the hundreds or thousands of ways neurons can misconnect to cause what we now call schizophrenia.
We have learned many remarkable things about how our bodies work. But it is much easier to understand normal functioning than to figure out all the ways it can become abnormal. The NIMH effort may (or may not) be the wave of the future, but most certainly, it can have no impact whatever on the present.
Meanwhile, APA and NIMH are both ignoring the very real crisis of mental health misallocation in this country. While devoting far too many resources to over-treating ‘the worried well,’ we have badly shortchanged the severely ill who desperately need and very much benefit from our help. Only one-third of severely depressed patients get any care and we have one million psychiatric patients languishing in prisons because they had insufficient access to care and housing in the community. As President Obama put it, it is now easier for the mentally ill to buy a gun than to get an outpatient appointment — tragic on both counts.
nous dépensons des fortunes pour les difficultés psychiques mineures au détriment du budget pour les vrais problèmes psychiatriques
APA and NIMH are both on the sidelines, doing nothing to help restore humane and effective care for those who most need it. DSM-5 introduces frivolous new diagnosis that will distract attention and resources from the real psychiatric problems currently being neglected. NIMH has turned itself almost exclusively into a high power brain research institute that feels almost no responsibility for how patients are treated or mistreated in the here and now.
We are spending fortunes on unnecessary drugs for the worried well while slashing budgets for the care of the really sick. A meta-analytic comparison of treatment effectiveness across medical specialties showed that psychiatry was well above average. But we have to provide the treatment to those who really need and can benefit from it.
le diagnostic est fiable entre les mains de cliniciens compétents et bien entraînés, pas du généraliste
With all its well-recognized limitations, well done psychiatric diagnosis remains essential to effective psychiatric care. Diagnosis is reliable enough when it is targeted to real psychiatric disorders, is done by well-trained clinicians, and is not provided prematurely to provide a code for insurance reimbursement.
The single biggest cause of diagnostic inflation and unnecessary treatment is that 80 percent of prescriptions for psychiatric drugs are written by primary care doctors who have insufficient training and too little time in their seven minute visits to be accurate — and when both doctor and patient are unduly influenced by saturation drug marketing.
le combat entre NIMH et DSM V ? l’ignorer, et choisir soigneusement son praticien
(4)
So what is a patient or potential patient or parent to make of the confusing struggle between NIMH and DSM-5 debacle?
My advice is to ignore it. Don’t lose faith in psychiatry, but don’t accept psychiatric diagnosis or treatment on faith — particularly if it is given after a brief visit with someone who barely knows you. Be informed. Ask lots of questions. Expect reasonable answers. If you don’t get them, seek second, third, even fourth opinions until you do.
A psychiatric diagnosis is a milestone in a person’s life. Done well, an accurate diagnosis is the beginning of increased self understanding and a launch to effective treatment and a better future. Done poorly it can be a lingering disaster. Getting it right deserves the kind of care and patience exercised in choosing a spouse or a house.
Remember that psychiatry is neither all good or all bad. Like most of medicine, it all depends on how well it is done.
On attend la suite.
présentation du complément de dossier en date du 13 mai 2013
La voici, la suite. Avec la prise de position de la Division de psychologie clinique britannique (Division of Clinical Psychology Position Statement) qui fournit une précieuse information sur les réactions de la sensibilité anglaise à la problématique DSM, et avec un dossier paru dans Le Monde.
Nous installons l’information brute dans l’attente de ses prompts analyse et commentaire. En quelques mots on est passé plus rapidement que prévu de la controverse à la critique puis à la protestation. Ne pas oublier que le DSM constitue également une pièce du dispositif de prise en charge et qu’à ce titre il est sociologique et sociétal.
En tout cas la question à présent se pose, l’autoroute de la médicalisation de l’existence , expression de Roland Gori qui vise juste, à quoi conduit-elle tout droit ? fort heureusement sur la voie de la santé on ne compte pas que des autoroutes. Notre psychothérapie relationnelle représente le nécessaire réseau de cheminement alternatif et tient l’antidote au tout médical, la relation et ses professionnels, contextualisée dans le cadre d’un concept de soin ni médical ni paramédical, faisant système avec le concept de traitement. L’un ne devant jamais chercher à exclure l’autre ni à tenter de le phagocyter ce qui détruirait l’alternative et le nécessaire jeu de leur possible complémentarité (5).
PHG
[Document : Sans titre]
Prise de position de la Section psychologie clinique
(120.2 ko) – pdf. Important texte La DCP, la section la plus importante de la British Psychological Society, regroupe tous les psychologues cliniciens du Royaume uni, de nombreux universitaires professeurs de psychopathologie en particulier Peter Kinderman de Liverpool, et Brent Robbins de Londres qui ont écrit de nombreux articles, livres et qui animent des blogs très fréquentés. La DCP très représentative, se démarque à présent clairement de la culture DSM.
PSYCHIATRIE : DSM-5, LE MANUEL QUI REND FOU
par Sandrine Cabut
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 13.05.2013 à 17h35 • Mis à jour le 13.05.2013 à 20h41
Pétitions, appels au boycott, déclarations et livres chocs de spécialistes dénonçant un ouvrage « dangereux » qui fabrique des maladies mentales sans fondement scientifique et pousse le monde entier à la consommation de psychotropes… Aux États-Unis et dans de nombreux autres pays dont la France, la tension monte dans les milieux psy, à quelques jours de la présentation officielle de la nouvelle édition du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), prévue au congrès annuel de l’Association de psychiatrie américaine (APA) qui se tient du 18 au 22 mai à San Francisco.
Sur le fond, il ne devrait guère y avoir de révélations. L’essentiel du contenu de cette cinquième édition de la « bible » de la psychiatrie a déjà été annoncé par l’éditeur et sponsor de l’ouvrage, l’APA. Une version préliminaire du DSM-5 avait d’ailleurs été mise en ligne sur Internet, en 2010, pour accueillir suggestions et critiques et permettre des aménagements.
controverses
Si les précédentes révisions – les deux dernières ont eu lieu en 1980 et en 1994 – ont déclenché des controverses, jamais elles n’ont, semble-t-il, été aussi vives que pour cette nouvelle mouture. Comme le souligne avec humour un article paru le 25 avril dans Nature, l’une des seules suggestions qui n’a pas soulevé de hurlements de protestation pendant le processus de révision a été… le changement de nom, de DSM-V en DSM-5.
Aux États-Unis, où le mouvement anti-DSM a débuté, son fer de lance est aujourd’hui Allen Frances, le psychiatre qui avait dirigé la précédente édition (le DSM-IV), parue en 1994. Des instances professionnelles, dont une branche de l’Association américaine de psychologie, sont aussi montées au créneau. Et le 4 mai, c’est le prestigieux Institut américain de la santé mentale (National Institute of Mental Health, NIMH), le plus gros financeur de la recherche en santé mentale à l’échelle mondiale, qui s’est à son tour désolidarisé du DSM-5. « Les patients atteints de maladies mentales valent mieux que cela », a justifié son directeur, Thomas Insel, dans un communiqué, en expliquant que le NIMH « réorientait ses recherches en dehors des catégories du DSM », du fait de la faiblesse de celui-ci sur le plan scientifique.
En France, le combat est porté depuis trois ans par un collectif intitulé Stop DSM, constitué de professionnels proches du milieu psychanalytique. Ils s’insurgent contre la « pensée unique » du manuel, bien au-delà de sa dernière édition.
critiques virulentes
Mais pourquoi un ouvrage avant tout destiné aux spécialistes et aux chercheurs suscite-t-il autant d’inquiétudes et de critiques virulentes ? Et d’abord, de quoi s’agit-il ?
Publié pour la première fois en 1952, avec une liste de moins de cent pathologies (d’inspiration freudienne, tout comme la deuxième édition en 1968), ce manuel diagnostique et statistique a évolué vers une approche de plus en plus catégorielle des maladies mentales depuis 1980. Ce faisant, il est devenu une sorte de manuel de conversation entre spécialistes, et un outil incontournable dans le monde de la santé mentale. Le langage DSM est même passé dans le grand public avec la banalisation de termes comme « TOC » (troubles obsessionnels compulsifs) ou encore « phobie sociale »…
L’édition actuelle, le DSM-IV, recense 297 pathologies, classées par grandes catégories. C’est cette classification qui fait référence pour les recherches sur les pathologies mentales, qu’il s’agisse d’études épidémiologiques ou de celles menées par les laboratoires pour évaluer leurs molécules (antidépresseurs, anxiolytiques ou autres neuroleptiques).
instrument clinique
« Aux États-Unis et en Australie, le DSM a en quelque sorte force de loi, pour les remboursements par les compagnies d’assurances ou dans un contexte judiciaire. Et c’est ce qui est enseigné, y compris en France, dans les facultés de médecine, de psychologie. Aujourd’hui, c’est un passage obligatoire pour faire carrière », assure Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste, à l’origine du mouvement Stop DSM et auteur du récent Tristesse business. Le scandale du DSM 5 (Max Milo, 128 p., 12 euros).
Initié au DSM-IV pendant ses études, Richard Delorme, jeune pédopsychiatre à l’hôpital Robert-Debré (Paris), voit, lui, ce manuel comme un instrument clinique. « Le DSM est un modèle athéorique, non idéologique. Pour moi, c’est la porte d’entrée d’une maison, cela aide à hiérarchiser un raisonnement intellectuel, mais ce n’est pas une finalité. »
Commencé il y a une dizaine d’années, le processus qui vient d’aboutir au DSM-5 a mobilisé des centaines de professionnels de tous les pays, répartis en 13 groupes de travail. « L’ambition de départ des responsables de la révision était d’intégrer des données de neurosciences. Cette mission n’a pas pu être pleinement réalisée car les critères biologiques ne sont pas encore assez solides, souligne le docteur Delorme. Le DSM-5 est tout de même plus dimensionnel que le DSM-IV et rend compte des études génétiques et d’imageries qui montrent que les limites nosographiques habituellement considérées sont perméables. »
mainmise de l’industrie pharmaceutique
Cette nouvelle édition, qui a coûté à l’Association américaine de psychiatrie 25 millions de dollars (19 millions d’euros), laisse cependant beaucoup à désirer sur le plan de la qualité scientifique, accusent les détracteurs du DSM-5. L’une des principales critiques, déjà ancienne, concerne la mainmise de l’industrie pharmaceutique sur les experts participant à l’élaboration du DSM. Ces collusions ont été notamment décortiquées par l’historien américain Christopher Lane, dans son ouvrage Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions (Flammarion, 2009), et plus récemment par le philosophe québécois Jean-Claude St-Onge, dans Tous fous ? (Ecosociété, 236 p., 19 euros).
Allen Frances, professeur émérite à l’université de Duke (Caroline du Nord), qui avait coordonné le DSM-IV, note plutôt « les conflits d’intérêts intellectuels » des spécialistes des groupes de travail, « qui leur font voir les bénéfices possibles mais ignorer certains risques ». Surtout, déplore-t-il, « le processus a été secret, fermé et incapable de s’autocorriger ou d’incorporer des réponses provenant de l’extérieur. Ainsi, les experts ont rejeté l’appel de 57 associations de santé mentale qui proposaient un examen scientifique indépendant ».
« troubles cognitifs mineurs »
C’est il y a quatre ans, en rencontrant un confrère et ami à une soirée, qu’Allen Frances a, raconte-t-il, pris conscience de l’ampleur des dangers et qu’il est parti en croisade. « Ce médecin était très excité à l’idée d’intégrer au DSM-5 une nouvelle entité, le « syndrome de risque psychotique », visant à identifier plus précocement des troubles psychotiques. Le but était noble, aider les jeunes à éviter le fardeau d’une maladie psychiatrique sévère. Mais j’ai appris en travaillant sur les trois précédentes éditions du DSM que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Je ne pouvais pas rester silencieux. »
Cet item de risque psychotique n’a finalement pas été retenu dans la dernière version du DSM-5. Mais Allen Frances et les autres « anti » s’inquiètent aujourd’hui d’autres entités qui font leur entrée dans le nouveau manuel. Ainsi des « troubles cognitifs mineurs ». « La perte de mémoire physiologique avec l’âge va devenir une pathologie au nom de la prévention de la maladie d’Alzheimer, prévoit le collectif Stop DSM. De nombreux sujets vont se voir prescrire des tests inutiles et coûteux avec des médicaments dont l’efficacité n’est pas validée et dont les effets à terme sont inconnus. »
« pathologisation du deuil »
Patrick Landman et ses collègues sont aussi vent debout contre ce qu’ils nomment une « pathologisation du deuil ». « Au bout de deux semaines, l’apparence dépressive de l’endeuillé sera passible du diagnostic d’épisode dépressif majeur et donc d’antidépresseurs », craignent-ils.
Troisième exemple : le disruptive mood dysregulation disorder, qui risque, selon eux, de faire entrer dans le DSM de banales colères infantiles. « C’est une interprétation erronée, estime le docteur Viviane Kovess, psychiatre épidémiologiste, professeur à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). Le disruptive mood dysregulation disorder correspond à une irritabilité très importante et constante, et à des colères violentes et fréquentes. Le critère (irritabilité plus trois grosses colères par semaine pendant plus d’un an) n’est pas si banal, et cela est destiné à ne pas mettre ces enfants dans la catégorie des troubles bipolaires. » Par ailleurs, selon elle, le DSM ne dit pas que tout deuil de plus de quinze jours est une dépression. « Au contraire, il différencie mieux qu’avant le phénomène de deuil du trouble dépressif majeur. »
risques de surdiagnostic
Pour Allen Frances, les risques de surdiagnostic et donc de surmédicalisation sont cependant bien réels, surtout chez les enfants. « Quand nous avons introduit dans le DSM-IV le syndrome d’Asperger, forme moins sévère d’autisme, nous avions estimé que cela multiplierait le nombre de cas par trois. En fait, ils ont été multipliés par quarante, principalement parce que ce diagnostic permet d’avoir accès à des services particuliers à l’école et en dehors. Il a donc été porté chez des enfants qui n’avaient pas tous les critères. »
Face à ces périls, le psychiatre américain invite les médecins à boycotter le DSM, et les patients à devenir des consommateurs informés. « Posez des questions et attendez des réponses claires. N’acceptez pas de médicaments prescrits nonchalamment pour des symptômes légers et transitoires qui vont probablement se résoudre d’eux-mêmes », préconise-t-il. Des conseils de bon sens qui peuvent s’appliquer bien au-delà des maladies mentales.
contre
: Un entretien avec Roland Gori, psychanalyste et professeur émérite de psychopathollogie cllinique à l’université d’Aix-Marseille : On assiste à une médicalisation de l’existence
pour
: Un entretien avec Viviane Kovess-Masfety, psychiatre épidémiologiste, directrice d’une équipe de recherche de l’université Paris-Descartes : Une certaine mauvaise foi dans les critiques.
Lire aussi : Petit tour du monde du normal et du pathologique : ici même à la suite (NDLR)
PETIT TOUR DU MONDE DU NORMAL ET DU PATHOLOGIQUE
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 13.05.2013 à 17h26 • Mis à jour le 13.05.2013 à 20h14
par Lucia Sillig
Le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), utilisé par des psychiatres du monde entier, est essentiellement conçu par des experts occidentaux. Les frontières de la folie ne sont-elles pourtant pas variables selon les cultures considérées ? Norman Sartorius, ancien responsable de la division santé mentale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et consultant externe pour la cinquième mouture du DSM, rappelle que si les mots pour parler des troubles mentaux varient d’une culture à l’autre, « les grandes maladies mentales, comme la schizophrénie, la dépression majeure ou la démence, existent partout ».
La dépression, au temps des colonies, a ainsi pu être vue comme une maladie n’affectant que les Blancs d’Europe, « mais on s’est ensuite rendu compte que cela n’était simplement pas considéré comme un motif de consultation valable pour les populations locales », indique-t-il.
variations culturelles
Selon lui, les variations culturelles sont surtout marquées pour les troubles plus légers, comme l’arachnophobie, bien plus répandue en Angleterre qu’elle ne l’est en Inde. Le koro, un syndrome où la personne accroche des objets à son pénis ou ses seins par crainte qu’ils ne se rétractent, est surtout observé à Singapour ou en Malaisie.
La définition de ce qui est pathologique ou non varie aussi selon les cultures : l’homosexualité n’est plus inscrite au DSM depuis les années 1970 mais reste dans plusieurs pays considérée comme une maladie. A l’inverse, chez les Wolofs au Sénégal, où l’on pense qu’à la fin de la vie les hommes renaissent, la démence sénile n’existe pas : « De temps en temps, un individu renaît trop tôt et un nouveau-né se retrouve dans le corps d’une personne âgée : il est incontinent, ne veut pas écouter, ne comprend pas ce qu’on lui dit et ne sait pas parler… », raconte Norman Sartorius. Pour lui cette interprétation a une vertu sociale : « Il est beaucoup plus simple de mobiliser les gens pour aider un enfant qu’un vieux atteint d’une maladie mentale. »
acceptation du diagnostic
Une grande étude de l’OMS avait montré que les gens consultaient moins pour dépression en Chine et au Japon. Cette différence s’explique simplement : « Le mot »dépression », au sens où nous l’entendons, n’existe pas en chinois », indique l’ancien expert de l’OMS. Si l’on ajoute que les mots associés au diagnostic sont parfois très stigmatisants, nommer les choses peut être source d’embarras. C’est le cas avec la schizophrénie, dont on ne traduit plus le sens grec en Occident, mais que certains médecins, en Asie notamment, répugnaient à annoncer aux patients à qui il aurait fallu dire qu’ils avaient l’esprit fendu ou cassé.
Au Japon, un mouvement issu des malades et de leurs proches ainsi que de médecins a changé la dénomination pour un terme signifiant « désordre de la coordination de la pensée », beaucoup plus proche de ce que ressentent les patients. Depuis lors, « la communication du diagnostic au patient est passée de 6 % à 75 % des cas », souligne Norman Sartorius. Les Coréens veulent suivre cette voie avec une expression signifiant « problème d’accordage de la pensée », évoquant plus un instrument désaccordé. L’acceptation du diagnostic et l’échange entre médecin et malade sur le traitement à suivre sont facilités.
américaniser la folie ?
N’y a-t-il pas alors un risque, à travers le DSM, d’américaniser la folie ? « C’est le risque général de la globalisation », répond Norman Sartorius, pour qui cette influence se fait surtout sentir dans le domaine de la recherche. Depuis 1980, dans le DSM, « pour surmonter le fait que chaque patient est différent », indique-t-il, une description qu’on appelle opérationnelle définit une liste de symptômes dont le malade doit présenter un certain nombre pour que son trouble corresponde au diagnostic. « C’était révolutionnaire, parce que pour la première fois on essayait de donner un aspect quantifiable et comparable à l’état des patients. »
Le Monde
ON ASSISTE À UNE MÉDICALISATION DE L’EXISTENCE
par Roland Gori
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 13.05.2013 à 17h24 • Mis à jour le 13.05.2013 à 20h53
Propos recueillis par Catherine Vincent
Roland Gori est psychanalyste et professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille. Il est l’auteur de nombreux ouvrages. Les plus récents, publiés aux éditions Les Liens qui libèrent, sont La Dignité de penser (2011) et La Fabrique des imposteurs (224 p., 21,50 euros).
Depuis la parution du DSM-III, il y a plus de trente ans, vous mettez en garde contre les dangers de cette classification. Que craignez-vous ?
À partir du DSM-III, les psychiatres américains chargés de réviser ce manuel ont mis au point une manière très catégorielle de poser les diagnostics. Le but était de rechercher le maximum de consensus parmi les experts en matière de troubles mentaux.
Ce principe est très bon pour faire des études de populations, évaluer des traitements ou mener des recherches épidémiologiques. Le problème, c’est qu’il a entraîné une manière de penser la souffrance psychique et sociale comme un trouble de comportement. En introduisant dans le DSM le trouble de l’anxiété sociale, on a multiplié par sept, dans les années 1980, le nombre de patients souffrant d’hypertimidité.
Cette tendance au surdiagnostic s’est-elle accentuée avec le DSM-5
Ce qui s’est surtout accentué, c’est la recherche de critères techniques et cliniques permettant aux psychiatres d’approcher la souffrance des patients de manière « objectivable » et formalisable. On aboutit ainsi à un diagnostic consensuel. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit valide ni qu’il corresponde à une réalité clinique.
Pour prendre un exemple simple : lorsqu’en 1980 les psychiatres ôtent l’homosexualité de la liste des troubles sexuels du comportement, on guérit des millions de malades. Lorsqu’en 1994 le DSM-IV considère les femmes ayant des troubles de l’humeur avant leurs règles comme atteintes de dysphorie prémenstruelle, on se retrouve, au contraire, avec des millions de patients en plus.
De même avec le DSM-5. Quand on évoque le trouble de l’hyperphagie, sur quels critères se base-t-on pour le distinguer de la gourmandise ? A partir de quand faut-il invoquer le trouble compulsif d’entassement, autrement dit le fait d’accumuler des objets qui nous sont inutiles ?
Dans la mesure où l’on ne dispose pas de marqueurs biologiques ou génétiques pour la plupart des maladies mentales, il y a une très grande flexibilité des critères pour définir ce qui est pathologique et ce qui ne l’est pas.
On est en train de rendre pathologiques des comportements que l’on considérait autrefois comme normaux ?
Disons plutôt que l’on « pathologise » de simples anomalies de comportement. Entre 1979 et 1996, on a multiplié par sept, en France, le nombre de diagnostics de dépression. Cela ne veut pas forcément dire qu’il y avait sept fois plus de déprimés, mais qu’on a abaissé le seuil de tolérance sociale par rapport aux anomalies de comportement. Pourquoi ? Parce que nous sommes, de plus en plus, dans une société de contrôle. On assiste à une médicalisation de l’existence.
Le DSM est le symptôme d’une maladie de société, d’une manière de gouverner qui ne repose plus sur l’autorité des grands récits religieux ou idéologiques mais sur la pression normative. Il s’agit de fabriquer les discours de légitimation d’un contrôle social, au nom de la raison technique et de l’objectivité scientifique.
Que préconisez-vous pour limiter cette dérive ?
Il faut remettre la parole au centre. On est passé d’un savoir narratif à un savoir probabilistique, qui transforme le psychiatre ou le psychologue en une agence de notation des comportements.
Pour inverser cette tendance, il faut revenir à la souffrance singulière du patient. Revenir au récit, recontextualiser le trouble et le symptôme.
Le Monde
UNE CERTAINE MAUVAISE FOI DANS LES CRITIQUES
par Viviane Kovess
Et dans la réthorique DSM pas trace de « mauvaise foi » ? PHG
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 13.05.2013 à 17h24 • Mis à jour le 13.05.2013 à 20h57
Propos recueillis par Sandrine Cabut
Viviane Kovess-Masfety est psychiatre épidémiologiste, directrice d’une équipe de recherche de l’université Paris-Descartes et professeure à l’École des hautes études en santé publique (EHESP). Elle est l’auteure de rapports sur la santé mentale et de N’importe qui peut-il péter un câble ? (Odile Jacob, 2008).
Quel regard portez-vous sur le DSM ?
Les épidémiologistes sont très attentifs aux classifications comme le DSM. Il fait partie de nos outils et, inversement, nos travaux nourrissent certaines de ses modifications. Le DSM et la CIM (Classification internationale des maladies), avec laquelle il converge, permettent de se mettre d’accord sur des critères et de parler un langage commun et international sous la houlette de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui participe aux deux élaborations.
utilisation scrupuleuse
Dans notre travail, nous sommes confrontés de près à la façon dont les psychiatres utilisent ces classifications dans leur pratique, et c’est très variable. En psychiatrie adulte, où il y a un consensus pour poser un diagnostic, certains cliniciens, notamment en milieu hospitalo-universitaire, utilisent scrupuleusement les critères des classifications DSM ou CIM.
étiquette
D’autres se fient d’abord à leurs impressions cliniques, ce qui est essentiel, mais ils codent sans trop regarder les critères. En pédopsychiatrie et en psychiatrie de l’adolescent, où le poids de la psychanalyse est important, il y a plus de réticences à poser un diagnostic, sous prétexte qu’il collerait une étiquette.
Déplorez-vous cette sous-utilisation ?
Il est exact que le processus de diagnostic est complexe chez les enfants et les adolescents car les pathologies sont évolutives, et on doit veiller à laisser toutes les portes ouvertes. Cependant, cela n’empêche pas, à un moment donné, de suivre une classification comme le DSM qui, justement, propose des critères précis, avec un axe de sévérité permettant de suivre l’évolution.
on lui fait porter le poids de l’évolution de la société vers l’intolérance et la normalisation des comportements
Beaucoup de parents se plaignent plutôt qu’on ne leur donne pas de diagnostic. C’est angoissant pour eux de ne pas savoir, or ils sont capables d’entendre les incertitudes sur l’évolution, voire les hésitations sur les cas complexes. Par ailleurs, on reproche au DSM d’étiqueter des réactions normales comme des maladies, et on lui fait porter le poids de l’évolution de la société vers l’intolérance et la normalisation des comportements.
Paradoxalement, suivre rigoureusement une classification comme le DSM permettrait de mieux protéger les enfants, car les critères mettent un seuil assez élevé pour porter un diagnostic.
On reproche par exemple au DSM d’avoir induit une « épidémie » d’hyperactivité et de traitements par la ritaline, mais les données montrent qu’en France la consommation de psychostimulants reste très basse. À l’inverse, le fait de remettre en cause le fonctionnement intime de parents, qui n’ont pas cette demande, devant le moindre comportement déviant comme cela arrive aujourd’hui à l’école ou à la crèche est une violence que l’on tend à négliger.
Que pensez-vous du DSM-5 et des critiques à son encontre ?
Il y a eu une volonté d’intégrer les connaissances en neurosciences (génétique, imagerie cérébrale), pas directement dans les critères, car il n’y a pas encore de marqueurs biologiques des maladies mentales, mais dans la logique des catégories.
Cette nouvelle version n’est pas parfaite, mais il y a une certaine mauvaise foi dans les critiques. D’abord, il n’y a pas une inflation de nouvelles pathologies, car il y a eu aussi des suppressions, des réorganisations, donc le nombre total n’a pas bougé. Par ailleurs, il y a maintes interprétations erronées.
La Croix Jeudi 16 mai 2013.
LES PSYCHIATRES SE DIVISENT FACE AU DSM-5, NOUVEAU GUIDE DES MALADIES MENTALES
par Pierre Bienvault
[En vert, les intertitres sont le fait de notre Rédaction]
Le congrès de l’Association américaine de psychiatrie s’ouvre samedi 18 mai à San Francisco dans un climat tendu. Cette association a rédigé le DSM5, un nouveau manuel qui classifie les diagnostics des maladies mentales. Cet ouvrage est critiqué par une partie des psychiatres qui dénoncent le risque de « psychiatriser » et de « médicaliser » certains comportements normaux, comme la tristesse après un deuil.
La planète « psy » est de nouveau en ébullition. Et c’est sur un ton solennel que plusieurs de ses représentants dénoncent un mouvement, venu des États-Unis, qui risque selon eux de « psychiatriser » divers comportements relevant de la plus parfaite normalité. Avec pour principale réponse thérapeutique la délivrance de médicaments psychotropes plutôt que l’écoute de la personne.
pas une querelle d’experts
« Ce n’est pas une querelle d’experts. L’enjeu est de savoir si nous voulons une société qui “fabrique” des fous et étiquette comme maladies mentales certaines réactions normales comme la tristesse après un deuil », affirme le docteur Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste, à la pointe de ce mouvement de contestation. « Cette inquiétude se fonde sur des constats souvent fallacieux et surfe sur la théorie très en vogue du grand complot de l’industrie pharmaceutique qui inventerait de nouvelles maladies pour vendre des médicaments », répond Pascal Diethelm, un ancien fonctionnaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
permettre à la psychiatrie mondiale d’avoir un langage commun
Ce débat se cristallise autour du DSM-5, la nouvelle version d’un manuel rédigé par l’Association américaine de psychiatrie (APA) qui ouvre son congrès samedi 18 mai à San Francisco. Parfois présenté comme la « référence » de la psychiatrie mondiale, ce Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, qui en est à sa cinquième version, doit sortir le 22 mai. Édité pour la première fois en 1952, son objectif était au départ d’harmoniser les diagnostics à l’échelle de la planète.
« Certains travaux avaient montré que le diagnostic de schizophrénie en Angleterre n’avait rien à voir avec celui en vigueur aux États-Unis. On ne parlait pas toujours des mêmes malades », explique le professeur Viviane Kovess-Masfety, psychiatre, épidémiologiste et enseignante à l’École des hautes études en santé publique (EHESP).
« L’avantage de ces classifications, c’est de permettre à la psychiatrie mondiale d’avoir un langage commun », souligne Bernard Granger, professeur de psychiatrie à l’hôpital Tarnier à Paris. « Mais le DSM a un inconvénient, celui de faire entrer les sujets dans des cases et, parfois, d’entraîner des diagnostics figés à un moment donné, sans tenir suffisamment compte de l’histoire et de l’environnement du patient », ajoute-t-il.
un risque de « déshumanisation » de l’homme et de la médecine
Dans sa première version, le DSM répertoriait 60 troubles mentaux. « Aujourd’hui, le DSM-5 en recense plus de 350 », constate le docteur Landman, qui considère que cette inflation risque d’entraîner des diagnostics erronés. « On peut citer le cas des personnes qui vivent un deuil, explique ce médecin. Certaines peuvent présenter divers symptômes : tristesse, perte d’appétit, troubles du sommeil, sentiment de culpabilité… La version 4 du DSM estimait que ces symptômes devenaient pathologiques s’ils se prolongeaient au-delà de deux mois. Désormais, avec le DSM-5, le délai est juste de 15 jours. Une personne qui a perdu un être cher pourra donc être considérée comme faisant un épisode dépressif majeur si elle continue à être triste au bout de deux semaines. Alors qu’elle est juste normalement endeuillée. »
Le docteur Landman cite d’autres exemples. « Le DSM-5 crée un nouveau trouble du comportement alimentaire : l’hyperphagie, que l’on pourra diagnostiquer chez toute personne ayant un accès de gourmandise par semaine. De la même manière, on pourra ranger dans les troubles mentaux le fait pour un enfant d’avoir trois crises de colère par semaine ou, pour une personne âgée, d’avoir de temps à autre des petits oublis de mémoire. »
Une inquiétude partagée par le professeur Maurice Corcos, chef du département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte à l’Institut mutualiste Montsouris. « En voulant délimiter le normal et le pathologique, on ne cesse d’élargir les catégories de la maladie mentale », estime ce spécialiste, qui dénonce un risque de « déshumanisation » de l’homme et de la médecine.
le DSM-5 ne recommande pas de traitements
De leur côté, les défenseurs du DSM-5 réfutent l’idée d’une hégémonie de la psychiatrie américaine sur le reste du monde. « Tous les comités ayant travaillé sur le manuel comprenaient un expert international », explique le professeur Kovess-Masfety, tout en dénonçant certaines « contre-vérités » avancées par les opposants. « Il peut arriver que des personnes développent d’authentiques dépressions après la perte d’un proche, dit-elle. Et dans ce nouveau manuel, il y a en fait tout un chapitre qui explique précisément la différence entre les symptômes normaux du deuil et ceux d’un épisode dépressif majeur. Le but est bien d’éviter de faire la confusion. »
Le professeur Kovess-Masfety met aussi en avant le fait que le DSM-5 ne recommande pas de traitements. « C’est juste un outil de diagnostic qui n’empêche pas le médecin de garder son libre arbitre et de ne pas prescrire un médicament s’il estime que cela n’est pas justifié. »
Un argument qui ne convainc pas le professeur Corcos. « En France, la formation initiale des médecins à la psychiatrie reste largement sous l’influence du DSM, affirme-t-il. Et il ne faut pas oublier que 80 % des psychotropes sont prescrits par des généralistes qui sont très sollicités par les laboratoires pharmaceutiques dont les études sont faites avec les classifications issues de ce manuel. »
les laboratoires utilisent ce manuel pour s’adresser aux consommateurs
Dans leur combat, les « anti » ont trouvé un allié de poids en la personne du docteur Allen Frances, un psychiatre américain qui a dirigé les travaux ayant abouti, en 1994, à la publication du DSM-4. Aujourd’hui, ce spécialiste multiplie les mises en garde, insistant notamment sur l’utilisation faite de ce manuel par les laboratoires. Il rappelle que, trois ans après sa sortie, l’industrie pharmaceutique a eu l’autorisation d’adresser des messages directs aux consommateurs américains.
« Cela a été une catastrophe », explique le docteur Frances dans un entretien publié l’an passé dans la revue PSN. « Sous l’effet combiné d’une publicité omniprésente et d’une agressivité commerciale à l’égard des médecins (…), nous avons assisté à l’invention de maladies, vu poser des diagnostics flous, publier de fausses statistiques totalement exagérées et se répandre des prescriptions sans limite », ajoute ce psychiatre.
de 15 millions de dollars à 7 milliards
Avant de préciser que, au cours des vingt dernières années, aux États-Unis, le taux de troubles bipolaires chez l’enfant a été multiplié par 40 et ceux de l’autisme par 20. Autre chiffre cité par ce médecin : depuis la publication du DSM-4, le marché des médicaments contre les troubles de l’attention est passé de 15 millions de dollars (11,5 millions d’euros) à 7 milliards aujourd’hui (5,5 milliards d’euros).
attention à la stigmatisation, notamment chez les sujets jeunes
Enfin, le docteur Frances souligne un autre risque du DSM-5 : celui de favoriser des diagnostics rapides et pas forcément pertinents chez des sujets jeunes. En leur collant une étiquette dont ils auront ensuite du mal à se débarrasser.
« C’est parfois très difficile de poser un diagnostic de maladie mentale chez un enfant, note le professeur Kovess-Masfety. Certaines situations peuvent être évolutives. Il faudrait, idéalement, que le médecin dise aux parents : “Voilà, aujourd’hui, je pense à tel diagnostic. Mais il est possible que d’ici un ou deux ans, son état évolue, s’améliore…” Il faudrait pouvoir faire un diagnostic qui n’enferme pas la personne à vie. Mais pour cela, il faudrait changer les représentations de la maladie mentale, encore très stigmatisantes, dans notre société. »}
Le Devoir, Québec
LE DSM-5 OU LE MONDE NORMALISÉ PAR LA PSYCHIATRIE
[En vert, les intertitres sont le fait de notre Rédaction]
par Étienne Boudou-Laforce – Candidat à la maîtrise en service social à l’Université de Sherbrooke, Québec.
élargir considérablement le spectre de la maladie mentale
Cette bible pathologise de manière excessive les comportements humains et a des effets importants sur les plans juridique, social, industriel et de santé publique voilée. C’est peu dire que le vénérable manuel de psychiatrie, longtemps repoussé et ayant fait couler beaucoup d’encre, est attendu de pied ferme. S’il est d’usage que la sortie d’un nouveau DSM par l’Association américaine de psychiatrie (APA) provoque son lot de critiques et de controverses, rarement a-t-on vu si grande mobilisation et assisté à autant de sorties retentissantes de la part de différents acteurs pour dénoncer les possibles changements proposés. C’est que le nouveau DSM compte – de nouveau – élargir considérablement le spectre de la maladie mentale. Ce qui aura des effets importants tant sur les plans, juridique, social, industriel que sur celui de la santé publique.
médicalisation de la vie ordinaire
Allen Frances, psychiatre et ancien responsable du DSM-IV, publie aujourd’hui même son livre dans lequel il dénonce la « médicalisation de la vie ordinaire » qu’entraînera possiblement le DSM-5. Il est d’avis que l’ajout de nouveaux diagnostics et l’abaissement de certains seuils auront pour triste conséquence d’augmenter considérablement la proportion de gens susceptibles de recevoir des diagnostics psychiatriques. D’autres experts craignent quant à eux que certains individus ne soient inutilement stigmatisés et que de vaines prescriptions de médicaments aient lieu. Bref, rien qui vaille
Un continuum d’intensité
Parmi les nouveautés du DSM-5, l’introduction d’une évaluation dimensionnelle visant à déterminer la gravité des symptômes retient particulièrement l’attention. En effet, l’approche « dimensionnelle », supposément plus flexible en regard de la traditionnelle approche « catégorielle », risque de bouleverser la pratique de nombre de psychologues et de psychiatres habitués à penser en termes de syndromes et non de traits isolés. Désormais, le clinicien « cotera » la présence et la sévérité des symptômes pour certains troubles. Bien que rendre compte d’un continuum d’intensité permette d’affiner la clinique psychiatrique, il appert que, comme l’écrit le médecin Bertrand Kiefer, « suivant où est placé le curseur sur le continuum, le marché de la maladie psychique pourrait considérablement s’accroître… ».
les stigmates d’un diagnostic
Concernant les ajouts ou modifications de diagnostics de nature inquiétante, relevons d’abord le trouble de dérégulation dit d’« humeur explosive ». Celui-ci s’appliquera aux 6 à 18 ans présentant une irritabilité persistante et des épisodes fréquents de manque de contrôle du comportement. Si l’APA soutient que ce nouveau diagnostic vise à réduire le surdiagnostic et le traitement du trouble bipolaire chez les enfants, il n’en demeure pas moins qu’en définitive, de nombreux enfants porteront les stigmates d’un diagnostic et seront l’objet de traitements pharmacologiques.
trouble dysphorique prémenstruel
Ensuite, le « trouble dysphorique prémenstruel », version sévère des variations d’humeur liée aux règles, laisse quant à lui présager un début de pathologisation du syndrome prémenstruel. Mesdames, l’heure est grave ! Un autre changement aberrant concerne le trouble de « symptomatisation somatique ». À l’avenir, il suffira d’un seul symptôme à l’établissement de ce diagnostic, là où précédemment il en fallait huit. Le cas de l’« hyperphagie boulimique » laisse également songeur. Selon ce nouveau diagnostic, se goinfrer immodérément dans le frigo deux fois par semaine pendant trois mois est désormais considéré comme pathologique, rien de moins. De plus, soulevons que, de par la refonte des troubles du spectre autistique qui modifie entre autres l’appellation et la nature du syndrome d’Asperger, plusieurs personnes ne pourront peut-être pas obtenir les mêmes services adaptés auxquels ils avaient droit alors que le diagnostic d’Asperger était un trouble à part.
exclusion du deuil
Par ailleurs, un changement particulièrement lourd de conséquences est l’abolition de « l’exclusion du deuil ». Une clause qui permettait aux personnes récemment endeuillées de ne pas être diagnostiquées du trouble dépressif majeur, à moins que les symptômes ne persistent au-delà de deux mois. En supprimant cette exclusion, on ouvre la voie à une médicalisation du deuil.
Il y a des aspects plus favorables, dont le non-ajout des diagnostics de psychose atténuée, de risque de psychose, de même que l’abandon du trouble mixte anxiété-dépression. Les diagnostics d’hypersexualité, de dépendance à la sexualité et d’addiction à Internet ont heureusement été rejetés. Ainsi, sous le poids de la critique, l’APA a, semble-t-il, plié. Il faut dire que certains de ces diagnostics, « pré-seuils » ou « pré-morbide », auraient pu ajouter des millions de malades, alors que d’autres diagnostics semblaient souffrir d’un préjugé culturel, moral ou encore idéologique qui s’enracinait dans « l’air du temps ».
Au final, s’il ne constitue pas la catastrophe annoncée, le nouveau DSM poursuit dans la voie d’une pathologisation excessive des émotions et comportements humains, faisant peu de cas des facteurs sociaux et des « maux de la société ».
la bible des psychiatres
Le DSM, que certains nomment la « bible des psychiatres », n’est pas qu’un simple livre, c’est un ouvrage hautement reconnu dans le milieu psychiatrique, mais aussi chez l’ensemble des intervenants travaillant en santé mentale et qui a, d’une certaine manière, le pouvoir de définir la normalité et la pathologie. Rien de banal donc. Le DSM est le livre sur lequel s’appuie une majorité d’expertises psychiatriques et il joue donc un rôle crucial à plusieurs égards : qu’il s’agisse de prescrire un médicament et son remboursement, de déterminer la capacité d’un employé à retourner au travail, d’orienter la scolarité d’un élève, d’excuser un crime par la folie…
les liens de plus en plus évidents entre les milieux psychiatrique et pharmaceutique
Par ailleurs, il est difficile, en parlant du DSM, de passer sous silence les liens de plus en plus évidents entre les milieux psychiatrique et pharmaceutique. Une étude publiée dans la revue Public Library of Science révèle que 69 % des 141 experts qui travaillent à la révision du manuel entretiennent des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique. Naturellement, dans une perspective mercantile, les firmes pharmaceutiques ont tout à gagner dans l’universalisation et l’amplification des dérives du psychisme humain.
Il ne s’agit pas ici de s’inscrire dans le courant antipsychiatrique, mais bien de partager des inquiétudes face à la nouvelle version du DSM. Certes, ce dernier reste un outil pertinent. Il aide le clinicien à l’établissement du diagnostic, favorisant ainsi l’organisation et la planification d’un traitement. Il permet aussi la comparabilité des résultats et la communication entre les chercheurs et cliniciens. Mais à trop vouloir ne pas laisser de malades de côté, on accroît immodérément la sensibilité diagnostique et, dans la foulée, il peut y avoir surdiagnostic et surtraitement, de même qu’une banalisation du concept même de diagnostic.
un monde normalisé par la psychiatrie
Ce qui serait déplorable, comme le soutient Bertrand Kiefer « ce serait un monde normalisé par la psychiatrie, où la moindre impulsion créatrice, la plus petite transgression […] se trouverait cataloguée comme anormale, nuisible ». Un monde non loin du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley où tous consomment du « soma » assurant bonheur, conformité et cohésion sociale.
l’avenir de la psychiatrie ?
par Thomas Insel
Conférence de Thomas Insel le patron du NIMH qui a rejeté le DSM-5. Une psychiatrie neuroscientifique capable de diagnostiquer précocement, sachant qu’entre le moment du dysfonctionnement cérébral et celui de l’apparition des troubles (ils ne parviennent pas à dire symptômes !) il peut se passer une ou deux décades, et qu’un des principes de base d’une meilleure efficacité en médecine c’est l’intervention précoce. Bien entendu Thomas Insel parle des vraies maladies mentales.
voir aussi
le dossier DSM du Huffington Post
DSM-5 Statement by the Critical Psychiatry Network
Philip Thomas, M.D.
May 23, 2013
The following statement was posted on the Critical Psychiatry Network website in the UK on 23rd May 2013.
The Critical Psychiatry Network is concerned with the way the controversy over the publication of DSM-5 is being portrayed in the media and by some academic psychiatrists. The issues raised by the DSM are complex and require careful and studied consideration. There are two aspects in particular that concern us. These relate to the portrayal of the controversy as a guild dispute, and the polarisation of the debate as one of nurture versus nature.
1. Portrayal of the controversy as a guild dispute
A number of reports in the media have portrayed the storm of criticism of DSM-5 as a guild dispute driven by professional rivalries between psychologists and psychiatrists. This may have arisen because the DSM is a product of the American Psychiatric Association, and in the UK the debate in the media has been polarised as one between clinical psychologists and psychiatrists[ii]. This gross oversimplification is not supported by the evidence. Many psychiatrists are deeply concerned about the limitations and failings of diagnosis in psychiatry. These concerns were expressed in a recent special article co-authored by twenty-nine Members and Fellows of the Royal College of Psychiatrist, published in the British Journal of Psychiatry[iii] in December 2012.
The paper points out that since its origins in the early part of the nineteenth century, psychiatry has faced a fundamental question that remains unanswered: can a medicine of the mind work with the same epistemology as a medicine of the tissues. In recent decades, there has been a concerted effort to ignore this question and psychiatry has approached the ‘mind’ as if it was simply another organ of the body. It has assumed that problems with our feelings, thoughts, behaviours and relationships can be grasped with the same sort of diagnostic and scientific tools that are used to investigate problems with our livers, hearts and lungs. This model has not served psychiatry well. Whether we like it or not, mental problems resist both explanation in terms of simple causal models and categorization in terms of singular diagnostic categories. Over the last half a century leaders within the profession of psychiatry, academics who have devoted their professional lives to discovering the biological basis of psychosis, have acknowledged that biological and neurosciences have failed to establish the validity of a single psychiatric diagnosis [iv] [v] [vi] [vii] [viii]. Moreover, there are serious doubts about the nature and quality of the evidence for the effectiveness of most psychiatric drugs1 . Apart from their obvious mind-numbing effects, it has not been demonstrated that any type of drug used to treat mental health problems has any specific, or targetted action. The idea that psychiatric drugs correct underlying chemical imbalances or any other presumed abnormality is no more than a myth[ix].
2. Epistemological polarisation
We are also concerned about the way that some commentators, particularly from within academic psychiatry, question the importance of environmental factors in understanding psychosis. Many psychiatrists disagree with this position, and find such accusations unhelpful. Psychiatry has always prided itself on being an eclectic profession, one that recognises the importance of holistic approaches to understanding and responding to people who use mental health services. Biological, neureodevelopmental and genetic factors have little role to play in explaining psychosis because they are incapable of accounting for the complexity of consciousness and embodied experience[x]. In contrast, personal narratives of adversity have a central role in understanding how people cope with, and recover from, psychosis[xi] [xii]. To deny the importance of these factors is to deny the importance of finding meaning in suffering, a prerequisite for recovery.
Our view is that there is an urgent need for a measured debate about psychosis and distress, one that engages with the scientific evidence that a wide variety of experiences of adversity including childhood trauma and racism are linked to the development of psychosis in adulthood [xiii] [xiv] [xv] [xvi] [xvii] [xviii] [xix]. We believe that an important outcome of such a debate would be forms of psychiatric practice that engage fully with the diverse understandings that service users and carers have of their experiences. However, the very nature of mental problems demands that we move beyond positivistic approaches to research and scientific modeling. We believe that there is an urgent need to promote collaborative research with service users about the nature of mental illness itself as well as looking at what helps people in their struggles towards recovery.
Conclusions
The controversy over DSM-5 is not a guild dispute or turf war. Psychiatrists, psychologists, and mental health professionals across the disciplines reject medical type diagnoses like DSM-5 as ways of describing the varied human experiences that we call mental disorders and support ways of formulating these that capture their complexity and diversity. There are many other voices engaged in the debate over the future of psychiatric diagnosis who share our concerns. The Hearing Voices Network has expressed serious reservations about DSM-5, and rightly drawn attention to the importance of the perspectives of experts by experience in the debate about the controversy[xx]. Mental Health Europe, a non-governmental organisation that represents a diverse range of perspectives, including experts by experience, carers and professionals from a range of disciplines has also expressed deep concern about DSM-5 and the future direction of psychiatric diagnosis[xxi]. Many psychiatrists, too, share these concerns, and we will continue to support the need for, and contribute to an informed public debate about the limitations and failings of psychiatric diagnosis symbolised by DSM-5. The DSM is incapable of capturing the full range of experiences of distress in the way that narrative formulation can.
References
See, for example, Frank Furedi’s article in The Independent Friday 17th May 2013, accessed at http://www.independent.co.uk/voices/comment/despite-what-the-dsm-implies-medical-intervention-is-not-always-the-answer-to-mental-health-issues-8621109.html on 20th May 2013
[ii] See http://www.guardian.co.uk/science/2013/may/12/dsm-5-conspiracy-laughable accessed 20th May 2013
[iii] Bracken, P., Thomas, P., Timimi, S. et al (2012) Psychiatry beyond the current paradigm. British Journal of Psychiatry, 201:430-434.
[iv] Robins, E. & Guze, S. (1970) Establishment of Diagnostic Validity in Psychiatric Illness: Its Application to Schizophrenia. American Journal of Psychiatry, 126, 983 – 987
[v] Kendler, K. (1980) The Nosological Validity of Paranoia (Simple Delusional Disorder) Archives of General Psychiatry, 37, 699 – 706.
[vi] Andreasen, N. (1995) The Validation of Psychiatric Diagnosis: New Models and Approaches. American Journal of Psychiatry, 152, 161 – 162.
[vii] Kendell, R. & Jablensky, A. (2003) Distinguishing Between the Validity and Utility of Psychiatric Diagnoses. American Journal of Psychiatry; 160:4–12
[viii] Anckarsäter, H. (2010) Beyond categorical diagnostics in psychiatry: Scientific and medicolegal implications. International Journal of Law and Psychiatry, 33, 59–65.
[ix] Moncrieff, J. (2008) The Myth of the Chemical Cure: A critique of Psychiatric Drug Treatments. Basingstoke, Palgrave Macmillan.
[x] Tallis, R. (2011) Aping Mankind: Neuromania, Darwinitisand the Misrepresentation of Humanity. Durham, Acumen.
[xi] Davidson L. Living Outside Mental Illness: Qualitative Studies of Recovery in Schizophrenia. New York University Press, 2003.
[xii] Mancini MA, Hardiman ER, Lawson HA. Making sense of it all: consumer providers’ theories about factors facilitating and impeding recovery from psychiatric disabilities. Psychiatr Rehabil J 2005; 29: 48–55.
[xiii] Read, J., van Os, J., Morrison, A., Ross, C. (2005) Childhood trauma, psychosis and schizophrenia: a literature review with theoretical and clinical implications. Acta Psychiatrica Scandinavica, 112: 330–350, DOI: 10.1111/j.1600-0447.2005.00634.x
[xiv] Read J, Perry BD, Moskowitz A & Connolly J. (2001)The contribution of early traumatic events to schizophrenia in some patients: A traumagenic neurodevelopmental model. Psychiatry;64:319-45.
[xv] Read, J, Bentall, R. & Fosse, R. (2009) Time to abandon the bio-bio-bio model of psychosis: Exploring the epigenetic and psychological mechanisms by which adverse life events lead to psychotic symptoms. Epidemiologia e Psichiatria Sociale, 18, 4, 299-310
[xvi] Boydell. J., van Os, J., McKenzie, K., Allardice, J., Goel, R., McCreadie, R., Murray, R. (2001) Incidence of schizophrenia in ethnic minorities in London: ecological study into interactions with environment British Medical Journal; 323 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.323.7325.1336
[xvii] Janssen, I., Hanssen, M., Bak, R., Bijl, V, De Graaf, R., Vollebergh, W., McKenzie, K. & Van Os, J. (2003) Discrimination and delusional ideation British Journal of Psychiatry, 182, 71 – 7 6.
[xviii] Karlsen, S. & Nazroo, J. (2002) Relation Between Racial Discrimination, Social Class, and Health Among Ethnic Minority Groups American Journal of Public Health 92, 624 – 631.
[xix] Karlsen, S. & Nazroo, J., McKenzie, K., Bhui, K. & Weich, S. (2005) Racism, psychosis and common mental disorder among ethnic minority groups in England. Psychological Medicine, 35, 1795–1803. doi:10.1017/S0033291705005830
[xx] See http://www.hearing-voices.org/about-us/position-statement-on-dsm-5/ accessed 20th May 2013
[xxi] See http://www.mhe-sme.org/news-and-events/mhe-press-releases/dsm5_more_harm_than_good.html accessed 20th May 2013
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Nous reviendrons sur cet excellent article, publié sur blog, ultérieurement. Nous commençons par vous le livrer tel quel.
PHG
DSM, mon amour. Dispute sur la nature de l’âme humaine
28 mai 2013
par Michel Rotfus
Flectere si nequeo Superos, Acheronta movebo
Si je ne parviens pas à fléchir ceux d’en haut, je ferai bouger le peuple de l’Achéron.
Virgile, Enéide, VII, 312, citation mise en exergue par Freud à la Traumdeutung.[1]
« La question “Qu’est-ce que la psychologie?” semble plus gênante pour tout psychologue que ne l’est, pour tout philosophe, la question “Qu’est-ce que la philosophie?”. Car pour la philosophie, la question de son sens et de son essence la constitue, bien plus que ne la définit une réponse à cette question. Le fait que la question renaisse incessamment, faute de réponse satisfaisante, est, pour qui voudrait pouvoir se dire philosophe, une raison d’humilité et non une cause d’humiliation. Mais pour la psychologie, la question de son essence ou plus modestement de son concept, met en question aussi l’existence même du psychologue, dans la mesure où faute de pouvoir répondre exactement sur ce qu’il est, il lui est rendu bien difficile de répondre de ce qu’il fait. Il ne peut alors chercher que dans une efficacité toujours discutable la justification de son importance de spécialiste, importance dont il ne déplairait pas absolument à tel ou tel qu’elle engendrât chez le philosophe un complexe d’infériorité.(…) »
Georges Canguilhem, Qu’est-ce que la psychologie ?[2]
« Tout homme « normal » porte en lui le germe de la folie. Tout homme, sans exception, peut à la seconde, basculer dans un autre monde ».
Edouard Zarifian, Les jardiniers de la folie.[3]
Une très vieille question sans cesse actualisée : qu’est-ce que l’âme ?
La réponse à la très vieille question « qu’est-ce que l’âme ? » semble aujourd’hui toujours aussi indécise, partagée entre celles de la neurologie et de la génétique d’un côté, c’est-à-dire des sciences naturelles, de la psychologie comme science des réactions et du comportement d’un autre, et enfin d’une science du sens intime où, après une longue et tâtonnante histoire[4] s’est établi pendant un temps le triomphe d’une psychologie des profondeurs de l’âme sous le nom de psychanalyse. « Le psychique n’est plus seulement ce qui est caché, mais ce qui se cache, ce qu’on cache, il n’est plus seulement l’intime, mais aussi – selon un terme repris par Bossuet aux mystiques – l’abyssal »[5].
Dans ce champ de tension définitionnelle, -la question reste de savoir si l’on peut dire conceptuelle-, on aura beau chercher ce que les philosophes peuvent aujourd’hui en dire : ils sont absents de cette interrogation. Qui prétendrait courir le ridicule d’un « traité de l’âme »[6], si l’on veut bien se souvenir qu’étymologiquement, psychologie signifie science de l’âme ? Le badigeonnage lexical qui consiste à habiller en franco-grec du nom de psyché, psychisme, ce que le latin nomme anima, âme, ne change rien à l’affaire. Ou plutôt, il nous montre clairement où se tient tout discours à prétention savante sur ce que l’âme-psychisme est supposé être.
L’ancienne « folie » dont Michel Foucault a retracée l’histoire flamboyante, a laissé place à l’aliénation mentale, puis aux maladies mentales. Etant désormais à part entière une branche de la médecine, la médecine mentale en épouse aussi la méthode en constituant ses nosographies, dans une histoire riche et mouvante. Georges Canguilhem a pu déclarer à ce propos que l’histoire de la médecine aliéniste et de la médecine mentale n’est peut-être rien d’autre que celle des changements de nom des entités nosographiques, des maladies[7].
Qu’on ne s’y trompe pas la question, n’a rien de spéculatif, au sens courant et banal, fortement péjoratif, de ce qui est fondé uniquement sur la théorie et non sur la pratique, de ce qui est abstrait, conceptuel, idéaliste, chimérique, c’est à dire métaphysique, philosophique. Elle est scientifique au sens le plus noble du terme, et donc épistémologique[8] comme on dit en France. La bataille qui se déploie depuis quelques temps autour de la publication, qui vient d’avoir lieu, du DSM-5, pour peu qu’on lui prête une attention suffisante et suffisamment éclairée[9], montre que nous sommes ici au cœur d’enjeux qui concernent la vie personnelle de chacun, la « santé » mentale et la souffrance psychique, mais aussi bien la normalité et le pathologique, l’organisation de la vie sociale, le rôle du politique dans son emprise sur les personnes comme sur le champ du social. C’est à dire, de ce que Michel Foucault a nommé dans son cours au Collège de France, la Biopolitique[10].
L’usage s’en aujourd’hui généralisé : un bon nombre de professionnels du domaine de la santé mentale utilisent le DSM pour déterminer les diagnostics après évaluation et les communiquer à leurs patients. Les classifications des troubles et maladies mentales sont désormais enseignées dans la formation de ces `professionnels.
Je cite le texte de présentation du dossier publié par le journal Le Monde du 13 mai dernier [11]:
Pétitions, appels au boycott, déclarations et livres-chocs de spécialistes dénonçant un ouvrage « dangereux » qui fabrique des maladies mentales sans fondement scientifique et pousse le monde entier à la consommation de psychotropes… Aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays dont la France, la tension monte dans les milieux psy, à quelques jours de la présentation officielle de la nouvelle édition du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), prévue au congrès annuel de l’Association de psychiatrie américaine (APA) qui se tient du 18 au 22 mai à San Francisco.
Si les précédentes révisions – les deux dernières ont eu lieu en 1980 et en 1994 – ont déclenché des controverses, jamais elles n’ont, semble-t-il, été aussi vives que pour cette nouvelle mouture. Comme le souligne avec humour un article paru le 25 avril dans Nature, l’une des seules suggestions qui n’a pas soulevé de hurlements de protestation pendant le processus de révision a été… le changement de nom, de DSM-V en DSM-5.
Le DSM-5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5 pour cinquième édition) est l’ultime version d’un ouvrage qui règne sur la psychiatrie mondiale en décrivant, une par une, les 450 pathologies mentales qui nous menacent.
« La colère gronde, des pétitions et des manifestes circulent, y compris outre-Atlantique, pour « dénoncer cette psychiatrisation à outrance de nos modes de vie ».Au point qu’aux États-Unis, le très sérieux National Institute of Mental Health prend ses distances »[12].
En France, la mobilisation monte :
Après une très efficace campagne de presse conduite par le psychiatre et psychanalyste Patrick Landman, et par les portes paroles du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, campagne qui a été fortement relayée par tous les medias, doivent se tenir deux grandes réunions publiques : l’une à Villejuif les 31 mai et 1er juin 2013
organisée par le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire[13], et les CEMEA, les « ASSISES CITOYENNES pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social[14] ». L’autre , organisée par Patrick Landman à la Maison de Métallos, Paris 11ème, le samedi 1er. juin : Quel diagnostic en psychiatrie ?
« On doit se battre, » dit avec force Patrick Landman dans l’article déjà cité du journal Libération (…) il énumère les dangers qui nous guettent : « Non au surdiagnostic, non à la pathologisation de la vie quotidienne, non à la surprescription médicamenteuse ». On pourrait en sourire, (…) mais l’enjeu est réel. Et crucial puisqu’il concerne la frontière sans cesse redéfinie entre le normal et le pathologique. »C’est le triomphe du symptôme, la mort du sujet avec son histoire personnelle et singulière », (…) ».
Ecoutons le s’expliquer plus précisément sur France-Info le 23 avril dernier :
On est dans une spirale du pire. On est passé d’un peu moins de 150 troubles mentaux en 1980, à 400 actuellement sans que cela reflète un progrès scientifique. Il s’agit d’une véritable surpathologisation : ainsi l’hyperphagie c’est à dire la gourmandise excessive (trois « crises » par mois), le syndrome prémenstruel, ou les colères enfantines qui ont des causes complexes, deviennent des maladies mentales. Une pseudo pathologie soignée avec de vrais médicaments. Avec leurs corollaires : la surprescription de psychotropes. Bien sûr il y a des conflits d’intérêts entre ceux des patients ,-mais c’est chacun qui d’une manière qui d’une manière ou d’une autre va le devenir-, et ceux de l’a
Association de Psychiatrie Américaine (l’APA), et les grands laboratoires pharmaceutiques. C’est aussi une affaire de méthode en privilégiant le paradigme de l’homme neuronal, on ne voit pas la part des autres facteurs sociaux, familiaux, psychiques.
Tout ceci se traduit par une augmentation considérable de la vente de psychotropes. 20% des américains en consomment et les effets à long terme sont sous analyse.
Les psychiatres et plus largement les médecins-généralistes-distributeurs-de-médicaments portent une lourde responsabilité dans l’affaire : ils ont une connaissance légère, insuffisante de la psychopathologie et se rabattent sur ce système expert, de façon a-critique. Il est très simple et donne une réponse rapide.
Les enfants sont les premières victimes de cette situation. Il y a une augmentation artificielle du nombre d’enfants invalidés. Or, avec les enfants, il n’est pas possible de faire des études pharmacologiques. Les prescriptions qui les concernent sont hors autorisation de mise sur le marché. Ils sont nombreux à être diagnostiqués autistes. « En science, on découvre des maladies. Avec le DSM, on invente des maladies ».
Comment en est -on arrivé là ?
Pour répondre à cette question, remontons le temps de plus d’un demi-siècle.
Au début des années 1950, les psychiatres américains se mettent au travail, pour répertorier les troubles mentaux. C’est un ouvrage de référence qui classifie et catégorise des critères diagnostiques et des recherches statistiques de troubles mentaux spécifiques : il s’agit d’obtenir un outil de travail le plus univoque possible et de pouvoir parler la même langue psychiatrique. Cet objectif pourrait sembler normal et louable du point de vue de la rigueur scientifique et de l’efficacité thérapeutique dans un domaine qui, sommes toutes, est une branche de la médecine. Autrement dit, il s’agit d’unifier la nosographie[15], c’est-à-dire le système de classifications des troubles et maladies mentales.
Le premier DSM (DSM I) est publié en 1952, et diagnostique 60 pathologies différentes. La deuxième édition (DSM-II) est éditée en 1968 et elle diagnostique 145 pathologies différentes. Ils étaient très fortement influencés par la psychopathologie psychanalytique et structurés entre deux formes majeures de troubles psychiques, les psychoses et les névroses.
Le DSM III en 1980, effectue une rupture importante dans l’histoire de la psychiatrie en rompant avec la psychanalyse et la psychiatrie qui s’en inspirait et en instituant un système a-théorique de classification des troubles mentaux, toujours en vigueur aujourd’hui, comportementaliste et anti-psychanalytique. Pour les auteurs anti-freudiens du DSM III et de ses versions successives corrigées, il s’agissait de permettre à n’importe quel psychiatre, quelle que soit son école de pensée, de faire le même diagnostic, confronté à un même patient. Il s’agit de retenir les fréquences statistiques en une sorte de modèle fabriqué à partir d’une moyenne statistique, qui fait penser de loin à l’idéal type selon Max Weber[16]. Il n’y a donc ici aucune prétention à atteindre des entités nosographiques dans leur réalité essentielle. Le système de classification vise à ramener les pathologies psychiatriques aux pathologies somatiques. Il repose sur un modèle biomédical et évacue toute considération sur l’étiologie des troubles psychiatriques. Ainsi, la différenciation classique entre névrose et psychose s’estompe, l’hystérie est démantelée en plusieurs catégories diagnostiques, de nouvelles catégories comme l’état de stress post-traumatique ou le trouble de la personnalité multiple apparaissent. Les catégories sont définies par des critères diagnostiques quantitatifs pour augmenter la fiabilité du diagnostic et sa reproductibilité. Cette méthode a été validée par l’Association américaine de psychiatrie (APA) [17].
Le DSM-IV est publiée en 1994 et reconnaît 410 troubles psychiatriques. Il est légèrement révisé en 2000 (DSM-IV-TR). Il prolonge et approfondit le travail entamé avec le DSM-III. Le DSM-IV est un système de classification par catégories qui sont des prototypes. Ainsi un patient possédant une approximation du prototype est classé dans ce trouble.
Le DSM 5 qui vient de paraître le 22 mai, poursuit dans cette logique, en démultipliant le nombre de pathologies identifiées, en pathologisant les habitudes de la vie quotidienne.
Des critiques viennent des milieux psychiatriques liés à la génétique et aux neurosciences. L’un des grands experts psychiatres américains (du NIMH, l’Institut national de santé mentale), le docteur Thomas R. INSEL dénonce le DSM 5 en lui reprochant d’avoir quitté la science (les causalités) au profit des symptômes (le comportement). Il propose de recentrer la psychiatrie vers un autre projet (Research Domain Criteria, ou RDoC) en relation avec la génétique et les neurosciences. Curieuse critique : car le DSM, depuis sa troisième édition, en tournant le dos à toute approche étiologique a quitté toute démarche en terme de cause. On peut voir, derrière cette montée au créneau des neurosciences et de la génétique, une ambition d’intégrer le domaine de la maladie mentale dans celui des sciences du cerveau et de mettre les maladies de l’âme sur le même plan que celui de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.
Par rapport aux systèmes antérieurs de classification des maladies mentales marquées par la diversité, l’hétérogénéité, on pourrait trouver louable l’homogénéisation du système des maladies. Elle est en fait problématique et les effets sont catastrophiques.
Ce qui ici fait problème, c’est justement qu’il s’agit de maladies mentales et non pas de maladies organiques. En ce qui concerne les maladies organiques, si on prend l’exemple d’une tumeur cancéreuse, il est bon et même nécessaire que la pathologie soit identifiée, comprise, et exprimée dans une langue univoque, s’appuyant sur des symptômes identifiés et interprétés de la même façon, et que le mode de traitement soit codifié, après avoir été éprouvé, de manière à permettre l’efficacité maximale du diagnostic et des soins. Ainsi, dans la diversité des services cancérologiques des hôpitaux d’un même pays comme dans ceux des hôpitaux de tous les pays du monde, les médecins cancérologues disposeront d’un même protocole leur permettant la même compréhension de la même tumeur cancéreuse et une efficacité maximale dans leurs soins.
Mais en ce qui concerne les troubles et les maladies de l’âme, ce modèle est inopérant et dangereux : ces troubles et ces maladies relèvent de compréhensions et de traitements qui non seulement sont divers mais opposés et incompatibles entre eux. Quelle convergence possible entre une thérapie chimique et d’autre part une thérapie fondée sur la relation parlée entre thérapeute et patient et sur leur lien transférentiel entre eux comme c’est le cas en psychanalyse et dans la psychiatrie dynamique qui s’en est inspirée ? Sous cette exigence d’homogénéisation, c’est en fait un coup de force et une prise de pouvoir qui s’opèrent par l’organicisme et le tout chimiothérapeutique.
On pourra tout au plus espérer une complémentarité thérapeutique qui, sur un plan pragmatique, relève du pur bon sens : thérapie par la parole (psychothérapie, psychanalyse,….) ET anxiolytiques, antidépresseurs, antipsychotiques. Ce qui s’est pratiqué bien sûr, mais tend à disparaître au fur et à mesure que la psychanalyse disparaît du champ des soins psychiatriques. Car cet événement, encore impensable il y a une trentaine d’années se réalise aujourd’hui sous nos yeux.
Il s’est très progressivement traduit sur le terrain dans la formation des personnels psychiatriques, des infirmières aux médecins chefs, en passant par les travailleurs sociaux : la psychanalyse est en train de disparaître des lieux d’enseignement dans les formations universitaires, – où les postes de professeurs agrégés faisant des carrières hospitalo universitaires se raréfient comme une peau de chagrin – . Elle disparaît aussi des lieux de soins, c’est-à-dire des services psychiatriques des hôpitaux, des cliniques psychiatriques et autres maisons de santé, des C.M.P. et des C.M.P.P. où les personnels de santé pratiquent suivant ce qu’ils ont appris à pratiquer.
Il ne s’agit pas seulement ici de techniques et de stratégie de soins au sens le plus noble possible, mais de la formation de la personne soignante qui va se trouver au contact des soignés, de leurs symptômes, de leurs souffrances et de leurs angoisses, et de celles des familles et de leurs demandes. Comment résister à ce déferlement de difficultés et d’horreurs. Comment faire avec ça ? Qu’en faire ? Le traiter comme une matière brute qui fait partie du tableau avec laquelle négocier et composer, ou bien comme des éléments exogènes, parasites, indésirables et agressifs, dont il faut se protéger et se débarrasser ? Faut-il considérer qu’il y a interaction subjective entre médecin psychiatre (et bien sûr tout le reste du personnel) et malade, ou bien que le psychiatre doit occuper une position de surplomb, verticale et autoritaire, depuis son supposé savoir, caché derrière l’armure de sa blouse blanche.
Car l’originalité de la technique psychanalytique et de sa clinique, est de ne pas être seulement un outil parmi d’autres dans la boîte à outil thérapeutique. Un exemple précisera le sens de mon propos : le Professeur Pierre Delion, Chef du Service Psychiatrie Enfant et Adolescent du CHRU de Lille, explique[18] qu’il a lui-même effectué deux psychanalyses pour pouvoir faire son travail de pédopsychiatre auprès des enfants autistes comment pouvoir être devant la détresse et la souffrance des enfants autistes et de leur famille sans se barder de défenses ? Comment être à l’écoute, ne pas projeter aveuglément ses propres peurs et ses angoisses ?
On peut comprendre que, faute de ce travail sur soi, les médecins psychiatres et tous ceux qu’ils entraînent à leur suite dans leur service, se réfugient dans la nosographie, qu’ils ont tant bien que mal apprise, comme dans une forteresse, cachés derrière l’autorité de leur blouse blanche, observant les patients sur les écrans de contrôle de la salle de surveillance, réalisation idéale du Panoptique de Bentham, se satisfaisant de n’être plus que des distributeurs de molécules, et faisant appel, à l’aide miraculeuse de la fée électricité sous la forme d’électrothérapie, autrement nommée électrochocs, toujours pratiqués.
Georges Canguilhem dans Qu’est-ce que la psychologie ?[19] se réfère malicieusement à Nietzsche qui propose de faire une psychologie du psychologue. « (…) Nietzsche, esquissant la psychologie du psychologue au XIXe siècle écrit: “Nous, psychologues de l’avenir … , nous considérons presque comme un signe de dégénérescence l’instrument qui veut se connaître lui-même, nous sommes les instruments de la connaissance et nous voudrions avoir toute la naïveté et la précision d’un instrument, donc nous ne devons pas nous analyser nous-mêmes, nous connaître”.[20] Étonnant malentendu et combien révélateur! Le psychologue ne veut être qu’un instrument, sans chercher à savoir de qui ou de quoi il est l’instrument ».
Étonnante prémonition de ce maître en épistémologie : il n’y a qu’à remplacer psychologues par psychiatres pour avoir sur eux un jugement d’une pertinence aigue. Poursuivons la lecture. Il entreprend un « (…) embryon de psychologie du testeur. La défense du testé c’est la répugnance à se voir traité comme un insecte, par un homme à qui il ne reconnaît aucune autorité pour lui dire ce qu’il est et ce qu’il doit faire. “Traiter comme un insecte”, le mot est de Stendhal qui l’emprunte à Cuvier[21]. Et si nous traitions le psychologue comme un insecte; si nous appliquions, par exemple, au morne et insipide Kinsey la recommandation de Stendhal ? ».
Et si nous traitions le psychiatre comme un insecte?
Qui sera à la place du « morne et insipide Kinsey » ?
Désormais, la chimiothérapie, le tout-psychotrope, est le seul horizon thérapeutique, assorti de méthodes inspirées des T.C.C. Les thérapies cognitives et comportementales sont peut-être de quelque utilité dans le sevrage tabagique, mais on peut douter de leur quelconque efficacité dans le domaine des maladies mentales. C’est pourquoi je n’en parlerai pas ici.
Au nom d’une simplification, d’une clarification, d’une unification, le DSM III va effectuer cet acte qui relève de la tératologie[22] épistémologique en séparant le regard clinique de la compréhension étiologique, c’est à dire de la relation causale entre la nature du trouble ou de la maladie et ses manifestations dans les signes observables.
Si l’étiologie est la recherche des causes de la maladie, la mise en rapport des signes cliniques et des causes qui les provoquent, la psychanalyse dispose d’une étiologie des névroses, puisqu’elle en propose une psychogenèse par une théorie de la relation conflictuelle des instances psychiques, nourrie d’événements perturbateurs au cours de l’enfance de chaque sujet[23]. Le sujet névrosé se distingue très nettement du sujet psychotique : il peut converser assez tranquillement avec le thérapeute de ses difficultés existentielles, tandis que le psychotique est agité, et envahi par son délire hallucinatoire. Mais les « cases » de la nosographie psychanalytique ne sont pas figées et il faut ici se garder de tout dogmatisme nosologique : dans leur évolution, le névrosé peut entrer dans des crises hallucinatoires aigues alors que le psychotique qui s’est chronicisé ne laisse plus apparaître que des symptômes qu’on pourrait prendre pour ceux d’un névrosé lambda.
Cette psychogenèse psychanalytique se trouve en concurrence avec une « organogenèse » des psychoses qui enracine dans le cerveau leur origine et leur cause. Le courant antipsychiatrique qui s’est développé en particulier aux USA, en Angleterre et en Italie enracine dans des causes sociales, dans l’interaction entre les sujets et un milieu perturbant, les causes des troubles psychiques. Une bataille féroce s’est livrée à l’intérieur de ce triangle psychogenèse/organogenèse/sociogenèse. L’histoire, dans son mouvement, peut être facétieuse et spirituelle : avant Freud, les termes de névrose et de psychose avaient un contenu strictement inverse : les névrosés souffraient de maladie des nerfs, c’est à dire, organiques, ainsi la maladie de Parkinson faisait-elle partie des névroses, tandis les psychoses étaient des maladies de l’esprit d’où l’organique était à peu près exclu.
Avec la découverte puis l’emploi systématique des psychotropes, la question de la psychogenèse des maladies ainsi soignées ne se posent plus. Les psychotropes modifient la chimie cérébrale : ils sont utilisés comme moyens thérapeutiques pour traiter les troubles mentaux dans une perspective symptomatique. En aucune manière, ils n’ont d’effets sur les causes des troubles psychiques. Leur irruption et leur succès dans le traitement des maladies mentales sont le fruit du hasard et pas du tout d’une recherche fondée sur une hypothèse neurobiologique. Ainsi en a-t-il été par exemple de la découverte du lithium[24]. Comme à Byzance au VIII ème. et IX ème. siècles où iconoclastes et iconodules se déchiraient, ce monde se divise en chimiâtres, adulateurs du tout chimiothérapeutique, et chimi-athées, avec, entre les deux, toutes les nuances. Ils ont chacun leurs croyances sur l’étiologie des maladies et adulent ou rejettent les molécules miraculeuses en fonction de celles-ci. Ces croyances pourraient être ce que Georges Canguilhem nomme des « idéologies scientifiques »[25], sortes de proto-science, c’est-à-dire science qui n’est pas encore arrivée à maturité, qui prend son modèle sur une science déjà constituée, mais qui du fait qu’elle n’appréhende pas son objet dans sa spécificité a un fondement mal assuré et utilise des méthodes approximatives qui en retour légitiment les pratiques sociales et l’ordre politique et économique.
Il est cependant difficile ici de les examiner à la lumière de ce concept-outil car…elles n’existent purementet simplement pas en tant que doctrines un tant soit peu constituées. Les neurosciences peinent à trouver dans le cerveau les causes des maladies sur lesquelles ces molécules sont actives sans qu’on puisse aujourd’hui encore comprendre pourquoi. Cette neurogenèse des maladies mentales reste encore à venir. Pour autant qu’elle le puisse. Voilà qui doit limiter leurs prétentions, sinon leurs ambitions.
Une véritable farandole de molécules, un grand huit de médicaments, une kyrielle d’effets non souhaités.
En revanche, l’usage désormais systématique et très largement pratiqué de ces molécules (les médecins généralistes, alors qu’il ne sont pas neuropsychiatres, administrent les tranquillisants de façon encore plus généreuse que les tubes d’aspirine) pose plusieurs ordres de problèmes.
Si les médicaments sont assez efficaces dans la plupart des cas pour effacer les symptômes, dépression, anxiété ou délire, l’administration au long cours de traitements chimio-thérapeutiques s’avère au bout d’un certain temps inefficace, quand s’installe une chronicité de la maladie, véritable démenti à leur supposée efficacité et à leur toute puissance. Les malades, regroupés ou non en associations d’usagers de la psychiatrie, -ou plutôt d’anciens usagers-, de plus en plus puissantes et présentes dans les instances des institutions de soins et de réflexion sur la santé mentale, s’auto-soignent, en se médiquant ou au contraire en se sevrant, ou en pratiquant toutes sortes de médecines parallèles. Ceux qui ne sont pas parvenus à se prendre en charge eux-mêmes, sont plongés dans l’errance. Nous en croisons parfois, sans le savoir, à l’abandon sous un porche ou un quai de métro, obscurs SDF dépressifs ou psychotiques, abandonnés de tous et dans les marges de la société et de la santé mentale, quand ils ne se suicident pas purement et simplement.
D’autre part, au plus près des préoccupations thérapeutiques, c’est-à-dire des soins, le tout chimiothérapeutique, produit de graves dégâts par l’accumulation des molécules ingérées. On pourrait parler ici, en paraphrasant la carte des desserts de certains restaurants, d’une véritable farandole des molécules. La chose prêterait à sourire si elle n’était pas tragique. Le tableau est quasiment apocalyptique.
Je parle ici de la diversité et de l’importance des « effets non souhaités » comme le disent les notices des laboratoires pharmaceutiques avec un extraordinaire humour involontaire. Si l’on s’en tient aux médicaments les plus fréquemment administrés, ce sont les anxiolytiques, les anti dépresseurs, et immédiatement derrière, les anti-psychotiques qui arrivent en tête du palmarès.
Voici la liste de ces effets : desséchement buccal, hyper sudation, démangeaisons cutanées, perte de la libido et impuissance, perte de la faim, perte de poids, troubles visuels, chutes de cheveux, insomnies, développement d’un parkinson (dyskénesies, hyperkenesies), perte de la vigilance, perturbation de l’activité motrice, troubles de la thyroïde. Tous ces troubles somatiques vont bien sûr être à leur tour soignés, pour autant qu’il puissent l’être efficacement. D’où de nouvelles ordonnances de médicaments complémentaires. Et d’autres médicaments encore pour protéger l’appareil digestif de leurs effets. De plus, ces antidépresseurs, anxiolytiques, et autres anti-psychotiques ne se contentent pas de dégrader le corps des malades. C’est le psychisme lui-même qui est attaqué : ils peuvent produire des renforcements des symptômes qu’ils sont censés soignés comme le développement d’angoisses paniques, qui seront à leur tour traitées par les psychiatres, portés par une véritable hubris comme sur un grand huit de fête foraine thérapeutique qui les emporte dans une fuite en avant. D’où ensuite un renforcement des nouveaux « effets non souhaités », et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps.
Ces « effets non souhaités » ne se limitent pas aux effets somatiques. C’est l’intégrité de l’intimité de la subjectivité qui est atteinte. Les fonctions intellectuelles sont aussi affectées : le plus souvent c’est la mémoire qui est dégradée en premier, voire totalement « blanchie ». Le langage se défait, jusqu’à ne plus pouvoir qu’ânonner : il devient difficile d’articuler une idée, encore plus d’en articuler deux ensemble, pour soi comme pour autrui. Disparition du langage mais aussi des idées. Difficile aussi de décider, de choisir, de vouloir : l’activité volontaire est atteinte. Il n’est pas exagéré de dire que c’est le sujet, dans son intimité et celles des fonctions qui supportent la subjectivité qui est atteint, molesté, dégradé. Jusqu’à ne plus pouvoir exister comme sujet et à connaître une errance intérieure dans les confins des territoires où l’esprit se perd. Camisole chimique n’est pas un vain mot. Un faible rayon de lumière, une prise de conscience peut survenir : la personne ainsi atteinte, sans être suicidaire, peut souhaiter la fin. Le miracle d’un sursaut peut se produire : c’est alors une course au sevrage afin d’être débarrassé de cette vertigineuse fuite en avant dans les symptômes morbides et leurs traitements. Mais ce n’est pas sans risque : c’est jouer véritablement avec la fortune, bonne ou mauvaise, en risquant les effets rebonds, c’est-à-dire, du fait de l’arrêt soudain, la production décuplée de symptômes d’angoisse panique, de dépression ou d’états maniaques. De cette loterie, on n’en sort pas toujours gagnant.
En outre, grâce aux nomenclatures du DSM et aux exigences des classements imposées en France par la sécurité sociale pour prendre en charge les patients, comme par les assurances privées aux Etats Unis pour les rembourser, un nombre considérable de personnes se retrouvent, à leur plus grande surprise, du jour au lendemain, étiquetées psychotiques, ou plutôt, pour parler le langage actuel, bipolaires et soignées comme telles. Les exigences institutionnelles pervertissent l’inscription du malade dans la grille nosographique. S’appuyant sur l’ombre et les vestiges de l’autorité de l’ancien pouvoir psychiatrique, le médecin psychiatre déclare à son patient qui n’en peur mais, sur un ton péremptoire et inspiré : « Vous êtes bipolaire. Voici votre traitement. A compter de telle date, je vous propose de vous joindre au groupe de thérapie de malades bipolaires que j’anime. Je suis spécialiste des maladies bipolaires! ».
Décrire la réalité conduit à être soupçonné de caricaturer dans une intention de dénigrement. Pourtant, dans certains services psychiatriques de certains hôpitaux, le lien thérapeutique entre soignants et soignés se réduit à la question quotidienne posée par l’interne au patient : « Sur une échelle de zéro à dix, comment situez vous votre angoisse ce matin ? On peut aisément imaginer ce que devient le regard clinique[26] du supposé thérapeute, réduit à être un M. Homais de la distribution de molécules, obsédé par son protocole et par l’évaluation quantitative de l’angoisse. Ou, suivant les cas, de l’agitation maniaque. On peut songer aussi à ce que devient l’alliance thérapeutique dans une telle relation si peu riche et si peu humaine, où le médecin n’est taraudé que par une seule question : « est-il, est-elle ou non suicidaire ? », puisque le suicide est désormais une maladie qui se traite paraît-il avec des médicaments.
De la nature de l’âme.
Cette question, celle de la nature de l’âme est au cœur de toute préoccupation sérieuse ayant pour objet l’étiologie des maladies de l’âme. On l’aura compris, la psychiatrie de la chimie en fait l’économie, elle l’ignore comme elle ignore la réponse qu’elle y apporte.
Pourtant, qu’elle le veuille ou non, elle réduit l’être humain à un malheureux tas de molécules et à leur mécanisme, à une chose. Aujourd’hui, l’histoire du jeune Werther ou de Mme Bovary se résumerait à un article dans les colonnes des faits divers des journaux, ramenée par les psychiatres à une affaire d’exaltation maniaque d’un bipolaire en crise ou de sérotonine à re-capturer par les bonnes molécules. Elisabeth Roudinesco, dans un livre ancien de quelques années mais d’une actualité brûlante[27] s’interroge : qu’en est-il des psychotropes et de la pharmacologie dans la prise en charge des maladies mentales ? Face à cette négation de la vie psychique par les théoriciens de « l’homme-machine », que devient la psychanalyse ? Ne se trouve-t-elle pas ruinée ? A-t-elle encore un avenir ?
Dans une véritable défaite du sujet, l’homme cognitif, objet des neurosciences a remplacé l’homme désirant et l’individualité a remplacé la subjectivité, chaque individu étant traité de façon uniforme par la même pharmacie. Fin de la singularité irréductible de la relation intersubjective du discours et de l’écoute. Ainsi est-on passé de l’affrontement à l’évitement, du culte de la gloire à la revalorisation des lâches.
Dans ce monde ainsi brossé, l’histoire récente de la psychiatrie a vu le triomphe de la pharmacologie et du comportementalisme. Verra-t-on un jour, dans la vitrine d’un libraire, au milieu du pullulement des autofictions, un ouvrage intitulé Autobiographie d’un ordinateur ? se demandait Georges Canguilhem, qu’Élisabeth Roudinesco cite longuement, en appuie de sa défense de l’inconscient freudien face aux thèses « matérialistes », parfois réductionnistes, des neurobiologistes et des cognitivistes. Le cerveau de l’homme nouveau fabriqué par le positivisme neurobiologique ou cognitiviste ressemble à celui que fabrique Frankenstein dans le roman de Mary Shelley. L’inconscient freudien soutient Élisabeth Roudinesco « n’est pas assimilable à un système neural, [et pas non plus] intégrable à une conception cognitive ou expérimentale de la psychologie. Et, pour autant, il n’appartient pas au domaine de l’occulte ou de l’irrationnel » (pp. 69-70).
Aujourd’hui c’est tout autant le problème de la conscience qui est posé, de l’homme-sujet, face à l’homme neuronal, de l’homme responsable, faisant exister son « je » dans l’espace du « jeu » des déterminations multiples qui l’agissent, qu’elles soient externes, sociales, et économiques, ou internes, neuronales ou humorales.
Laure Murat dans son très beau livre[28] sur les malades mentaux dans l’asile du XIX ème. s., animée par une véritable passion de l’archive, a travaillé sur celles de Sainte Anne et de la Salpetrière, en décelant la parole entre les lignes qui concernent ceux qui ont basculé de l’opinion politique au délire morbide. Pour mesurer le passage de l’une à l’autre, il lui a fallu aller chercher cette parole, non pas dans les écrits des fous, mais dans ceux des psychiatres, avec leur vocabulaire, leur syntaxe et leur style. Ce travail de l’archive souligne-t-elle est devenu impossible à propos de la psychiatrie d’aujourd’hui. Elle ne pourrait jamais écrire un livre équivalent traitant des patients du temps présent: la reconnaissance du droit des « usagers » de la médecine, leur libre accès (du moins en principe) à leur dossier médical, limite considérablement ce que les psychiatres s’autorisent à écrire d’eux. Les comptes-rendus d’entretien comme les feuilles journalières de surveillances sont minimalistes, écrits en style télégraphique, la plupart du temps par les membres du service, infirmières, élèves infirmières, aides-soignantes, sans être ensuite reprises par le psychiatre, pour être l’objet d’une synthèse assortie de commentaires. La psychiatrie est devenue muette et terne.
Qu’aurait-elle à dire d’ailleurs quand la seule chose qui l’intéresse est de noter les variations des réactions aux molécules afin de les ajuster, en plus ou en moins, ou d’en changer jusqu’à trouver la bonne. Misère de la psychiatrie loin, très loin du dynamisme fondé sur l’apport de Freud, dans la première moitié du XXème. siècle. Aujourd’hui, il ne s’agit plus à l’hôpital d’écouter la plainte de ceux qui s’y sont égarés à chercher secours, asile ou hospitalité. Il s’agit encore moins d’entendre et de laisser parler le délire quand il s’exprime, mais d’obturer plaintes et délires par les molécules appropriées. On peut encore aujourd’hui se promener dans le parc de l’hôpital Esquirol, nouveau nom donné en 1973 à l’hôpital Charenton, où le Divin Marquis finit ses jours. Dans son « postambule », par lequel se termine son livre, c’est avant tout à « l’histoire de la folie » et de son traitement – et bien sûr aussi à ce que le sort des aliéné(e)s dit de la société où ils vivent jusque dans notre actualité immédiate, évoquée in fine – que Laure Murat s’intéresse, en héritière critique de Michel Foucault.
Elle y évoque sa visite faite à Charenton –Esquirol, lieu de relégation centralisé dans le cadre de la psychiatrie de secteur de malades hagards, enfermés dans une sorte de salle commune au péristyle ancien, abrutis par les traitements chimiques. Dans ce parc, au centre de tous les regards, se dresse une statue d’Esquirol protégeant de son manteau un aliéné étendu à ses pieds : mémorial muet de ce que fut, dit-elle, « la période la plus brillante de la psychiatrie française ».
De celle où la psychiatrie avait une âme.
Est-elle désormais révolue ?
Cela dépendra de nous et de notre capacité à dire non ! A refuser cette machine à déshumaniser et à promouvoir une médecine de l’âme encore à venir qui soit à l’écoute des patients c’est à dire hospitalière.
[1] L’interprétation du rêve, traduction et présentation par J. P. Lefebvre, p. 23, Seuil, 2010.
[2] Georges Canguilhem, Qu’est-ce que la psychologie ?, conférence, prononcée au Collège philosophique le 18 Décembre 1956 et publiée dans la Revue de Métaphysique et de Morale, 1958, n° 1, 12 – 25.
Repris dans Cahiers pour l’analyse 2. Edité par Le Graphe.
[3] Edouard Zarifian, Les jardiniers de la folie, Poches Odile Jacob, 2000.
[4] Henri F. Ellenberger, Histoire de la découverte de l’inconscient, présenté par Elisabeth Roudinesco, Fayard 1994, Médecines de l’âme, Essai d’histoire de la folie et des guérisons psychiques, textes réunis et présentés par Elisabeth Roudinesco, Fayard, 1995.
Michel Foucault, Folie et déraison, histoire de la folie à l’âge classique, Gallimard, 1961 et
Maladie mentale et psychologie, PUF 1954 et 1962. Ouvrage collectif : Penser la folie. Essais sur Michel Foucault, Galilée, 1992.
[5] Georges Canguilhem, ibid., II, C.
[6] C’est à Aristote qu’on doit l’un des tout premiers, sous les titres successifs « Peri psuchè », « De anima », « De l’âme », suivant que l’on passe du grec au latin, puis du latin au français.
[7] Notes personnelles du séminaire de G. Canguilhem (1970-1971) sur l’histoire de la médecine mentale,à la fin du XIXè s.
[8] Epistémologie (du grec ancien ἐπιστήμη / epistếmê connaissance, science et λόγος / lógos, discours: dans la tradition philosophique française, c9e mot désigne le domaine de la philosophie des sciences qui étudie soit les sciences particulières, soit la théorie de la connaisance en général. En France, l’épistémologie a le statut institutionnel d’une discipline à part, distincte de la philosophie et de l’histoire : elle constitue ainsi la section 72 du CNU. Elle y occupe plusieurs dizaines de laboratoires, dont notamment l’IHPS, le Centre de recherche en épistémologie appliquée, RERHSEIS, le Centre François Viete, les Archives Henri Poincaré, le Centre Georges Canguihem, l’IRIST, l’unité Savoirs et Textes, ou le GRS, qui regroupent des centaines de chercheurs. Elle intéresse plus d’une vingtaine d’écoles doctorales et des sociétés savantes comme la Société de philosophie des sciences (dépendant de l’ENS Ulm) ou la SFHST ou des listes de diffusion comme Theuth. Ou encore comme la SIHPP.
[9] Pour une information correcte et complète on pourra se reporter au livre de Patrick Landman : Tristesse business, le scandale du DSM 5. Edit. Max Milo.
et aux dossiers proposés par
– le site de la SIHPP : http://www.sihpp.sitew.com/#Textes_d_actualite.F
– le site du CIFP : https://www.cifpr.fr/+-DSM-5-+
[10] Naissance de la Biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979. ; Hautes Etudes. Gallimard/Seuil, 2004.
[11] Psychiatrie : DSM-5, le manuel qui rend fou. Présentation par Sandrine Cabut du dossier proposé par Le Monde Science et Techno, 13.05.2013.
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/05/13/dsm-5-le-manuel-qui-rend-fou_3176452_1650684.html
[12] Libération : Fronde contre la psychiatrie à outrance 7 mai 2013. http://www.liberation.fr/societe/2013/05/07/fronde-contre-la-psychiatrie-a-outrance_901586
[13] Le Collectif contre la nuit sécuritaire est animé principalement par les Dr. Patrick Chemla et Hervé Bokobza, psychiatres.
Les CEMÉA : je résume ce qu’on peut lire sur leur site (http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article6771) : mouvement d’éducation nouvelle, association d’éducation populaire, et organisme de formation professionnelle, ils sont porteurs depuis plus de 70 ans, d’une large expérience sociale et collective. Les Ceméa sont reconnus d’utilité publique et sont agréés par les grands ministères de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, de l’Action sociale, de la Culture, de la Communication, des Affaires étrangères. Ils se sont donnés pour objectifs : construire l’éducation nouvelle au 21e siècle. Faire vivre l’éducation, développer les pratiques culturelles et la lutte contre toutes les exclusions. Agir dans les institutions pour la jeunesse et l’éducation populaire. S’engager pour le développement durable et pour les solidarités nouvelles, entre les générations, en Europe et dans le monde. Consolider les centres de vacances et de loisirs et se mobiliser pour le droit aux vacances pour tous. Leur projet s’appuie sur les valeurs de l’éducation nouvelle et la mise en action des individus, par les méthodes d’éducation active.
[14] La plaquette de présentation de ces assises est consultable à : http://www.collectifpsychiatrie.fr/wp-content/uploads/2013/02/Plaquette-Assises.pdf
Elle rappelle sa mobilisation contre l’ensemble de lois et des mesures réglementaires, tendant à normaliser les conduites et les populations, et pour certaines à les criminaliser, demandant leur abrogation, et appelant à une psychiatrie centrée sur le soin des personnes en souffrance psychique, la réinventant et la refondant.
[15] La nosographie est la description et classification des maladies.
[16] Dans la sociologie de Max Weber, l’idéal type n’a pas pour finalité de retranscrire la réalité : c’est seulement un guide dans la construction des hypothèses. Il consiste tout d’abord à relier dans une trame commune, des phénomènes potentiellement disparates de l’expérience. Il faut ensuite apporter une cohérence à l’ensemble des traits ainsi reliés, quitte à en atténuer voire à en gommer certains, et au contraire à mettre en avant d’autres. L’idéaltype est une production idéalisée, qui n’a qu’une simple valeur logicienne : il est le support de comparaisons et de classements et constitue une utopie qui doit aider à la réflexion.
[17] Le livre de Stuart Kirk et Herb Kutchins, Aimez-vous le DSM ? Le triomphe de la psychiatrie américaine, Les empêcheurs de penser en rond, Synthélabo. 1998, retrace cette épopée, dont un des épisodes marquants a été la question du retrait de l’homosexualité hors des maladies mentales. Cette « avancée » s’est faite dans un contexte de très violentes polémiques aux Etats Unis. Mais au-delà, il analyse la nouveauté radicale des classifications des mentales.
[18] Il l’a redit encore lors de son intervention vendredi 31 mai dernier, aux Assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social.
[19] Op. cit.
[20] Nietzsche .La volonté de puissance, trad. Bianquis, livre III, § 335.
[21]“Au lieu de hall le petit libraire du bourg voisin qui vend l’Almanach populaire, disais-je à mon ami M. de Ranville, appliquez-lui le remède indiqué par le célèbre Cuvier; traitez-le comme un insecte. Cherchez quels sont ses moyens de subsistance, essayez de deviner ses manières de faire l’amour”. Stendhal, Mémoires d’un Touriste, Calmann-Lévy, tome II, p. 23).
[22] Si la tératologie (du grec τέρᾰς, monstre et logos, science) est l’étude scientifique des malformations congénitales, l’étude des monstres, (être vivant présentant une importante malformation), on comprendra mon jeu de mots qui désigne ici une théorie scientifique elle même monstrueuse.
[23] Pour toutes ces explications, je me suis largement inspiré de celles d’Edouard Zarifian dans Les Jardiniers de la folie.op. cit.
[24] E. Zarifian, op. cit., p. 79-chap. 3, Les médicaments du cerveau.
[25] Idéologie et rationalité dans l’histoire des sciences de la vie. Vrin, série « Problèmes et controverses »,
1977.
Voir la très remarquable étude qu’en fait Pierre Macherey Canguilhem et le concept d’idéologie scientifique, 14-05-2008, Groupe d’études la philosophie au sens large, CNRS/Lille 1 et 3. On en trouve le texte sur :
http://stl.recherche.univ-lille3.fr/seminaires/philosophie/macherey/macherey20072008/macherey14052008.html
[26] Le terme « clinique » vient du grec klinikê, repris en latin sous le terme clinicus : il se dit de ce qui se fait près du lit des malades. Clinique est un terme de médecine au sens où une leçon clinique est celle qui est donnée dans un hôpital près du lit des malades. Il désigne l’observation directe qui se fait auprès du malade, par l’identification des signes cliniques qui vont permettre l’établissement d’un diagnostic. Le concept de regard clinique peut être compris comme un langage technique sur les corps des malades, construisant de manière raisonnée un diagnostic en se fondant sur l’analyse systématisée des signes et des symptômes que le « technicien du corps » aura perçus. La médecine moderne s’est édifiée en même temps que s’est construit ce regard clinique : il réunit, en une relation singulière, le médecin et la personne soignée.
Voir Michel Foucault, Naissance de la clinique, PUF. 1963.
[27] Élisabeth Roudinesco, Pourquoi la psychanalyse ? Fayard, 2000.
[28] Laure Murat, L’homme qui se prenait pour Napoléon, Pour une histoire politique de la folie, Gallimard, 2011
STOP DSM: AVERTISSEMENT D’INCENDIE
16 octobre 2012
par Gilles Olivier Silvagni
Dans la marine de l’ancien temps, il y avait une mascotte sur chaque navire: souvent un chat, parfois un petit chien, surveillé de près par l’équipage, choyé et gâté par des marins pourtant réputés pour leur cruauté envers les animaux. C’est que la santé – la maladie ou la mort – de cette mascotte annonçait le destin de l’équipage.
Qu’on m’exuse ici de cette histoire archi-connue, mais enfin, c’est le moment ou jamais de bien se souvenir que le plus faible d’entre nous est le premier à pâtir du sort funeste qui nous attend.
Et c’est exactement ce qui est ici en question : ce qui nous attend si nous laissons faire.
Je le souligne avec d’autant plus d’insistance, que, bien que profondément convaincu de la bonté naturelle de l’espèce humaine, je ne crois pas superflu de rappeler ici que c’est du sort de chacune et chacun d’entre nous qu’il est question dans cette affaire, et que, sans une solidarité et une volonté politique farouche, nous passerons tous sinon à la casserole au moins à la camisole chimique. Une camisole chimique déjà si volontiers et si bien portée au pays de Pinel et de Charcot, où l’on se goinfre de benzodiazepines, d’opiacés et autres neuroleptiques.
La catastrophe annoncée et dénoncée ici même à plusieurs reprises dans les blogs de médiapart menace plus que jamais de venir encore envenimer la situation désastreuse des malades mentaux, qu’ils soient hospitalisés, en obligation de soins, ou encore comme c’est de plus en plus le cas après les lois scélérates votées sous Sarkozy: en prison.
psychiatrie à l’agonie
Quant à la psychiatrie, qui n’a plus d’internat, dont les infirmiers ne sont plus reconnus comme les vrais professionnels qualifiés qu’ils sont, et dont le budget est misérable: elle est à l’agonie, depuis que les DSM III et IV sont devenus, erreur fatale, la référence en matière de diagnostic et de prescription.
Avec le DSM V dont on annonce la prochaine entrée en vigueur, désormais il y a le feu.
Voici le texte intégral d’une pétition. C’est un texte long, détaillé, qui ne peut se permettre de simplifier mais qui est accessible aux non-spécialistes au prix d’un effort pourtant nécessaire.
De plus, ce texte révèle une situation sinistrée et peu connue de l’opinion publique: il mérite d’être lu attentivement par toutes celles et ceux qui savent à quel point ce qui se joue dans le domaine de la santé mentale, et ce qui s’ourdit contre les plus vulnérables d’entre nous, est annonciateur des pires dérives en matière de libertés individuelles.
Pour signer : cette pétition (adresse rendue inopérante avec le temps)La « souffrance psychique » déborde la définition habituelle des maladies, car elle peut concerner chacun. L’Organisation Mondiale de la Santé la considère comme une priorité. Mais l’O.M.S. s’est engagée sur ce terrain selon un choix univoque, en considérant comme un acquis scientifique le manuel de l’A.P.A. (American Psychiatric Association). Ce choix unique de l’O.M.S. porte un nom générique, celui du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders). Sa troisième version stigmatise les conflits d’intérêt en psychiatrie et elle est contemporaine des recommandations de traitements comportementalistes et des TCC. Et comme ces méthodes sont aléatoires, elles participent de la promotion d’un complément pharmacologique indispensable.
1. Quelle est la valeur scientifique du DSM ?
Son ancêtre, le SCND est une compilation empirique rédigée en 1932 pour l’armée américaine. En 1948, l’O.M.S. s’en est servie pour rédiger l’International Classification of Diseases, qui en est à sa dixième version (ICD10 ou CIM10 pour la France). Les différentes versions du DSM ont été rédigées depuis 1952 par l’American Psychiatric Association. Alors que le DSM II prenait en compte l’approche dynamique de la psychopathologie, le DSM III, qui parut en 1980, a évacué toutes références à la psychanalyse au nom d’une totale neutralité théorique. Il en résulte une méthodologie descriptive, volontairement ignorante des concepts psychologiques à partir desquels aurait pu s’élaborer une classification objective, clinique et scientifique des grands champs de la psychopathologie.
Il existe de nombreux sous-ensembles du DSM. Leur méthodologie va à contresens des critères d’objectivité de n’importe quelle branche des sciences de la nature, comme de ceux de n’importe laquelle des sciences humaines. Pour qu’une observation prétende à la scientificité, il faut qu’elle isole des invariants latents, des déterminismes qui font axiomes et dégagent des structures réduites. Cette démarche s’appuie sur l’observation de faits en se gardant de tout présupposé. Elle s’appuie sur les acquis de l’expérience qui seule permet de vérifier leur intérêt diagnostique et leur valeur prédictive. C’est le contraire de la méthodologie du DSM, qui n’a aucun précédent dans aucune science, sinon les premières classifications encyclopédiques (Linné, Buffon…) qui classaient les espèces selon des caractères distinctifs avant de se tourner vers des classifications comparées mettant en évidence des traits communs aux différentes espèces. Dans son introduction, il est vrai, le DSM se déclare idéologiquement athéorique. Mais est-ce possible dans la recherche ? Le DSM démontre lui-même que non, car il suffit qu’une liste de « troubles » manifestes soit établie sans tenir compte des structures où ils s’inscrivent, il suffit que ces « troubles » soient détachés des circonstances subjectives de leur éclosion, pour que l’hypothèse d’une cause organique s’impose aussitôt. Cette conception réductionniste d’un « homme machine » n’a trouvé jusqu’à ce jour aucune preuve corroborée par l’expérience, y compris dans les travaux neuroscientifiques les plus reconnus.
Au contraire du DSM, les avancées scientifiques les plus récentes dans le domaine de la neuroplasticité ou de l’épigenèse montrent qu’on ne peut plus opposer causalités psychique et organique, puisque la première influe sur la construction de la seconde. La prédictibilité s’en trouve subvertie : on n’utilise jamais deux fois le même cerveau. Mais en supprimant la causalité psychique, le DSM impose en contrecoup la causalité organique. Ce choix est d’autant plus antiscientifique qu’il proscrit d’autres références et que son usage est imposé aux praticiens dans le codage des diagnostics. Or l’impossibilité de réfuter un point de vue a pour conséquence de le faire sortir du domaine de la science (comme l’a montré Karl Popper). Quelle que soit l’idéologie de scientificité des troisième et quatrième versions du DSM, leur méthodologie ne l’est pas.
La deuxième caractéristique antiscientifique de la méthodologie DSM est qu’elle rassemble des statistiques qui ne concernent pas les patients, mais les avis d’un échantillon de psychiatres. Il ne s’agit pas d’observations cliniques, mais du décompte des opinions, parfois recueillies de manière arbitraire. Cette méthode d’apparence démocratique n’a jamais existé dans l’histoire des sciences. Un vote ne peut servir de preuve, et cette nomenclature a été mise ainsi sous la coupe de l’opinion, comme le montre sa légitimation par le terme de consensus. Il s’agit d’un indice de popularité, mais en aucun cas de validité scientifique.
Ces premières caractéristiques non scientifiques du DSM, ne font cependant pas obstacle à leur intérêt épidémiologique, qui peut entrer dans le cadre d’une gouvernance rationnelle. Si l’on tient à s’en servir à cette fin, les praticiens ne devraient pourtant pas être contraints de s’y référer dans un but diagnostique et pronostique, obligation d’ailleurs contraire à l’éthique médicale et à celle des soins psychiques.
2. Quelle est la validité clinique de cette méthodologie ?
Evidence Based Medecine
Les répertoires de « troubles » et de « dysfonctionnements » ne donnent de la souffrance psychique que des clichés de surface. Dans aucune branche de la médecine, un praticien ne diagnostiquerait une maladie en se fiant aux apparences, à l’expression manifeste d’un symptôme. Comme les retours d’invariants réguliers sont évités par principe, les descriptions de surface se multiplient : la référence à l’Evidence Based Medecine, qui entend privilégier la preuve dans un but de plus grande efficience montre son objectif en limitant l’exploration clinique à l’évidence la plus superficielle ou en mélangeant des éléments d’ordre hétérogène (cliniques et moraux en particulier) : ainsi par exemple, comme l’a remarqué le Pr. Misès à propos du « trouble des conduites », « l’incivilité » devient une maladie.
faux positifs
Le résultat est une inflation de « troubles » qui corrobore l’absence de scientificité, alors que cette dernière permet au contraire de limiter la grande variété des manifestations à quelques types cliniques, dont le nombre est réduit. Depuis la version de 1952, le DSM est passé du recensement de 106 pathologies à 410 « troubles » identifiés dans sa version actuelle. La prochaine version, le DSM V, en cours d’élaboration, devrait enregistrer au moins une vingtaine de catégories supplémentaires. En termes de pathologie mentale, elle aura construit des « faux positifs » dont les seuls bénéficiaires risquent d’être les groupes pharmaceutiques. De plus, cette inflation favorise la naissance de concepts fourre-tout qui justifient des pratiques de soins dangereuses et ségrégatives pour les enfants.
suppression de l’hystérie
Dans les versions passées du DSM, une catégorie clinique aussi constante que l’hystérie, dont la consistance est attestée par l’expérience depuis l’Antiquité, a été supprimée. De même, la névrose n’est plus homologuée depuis 1980 et, l’homosexualité a dû attendre 1987 pour ne plus être considérée comme une maladie mentale. En fait, la sexualité n’a, paradoxalement, plus de statut depuis cette date… On en retire l’idée que ces statistiques se réfèrent à la culture américaine, à ses normes et à ses modes, alors que ces classifications de psychopathologie ont une ambition internationale. L’O.M.S., en effet, compte imposer l’application de l’ICD dans le monde entier d’ici quelques années.
syndrome de risque
Pour ce qui concerne maintenant le futur projet de DSM V, il invente de nouvelles catégories de nature uniquement dimensionnelle, basée sur l’amplitude des manifestations jugées pathologiques, comme par exemple « le trouble d’hypersexualité » ou « le trouble paraphilique coercitif ». Beaucoup plus inquiétant encore, l’instauration de valeurs prédictives prévoit des « troubles » futurs. Chacun sera ainsi potentiellement un malade et donc susceptible d’être traité préventivement. Cette inflation vertigineuse va atteindre des sommets avec l’invention de « syndromes de risque », tel que le « syndrome de risque psychotique » qui imposerait, en passant de la prévention à la prédiction, de prescrire systématiquement des psychotropes à une proportion non négligeable d’adolescents jugés atypiques. Et cela, alors qu’aucun test de terrain n’en justifie l’utilité. Une telle extension de la pathologie pourrait d’ailleurs s’avérer contraire aux Droits de l’Homme.
3. Le DSM nuit à la santé
Avec un catalogue de critères suffisamment large, un psychiatre ne sera bientôt plus nécessaire. Un médecin ne le sera pas non plus, ni même un infirmier. Le pharmacien pourra distribuer directement des psychotropes. Si c’était vers cette politique de santé que les États étaient orientés, quelle en serait l’efficacité ?
malade dificile
Un diagnostic DSM répertorie des manifestations comportementales sans la profondeur de champ d’aucune structure d’ensemble psychopathologique, et cela à rebours de toute la psychiatrie clinique. Chaque comportement correspond à une case à cocher et n’est plus que le signe d’un « désordre » érigé en entité pathologique innée. S’y ajoutent des notions comme celle de « malade difficile », ou de « non compliance au traitement ». Enfin, certaines catégories DSM (par exemple, celles codées de F20 à F31) vont à l’évidence être mises au service de transferts de compétences vers le médico-social, vidant la psychiatrie publique et privée de son contenu. Déjà, dans certains services de la région parisienne, et au nom de l’objectivité, le recueil de check-lists dès le premier entretien a détrôné la sémiologie clinique, jugée subjective, ainsi que l’approche dynamique des symptômes. Le DSM supprime toute référence à une causalité psychique ou historique, sans laisser sa place aux événements traumatiques de la vie du patient et de son anamnèse ; tout est programmé comme si la condition humaine pouvait être médicalisée. La cure relationnelle, ou simplement la parole sont invalidées comme outils thérapeutiques, de sorte que les patients qui ont un besoin urgent de se confier risquent de choisir des thérapies non scientifiques, voire sectaires, avec la caution involontaire des pouvoirs publics.
Sur la base de ces check-lists, la plupart des patients sont médicamentés abusivement ou trop longtemps. Comme le même symptôme joue dans des structures différentes, qui ne commandent pas la même conduite thérapeutique, et comme ce symptôme est susceptible d’être étouffé par un traitement pharmacologique, la cause première de la souffrance psychique devient méconnaissable et le patient, inguérissable bien que lourdement médicalisé. Dans la mesure où elles soulagent des effets et non leurs causes, les prescriptions s’auto-reconduisent et augmentent dangereusement, jusqu’à la dépendance – sinon à l’addiction. Lorsqu’un protocole de soin échoue, au lieu de le remettre en question, on crée plutôt une nouvelle catégorie. De sorte que les thérapies médicamenteuses, d’abord souvent utiles, finissent par avoir un résultat contre-productif. D’autant plus que les effets indésirables à long terme de médicaments récents sont encore inconnus et que les études prévisionnelles entre bénéfices et risques sont souvent sujettes à caution.
Ce cercle vicieux s’initie aujourd’hui dès l’enfance. Pour une action préventive en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, les pédopsychiatres, en majorité de formation analytique, veulent collaborer avec les pédiatres et les intervenants scolaires, afin de détecter les signes de souffrance psychique. Et cela afin d’éviter qu’une souffrance latente évolue et se fixe en psychose, en névrose sévère ou en une inadaptation permanente. Or, le prochain DSM V transforme cette prévention en anticipation thérapeutique : on ne soigne plus l’enfant pour ce dont il souffre maintenant mais pour le trouble qui pourrait un jour se manifester chez lui. Cette « prédictibilité » risque d’enfermer dans un diagnostic à vie et une médicamentation pour des psychopathologies qui ne sont même pas encore apparues. Au contraire, lorsque la souffrance psychique est entendue, ce soin évite la fixation d’une pathologie.
4. Le DSM oriente les enseignements vers une pratique unique
Le succès du DSM ne procède pas de la réception positive des praticiens. Au contraire, il leur a été imposé de l’extérieur. Il a pris de l’expansion d’abord grâce aux compagnies d’assurance et aux groupes de pression qui ont exigé ses références pour leurs remboursements, aux USA et dans certains pays d’Europe. Les entreprises pharmaceutiques sont également à l’origine de grilles d’adéquations entre les catégories du DSM et l’administration de médicaments. Ces différents lobbies ont été suffisamment puissants pour amener des universités de plus en plus nombreuses à mettre le DSM au premier plan de l’enseignement, mis ainsi au service d’intérêts classificatoires, idéologiques ou financiers.
massivement tributaire du DSM et de la pharmacologie
Les futurs cliniciens sont formatés dans l’ignorance de la clinique classique. Dans l’enseignement, le préalable organiciste élimine tous les points de vue qui l’ont précédé, opérant une rupture que ne fonde l’apparition d’aucun nouveau paradigme. Jusqu’à la fin des années soixante-dix, une relative unité de la psychopathologie prévalait. La psychiatrie clinique européenne s’était enrichie grâce aux apports de la psychanalyse et de la psychologie. Ces échanges interdisciplinaires se sont cloisonnés depuis 1980 seulement, et cela de manière infondée, puisque l’objet de la psychopathologie reste le même. Aujourd’hui, l’ensemble de l’enseignement de la psychiatrie est majoritairement tributaire du DSM et de la pharmacologie. Seules les U.F.R. de psychologie enseignent encore une diversité de points de vue. Mais pour combien de temps encore ? Cette relative diversité n’est pourtant pas équitable, car ce ne sont pas les psychologues qui prennent les décisions thérapeutiques. De plus, ce clivage entre psychologues et psychiatres alimente une « guerre idéologique » inutile dont les patients et les budgets font les frais.
l’essentiel de l’enseignement post-universitaire assuré par les laboratoires pharmaceutiques
Non seulement l’enseignement médical se fait dans le pli du formatage unique DSM, mais, de plus, l’essentiel de l’enseignement post-universitaire est assuré par les laboratoires pharmaceutiques. De sorte que cette formation alimente l’expansion des prescriptions médicamenteuses, toute autre orientation de recherche étant proscrite.
lobbying occulte
Enfin, un lobbying occulte, jamais discuté démocratiquement, oblige les chercheurs à publier dans des revues qualifiantes, souvent anglo-saxonnes et de la même orientation, s’ils veulent accéder aux postes universitaires. La CFTMEA française a ainsi entravé la carrière de certains universitaires en les empêchant de publier dans des revues anglo-saxonnes, « faute de langage commun ».
5. L’orientation infléchie par le DSM est coûteuse pour les États
Les choix de l’O.M.S. retentissent de proche en proche sur les systèmes de santé des États, et entraînent des décisions onéreuses. À tous les niveaux de la santé mentale, le DSM est devenu l’instrument comptable des budgets administrés par des gestionnaires qui organisent la santé à partir de contraintes financières. Les problèmes de santé restent ainsi non traités et sont finalement plus coûteux. Des commissions inconnues du public prennent des décisions sur cette base, et comme leur référence est le DSM, elles privilégient les traitements pharmacologiques (voire chirurgicaux), sur le fond d’une paupérisation, voire d’une destruction de l’organisation sectorielle de la psychiatrie articulant l’intra et l’extra hospitalier. Le DSM est devenu le cheval de Troie de l’industrie pharmaceutique dans la pratique médicale quotidienne et principalement celle des médecins généralistes, prescripteurs de 80% des psychotropes.Ces orientations thérapeutiques génèrent un coût économique lourd pour les États et les systèmes de solidarité comme la Sécurité Sociale. Le coût n’est pas seulement un transfert de fond au bénéfice de l’industrie pharmaceutique. Il existe aussi une utilisation « médico-économique ». En fonction du codage DSM, des « taux de patients » de même que « l’intensité de soins » sont répertoriés à l’avance, et imposent des limitations thérapeutiques.
On peut avoir une idée de l’importance des coûts générés par les diagnostics DSM en examinant les différences de prescription en psychiatrie de l’enfant entre les pays qui se conforment au DSM et ceux où un autre point de vue est resté majoritaire : en France, près de 20 000 enfants prennent de la Ritaline, ce qui est bien loin des 55 000 enfants anglais et surtout des 3 millions de Canadiens et de 7 millions concernés aux USA. On ne s’étonne pas des liens d’intérêts financiers entre comité d’experts du DSM IV et industrie pharmaceutique, qui ont été maintes fois révélés, si l’on sait que les médicaments psychotropes représentant un marché extrêmement profitable. Aux USA, en 2004, les antidépresseurs ont généré 20,3 milliards de dollars de profit, les anti-hallucinatoires, 14,4 milliards. Certaines catégories cliniques épousent au plus près les indications de nouvelles molécules, préfigurant une classification pharmacologique sur mesure au gré des exigences du marketing. Une telle coïncidence entre catégorie clinique et effets des molécules ne peut que favoriser une chimiothérapie de masse.
Au contraire, si d’un point de vue financier les traitements qui privilégient la relation intersubjective paraissent d’abord plus chers en infrastructure et en personnel qualifié, ils sont à terme plus économiques, outre qu’ils gardent aux soins leur dimension humaine.
Il est possible de mettre un terme à l’hégémonie néfaste de cette nomenclature
L’O.M.S. et la W.P.A. (World Psychiatric Association) ont tenu en 2001 à Londres un symposium sur les classifications internationales. La difficulté des débats a amené l’O.M.S. à décréter un moratoire sur les révisions du DSM V et du ICD 10, jusqu’à cette année. En réalité, la valse des révisions du DSM n’a été menée qu’à la seule initiative de l’Association psychiatrique américaine et non des praticiens, comme prévu initialement. En attendant, les conséquences de l’usage du DSM sont journalières, et sont lisibles aussi bien dans certains rapports de l’INSERM que dans les décisions législatives concernant la santé mentale, ou en profondeur dans les effets ségrégatifs et sécuritaires qui grèvent non seulement le soin, mais légitiment une gouvernance politique de l’humain, dès le plus jeune âge. Désormais, le DSM est également utilisé devant les tribunaux et son apparence objective est d’autant plus dangereuse qu’elle se masque du discours de la « science ».
L’expérience a montré que les acteurs de la santé pouvaient faire reculer les effets de l’idéologie DSM. Par exemple, le succès de la pétition « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans » , signée par plus de 200 000 personnes, suite à l’expertise INSERM sur « le trouble des conduites », a amené l’INSERM à relativiser des travaux pourtant donnés comme scientifiques. De même, l’« Appel des appels » a capitalisé les critiques à l’égard des nomenclatures avec celles de la santé, de l’enseignement, ou de la recherche, en regroupant l’initiative de « Sauvons la Clinique ». D’autres réponse aux menaces actuelles ont déjà eu lieu, ou sont en cours, comme « Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire » qui a réuni récemment (octobre 2010) plus de mille personnes à Villejuif.
2003 – États Généraux de la Psychiatrie
En 2003 à Montpellier, les États Généraux de la Psychiatrie ont déjà permis une prise de position commune à l’égard du DSM IV d’une grande partie des associations psychiatriques, de la presque totalité des associations psychanalytiques et du SIUERRPP qui regroupe une grande majorité des enseignants-chercheurs-praticiens en psychopathologie clinique. La plupart des sociétés psychanalytiques françaises ont signé à cette occasion une déclaration où elles se proposaient « de travailler en commun avec les professionnels de la psychiatrie à la construction d’une référence psychopathologique plus en accord avec la réalité clinique du sujet ». Comme le note cette déclaration, le DSM engendre une pratique qui « confond le malade et la maladie. Une pratique qui ne tient pas compte de la subjectivité de l’inconscient, du conflit psychique, autant de concepts qui montrent que nos patients ont une histoire et un univers relationnel qui sont partie prenante dans la clinique qu’ils présentent ».
Nous voulons œuvrer positivement pour une clinique de la subjectivité
Le nombre des signataires de ce manifeste constitue une expertise largement aussi pertinente que les statistiques de l’A.P.A.. Nous considérons que – s’il est toujours légitime de faire de nouvelles hypothèses, comme celle du DSM –, cette nomenclature s’est imposée par des moyens extérieurs à la recherche, et elle bloque le cours normal des échanges scientifiques.
1/ Nous estimons que les cliniciens
attentifs à la souffrance psychique et à son traitement se trouvent aujourd’hui confrontés au problème supplémentaire que constitue l’imposition de cette pensée unique, faussement consensuelle, et à son utilisation dangereuse dans les décisions thérapeutiques, gestionnaires et politiques. Nous estimons qu’il faut limiter l’inflation dangereuse et coûteuse des catégories pathologiques. Il faut reprendre le fil de la clinique qui s’était construite en plusieurs siècles grâce aux échanges de la psychiatrie, de la psychologie, de la psychanalyse, de l’anthropologie.
2/ Il faut faire cesser
les pressions administratives sur les cliniciens, pressions qui, sous couvert d’exigences comptables, leur dictent une conduite thérapeutique. N’est-il pas temps, par exemple, de prendre position contre la V.A.P. (Valorisation de l’Activité en Psychiatrie) ou bien d’envisager des refus de cotation (ou bien coter F 99 – autre) ?
3/ Une méthodologie scientifique
respectant des points de vue contradictoires doit être rétablie dans ses droits. Nous exigeons à cet égard un rétablissement de la pluralité des points de vue doctrinaux dans l’enseignement, et la libération du carcan DSM dans la recherche et les revues qualifiantes. L’obligation d’un « langage DSM », d’une langue psychiatrique unique, ne doit plus servir de critère pour publier dans les revues internationales. Seul l’objet de la recherche doit entrer en ligne de compte. La pluralité des références conceptuelles doit être respectée et promue. Le DSM n’est pas et ne peut être une référence obligatoire et exclusive, servant d’outil de normalisation des pratiques et des conduites de la population. Il convient d’établir une transparence sur la nomination des experts des commissions décisionnaires dans ce domaine.
4/ Il existe d’ores et déjà
d’autres classifications que le DSM. Leur existence doit être validée et enseignée. Certaines ont déjà fait leurs preuves, telles que la CFTMEA, pour les enfants et les adolescents, qui a été à plusieurs reprises utilisée dans des études épidémiologiques et comporte d’ailleurs un tableau d’équivalence avec la CIM 10. Parallèlement, l’utilité d’une classification adaptée à la clinique sera débattue et ses fondements envisagés.
5/ Il est indispensable
de distinguer les besoins et les enjeux spécifiques, qui sont aujourd’hui confondus ou emmêlés. Les critères utiles ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit :
– Des administrations
– Des enquêtes épidémiologiques et des orientations en santé publique
– De la pratique clinique et thérapeutique
– De la recherche et de l’enseignement.
Cette reprise d’une élaboration scientifique ne signifie pas un retour au passé. Elle exige de tenir compte, en les subsumant, des apports de la psychopharmacologie et des neurosciences, qui permettent de mieux départager les médiations organiques, et la causalité psychique. Il s’agit d’autant moins d’un retour à la nosographie classique, qu’il faut prendre en considération une clinique comparative avec les apports d’autres cultures, de même qu’il faut évaluer les changements dans les modes de vie qui font apparaître des manifestations symptomatiques plus évidentes que dans le passé. De telles études permettront de fonder des critères cliniques valables universellement.
- 1 L’hyperscientisme logomachique n’est pas encore catalogué, trouble atteignant le corps des psychiatres américain en masse : conduite moliéresque impavide avec production d’acronymes pompeux digne du latin de feu Diafoirus pour désigner des faits de vie courante. NDLR
- 2 La solution : la psychothérapie relationnelle, c’est la relation qui soigne. Avec éventuellement un zest de molécule dans les moments durs, et encore. NDLR.
- 3 Confusion entre recherche (statistiques) et clinique. NDLR.
- 4 Conseil facile à administrer à quelqu’un qui au moment d’effectuer ce choix délicat se trouve souvent devant l’impossibilité de choisir de façon suffisamment éclairée, précisément. NDLR
- 5 Lequel concept de complémentarité ne doit pas servir non plus d’alibi à une politique de brouillage des pistes du désir. Oui la médicalisation du malaise peut aussi servir à obturer, empêcher un nécessaire travail sur soi, boucher avec l’issue du traitement celle de la dynamique du soin, à prévenir le difficile effort de prendre en charge sa situation et sa souffrance, au cours d’un processus d’élaboration d’une ligne de sens et d’une dynamisation de soi comme sujet, en cela phénoménologiquement soutenu et encadré par un clinicien expérimenté.
- Judith Miller contre Élisabeth Roudinesco et le Seuil : épilogue en Cassation
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- CHARLIE ET LA PSYCHANALYSE
DSM-IV – 1980, le tournant des Sysiphes(1)
abandon du psychodynamisme
ALLEN FRANCÈS en est l’un des responsables majeurs, bien entendu sous la direction de Robert Spitzer. Retenir le moment du –IV car il marque le tournant d’une révolution psychiatrique américaine, ayant entraîné par voie de globalisation le monde entier à sa suite. Le DSM-IV, de conception radicalement nouvelle opère le basculement depuis une conception psychodynamique héritée de l’influence psychanalytique vers une conception dite athéorique de la classification statistisée – c’est pas ce biais que cela sera qualifié d’entrée dans la science – des maladies mentales.
athéorisme « scientifique »?
On peut débattre de la justification du terme athéorique. Il s’agissait de permettre à n’importe quel psychiatre de n’importe quelle obédience, ou sans obédience, mais on appartient toujours finalement à une école, un courant de pensée, celui qui fera référence désormais c’est le comportementalisme, assisté par neurosciences (en clinique, presque rien), une sorte de comportementalisme neuronal. Pourquoi pas ? mais alors on n’est plus dans l’athéorisme. Il est vrai que certains tenants de la psychothérapie relationnelle ont cru un moment pouvoir applaudir. Enfin dégagé de l’hégémonisme psychanalytique, l’ouvrage de référence de la psychiatrie américaine mondialisée allait permettre de raccrocher leur wagon à cette nouvelle locomotive d’aspect neutre. Las ! elle avait neutralisée la dimension humaine fondamentale relationnelle et roulait à toute vapeur destination médicalisation de l’existence.
qui a trahi ?
Allen Francès à présent proteste, on nous a trahi, Big Pharma en est la cause. La réalité est plus complexe que ça. Le principe même du pseudo athéorisme à la base du gigantesque chantier de l’AAP confié à Spitzer (« maintenant qu’ils m’ont donné le ballon je le garde ») marque un temps fort de décrochage clinique et théorique des conceptions heureusement influencées par la psychanalyse – puis par notre psychothérapie relationnelle, dans le sillage de la psychologie humaniste (américaine !) – connues sous l’appellation de champ théorique (eh oui) psychodynamique.
de STOP DSM à POST DSM ?
La dérive, impressionnante, a fini par en inquiéter plus d’un. Chez nous Patrick Landman avec son STOP-DSM milite contre le monstre. Le SNPPsy le soutient. L’affaire est complexe. Il ne suffit pas non plus seulement de changer de principe classificateur. Il faut en revenir au principe relationnel. Pour l’instant nous en demeurons les gardiens, dans le domaine de la consultation libérale indépendante. Dont maintenir et garantir précieusement l’indépendance (gare aux sirènes des pouvoirs publics).
Mis en ligne le 2 janvier 2016 – modifié le
- 1 comme s’il allait falloir, nouveaux Sysiphes, après avoir hissé le rocher du psychodynamisme en haut de la montagne, l’ayant vu balancer au fond de la vallée psy par des psychiatre heureux de se débarrasser de l’enfant avec l’eau du bain, le rehisser. Perpétuel retour ? Ne jamais se décourager. La Résistance s’organise, nous en sommes.
- DSM, mon amour – Nouvelle dispute sur la nature de l'âme humaine
- Robert Leopold Spitzer, psychiatre américain
- Allen Francès – conférence des Diaconnesses
Terme inventé par Kurt Lewin au MIT en 1944 quand il crée le Research Center for Group Dynamics. En 1946 l’État du Connecticut passe une commande à Kurt Lewin. Il s’agit d’entraîner des animateurs sociaux à apprendre à réduire les tensions inter raciales. L’action se passe à New Britain, K.D. Benne raconte (1) comment Lewin constitue des groupes de discussion, comment appeler ça, assis autour d’une table on n’a pas le droit de sortir, ça dure, c’est dur, des groupes de dix, des étudiants, qui seront observés. Le soir les observateurs se réunissent pour dépouiller leurs observations et réfléchir à ce qui est en train de se passer dans ces groupes sans tâche autre que celle de se parler. Quand les participants prennent connaissance de ce dispositif, curieux, ils demandent à être admis à ces séances. Les animateurs (K.D. Benne, L. P. Bradford, Ronald Lippitt) et observateurs sont réticents, les participants se rendront compte de leurs incompétence et ils redoutent l’effet que pourrait produire sur les participants d’entendre parler d’eux devant eux les observateurs.
Clairement il s’agit d’une subversion (transgression autorisée) radicale du cadre en cours de route. Néanmoins, nous sommes dans le domaine de la recherche et il est dans le caractère et la conviction scientifique de Lewin de jumeler recherche et action. Les participants sont acceptés. D’abord quelques uns puis rapidement tous fréquentent ce moment d’après coup. La découverte du siècle a lieu, quasi serendipitale, prodigieuse. Le groupe centré sur l’ici et maintenant se nourrit des observations restituées à mesure (feed-back) et son processus prend un caractère exceptionnellement fertile, justifiant pleinement le terme de dynamique initialement choisi. C’est sous le nom de T-Group, pour Training, formation (aux relations humaines groupales) que la découverte fera le tour du monde.
du T-Group au groupe d’évolution
C’est sous ce nom puis celui de Basic Encounter Group, traduit en franglais (c’est ce qu’avec Étiemble on dénonçait alors) par groupe de base, (2) à base – précisément ! – d’authenticité, d’empathie-congruence, et de facilitation émotionnelle, puis de groupe d’évolution (Michel Lobrot 1964 – qui reprend l’idée lewinienne de dynamique du groupe en insistant sur le devenir et du groupe moteur et des personnes embarquées – qu’elle parvient, également véhiculée il faudrait dire propulsée par Georges Lapassade, qu’elle parvient en France, se diffuse à Royaumont, pénètre les milieux pédagogiques Célestin Freinet, se mêle aux recherches sur l’autogestion pédagogique, opère sa jonction avec la psychothérapie institutionnelle, intègre le rogerisme, se laisse à l’occasion pénétrer par le renouveau lacanien (tout cela ne va pas sans antagonismes), découvre la forme marathon, intègre la critique libertaire en cours du soviétisme bureaucratique (Lapassade, Socialisme et barbarie), se relie aux travaux de Crozier (dont le maître est Georges Friedman), à l’analyse du phénomène bureaucratique et à l’ensemble de la recherche sociologique des années 60-70 (Raymond Aron, Alain Touraine, Pierre Bourdieu, etc.). En très peu de temps la psychologie sociale aura accouché de la psychosociologie. Entre 1963 et 1966 (année où le Max Pagès de la thèse sur Rogers joignant le geste à la parole transforme son cours d’amphi en cours non directif) la révolution lewinienne a gagné l’Europe et se propage en France, où elle participera au Mouvement de Mai 68.
la révolution psychocorporelle : du groupe d’évolution au groupe de Rencontre
L’esprit d’Esalen centre alternatif californien fondé en 1962, Mecque du Mouvement du potentiel humain, débarque en Europe peu d’années plus tard, installe à Londres deux Growth Centers, le Kaléidoscope de Bill Grossman et le Quaesitor de Mike Burnett, se propage en France par Max Pagès en 1969, révolutionnant la révolution par l’extraordinaire puissance du psychocorporel et de l’improvisation théâtrale (Happening) surajoutés à la parole. Le raz de marée (on ne parle pas alors en termes de tsunami) emporte tout, fondant à Paris le CDPH (1972) et le Centre d’Évolution (groupes marathons de Jacques Durand-Dassier). Tout, excepté la psychanalyse de son côté ravie par le lacanisme. Toutefois certains Nouveaux Thérapeutes, eux, fréquenteront le lacanisme, pendant que des psychiatres pionniers (Roger Gentis) exploreront le « Mouvement du potentiel humain » dispensateur de groupes psychocorporels.
Foulkes & Bion – le groupe comme un tout (psychanalytique)
Parallèlement et même antérieurement se développèrent le groupe gestalto-psychanalytique et le groupe psychothérapique d’inspiration psychanalytique. S. H. Foulkes, disciple de Kurt Goldstein et de la Gestalt Psychologie, juif allemand émigré en Grande Bretagne, représente autant le courant gestaltiste – il fut disciple de Kurt Goldstein et de la Gestalt Psychologie – que freudo-marxiste. On pourrait classer la variété qui va surgir de la collaboration de Foulkes avec W. Bion dans la catégorie de psychothérapie communautaire (courant qui fleurira en France avec la psychothérapie institutionnelle) psychanalytique, quand les deux hommes inventent le groupe psychothérapique.
Trigant Burrow – recherche psychanalytique pionnière
Devrait-on dire réinventent, si l’on considère qu’en 1923 Trigant Burrow, analysé par le premier Jung, explore le principe de l’analyse mutuelle avec son analysant Clerence Shields pour en élargir l’expérience en 1926 à un groupe de 24 personnes réunis à Lifwynn (État de NY) en session de deux mois, inaugurant le principe et modèle de la pratique psychanalytique de groupe ? Ce qu’il consigne en 1927 dans son The Social Bases of Consciousness: A Study in Organic Psychology Based upon a Synthetic and Social Concept of the Neurosis.
eaux mêlées
Ces multiples courants s’interpénètreront pour donner un véritable bassin de l’Amazone. La terminologie a évolué. On parle à présent de psychothérapie de groupe, quand c’est le groupe qui est considéré et traité comme le sujet de l’animation, de psychothérapie en groupe quand le groupe sert seulement de caisse de résonance à du travail individuel devant le groupe. On distingue encore groupe phénoménologique et psychanalytique.
En fait tous les mixtes existent, innombrables. Des formes affadies circulent, comme le groupe de parole, évitant de prononcer le mot de psychothérapie (ni d’en faire sinon à faible dose) pour ne pas susciter de défenses, et d’innombrables formes mixtes associant l’expression libre et le travail à médiation (argile, photographie, musique, cinéma, etc.), sans compter les séminaires à thème, à un cadre groupal sans caractère particulier.
une méthodologie
Le véritable travail de groupe commence avec la mise en place de dispositifs (setting en globish) rigoureux. Le groupe lewino rogerien, centré exclusivement sur la parole (on demeure dans l’aire de la talking cure freudienne), se fonde rigoureusement sur l’
ici maintenant
, armé des principes cardinaux suivants :
– la communication dès que possible de l’observation de ce qui se passe dans le présent même de la rencontre, c’est le principe du
feed-back
(l’information sert de carburant au moteur groupal), observation dont le groupe a la responsabilité d’évaluer l’ajustement à la situation décrite (auto correction dynamique)
– ce qu’on appelle parfois l’
observation participante
, l’expression à mesure de ce que chacun éprouve, pense, imagine, de ce dont chacun se souvient dans le moment. il s’agit de parler de soi en situation, en s’adressant aux autres, individuellement ou collectivement (3).
– réexaminer ses valeurs, convictions, hypothèses de base, à l’occasion des
confrontations
susceptibles d’apparaître.
– prendre note des
éclaircissements théoriques et méthodologiques
apportés à l’occasion par l’animateur. Cette dimension didactique à caractère éducationnel ayant pris place dans les groupes de formation à la conduite des groupes (les fameux T Groups) est rare dans les groupes psychothérapiques proprement dits.
Insert adapté de Yalom mais transformé, (pp. 526 et sq.) The Theory & Practice of Group Therapy, NY, Basic Books, 2005, 668 p.-
- 1 L.P. Bradford, J.R. Gibb, K.D. Benne, T-Group theory and Laboratory method, NY, Wiley, 1964, chapitre 4.-
- 2 Il aurait fallu dire groupe de Rencontre, Rogers a écrit On Encounter Groups, New York, Harper & Row,1970, vi-172 p. qu’a traduit Daniel Le Bon, Dunod, 1970.-
- 3 On n’est pas loin de l’association libre. Les mitoyennetés méthodologiques permettront des interpénétrations.
- Roudinesco : L'héritage de la pensée 68 est-il épuisé ?
- Dossier Dolto. Pleux malfait(au)teur.
- Et la politesse dans tout ça ?
Processus spécifique en psychothérapie relationnelle et en psychanalyse (caractérisant la relation en termes de transfert – ce qui complexifie le jeu de l’intrasubjectif et de l’intersubjectif, sans oblitérer la dimension relationnelle) par lequel au cours du dialogue psychothérapique, dans l’entre-deux de l’interlocution se déploie progressivement, à l’initiative de celui qui est allé voir quelqu’un (avec qui parler), un fil narratif constitutif (ou re-constitutif) de l’avènement de la conscience de soi comme héros de son histoire, selon le principe de la réalisation de soi (Maslow : « What a man can be he must be »).
Advient alors un Je [dialoguant avec un Tu [parlant d’un Cela – en termes buberiens], le tout selon la méthode, contextualisé dans le monde (à commencer par celui du langage) éclairé d’une façon ou d’une autre par une dimension inconsciente. On peut également parler en termes de Soi (Self), instance globalisante, variable selon les écoles. La personne devient alors, au long d’une temporalité lente (on pourrait parler en termes de « slow psy »(1)), d’un cheminement libérateur, devient alors sujet responsable de sa vie. On pourrait dire qu’elle s’achemine vers elle-même : « va vers toi« (2).
Ainsi à partir d’un cadre strict une intersubjectivité au travail produit dynamiquement et conjointement de la subjectivation et du sens au bénéfice de celui venu parler de son existence à un autre professionnalisé pour cela. Cette dynamique de subjectivation ou processus intersubjectif de transformation, vers une individuation, est spécifique de deux des quatre disciplines constitutives du carré psy, la psychanalyse (répartie en obédiences) et la psychothérapie relationnelle — répartie en méthodes, écoles, techniques (ces dernières beaucoup moins qu’une méthode).
Ces deux disciplines influencent à leur tour les deux autres, la médicale (psychiatrie) et la psychologique. Cela renvoie à la dichotomie fondatrice psychothérapie-1(champ du soin médical) / psychothérapie-2 (champ existentiel ou psychanalytique du soin-souci de soi), et à l’interface possible entre les deux. Si d’entrée de jeu on mélange tout, tout est dans tout et réciproquement ce qui veut dire que rien n’est nulle part et la figure brouillée illisible. Il convient de commencer par distinguer pour pouvoir discerner et articuler.
voir également
– psychothérapie
– sujet
Philippe Grauer
20 août 2013 – 29 juin 2015 –
- 1 Les italiens ont inventé les « slow-food » qu’ils opposent aux fast-food. Une slow-psy définirait bien une psychothérapie qui prendrait son temps, le temps nécessaire au cheminement vers soi.
- 2 La personnalité Y selon Maslow est sur le modèle Abraham (vs. Adam dans la métaphore de Maslow), allons-y ensemble, c’est toi qui es aux commandes moi à tes côtés (cela ne veut pas dire passivement, bien au contraire, engagé, impliqué, voir à ce sujet psychothérapie existentielle). En termes de psychologie du développement la personne se trouve engagée vers la réalisation de ses potentialités ce qui la rapproche de l’essentiel de ce qu’elle est, de la plénitude de son humanité. Cf. A. Maslow, Vers une psychologie de l’être, Fayard, [1976] 2012, IX-267 p.- Livre capital.
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- relativisme culturelt et islamisme radical
- Judith Miller contre Élisabeth Roudinesco et le Seuil : épilogue en Cassation
E
disparate non discriminant
Par opposition à intégratif ou multiréférentiel, pratique psychothérapique consistant à emprunter sans discrimination théorique ou méthodologique des traits à toute discipline, méthode ou technique psychothérapique, psychanalytique, psychologique, psychosociologique, spiritualiste ou clinique. L’éclectisme est foncièrement polytechniciste. Il consiste à procéder sans ligne générale, sans axe armant, armaturant, sa pratique.
intégrateur / intégratif
Cette indifférence axiale renvoie généralement à un champ d’action inconsistant et incohérent du point de vue de la théorie. Il peut se rencontrer des praticiens dont le système personnel structure implicitement les emprunts syncrétiques. Auquel cas on a à faire au mieux à une pratique insuffisamment explicitée, dont la dimension pseudo ou para intégrative se situe au niveau de la personne même du praticien, intégrateur plutôt qu’intégratif. Ce psychopraticisme permet de manger à tous les rateliers sans (se) rendre compte de ce que l’on fait. Paliatif : se choisir un superviseur solide, et évoluer.
boîte à outils
Le concept de boîte à outils, ignorant l’arrière-plan théorique et méthodologique du segment de technique mobilisé, convient à celui d’éclectisme.
voir à ce sujet
– Alain Gourhant éclectisme, article dont nous ne fournissons pas l’étude critique à ce jour (15 novembre 2014). L’auteur y commet la confusion de l’éclectisme avec la multiréférentialité et l’intégrativisme. On ne saurait le lui reprocher qu’a posteriori, la responsabilité nous incombant de procéder au partage des mots et de les structurer discrètement selon un champ sémantique que quadrillent des lignes de forces conceptuelles pertinentes. On peut se féliciter que cet auteur ait entamé le travail, et constater qu’il ne l’a pas avancé, synonymisant pêle-mêle les termes clés. On repérera par ailleurs qu’à son article ASTROLOGIE il dévie clairement de la scientificité en donnant la main (main dans la main avec Stanislas Grof) à une fausse science.
– dans psychothérapie, la définition 1.
- identité et valeurs du CIFPR – qui et que vous apprêtez-vous à devenir ?
- Sciences sociales, le déclin français
- De psychothérapeute à psychopraticien
un mot qui se met en quatre
Le terme psychothérapie utilisé seul prête à confusion car on ne peut savoir s’il s’agit de psychothérapie au sens générique, recouvrant les quatre disciplines cardinales du carré psy ou bien s’il s’agit
– 1) de l’art du psychothérapeute relationnel – dorénavant la plupart du temps psychopraticien relationnel, qui s’occupe du malaise et du soin (il ne traite pas) que le patient décide de prendre de lui-même avec l’assistance d’un professionnel accrédité. À titre de psychopraticien relationnel il travaille en libéral.
– 2) de la pratique du psychologue(1) (en institution ou en cabinet), depuis 2010 renommé psychothérapeute, proposant plutôt une psychothérapie d’accompagnement, qui traite (le psychothérapeute de nouvelle appellation prodigue des soins de type paramédicaux – voir ce mot) un patient.
– 3) de la pratique du psychiatre(2), qui diagnostique et administre un traitement médicamenteux. La psychothérapie (laquelle au fait ? nous en distinguons deux) il ne l’a la plupart du temps jamais apprise (il connaît parfaitement la psychiatrie) mais la détient de plein droit médical. Il peut lui arriver de confondre consultation médicale et séance de « psychothérapie » si ce dernier terme demeure indéfini.
– 4) du soin (soin-souci, voir ici même toute la gamme du terme soin) appelé parfois psychothérapie d’inspiration psychanalytique, sorte de psychanalyse allégée ou adaptée, le concept reste controversé que prodigue le plus souvent à l’hôpital le psychologue-psychanalyste, tout en maugréant, vaticinant le « vil plomb » (Freud parlait lui de cuivre) corrompant l’or psychanalytique, le plomb d’une « psychothérapie » décrite et décriée comme discipline de la séduction, de l’illusion et de la promesse de guérir en prétendant résoudre directement le symptôme(3).
Quatre matières, deux champs disciplinaires (prescriptifs, objectivistes vs. de subjectivation, inter-relationnels + transfert) compris dans un seul vocable cela fait beaucoup. Les professionnels eux-mêmes ne pêchent pas toujours par excès de clarté là-dessus (4). Le domaine psy et ses pratiques, complexes, nécessite d’autant plus une présentation en bon ordre.
les psys
Par conséquent lorsqu’on entend prononcer le terme de psychothérapie seul, il faut se demander qui le profère, pour savoir, venant d’où il vient (sans compter on l’a vu en note les mixtes, comme la pratique de nombreux psychologues-psychanalystes), laquelle des quatre réalités bien distinctes que nous venons d’évoquer il recouvre. Pour ne pas par paresse intellectuelle ou manque d’information botter en touche en disant « mon psy ».
une école de formation à la psychothérapie relationnelle
En ce qui concerne le Cifpr, il est constant qu’il s’agit d’une école de formation à la psychothérapie relationnelle, psychothérapie dynamique intersubjective, entreprise auprès d’un psy sujet en vue de se retrouver comme sujet, par, via et dans le cadre de la relation.
formation intégrative et multiréférentielle
Comme on y dispense une formation à six matières — incluant philosophie et psychopathologie –, la psychothérapie transmise est dite multiréférentielle (corpus théoriques comportant des « axiomes » contradictoires entre eux) et intégrative (combinatoire complémentaire possible moyennant un certain bricolage et la pose éventuelle d’adaptateurs). Notre École tient à la pluralité des cadres théoriques et méthodologiques, ouverture parfois inconfortable mais propice au développement de l’esprit critique (multiréférentialité). Il sera bien temps ultérieurement d’organiser son champ méthodologique et clinique, d’élire une discipline maîtresse ou de combiner de façon réfléchie disciplines et méthodes, sans s’être de prime abord confiné et enfermé dans une seule. Sans compter que l’apport de la philosophie, donnant une note d’interdisciplinarité, complexifie encore le schéma clinique.
voir aussi
– carré psy.
– psychothérapie relationnelle multiréférentielle.
– soin et toutes ses déclinaisons.
– terminologie.
– Philippe Grauer, Profession psychopraticien, rapport moral SNPPsy novembre 2012.
– traitement.
Tous droits réservés. Mises à jour : 19 octobre 2008 – 8 août 2014 – 29 juin 2015
- 1 Parfois psychologue-psychanalyste.
- 2 Il existe encore quelques psychiatres-psychanalystes.
- 3 Là-dessus les lacaniens de l’École de la Cause distinguent la psychothérapie de type autoritaire, cognitiviste, qu’on pourrait dire prescriptive, de la psychothérapie relationnelle, sans toutefois toujours désigner celle-ci par ce déterminant.
- 4 Soit qu’ils aient intégré un mode complexe d’intervention, soit qu’ils préfèrent ignorer ou dissimuler leur réel positionnement, carences estompées, refuge dans le corporatisme ou le dogmatisme.
- VERBATIM de la réunion du 7 avril 2007 avec Xavier Bertrand, Ministre de la Santé
- Situation favorable au prix d'une certaine confusion
- Bulletin de la société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse du 9 juin 2009
Le Cifp est une école généraliste comme il y en a peu. Généraliste signifie qu’elle forme à bien davantage qu’à une méthode. La méthode tend à formater des militants, et s’estime plus ou moins implicitement appelée à sauver soit la psychothérapie soit le monde soit les deux. Le Cifp ne forme pas des praticiens appelés à travailler comme représentants d’une marque, en franchising, mais introduit à la psychothérapie relationnelle en mobilisant l’esprit critique et comparatiste à partir de quatre plus une disciplines de base : groupe psychothérapique, psychanalyse , psychocorporel, gestalt-thérapie existentielle + philosophie.
La question de la psychopathologie se combine à tout cela de diverses manières, et la philosophie couronne le tout, à moins qu’on ne la considère plutôt comme nécessaire soubassement (ou les deux).
Nous dispensons ainsi un éventail disciplinaire et interdisciplinaire dont on peut monter les fils en torsade, dont pourra user le psychothérapeute multiréférentiel à sa guise dans sa pratique prenant en compte le complexe. Il conviendra dans ce cadre de déterminer la différence entre éclectisme, intégrativisme et multiréférentialisme.
Commençons par constater que chacune de ces disciplines psychothérapiques ou psychanalytique voit midi à sa porte, et qu’elles ne figurent pas sur le même méridien. Comment résoudre cette difficulté, et la transformer en ressource ? La première chose à faire est de ne pas refuser de considérer cette réalité, qui est celle de notre temps.
La seconde consiste à jouer de cette réalité. Cela permet d’interroger chaque discipline à l’heure de l’autre, sans avoir à remettre artificiellement à l’heure de Greenwitch l’ensemble des fuseaux horaires. Nous dirons pour prolonger la métaphore que s’il faut pour s’orienter un Greenwitch la psychanalyse, fondatrice de la dynamique subjectiviste dans le domaine du psychisme, fournira le méridien zéro, sans pour autant la déclarer étalon universel auquel rapporter le reste du monde. Un certain privilège mais surtout pas tous car le monde contemporain est multipolaire.
Le Cifp s’attache à interroger chaque discipline précisément en mettant pour un temps le curseur zéro sur une autre. La « géopolitique » de la psychothérapie relationnelle bascule alors du tout au tout dès qu’on opère un décentrement. La critique suscite l’interrogation, et nous considérons ce doute méthodique comme déstabilisant certes — et pourquoi pas ? mais surtout fertile.
La déstabilisation en cours d’apprentissage donnera, crise surmontée, une sécurité épistémologique de base suffisante au praticien formé dans notre École. Cela permettra des audaces, des tentatives, de la recherche, de l’ouverture, dans un climat d’incertitude ambiante qui continue de travailler le travail du psychothérapeute relationnel devenu multiréférentiel, à partir du socle suffisamment assuré qu’il se sera constitué.
La philosophie là-dedans joue un rôle particulier. Elle peut procurer
• tout d’abord les cadres conceptuels généraux auxquels il est impossible de ne pas référer le « savoir psy »
• elle peut à son tour servir de référence et de lieu de remise en perspective
— tout en devant accepter de se voir elle-même mise en question et interpellée par la psychothérapie relationnelle.
• Enfin ses concepts eux-mêmes interrogés produiront une liberté de naviguer transversalement entre disciplines.
La psychopathologie invite de son côté au comparatisme et favorise l’exercice de l’esprit critique. Elle se trouvera enseignée et transmise selon plusieurs registres.
D’abord à l’occasion de chaque discipline, ayant secrété son propre système psychopathologique. Ensuite de façon généraliste, les fondements mêmes de la psychopathologie et de ses différents principes classificateurs étant examinés, une part importante (mais pas hégémonique) étant donnée à la psychanalyse, qui a engendré en un siècle une pensée et un questionnement incontournables dans ce domaine. Enfin de façon plus largement et profondément clinique et pratique, intégrant la question de la psychose et le travail hospitalier.
Comme vous pouvez le constater, là encore le Cifp ne manque pas les occasions de multiplier les angles de vues, de détecter le cas échéant les angles morts des différentes disciplines, de signaler les convergences locales intéressantes, les zones d’incompatibilité, sans compter les zones grises. C’est à ce prix que se forment des praticiens qui risquent moins de tomber dans l’idolâtrie d’un seul système de référence, ou d’un demi dieu psy. Ils pratiqueront alors plus volontiers l’ouverture et une sorte de doute méthodique, on peut appeler cela critique, qui les rendra somme toute plus rigoureux et plus humains. Que souhaiter de mieux pour vous-même et pour autrui ?
- psychothérapie multiréférentielle
- généraliste
- psychothérapie relationnelle multiréférentielle
Berliner Psychoanalytisches Institut
Il y a la discipline et la science, il y a les diplômes et les professions. Il y a plus. Il y a des savoirs anomiques. La psychanalyse par exemple. À Berlin Max Eitingon en 1921 créant le Berliner Psychoanalytisches Institut(1) avait mis en place une véritable structure psychanalytique de type universitaire, qui constitua un modèle de référence, triompha jusqu’aux années 30 (le tout fut ravagé par les nazis, casseurs du siècle et d’une vigoureuse pensée judéo germanique en pleine expansion(2)), et fournit la référence restée en place pour la formation des psychanalystes de l’AIP. De type universitaire disions-nous mais de type seulement. L’Institut d’Eitingon demeura une structure privée. Et, différence notable avec le principe universitaire, un tel institut s’occupe des contrôles. Dimension personnelle et professionnelle à la fois, éthique, épistémologique et méthodologique, difficile à faire cadrer avec la dispense du seul savoir procédural universitaire. La psychanalyse n’est pas si aisément académisable. C’est sa difficulté, c’est son mérite.
Le savoir psychanalytique, un mélange détonnant d’art, de clinique et de concepts renouvelant totalement, on peut dire révolutionnant, le domaine du travail psychique, a pénétré voire colonisé les deux continents psys de l’époque, psychologie et psychiatrie, mais est resté dans une certaine mesure sur le seuil des deux temples du savoir universitaire, psychologie et psychiatrie. Le savoir psychanalytique n’avait pas vocation à vrai dire académique. Extra-territoriaux, les psychanalystes préférèrent exercer une sorte d’hégémonie d’entre-deux. Leur recrutement parmi les artistes, intellectuels et professionnels de la médecine et de la psychologie les mit à l’abri du moindre soupçon d’inculture. Ils travaillèrent d’ailleurs à recruter chez les psychiatres, avec tendance à la médicalisation pour les conservateurs de la SPP, et chez les psychologues, à partir du fameux concept de psychologie clinique ayant fini par dériver en psychopathologie du même nom.
Mieux vaudrait qualifier le modèle Eitingon de para universitaire. Il instaure un contre-savoir, et seulement cela. Pour se faire reconnaître de nos jours en France mieux vaut encore la double nationalité. Médecin ou psychologue, exercer la psychanalyse ou promouvoir la recherche dans ce domaine sous couvert d’une certification universitaire autre. Faire savoir — simple conseil, aux étudiants qu’ils ne seront que des psychologues, si peu de chose en vérité, s’ils n’empruntent pas la voie royale : une psychanalyse puis leur inscription dans une association psychanalytique. Alors tu seras un homme mon fils (ma fille plus généralement). Procéder en quelque sorte par sélection informelle. Marcher sur les deux jambes.
C’est ainsi qu’en France jamais la psychanalyse ne devint une discipline universitaire au plein sens du terme(3) On discute de sa scientificité, puisqu’assurément elle n’est pas falsifiable si l’on parle Popper, et surtout, Freud tient à son propos un discours éternellement ambivalent. Il la soutient comme science positive, dans le temps qu’il marque sa distance par rapport au fantasme neuroscientiste et plaide pour la psychanalyse des praticiens non médecins (psychologues cela ne se posait pas encore), les laïcs de l’analyse profane.
Institutionnellement, point de Département universitaire et de grades ad hoc, point de discipline. Les psychanalystes qui s’intéressent à la recherche, qui veulent évoluer dans le savoir, deviendront docteurs en psychologie et œuvreront sous les couleurs bariolées de la psychologie clinique, une psychanalyse psychologique caméléon. Psychiatres, il exerceront comme médecins ou professeurs, en médecine. La zone disciplinaire universitaire qui sera la leur s’appellera psychologie dynamique, psychologie clinique ou encore psychopathologie, cette dernière répartie entre médecine et psychologie.
Le modèle eitingonien pourtant mérite de faire école. Nos modestes écoles de formation à diverses méthodes de la psychothérapie relationnelle sont en passe de se voir rejointes en tant que secteur non universitaire dépositaire exclusif de formation et transmission de leur discipline, par les sociétés de psychanalyse, cette dernière se voyant exclue de la psychologie comme de la psychiatrie.
- 1 Berliner Psychoanalytisches Institut (BPI), premier institut de formation qui allait servir de modèle à tous les autres fondés ensuite dans le monde entier, et intégrés à l’International Psychoanalytical Association (AIP en français, 1910).
À travers cette expérience, Eitingon mit en place les règles d’un cursus encore en vigueur aujourd’hui : analyse didactique, analyse de contrôle, enseignement théorique, etc… Pour le remercier, Freud lui fit don de l’anneau d’or réservé aux initiés.
Au fil des années, Eitingon mit sa fortune au service de son Institut, développant aussi, dans le cadre d’une polyclinique, des cures gratuites pour les démunis et payantes pour d’autres patients. En 1930, il était devenu à lui seul, selon le mot d’Ernest Jones (1879-1958), “le cœur de tout le mouvement psychanalytique international.”
Élisabeth Roudinesco, https://www.cifpr.fr/+Sigmund-Freud-Max-Eitingon+.
Cf. également Roudinesco et Plon, op. cit. - 2 Comme on sait les États-Unis ont récupéré la donne, mais l’ont, dans ce domaine, altérée.
- 3 Faut-il faire une exception pour le passe-droit momentané qu’obtint Jacques-Alain Miller pour la psychanalyse à Paris8-Vincennes lors de la conclusion de la bataille des charlatans ? Sa pérennité institutionnelle reste incertaine.
Électronarcose ou électronécrose ?
Par Philippe Grauer
CHEVAL DE BATAILLE de l’antipsychiatrie des années 60-70, inhumain traitement aussi ravageur qu’incertain, auquel de nombreux psychiatres refusent toujours de recourir, l’électrochoc rebaptisé (changer le nom au lieu de la chose se fait beaucoup décidément ces derniers temps dans le monde psy) a repris du service activement depuis deux décennies. Le principe de l’ « électropsychiatrose » – découvert lors du traitement infligé aux cochons qu’on saigne pour les matraquer et qu’ils crient moins – est simplicissime. Cela consiste à administrer une longue série de coups de pieds vigoureux dans le caisson de la machine résistant à tout autre dépannage. On passe ainsi de l’émotion non à la commotion mais directement à la convulsion, non sans séquelles. Des fois ça repart – au moins pour un temps. Sauf qu’en cours de route on a grillé la mémoire (sans compter le reste). Cela s’applique en désespoir de cause aux personnes résistant à tout, donc aux médicaments, qu’elles soient psychotiques ou non, parce qu’il faut bien tenter une dernière chose. Parce qu’il faut bien faire. La psychiatrie contemporaine ne sait que faire. Cette phrase à terrible double sens donne une idée des limites humaines dans le domaine de la médecine de l’âme. L’impuissance ça existe aussi.
Certaines fois on se prend à penser que ne rien faire serait tout aussi avisé et nettement moins ravageur, ne rien faire sinon contenir humainement (eh oui, humainement) et dynamiquement (y compris quand le surplace régressé est impressionnant), psychothérapiser en un mot, mais quel mot ! – ça tombe bien, puisque tout psychiatre, de droit divin et génétique, est psychothérapeute (il suffit qu’il s’inscrive sur le registre) – et attendre, la reprise du processus d’évolution de la personne. Ne rien faire sinon se mettre à l’écoute, une écoute tenace, sensible, intelligente, « armée » comme on dit, de psychanalyse et de psychothérapie relationnelle plus que de DSM, et modeste. Du grand art psychothérapique, au sens plein du terme, relationnel.
En pareil cas, où rien n’est ni simple ni facile, psychothérapiser relève d’une patience assidue, d’un sens clinique aiguisé et avisé, peut s’aider utilement de la psychanalyse et de la psychothérapie relationnelle, requiert une humilité thérapeutique à toute épreuve, des séances dépassant largement le quart d’heure classique d’un psychiatre normalement débordé, et bien entendu bénéficie toujours d’un travail en réseau et équipe. La psychothérapie institutionnelle représente une alternative recommandable, sachant qu’aucun système miracle n’existe actuellement, mais que la relation, déclinée sous toutes ses formes, reste le principe sur lequel il reste fondamental de s’appuyer. Les ex psychothérapeutes relationnels – dorénavant psychopraticiens relationnels – peuvent intervenir, en ambulatoire, auprès de personnes en grande difficulté que leur adresse un psychiatre, la navette entre les deux pouvant s’avérer heureusement complémentaire. On comprend pourquoi notre déontologie nous impose une supervision constante.
On remarquera l’aspect technoscience de la terminologie : sismothérapie, électroconvulsivothérapie, ECT. ECT permet d’accéder au summum de la langue de bois scientiste. L’acronyme hygiénise opportunément la réalité qu’il innocente. On reverra à se sujet profitablement de Milosz Forman l’admirable Vol au-dessus d’un nid de coucou. Et l’on se souviendra que dans le corps de la psychiatrie on rencontre d’excellents psychiatres, humains et compétents, tels les 39 contre la Nuit sécuritaire.
La fiche qui suit fiche provient d’une compilation d’informations recueillies sur internet à ce jour (juillet 2011).
Sismothérapie – électroconvulsivothérapie (ECT)
La sismothérapie ou électroconvulsivothérapie (ECT) est une méthode de traitement par l’électricité utilisée en psychiatrie, consistant à délivrer un courant électrique de forte intensité sur le scalp, ce qui engendre une crise convulsive généralisée. L’application du courant est précédée d’une anesthésie générale de courte durée, environ 5 minutes. Ce traitement était anciennement plus connu sous le nom d’électrochoc ou d’électronarcose.
Ses indications sont les états dépressifs sévères, pour l’essentiel (les troubles de l’humeur en général, certaines formes de schizophrénie accompagnée de manifestations thymiques). L’anesthésie générale est couplée à une curarisation , ce qui évite les complications qui, entre autres, ont contribué à la mauvaise réputation de la sismothérapie : fractures vertébrales, luxations. Des séries de plusieurs chocs (une dizaine le plus souvent, mais parfois plus selon les individus) sont en général nécessaires pour obtenir un résultat.
Même si la technique a beaucoup évolué, ce traitement reste encore très discuté et nombre de psychiatres refusent de l’effectuer.
Technique
Les appareils de convulsivothérapie délivrent des stimulations électriques par impulsions, de durée variant de 0,5 à 2 ms, de fréquence 70 Hz, avec une durée totale de l’ordre de 4 s et une énergie de l’ordre de 70 joules .
Le geste technique se déroule pendant que le patient est sous anesthésie générale brève (de l’ordre de 5 minutes) ce qui permet au patient de ne garder aucun souvenir de l’épisode.
De façon très concrète : le jour même, du fait de l’anesthésie, le patient doit arriver à jeun. Il peut venir d’un service de psychiatrie où il est hospitalisé, mais aussi parfois de son domicile (en particulier en cas de séances « d’entretien »).
Le patient est alors installé, « monitoré », c’est-à-dire qu’on lui installe des appareils de mesure de la tension artérielle, des battements du cœur , de l’oxygénation du sang (oxymétrie colorimétrique), pour la surveillance de l’anesthésie ; et on enregistre également l’électroencéphalogramme.
Une perfusion est nécessaire pour l’anesthésie générale. Les électrodes crâniennes sont installées au niveau du front. Le patient est anesthésié et un curare d’action rapide et courte (de préférence la succinylcholine ) est administré pour éviter les contractions musculaires. On protège les dents du patient avec des compresses, car les mâchoires peuvent se serrer fortement. La bonne oxygénation du patient est assurée par une ventilation manuelle avec un masque et un ballon.
Le courant est alors délivré brièvement. Il provoque une crise convulsive, qui se résout en quelques minutes au maximum. On a observé une meilleure efficacité des séances si l’arrêt de la crise est net.
L’anesthésie se termine, et le patient se réveille. Il est le plus souvent confus au réveil , cette sensation disparaît plus ou moins vite selon les patients. La personne est alors surveillée en salle de réveil, en attendant que l’anesthésie se dissipe totalement.
Le patient peut ensuite retourner dans le service hospitalier, sera autorisé à manger quelques heures plus tard et pourra regagner ensuite son domicile si les critères de l’anesthésie ambulatoire sont remplis
Mémoire et fonctions cognitive
Les effets secondaires à long terme concernent essentiellement la mémoire, en particulier le souvenir de la période de la cure. En 2007 fut publiée une étude démontrant que les électrochocs provoquaient non seulement une perte de mémoire, mais également une baisse des capacités cognitives (apprentissage et pensée) Les troubles de mémoire régressent habituellement, mais la récupération requiert le plus souvent plusieurs mois, voire, persister au-delà.
Suicide
Les ETC pourraient accroitre le taux de suicide. Le risque serait particulièrement élevé au cours de la première semaine consécutive au traitement, comparativement aux autres patients.
Controverses
Des troubles de mémoire et de l’orientation sont incontestables. La technologie permettant de mesurer précisément l’impédance du patient, la délivrance de trains d’onde impulsionnels remplaçant les courants sinusoidaux anciennement utilisés, ont diminué la sévérité de ces effets secondaires
L’accord écrit du patient est obligatoire avec consentement éclairé.
Mode d’action
Le traitement par électrochoc, ou sismothérapie, consiste en des décharges électriques de 100 à 200 volts à travers le cerveau, d’une tempe à l’autre (électrochoc bilatéral), ou du front à l’arrière et sur le côté du crâne (électrochoc unilatéral).
Son mode d’action est inconnu, quoique plusieurs hypothèses soient avancées. Le but est de produire volontairement un état de « grand mal épileptique » (crise d’épilepsie) au moyen d’un courant électrique à administration trans-cranienne.
Le nombre total de séances à visée thérapeutique se situe habituellement entre 4 et 20, deux à trois fois par semaine. Comme le taux de rechute est assez élevé (entre 35 et 80% selon les études) surtout sans antidépresseur en relais, il faut pratiquer un traitement de consolidation. (ANAES, Indications et modalités de l’électroconvulsivothérapie, 1998)
Description des effets de l’électrochoc
-1. Lorsque le courant de haut voltage frappe le cerveau, il submerge les mécanismes protecteurs normaux du système nerveux central. Le mécanisme « amortisseur » qui évite que les nerfs ne se stimulent trop l’un l’autre est le premier à disjoncter. Un énorme orage électrique cérébral se déclenche à travers le cerveau et dure plusieurs minutes. Ceci épuise complètement les réserves d’oxygène et d’éléments nutritifs du cerveau et est suivi d’un profond état comateux. Toutes les fonctions normales du cerveau sont détruites.
-2. D’importants changements du métabolisme et de l’afflux de sang au cerveau sont nécessaires pour faire face à la crise. Bien que le cerveau ne représente que 2 % du poids du corps, il utilise normalement 20 % de sa provision d’oxygène à cause de son taux élevé de métabolisme. L’attaque provoquée par le choc électrique accroît le métabolisme du cerveau d’environ 400 %, augmentant ainsi ses besoins en oxygène et en substances nutritives dans les mêmes proportions.
-3. Afin de répondre à la demande d’oxygène et d’éléments nutritifs nécessaires pour conserver le cerveau en vie durant la convulsion, l’afflux de sang au cerveau doit être augmenté aussi d’au moins 400 % . De ce fait, la pression sanguine s’élève de 200 % dans le cerveau avec des résultats catastrophiques.
-4. Cette tension artérielle extrêmement élevée dans le cerveau et la défaillance de la régulation de ce flux pendant l’attaque, provoquent l’éclatement de petits, et parfois même de gros, vaisseaux sanguins. De nombreux décès, pendant ou juste après l’électrochoc, sont dûs à ce facteur d’hémorragies cérébrales.
5. Le choc électrique endommage la protection sanguine du cerveau. Cette protection est en fait un mécanisme défensif qui protège l’intégrité chimique du cerveau des matières et des fluides étrangers qui pourraient s’infiltrer et ainsi modifier ou endommager la structure délicate et la fonction du cerveau. La perte de cette barrière protectrice expose les tissus à des composants du sang desquels ils sont normalement protégés. Ceci inclut des drogues de toutes sortes, des protéines, des toxines et autres petites molécules qui ne traverseraient pas normalement cette protection sanguine du cerveau.
-6. La combinaison de l ‘élévation de la tension artérielle dans le cerveau, des hémorragies et de la rupture de la barrière de protection sanguine provoquent un gonflement du cerveau. La haute pression chasse les protéines et autres substances hors des vaisseaux, désormais poreux, vers le cerveau, et les fluides suivent à leur tour. Les tissus commencent à enfler , pressant le cerveau contre la boîte crânienne. Ce processus, une fois amorcé, devient un cercle vicieux. Comme la pression augmente et comprime le cerveau contre le crâne, les capillaires se ferment et leur enveloppe est endommagée par le manque d’oxygène, les rendant ainsi encore plus poreux. Ceci conduit à un gonflement et à des dégâts plus importants.
-7. Le gonflement restreint l’apport de sang à certains neurones, le réduisant au-dessous du niveau élémentaire indispensable. Les cellules nerveuses et autres tissus, privés d’oxygène et d’éléments nutritifs, sont détruits et meurent.
-8. Quand bien même cet oxygène est fourni, les neurones meurent lorsqu’ils ont épuisé les sources d’énergie dont ils ont besoin pour fonctionner. Comme le cerveau tarit sa source d’éléments nutritifs, il est irréversiblement endommagé. Si bien que, même quand de l’oxygène est fourni, la raréfaction de ces substances nutritives nécessaires endommage le cerveau et provoque l’état comateux qui suit toujours l’attaque.
-9. L’électrochoc entraîne donc la modification de la composition chimique du cerveau. La synthèse de l’ ADN et des protéines est inhibée. Un dérèglement des neuro-transmetteurs et d’autres enzymes associées apparaît. La fonction de « centrale de distribution » de la structure chimique du cerveau est ainsi détériorée. Il en résulte une perte de mémoire et de l’orientation spacio-temporeIle.
-10. A la suite d’électrochocs, il y a une élévation notable de la quantité d’acide arachidonique dans le cerveau ( acide gras présent dans les cellules vivantes). De grandes quantités de cette substance causent de petites attaques partout dans le cerveau. Comme avec la rupture des gros et petits vaisseaux sanguins, ces dégâts au cerveau surviennent au hasard et ne sont pas limités à la zone assaillie par le choc électrique, et peuvent conduire à la mort.
Ces données médicales proviennent des études suivantes :
– Dr Peter STERLING, Professeur de Neurobiologie de la Faculté de médecine de Pensylvanie, Les dommages causés au cerveau et les pertes de mémoires dues aux électrochocs.-
– Dr John FRIEDBERG, neurologue, Les traitements de choc sont mauvais pour votre cerveau, Publications Glide, San Francisco.-
– Léonard ROY FRANCK, Histoire du traitement de choc, éd. NAPA, San Francisco.-
– Dr Thomas SZASZ(1), psychiatre auteur de Insanity – The Idea and its Consequences (La folie – l’idée et ses conséquences), John Wiley & Sons, New York,1987.-
De nos jours, une anesthésie générale et d’autres injections accompagnent l’électrochoc comme il est précisé dans l’Encyclopédie médico-chirurgicale.
– la prise de narcotiques : « a pour but d’alléger l’angoisse mentale »
– la curarisation : a pour but » de prévenir des accidents traumatiques
secondaires aux convulsions engendrées par l’électrochoc « Une anesthésie générale précède la curarisation afin que le sujet ne soit pas impressionné par la paralysie des muscles respiratoires. » Si ces éléments réduisent les manifestations spectaculaires (angoisses, tétanisations et secousses du corps), les dégâts causés au cerveau – décrits dans les 10 points précédents – sont eux toujours présents.
- 1 « Arrêtons de raconter qu’il y a, derrière chaque pensée tordue, une molécule tordue dans notre cerveau ». On lira avec intérêt de lui Pharmacratie : médecine et politique, l’État thérapeutique [traduit de l’anglais par Nathalie Ohana], Paris, Éd. les 3 Génies, 2010.-
ÉMOTIONNEL
Libérez vos émotions ! (1)
Ce mot d’ordre de la psychologie humaniste des années 70 s’adressait à une génération anglo-saxonne qui cherchait à se libérer des restes de l’éducation victorienne du self-control, à ce qu’on pourrait appeler la génération du lâcher-prise (le terme est devenu une sorte de lieu commun), de l’affaiblissement du contrôle des Pères de la nouvelle Société sans pères (2) issue de la génération qui avait combattu le nazisme et connu le développement économique de l’après-guerre. Après la victoire sur la barbarie place au Flower Power, à la musique planante au psychédélisme assisté par produits, au hippisme, à la lutte contre le colonialisme agonisant férocement, au combat contre la guerre du Vietnam.
le vécu
Le nouvel individu cherche à se libérer de l’inhibition anti émotionnelle aspire à s’épanouir en s’autorisant à éprouver ses émois (vs. affects de la psychanalyse, deux univers de discours, deux visions du monde du psychisme), explorer toute la gamme des émotions et ressentir ce qu’en relation elles nous font vivre (et revivre) – on revient à la sensation, passe par la perception (3)), on éprouve, c’est le moment du vécu, maître mot au tournant des années 60 –, de l’expérienciation. Cela s’expérimente souvent en groupe, on explore via la naissante thérapie pour normaux, à la lisère du Développement personnel, de l’expression de soi et de la psychologie humaniste – qui ne deviendra psychothérapie humaniste qu’à l’issue des années 80 –, sa capacité de libération (de vie et d’expression affective démocratique en petit groupe), de se délivrer des contraintes(4) présentées comme répression (Marcuse). C’est le moment de la protestation anti-autoritaire et de la non-directivité, dont l’ouverture émotionnelle représente une dimension capitale et fonctionne comme levier du changement.
révolution des larmes
Ainsi la révolution des pleurs par quoi a pris place au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle le basculement vers une nouvelle sensibilité, va évoluer en romantisme pour se parachever après l’avènement de la psychanalyse (5) parallèlement à la grande secousse des deux guerres mondiales, dans sa version psychothérapique relationnelle par une théorisation et mise en pratique de la libération émotionnelle ou catharsis (fille de la néo catharsis de Ferenczi).
un mouvement philosophique clinique occidental
Couplé à sa dimension psychocorporelle, à l’hypothèse de la vérité du corps (« le corps ne ment pas »), à une spiritualité imprégnée d’orientalisme et d’extrême orientalisme (6), sans omettre le transcendantalisme (Emerson, Thoreau), et à une ouverture militante des mœurs (communautarisme, féminisme, mouvement de libération des homosexuels) le mouvement émotionnaliste va modifier en profondeur les mentalités et pratiques relationnelles en Occident. En Europe Buber puis Heidegger très différemment développent dans le champ phénoménologique l’idée que la philosophie s’éprouve et requiert une prise de responsabilité face à l’autre (Buber) à la finitude et la mort (Heidegger), avancée majeure parallèlement à l’introduction en France de Hegel dans les années 30. Sartre tirera une version française (de gauche) de Heidegger (7) centrée sur la liberté-responsabilité, dont s’inspirera l’existentialisme anglo-saxon, Merleau-Ponty une philosophie de la corporéité et de l’art. Cliniquement cela sera relayé par la Dasein Analyse et – à la sortie des camps – la logothérapie (Victor Frankl), puis nous reviendra américanisé.
un concept devenu vague en psychothérapie
C’est sur ce fond que la psychothérapie contemporaine quand elle se déclare émotionnelle s’appuie pour se dire telle. Les formes et modalités sont innombrables, et l’on peut repérer que les pratiques les plus mécaniques, comportementalistes voire anti-humanistes se revêtent volontiers de l’épithète émotionnel comme sorte de supplément. Si bien que la revendication de l’appellation à l’heure actuelle ne permet plus de caractériser en propre une technique, méthode ou discipline.
Philippe Grauer
Entrée ouverte le 27 janvier 2013 –
- 1 Jérome Liss.
- 2 Mitcherlisch.
- 3 La théorie de la Forme, ayant donné naissance à la Gestalt avec majuscule à l’allemande mais surtout à l’américaine, l’écrire gestalt en français –, repose sur une phénoménologie de la perception.
- 4 On a bien par ailleurs défini la psychanalyse comme cure d’amaigrissement du surmoi.–
- 5 Pas spécialement émotionnaliste dans sa version française, Bion pense la psychanalyse différemment mais avec Lacan et la prise du pouvoir du Signifiant l’émotion sort du champ.
- 6 L’ouverture de la sensibilité européenne à la pensée hindoue chinoise et nippone remonte au XVIIIème siècle pour prendre son essor avec Schopenhauer, rebondir avec Maslow, puis à la californienne avec Esalen.
- 7 Il est bien entendu que ce grand philosophe fut par ailleurs adepte du nazisme et ne voulut jamais s’en démarquer après. Cela dit l’Être et le Temps est d’avant l’avènement de Hitler.
- DE SILÈS Fabienne
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
Principe de cohérence (l’étymon d’ethos renvoie au mortier, au liant) théorique, morale, méthodologique, intégré au cours et du parcours de démarche individuelle et de la formation-transformation de psychanalyste ou de psychothérapeute relationnel.
L’éthique qui est la nôtre est une morale du sujet et de l’intersubjectivité, une éthique du processus de recherche commun de la vérité de la personne qui entreprend sa démarche, singulière, vers une situation intelligible et sensible en même temps, d’elle dans le monde et au monde.
L’éthique renvoie aux valeurs. Une valeur-clé en psychothérapie relationnelle est que la personne qui entreprend sa démarche accède à une meilleure conscience de celles qu’il engage dans sa vie, et qu’il le fasse en meilleure connaissance de cause. S’il entreprend de les réviser après les avoir revisitées et compris à quoi elles tenaient dans son histoire, c’est son affaire.
Ainsi la psychothérapie relationnelle — et multiréférentielle ce qui peut compliquer la figure, est-elle en soi, en tant qu’émettrice de valeurs, a priori non conformisante, sinon non conformiste. Son éthique du libre examen de tout peut comporter de la rebelion, en tout cas elle ne comporte pas une morale d’ajustement docile irréfléchi au socius ambiant, ou de réduction du symptôme vers une conformité souhaitée par la société. Au contraire, en en révélant le sens, elle peut engendrer le refus de l’injustice (prenant en compte comme dit Freud qu’il n’existe pas de Bureau des réclamations quelque part), de ce qui risque d’apparaître comme incorrect.
À propos de réduction, les états-uniens appellent par antiphrase leur psychanalyste réducteur de tête. Il s’agit exactement du contraire. Intéressant renversement lexical.
éthique selon Lacan
À quoi est tenu un psychanalyste ? à quoi est-il attaché pourrait-on demander aussi bien. À quoi tient tout autant un psychopraticien relationnel ? les deux disciplines et métiers de la dynamique de subjectivation ont en partage la réflexion qui suit. Lacan interrogeant Kant (Sade ce sera pour une autre fois) définit la loi du désir, laissant à désirer une définition de ce terme (désir / volonté), rapporté à l’inconscient et au maniement du contre-transfert. La question étant dans l’univers de discours lacanien, de ne pas rester englué dans les rais dudit discours, de s’arracher à sa répétition (mêmes termes même style même musique : lost in translation) pour fournir de cette réflexion une traduction dans les termes propres du lecteur. Vous voilà prévenus, voici donc sur cette question le premier § d’un texte en ligne de Rudolf Bernet :
« Pour Lacan comme pour Kant, c’est la loi qui oriente le sujet dans sa recherche de la bonne manière de vivre et d’une vie qui mérite d’être appelée bonne. Cette loi vaut pour tout un chacun de façon absolue : elle s’impose à l’homme sous la forme d’un impératif catégorique. Sous l’injonction de cette loi, l’homme naturel ou empirique devient un sujet transcendantal qui est responsable de ses choix. Ce sujet éthique instauré par la loi est un sujet divisé ou clivé. S’il n’a plus rien d’un animal dominé par ses besoins instinctifs, ce sujet est en même temps loin d’être une pure expression spirituelle de la loi. Même le sujet doué d’une volonté sainte ou d’un désir héroïque reste encore soumis à cet appel de la loi qui le conduit au-delà de soi-même. C’est en effet la transcendance de la loi qui constitue la transcendance du sujet éthique. C’est la loi qui détermine le bien, même s’il est vrai qu’elle ne le détermine que d’une manière formelle. »Texte dont l’intégralité vous sera livrée moyennant cliquage Rudolf Bernet,, bien éclairant si on prend soin d’y allumer sa propre lanterne.
voir également
– GROSBOIS Philippe, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence, 7 novembre 2013.
– déontologie
N’importe quoi (faire)
Expression d’angoisse professionnelle et identitaire chez les psychothérapeutes relationnels, psychopraticiens relationnels et psychanalystes, désignant la sortie inopinée de cadre. Cette expression pointe le souci constant de disposer au cours du processus de suffisamment de repères, même en période de confusion et de chamboulement, de stabilité ontologique et de sécurité de base, pour pouvoir poursuivre le travail. Une bonne supervision peut aider à se retrouver quand la situation tend à devenir erratique. L’alliance d’audace et de maintien en conformité avec un modèle de référence est toujours limite, la progression clinique requérant une inventivité constante et une insécurité sûre parfaitement paradoxale.
Cette expression familière renvoie à l’ethos, au ciment de morale professionnelle qu’on appelle éthique, attitude intégrée par le praticien, caractéristique des pratiques psychiques de la dynamique de la subjectivité que sont la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle. Par définition le psychothérapeute relationnel agit en sens et conscience, et se donne les moyens de recadrer les irruptions sémantiques apparemment incongrues qui tout au long du travail surgissent et fournissent des pistes à explorer avec art et patience.
sd (date de création effacée) – 6 janvier 2014 –
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Note sur le packing
- La fonction phorique
Comme un divertissement léger pour des étudiants blasés
de Mark Edmundson de l’Université de Virginie
Réimpression du Harper’s, Septembre 1997, autorisée par l’auteur.
Présentation de la SIHPP qui nous présente ce texte (voir ici même le Bulletin de la SIHPP) :
Le texte que nous vous proposons ci-dessous n’est pas récent. Il a été écrit en 1997 par Mark Edmundson, professeur à l’université de Virginie. On y trouvera une analyse critique de l’idée d’évaluation dans le contexte universitaire ; au delà de l’humour qui habite ces quelques lignes se dessine fort bien à quelle demande fantasmatique répond l’évaluation, dernier avatar de nos sociétés de « consommation ».
Le terme évaluation, au centre de la crise de la psychothérapie relationnelle et de la psychanalyse récente, couvre un champ si vaste que dans un premier temps nous lui indexons ce seul texte. Les plus curieux pourront, en poussant la recherche sur ce site, glaner une bonne douzaine sinon davantage de textes édifiants et informatifs sur un concept utilisé par les scientistes comme bélier contre les tenants du processus de subjectivation, voir à sujet.
Philippe Grauer
Aujourd’hui, c’est le jour d’évaluation dans mon cours sur Freud, et tout a changé.
Je fais cours deux fois par semaine en fin d’après-midi, et d’habitude la clientèle, environ cinquante étudiants de premier cycle, a tendance à se traîner et s’affaler, l’air inconsolable, un peu perdu, attendant d’être réveillée. Pour déclencher la discussion, ils ont en général besoin d’une blague, d’une anecdote, d’une question originale — Quand vous étiez enfants, vos déguisements d’Halloween étaient-ils plutôt des accoutrements du moi, du ça, ou du surmoi. Ce genre de chose… Mais aujourd’hui, dès que je brandis les formulaires, un bourdonnement monte dans la pièce. Aujourd’hui, ils écriront leur évaluation du cours, leur évaluation de moi, et ils sont sans aucun doute tout à fait réveillés. « Quelle est votre évaluation de l’enseignant ? » interroge la question numéro huit, les invitant à encercler un nombre compris entre le cinq (excellent) et le un (mauvais, mauvais). S’ils ont acquis de de la subtilité dans l’interprétation pendant le trimestre, elle est maintenant partie en fumée. Edmundson: un à cinq, prêts, tirez.
Et ils le font. En me dirigeant vers la porte — je ne reste jamais dans le coin pendant cette phase du rituel — je regarde par-dessus mon épaule et je les vois travailler dur comme des auditeurs du diable. Ils écrivent en ayant passé la quatrième, même ceux qui n’arrivent pas à aligner trois mots dans leur journal de bord, à l’aise dans une procédure désormais parfaitement maîtrisée. Ils jouent les consommateurs avertis, faisant savoir au prestataire s’il s’en est sorti ou s’il n’est pas tout à fait à la hauteur de sa tâche.
Mais pourquoi suis-je si tourmenté, fuyant comme un réfugié ma propre salle de classe, où d’habitude je règne aisément ? Il y a de fortes chances que les évaluations ressemblent beaucoup à ce qu’elles ont été dans le passé – elles seront tout à fait bien. Il est probable que je serai félicité pour être « intéressant » (et je suis félicité, à maintes reprises), que je serai cité pour mes façons détendues et tolérantes (ceci arrive, aussi), que mon sens de l’humour et ma capacité à associer les arcanes du sujet à la culture actuelle inspire quelques éloges (mais oui). J’ai été très occupé ce trimestre, un manuscrit à terminer, et n’ai donc pas donné à leurs journaux l’attention que j’aurais dû donner, et pour cela je suis rappelé à l’ordre — très poliment, d’ailleurs. Dans l’ensemble, je m’en sors plutôt bien.
Mais je dois avouer que je n’aime pas beaucoup l’image de moi-même qui se dégage de ces questionnaires, une image de détachement cultivé, plein d’humour et de douce tolérance. Je n’aime pas les questionnaires eux-mêmes, avec leurs évaluations numérotées, rappelant les feuilles distribuées à un public-échantillon après un banc d’essai TV à Burbank. Mais par dessus tout, je n’aime pas cette mentalité du consommateur expert et calme qui imprègne les réponses. Je suis gêné par cette conviction sereine selon laquelle ma fonction — et, plus important encore, celle de Freud, de Shakespeare ou de Blake — est de distraire, d’amuser et d’intéresser. Comme l’observe un des interrogés, tout-à-fait représentatif: «Edmundson a magistralement su présenter ces oeuvres difficiles, importantes & controversées d’une façon agréable et accessible. »
Merci mais très peu pour moi. Je n’enseigne pas pour amuser, distraire, ni d’ailleurs, pour être tout simplement intéressant. Quand une personne dit qu’elle «a pris plaisir» au cours — et ce mot revient encore et encore dans mes évaluations – quelque part au ras de mon autosatisfaction immédiate je sens une envahissante auto-aversion. Ce n’est pas du tout ce que j’avais à l’esprit. Les questions provocantes et les blagues transversales visent à introduire de plus fortes substances — dans le cas du cours sur Freud, à une vision tragique et complexe de la vie. Mais l’affabilité et les boutades semblent souvent être ce qui percute chez les étudiants, leurs journaux et évaluations me laissent peu de doutes à ce sujet.
Je désire qu’un nombre d’entre eux disent qu’ils ont été changés par le cours. Je désire qu’ils se mesurent à ce qu’ils ont lu. On raconte qu’il y a quelque temps, un professeur de l’Université de Columbia posait une question difficile en deux points : Un, quel livre vous a le plus ennuyé pendant le cours ? Deux, quelles failles intellectuelles ou de caractère ce rejet a-t-il révélé chez vous? La main qui a posé la question était sûrement lourde. Mais au moins, elle oblige à voir le travail intellectuel comme une confrontation entre deux personnes, étudiant et auteur, où les enjeux comptent. On demandait à ces étudiants de s’exprimer sur la qualité d’une rencontre, pas d’évaluer l’action comme si elle s’était déroulée sur le grand écran.
Pourquoi mes étudiants décrivent-ils le complexe d’Œdipe et la pulsion de mort comme étant intéressants et agréables à envisager? Et pourquoi est-ce que je donne l’impression d’être un guide raffiné, légèrement ironique, infiniment affable dans ce champ intellectuel, l’exploitant sans intensité, généreux, drôle et léger ?
Parce que c’est ce qui marche. Le jour de l’évaluation, je récolte les fruits de ma complaisance partielle envers la culture de mes étudiants ainsi que la culture de l’université telle qu’elle fonctionne actuellement. C’est une culture qui n’a guère fait l’objet de réflexion. Des critiques actuels ont tendance à penser que l’éducation en sciences humaines est en crise parce que les universités ont été envahies par des professeurs aux idées bizarres: déconstructionnisme, lacanisme, féminisme, « queer theory ». Ils croient que le genre et la tradition sont “out” et que le politiquement correct, le multiculturalisme et la politique identitaire sont “in” ; conséquence d’une invasion de tribus de titulaires radicaux, équivalents en cette fin de millénaire des hordes de wisigoths qui ont fait tomber les murs de Rome.
Mais réfléchir longuement à mes évaluations et essayer ensuite de poser un regard lucide et scrutateur sur la vie universitaire ici comme à l’Université de Virginie ou à travers le pays, m’ont finalement conduit à des conclusions différentes. Pour moi, si l’éducation des sciences humaines est aussi inefficace qu’elle l’est aujourd’hui, ce n’est pas à cause de toutes ces théories étranges qui circulent (bien utilisés, ces théories peuvent être éclairantes.) C’est plutôt que cette culture universitaire, comme la culture américaine tout court, est, pour le dire crûment, de plus en plus consacrée à la consommation, au divertissement, à l’utilisation et l’abus de biens et d’ images. Pour celui qui grandit aux Etats-Unis aujourd’hui, il existe peu d’alternatives à la vision du monde qu’est celle du consommateur détaché. Mes étudiants n’ont pas demandé cette vision, encore moins l’ont-ils créée, mais ils apportent une Weltanschauung de consommateur à l’école, où il exerce une influence puissante et largement méconnue. Si nous voulons comprendre les universités actuelles, avec leurs multiples maux, on devrait essayer de s’écarter des domaines des débats d’experts et des belles idées et se tourner vers les salles de classe et les campus, où se propage où un nouveau type d’atmosphère.
Traduction Paola Costa, Corinne Foy. Ci-dessous le texte en anglais.
Parmi les ouvrages de cet auteur signalons :
– The Death of Sigmund Freud: Fascism, Psycho-analysis and the Rise of Fundamentalism, Bloomsbury Press, 2007.-
– Litterature Against Philosophy, Plato to Derrida: A Defence of Poetry, Cambridge U.P., 1995.-
Allez, un peu d’anglais, améliorez votre globish !
As Lite Entertainment For Bored College Students
by Mark Edmundson at the University of Virginia
Reprinted from Harper’s September 1997 by permission of the author
Today is evaluation day in my Freud class, and everything has changed. The class meets twice a week, late in the afternoon, and the clientele, about fifty undergraduates, tends to drag in and slump, looking disconsolate and a little lost, waiting for a jump start. To get the discussion moving, they usually require a joke, an anecdote, an off-the-wall question — When you were a kid, were your Halloween getups ego costumes, id costumes, or superego costumes? That sort of thing. But today, as soon as I flourish the forms, a buzz rises in the room. Today they write their assessments of the course, their assessments of me, and they are without a doubt wide-awake. « What is your evaluation of the instructor? » asks question number eight, entreating them to circle an number between five (excellent) and one (poor, poor). Whatever interpretive subtlety they’ve acquired during the term is now out the window. Edmundson: one to five, stand and shoot.
And they do. As I retreat through the door — I never stay around for this phase of the ritual — I look over my shoulder and see them toiling away like the devil’s auditors. They’re pitched into high writing gear, even the ones who struggle to squeeze out their journal entries word by word, stoked on a procedure they have by now supremely mastered. They’re playing the informed consumer, letting the provider know where he’s come through and where he’s not quite up to snuff.
But why am I so distressed, bolting like a refugee out of my own classroom, where I usually hold easy sway? Chances are the evaluations will be much like what they’ve been in the past — they’ll be just fine. It’s likely that I’ll be commended for being « interesting » (and I am commended, many times over), that I’ll be cited for my relaxed and tolerant ways (that happens, too), that my sense of humor and capacity to connect the arcana of the subject matter with current culture will come in for some praise (yup). I’ve been hassled this term, finishing a manuscript, and so haven’t given their journals the attention I should have, and for that I’m called — quite civilly, though — to account. Overall, I get off pretty well.
Yet I have to admit that I do not much like the image of myself that emerges from these forms, the image of knowledgeable, humorous detachment and bland tolerance. I do not like the forms themselves, with their number ratings, reminiscent of the sheets circulated after the TV pilot has just played to its sample audience in Burbank. Most of all I dislike the attitude of calm consumer expertise that pervades the responses. I’m disturbed by the serene belief that my function — and, more important, Freud’s, or Shakespeare’s, or Blake’s — is to divert, entertain, and interest. Observes one respondent, not at all unrepresentative: « Edmundson has done a fantastic job of presenting this difficult, important & controversial material in an enjoyable and approachable way. »
Thanks but no thanks. I don’t teach to amuse, to divert, or even, for that matter, to be merely interesting. When someone says that she « enjoyed » the course — and that word crops up again and again in my evaluations — somewhere at the edge of my immediate complacency I feel encroaching self-dislike. That is not at all what I had in mind. The off-the-wall questions and sidebar jokes are meant at lead-ins to stronger stuff — in the case of the Freud course, to a complexly tragic view of life. But the affability and the one-liners often seem to be all that land with the students; their journals and evaluations leave me little doubt.
I want some of them to say that they’ve been changed by the course. I want them to measure themselves against what they’ve read. It’s said that some time ago a Columbia University instructor used to issue a harsh two-part question. One: What book did you most dislike in the course? Two: What intellectual or characterological flaws in you does that dislike point to? The hand that framed the question was surely heavy. But at least it compels one to see intellectual work as a confrontation between two people, student and author, where the stakes matter. Those Columbia students were being asked to relate the quality of an encounter, not rate the action as though it had unfolded on the big screen.
Why are my students describing the Oedipus complex and the death drive as being interesting and enjoyable to contemplate? And why am I coming across as an urbane, mildly ironic, endlessly affable guide to this intellectual territory, operating without intensity, generous, funny, and loose?
Because that’s what works. On evaluation day, I reap the rewards of my partial compliance with the culture of my students and, too, with the culture of the university as it now operates. It’s a culture that’s gotten little exploration. Current critics tend to think that liberal-arts education is in crisis because universities have been invaded by professors with peculiar ideas: deconstructionism, Lacanianism, feminism, queer theory. They believe that genus and tradition are out and that P.C., multiculturalism, and identity politics are in because of an invasion by tribes of tenured radicals, the late millennial equivalents of the Visigoth hordes that cracked Rome’s walls.
But mulling over my evaluations and then trying to take a hard, extended look at campus life both here at the University of Virginia and around the country eventually led me to some different conclusions. To me, liberal-arts education is as ineffective as it is now not chiefly because there are a lot of strange theories in the air. (Used well, those theories can be illuminating.) Rather, it’s that university culture, like American culture writ large, is, to put it crudely, ever more devoted to consumption and entertainment, to the using and using up of goods and images. For someone growing up in America now, there are few available alternatives to the cool consumer worldview. My students didn’t ask for that view, much less create it, but they bring a consumer weltanschauung to school, where it exerts a powerful, and largely unacknowledged, influence. If we want to understand current universities, with their multiple woes, we might try leaving the realms of expert debate and fine ideas and turning to the classrooms and campuses, where a new kind of weather is gathering.
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- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
3) Psychopraticien.
Nom de métier. Remplace l’ancienne appellation générique de psychothérapeute, à présent réservée par la loi. Tout le monde a le droit d’y prétendre. Seules ses spécifications permettront au public de distinguer les psychopraticiens relationnels®, titulaires du titre autorisé par le SNPPsy ou un organisme titularisant membre de l’Affop, des simples psychopraticiens autorisés d’eux-mêmes ou quelque institution autre qu’ils spécifieront ou non.
– […] À la réflexion ce toilettage sémantique a du bon. Il met fin à de gênantes sources de confusion. On ne nous confondrait plus avec ces psychothérapeutes NN para médicalisés avec la pratique desquels nous avons trop peu en commun ? Je n’en suis pas si sûr. Dans un premier temps le public pourrait continuer d’appeler indifféremment psy tout professionnel du psychisme susceptible de l’aider sans égard au type d’aide proposé. Mais on peut faire confiance aux gens pour finir par s’orienter selon leurs besoins et désirs, pour peu que les désignations restent bien distinctes.
Texte extrait de GRAUER Philippe. Psychothérapie relationnelle — Quel syndicat pour quelle pratique dans quel contexte ?. (20 novembre 2009)
– Autre raisonnement : nous voici enfin débarrassés de ce radical -thérapeute qui laissait croire aux gens que le soin que nous les engagions à venir auprès de nous prendre d’eux avait quelque chose à voir avec celui qu’administre le médecin, avec un traitement.
16 nov 2010 – 9 août 2011 –
– Nuance ! psychopraticien tout court est devenu le nom de métier des ex psychothérapeutes ayant perdu le droit de s’intituler ainsi, depuis que le titre de psychothérapeute devenu NN, est réservé à ceux à qui l’université délivrera l’autorisation de le porter. Attention, tout le monde peut prétendre le porter, sans fournir plus de garanties.
Psychopraticien relationnel® depuis octobre 2010 est devenu un alter titre professionnel réservé à celles et ceux à qui l’un des organismes membres de l’AFFOP, dont le SNPPsy, estimera fondé et légitime de l’attribuer.
mises à jour 27 décembre 2010, 20 juillet 2011, etc.
- Manifeste pour la psychanalyse – à propos d'un ouvrage récent
- "psychothérapeute ou psychopraticien ?"
- Lettre ouverte à l'ARS de la région PACA
Comme nous avons déjà constitué une entrée charlatan nous vous proposons ici un autre volet de notre réflexion sur cette question qu’il faudrait logiquement afficher
exopratiques avec imposture, charlatanerie
. Voici donc la seconde partie de l’article Titre de psychothérapeute.
(…) À part, enfin, on trouve les
– exopratiques et malpratiques – hors champ
–
usurpateurs d’identité
En dehors de cela une masse indistincte de praticiens de toutes sortes, associant le spirituel à l’accompagnement de développement personnel ou de coaching, au chamanisme, à dix autres activités, respectables ou non sous leur nom selon des critères qui leur appartiennent, mais pas sous un faux nom. Certains de ces praticiens s’ils se piquent indûment de « thérapie », constituent le lot (sans doute pas considérable en effectif, le gonflement de leur nombre aux proportions du fantasme relève de l’opération panique à bord) des vrais charlatans. Ils le sont seulement en qualité d’usurpateurs de notre nom, s’ils s’autoproclament psychothérapeutes ou psychopraticiens, et désignent indûment de ces noms leurs services, qu’aucun corps identifiable et reconnu historiquement et scientifiquement ne garantit et valide à ces titres, dont personne ne peut rien dire sinon qu’ils n’ont pas le droit moral et professionnel de parler de psychothérapie pour définir ce qu’ils proposent. Ils évoluent hors champ, nous n’avons pas compétence pour évaluer leur pratique. Seulement pour veiller à ce qu’ils ne la pratiquent pas sous un nom d’emprunt. Quand ils évoluent hors de notre nom le simple fonctionnement normal des lois et usages suffit à distinguer ce qui doit l’être.
–
malformés
Une deuxième catégorie de personnes dangereuses regroupe les insuffisamment formées, ayant déserté leur école avant terme ou ayant pratiqué une école de qualité insuffisante, non répertoriée et garantie dans l’un des organismes reliés dans le cadre du GLPR. Le plus souvent dépourvues de supervision – en tout cas de supervision digne de ce nom, elles se jettent dans l’arène quand elles ne sont pas du tout sûres de vaincre. Elles se mettent en danger elles-mêmes, ainsi que ceux qui recourent à elles. Souvent elles attirent peu de monde, et il n’y a que demi mal de ce fait, mais certains psychopathes peuvent se révéler dangereux et populaires. Pas d’affolement, ils ne sont pas non plus légions. Mais c’est pour éviter ces mauvaises rencontres que les institutions historiques du GLPR ont mis en place le cadre sain de leur profession. D’où l’intérêt quand on entreprend une psychothérapie de s’assurer des références du professionnel auquel on a affaire.
–
organismes à garanties insuffisantes
Une troisième catégorie se constituerait de fédérations ou organismes n’offrant pas toutes les garanties nécessaires, au sein desquelles viendraient se loger des praticiens insuffisants. Nous ne pouvons les lister ni n’avons à le faire, le maccarthisme s’est toujours révélé un remède pire que le mal, paradoxalement de nature comparable à celui-ci au bout du compte. Il est plus intéressant et politiquement sain de lister les bons, d’informer sur leurs critères et systèmes de garantie, que de blacklister les mauvais (dont les lois de la République répriment déjà normalement les activités répréhensibles).
–
dérives sectaires
Mentionnons enfin les sectes, franchement faussaires si l’on peu dire, pour mémoire. Les sectes prétendent utiliser une vague terminologie psy et quelques techniques psychologiques détournées à leurs fins manipulatrices. Elles relèvent d’une logique nocive aggravée. Elles n’ont bien entendu rien à voir avec ceux dont elles singent la pratique. Plus dangereuses, elles nécessitent vigilance et application de la loi concernant leurs activités répréhensibles.
chiffon rouge
C’est en agitant comme chiffons rouges tous ces dangers bien réels, contre lesquels se sont à temps prémunies les organisations responsables regroupées dans le cadre du GLPR, que les psychologues en particulier, à présent sous les couleurs du nouveau titre de psychothérapeute qui les paramédicalise, les pauvres, et certains psychologues-psychanalystes qui ne distinguent pas à l’œil nu un psychopraticien relationnel d’un cognitiviste (l’un est leur allié l’autre leur adversaire) affectent d’amalgamer les psychopraticiens relationnels clairement identifiables et éthiques, aux imposteurs qui leur sont parfaitement étrangers.
choisir d’évoluer en terrain suffisamment sécurisé
En effet qui s’adresserait aux imposteurs en les amalgamant au domaine des professionnels du psychisme prendrait des risques graves. Il importe de s’adresser en la matière balisée par le Carré psy à un praticien repérable et assignable. De ce point de vue l’honnête électron libre devient un cas de figure hors cadre, l’exception confirmatrice de la règle. Remarquons qu’aucun système même totalitaire n’est jamais venu à bout des électrons libres. Il restera toujours des zones grises et des zones franches, elles sont systémiquement inévitables. Le risque zéro relève seulement du fantasme. Les lois de la République protègent, suffisamment on l’espère, mais jamais absolument (totalitarisme, sécuritarisme). Persécuter les hors champ ne servirait à rien, on n’a jamais supprimé les marges. On peut se contenter de fréquenter le territoire où l’on obéit aux lois de l’Empire.
Cinq critères
Ne pas oublier que c’est de cette nébuleuse à la marge que les institutions historiques de la psychothérapie relationnelle, depuis un tiers de siècle se sont démarquées, délimitant les frontières de leur domaine, se donnant leurs bonnes règles, assises sur le principe des Cinq critères, héritées de la psychologie humaniste et d’une psychanalyse alors libre.
- charlatan
- développement personnel
- psychologue clinicien
Cette entrée est l’esquisse d’une entrée à venir, notes livrées en l’état à l’intention des étudiants dans le cadre d’un cours sur le cycle de l’expérience en gestalt-thérapie (avril 2020). Les redites sont destinées à disparaitre, d’autres éléments s’ajouteront. Il manque notamment l’analyse de Politique de l’expérience (Laing), du Perls Hefferline Goodman, Gestalt Therapy, Exitement and Growth in the Human Personnality), et de quelques autres sources majeures. PHG
*Expériencier, expérientiation : attesté nulle part sauf ici même, expérientiel oui. Experiencing (Rogers)
Cf. également : https://fr.wiktionary.org/wiki/exp%C3%A9rience
Cf. Expérience in Barus-Michel et al, Vocabulaire de la psychosociologie, Toulouse, Érès, 2002, 590 p.- Cf. pp. 128-133, tout particulièrement p.129, dont s’inspirent les deux §§ suivants.
Deux approches épistémologiques, l’expérimental — l’expérience comme un fait observé / l’expérientiel : l’expérience comme un fait vécu.
1) EXPÉRIENCE-1 / SCIENCE : expérience et méthode expérimentaleDispositif à règles strictes et protocole standard, cadre des sciences objectives ou exactes. Hypothèse d’une loi (souvent initialement expérience de pensée), que l’observation d’un phénomène doit pouvoir confirmer. Modèle quasi expérimental (sciences naturelles, physique, astronomie) : observation, mesures effectives, comparaison. Objectivité : un autre chercheur doit pouvoir retrouver la même chose par les mêmes moyens. Lieu d’élection le laboratoire.
2) EXPÉRIENCE-2 /CONSCIENCE / SENTIENCE : expérientiation, vécu, méthode expérientielleréalité vécue par une personne (psychosociologie). Lexicalement on parle aussi en termes d’expérience. Signification concrète et personnelle de ce qui est vécu (éprouvé, ressenti, pensé, remémoré, imaginé) par un individu. Expérience 2 peut se déployer collectivement, en psychothérapie groupale.
Mode organismique (cf. Goldstein) et holistique de la connaissance. « C’est tout l’organisme qui fait l’expérience de quelque chose qu’il s’agisse d’un sentiment intime autant que d’une situation sociale donnée[2] ; c’est ce que le sujet lui-même ressent et éprouve l’observateur peut connaître de l’extérieur ou à distance. À la limite l’expérience n’est pas entièrement communicable ou observable de l’extérieur (qui peut savoir ce que signifie pour moi boire du thé ?). Au mieux c’est par des habiletés personnelles et interpersonnelles que le psychosociologue entendra, comprendra et interprétera l’expérience de l’autre. »
3) expérience dialogaleCe qui précède nous conduit tout droit au concept de et à la méthodologie du dialogue, impliquant la conjonction processuelle, dynamique, de deux (ou plus) expériences. Dont l’émergence de sens (interprétation tentative — l’interprétation dont parle l’article étant un concept psychanalytique, il existe un commerce existentiel qui ne négocie pas des interprétations, en tout cas pas uniquement) résulte de la confrontation d’une lecture double, relation conduisant à prise de conscience & communication, i.e. experiencing, l’expérientiation rogerienne.
4) co-présenceEnvisager également l’expérience de la relation dans le moment et le fait même de la coprésence. Deux (au moins 2 plus précisément) simultanément proches dans une conjonction spatio-temporelle (lien et nœud relationnel), engendrant une expérience processuelle, dynamique, commune appelée Rencontre[3]). Si celle-ci est de type transférentiel, la personne peut finir par s’en rendre un tout petit peu compte — il faut prendre également bien entendu en compte l’aveuglement lui-même, lorsqu’il se présente massivement.
5) proposer une expérience (méthode)Exemple de psychothérapie interactive qu’on peut nommer méthode active en psychothérapie, en se référant à Ferenczi (pas seulement, penser à Jung).
Qui peut conduire à la posture irresponsable du point de vue d’une théorisation demeurées absente ou irresponsable, qu’on trouve dans l’éclectisme de l’anonyme boîte à outils.
Par ce moyen on emprunte d’autres voies que l’association libre, simplement parce que la psychothérapie est multiple et complexe, quel que soit l’appareil psychique et la méthodologie de base considérés.
Cf. l’article de Thibaud Zuppinger : http://www.nonfiction.fr/article-4388-p1-raison_et_experience__la_raison_de_lexperience.htm
Claude Romano, Au cœur de la raison, la phénoménologie, Paris, Gallimard, 2010, 1141 p.
Résumé : Dans cette « somme » philosophique détaillée et argumentée, Claude Romano prend à bras le corps à la fois les problèmes phénoménologiques (analyse des structures immanentes de l’expérience) et la phénoménologie elle-même, afin d’en tirer une monographie, qui, malgré quelques défaillances (l’absence de la dimension éthique), offre une synthèse convaincante qui réinterroge les fondements de la phénoménologie.
— Vivre une expérience — inoubliable de préférence, dans l’univers de la publicité, éprouver le plaisir que procure le produit vanté : essayer la [nom de modèle de voiture].
— Traverser une expérience est plus ancien : épreuve aéprouver. À travers, via (situation médiatrice), une succession d’expériences probatoires le héros du récit se qualifie.
— Tenter l’expérience de quelque chose : essayer. Essaye voir de pousser un cri, même minime. Non, je ne l’ai jamais fait, j’ai beau essayer je n’y parviens pas. Communique avec le concept de choix et de décision (Sartre).
— « Se mettre en expérience » chez Stendhal, pour se mette à l’épreuve : mettre à l’épreuve
(http://www.cnrtl.fr/definition/exp%C3%A9rience)
— je n’ai pas l’expérience de Dieu (idem) : rencontre psychocorporelle intime (état modifié de conscience, extase) avec une entité imaginaire en rapport avec le monde comme totalité. Attention, l’entité est toujours imaginaire, Dieu (coefficient d’existence variable) étant par nature inatteignable.
— conjoindre, connecter, le sentiment d’exister avec l’ensemble imaginé de l’existant, appelé univers, totalité de ce qui est (pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?).
— j’en ferai l’expérience (cesser de boire) demain : j’essaierai, essayer constitue un bon équivalent verbal.
étym : essai, épreuve, tentative.
En effet : essaye voir de…
http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/affart.exe?19;s=785497410;?b=0;
—> Expérience et pragmatisme américain. Le savoir par l’expérience, au sens qu’on éprouve personnellement ce qu’on apprend par mise en place d’un dispositif de construction d’objets de savoir. Cf. Dewey.
Merleau-Ponty (j’ai égaré la référence d’origine et ignore dans les §§ qui suivent ce qui est de moi et de quelqu’un d’autre).
Dans Phénoménologie de la perception, Merleau-Ponty (1962) critique l’idée que les théories scientifiques soient capables d’engendrer une représentation complète de notre expérience du monde. Il n’est pas par principe opposé aux représentations scientifiques de l’expérience, 7 mais il soutient que la science en soi est un dérivatif et est secondaire à ce qu’il appelle l’expérience pré-objective (c’est-à-dire notre expérience du monde comme il se présente déjà lui-même à nous). Dans notre présence quotidienne au monde, nous ne faisons pas l’expérience de nous-mêmes comme des êtres transcendantaux [relevant d’une réalité d’un autre ordre que celui de l’univers constatable] ou des consciences pures désincarnées détachées du monde. Nous faisons simplement face à ce qui est présent devant nous et nous l’appréhendons [immanence]. Ce sens de l’engagement pratique du monde est fondamental pour Heidegger et Merleau-Ponty. C’est la raison pour laquelle, Merleau-Ponty soutient que le point de départ de toute représentation d’une expérience doit être l’expérience elle-même.
Matthews (2002) signale que ceci signifie mettre de côté une conception scientifique de la phénoménologie en faveur d’une description de l’être-au-monde. Avant tout, Heidegger et Merleau-Ponty étaient tous les deux préoccupés par la description de l’expérience et non par l’explication scientifique de celle-ci. C’est la raison pour laquelle, la réduction phénoménologique signifie mettre de côté explications et théories scientifiques. L’activité humaine de la recherche scientifique est elle-même le produit de l’expérience et de l’histoire humaine. Elle comprend une manière très particulière de rencontrer le monde, qui dépouille les valeurs de la façon dont nous « voyons » les mondes naturel et humain. Nous faisons cela par le biais de toutes les techniques que nous utilisons pour débarrasser la science de « partialités ». Le langage de la science se passe de descriptions de valeurs, mais notre orientation au monde avec valeurs attachées est primaire et fondatrice. C’est à partir de ce contexte que nous avons élaboré la voie de la compréhension scientifique, néanmoins, et malgré cela, la science est souvent présentée comme quelque chose qui nous donne une vue du monde « tel qu’il est réellement ». L’ironie du réductionnisme biologique en psychologie et en psychiatrie est que c’est essentiellement une tentative de se déplacer dans l’autre direction : d’utiliser un langage « dé-valué » des sciences physiques pour expliquer le monde à valeurs attachées de l’expérience humaine duquel elles ont surgi en premier lieu. Les représentations scientifiques de l’expérience humaine ne se tiennent pas hors de cette expérience. Elles sont créées par elle.
Qu’est-ce qu’une représentation du monde[4]Pour Merleau-Ponty, la philosophie phénoménologique signifie regarder le monde d’un regard neuf. Nous sommes tellement accoutumés à une vision scientifique du monde, de nos corps et de nous-mêmes, que nous la tenons pour évidente, comme une représentation fondatrice et véridique de la réalité. C’est un point de vue objectif, qui voit le monde et tout ce qu’il contient, y compris les autres, comme des objets existant dans le monde hors de nous-mêmes. Son objectivité est perçue comme libre de valeurs. Merleau-Ponty n’est pas opposé à cette perspective, mais il conteste l’idée qu’elle nous offre une vision complète de la réalité. Ceci parce qu’elle obscurcit le fait fondamental que notre vision de la réalité nous est déjà donnée par le biais de notre existence, notre être-au-monde. L’une des conséquences importantes en est que notre expérience du monde n’en est pas une qui puisse être simplement captée par la représentation mentale de la réalité extérieure comme un schéma cognitif ou un processus informatif, créée en agissant sur les données du sens. Nous ne pouvons saisir l’expérience humaine comme si c’était simplement une question d’avoir des pensées « vraies » à propos du monde.
Vérité de la science / de la conscience. Deux ordres de réalitéLa position de Merleau-Ponty sur la perception est radicalement différente. Il soutient que si nous mettons de côté les représentations scientifique et empirique et nous efforçons de voir le monde non pas comme la science nous l’aurait fait voir, mais comme nous en faisons l’expérience en fait, alors nous nous rendrons compte que le concept de « sensation » est trompeur et n’a que peu de relation avec quoi que ce soit dont nous faisons l’expérience. Matthews signale (2002, 50) que c’est parce que le cartésianisme force les sensations dans des positions précaires quelque part entre les domaines subjectif et objectif. Elles doivent être objectives dans le sens où elles sont liées à une voie causale vers les objets du monde externe. Dans le même temps, elles doivent faire partie de mon expérience subjective si elles doivent naturellement être une partie de moi-même. Ainsi, la confusion nait-elle du dualisme, qui s’efforce de fondre la subjectivité de l’expérience personnelle et la perspective empirique ou scientifique selon laquelle les sensations font également partie du monde objectif.
Le monde tel que nous en faisons l’expérience ne consiste pas en une myriade de sensations autonomes, comme l’objectivisme de la science voudrait nous le faire croire, au contraire il nous est présenté (habituellement) comme un tout cohérent et significatif (une forme : configuration, entité structurée, pattern, gestalt, Gestalt) en situation (champ en terminologie lewinienne). En outre, nous sommes physiquement présents dans le monde par nos corps, et nous nous tenons dans une relation encore plus intime avec le monde que si nous étions de pures consciences désincarnées. Nos corps nous placent dans un temps et un espace spécifiques et notre expérience du monde et notre relation à lui se situent dans une culture et une histoire spécifiques. C’est la raison pour laquelle, Merleau-Ponty nous invite à accepter les réalités contextuelles de l’expérience humaine. Il désigne notre corporétié en situation par le concept de chair.
Notes adjacentesPHG / Romano
Expérience
L’expérience est encadrée. En quoi consiste le cadre de l’expérience ?
Qu’est que l’expérience d’autrui, l’expérience relationnelle ? L’expérience de soi à plusieurs, soi groupal (à partir de trois), soi à deux. Danger, ouverture, sécurité. Soi seul à seul en relation avec les instances internes.
Mais qu’est-ce d’abord qu’expérience ? Faire une expérience, faire l’expérience de, expérimenter (science), expériencier.
L’expérience comme déroulement, comme temporelle. L’évaluation des qualités de l’instant. Le cadrage des qualités formelles (début d’une pensée gestaltiste), le soubassement dès a priori de l’expérience.
Qu’est-ce que percevoir et en quoi consisterait une « perception inconsciente « ? Perception et prise de conscience.
Un son sans durée ça existe dans un univers à deux dimensions. Dans un univers à quatre dimensions nous ignorons ce que serait une « hyper mélodie ». Dans notre univers un son sans durée est impensable, ne peut exister.
Finalement le cadre a priori (Kant) c’est l’infrastructure mathématique formelle de l’expérience.
TLF (extraits) :
- PHILOS. Connaissance acquise soit par les sens, soit par l’intelligence, soit par les deux, et s’opposant à la connaissance innée impliquée par la nature de l’esprit. Il [Brunschvicg] n’oppose pas objectivité à subjectivité, et rend au contraire solidaires esprit et expérience (RUYER, Esq. philos. struct., 1930, p. 278) :
- L’incroyant, disais-je, raisonne de la manière suivante : « je suis dans des conditions normales d’expérience, et pourtant je n’ai pas l’expérience de Dieu; mais cette expérience, si elle est réelle, doit être objective, c’est-à-dire appartenir à tout être normal; ce n’est pas le cas; donc ce n’est pas une expérience réelle ».
MARCEL, Journal, 1919, p. 221.
Rem. Sans être une connaissance innée, l’expérience peut, dans certains domaines, être une appréhension immédiate de réalités considérées comme évidentes. Il y a quelque chose de plus singulier encore dans le sens de la vue, c’est que nous avons l’expérience irrécusable que la sensation visuelle nous trompe quelquefois complètement (DESTUTT DE TR., Idéol., 1801, p. 127).
- [L’expérience est un fait observé]
- Épreuve destinée à vérifier une hypothèse ou à étudier des phénomènes.
- a) Observation de faits naturels. Si l’univers est infini, nous ne saurions en avoir jamais la preuve par l’observation et l’expérience, lesquelles ne pourront jamais atteindre que le fini (E. BOREL, Paradoxes infini, 1946, p. 8).
- b) Observation de faits provoqués.
[1] Jacqueline Barus-Michel, Eugène Enriquez, André Lévy, éd., Vocabulaire de psychosociologie. Références et positions, Ramonville, Érès, 2002, 590 p.
[2] L’expérience implique que la connaissance passe par le corps, pulsions, sentiments, sensations, etc. ; en chinois corps/connaissance.
[3] Attention le 2 précède le 1. La conjonction est première, à partir de laquelle le N°2 (bébé) s’individualise [on parle alors d’individuation, terme qu’affectionne Jung mais dont il n’est pas l’inventeur]. La dyade précède la monade (Leibniz), l’être à deux précède l’être (seul) au monde de l’égologie (cartésienne) : Am Anfang war die Beziehung (Buber) : au commencement était la relation.
[4] Christian Berner, Qu’est-ce qu’une conception du monde ? Paris, Vrin, 2006, 128 p.-
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
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- L’éthique animale, un défi pour les humains d’aujourd’hui
- carré psy
- cinq critères
1 – Expérience 1. Verbe : expériencier.
– Lexicographie : on trouve expérientiel, sur le modèle d’existentiel, et expérienciel sur le patron d’expériencier (vs. expérimenter).
Faire l’expérience de quelque chose, éprouver. Avoir de l’expérience signifie avoir traversé personnellement des situations et avoir tiré de ces passages d’épreuves singulières, strictement individuelles (comment transmettre son expérience, unique par définition ?), une sagesse personnelle. Cela relève du domaine de la subjectivité et du processus de subjectivation. Devenir soi revient alors à se déduire de son expérience enfin intégrée. Expérience type 1, domaine des sciences humaines cliniques, implicatives.
Le concept d’expérienciation procède de la pensée de John Dewey et du pragmatisme américain. Ce mouvement philosophique imprègne une partie importante de la psychologie humaniste américaine. On le retrouve notamment chez Paul Goodman, et il parcourt l’ensemble de la pensée pédagogique humaniste contemporaine. Son principe consiste à éprouver par soi-même physiquement la véracité d’une proposition, toujours établie relativement à la situation actuelle. Dans cette perspective vraiment se voit occuper la place de vrai.
2 – Expérience 2. Verbe : expérimenter.
Relève du dispositif expérimental où un sujet interagit avec un objet. Ainsi un manipulateur fait varier les facteurs pour voir si une plante soumise au rayonnement gamma se comporte identiquement ou différemment d’une plante non soumise à ce facteur. Expérience de laboratoire, type 2, domaines de la science, des sciences physiques dites dures, ou même, avec par exemple la sociologie, des sciences humaines mi-dures. On mesure ici le pesant philosophique et épistémologique de l’expression psychologie scientifique ou expérimentale.
expérientiel / expérimental
Cette dichotomie articule deux univers épistémologiques distincts au sein du Carré psy. Cette opposition contrastive renvoie à psychologie vs. psychothérapie relationnelle & psychanalyse. La différence épistémologique se trouve définie par Jean-Michel Fourcade relayé par Philippe Grauer : la psychologie relevant du modèle 1 – sujet/objet –, la psychothérapie relationnelle, dont relève l’expérientielle, du modèle 3, intersubjectif.
psychothérapie expérientielle ou expériencielle
Il s’agit dans le cadre psychothérapique, en relation (cela comporte qu’on sache tenir compte des concepts de base suivants et les mette en œuvre : transfert, lien, intersubjectivité), d’essayer voir l’effet que produit sur nous le fait de tenter une micro expérience proposée en situation par le psychopraticien relationnel, au cours d’un processus d’expérienciation légèrement différent de ce que notre habitude (« la névrose loge dans les habitudes » – Perls) – on pourrait aussi parler en termes de mécanismes de défense, de protection devrait-on dire – littéralement nous contraint de faire. Il s’agit de tenter l’expérience d’un petit degré de liberté hors de la sphère de souveraineté de notre pathologie : et si vous répondiez non au lieu du je vais essayer ou je vais le faire dit à contre-cœur, que vous avez comme à l’ordinaire lâché à votre antagoniste ? Mais un « non ! » articulé ici maintenant, tout de suite, là, pendant que nous sommes vous et moi ensemble à éprouver tout cela et nous efforcer de le penser, à chaud, au moment même où cet événement vous revient. On parle aussi d’expérienciation, et d’expériencier.
Cf. « S’expériencier en dynamique de groupe, se sentir pris dans le mouvement collectif d’un devenir groupal conduit par un animateur de groupe qui connaît bien son délicat travail représente une aventure peu commune. » Ici-même.
mise en situation
En psychocorporel, une esquisse de mise en mouvement, une posture, une respiration, un départ émotionnel mieux contacté, parfois amplifié, peuvent nous mettre ainsi sur des voies inédites, nous permettre d’entrevoir, par le biais d’expériences nouvelles – au sens d’expérienciation, de mise en situation personnelle –, même (et surtout, généralement) minimes, des issues à nos impasses, déjà de mieux commencer à éprouver-comprendre en relation nos mécanismes et impossibilités actuelles à nous y soustraire. Surtout pas d’illusion : rien de gagné dans l’immédiat de façon miraculeuse, rien qu’une patiente et insensible avancée dans l’imprévisible cheminement à deux.
La personne peut simplement à l’évocation de pareille idée réagir en disparaissant littéralement, ou en répondant : « – Ça non je ne peux pas ! » Cela constitue l’amorce du coup suivant, dans le dialogue psychothérapique. Par exemple : « – À la bonne heure, je vois que vous savez dire non ! … mais par contre pas à votre mari(1). Et si on essayait (…) ». Etc. Cela vaut uniquement dans le cadre du jeu intersubjectif immédiat, relationnel. On concevra que ce léger dégagement psychique – il s’agit là d’un véritable travail, avec progression, régression, stagnation, rien de linéaire ni mécaniquement simplifié – puisse nous conduire à abaisser notre taux de soumission au poids, à l’hypothèque, d’un passé mortifère et répétitif.
différence
Une telle expérienciation se distingue de l’expérimentation du cadre des sciences objectives, où un savant contrôle un dispositif en faisant varier les variables pour voir ce qui se passe si abdef sans c, ou sans c et plus n vs. avec c, etc. L’expérienciation relève d’une dynamique subjective et intersubjective au décours même de la séance.
formation expérientielle
En didactique, un cours expérientiel c’est un cours comportant, articulé à la théorie et méthodologie, une part engagée, style travaux pratiques et méthodes actives, un apprentissage, une opération de transmission, ou l’étudiant apprenti en immersion apprend, non seulement la théorie, mais à la faire fonctionner à la première personne du singulier, en se prêtant lui-même à l’expérience (type 1), dans le cadre d’une relation vivante sur le moment, en présence des autres et du formateur. Il apprend à évoluer dans l’espace théorico méthodologico pratique que le groupe-classe est en train d’explorer. Il apprend par l’effet produit sur et en lui-même en présence des autres, dans le champ relationnel et didactique.
article inachevé le 11 mars 2011, reprises :15 mars, 4 octobre 2011, 6 novembre 2011.
- 1 C’est un peu plus complexe, qu’on nous excuse pour cette sommaire présentation. Le non peut être considéré comme adressé à un parent, relayé dans le transfert. De plus, dans la dynamique relationnelle, comportant sa dimension inconsciente de part et d’autre, de ce fait interviennent encore d’autres éléments. On n’en finirait pas d’affiner ce genre de commentaire.
- d'autres psychotiques que moi
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- Psychothérapie relationnelle : sauvons la pratique !
critères spécifiques, supervision et recherche
par Philippe Grauer
L’État démocratique n’a pas vocation à la soviétique à légiférer sur la science (excepté en matière de bioéthique). La disjonction de l’Université à sa création repose sur le principe d’une certaine extraterritorialité de celle-ci, marquée par exemple dans la législation par l’interdiction de l’intervention directe de la police sur son territoire. Le même principe d’autonomie régit l’exercice de la médecine, aujourd’hui protégé par un Ordre… lui-même intégré à l’appareil d’État mais pourvu d’un cadre incontestable. La psychanalyse acculée par les analyses de Popper lui refusant le statut de science, a réclamé et proclamé qu’elle ne relevait pas de la science, toujours au nom de son extraterritorialité. Que veut dire au juste démarche scientifique ? En termes religieux mon royaume n’est pas de ce monde, en tout cas pas du monde du scientisme. Le débat reste ouvert.
critères des sciences humaines
La clinique, c’est-à-dire la pratique en psychanalyse (et en psychothérapie relationnelle), relevant de la sphère épistémique du processus de subjectivation, représente un mode de pratique, de théorisation de la singularité, d’intervention intersubjective, qui répond aux critères des sciences humaines et non des sciences de la nature. Face à l’expansion de ce qu’on pourrait appeler le principe d’évaluation débouchant sur une véritable chiffrophrénie hospitalière, appliquant des modèles de contrôles étrangers à leur objet, donc eux-mêmes antiscientifiques au sens où le scientisme lui-même entend ce terme, la revendication d’évaluer son objet, ses méthodes et sa pratique en cohérence avec ses propres principes, théories et épistémologie apparaît justifiée.
supervision et recherche constante
Ce qui n’a rien à voir avec une exemption du devoir de rigueur, d’examen critique de la pratique et des résultats, avec la construction de concepts, l’exigence de supervision et de recherche constante, précisément pratiqués en société savante par les différentes méthodes de la psychothérapie relationnelle et les courants psychanalytiques.
EXTRATERRITORIAL AUJOURD’HUI
par Jacques Sédat
se déprendre, désassujettir
Par rapport à cette spécificité de la psychanalyse, qui n’est pas la gestion du soin, mais la gestion du malaise, la tâche que peut s’assigner la psychanalyse, c’est justement de proposer une cure d’amaigrissement transférentiel. Au principe même de la psychanalyse, il y a la névrose de transfert, l’analyse du transfert et l’amaigrissement du transfert. Freud l’énonce ainsi dans l’une de ses conférences : « L’individu doit se consacrer à la grande tâche de se déprendre de ses parents » (le terme ici est Ablösung qui est le même que pour la liquidation du transfert, Lösung). « Sa solution seule (se déprendre des parents), lui permet de cesser d’être un enfant assujetti à des transferts à l’égard des grandes personnes, pour devenir un membre de la communauté sociale. » Aussi peut-on dire que la psychanalyse n’est en aucun cas le relais d’idéaux, qu’ils soient les idéaux de la société, les idéaux de l’État, ou de telle idéologie.
extraterritorialité par rapport aux idéaux et énoncés culturels
La psychanalyse est extraterritoriale, et aujourd’hui elle ne peut plus être extraterritoriale comme Lacan l’énonçait encore dans Variante de la cure-type : «la psychanalyse procède comme la science d’un principe d’extraterritorialité», ce qu’il reprendra dans la proposition du 9 octobre 1967. Ce qui aujourd’hui peut être extraterritorial, c’est l’espace de la séance, en tant qu’il y a pour la séance analytique un principe d’extraterritorialité par rapport à tous les idéaux et à tous les énoncés culturels qui nous ont affectés. Ce qui est exigible et extraterritorial de la psychanalyse, c’est qu’elle ne soit pas une courroie de transmission et une caisse de résonance d’idéaux qu’elle aurait à transmettre [C’est nous qui soulignons, NdlR.]. Ce que la psychanalyse a à transmettre, c’est le fait qu’un sujet puisse décliner les modalités de la façon dont il a été pris dans des transferts, et qu’il puisse s’en défaire partiellement.
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- Quelques remarques sur la réglementation de la pratique des psychothérapies
- LE MARIAGE POUR TOUS – Quelques questionnements.
F
Voir l’article présentant la proposition de loi visant à l’interdiction de la psychanalyse dans le soin des autistes. En attendant mieux.
Daniel Fasquelle, député UMP2e député le plus actif de France – classement Marianne, janv. 2012.
Président du Groupe d’études Autisme à l’Assemblée nationale, dont composition.
Agrégé des Facultés de droit, Professeur à l’Université du Littoral-Côte d’opale et à Paris, spécialiste de droit européen. Député du Pas-de-Calais, Maire du Touquet.
information frdm
Création le 1er février 2012 – mise à jour 6 mars 2012 –
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkFFdP
Créée en mai 1995 par les deux syndicats PSY’G et SNPPsy, à l’initiative du premier, pour rejoindre, à l’appel de l’UKCP britannique, le mouvement de soutien de la psychothérapie, au sens indifférencié du terme, dans le cadre nouvellement créé de l’Association européenne de psychothérapie 1990(1) (Déclaration de Strasbourg).
Octobre-décembre 1998 – scission. Des divergences de fond étant apparues :
– centration sur le métier, validation du professionnel/validation des méthodes-écoles, réputées « scientifiquement reconnues »
– désaccord sur le CEP (Certificat européen de psychothérapie(2) et ses modes d’attribution
– vocation de ne fédérer que des organisations (AFFOP)/ouverture d’inscriptions individuelles parasyndicales (FFdP),
– contestation du mode d’exercice du pouvoir,
– projet de se substituer à terme au syndicalisme français(3),
les deux syndicats fondateurs se retirent de la FFdP ainsi que 15 autres organismes, pour créer l’AFFOP.
2006 – La FFdP devient FF2P pour intégrer à son acronyme le syntagme « et psychanalystes » (adopté en 2005 par le SNPPsy).
La FF2P
– continue de dispenser une certificat privé dit Certificat européen de psychothérapie (CEP – appellation dont le P final ne spécifie pas le substantif volontairement vague et englobant de psychothérapie).
– se donne pour objectifs de défendre la psychothérapie, tous domaines et genres confondus.
– constitue une sorte de section française de l’Association européenne de psychothérapie, dont elle soutient et promeut le CEP et la politique.
– soutient et représente principalement les méthodes, leur délégant le soin de confirmer leurs diplômés.
– déploie un protocole de recrutement tout azimut dans sa fonction parasyndicale(4).
– a pour politique, ayant pour objet la psychothérapie, conçue de façon indifférenciée, de recruter et embrasser le plus largement possible, ce qui présente des avantages non négligeables du point de vue de l’importance numérique et de l’attractivité commerciale.
– communique bien, sur le mode éventail déployé.
Ce qui la fait contribuer indirectement, sans avoir à la nommer(5), à la diffusion de la psychothérapie relationnelle, l’une des deux disciplines avec la psychanalyse œuvrant dans le cadre épistémologique et méthodologique de la dynamique de subjectivation.
Ces traits la différencient du bloc regroupé autour de l’AFFOP qui promeut et soutient, après l’avoir définie, spécifiée et délimitée comme discipline (regroupant des méthodes), la psychothérapie relationnelle. La politique de l’AFFOP se veut davantage centrée sur l’éthique et l’organisation alternative d’une profession comprise comme pratique libérale, jalouse de son autonomie par rapport à des pouvoirs publics favorables à plus de mise en conformité administrative, idéologique et d’alignement paramédical (code de la Santé).
Les deux fédérations et les deux syndicats, réunis depuis 2010 dans le cadre de liaison du GLPR, ont pris ensemble d’importantes décisions concernant le nom de métier de psychopraticien, entendu comme appellation professionnelle(6) par la FF2P(7) spécifique(8) alors que l’AFFOP, le SNPPsy et le PSY’G insistent sur la référence délimitatrice disciplinaire avec le syntagme psychopraticien relationnel, et sur la référence au titre d’exercice avec psychopraticien relationnel®.
On remarquera que la question de la terminologie contribue grandement à permettre d’appréhender, d’après les façons de dire, des différences de fond.
- 1 Ça ne sera qu’à partir de 2001 que le SNPPsy optera clairement pour un basculement terminologique régissant une nouvelle politique professionnelle, épistémologique et scientifique, en définissant la psychothérapie relationnelle comme sa discipline de référence, prise dans le cadre du carré psy. Cette avancée provoquera des remous et repositionnements, comme elle demeurera ignorée de l’univers FF2P.
- 2 À l’époque, pas question encore de parler de psychothérapie relationnelle, qui n’arrivera qu’en 2001, dans la mouvance SNPPsy.
- 3 Parfaitement compréhensible, le syndicalisme psychothérapique constituant une exception française (le syndicalisme italien ayant été rapidement balayé), par rapport au principe organisationnel fondé sur les méthodes, à la base de la logique institutionnelle et organisationnelle de l’AEP.
- 4 Les syndicats font remarquer que l’expérience et l’action syndicale et d’une fédération sont distinctes. Les syndicats sont axés sur la défense des personnes des praticiens, les fédérations soutenant leurs organismes membres.
- 5 mais se situer par rapport à une telle distinction n’est pas son problème, le terme « ouvrant » de psychothérapie tout court suffisant largement c’est le moment de le dire, à sa stratégie de communication englobante. La FF2P n’est pas axée sur les axes de discipline et d’épistémologie distinctive. il ne s’agit pas de distinguer mais de rassembler et faire nombre. Moins on précise mieux on recrute. Choix stratégique.
- 6 Le métier, comme avec l’expression « avoir du métier », renverrait plutôt au savoir faire intégré du praticien.
- 7 Serait en voie d’enregistrement (2015) comme titre alternatif à l’INPI sous la désignation psychopraticien certifié – renvoyant au Certificat européen de psychothérapie – CEP, syntagme dans lequel psychothérapie demeure non spécifié, embrassant l’ensemble des pratiques psychothérapiques, dont les non relationnelles.
- 8 Ce qui est impossible, le terme psychopraticien étant aussi vague que le fut naguère celui de psychothérapeute, qui comprenait des praticiens enregistrés nulle part, ou en des points d’ancrage organisationnels ne fournissant pas de garantie suffisante, ce qui donna lieu en un premier temps à son institutionnalisation protectrice par les quatre organisations historiquement responsables, qui érigèrent une première titularisation, ie, qui instituèrent un titre d’exercice garanti par elles. On ne saurait protéger intégralement l’appellation de psychopraticien. Il lui faut adjoindre un déterminant. Comme agréé, certifié, relationnel. Le système CNCP ne le fera pas davantage, il ne protégera que certains diplômes, et encore, s’il y consent, la question annexe étant : à quel prix ? C’est le sujet de l’Adresse.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
Chacun des quatre locataires du Carré psy dit pratiquer la seule psychothérapie qui vaille, la sienne.
À l’exception notable de la psychanalyse française, qui dit pis que pendre de la psychothérapie, que cependant ses praticiens la pratiquent largement, toutefois en la dénommant psychothérapie psychanalytique ou d’inspiration psychanalystique : PIP. Au moins un avantage à cette pratique, elle nécessite une psychanalyse préalable du praticien lui-même. Ajoutons que la psychanalyse s’enseigne à l’université, comme la psychologie et la psychiatrie, mais se transmet au sein de sociétés savantes et parfois d’écoles spécifiques non universitaires ou para ou péri universitaires. .
Les trois autres forment à la psychothérapie telle qu’ils l’entendent de façon diverse.
– En psychologie clinique, on parlera beaucoup de psychopathologie clinique comme cœur de formation. Une psychopathologie d’inspiration naguère psychanalytique (cf. § précédent), à présent beaucoup plus comportementaliste, centrée sur la Thérapie comportementale et cognitive, le radical psycho manquant à l’initiale. Aucune obligation de pratique d’une psychothérapie ou psychanalyse antérieure à la pratique. Dans le cas d’une clinique d’orientation psychanalytique il est conseillé, rien de plus, aux étudiants de faire la démarche. Les TCC par définition n’exigent rien de pareil. La psychothérapie universitaire est affaire de savoir essentiellement (même s’il y a des stages en hôpital). Formation universitaire exclusivement, en facultés des Lettres.
– En psychiatrie la psychopathologie est évidemment largement développée, l’aspect psychothérapique étant soit franchement absent soit le plus souvent réduit à peu de choses. Cela n’empêche pas les psychiatres de se dire praticiens de la psychothérapie par excellence et principe. Aucune obligation de psychothérapie ou psychanalyse personnelle. Formation universitaire bien entendu, en faculté de Médecine et CHU.
L’orientation scientifique des deux disciplines dispensant un savoir en psychothérapie au sein de l’université tend vers « une conception médicalisée de la psychothérapie au service d’une prétendue santé mentale, définie en termes de normes, de troubles et de symptômes à éradiquer le plus rapidement possible et aux moindres frais ». Face à cela une orientation d’inspiration résolument humaniste se voit maintenue dans la formation à la psychothérapie qui se délivre …
– … en Psychothérapie relationnelle, où des écoles forment, non de jeunes étudiants mais des adultes en reconversion, à partir de la quarantaine statistiquement parlant, présentant quelque maturité, ayant déjà vécu et travaillé. Dans les meilleurs programmes des bonnes écoles, la formation à la psychothérapie se déroule en cinq années universitaires et comprend 2000 Heures. À quoi ajouter une psychothérapie ou psychanalyse longue et suffisamment réussie (qu’est-ce qu’une psychothérapie réussie ? on peut répondre à une telle question malgré tout). Formation extra universitaire, l’université française contemporaine rongée par le corporatisme, et toute à sa dévotion pour le scientisme, n’acceptant pas le partenariat avec des écoles novatrices dans leur domaine. Dans les bonnes écoles agréées Affop, la formation, qui inclut une transformation de la personne, obéit à des exigences de rigueur méthodologique et critique comparables à celles en vigueur à l’université. Mais dans un style spécifique, sensible à la dimension clinique de l’objet transmis.
La formation à la psychothérapie on le voit comporte des voies aussi diverses que les possibilités de définition de la psychothérapie, concept fourre-tout propre à toutes les confusions.
C’est pour mettre un peu d’ordre dans cet ensemble disparate que à partir de 1997 le SNPPsy, à l’initiative de Philippe Grauer relayant une idée de Jean-Michel Fourcade, prit l’initiative de définir soigneusement la psychothérapie relationnelle, celle à la formation de laquelle des écoles telles que la nôtre ont la charge de procéder, et de cesser de dire qu’ils pratiquaient la et formaient à la psychothérapie sans préciser davantage.
On voit qu’à aborder la question à partir du substantif psychothérapie, on parvient à mesure que l’on conduit l’enquête à affiner et distinguer ces termes voisins que même les spécialistes parfois différencient difficilement.
Alors, bienvenue au club ! Poursuivez vos investigations et bonnes découvertes dans le monde multiforme, complexe et fascinant de la psychothérapie !
Philippe Grauer
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
L’originalité du Cifp tient à ce qualificatif. Multiréférentielle , la formation que délivre le Cifp comporte les quatre disciplines clés que sont la psychanalyse d’une part et les trois subdisciplines de la psychothérapie relationnelle d’autre part, que constituent la gestalt-thérapie existentielle, l’analyse bioénergétique (au titre du psychocorporel), et le groupe psychothérapique (comportant la dynamique de groupe).
Aucune n’est privilégiée, elles sont abordées sur le mode de l’alternance. Les étudiants apprennent à naviguer de l’une à l’autre, sachant les passages quelque peu risqués parfois, la tenue éthique et épistémologique étant préservée entre ces courants tous liés à la dynamique de la subjectivation (émergence du sujet, de la personne, dialogue intersubjectif entre un praticien et son interlocuteur, refus d’une psychothérapie mécanique par protocoles du cognitivisme), ce qui fait de la psychanalyse et de la psychothérapie relationnelle des disciplines demies sœurs.
Un accompagnement est fourni tout au long, pour intégrer ces différences et en vivre les contraintes — et les ressources, plutôt que les abolir artificiellement, les dénier, ou imposer une hiérarchisation toute faite d’avance.
Philosophie et psychopathologie accompagnent, donnant leur note interdisciplinaire, tout au long ce cursus.
Cette démarche d’ensemble constitue une spécificité forte de notre École. Voir au Glossaire la définition des autres termes fournissant le détail de cette orientation.
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
G
Le Cifp est une école généraliste comme il y en a peu. Généraliste signifie qu’il forme à bien davantage qu’à une méthode, souvent par le passé appelée à sauver soit la psychothérapie soit le monde. Il ne forme pas des praticiens appelés à travailler comme représentants d’une marque, en franchising, mais introduit à la psychothérapie relationnelle à partir de quatre plus une disciplines de base : groupe psychothérapique, psychanalyse , psychocorporel, gestalt-thérapie existentielle + philosophie .
Il dispense un éventail disciplinaire et interdisciplinaire dont on peut monter les fils en torsade, dont pourra user le psychothérapeute multiréférentiel à sa guise dans sa pratique. Il conviendra de déterminer dans ce domaine la différence entre éclectisme, intégrativisme et multiréférentialisme.
Commençons par constater que chacune de ces disciplines psychothérapiques ou psychanalytique voit midi à sa porte, et qu’elles ne figurent pas sur le même méridien. Comment résoudre cette difficulté, et la transformer en ressource ? La première chose à faire est de ne pas refuser de considérer cette réalité, qui est celle de notre temps.
La seconde consiste à jouer de cette réalité. Cela permet d’interroger chaque discipline à l’heure de l’autre, sans avoir à remettre artificiellement à l’heure de Greenwitch l’ensemble des fuseaux horaires. Nous dirons pour prolonger la métaphore que s’il faut pour s’orienter un Greenwitch la psychanalyse, fondatrice de la dynamique subjectiviste dans le domaine du psychisme, fournira le méridien zéro, sans pour autant la déclarer étalon universel auquel rapporter le reste du monde. Un certain privilège mais surtout pas tous car le monde contemporain est multipolaire.
Le Cifp s’attache à interroger chaque discipline précisément en mettant pour un temps le curseur zéro sur une autre. La « géopolitique » de la psychothérapie relationnelle bascule alors du tout au tout dès qu’on opère un décentrement. La critique suscite l’interrogation, et nous considérons ce doute méthodique comme déstabilisant certes — et pourquoi pas ? mais surtout fertile.
La déstabilisation en cours d’apprentissage donnera, crise surmontée, une sécurité épistémologique de base suffisante au praticien formé dans notre École. Cela permettra des audaces, des tentatives, de la recherche, de l’ouverture, dans un climat d’incertitude ambiante qui continue de travailler le travail du psychothérapeute relationnel devenu multiréférentiel, à partir du socle suffisamment assuré qu’il se sera constitué.
La philosophie là-dedans joue un rôle particulier. Nous avons pris le parti de la considérer comme une matière, comme la psychopathologie, pour ne pas la confondre avec les disciplines psys. Elle peut procurer
– tout d’abord les cadres conceptuels généraux auxquels il est impossible de ne pas référer le savoir psy (expression de Pierre Coret)
– ensuite elle peut à son tour servir de référence et de lieu de remise en perspective — tout en devant accepter de se voir elle-même mise en question par les disciplines psychothérapiques.
– Enfin ses concepts eux-mêmes interrogés produiront une liberté de naviguer transversalement entre elles.
30 octobre 2008 –
- La fonction phorique
- Allen Francès – conférence des Diaconnesses
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
– Texte créé le 7 juin 2010
Cf. également psychothérapeute
Les praticiens des quatre disciplines cardinales constitutives du Carré psy se prévalent d’un exercice de la psychothérapie, celle-ci n’étant pas définie englobe des théories, pratiques, méthodes, épistémés hétérogènes.
Chaque pratique s’exerce dans des limites floues, et, ce qui complique la figure, parfois intégrées, les professions étant cumulatives (exemple classique : psychiatre-psychanalyste). Ainsi dans Devenir psychothérapeute relationnel, la brochure de notre école, pp. 7-9, nous avons dénombré pas moins de onze exercices mixtes, sans garantie d’exhaustivité.
Aussi depuis 1997 avons-nous pris l’habitude de discerner la psychothérapie
– relationnelle
– psychanalytique
– psychiatrique
– psychologique — dite psychologie clinique, on aurait pu dire psychothérapie clinique mais cela aurait été trop simple. En effet les psychologues exercent soit une véritable thérapie psychologique, sous l’appellation TCC, thérapie comportementale et cognitive, soit une psychothérapie démarquée de la psychanalytique mais pas tout à fait, la bouteille à l’encre qui engendra le test du fameux Rorschach contenait encore du liquide, s’est renversée à l’évidence sur la psychologie tout entière.
Cela nous fait quatre psychothérapies bien distinctes, correspondant aux côtés du Carré psy.
L’ensemble de ces pratiques logiquement recouvre l’appellation générique de psychothérapie et échoit au titre générique de psychothérapeute. Échéait faut-il dire à présent (après juillet 2010) car le titre générique de psychothérapeute a chu dans la poubelle de l’Histoire. Sans emporter avec lui notez-le bien le terme psychothérapie. Autrement dit dès 2010 il n’y a plus équivalence terminologique automatique entre psychothérapie et psychothérapeute. Quand on vous disait que c’était complexe ! (1) Las ! les choses humaines, et sciences du même nom, sont complexes, voire compliquées. La bataille des dix dernières années autour de la question du titre de psychothérapeute — attention, pas de la profession, il s’agit d’un titre sans profession équivalente, restons peu simples — visait à décerner ledit titre exclusivement aux universitaires, titulaires de diplômes obtenus au terme de cursus ne formant strictement pas à la psychothérapie relationnelle.
Tant et si bien que pour ne pas s’y retrouver il suffit de dire psychothérapie sans préciser davantage pour noyer le poisson relationnel. Nous prenons soin de préciser dans ce cas au sens générique du terme.
Cela n’est pas parce que complexe incompréhensible. Il s’agit tout simplement d’un paradigme à organiser, ce qu’une taxinomie ajustée permet.
PHG
mises à jour : 7 juin 2010, 4 janvier 2011
- 1 Cela veut dire que le service psychothérapique sera dorénavant majoritairement assuré, en ce qui concerne la psychothérapie relationnelle, par des professionnels dépourvus du titre désormais réservé de psychothérapeute, qui s’appelleront désormais psychopraticiens relationnels. Notez que de véritables psychothérapeutes NN peuvent parfaitement être habilités à exercer la psychothérapie relationnelle, s’ils sont dûment, ne vous affolez pas au début c’est difficile à intégrer, au bout du compte on y arrive, s’ils sont dûment certifiés par nos bonnes Écoles agréées. § modifié le 20 août 2010.
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- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
La théorie de la forme, popularisée en France entre les deux guerres par Gustave Guillaume relève du courant philosophique axé sur la phénoménologie de la perception. On peut en tirer de petits tests amusants, comme celui de voir à volonté une sorcière ou une jolie femme dans un dessin savamment ambigu, ou de se demander si en 3-D ce qu’on regarde est un cube saillant ou rentrant. Tout est là, qui, sinon le sujet, organise sa perception, et comment il opère ses choix, alors qu’on croit naïvement qu’il ne s’agit pas d’une affaire de choix. Cela débouche sur une véritable méthodologie de la responsabilité.
Un autre truisme qu’on entend régulièrement chez les gestaltistes c’est que le tout est supérieur à la somme de ses parties. C’est vrai, ça n’est pas davantage une découverte gestaltiste que le fait d’organiser les choses en polarités. Quant au champ, maître mot en gestalt, ce concept vient de Kurt Lewin l’ayant importé de la physique de son époque, et désigne l’orientation par rapport au contexte. Ajoutez-y la frontière-contact, une réflexion sur la relation dedans-dehors et l’interpénétrabilité interactive, et vous aurez la tête qui commence à devenir lourde. Et pourtant l’ensemble, avec une certaine élégance, tourne, et inspire de nombreux praticiens.
Il me permet de faire toucher du doigt que j’organise ma perception du monde, et qu’en fait je suis responsable de la structuration de l’univers et du sens que je lui confère, contrairement à l’idée qu’il s’agit d’évidences également partagées par tous, qui s’imposeraient à nous de l’extérieur. Le verbe allemand gestalten signifie donner forme, configurer. C’est d’un coup (méthode « globale ») que j’aperçois la silhouette de l’être aimé, que l’enfant présenté au miroir (cf. Wallon puis Lacan) dit ça c’est moi, éprouvant son image comme totalisante de son unité psychique, et la soudaine découverte de cette perception de soi, cette organisation globalisante de sa silhouette psychocorporelle le fait jubiler.
Le mixage d’une phénoménologie de la perception et de la psychanalyse, que Perls un moment voulut appeler psychanalyse existentielle, a fini par tourner le dos à cette dernière pour donner une psychothérapie du dialogue existentiel pétri d’influences parmi lesquelles on relève la bioénergie de Reich, le psychodrame de Moreno, la pensée de Kurt Lewin, la Rencontre de Bill Schutz, et, bien entendu la psychanalyse, déniée.
La Gestalt-thérapie a connu un développement qui tient entre autre à sa maniabilité et grande praticabilité clinique (vous connaissez ce terme maintenant. Ici il est employé dans le sens de pratique concrète engagée sur le terrain de la relation), à sa relative simplicité, et à la possibilité d’en maîtriser l’outil dans un premier temps relativement facilement. De plus, elle présente l’avantage de permettre d’éviter le difficultueux cheminement psychanalytique (sans compter que certains y sont carrément allergiques et qu’il serait contre-indiqué de le leur conseiller). Elle présente aussi d’autres multiples avantages, dus au maniement du dialogue et de la catharsis (voir ce terme).
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
Variété de gestalt-thérapie. la gestalt-thérapie comporte plusieurs courants dont celui-ci, inspiré de Irving Yalom l’auteur de Existential Psychotherapy , est maintenant traduit, dont la pensée commence à se populariser en France plus de vingt ans après selon l’habitude française, depuis la publication du Bourreau de l’amour, Apprendre à mourir par la méthode Schoppenauer et Mensonges sur le divan (Lying on the couch) , éd. Galaad. Ces véritables romans cliniques, non dépourvus d’humour, passionnants à lire, pourraient en fait constituer de bonnes introductions à la culture de la psychothérapie relationnelle.
Les deux champs théoriques et méthologiques se combinent pratiquement sans hiatus, et s’éclairent cliniquement mutuellement de façon parfois saisissante. Bel exemple de psychothérapie intégrée, encore plus qu’intégrative.
Noël Salathé, qui a fondé il y a une vingtaine d’années l’Atelier de recherche en psychothérapie existentielle, ARTEX, auquel appartient l’auteur de ces lignes, eut le mérite d’introduire la pensée de Yalom dans la théorisation gestaltiste dès les années 80. Ses recherches sur l’application des contraintes existentielles, via une théorie des valeurs, font à présent autorité dans le domaine.
- Hommage à Noël Salathé
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- autisme encore
Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle
dialogue concertant
Ce groupe organisationnellement fluide, ne constitue pas une super organisation ou fédération, mais un lieu d’échange, de concertation et d’autorité morale commune, regroupant exclusivement les quatre organismes historiques de la psychothérapie humaniste à l’origine, relationnelle à présent, en France. Toutefois le nom de métier engageant les Quatre (AFFOP, FF2P, PSY’G, SNPPsy) crée de fait une solidarité institutionnelle en devenir.
Cette institution de dialogue concertant, groupe permanent de liaison et de réflexion constitué en réaction à l’adoption de la loi HPST de 2009, et pour constituer à l’issue de la disparition de la Coordination psy une instance permanente de la psychothérapie de la relation historiquement responsable et représentative dans notre pays, réunit (1) depuis janvier 2011(2) :
– les deux syndicats historiques, PSY’G (1966) et SNPPsy (1981)
– les deux fédérations nationales, FF2P (1995) et AFFOP (1998), regroupant deux ensembles organisés d’institutions de la psychothérapie relationnelle en France.
propriété indivise du nom de métier
Le GLPR est moralement copropriétaire indivis du nom de métier de psychopraticien, adopté par lui le 17 novembre 2011(3) – auquel s’adosse le déterminant de relationnel, inscrit dans le sigle, auquel sont particulièrement attachés les deux syndicats et l’AFFOP. Le déterminant relationnel renvoyant au champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle, et à l’appellation protégée par l’AFFOP (comprenant le SNPPsy) de psychopraticien relationnel®.
solidarité inter organisationnelle
Une telle copropriété morale engage solidairement les quatre organisations historiques. Et peut se trouver les conduire à passer des accords sur des questions essentielles pour la défense de la profession.
Voir aussi
– les-psychothérapeutes
– la-psychothérapie
– psychothérapie = 4 psys
– titre
– Philippe Grauer, Titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe
– la psychothérapie & les psychologues
– Philippe Grauer, éthique & psychothérapie : de la psychopathologie à l’autoproclamation [7 novembre 2013].
– Philippe Grosbois, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence
– terminologie
– GLPR
représentatives et responsables
Le GLPR se constitue des quatre organisations historiques – et elles seules – représentatives et responsables de la psychothérapie et des psychothérapeutes et psychopraticiens relationnels œuvrant à partir du ressort de la relation et du processus de subjectivation qui se sont fondées en France au cours des quarante-cinq dernières années – bientôt un demi siècle. Elles comptent ensemble en membres à peu près les deux tiers des 7500 psychopraticiens évalués dans notre pays à ce jour. Quand on pense au taux de syndicalisation ambiant c’est considérable.
Les quatre organismes du GLPR sont d’accord sur le principe des cinq critères et particulièrement du cinquième.
historique
Pour mémoire la Déclaration de Strasbourg qui proclame la profession de psychothérapeute(4) date de 1990, signée pour la France par le PSY’G puis par le SNPPsy, signatures conduisant à la constitution conjointe par les deux syndicats de la FFdP, sorte de section française de l’Association européenne de psychothérapie – AEP dite EAP à l’anglo-saxonne – qui engendrera l’AFFOP par sissiparité (fin 1998)(5). La FFdP deviendra FF2P (2006) – peu après que le SNPPsy ait, à leur demande, fait place en 2005 aux psychanalystes militant en son sein dans le sous-titre de son acronyme(6).
autoréglementés : « pratiques hors du cadre réglementé »
Titres d’exercice professionnel autoréglementés garantis par les quatre institutions responsables historiques membres du GLPR
AFFOP (dont SNPPsy) : psychopraticien relationnel®
FF2P : psychopraticien certifié®
PSYG : psychopraticien agréé (non homologué INPI à ce jour (mai 2017)
Ces trois titres d’exercice alternatifs (et ceux-ci seulement) désignent des praticiens professionnellement autoréglementés hors du cadre réglementé, réservé lui au titre d’exercice à vocation paramédicale de psychothérapeute.
Mises à jour à partir du 25 juillet 2011 : août 2011 – novembre 2011 – 24 août 2012 – 10 septembre 2012 – 22 novembre 2012 – 8 octobre 2013 – 17 mai 2014 – 26 mai 2015 – 25 octobre 2015 – 30 novembre 2015 –
- 1 Par concertation régulière des dirigeants.
- 2 De nouveaux indices, en date du 8 octobre 2013, militent pour établir la naissance du GLPR à novembre 2010. Février 2010 signant la date de la dernière réunion de la Coordination psy. Pour l’instant nous nous en tenons à janvier 2011.
- 3 Pour mémoire le SNPPsy définit l’appellation psychopraticien relationnel et l’adopte en 2001.
- 4 Et « la psychothérapie » comme discipline propre et indépendante. Le SNPPsy a mis dix ans à élaborer, conjointement au concept de carré psy, le concept de psychothérapie relationnelle, permettant de différencier le domaine du soin non médical par la relation au sens strict et fort de cette expression, du paramédical d’inspiration comportementaliste et scientiste représenté par la psychologie scientifique et le monde des neurosciences, dont les disciplines de référence restent la psychologie et la psychiatrie.
- 5 Pour mémoire c’est en 2001 que fut lancé, avec l’appellation de psychothérapie relationnelle, dans un rapport moral du président du SNPPsy auprès de son AG annuelle, la politique de différenciation, d’individuation institutionnelle qui conduirait au concept de carré psy et à l’abandon de prétentions à coloration corporatistes du SNPPsy. Celui-ci cessera de prétendre représenter La psychothérapie conçue désormais comme multiple et hétérogène, pour se situer dans le paradigme d’un champ réparti en quatre disciplines représentant deux professions simples (formation universitaire), une mixte, la psychanalyse (université plus société savante), et une simple (formation dispensée par un réseau d’écoles professionnelles privées) dont le SNPPsy fournit le modèle d’un système de garantie professionnelle contrôlée du cursus. Modèle transmis plus tard à la diligence de l’AFFOP. La FF2P, centrée sur le système du Certificat européen de psychothérapie, garantit ses membres (dont des individuels) par le moyen de la transformation du diplôme d’école en certificat européen.
- 6 Le terme a évolué pour devenir en 2011 le Syndicat national des praticiens en psychothérapie relationnelle et psychanalyse. C’est à tort qu’on attribuerait au SNPPsy le projet opportuniste d’intégrer le terme psychanalyse au cœur même du débat sur la protection du titre de psychothérapeute. Le SNPPsy, embarrassé par ce contexte, a repoussé sa décision le plus possible jusqu’à devoir se ranger à l’avis de ses membres psychanalystes qui ne voulaient plus ne pas apparaître aux côtés de leurs collègues dans l’intitulé de leur syndicat.La FFdP adopta une ligne comparable l’année suivante, devenant la FF2P.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
GROUPE PSYCHOTHÉRAPIQUE & PSYCHOSOCIOLOGIQUE
— courant humaniste : dynamique de groupe (Lewin), Rencontre (Rogers, Schutz), Évolution (rogero-lewinien), Groupe de base (Max Pagès), psychodrame morénien,
— courants psychanalytiques Foulkes & Anthony, Bion, Anzieu, Moreno, etc.
Le groupe a marqué profondément la psychothérapie contemporaine. Sa dimension immédiatement relationnelle, ouvrant une voie originale aux développements de la psychanalyse, comme aussi bien une voie originale tout court, distincte de la précédente, d’orientation humaniste puis relationnelle, n’échappera à personne. Les pères fondateurs de l’orientation humaniste furent Kurt Lewin, Bill Schutz, et Carl Rogers. Génération suivante, Max Pagès.
Les bases de la psychanalyse groupale sont à chercher du côté de Foulkes, Anthony et Bion, bien entendu en saluant au passage Trigant Burrow et en disposant latéralement Jacob Moreno, d’abord morénien puis psychanalytique.
éléments d’histoire
Les tout premiers groupes à vocation thérapeutique de l’époque moderne sont ceux qui conduisirent au cours des années 1780 le médecin viennois Anton Mesmer à déménager de la place Vendôme à Créteil pour avoir plus de place pour répondre groupalement par l’invention du baquet à l’accroissement des demandes dont faisait l’objet sa pratique du magnétisme animal. Il sortit de tout cela le Mémoire de la Commission royale constituée à l’issue de l’inquiétude suscitée, concluant qu’un des points sensibles de cet exercice était le rapport. Ainsi la toute première expérience groupale proto-psy des Lumières dégageait la relation comme concept clé. Remarquable entrée en scène
La pratique de groupe à vocation psychothérapique au sens strict du terme, une fois celui-ci inventé à l’extrême fin du XIXème siècle, date du début du XXème. Jean-Bernard Chapelier[1] signale qu’en 1906 un certain J. H. Pratt organise à Boston les premiers groupes à effet thérapeutique connus, dans un sanatorium. Puis Trigant Burrow, à l’issue de sa rencontre de Freud et Jung aux États-Unis (1909), s’étant rendu auprès de Jung qui l’analysa, cofonde en 1911 l’Association américaine de psychanalyse, et crée en 1918 des groupes thérapeutiques expérimentaux avec une méthode dite « de laboratoire », inspirés des principes de l’analyse mutuelle de Ferenczi, auxquels il applique sa théorie de l’identification primaire, dont il semble l’inventeur. Cela le disqualifie auprès de Freud qui en parle à Otto Rank en 1924 comme d’un « idiot incurable ». Quoi qu’il en soit, ses explorations du nouveau domaine conduisent notre fringant Burrow à proposer en 1925 sur sa lancée le terme de groupanalyse.
Parallèlement Jacob Lévy Moreno publie à Vienne ses premiers écrits concernant des pratiques de groupe en improvisation théâtrale, à partir de ses expérimentations avec la comédienne Anna Höllering au théâtre du Steigreif de Vienne. Il poursuivra ses recherches aux États-Unis dans ce domaine jusqu’à les théoriser sous le nom de psychodrame en 1937. Pour l’instant nous sommes en 1923, date à partir de laquelle on date les prémisses de la psychologie humaniste précisément à cause de ces écrits.
1927, Trigant Burrow publie The Social Basis of Consciousness , sorte de germe de ce qui s’appellera la psychosociologie. En 1929, Herman Simon, publie en allemand Une thérapeutique plus active à l’hôpital psychiatrique, qui inspirera le François Tosquelles de la psychothérapie institutionnelle, H. Simon pionnier de l’ergothérapie utilisée depuis fin 19è en Autriche, soutient « l’idée nouvelle que l’institution elle-même peut-être pathologique et même pathogène. »
1932 est l’année durant laquelle Jacob Levy Moreno introduit la psychothérapie de groupe auprès de l’American Psychiatric Association, à partir d’un ouvrage écrit avec Helen Hall Jennings, dont le titre Group Method and Group Psychotherapy ne laisse planer aucune ambiguïté. En 1934 il publie Who Shall Survive [Fondements de la sociométrie aux PUF en 1954, délai de rigueur] ? créant à Beacon (NY) une clinique psychiatrique privée avec un théâtre thérapeutique.
1938, c’est au tour de S.H. Foulkes, fraîchement immigré en Grande Bretagne, de conduire ses premières expériences en analyse de groupe à Exeter. En 1942, au Military Neurosis Centre de Northfield, devenu citoyen britannique, il met en place à la fois des groupes psychanalytiques et des techniques de communautés thérapeutiques. Il rejoindra Bion à la Tavistock.
Pendant ce temps-là de 1942 à 1944 la société du Gévaudan (Bonnafé) prépare les concepts de la psychothérapie institutionnelle. C’est en 1944 que Kurt Lewin, inventeur de la psychosociologie, crée au MIT le Research Center for Group Dynamics. En 1946, début du « plan Marshall psy », au Centre Claude Bernard Jacob et Zerka Moreno introduisent le psychodrame en France. Peu de temps après, en 1947, Kurt Lewin fonde à Bethel le Research Centre for Group Dynamics, où se mettent en place les Basic Skills Training Groups (T-Groups en argot d’étudiant) appelés en France groupe de diagnostic, de base ou d’évolution. 1952, la parution de l’article « La psychothérapie institutionnelle française » dans Anais Portugueses de Psiquiatria sous la plume de Georges Daumezon (qui en a fait la proposition) et Philippe Koechlin, signe l’institutionnalisation intellectuelle de ce champ disciplinaire : le groupe étendu à l’organisation et l’institution.
En 1957, S.H. Foulkes, E.J. Anthony publient Group Psychotherapy, The Psychoanalytic Approach, suivis en 1961, de Experiences in groups [Traduction PUF, 1965, Recherches sur les petits groupes], de W.R. Bion. Foulkes s’était converti à la psychanalyse mais connaissait la gestalt.
Le classique La vie affective des groupes, esquisse d’une théorie de la relation humaine, Paris, Dunod, 1968, de Max Pagès, diffuseur en France de Rogers puis des Nouvelles Thérapies, marqua toute une génération, l’œuvre de l’auteur se prolongeant avec notamment ses travaux sur psychothérapie et complexité et le système émotionnel, dont le travail groupal ne cessa jamais de constituer l’horizon. Les groupes de rencontre de Rogers datent de 1970 aux États-Unis, mais il y fait allusion à ses expériences dans le domaine remontant à l’immédiat après-guerre. 1972, William C. Schutz publie Here Comes Everybody. Bodymind & Encounter Culture, il avait déjà théorisé le champ en 1958 avec FIRO : A Three-Dimensional Theory of Interpersonal Behavior. Les pionniers non psychanalystes sont Lewin, Rogers, Schutz, ce dernier théoricien-praticien d’envergure, connecté à l’ensemble de l’intelligentsia humaniste potentiel humain de son temps. Ensuite, à partir d’Esalen, où ce dernier inscrit son action, leur influence va se diversifier et rayonner dans le monde entier. En 1973, Jacob L. Moreno fonde l’Association internationale de psychothérapie de groupe — IAGP. En ce qui concerne la France, la revue Connexions, aux éditions de l’Épi, publie en 1972 son premier N° intitulé Dynamique des groupes : les groupes d’évolution. Avec un cran de retard sur la Rencontre, intégrant elle le psychocorporel (évidemment émotionnel cathartique). Rappelons que Jacques Durant-Dassier crée son Centre d’évolution en 1972 au 14 rue des Saints Pères au cœur de Paris.
Trois petites notes de musique
Évidemment , un groupe c’est autre chose (et non « davantage que ») que la somme de ses constituants. Les découvertes gestaltistes en la matière, sur les propriétés de la forme, datant de la la fin du XIXème siècle puis développées depuis, nous ont rendus familiers au fait qu’une mélodie c’est une forme, un configuration d’éléments constitutifs, une silhouette. Les 8 notes de Trois petites notes de musique qui vous donnent la chair de poule, ou le titi tatam de Beethoven — 4 notes seulement, + le génie ! constituent une forme matricielle globale immédiatement perçue. De même au sein (immédiatement les psychanalystes bondissent sur leur siège rien qu’à entendre ce mot) du groupe, chacun évolue dans une totalité, « le groupe », un véritable espace magique avec des psycho propriétés spécifiques, littéralement porteuses. Dans le cadre desquelles les multiples connexions relationnelles latérales, conscientes ou non, les phénomènes de leadership, de rivalité, de mise en retrait, et autres, surmultipliées avec la relation au tout, et à l’animateur (et quand il y en a deux !), sans compter les émotions, se mettent à frémir et sauter comme puces en boisseau. Si l’on sait animer cet instrument on constate qu’il est d’une puissance et d’une finesse à nulle autre pareille.
stratégie d’animation
On peut l’animer psychA ou psychO. À la psychanalytique ou à la psychothérapique relationnelle. Inconscient groupal, mentalité de groupe (Bion), ou champ de forces (Lewin) et exercice de sa responsabilité en situation (gestalt), deux univers (il y en a d’autres, nous en resterons là pour l’instant). Certains ingénieux brouillent les cartes en les multipliant et combinant — solutions intégratives — ou parfois se contentent de présenter des modèles successivement — formule multiréférentielle, pas tout en même temps —, pour donner à comprendre les contradictions méthodologiques. De nombreux praticiens ne savent plus de quels modèles précisément s’inspire leur pratique intégrée actuelle. Pourtant, ils ont la responsabilité de le savoir, c’est leur métier. Il demeure que le groupe comme système d’ensemble doit rester pris en considération (travail DE groupe), sujet et objet du travail, de son évolution processuelle à la découverte, où chacun se trouve à sa place, trouve sa place, interagit, se positionne, se dissimule, se protège, s’exprime, s’expose, se découvre, à tous les sens du terme, au cours du processus, se situe, s’éprouve en tant que membre d’un ensemble dynamique. Question de rythmique et de taux d’angoisse, question de navigation, de la part de l’animateur. Un groupe mérite que son animation ne se contente pas d’une animation en collier de perles, style chacun son tour, au mains d’un animateur qui conduit son affaire tambour battant à son rythme, en se privant d’animer le groupe pris comme un sujet collectif complexe, aux ressources inépuisables à condition d’appartenir à la relation commune tout en occupant son poste particulier de psychopraticien préposé au processus, de les écouter, suivre, laisser vivre, palpiter, hésiter, passer par des nappes de silence, et s’inventer.
une révolution en plusieurs épisodes
Le continent groupe a révolutionné la psychothérapie. Deux fois. Trois, même. D’abord selon des modalités et axes théoriques d’horizons divers, psychanalytique d’une part, de style relationnel morénien, lewinien, rogerien, schutzien, pagessien en France, d’autre part. C’est également le moment de la psychosociologie, poussant jusqu’aux institutions et organisations. Un deuxième temps vit l’irruption du psychocorporel et l’infléchissement Bill Schutz. Dans un troisième moment, on assista à l’expansion sur le mode groupal de l’analyse bioénergétique, de la gestalt-thérapie, un peu plus tard de l’analyse transactionnelle ayant intégré des éléments péri gestaltistes et schutziens, et de nombreuses techniques. Puis dans ce troisième temps toujours on assista au redéploiement sur le mode groupal, de méthodes animant leurs apprentis en groupes de formation, à base de démonstrations DEVANT le groupe, tournant le dos au travail DE groupe et au principe fondamental du processus de sa dynamique.
méthodologie : groupe d’évolution / groupe psychanalytique intégratif / groupe didactique
À l’heure actuelle le groupe psychothérapique, outil « multiprises » remarquable, en tant que tel, est relativement en recul (peur « individualiste » des autres). Des écoles continuent d’y recourir, à l’évidence pour des raisons pédagogiques. Le groupe en tant qu’objet psychosociologique demeure un outil d’évolution personnelle remarquable, d’une efficacité à nulle autre pareille. Ses différent modes procurent un accès à soi parmi les autres diversifié irremplaçable. Son format de groupe d’évolution, marqué par l’influence lewinienne, qui peut se conjuguer (intégrativité, modèle combiné) avec le formatage schutzien, gestaltiste ou bioénergétique de séquences individuelles de travail sur soi, dans le cadre maintenu de la dynamique proprement groupale, est préservé et diffusé au CIFPR, notamment avec les travaux conduits par Philippe Grauer (qui dans certains cas peut effectuer des pas de côté psychanalytiques décalés sur le mode multiréférentiel).
Son format psychanalytique « enrichi » modulo travail psychocorporel et de Rencontre, relevant de fait de la psychanalyse intégrative (au sens large du terme, à ne pas confondre avec la marque déposée Jean-Michel Fourcade psychanalyse intégrative®), est pratiqué actuellement au CIFPR par Berta Vega.
didactique
La gestalt-thérapie et l’analyse bioénergétique, dans notre école comme partout ailleurs, sont animées groupalement, proposant de fait des modèles de travail EN groupe (tout le monde pratique un exercice en même temps), DEVANT le groupe : démonstration individuelle face au groupe avec celui-ci comme caisse de résonnance, DANS le (cadre du) groupe : exercice de monitoring complexe avec débriefing commun, etc. toutes formes de travail propices à l’apprentissage en situation, à bien distinguer de la pratique directe elle-même.
Toutefois, plus particulièrement concernant la gestalt-thérapie mais c’est également vrai pour l’analyse bioénergétique, et plus généralement pour les méthodes à dimension psychocorporelle (dont éventuellement la gestalt-thérapie), ces méthodes se pratiquent en thérapie individuelle. Par contre elles s’enseignent groupalement, mais pratiquement jamais sous le format de psychothérapie DE groupe, ce qui comporte quelques inconvénients. Dont celui de ne pas traiter les tensions intra-groupales, invisibles sous d’autres formats, ou éclatant sous forme d’épisodes à caractère individuel, ce qui occulte l’héritage de Kurt Lewin (dynamique de groupe).
[1] Jean-Bernard Chapelier, Les psychothérapies de groupe, Paris, Dunod, 2000, 128 p., p. 26.-
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
Analyse freudienne
Association lacanienne internationale (A.L.I.)
Le Cercle freudien
Espace analytique
F.E.D.E.P.S.Y.
Fondation européenne pour la psychanalyse
École de psychanalyse des Forums du champ lacanien (E.P.F.C.L.)
Quatrième Groupe
Société de psychanalyse freudienne (S.P.F.)
Société psychanalytique de recherche et de formation (S.P.R.F.)
Société psychanalytique de Paris (S.P.P.) .
un groupe informel
Ce groupe de fait, informel, n’est constitué ni en association, ni en rassemblement institutionnel d’associations. À la diligence de Jacques Sédat, appuyé par Danièle Lévy, ce groupe de pression a conjugué les efforts de la SPP, de la SPF, d’Espace analytique, du 4è groupe et d’autres, avec l’objectif de préserver un statut privilégié à la psychanalyse auprès des pouvoirs publics en cas de réglementation relative aux psychothérapeutes(1).
un second Groupe de travail, 2000-2004
Colloque de soutien à Accoyer
On rapprochera les activités de ce groupe avec l’événement auquel participa la SPP, le Colloque de soutien à Accoyer du 23 mars 2000 Les psychothérapies et la loi organisé à l’Assemblée nationale par l’Association française de psychiatrie, AFP, que présidait alors Christian Vasseur (autre praticien d’Annecy dont Cournut présida à la mise en relation avec Bernard Accoyer).
santé mentale à marly
Les participants au colloque Accoyer de 2000 se retrouvèrent le 20 mars 2004 à Marly-le-Roi réunis en Groupe de travail par la même Association française de psychiatrie (présidence Christian Vasseur) dans le cadre d’une Semaine d’information sur la santé mentale. Il s’agissait de
– Jean-François Allilaire, Collège national universitaire de psychiatrie
– Bernard Brusset, Société psychanalytique de Paris
– Jean-Pierre Chartier, Fédération française des psychologues et de psychologie
– Françoise Coret, Fédération européenne de psychanalyse
– Charles Gellman, Société française de sexologie clinique
– Philippe Grosbois, Syndicat national des psychologues
– Jacques-David Beigbeder, Jean-Jacques Kress et Christian Vasseur, Association française de psychiatrie
– Didier Houzel, Fédération française des psychothérapeutes psychanalytiques d’enfants et d’adolescents
– François Kammerer, Syndicat des psychiatres français
– Roger Salbreux, Comité d’action syndical de la psychiatrie
– André Sirota SIUEERPP – Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse
– Elie Winter, Association française fédérative des étudiants en psychiatrie.
changement de paradigme
C’est contre la politique du Groupe de contact que se dressèrent en 2003 Jacques-Alain Miller et Élisabeth Roudinesco, ce qui donna de la vigueur à la lutte contre le projet Accoyer. Il en résulta la situation actuelle [janvier 2011], dont la confusion présente ne doit pas masquer, à la fois le triomphe du plan Accoyer, de remise aux mains de la médecine des destinées du titre de psychothérapeute arraché des mains des organisations historiques responsables de la psychothérapie relationnelle, et le maintien de ces dernières, demeurées responsables du nouveau système de reconnaissance institutionnelle en train de se mettre en place sous l’égide du GLPR.
psychanalystes mués en psychothérapeutes
Le paradoxe de la situation étant que le néo titre de psychothérapeute est en passe de revenir de droit, avec réserves paramédicalisatrices, aux psychanalystes qui jurent qu’ils n’en veulent pas tout en faisant tout pour se le voir attribuer (n’oublions pas qu’il s’agit massivement de psychologues cliniciens – les psychiatres-psychanalystes ont déjà tout en main). Les psychopraticiens relationnels, réorganisés de leur côté, demeurant en place au sein du Carré psy. Ces grandes manœuvres auront servi à quoi ? le quadrillle achevé on verra à quoi ressemble le nouveau paysage. Psychologues et psychiatres auront remanié leurs relations, au bénéfice et détriment de qui et de quoi ? ne pas oublier la santé mentale.
effondrement de la psychanalyse
Et la psychanalyse française dans tout ça ? À ce régime la psychanalyse est en passe de devenir un regroupement de psychothérapeutes, affichés tels. Littéralement, elle s’estompe. Comprimée à l’extrême dans ses fortins universitaires d’une psychologie qui ne veut plus d’elle, conviée par le club des Six du Manifeste à se pencher sur la signification d’une dissolution vieille de trente ans, sa morgue suffira-t-elle à compenser sa déconfiture ?
discipline alternative
La psychothérapie relationnelle elle, dépouillée du titre de psychothérapeute ce qui n’est pas rien, ne s’en sort pas trop mal à première vue, dans un contexte idéologico politique difficile pour tout ce qui n’est pas comportementaliste et scientiste. Elle se trouve dans la dynamique d’occuper la place enviable (et fragile, on ne peut pas tout avoir) de discipline alternative. Alternative à la médicalisation de l’existence, à terme héritière de l’extra-territorialité psychanalytique – laquelle peut se partager avec les psychanalystes demeurés non conformes non conformistes. Au lieu de guéguerroyer contre « la-psychothérapie« , la psychanalyse serait bien inspirée de repérer ses alliés là où ils sont. Unis, nous résisterons mieux au contrôlitaire.
Philippe Grauer
Créé le 9 janvier 2011 – mises à jour : 30 novembre 2011 – 6 mars 2012 – 11 décembre 2012 – 17 février 2014 – 16 avril 2014 – 30 décembre 2014 –
- 1 Cf. Lévy Danièle et Deniau Alain, « Le propos du Groupe de contact », Entretien avec Jacques Sédat, Che vuoi ?, 2004/2 N° 22, p. 19-34, sur internet.
- Extraits du Rapport moral prononcé devant l'A.G. du SNPPsy
- Oui, les psychotiques sont des êtres humains
- Antoinette Fouque, militante de l’émancipation des femmes
H
« Le national-socialisme est un principe barbare. C’est son essence et sa possible grandeur. Le danger ne vient pas de lui, mais au contraire de ce qu’il soit rendu inoffensif en un sermon sur le Vrai, le Bon et le Beau. »
« Der NS ist ein barbarisches Prinzip. Das ist sein Wesentliches und seine mögliche Größe. Die Gefahr ist nicht er selbst – sondern daß er verharmlost wird in eine Predigt des Wahren, Guten und Schönen »
(M. Heidegger, Überlegungen II-VI Schwarze Hefte, 1931-1938, GA 94, p. 194).
Net, précis, schrecklich (effrayant) – connu depuis 70 ans.
aliciia (aletheia) : surgissement de la « grosse imperfection »
La survenue des Cahiers noirs suffira-t-elle à remettre la pendule à l’heure ? Les grecs ont inventé l’aliciia (aletheia), l’énigme du surgissement de la vérité, les germains guidés par Heidegger accompliront leur démarche, nettoyant le monde des juifs qui avaient corrompu le message des « grecs » (purs aryens dont les germains guidés par Heidegger en culotte de peau héritent du flambeau).
Le monde de l’Être (germanique) contre le monde de la Loi. Tout de même un sérieux naufrage pour « le plus grand penseur du siècle. »
Ce qui reste à méditer ça n’est pas le nazisme de MH c’est l’obstination de ses traducteurs français à camoufler l’évidence. Leur Noé n’est pas nu à couvrir d’un manteau, il est couvert des bubons de la peste brune.
Ce qui reste à méditer c’est que Heidegger nous apporte en même temps qu’une pensée impressionnante, la tâche d’absorber sa « grosse » imperfection(1), son « péché »(ça c’est de la pensée juive).
Autrement dit il est bien « humain trop humain », comme vous et moi. Vicieux même, pas rusé malin, maligne. Enfoiré de nazi quoi. Que faire de ça, vous, à la première personne du singulier ? Ce malaise congénital, il relève du devoir de mémoire de ne jamais l’oublier.
La condition humaine selon Heidegger : un christianisme sans Christ
À la réflexion, il serait plutôt para théologien. Dans le genre, Kierkegaard c’est infiniment mieux. En tout cas la condition humaine selon Heidegger n’est pas triste. Désolante plutôt. Nous serions jetés dans le monde. Certes nous entendons protester contre la marchandisation du monde qui tend à faire de nous des êtes jetables, des objets. Mais le jeté heideggerien fondamental, déréliction ontologique, est aussi profond qu’une fosse commune. Nous arrivons abandonnés (ah bon ? je croyais être arrivé dans une famille, qui précisément s’était réjouie de me prendre en charge, aléas de la situation compris, pour m’accompagner dans la découverte de la vie et du bonheur d’exister, j’ai dû rater quelque chose), êtres pour la mort (ça se comprend, du point de vue nazi — daté). La relation n’étant alors que pitié compensatrice, appelée Souci, pour ce pauvre étant déchu déchet d’être dans la solitude du monde. D’ailleurs cette relation prend généralement l’allure inauthentique d’un bavardage. Il va falloir passer à l’authentique. Facile : éviter « l’oubli de l’être » pour contacter notre profonde vérité : la finitude radicale de la mort. Gros « souci », l’existentialité débouche inévitablement sur l’angoisse de mort. Ce prophète de malheur n’est pas plus joyeux que le régime dont il fut l’heureux contemporain. On peut avec Robert Misrahi lui préférer le Spinoza d’une philosophie de la Joie. Vous m’objecterez que c’est de la pensée juive. Sartre et son existentialisme à dimension tragique se démarque partiellement de son maître de référence. Mais ce furent les américains qui pensèrent l’existentialisme sur le mode d’une créativité de soi qui ne suinte pas l’angoisse, et c’est Bill Schutz qui écrivit Joie. Évidemment on ne va pas non plus se la jouer « mélodie du bonheur ». Mais il reste piquant de voir certains gestalt-thérapeutes s’abreuver auprès d’une philosophie aussi sinistre en s’exonérant de la réflexion critique qu’elle requiert.
philosophie de la relation
Reprenons les termes de l’article de Claude Lanher ici même intitulé Introduction à la philosophie de Heidegger [les mises en gras sont de notre Rédaction] :
« Notre existence comme êtres singuliers est fondamentalement rapport à..., donc toujours ouverture à…. et jamais subjectivité enfermée dans un individu. Nous existons dans ces multiples possibilités de nous rapporter au monde, aux autres et à nous-mêmes, comme ce monde et les autres n’existent eux-mêmes que sur fond de ces relations. Avec les analyses de Heidegger, c’est une tout autre approche du sujet qui se met en place et dont la culture du XXème siècle hérite. »
qu’on le veuille ou non, incontournable ?
Cela fait de lui le philosophe (pas si incontournable qu’on a pu le répandre comme si durant toute une période il avait pu exercer une fascination qui reste à analyser, rendant inaudible la critique qu’il serait sain d’y appareiller) d’une réflexion sur la relation, certes pas née avec lui, la filiation part du Brentano de l’intentionnalité, passe par Jaspers et Buber, fleurit avec Husserl, le maître de Heidegger, se prolonge avec Levinas et l’exemplaire Jan Patočka – beaucoup de pensée juive dans tout ça, et se poursuit jusqu’à nos jours. Cette réflexion fonde également l’existentialisme, et reprend à sa racine la question de l’humanisme. Elle propose également une critique de l’univers de la techno-science. On connait l’antienne : »la terre ne ment pas ». Tout cela reste confus, mais comme écrit sur le mode illisible, ça passe.
Son œuvre, rédigée dans un allemand terrible (Freud lui était un grand écrivain), poético charabia (on n’est pas loin de Lacan, sur un autre mode, mais de grâce ne nous racontez pas qu’il serait Mallarméen ! à quoi peut conduire la dévotion !) qualifié de volontairement incompréhensible histoire de mépriser les innombrables en pareil cas imbéciles, « certains se font obscurs pour paraître profonds » disait déjà Voltaire, ou de génial, dans une langue donc que ne comprennent pas davantage les allemands, peut cependant s’aborder par l’intermédiaire d’excellents commentateurs. Les traducteurs en français se sont généralement arrangés pour édulcorer, jusqu’à effacer, les manifestations de pensée de type nazi qui agrémentent son œuvre. C’est facile, par exemple on traduit Vernichtung, le maître mot de Hitler, anéantissement i.e. assassinat génocidaire, par élimination. Ni vu ni connu nous voici embrouillés, l’Histoire à propos embrumée derrière le rideau de fumée de l’historial.
Conciliable, non réconciliable ?
Tous les dix ans on établit une supplémentaire preuve du nazisme de Martin Heidegger, preuve de ce que tout le monde savait déjà, et chaque fois le nouvel élément aggrave les précédents. Tout de même il fut condamné à Nuremberg et interdit d’enseignement pour cinq ans. C’est que ce grand philosophe incontournable a fait avoisiner l’Être-pour-la-mort avec l’Être-pour-Hitler, vous me direz ça va bien ensemble. Sans compter que l’ Être-pour-la-vie c’est pas mal non plus, mais pas trop dans le style de la maison. Jamais il n’a consenti notre grand homme à se défaire de son nazisme, avec lequel il a maintenu sa complicité avec une duplicité intellectuelle aussi déterminée que sa capacité de philosopher. Si bien que ce maître de l’Être-pour-le-malaise de devoir avoir affaire à lui continue de tracasser ceux qui se trouvent obligés de se référer à sa torse pensée. Jean-Pierre Faye a bien cherché à démontrer que sa pensée serait nazie dans son essence (ou son existence comme vous voudrez), question terrible, outrance ultra gauche de son fils Emmanuel Faye désireux de rayer de la carte philosophique et Heidegger et… Jacques Derrida (parmi d’autres, l’incroyable bande des français édulcoreurs sans compter les Résistants cautions de vertu, c’est quoi ce mur de protection ?). L’humanité pour l’instant reste avec cette épine dans le pied, ou caillou dans la paire de godasses peinte par Van Gogh, on appelle ça scrupule en latin. Pas une raison non plus pour foncer dans une sorte d’anti Heideggerisme mécanique qui deviendrait contre productif. À vous de voir mais de grâce regardez-y à deux fois face aux falsifications systématiques de nos heideggerolâtres. Question de méthode, et d’éthique, avisez vous de rester, concernant le phénomène heideggérien, ça s’impose, critique.
quelques ouvrages de référence
– Dominique Janicaud, L’Ombre de cette pensée. Heidegger et la question politique, Grenoble, Millon, 1990.-
– Dominique Janicaud, Heidegger en France, Paris, Albin Michel, 2001. Collection Bibliothèque Albin Michel. Idées, ISSN 1158-4572. Vol. 1, Récit ; Vol. 2, Entretiens. Note(s) : Bibliogr. vol. 1, p. 543-572.-
– Élisabeth Roudinesco, Retour sur la question juive, Paris, Albin Michel, 2009, 325 p.-
– Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France – Jacques Lacan, Pochothèque, 2009, 2118 p, cf. pp 1608-1632 et surtout 1773-1791.-
– Philippe Lacoue-Labarthe, La Fiction du politique: Heidegger, l’art et la politique, Bourgois, 1988.-
– Philippe Arjakovski, François Fédier, Hadrien France-Lanord,) [sous la direction de], Le dictionnaire Martin Heidegger, Cerf, 2013.- un pavé qui n’en finit pas, jusqu’à la falsification traductive, pour parler comme le maître, de nier en France l’évidence du nazisme de l’homme à la « grosse bêtise ».
– Édit Blanquet, Apprendre à philosopher avec Heidegger, Paris, Ellipses, 2012, 452 p.- Édith Blanquet est psychologue clinicienne et comprend Heidegger depuis le point de vue psy. D’abord facile, l’ouvrage introduit agréablement à l’édifice philosophique, considérable, de ce « renard » (le mot est d’Hannah Arendt) d’Heidegger. L’autrice, gestaltiste par ailleurs, ne veut toujours rien savoir des croix gammées filigranées dans la tête de l’auteur dont elle organise la visite de l’œuvre.
– Claude Romano, « L’idée d’antisémitisme philosophique est un non sens », pp. 1008-1018 in Critique N° 811, 2 déc 2014 : Heidegger : la boîte noire des Cahiers.
– « Heidegger – Claude Romano se trompe » :
l’intentionnalité
La pensée de l’intentionnalité disions-nous n’a pas été inventée par Heidegger loin de là, venue de Brentano elle est développée par Husserl, la maître d’Heidegger qui considérait l’humanisme européen depuis une tout autre hauteur(2), traverse tout le siècle et l’irrigue. Pour les hôtes de la région de la psychothérapie relationnelle comme pour la psychanalyse ce courant représente une puissante source d’inspiration. Le pire c’est qu’au cœur du débat se trouve la question de l’humanisme, auquel il contribue avec sa Lettre sur l’humanisme (1946)(3). On vous a dit qu’on ne s’en sortirait pas. S’informer du débat et ne pas oublier chemin faisant Jan Patočka.
les nomades asiatiques « bodenlos » vous saluent bien
En tout cas tout de même Heidegger dans sa Lettre sur l’humanisme, qu’il oppose au Sartre de l’Existentialisme est un humanisme, définit sa propre position comme anti-humaniste. Cela sera repris par l’anti humanisme théorique d’Althusser. L’idée étant de faire se prendre pour des naïfs ceux qui jusque là avaient installé l’homme au centre de gravité de leur système de valeurs, dans le cadre d’une philosophie de la liberté (ainsi Sartre). Les dénonciateurs de l’illusion (même mécanisme avec l’illusion groupale d’Anzieu, dont la dénonciation peut tout ravager sur son passage) sont à considérer avec la circonspection nécessaire.
Céline « salaud de génie »L’expression « salaud de génie » se trouve dans le journal de Michel Leiris, première ligne de 1932 :
« Céline (« salaud de génie ») : Voyage au bout de la nuit. »
Dès 1932 Leiris détecte le sale type en filigrane. Décidément le crapulisme antisémite des années 30 aura marqué quelques personnalités extrême-droitières. L’humanisme goguenard de Céline faisant fuir en dérision les valeurs auxquelles nous tenons, mérite d’être analysé comme fielleux. Mais le mérite revient à l’écrivain d’avoir transfiguré le style prolétarien, qu’il n’a pas inventé, en un phrasé jazzy, au plus proche du français parlé. Pour le reste on peut en suivant le déroulé de l’œuvre, remarquer que tout ce que l’auteur reproche au stéréotype qu’il s’est constitué du juif, est étonnamment lisible comme portrait de l’artiste. Ouverture sur les bienfaits et limites de la projection, comme identité propre vigoureusement non réintégrée. C’est beau la phobie.
racisme ontologisé ?
À ce propos Emmanuel Faye poursuit son combat dans Le Monde du 28 janvier 2014, à l’approche de la publication des fameux Carnets noirs, auxquels leur couleur ne sied pas si mal. Il pose la question, dérive ou racisme ontologisé ? par leur « déracinement de tout étant hors de l’être » les juifs sans foi ni sol apportent à l’Allemagne la « dégénérescence de leur vision du monde », un monde dont ils sont philosophiquement et « historialement » exclus puisque « sans monde », carrément.
Jean-Pierre Faye prolonge sa pensée. Uni sous la Führung (commandement) hitlérienne, le peuple germanique se trouve, par son être même, inscrit dans un monde ou espace commun dont sont exclus tous les autres. C’est soutient-il d’un racisme ontologisé qu’il s’agit.
Alors, errance, erreur, ou philosophie d’essence (et d’existence !) nazie, serviteure du Mal ? L’affaire reste obscurcie du fait des diverses cautions dont a bénéficié celui qui avec le « talent calculateur prononcé » qu’il attribue généreusement aux juifs, n’en étant personnellement pas trop dépourvu lui-même, s’est toujours finalement bien tiré d’affaire jusqu’ici.
« lamentable »
Alors on nous annonçait récemment que la sapin de Noël 2013 philosophique serait un marronnier sur Heidegger le renard dont parle Hannah Arendt, on a trouvé la preuve dans ses Carnets noirs enfin que sa pensée en soi nazillait, pourvue d’un antisémitisme « lamentable » au dire d’Hadrien France-Lanord (l’auteur du fort utile et controversé Dictionnaire Martin Heidegger). En finira-t-on jamais ?
caution gestaltiste ?
De fait, Heidegger, crut réellement à l’efficacité en philosophie du Führer Prinzip, on appelle ça un nazi, même si de variété pas directement antisémite disent ceux qui désirent aveugler cette dimension [Précisément à ce sujet les Noirs carnets sont navrants et vont contribuer à dessiller mais on le savait de longue date.] mais ça veut dire quoi ? et n’a jamais été capable (marié à une nazie convaincue pour ne rien arranger) de condamner au moins après-coup l’horreur des camps et de la Shoah. Tout de même une Ereignis de nature à secouer le cocotier de la philosophie (Hans Jonas, Le Concept de Dieu après Auschwitz). L’ensemble donne soit un grand philosophe dans la peau d’un personnage veule et sans qualité morale, réfugié dans son intelligence – le Ne-pas-vouloir-savoir ne relevant pas de ses catégories, soit un fourrier du nazisme en philosophie. Maudit Heidegger ! Nicht versöhnt (non réconcilié)(4) pour paraphraser Jean-Marie Straub. L’humanité est ainsi parfois faite, et l’Histoire bégayante. Tout de même, comme certains gestalt-thérapeutes ne jurent que par Heidegger, il faudrait songer dans ce contentieux (« unfinished buisiness ») permanent, à chercher à y voir clair (« awareness ») et prendre quelque peu ses distances.
un débrouillard face à Nuit et brouillard
L’inconfort est pour l’interlocuteur du philosophe, qui lui ne doit pas oublier. Être-pour-la-mort sous sa plume restera connoté Nuit et brouillard. Seulement quand on a ce passé jouer au petit malin qui se débrouille avec un tel brouillard en fait le roi de l’embrouille et le réduit à sa malignité et petitesse. Cet homme infréquentable par le mépris qu’il inspire (même si René Char et Hans-Georg Gadamer furent ses amis, le renard ne saurait se voir dédouaner à si bon compte) nous laisse une philosophie incontournable à laquelle emprunter la rigueur de sa construction et la puissance d’une pensée révolutionnaire de l’espace être-temps, ayant tout de même engendré l’existentialisme – toujours sans oublier que la reliure du bouquin s’orne d’une tête de mort de sinistre mémoire. Ceux qui veulent méditer là-dessus le peuvent. Son côté marronnier fatigue la matière, mais c’est qu’il s’agit d’insister, l’enjeu étant de taille, sans verser dans l’ultra-gauche qui transforme en nazis d’authentiques honnêtes penseurs.
grand philosophe et nazi
Sartre l’a exécuté en quatre mots, grand philosophe et nazi. Précisant philosophiquement dans Critique de la raison dialectique p. 248 de l’édition 1967 : « Toute philosophie qui subordonne l’humain à l’Autre que l’homme, qu’elle soit un idéalisme marxiste ou existentialiste, a pour fondement et pour conséquence la haine de l’homme : l’Histoire l’a prouvé dans les deux cas. Il faut choisir : l’homme est d’abord soi-même ou d’abord Autre que soi. Et si l’on choisit la seconde doctrine, on est tout simplement victime et complice de l’aliénation réelle ». Mais l’ontologie générale que tente Heidegger a-t-elle à voir avec l’autre en majuscule ? La compréhension de l’être en général passe par une compréhension de l’être de l’homme, en évitant le piège d’une subjectivité qui prendrait notamment appui sur la conscience. Ce faisant, outrepassant Descartes puis Husserl, on passe de l’intentionnalité au souci, on écarte Sartre d’un revers de main, pour tomber à pieds joints sur le Dasein. Si vous n’avez pas tout compris c’est normal, il faut étudier, penser, c’est la dure loi de l’étant et Heidegger savait penser dur, durement même.
philosophe nazi ?
La question étant (!) de déterminer s’il pensait nazi. Voici le point qu’en établit au cours d’un dialogue avec Jean-Pierre Faye, Éric Aeschimann qui conclut par
« trois remarques :
1) Que Heidegger ait rallié le parti nazi, c’est un fait établi (et que le premier Faye a contribué à établir);
2) une philosophie qui ne permet pas de percevoir la vérité du nazisme, voire qui contribue à s’aveugler, a un problème sérieux avec le réel. On est fondé à juger qu’un tel échec ôte à Heidegger toute crédibilité – [toute ? NdlR].
3) de là à accumuler des citations effrayantes, à poser en regard la dette de Derrida envers le penseur allemand puis à conclure que le Collège international de philosophie serait une porte d’entrée de la pensée nazie en France, il y a un pas que je persiste à trouver trop rapide. »
Quand notre grand penseur se met à penser aux juifs, penser la juiverie plus précisément – Judentum – cela demeure effrayant, que voulez-vous, le grand homme rongé par l’historialité, engouffré dans le cauchemar de l’Histoire n’a pas pensé non plus l’étant de la SS. Et il n’a jamais voulu à la sortie de l’horreur, penser, – il a suffisamment répété que c’était la tâche du philosophe, quelque chose de son parcours et de celui de l’Allemagne. Alors, sale type ou sale philosophe ? Radicalement, sa philosophie elle-même, de l’Être en tant que telle, est-elle abjecte (5) ? Comme dirait l’humoriste demerden Sie sich avec ça. Emmanuel Levinas parle de la dette de tout chercheur contemporain envers Heidegger : « dette qu’il lui doit souvent à regret. » (Emmanuel Levinas, Dieu, la mort et le temps, Livre de poche, p. 16.). Peut-on s’en tenir là ?
connaître nos racines
Après tout l’exigence idéaliste de voir communier entre eux le bon le beau et le vrai (Platon) n’a rien d’évident. Quant à la morale Heidegger se défend d’être existentialiste humaniste façon Sartre. Il propose une décentration plus radicale, qui engendrera le fameux « anti-humanisme théorique » (Althusser). La question d’une philosophie de l’être, d’une distance critique entre l’Idée et la réalité (noumène et phénomène chez Kant), comme celle de la problématique de la rencontre et de la subjectivité et intersubjectivité, reprise notamment par Lacan mais aussi par l’ensemble du courant phénoménologique depuis Brentano (1862) (6) donne au praticien en psychothérapie, et spécifiquement la relationnelle, la responsabilité imprescriptible de l’explorer. Sans connaissance de ses racines un tel praticien flotterait dans un référentiel complexe auquel ne comprenant rien il se trouverait non pas lié mais ficelé. Nous n’avons pas davantage le droit d’être naïfs (complices de la perversion) qu’ignorants.
voir également
Le nazisme d’Heidegger peut déchaîner les passions. S’en informer et rester calme, presque sans Faye.
– wikipedia, bien fait.
– Édith Blanquet, Apprendre à philosopher avec Heidegger, Paris, Ellipses, 2012, 452 p.- Édith Blanquet est psychologue clinicienne et comprend Heidegger depuis le point de vue psy. D’abord facile, l’ouvrage introduit agréablement à l’édifice philosophique, considérable, de MH.
– Claude Lanher, Introduction à la philosophie de Heidegger
, [mis en ligne le 11 janvier 2013].
– Heidegger encore une fois [Mars 2013] par Nicolas Truong, Le Monde.
– Emmanuel Faye, Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie : autour des séminaires inédits de 1933-1935, Paris, Albin Michel, Idées 2005. ISBN 2-226-14252-5 (réédition: Livre de Poche, 2007 ISBN 978-2-253-08382-5 avec une préface inédite et la bibliographie des premières recensions du livre)(7). En la matière rester vigilant de toutes parts. De nombreux auteurs considèrent l’entreprise de Faye comme excessive, et pour finir contre-productive.
– LE MONDE | 02.08.2013, Carl Schmitt, Jünger, Heidegger : le nazisme des intellectuels.
– Heidegger et les cahiers noirs : comme prévu, Emmanuel Faye jubile. Ne pas s’engouffrer.
29 décembre 2013 – 13 mars 2014 – 30 août 2014 –
- 1 Cf. les données existentielles, dégagées par Yalom, complétées par Salathé.
- 2 La crise de l’humanité européenne et la philosophie, admirablement commentée par Semprun.
- 3 Dans laquelle il se démarque de Sartre (l’existence de l’homme) en recadrant sur la question de la vérité de l’être, la fameuse aletheia.
- 4 Non réconciliés, ou seule la violence aide où la violence règne – Nicht versöhnt oder Es hilft nur Gewalt wo Gewalt herrscht, film de 1965 d’après Heinrich Böll.
- 5 En tant que fondant l’Être total de l’État, totalitaire, aliénante à son principe.
- 6 Ehrensfeld (1890), Jaspers (1913), Husserl (1913), Koffka (1921), Wertheimer (1923), Buber (1923), Husserl (1929), Levinas (1930), Biswanger (1930), Patočka (1936), Sartre (1943), Maslow (1943), Lewin (1944) Ricœur (1947), May (1950), Franckl (1959), Maslow (1961), Allport (1965), Laing et Cooper (1965), Durand-Dassier (1971), liste non exhaustive, jusqu’à nos jours.
- 7 Des documents inédits ou non traduits jusqu’à aujourd’hui nous révèlent à quel point Heidegger s’est consacré à introduire les fondements du nazisme dans la philosophie et son enseignement. Dans son séminaire de l’hiver 1933-1934, il identifie ainsi le peuple à la communauté de race et entend former une noblesse politique pour le IIIe Reich, tout en exaltant l’éros du peuple pour le Führer. Or, contrairement à ce qu’on a pu écrire, loin de s’atténuer après 1935, le nazisme de Heidegger se radicalise.Sans jamais dissocier réflexion philosophique et recherche historique, Emmanuel Faye montre que les rapports de Heidegger au national-socialisme ne peuvent se résumer au fourvoiement temporaire d’un homme dont l’œuvre continuerait à mériter admiration et respect. En se posant en «guide spirituel» du nazisme, Heidegger, loin d’enrichir la philosophie, s’est employé à détruire à travers elle toute pensée, toute humanité. Déjouer cette entreprise, telle serait donc la tâche urgente du philosophe. Peut-on le suivre jusque là ?Cette nouvelle édition est augmentée d’une préface inédite, et de la bibliographie de la discussion internationale à laquelle cet ouvrage a déjà donné lieu. 4ème de couv. de l’ouvrage.
Humanisme et subjectivité constituent un couple philosophique hérité de la Renaissance, signant l’irruption de la modernité, laquelle conduit à une dédivinisation du monde, l’homme occupant progressivement la place de Dieu, non sans quelques accidents de parcours, opération conduite en quatre siècles.
sub-jectum : fondement
L’humanisme reconnaît en l’homme la conscience de soi et la capacité de fonder (sub-jectum, fondement) son propre destin. « Je suis maître de moi comme de l’univers, » comme le dit Corneille, renvoie à Descartes dont le cogito fonde un « sujet métaphysique — qui s’est avéré passablement colonialiste, antiécologiste (« maître et possesseur ») et positiviste — de la domination totale » duquel il convient de se dégager, depuis Heidegger (1). Démarche qui parallèlement se développe avec Claude Lévi-Strauss, rejoint par Althusser avec le concept d’anti-humanisme théorique, dans le cadre du structuralisme et d’une pensée anthropologique élargie à une sorte d’écologisme philosophique dont le principe édicte que nous dépendons de la variété des êtres pour pouvoir définir rigoureusement en quoi consiste notre dignité.
humanisme anthropologique généralisé
Quand Lévi-Strauss écrit : »Nous croyons que le but des sciences humaines n’est pas de constituer l’homme, mais de le dissoudre », il ne détruit pas le concept d’humanisme, il appelle à le reconstruire, par une pratique du décentrement, qui renvoie indéfiniment à une lecture de soi-même à la lumière de l’autre. Il appelle à construire un humanisme anthropologique, généralisé, où il s’agit de cesser de se définir soi-même dans son identité propre, caractérisé par soi seul au nom de ses propres valeurs auto ininterrogeables par définition, mais à travers les différences qui constituent, fractionnent plutôt, monnayent l’humanité selon lieux et époques (relativisme culturel généralisé).
Il s’agit alors de situer notre pratique du savoir par rapport à d’autres variantes possibles du savoir. On ne peut plus alors, à la manière du Sartre de L’existentialisme est un humanisme, penser intégrer tous les phénomènes humains dans la seule conscience individuelle (à la façon de Descartes). Cette démarche, après avoir dissout l’homme permet ce que nous appellerons un néo-humpanisme, permet de recomposer une figure de l’homme à l’échelle de la planète, une figure où l’universel s’obtient à partir d’une démarche systématiquement différentielle.
Trois raisons complémentaires nous invitent à repenser la question de l’humanisme, la repenser sans y renoncer pour autant :– Freud avec la découverte de l’inconscient ruine à jamais comme illusion psychique et métaphysique la souveraineté du moi. Sans compter avec ce qu’on pourrait considérer comme un inconscient social, celui des forces collectives qui surpassent et dépassent la maîtrise individuelle, et un inconscient ontologique ruinant l’idée de conscience comme transparence à soi.
– l’irruption avec Heidegger(2) du concept de finitude faisant de nous des êtres jetés dans un monde incontrôlable qu’ils ne constituent pas, temporellement propulsés vers leur mort, conduit à dépasser la représentation de l’homme comme souverain et mesure de toute chose, base de l’humanisme classique.
– Avec Althusser, théoricien lacano marxiste, le sujet est produit par l’idéologie, laquelle dépend des rapports de production. L’anti-humanisme théorique (sujet théorique / sujet concret) fit florès dans les années 60, soutenant que « tout est fait pour que chacun ait l’impression d’agir librement et accomplisse seul les actes et gestes de son assujettissement. »
antihumanisme théorique
sujets de l’idéologie
Alors on sort d’un humanisme « naïf » et « (…) peut affirmer qu’il n’est de pratique que par et sous une idéologie et qu’il n’est d’idéologie que par le sujet et pour des sujets. La catégorie de toute idéologie quelle qu’elle soit est la catégorie du sujet. À partir d’exemples concrets (et notamment celui de l’idéologie chrétienne) Althusser montre que toute idéologie a pour fonction de « constituer » des individus concrets en sujet (mais que justement tout discours scientifique est par définition un discours sans sujet). L’idéologie « interpelle » l’individu qui, en se reconnaissant, devient sujet. Nous sommes tous dans l’idéologie et même « l’homme est par nature un animal idéologique. » Ainsi par exemple aussi bien celui qui écrit ces lignes que le lecteur sont des sujets (et donc des sujets idéologiques ce qui, dit Althusser, est une affirmation tautologique). Ceux qui sont dans l’idéologie bien sûr ne le savent pas. Il faut être hors de l’idéologie (dans la science) pour savoir qu’on y était. Althusser précise que Spinoza l’avait vu deux cent ans avant Marx.
Puisque l’idéologie est éternelle les individus sont toujours interpellés par l’idéologie comme sujets et même, comme le montre Freud avant même de naître : dire qu’on attend l’enfant à naître c’est dire qu’il est acquis avant sa naissance qu’il portera le Nom de son Père [en Occident, les majuscules ici étant lacaniennes], aura une identité, sera irremplaçable etc. L’enfant à naître est donc déjà sujet dans et par la configuration liée à l’AIE (appareil idéologique d’État) familial. Or cette configuration est une structure implacable ou l’ancien futur-sujet doit trouver sa place c’est-à-dire devenir le sujet sexuel qu’il est déjà par avance.
Dans la religion, l’individu est interpellé en sujet (libre) pour qu’il se soumette librement aux ordres du Sujet (Dieu) donc pour qu’il accepte (librement) son assujettissement. « Ainsi soit-il » signifie « il faut qu’il en soit ainsi » pour que la reproduction des rapports de production soit. Pour le dire autrement, tout est fait pour que chacun ait l’impression d’agir librement et accomplisse seul les actes et gestes de son assujettissement. »
1961 – la Troisième voie
– Il faudra enfin interroger l’humanisme de la psychologie du même nom, venu au monde sous l’impulsion d’Abraham Maslow (avec Carl Rogers, Rollo May et une dizaine d’autres), qui donna le Mouvement du potentiel humain, le Développement personnel, les Nouvelles thérapies et ce que chez nous on appela les psychothérapeutes. Ce Mouvement, protestant contre une psychanalyse normalisatrice et médicaliste américaine, et le comportementalisme, constitua une Troisième voie alternative à cette double réduction de la subjectivité. Un côté idéologie du bonheur américain improprement attribué fut utilisé par ses détracteurs pour discréditer un message qui mérite d’être préservé et transmis.
filiations et parcours
Notre approche humaniste se trouve exprimée par l’existentialisme sensible (émotionnel), du véritable manifeste que constitue l’ouvrage collectif Psychologie existentielle (Existential psychology, 1965), paru à l’Épi en 1971, 107 p., sous les signatures groupées de Gordon Allport, Herman Feifel, Abraham Maslow, Rollo May, Carl Rogers. L’excellent ouvrage d’André de Peretti, Présence de Carl Rogers, en ligne, représente une excellente introduction à une conception et sensibilité de l’humanisme vivant dont la psychothérapie relationnelle est l’héritière directe.
En un § nous sommes passés de la psychologie à la psychothérapie, et d’existentielle à relationnelle, c’est la marche du temps. Depuis les Lumières, qu’il faut faire remonter à la Renaissance, dont nous sommes les continuateurs, en passant par le Freud qu’Otto Rank a transmis à Rogers, et Martin Buber et Paul Tillich, à quoi ajouter la gestalt-thérapie de Perls Goodman Hefferline, puis la Troisième force de Maslow, Esalen et le Mouvement du potentiel humain, incluant l’approche néo reichienne (Alexander Lowen,) quel parcours ! Et ça ne s’arrête pas là(3).
anti-humanisme ultra-gauche
Un certain anti-humanisme ultra gauche a tenté d’aller plus loin que l’althussérisme, s’efforçant de démontrer que les Lumières auraient débouché sur Auschwitz, l’humanisme universaliste des Lumières et de la Révolution française ayant pour vérité ultime le déchaînement de l’inhumain d’un univers totalitaire accomplissant en effet un programme de souveraineté sur le réel, une politique de domination totale, par l’administration totalement, totalitaristiquement, rationnelle de « sujets » devenus si bien éclairés que transparents au regard de Big Brother, qu’ils ne seraient plus que les supports interchangeables anonymes en définitive chosifiés d’une manipulation étatique (voire démocratique au sein d’une « république totalitaire » consumériste) de sujets à l’intimité forcée, autrement dit violés, laminés (idée connexe, cela peut s’effectuer en douceur, d’où le concept de totalitarisme soft et de vigilance citoyenne qu’on retrouvera dans l ‘Appel des appels ) jusqu’à la condition d’objets. Pousser trop loin le bouchon rate la cible en la détruisant purement et simplement. Inutile en l’occurrence de « désespérer Billancourt » et la psychothérapie relationnelle.
néo-humanisme
On peut considérer à y regarder de plus près qu’après la déconstruction peut venir la reconstruction de la subjectivité et que le concept d’autonomie proprement construit peut présenter quelque intérêt. On assiste à l’heure actuelle à un retour au et du sujet, que nous avons nommé sur ce site même néo-humanisme, pour le distinguer d’un humanisme affadi, éventuellement niais, confondu par ailleurs avec le sujet de la thérapie du bonheur dénoncée en son temps par Jacques Lacan, voire l’objet d’une psychothérapie autoritaire(4), qui coïnciderait partiellement avec celui de la psychologie humaniste américaine (5). Du point de vue de ce néo-humanisme l’idée de sujet débarrassée de ses illusions, « ré-écologisée » comme appartenant au contexte de l’univers dont elle aurait cessé de se prendre pour le centre, se trouve maintenue comme valeur indépassable (fondement des droits de l’homme). Cela conduirait à une complexification du concept de sujet, d’un sujet post-moderne conjoignant humanisme critique, individualisme et cadre de la relation.
on pourra consulter à ce sujet (!)
L’ouvrage de de Peretti, en ligne, est remarquablement bien fait.
ALLPORT Gordon, FEIFEL Herman, MASLOW Abraham, MAY Rollo, ROGERS Carl, Psychologie existentielle, Épi, 1971, 106 p.- Non réédité. 0 lire absolument.
BUBER Martin, Je et Tu, Paris, Aubier Montaigne, 1992.-
De PERETTI André, Présence de Carl Rogers, Érès.-
KECK Frédéric, DEBAENE Vincent. Claude Lévi-Strauss : l’homme au regard éloigné. Gallimard, 2009.-
LÉVINAS Emannuel. L’humanisme de l’autre homme. Paris, Librairie générale française, 1987, 122 p.-
RENAUT Alain. L’ère de l’individu. Paris, Gallimard, 1989, 303 p.-
SALATHÉ Marie-Noëlle, L’approche existentielle en psychothérapie.
SARTRE Jean-Paul. L’existentialisme est un humanisme. Gallimard [1996] 2009, 108 p.-
5 juillet 2011 – 14 sept 2012 – 2 octobre 2012 – 7 avril 2013 – Filiations & parcours date du 12 mars 2014 –
- 1 Ne pas oublier que le premier Heidegger précède le nazisme. On ne trouvera jamais chez ce dernier une pensée du sujet d’Auschwitz. L’ombre du silence post nazi du grand homme vert-de-grise une robuste philosophie de droite pour ne pas dire pire. L’ombre de l’homme qui prônait la Vernichtung, l’anéantissement eh oui, en bon français facile ça se dit assassinat, de « l’ennemi intérieur » bodenlos (sans sol), se mouvant en 33-34 dans la même terminologie que Rosenberg mais en plus matois. Cf. Nicolas Truong, Heidegger encore une fois. Pour Auschwitz faudra attendre l’élève d’Heidegger Hans Jonas, Le concept de Dieu après Auschwitz. Élève au demeurant ne veut pas dire disciple. Nous reviendrons sur cette question et sur la Lettre sur l’humanisme d’un philosophe pervers indéfiniment couvert par ses traducteurs français au philosophe de la liberté, Sartre.
- 2 La publication des Carnets noirs relance le marronnier du nazisme d’Heidegger. Même si le Monsieur n’est pas reluisant et si sa pensée était selon la thèse de JP Faye, elle-même d’inspiration nazie, resterait à déterminer à partir de quand, historiquement. Nous ne nous prononçons pas sur cette question ici, qui sera reprise dans une étude appropriée.
- 3 La phrase devenait trop longue pour inclure le Éric Berne de l’Analyse transactionnelle, qu’on nous pardonne les limites de cette énumération.
- 4 Jean-Claude Maleval, Étonnantes mystifications de la psychothérapie autoritaire, Paris, Navarin 2012, 221 p.-
- 5 Confondue par ailleurs avec le développement personnel, le Nouvel âge, le coaching et que sais-je encore.
- Il y a un désir de fascisme dans ce pays
- Au politiquement correct opposer le mépris civilisé
- Prévenons l'éclosion du fanatisme dès l'école
I
voir aussi
– psychothérapie intégrative
– psychothérapie multiréférentielle
– multiréférentiel
– psychanalyse intégrative
– patients-limites et psychanalyse intégrative
– neurosciences et psychothérapie
enseignement, formation, pratique, visant à présenter un modèle intégré livré en pièces détachées prédécoupées en vue de constituer un ensemble déjà fait composé de constituants « préparés », aménagés, relevant de différentes méthodes ou disciplines.
contraires
L’intégrativisme insiste sur l’aspect contraire des systèmes réunis. On peut à partir des contraires procéder à une tentative de coordination de subcontraires aménagés en complémentarités.
montage, arrangements, avancées possibles
Dans tout montage intégratif, s’interroger sur plusieurs points.
– combien de modèles sont réunis dans le montage (en général deux)
– quel est le modèle qui régit l’ensemble ?
– que perdent chacun des modèles à leur montage ensemble ? quels aménagements sont apportés à chacun des composants ? quelles trahisons majeures, arrangements, compromissions, peut-on constater ?
– quels bénéfices ? que fait gagner le montage proposé ? en quoi consiste l’ingéniosité du bricolage ?
contradictoires, incompatibilités
La multiréférentialité, aporétique, articule l’inarticulable de contradictoires. La façon de procéder consiste à disjoindre les lieux et les moments. Il faut pourtant au praticien vivre dans la connaissance de l’incompatibilité de modèles dont il aura pourtant vérifié la pertinence de chacun pris à part.
pluralisme
Multiréférentiel s’oppose également à pluraliste. Le SNPPsy est pluraliste : des praticiens d’orientation et de disciplines variées y coopèrent.
éloge du multiple
Le CIFPR dispense une formation à des disciplines et méthodes présentant des points d’incompatibilité théorique et clinique. Il cherche à n’ignorer ni les incompatibilités, ni les occasions de mettre en œuvre des complémentarités. .
Dernière mise à jour 15 novembre 2010 – 22 mars 2011 – 5 octobre 2012 – 7 mai 2015 –
- identité et valeurs du CIFPR – qui et que vous apprêtez-vous à devenir ?
- Sciences sociales, le déclin français
- Femmes, de mal en psy
Thomas d’Aquin > Brentano > Husserl > Sartre
– Au début du XXe siècle, un philosophe et psychologue autrichien, dominicain et commentateur d’Aristote, Franz Brentano, remet le concept d’intentionnalité au centre de la pensée philosophique. Selon lui, l’intentionnalité est le critère permettant de distinguer les « faits » psychiques des « faits » physiques : tout fait psychique est intentionnel, c’est-à-dire qu’il contient quelque chose à titre d’objet, bien que ce soit toujours d’une manière différente (croyance, jugement, perception, conscience, désir, haine, etc.).
– Pierre Jacob, L’Intentionnalité. Problèmes de philosophie de l’esprit
Odile Jacob, 2004, 299 p., 25,90 €. Quatrième de couverture de Catherine Halpern :
« Pour qui n’est pas familier de la philosophie de l’esprit, le concept d’intentionnalité est trompeur car il n’est pas synonyme de volonté (comme lorsqu’on parle d’une action intentionnelle). Introduit à la fin du xixe siècle par le philosophe autrichien Franz Brentano pour désigner la capacité qu’a l’esprit de viser mentalement et de se représenter des choses ou des états de choses (réels, imaginaires ou fictifs), l’intentionnalité pose deux questions : caractérise-t-elle tous les phénomènes mentaux ? Y a-t-il des phénomènes non mentaux qui la posséderaient ? Consacrant une très large part de son ouvrage à une cartographie de la philosophie de l’esprit à partir de la question de l’intentionnalité, Pierre Jacob montre que la plupart des positions tenues dans la discipline dépendent en grande partie de la réponse donnée à ces deux questions.
Selon P. Jacob, nous avons tous tendance spontanément à nous croire libres et à concevoir les autres comme des êtres ayant des croyances, des désirs, des souvenirs, des émotions, bref qui pensent et qui ont des représentations. Si la philosophie de l’esprit a procédé à une clarification conceptuelle, elle n’a pas permis de trancher sur la question de savoir si les phénomènes mentaux sont explicables par les lois de la nature ou bien s’ils constituent un type d’« objets » irréductible à celles-ci.[…]. »
– cf. wiki.
– entrée en chantier.
- Watson contre la psychologie de la forme (Gestalttheorie) – présupposés philosophiques
- Pourquoi les neurosciences n'expliquent pas la folie ?
- TDAH – un discours sur le cerveau qui ne tient pas la route
La diversité renvoie à des façons de dire — donc de penser. Appliquée au domaine psy, il s’agit d’une véritable jungle, infestée de serpents et autres hôtes de la biodiversité avec lesquels il faut savoir faire, qui ravissent certains écolos urbains qui n’ont jamais rencontré ne serait-ce qu’un orvet de leur vie. En laissant de côté les animaux, la simple classification des végétaux de la jungle en question n’est pas trop aisée, et les professionnels sont souvent les premiers à y perdre leur latin devant l’entremêlement de leurs ramures.
Ainsi interdisciplinaire, multiréférentiel, intégration, éclectisme, pluralisme, et nous en passons, représentent des notions et concepts loin de se voir pourvus de définitions claires correspondant à la possibilité de comprendre à quoi on a affaire et dans quelle position épistémologique on se trouve quand on les emploie de façon naïve.
Il faut pourtant entamer de démêler l’écheveau.
L’interdisciplinarité désigne la conjonction de disciplines distinctes. Ainsi, un comité de scientifiques de haut niveau inclura un poète parmi ses membres, pour que l’effet d’ouverture par hétérogénéité des modes de pensée, des sensibilités et des cultures prévienne le danger d’enfermement entre soi des physiciens.
Appliqué au domaine psychothérapique (dont on sait par ailleurs la propre hétérogénéité interne, d’un autre rang. En matière de sciences humaines, peu d’objets purs. Pas une raison pour tout mélanger) le principe interdisciplinaire prévaut quand on se situe au carrefour de plusieurs disciplines. Exemple, philosophie et psychothérapie. Le statut de discipline clairement individualisée de la psychopathologie[1] restant problématique par ailleurs, on pourra parler d’interdisciplinarité à propos de la conjonction de la psychothérapie ou de la psychanalyse (voir l’excellent Henry Ey) avec la psychopathologie. On peut augmenter le nombre d’acteurs jusqu’à l’anthropologie, les neurosciences, etc., toutes disciplines fascinantes quand on les croise.
L’interdisciplinarité fut le nom dont le CIFP non encore pourvu de son R s’intitula en 1985, avant d’avoir accédé au concept de multiréférentialité — initialement dégagé par Jacques Ardoino, discrètement influencé par le phénoménologue Guy Berger, tous deux collègues de Philippe Grauer en Sciences de l’éducation à Paris 8.
multiréférentialité/intégrativisme, discipline répartie en méthodesCe ne fut que par la suite, après l’apparition du concept de psychothérapie relationnelle (2001), à l’occasion d’un travail d’affinement conceptuel lors de la parution du manuel Se former à la psychothérapie relationnelle & multiréférentielle (Vincennes, 2010, 150 p.), puis d’une communication à un colloque AFFOP, auquel Ardoino était venu participer, que je fus conduit à discerner, identifier, décrire, les concepts jumeaux de multiréférentialité (Paul-Claude Racamier, maintenir les contradictoires) et d’intégrativisme.
À la base c’est à partir de la nécessité de
— recourir au concept de méthode, dégagé de celui de technique d’une part, de discipline de l’autre
— puis de disjoindre intégration / éclectisme
— enfin de respecter la différence entre contraire et contradictoire, provenant de la pensée d’Algirdas Greimas (ayant hérité du carré d’Apulée remanié par Blanchot)
que, pressé par le démon de la taxinomie j’ai fini par accoucher desdits jumeaux.
Inscrits dans le marbre institutionnel lors de la création de la FFrAPIM[2] (juin 1998) aux côté de Max Pagès, Jean-Michel Fourcade et Michael Randolph, les britanniques de l’AEIP ayant par anglo-saxonisme accepté de bonne grâce l’ajout du M final à ma demande.
L’ensemble du champ sémantique s’étant par mes soins constellé jusqu’au moment d’avancer l’idée de définir la psychothérapie relationnelle en 2018[3] comme un champ disciplinaire. Face à la psychanalyse qui avec René Major (États généraux de la psychanalyse. Paris, Sorbonne, 8-11 juillet 20008) s’était déclarée (au niveau international) discipline radicalement disjointe de la psychothérapie. On mesure le degré de flou conceptuel et terminologique de ce fouillis quand on sait que Freud intégrait la psychanalyse comme méthode dans le cadre de la psychothérapie, logiquement son champ disciplinaire englobant. Quand on songe à la ruée vers le nouveau titre d’exercice de psychothérapeute, de nos psychologues-psychanalystes dès la promulgation des décrets d’application de la loi Accoyer, on mesure leur indifférence aux dénominations et aux principes dont le caractère sacré s’évanouit dès que joue la concurrence corporatiste.
D’autant que s’il faut définir discipline les difficultés recommencent, concernant la psychanalyse, étudiée dans le cadre disciplinaire divers de l’histoire, de la littérature, de l’anthropologie, voire de la philosophie — son expulsion en cours d’hôte de marque hébergé dans le cadre des départements de psychologie ne simplifiant pas le problème. Car à part l’institut clinique de Berlin d’Eitingon durant les années 20 du siècle précédent, auquel la psychanalyse doit beaucoup de sa définition comme métier, cette dernière n’exista un demi siècle durant qu’à titre de parasite en psychologie et en psychiatrie, laquelle s’en débarrassa avec l’aventure scientistique du DSM à partir de 1994 (Robert Spitzer, Robert Francès). Il faut pour être complet mentionner l’instauration à Paris 8 (2010) d’un master débouchant sur un doctorat de psychanalyse, et de l’école doctorale de Paris Diderot[4] sous la direction de Christian Hoffmann (actuellement menacée de suppression).
paradigmatique complexePour sa part et par ailleurs la multiréférentialité relève de l’affichage paradigmatique
- a) de discipline/discipline : psychanalyse /psychothérapie relationnelle, philosophie / psychothérapie, etc. s’agissant de penser leur disjonction
- b) d’obédience (psychanalyse) / méthode (en fait entité sub-disciplinaire, ici à titre d’élément constitutif d’une autre discipline, la psychothérapie relationnelle)
- c) de méthode / méthode, au sein de la psychothérapie relationnelle elle-même, considérée selon l’aspect irréductible, non corrélable l’un à l’autre (l’inconscient freudien — ni même analytique bioénergétique, n’est pas coordonnable de plein pied aux phénomènes inconscients gestaltistes[5]), il subsiste un soit l’un soit l’autre, du disjonctif.
Note 1 : Par contre si l’on veut penser et organiser la conjonction entre ces items, on se trouve en posture inverse, dans la problématique intégrative.
Note 2 : parallèlement à la psychothérapie relationnelle répartie en méthodes, la psychanalyse se décline en obédiences. On peut donc parler, en (2b) d’articulation disjonctive de type obédience/méthode.
HégémonismeAu CIFPR le parti pris de n’hégémoniser aucune discipline ou méthode a priori (plus facile à dire qu’à faire) dans le bouquet programmatique proposé relève du concept de multiréférentialité. Bien entendu les réalités historiques et les filiations sont prises en compte. Nous nous efforçons d’agir en sorte qu’aucun idéologisme n’installe telle discipline ou méthode comme disposant d’une préséance par rapport aux autres, qui lui seraient subalternes, en tout cas régis par elle[6]. Ce principe préserve de l’autosatisfaction disciplinaire ou « méthodiste » (débouchant sur le sectarisme) et du mépris des méthodes voisines dû au sentiment de connaître la seule bonne dont le hasard nous a constitués les heureux héritiers, dépositaires et défenseurs de la vraie foi.
pluralisme : autre cas de figureEnfin pour être complet sur cette question de l’éventail, rappelons qu’il convient de ne pas confondre multiréférentialité et pluralisme. Lequel principe organise la cohabitation pacifique de méthodes et disciplines diverses dans un même cadre institutionnel. Ainsi le SNPPsy est pluraliste, mais absolument pas multiréférentiel.
[1] En principe une sous-section de la psychiatrie, mais à d’autres moments de la psychanalyse, rien n’est bien clair en ce domaine et d’aucuns jouent d’ambiguïtés maintenues, notamment pour faire passer la psychanalyse en contrebande en psychologie (et éventuellement en psychiatrie).
[2] Création en juin 1998. Colloque Sens et souffrance, 2007
[3] Grauer et Lefebvre, La psychothérapie relationnelle, Enrick éd.
[4] http://www.ep.univ-paris-diderot.fr/wp-content/uploads/2015/06/BROCHURE-ED-2014-2015.pdf
[5] Sauf à bricoler les concepts pour les faire tenir ensemble après modification. Restant à déterminer dans ce montage intégratif quel système régit l’autre.
[6] À l’inverse de l’option psychanalyse intégrative de JM Fourcade, nous semble-t-il de style plus catholique, en ce sens que l’église catholique absorbe les dieux anciens honorés comme saints.
- multiréférentialité
- école de psychothérapie
- Bulletin de la société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse
J
par Philippe Grauer
Jean-Michel Fourcade nous a quittés ce 13 avril 2020, à la veille de la bousculade pandémique de cette Histoire qu’il aura marquée de son empreinte sur un demi siècle. Il aurait aimé mourir en scène, sur son fauteuil. Il l’a presque fait, dirigeant l’AFFOP jusqu’à la fin de 2019, enseignant jusqu’au bout en 2020 dans sa NFL chérie.
du Mouvement du Potentiel humain à la psychothérapie relationnelleMax Pagès venant d’introduire de façon éclatante Carl Rogers en France en1966, récidive en introduisant à Charbonnières en 1969 deux jeunes gens de la génération suivante, Tan Nguyen et Jean-Michel Fourcade, de retour d’Esalen. Avec eux, qui me firent rapidement l’honneur de m’intégrer à leur entreprise, prenait pied en France le Mouvement du potentiel humain — par ailleurs illustré ne l’oublions pas Jacques Durant-Dassier, précurseur de l’expression de psychothérapie relationnelle, dont le concept fut repris et fortifié par Jean-Michel Fourcade & Philippe Grauer au tournant du siècle.
leader éminentDepuis la diffusion en France à partir du CDPH du message de la psychothérapie humaniste américaine, en passant par la fondation du SNPPsy (1981) puis de la FFdP (1995) puis par l’organisation des événements majeurs de l’AEPH (dont le 6ème congrès européen de Paris 1982, entièrement porté par JMF), des congrès EAP (Vienne, européen 1995, mondial 1996, européen 1997 (adoption du CEP), Rome 1998, etc., la fondation de l’AFFOP (1998), et de la FFraPIM (1998, congrès parisien de l’EAIP, Association européenne de psychothérapie intégrative dont JMF est élu président en 2003, dans les locaux du CIFP), la production du concept de psychothérapie relationnelle et son institutionnalisation au tournant du siècle, la participation à la Coordination psy (2004-2009), à laquelle succéda le GLPR (2010, suspendu en 2019), sans compter sa collaboration aux travaux du Laboratoire du changement social de Max Pagès à Paris VII, la mise en place d’un département de formation du CDPH (ISFP 1981), devenu FLDP (1991), puis NFL (2000), la créativité de l’auteur des Patients limites (sa thèse), fondateur de la psychanalyse intégrative (SFPI, 2011) et sa présence sur tous les fronts des « Nouvelles Thérapies » et de la psychanalyse, en font un leader et intellectuel éminent de la psychothérapie relationnelle et de l’idée intégrative auxquelles il était très attaché.
Président de l’AFFOP, vice-Président du SNPPsy : Cinquième critère et fidélité aux principesPrésident de l’AFFOP constamment renouvelé (exception faite d’une brève période intérimaire sous direction problématique), il conduisit cette organisation comportant parmi ses membres les deux (puis un seul) syndicats historiques, avec la ferme volonté de maintenir les principes fondateurs de l’organisation, à savoir le principe du « Cinquième critère » du SNPPsy, celui de la confirmation du praticien par ses pairs réunis en assemblée confraternelle, le refus corrélatif de toute dépréciation par dénivellement administratif de la profession de psychopraticien relationnel, au motif d’un système de méconnaissance prôné par les pouvoirs publics, et le principe fondateur de l’AEP que ses organismes nationaux regroupent exclusivement des organisations, réservant l’organisation des personnes aux syndicats et sociétés savantes.
4 novembre 2015 : Adresse aux psychopraticiens : non au cadre RNCPCourageux, il avait osé prendre la responsabilité historique de protester quand, dans le cadre du GLPR, en qualité de Président de l’AFFOP, aux côté d’Alain Naissant, Président du Psy’G, et de Philippe Grauer, Président du SNPPsy, à la suite de longues réflexions communes sur la situation et le destin de la psychothérapie relationnelle dans sa réalité de terrain et ses institutions, il avait organisé la diffusion d’une sorte d’Appel des Trois, avertissant solennellement notre profession qu’insister pour entrer dans le cadre RNCP, réfractaire, de par la nature administrative des pouvoirs publics dans leur orientation politique actuelle, à la psychothérapie comme relationnelle, précieuse aux yeux des trois organisations, était dangereux.
il existe une alternativeIl s’agissait de prendre le risque d’expliquer et exposer aux regard de l’ensemble des responsables de notre profession, les termes d’un désaccord de fond en matière de ligne politique professionnelle, sur l’opportunité pour nos écoles d’accepter pour survivre (?) de se déguiser par pure logique administrative et financière en institutions sous-classées Bien-être (développement personnel, « savoir mieux vivre »), sous-évaluées bac+3, alors que, centrée sur le psychothérapique, leur domaine relève à titre exclusif du soin pris de soi en situation de souffrance, autre paradigme.
événement à prévoir en son honneurLa circonstance de la disparition de Jean-Michel Fourcade, brouillée par l’épisode covid, requiert l’organisation à venir d’un événement en l’honneur de sa mémoire et de son combat — actuellement en préparation —, digne de son importance.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Conférence : la psychanalyse intégrative - par Magali Cipriani Bouvard
L
de La – psychothérapie…
Avant 2001 le syndicalisme français(1) en matière de psychothérapie revendiquait de représenter la psychothérapie dans son ensemble et ambitionnait d’obliger tous les praticiens en psychothérapie de passer par ses exigences, résumées dans les Cinq critères.
… à la psychothérapie relationnelle
Qui trop embrasse mal étreint. À partir de 2001 avec le vocable de psychothérapie relationnelle le SNPPsy définit le territoire disciplinaire du processus ou de la dynamique de subjectivation, abandonnant le reste aux collègues qui pratiquent sur des bases différentes. Dorénavant se différencient psychothérapie relationnelle et psychothérapie universitaire. L’une n’empêche pas l’autre, ni ne l’interdit, mais un peu de distinction, comme dirait Bourdieu, en ce domaine ne nuit pas à l’affaire.
masquage
Lorsque se trouve mentionnée la psychothérapie sans plus de spécification, il est devenu nécessaire de s’interroger sur ce que cela signifie pour le locuteur – et par contre-coup l’allocutaire. Cela peut désigner l’ensemble psychothérapie universitaire + psychothérapie relationnelle + toute autre psychothérapie ou se disant telle, ou la psychothérapie universitaire éventuellement plus ou moins enrichie, de psychanalyse ou de toute autre source d’inspiration méthodologique. Un tel emploi généralisant peut présenter l’inconvénient de masquer l’identité scientifique singulière de la psychothérapie relationnelle.
le seul vocable psy
Il présente également celui de brouiller la carte des territoires disciplinaires et institutionnels, et permettant de tout confondre, de manquer la personnalité scientifique, épistémologique, méthodologique et idéologique des différents protagonistes du carré psy. Il écrase et anonymise sous le vocable psy les personnalités scientifiques, morales et institutionnelles de champs disciplinaires et épistémiques qu’il empêche de discerner.
deux champs de base
La distinction qu’introduit le concept de psychothérapie relationnelle délimite deux territoires épistémologiques et scientifiques, définit également deux zones institutionnelles, celle des organisations historiques regroupées dans le cadre du GLPR d’une part, et les psychologues et psychiatres qu’on retrouve sous le titre d’exercice de nouvelle désignation de psychothérapeute, d’inspiration paramédicale.
nébuleuse à la lisière
Bien entendu, à la lisière de ces univers de référence se presse une multitude de méthodes et techniques présentant un indice de psychothérapie plus ou moins important, sous des appellations diverses allant du coaching au développement personnel en passant par des méthodes de méditation. Cette nébuleuse ne répond pas strictement aux critères d’après lesquels on repère et définit une psychothérapie. Cela les situe sont hors champ du carré psy. Sans que pour autant un système psychothérapique ne puisse se les intégrer, dans des proportions diverses.
clinique singulière de chaque praticien
Toutes les nuances peuvent se retrouver dans l’implication concrète singulière d’un praticien donné qui peut cumuler et combiner diversement, de tels agencements confirment le modèle permettant de les concevoir.
voir également
– psychothérapie
origine : sd (2011 ?) – retouché le 10 août 2014 – 1er octobre 2014 – 30 novembre 2015 –
- 1 En tout cas celui du SNPPsy. Le discours de la FF2P, fédération pratiquant un parasyndicalisme sans le mot, en est restée à la terminologie d’avant 2001.
- psychothérapie intégrative
- clinique
- psychothérapeute – histoire
processus, sphères de légitimation
Les syndicats sont dépositaires de la légitimité professionnelle. Les sociétés savantes de méthodes, de la légitimité de spécialité et de garantie d’appellation protégée, concernant des régions spécifiques du savoir et de la pratique psychothérapique. Profession et discipline d’une part, spécialités de l’autre, en principe n’étant pas de même rang, devraient pouvoir ajuster leurs domaines de certification (spécialité), d’appellation disciplinaire (discipline) et système de garantie d’exercice (profession).
Nous nous trouvons devant une légitimité à deux niveaux emmêlés qui résulte de laborieux compromis historiques. On peut envisager à présent d’analyser et réajuster les décalages intervenus au cours de l’Histoire, ce qui pourrait renforcer mutuellement l’identité et l’autorité spécifique de chaque instance et organisation. Il ne s’agit jamais que de perfectionner notre fameuse autoréglementation (mot que nous avons omis de joindre au bouquet ci infra présenté. Il faut bien s’arrêter quelque part).
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
4 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
Philippe Grauer
- Qu'est-ce qu'une vie ?
- L'erreur de Matthieu Ricard
- ALEXANDER LOWEN : RÉÉDITION EN LANGUE FRANÇAISE
graphie désignant le mouvement de la psychothérapie humaniste à partir de 1981 à l’époque où il se considérait comme unique représentant de La psychothérapie, qu’il définissait comme la psychothérapie des Cinq critères et de la Déclaration de Strasbourg, avant de passer en 2001 à l’initiative du SNPPsy à une révision terminologique idéologique et politique radicale, définissant le champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle à côté des psychothérapies psychiatrique et psychologique, caractérisées en particulier par leur dimension institutionnelle universitaire.
Quand les adversaires de la psychothérapie relationnelle parlent des psychothérapeutes c’est pour les considérer en vrac, mêlés aux charlatans avec lesquels ils avaient entrepris de les confondre pour les déconsidérer, et par la suite plus commodément abattre la psychanalyse également porteuse des valeurs de la dynamique de subjectivation, lors de la bataille des charlatans.
PHG
voir aussi
– psychothérapie = 4 psys
– titres
– Titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe
– la psychothérapie & les psychologues
– Philippe Grauer, éthique & psychothérapie : de la psychopathologie à l’autoproclamation [7 novembre 2013].
- Appel des 1000 – POUR UN AUTRE PLAN AUTISME 2013
- Curieux procès autour de « l’affaire Mitra Kadivar »
- Procès Miller vs. 9 adversaires – trois pièces pour comprendre
Article 52 de la loi du 9 août 2004, modifié par l’article 91 de la loi du 21 juillet 2009 (HTSP), et ses décrets d’application (20 mai 2010) réglementant l’usage du titre de psychothérapeute.
usage du titre
Cette loi attribue le privilège exclusif de l’usage du titre de psychothérapeute aux psychologues, psychiatres et médecins.
psychothérapie / psychothérapie relationnelle
La pratique de la psychothérapie demeure libre. Les ex psychothérapeutes devenus psychopraticiens de métier et psychopraticiens relationnels® de titre, ainsi que les étudiants sortant des écoles agréées AFFOP (connectées au cadre de liaison des 4 institutions historiques du GLPR) pratiquent la psychothérapie relationnelle, discipline qu’ils ont choisi de distinguer du bloc commun psychothérapie officiellement à partir de 2001.
La psychothérapie relationnelle répond aux exigences des Cinq critères.
- d'autres psychotiques que moi
- Quelques éléments d'histoire pour resituer le Décret dans son contexte
- Décret : quelques précisions utiles
M
maladie, malade
vs. malaise. Dans le domaine qui nous intéresse, le malaise, existentiel, concerne la conscience plus ou moins diffuse d’une insatisfaction marquée dans le mode d’être au monde, dans le goût de l’être et des choses, la relation au monde même, aux autres, dans le lien social.
La maladie elle, témoigne, avec des symptômes plus ou moins similaires, d’une altération structurelle de la santé psychique : domaine de la médecine, plus précisément de la psychiatrie, à l’heure actuelle considérablement déléguée aux généralistes qui n’ont fait d’études ni en psychothérapie quelle qu’elle fût ni en psychiatrie (il reste les visiteurs médicaux prescripteurs de la nouvelle molécule qui marche très fort en ce moment), diagnostic, traitement médicamenteux, suivi (souvent pérennisation beaucoup trop longue de l’ordonnance).
L’ennui c’est que la ligne de partage entre les deux domaines (trois avec la médecine généraliste ?) consiste en une mitoyenneté problématique – le mur appartient aux deux territoires, de plus la frontière est souvent contestée, sans compter qu’une interface peut apparaître.
Ainsi pour la médecine épidémiologiquement la dépression est une maladie faites-vous diagnostiquer en masse (campagne télévisuelle) et traiter, alors qu’aux yeux de la psychothérapie, sauf cas rigoureusement définis, la dépression est un syndrome fourre-tout : le DSM vous déclare dépressif si vous êtes encore trop triste après 21 jours de deuil réglementaire.
Quel équilibre trouver entre une psychanalyse qui vous prenait en charge il y a 20 ans pour un ulcère à l’estomac dont on sait maintenant qu’il est d’origine bactérienne, et une médecine qui vous classifie à tort et à travers via un DSM controversé, vous déclarant malade quand vous n’êtes qu’en proie à un malaise qu’une psychothérapie, relationnelle ou autre, serait à même de prendre en charge ?
voir aussi :
– médicalisation de l’existence.
– diagnostic
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
État ou sensation pénible dit le TLF d’entrée de jeu, qui distingue trois niveaux de sens à cette pénibilité éprouvée :
1)
plan matériel.
C’est l’état ou sensation pénible physique. Gêne, incommodité, difficulté de quelque chose : ce qui augmentait le malaise à la montée. Le malaise matériel est en dessous de la douleur terme qui n’apparaît jamais dans le dictionnaire de langue.
2)
plan physiologique.
Trouble passager de la santé. Des malaises fréquents. Cela peut atteindre le niveau médical : malaise cardiaque. Surgit, relevant de la médecine, le terme trouble, que l’on retrouvera dans le DSM.
3)
plan moral
dit le dictionnaire,
psychologique
ou
psychique
dirons-nous. Emplir de malaise. « Le lourd malaise de l’équivoque ». Inquiétude, mécontentement sourd, insatisfaction, cela peut confiner au politique et au sociologique. Le déséquilibre de l’être humain frustré de son épanouissement normal, sous la plume de René Huygue en 1950 nous rapproche de la signification du terme auquel nous sommes accoutumés précisément à partir de la fin des années 50, l’épanouissement procédant du champ sémantique de la croissance, en vigueur en psychologie humaniste, la décennie suivante. La norme relevant de la tendance au bonheur de vivre, de la tendance du vivant à se contenter, satisfaire, de vivre (joie). Se sentir mal, qu’on peut appeler état de malaise (existentiel), indique que la jouissance spontanée de l’être vivant doué de parole et de capacité sociale que nous sommes est entravée, au-delà de l’angoisse existentielle de base (souffrance psychologique d’intensité moyenne suffisamment contenue), au point de susciter un souci légitime sur notre mode de présence au monde, de fonctionnement psychique.
– heureux / malheureux (domaine existentiel, plan 3) ne relève pas de– sain / malade du niveau de réalité médical (plan 2 – physiologie) qui s’occupe de la maladie, santé / pathologie.
Attention, les plans peuvent connaître des interfaces.
quand quelque chose cloche dans l’existence
Nous dirons que le malaise c’est quand on se sent mal, quand quelque chose ne va pas, et au lieu de se dissiper, perdure, et qu’on commence à s’en rendre compte. Le malaise présente un caractère diffus. On ne sait pas trop lequel des trois plans est concerné, et si plusieurs plans le seraient simultanément. Le plan 3 est pertinent pour conduire quelqu’un à consulter un praticien en psychothérapie relationnelle (psychopraticien relationnel) ou un psychanalyste. La personne doit vérifier qu’elle n’est pas malade et le médecin ne doit pas qualifier de maladie ce qui ne relève pas de son domaine (médicalisation de l’existence). Après examen préalable si la personne considère que quelque chose cloche dans son existence elle peut s’engager dans un dialogue psychothérapique pour se délivrer de cette incommodante pression conflictuelle dont elle s’éprouve comme le siège et qui l’empêche de conduire sa vie comme elle aimerait pouvoir le faire. Cela porte un très beau nom femme Narsès, cela s’appelle l’aurore, ou encore entamer une démarche.
malaise dans la médico-civilisation
Pourquoi ne s’en ouvrirait-elle pas pour commencer de son malaise à son médecin généraliste traitant, qui en amont de toute consultation psychiatrique le lui calera son malaise au risque de l’obturer, le rendre invisible insensible, au risque de tout bloquer tout à fait légalement avec la (les !) dernière(s) molécule(s) psychotropique(s) du moment [cf. Zarifian], depuis son incompétence en psychiatrie et psychothérapie (quelle qu’elle soit) ? la médicalisation de l’existence (assistable par DSM), ça n’est pas fait pour les chiens. On avait pourtant dit au § précédent que le devoir du médecin était de ne pas annexer le malaise au territoire de la maladie. La mitoyenneté des deux domaines pose bien des problèmes de santé publique, d’éthique et imaginez-vous de pouvoir (médico pharmaceutique entre autre) donc pour finir de citoyenneté, voire d’idéologie. Quelle histoire !
malaise hospitalier
Et pourquoi n’engagerait-elle pas notre personne malaisée une démarche en structure hospitalière, CMP ou CMPP (psychiatrie de secteur, progrès considérable de décentralisation psychiatrique signé Lucien Bonnafé –1960, à une époque bien différente où la psychanalyse et même la psychothérapie institutionnelle parfois, était et au pouvoir et à la mode, autres temps autres mœurs) ? Après l’âge de 25 ans vous êtes dirigé vers le psychiatre par votre médecin traitant. Cela complique la figure. Autre problème, la consultation psychiatrique présente souvent un caractère d’urgence. Là le système prévoit plusieurs mois d’attente pour le Secteur. L’urgence n’est plus ce qu’elle était. Bien entendu l’hospitalisation peut encore s’effectuer en cas par exemple de bouffée délirante, soit en pavillon psychiatrique à l’hôpital général (préférer cette option), soit à l’hôpital psychiatrique directement. Mais là il ne s’agit plus du malaise névrotique standard mais bel et bien d’une souffrance psychiatrique, on a changé de catégorie, on y est dans la maladie (sans parler de la folie, noyau dur de la psychiatrie). Le tout sera d’en sortir, de sortir du système maladie-handicap, de se démédicamenter (1)], simple question de réglage du traitement direz-vous. Ne pas oublier non plus que notre psychiatrie se trouve dans une situation critique. Pas toujours simple en vérité, pour personne, la situation en période de crise susceptible d’engendrer un certain malaise. N’empêche qu’on peut s’extraire de la sphère de la maladie, entamer de se reconstruire, par la voie de la psychothérapie relationnelle ou de la psychanalyse par exemple. Si tout cela vous donne le tournis, c’est pas grave, en cas de malaise prenez un petit calmant.
signe d’une souffrance qui affleure
Retour à la situation initiale. Nous définirons le malaise existentiel persistant et insistant comme signe d’une souffrance psychique qui affleure et requiert qu’on s’en soucie et prenne soin de soi auprès d’un autre professionnellement autre, typiquement psychopraticien relationnel ou psychanalyste, capable d’aider à déchiffrer le dérangement de la souffrance comme symptôme porteur de signification. Entamer la démarche de prendre soin de soi et « se faire soigner » relèvent de deux domaines distincts. Ne pas oublier qu’on ne guérit pas de la condition humaine.
PHG
8 août 2014 –
- 1 À l’exception bien entendu des vrais malades chroniques, mais aussi gare à la chronicisation, oh la la, heureusement qu’il y a des psychiatres, et parfois encore des psychiatres-psychanalystes et même des praticiens de la psychothérapie institutionnelle ou des partisans de l’antipsychiatrie. Nous n’allons pas refaire ici tout l’édifice du [carré psy.->rubrique3
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- CHARLIE ET LA PSYCHANALYSE
Manifeste pour la psychanalyse
2004
APPEL À SIGNATURE
Nombre de mesures que prend l’actuel gouvernement vont dans le sens d’une restriction des libertés et des responsabilités individuelles. Le projet de loi visant à réglementer l’usage du titre de psychothérapeute en impliquant les associations de psychanalyse par le biais de leurs annuaires s’inscrit dans ce processus.
En accord avec notre pratique et en cohérence avec la raison psychanalytique, nous appelons à s’opposer à ce projet de loi.
En tout premier lieu, il faut situer le contexte de ce souci de réglementation. Il s’agit de l’une des dispositions d’une loi de santé publique, dont la philosophie est précisément explicitée dans un rapport sur la psychiatrie demandé par le ministre dans la même période et qui confirme l’orientation des politiques de ces deux dernières décennies. La médicalisation de la psychiatrie va de pair avec son dépérissement, tandis que l’inflation de la demande de psychothérapie est encouragée et organisée. Les réponses proposées dans le champ de la santé sont préférentiellement orientées vers des solutions techniques standardisées qui se juxtaposent : à la prescription massive de psychotropes, on ajoute désormais la prescription de parole (deuils, traumatismes, viols, harcèlement, etc.). Il s’agit aujourd’hui d’enserrer cette proposition sociale de “ psychothérapie ” dans les règles bureaucratiques qui déferlent dans le champ médical.
En effet, l’évaluation, les “ recommandations de bonnes pratiques ” font partie de l’appareil qui a rapidement fait passer l’hôpital à un statut d’entreprise, sous le règne du discours administratif. La médecine libérale connaît le même sort, et le marché énorme des “ psychothérapies ” doit y être rapidement inclus. Cette évolution majeure ne touche pas seulement la médecine ; bien d’autres pratiques connaissent le même encadrement soupçonneux. Le sort qui sera fait à la psychanalyse aura des conséquences bien au-delà d’elle-même : chercheurs, créateurs, artistes sont confrontés au même enjeu.
Or, en tant que science du sujet et de la subjectivité, la psychanalyse ne saurait, sans se renier, se prêter à une quelconque gestion administrative. Qu’un psychanalyste ne soit pas ignorant des savoirs hétérogènes (clinique psychiatrique, psychopathologie, sciences sociales, juridiques, politiques, littérature, etc.) qui peuvent et doivent éclairer son action est une chose. Mais, quels que soient les diplômes et les compétences qu’il possède, un psychanalyste est confronté à une pratique qui ne se réduit pas à l’application de connaissances. Chaque psychanalyse est une expérience singulière qui déroute tout programme et toute garantie a priori. Elle se fonde sur un rapport au symptôme qui vise à en extraire la vérité et non à l’éradiquer en vue d’une normativité. En ce sens, elle est antagonique de toute psychothérapie. D’autre part, alors même que ses effets thérapeutiques sont avérés, il faut rappeler que la psychanalyse est née du refus de subordonner son action à la suggestion, ce en quoi elle se démarque encore de la psychothérapie.
La formation des psychanalystes ne saurait s’envisager sans tenir compte de cette spécificité de la psychanalyse. Dans ce domaine, la grande difficulté a trait à ce qui constitue la formation qu’un psychanalyste peut considérer comme véritable pour s’autoriser à exercer la psychanalyse. La demande de l’État vise nécessairement à substituer à ce qui fait question pour chaque analyste la réponse d’une instance quelconque – qu’elle soit d’État ou qu’elle reste celle des associations analytiques importe peu -, garante de sa légitimité. Or, même si diverses associations se plaisent aujourd’hui à souligner leur communauté de point de vue en réponse à la demande sociale, il n’en reste pas moins que la question de la formation n’a cessé de hanter la communauté analytique, y provoquant débats et divergences. Au point que l’on peut affirmer aujourd’hui que l’existence de cette question de la formation des analystes fait partie de la formation même. Les diverses associations qui s’opposent sur des éléments décisifs de la formation et de la reconnaissance par les pairs en sont la preuve vivante, dont témoigne tout autant le fait qu’il existe un nombre très important d’analystes qui ne sont pas inscrits dans une association.
Devenir analyste est toujours une décision anticipatrice. Celui qui prend cette décision, même s’il est autorisé par une hiérarchie, l’a déjà fait quand il le demande. Il inaugure ainsi le mode de solitude qui sera le sien, à chaque fois, dans son acte par rapport à un analysant, jamais le même, jamais équivalent. Aucune autorisation ne peut soutenir cette solitude en se consignant dans une liste, chaque liste s’ajoutant à l’autre dans un ensemble qui les contiendrait toutes.
La question de savoir comment peut s’authentifier ce franchissement qui consiste dans le passage de l’analysant à l’analyste doit donc rester ouverte. Mais c’est un fait : quand un analysant prend cette décision de se dire “ analyste ” et même s’il le fait après consultation d’autres analystes, y compris le sien, il engage toujours un désir dont il est le seul à pouvoir répondre.
Certains estiment satisfaisant le projet de loi voté par le Sénat : selon leur lecture, il respecterait l’entière liberté de la pratique analytique tout en dispensant les psychanalystes inscrits comme tels dans les listes de leur association de l’enregistrement préfectoral exigible des psychothérapeutes non médecins et non psychologues. Outre que c’est préjuger de l’obligation pour un psychanalyste d’appartenir à une association, comment ignorer que cette discrimination des psychanalystes est, sous couvert de reconnaître les uns comme psychothérapeutes, les autres non, un pas insidieux vers l’intégration de la psychanalyse dans la psychothérapie et, par conséquent, vers le contrôle de celle-là à travers celle-ci ? D’autres collègues sont tentés par une adaptation de la législation italienne à la France, solution qui présente le même danger sous d’autres modalités. Nous estimons que le renforcement, par ce biais, du pouvoir institutionnel des associations de psychanalyse sur les psychanalystes va à l’encontre des exigences que nous avons exposées concernant la formation des psychanalystes. De fait, qu’une association de psychanalyse puisse qualifier comme psychothérapeutes ceux de ses membres qu’elle aura inscrits comme psychanalystes dans son annuaire transformera ipso facto ladite association en institut privé de formation psychothérapeutique, sans parler du problème plus qu’épineux des modalités d’habilitation des associations de psychanalyse qui seraient habilitées à…
Pour ces raisons, nous nous opposons au projet de loi voté par le Sénat (Giraud-Mattei) ou à tout autre qui viserait à réglementer l’exercice de la psychanalyse et nous vous appelons à vous joindre à nous en signant ce texte.
À la date du 26 juillet 2012, le Manifeste a recueilli 1099 signaturesSophie Aouillé, Pierre Bruno, Franck Chaumon, Cécile Drouet, Guy Lérès, René Major, Pierre Marie, Michel Plon, Erik Porge, Frédéric Abécassis, Émilie Abed, Richard Abibon, Muriel Abramovich, Jean-Paul Abribat, Christine Accarion, Jeanne Claire Adida, Karin Adler, Isabelle Affolter, Carole Ageorges, Maurice Alfandary, Henri Amiel, Cyrille Amistani, Michel Amram, Lucile Ané, Yves Anselmo, Jean-François Aouillé, Miren Arambourou, Dan Arbib, Jean-Jacques Arditi, Fabienne Argueyrolles, Stéphane Aron, Odile Arrighi, Sidi Askofaré, Sabine Aspe, Patricia Asswad, Frédérique Astruc, Céline Attard, Laurent Aubourg, Béatrice Audren, Annick Autant, Beatriz Azevedo, Chawki Azouri, Cécile Babel, Dao Bacon, Benoît de Baecque, Florence Bagarry, Laurence Bagarry, Philippe Bagarry, Philippe Bailleul, Alain Baitelli, Laurent Ballery, Vincent Balmès, Soline Baluy, Carole Barbeau, Catherine Barbier, Jacques Barbier, Catherine Barral, Marie-France Barruche, François Barthélemy, Jean-Pierre Basclet, Sylvie Bassot-Svetoslavsky, Carina Basualdo, Nicolas Batsalle, Marie-Ange Baudot, Isabelle Baugnet, Geneviève Baurand, Balbino Bautista, Nicole Beaume, Gilles Beauregard, Martine Bécavin Darchy, Paolo Becker, Pauline Bekerman, Mathieu Bellahsen, Isi Beller, Gaëlle Belliard, Gérard Belloin, Robert Beltran, Dalinda Ben Djemaa, Francine Bena, Angèle Benard, Daniel Benassac Belaygue, Jocelyne Benhamou-Hatchuel, Jean-Marc Benkimoun, Claire Benoit, Fethi Benslama, Geneviève Bensoussan-Roy, Viviane Benyacar, Martine Bercovici, Michel Berlin, Alexandre Berlinski, Marie Bernadou, Augustin Bernard, Nicole Bernard, Olivier Bernard, Annie Bernhard, Giuliana Bertelloni, Christiane Berthelet Lorelle, Nancy Berthemy, Claude-Louis Berthon, Dominique Bertin, Colette Bertrand, ErikaPia Bertrand-Oschwald, Philippe Beucké, Alain Beuzeboq, Aristide Bianchi, Annie Biau, Patrice Bidal, Corinne Bigaï, Colette Bigio, Dominique Bilani, Hélène Billoré, Annick Billoret, Emmanuel Bing, Joël Birman, Nicole Birry, Annie Biton, Jean-Louis Blaquier, Guilhem Bleirad, Xavier Raymond Blondelot, Carole Bobinski-Maire, Jean-François Bobulesco, Eric Bodin, Marie-Claire Boenisch, David Bois, Nicolas Boisnard, Jean-Pierre Bonhomme, Barbara Bonneau, Marie-France Bonnet, Véronique Bonnet, Nathalie Bonnet-Dupeyron, Marie-Claire Boons-Grafé, Éric Bordas, Michelle Bordas, Emmanuelle Borgnis-Desbordes, Michel Borsotto, Aziz Bouarouk, Élisabeth du Boucher-Lasry, Arnaud Bougoin, Sophie Bouguerra, Jean-Claude Bouix, Olivier Boumendil, Valérie Bouquet, Michelle Bouraux Hartemann, Sylvaine Bourdaire, Philippe Boure, Anne Bourgain, Cathy Bourgin, Pascal Bourjac, Isabelle Bournat, Pascale Bourquardez, Marie-Jo Bourrain, Anne-Marie Bourrely, Mona Boutaleb, Sophie Boutin, Jean-Pierre Bouvet, Rémi Brassie, Sébastien Braure, Vincent Bréjard, Françoise Bresch, Jacques Briffe, Florence Briolais, Coline Brogé-Feigelson, Thierry Broussolle, Danièle Brun, Jean-Claude Brunet, Catherine Bruno, Bernard Brutinaud, Jean-Paul Bucher, Monique Bucher-Thizon, Isabelle Bueso, Didier Buisson, Diane Bureau, Marie-Dominique Burgaud, Laetitia Buron, Philippe Cadiou, Viencent Calais, Benoit Calatayud, Stéphanie Calatayud, Giancarlo Calciolari, José Camarena, Eliane Campello, Karine Campens, Geneviève Capelle, Nelly Capot, Nathalie Cappe, Francis Capron, Ivette Cardenas, Émeline Caret-Roux, Martine Carpentier, Christine Cartier, Cécile Casadamont, Olivier Casalis, Roser Casalprim, Charles Casanova, Claudine Casanova, Édith CassanToesca, Pierre-Henri Castel, Dom Castellino, Luciana Castilho de Souza, Danielle Casty, Ines Catao, Bernard Cathelin, Maria Luisa Caux, Christian Cazeneuve, Nicole Cerf-Hofstein, Lucie Chabal, Christine Chagneaud, Anne Chaintrier, Jean-Luc Chalier, François Champeaux, Anne Changeux, Adrien Chapelain, Madeleine Chapsal, Virginie Chardenet, Marie-Paule Chardon, Danielle Charmoille, Jean Charmoille, Thérèse Charrier, Christophe Chassaigne, Brigitte Chasseur, Anne-France Chatiliez, Christine Chaumon, Anne-Marie Chauveau D’Orazio, Françoise Chavanne, Michèle Chavant, Hassen Chedri, Elsa Cheick, Patrick Chemla, Alice Cherki, Geneviève Cherrier, Hélène Chessel, Valérie Chetrit, Laurent Chia, Patrick Chopard, Claire Christien-Prouet, Judith Chuard, Mariella Ciambelli, Guy Ciblac, Laurence Clapier, Christine Clavurier, Vincent Clavurier, Maguy Clot, Rose Clousit, Jeanine Codo, Amy E. Cohen, André Salomon Cohen, Marie-Claire Colisson, Roger Colisson, Marie Collonge, Claire Colombier, Noëlle Combet, Pierre Combet, Anne-Marie Combres, Laurent Combres, Anny Combrichon, Jean-Pierre Conchou, Jean Cooren, Catherine Corbel, Pamela Corcos, Samantha Corcos, Lorette Cordrie, Marie-José Corentin-Vigon, Roseline Coridian, Laurent Cornaz, Anne Cornut, Bernadette Cosnard-Simon, Paola Costa Giovangigli, Anne Costantini, Patrick Coupechoux, Gilles Courant, Marie Cousein, Francine Cousinie, Françoise Crochet, Christian Cros, Denis Crozatier, Anne Culioli, Christophe Cussey, Sylvie Daban, Alejandro Dagfal, Marie-France Dalmas, Sébastien Damidaux, France Damy, Monique Dangla, Céline Danloy, Sophie Daoud Periac, Jacqueline Darbord-Bugeaud, Jean-Michel Darchy, Valérie Dassy, Corinne Daubigny, Roger de Andrade, NinaVirginia de Araujo Leite, Chantal de Bodinat, Bernard de Goeje, Da’ad de Gunzbourg, Jeanine de Lara, Pierre de Lara, Dominique de Liège, Caroll de Maistre-Riot, Arnaud de Mezamat, MariaR.B. de Musolino, Delphine de Nanteuil Fournis, Inès de Oliveira, Hervé Dejean, Marie-José Del Volgo, Carole Delacroix, Geneviève Delaisi de Parseval, Jean-Michel Delaroche, Évelyne Delaunay, Guy Delaunay, Françoise Delbos, Florence Delbosc, Régine Delestre, Franck Delétraz, Marc-Vincent Délyon, Lise Demailly, Christiane Demaison, Bernadette Demay, Anne-Laure Demias Diaz, Dominique Deraedt, Véronique Derouard, Christian Desbans, Anne Deschildre, Lucie Descoueyte, Jacques Desmaroux, Katherine Despax, Josiane Desroses, Marie-Agnès Dessus de Cérou, Maguy Destombes, Frédérique Destouesse, Gabrielle Devallet-Gimpel, Philippe Devès, Christophe Deville, Michel Devoucoux, Régis D’Hooghe, Luc Diaz, Lionel Diébold, Yann Diener, Dominique Digard, Jean-Luc Diot, Muriel Djéribi-Valentin, Martine Dochtermann, Nathalie Dominguez, Roger D’Orazio, Marie-José D’Orazio-Clermont, Fabienne d’Ortoli, Elisa Dos Mares Guia, Jean-François Doucet, Olivier Douville, Franck Doyen, Marie-Éliane Drake, Jean-Pierre Drapier, Alexandra Drézen, Cécile Drouet, Martine Droz-Bartholet, Benoît Drunat, Isabel Duarte de Fonseca, Isabelle Ducloutrier, Isabelle Dufresnoy, Nicole Dugat, Béatrice Dulck, Francis Dumont, Grégoire Dupond, François-Régis Dupond Muzart, Judith Dupont, Guy-Félix Duportail, Sophie Duportail, Jean-Paul Dupuy, Lise Durand, Fernand Dutertre, Elsa Ebenstein, Françoise Edighoffer, Marie-Lise Ehret, Michel Eliautou, Eric Emery, Danièle Epstein, Jocelyne Escudero, Marion Escudié, Lorena Escuredo, Monique Estrampes, Pierre Etchart, Bernadette Etcheverry, Line Étienne-Tisseau, Frédérique F. Berger, Arnaud Fabre, Liliane Fainsilber, Geneviève Faleni, Nabile Farès, David Faroult, Joëlle Fatticcioni, Christian Faucher, Patrick Faugeras, Fabienne Faure, Daniel Faussemagne, Jean-Pierre Feifer, Pascal Felician, Jacques Félician, Jacqueline Fennetaux, Michel Fennetaux, Jean-François Ferbos, Michèle Fernandez, Anne-Marie Fernez, Roger Ferreri, Thanh Ferreti, Anneliese Fierry-Fraillon, Dominique Fitremann, Dominique Flament, Emmanuel Fleury, Cristina Fontana, Henry Fontana, Cristina Fontana Hidalgo, Maria Ida Fontenelle, Yannick Fonvieille, Isabelle Fortin, Marie-Claire Foucard, Anne-Françoise Fournier, Annie Fournier, Jérôme Fournier, Marie-Catherine Fournier, Jean Fourton, Jacques Fousset, Gildas François, Nicole François, Jean Frécourt, Jean-Claude Freschel, Edwige Fride, Chloé Froissart, Pierre-Alain Froissart, Gérald Frydman, Eva Füzesséry, Ludovic Gadbin, Isaac Gaido-Daniel, Michèle Gaido-Daniel, Béatrice Gaillard, Thierry Galeau, Francisca Galindo, Fabien Galzin, Elsa Ganas, Alain Henri R. Gangneux-Bourgoin, Ignacio Garate-Martinez, Élisabeth Gardaz, Michel Gardaz, Anguéliki Garidis, Monique-Geneviève Garnier, Gilles Gasne, Valérie Gasne, Konstantina Gasnier-Louka, Jean-Luc Gaspard, Christine Gaucher, Dominique Gaucher, Brigitte Gauthier, Thomas Gay, Xavier Gazulla, Marcelle Geber, Vanessa Géminet, Alain Geoffriau, Viviane Geoffroy, Geneviève Georges, Bertrand Gérard, Gabriel Gerlin, Claude Geselson, Eric Geysen-Lachérade, Christian Ghiotti, Frédérique Ghozlan, Sébastien Giesbergen, Yves Gigou, Véronique Giorgiutti, Danielle Girard, Gabriel Giraud, Viviane Girel, Nicole Girodolle, Emmanuelle Gisquet, Patricia Gistau, Emmanuelle Gobert, Jean-Alain Godet, Marie-Noël Godet, Pierre Goiran, Sylver Gomis, Cécile Gommier, Marie-Paule Gongora-Floiras, Wilfried Gontran, MariaJosé Gonzalez Vela, Roland Gori, Maryline Gouinaud, Julie Gouriou-Baker, Muriel Gourjault, Serge Granier de Cassagnac, Philippe Grauer, Charles Greiveldinger-Winling, Marion Grenier, Nicole Grenier, Olivier Grignon, Didier Grimault, Robert Grimberg, Ghislaine Grollier, Michel Gros, Claude Grosberg, Maryse Grossmith, Arlette Grotsch, Patrick Groult, Yamina Guelouët, Nicolas Guérin, José Guey, Michel Guibal, Marie-Noëlle Guichard, Jean-Jacques Guidicelli, Élise Guidoni, Catherine Guiet, Jacques Guiet, Catherine Guillaume, Anne Guillemarre, Michel Guillemin, Nathalie Guillermic, Thierry Guillermin, Marie Guilmot, Béatrice Guinaudeau, Sophie Guiroy, Christine Guiton, Michaël Guyader, Nathalie Haggiag, Linda Haïne, Marie-Paule Hamelin, Jamila Hamioui, Malena Hansson, Ghézlane Hanzazi, Redouane Hanzazi, Claire Harmand, Sylvie Hars, Emmanuelle Hélias, Nadège Hély, Paul Henry, Jérôme Hentsch, Andrée Herbin, Dominique Héritier Roncin, Carmen Hernandez, Manuel Hernandez Garcia, Jean-Michel Hervieu, J.-Guy Heynemann, Francis Hofstein, Catherine Holl, Jean-Luc Houbron, Anne-Marie Houdebine, Isabelle Huart, Gilbert Hubé, Bernard Hubeau, Françoise Hubé-Jacob, Joëlle Hubert-Leromain, Hervé Huot, Olivier Husson, Jehanne Marie Husson Fitremann, Laurent Hyttenhove, Éric Iankovsky, Lucía Ibáñez Márquez, Dominique Inarra, Liliane Irzenski, Franck Isnard, Loïc Iwasinta, Anne Jaeger, Laurent Jaffre, Daniel Jaffredo, Nadine Jaffredo, Jean-Pierre Jalbert, Clément Jallade, Sandrine Jallade, Sébastien Janicki, Denise Jarre, Claire Jean, Christian Jeanclaude, FannyÉmilie Jeandel, Jacques Jedwab, PerMagnus Johansson, Annick Joncour, Catherine Joubaud, Catherine Jouffre, Patrick Juhl, Philippe Julien, Anne Juranville, Michel Jurquet, Touffik Kaddour, Marga Karsz, Romain Kchouk, Pascal-Henri Keller, Agnès de Kergolay, Christine Khavas, Michel Klein, Adél Kollàr, Jean-Paul Kornobis, Marie Kruger, Didier Kuntz, Léa Kuntz, Philippe Kuypers, Filippa La Loggia, Marie-Claude Labadie, Véronique Labay, Françoise Labes, Benoît Labourdette, Caroline Labourdette, Anne-Marie Lachenal, Alain Lacombe, Monique Laffargue-Eliamon, Fabienne Lafont, Ludovic Laforge, Valérie Lagarde, Nathalie Lallias, Magnolia Laluc, Simone Lamberlin, Francine Lambert, Marie-Claude Lambotte, Thierry Lamote, Adeline Landolt, Rainier Lanselle, Marc Lantier, Michel Lapeyre, Annick Laporte, Yvon Lara, Pierre Larribeau, Christine Larroque, Corinne Larroque, Bruno Larrose, Julien Lasbugues, Hervé Lassalle, Laurent Latour, Marie-Line Lattuca, Monique Lauret, Dominique Lauze, Line Lavenaire Bellemou, Anne Le Bihan, Maryse Le Bihan, Yves Le Bon, Christine Le Bot, Lionel Le Corre, Vincent Le Corre, Frédéric Le Dain, Claire Le Douarin, Maxime Le Douaron, Pierre Le Faucheur, Jean-Yves Le Fourn, Guy Le Gaufey, Anne Le Hénaff, Yann Le Leuxhe, Karina Le Marois, Martine Le Normand, Jean-Pierre Leblanc, Marie-Christine Lebon, Dominique Lechevallier, Corinne Lecointre, Martine Lecomte, Thierry Lecomte, Loïc Lefaucheur, Virginie Lefort, Maïté Legrand, Jean-Pierre Leguay, Brigitte Leguen, Odile Leguéré, Eliane Lehman, Fabienne Leleux, Patrick Lemette, Patrick Lemetteil, Sylvie Lemoine Joly, Brigitte Lemonnier-Prades, Catherine Lengellé, Patricia Léon, Michel Lépine, Yann Leroux, Pierre Leroy, Alexandre Levy, Pascale Lévy, Georges Lewkowicz, Monique Liart, Rosine Liénard, Gilbert Lindenlauf, Hubert Lisandre, Dominique Llabres, Mireille Llabres, Hyacintha Lofe, Sandrine Loggia, Christine Loisel-Buet, Paolo Lollo, Isabelle Lombard, Élisabeth Loncle, Armando Lopez, Marcia Lopez, Dany Lots, Marie-Hélène Lottin, Jacques Loubet, Jean-Michel Louka, Maria Lujan Ramos Fondeville, Jean-Luc Lupieri, Geneviève Lutz, ThanhThang Ly, Laurent Mabs, Pascale Macary, Edit MacClay, Paul Machto, Catherine Magd-Cornaz, Cécile Magne, Corinne Maier, Benoît Maillard, Claude Maillard, Claude Maillard, Emmanuelle Maillard, Jean-Yves Maisonneuve, Chantal Major, Rania Makhoul, Serafino Malaguarnera, Michel-Régis Malca, Sandrine Malem, Katerina Malichin, Patricia Malpuech, Françoise Mansion, Nora Markman, Aline Marquinez, Gilles Martin, Henri Martin, Patricia Martinez, Virginie Martin-Lavaud, Patrick Martin-Mattera, Alice Marty, Arthur Mary, Gaël Masset, André Masson, Aurélia Masson, Chantal Masson, Sylvie Masson, Laurence Maufras, Joëlle Maugery, Lise Maurer, Perrine Maurin, Joël Maury, Mariangela Maximo Dias, Brigitte Mayer, Noëlle Mazarguil, Jean-Yves Mechinaud, Virginie Megglé, Amalia Melo da Costa Oliveira, Sophie Mendelsohn, Marvic Méndez, Clotilde Mendolia, Véronique Meneghini, Ramon Menendez, Bernard Mennessier, Thierry Mennessier, Petra Menzel, Marc Mercier, Patricia Mercier-Bareck, Olivier Mérel, Laure Merlin, Guy Mertens, Michel Mesclier, Saturnin Mesnil, Zoé Mesnil, Philippe Metz, Vincent Metzger, Jean-Louis Meurant, Catherine Meurant-Jaworski, Françoise Meyer, André Meynard, Nicole Miara-Ledru, Vivette Michea, Nicole Milgram, Line Millet, Gaëlle Mingant, Jean Mirguet, Olivier Moglia, Suzanne Moinard, Maria Esperanza Mokbel, Simone Molina, Alain Monfroy, Michèle Monville, Viviana Morales, Christelle Moreau, Michelle Moreau-Ricaud, Delphine Morel, Geneviève Morel, Manghi Moreno, Isabelle Morin, Joël Morin, Louis Morin, Jean-Jacques Moscovitz, Margarita Mosquera, Jeannine Mouchonnat, Arnaud Mouette, Régine Mougin, Catherine Mounier, Jean-Daniel Moussay, Delphine Moyano, Marc Moyet, Yannick Mur, Louiza Musso, Aldo Naouri, Okba Natahi, Frédéric Nathan-Murat, Sylvie Nève, Edgar Nicouleau, Martine Noël, Catherine Noels, Delphine Noels, Antonio Nogueira, Lénaïc Noirot, Luc Nony, Michel Norguin, Rose-Marie Occipinti, Christian Oddoux, Bertrand Ogilvie, Colette Olczyk, Valérie Oléjarz, Sébastien Oliot, Valérie Osganian, Vania Otero, Véronique Outrebon, Françoise Page, Bruno Jean Palard, Alain Palix, Irène Paravisini, Luc Pareydt, Dominique Pascal, Jacques Pascal, Annick Passelande, Roland Paul, Mireille Paulin, Édouard Paulino, Henri Paumelle, Jean-Baptiste Paumelle, Alexandre Pécastaing, Jean-Louis Pedinielli, Arlette Pellé, Marie-France Pencolé, Jacques Péquignot, Vincent Perdigon, Manuel Perez, Robert Perez, Margot Pérez, Paule Pérez, Blanca Perez Flament, Amanda Perez Pinos, Eugène Perla, Pascal Pernot, Alexandre Perret, Marie Perret, Anne-Marie Perrot, Simon Perrot, Sébastien Pesce, Jean-Louis Petit, Pascale Peuchmaur, Élisabeth Peyssonnel, Bruno Pidoux, Philippe Piedevache, Éric Piel, Sophie Pierre, Claire Piette, Laura Pigozzi, Jeanne Pinero, Florence Plon, Catherine Podguszer, Jacques Podlejski, André Polard, José Polard, Anne-Brigitte Poli, Louis Pollet, Aurélie Pomès, Dominique Ponsot-Grimbert, Jeanne Pontoppidan, Jacques Ponzio, Eric Pordoy, Anne Porge-Wauquiez, Didier Potin, Anne Pouchelle, Catherine Poughon, Danielle Poulmarc’h, Guillaume Poupard, Jocelyne Poussant, Élise Poyart, Faïza Prader, Janick Premon, Christiane Prévost, Sylvie Prieur, Christian Prin, Marie-José Proust, Jean-Hervé Provost, T. Queiroz, Antje Queré-Rüsse, Mauro Rabacov, Étienne Rabouin, Alban Racadot, Guilène Raffinot-Lloret, Alex Raffy, Christine Ragoucy, Ginette Raimbault, Johan Raimondo, Élisabeth Rainho, Françoise Ramaut, Bernadette Rancher, Jean-Paul Rathier, Martine Rathier, Jean-Luc Rauzy, Cathy Ravineau, Sarah Rayr-Salomonowicz, Pascale Rebeyrol, Jean-François Reboud, Isabelle Rebreyend, Philippe Réfabert, Annick Relier, Francisco Rengifo, Valérie Renoux, Jean-François Reverzy, Henri Rey-Flaud, Anne Reynaldo, Bernard Richard, Joëlle Richir, Jean-Paul Ricoeur, Isabelle Riffault, Elisabeth Rigal, Michaël Ringenbach, Françoise Risch, Raymond Rivals, Hélène Robert, Patrick-Gabriel Robert, Grégoire Rodembourg, Fabrice Rodriguez, Bernard Roland, Andréa Rolke, Jean-François Rolland, Sophie Rolland, Nathalie Rollet, Geneviève Roquefort, Philippe Ros, Georges Rosales Ross, Emmanuel Rosier, Nathalie Rosso, Thierry Roth, Henri Roudier, Elisabeth Roudinesco, Maurice Rouillard, Francis Rousseau, Jacqueline Rousseau-Dujardin, Dominique Roux, Joseph Rouzel, Marie-Ange Royer Lebas, Violette Rubini, Edwige Rude-Antoine, Marc Ruellan, August Ruhs, Michèle Ruty, Ody Saban, Pierre Sadoul, Baldine Saint-Girons, Rodolphe Saintin, Dimitris Sakellariou, Annik Salamon, Alain Salzard, Christine Salzmann-Combrichon, Robert Samacher, Cosimo Santese, Uriel Santini, Annette Sanz, Andrée Sarfati, Renato Sarieddine Araujo, Laurent Sauerwein, Bernadette Sauret, Marie-Jean Sauret, Laure Saurin, Édouard Savary, Laurence Savignon, Anne Savy, Paul Scalzo, Emmanuel Scheibel, Ferdinand Scherrer, Véronique Schilling, Thierry Schmeltz, Hélène Schmitt, Jean-Pierre Schnepf, Antonello Sciacchitano, Leonardo Scofield, Danielle Sendra, Jacqueline Sendra, Catherine Sentenac, Claude Septier, Sandrine Sergent, Marc Serpaggi, Marie-José Seurin-Puech, Véronique Sidoit, Sylvaine Sidot, Nathalie Siffert, Sandra Sigogneau-Perrot, Gilles-Olivier Silvagni, Brigitte Simon, Christine Simon, Patrice Simon, Danielle Siorac, Arcane Soares, Céline Souami, Michel Soubabère, Alain Sounier, Jean-Pierre Spérandéo, Martine Sprung, Conrad Stein, Chantal Stezycki, Gérard Stezycki, Renata Stoppini, Graciela Strada, Stéphanie Sublemontier, Philippe Suel, Jean Suignard, Marie-Laure Susini, Joseph -Lê Ta Van, Marie-José Taguet, Alain Taieb, Laurence Taieb, Geneviève Taïeb, Nadine Tapie-Debat, Françoise Tardif, Jean-François Tardy, Jean-Marie Tassel, Aline Tauzin, Janie Tawa, Guilmee Techer, Malvina Tedgui, Dominique Terres, Marie-Claire Terrier, Laetitia Terryn, Jacques Teste, Thierry Thebault, Jean-Léo Thijssens, Barbara Thill, Chantal Thirion-Delabre, Olivier Thomas, Valérie Thomas, Jean-Pierre Thozet, Agnès Thuin, Serge Tisseron, Josiane Tissot, David Toillon, Saverio Tomasella, Marie-Hélène Tomatis, Jacqueline Tordjman, Matthieu Tordo, Rodrigo Toscano, Chantal Tricaud, Maryse Trinh-Van, Suzanne Trocquemé, Christiane Trolonge, Hervé Trolonge, Béatrice Tropis, Marie-Odile Trost, Monique Trost, Pascal Tual, Anne Tuffelli, Catherine Turpyn, Marc Turpyn, Nicole Vacher-Neill, Serge Vallon, Alain Valtier, Claude Van Reeth, Laurence Van Steenbrugge, Monique Vanneufville, Lethicia Vargas Pereira, Marie Varraud, Catherine Vasseur, Gabrielle Velay, Martine Vellard, Philippe Verdoot, Françoise Vergnes, Yvonne Vergniaud, Valérie Vernis, Jean-Pierre Vérot, Nadège Verstraete, Luc Vétois, Martine Vial-Durand, Anne Vicens, Anna Vicentini de Azevedo, Marie-Christine Vila, Jean-Paul Villars, Antoine Villemonte de la Clergerie, Marc Vincent, Jean-Bernard Violleau, Martine Viret, Hélène Virlogeux, Guénaël Visentini, Françoise Vitou-Bouix, Agnès Voineson, Annie Voiret, Anne Volumard-Debry, Brigitte Voyard, Nathalie Wasson, Jean Wattiau, Simone Wiener, Françoise Wilder, Geoffroy Willo, Chantal Wittenberg, Audrey Wittmann, Laure Wolmark, Françoise Wulf, Pierre Wypyszynski, Fatima Youcef, Frederic Yvan, Gabrielle Zalio, Luz Zapata-Reinert, Georges Zimra, Bouchaib Zouggari, Michel-Pierre Zurawski.
- relativisme culturelt et islamisme radical
- Rousso, Ledoux – La mémoire fouillée
- Avec le terrorisme, nous récoltons ce que l’on a laissé pousser
Prendre connaissance du dossier et endosser ses responsabilités
Par Philippe Grauer
9 décembre 2012
Œdipe et son complexe
Le complexe d’Œdipe pourrait-il, devenu lieu commun psychologique, canoniser la psychanalyse(1) et devenir idéologique quand il s’agit de penser plus avant la famille en mutation ? Nous entendons dire dans nos milieux pourquoi ne pas avoir modernisé le pacs comme ça on n’aurait dérangé personne. Pourquoi tant d’audace au lieu d’un peu de prudence ? intéressons-nous à ce mouvement qui atteste du changement dans nos sociétés occidentales, voyons ce qu’il dérange, comment il le fait au midi de notre porte de praticiens et jugeons si l’égalité des droits prévue pour les homosexuels représente un cataclysme anthropologique et sociétal dû à la manipulation d’un lobby (ce qu’on dit quand il ne s’agit pas de son propre groupe de pression), une avancée ou au moins une occasion de s’interroger sur les mécanismes mêmes du changement psychologique et social auquel nous assistons.
métamorphoses
« L’humanité n’a cessé d’inventer de nouvelles formes de mariage et de descendance. C’est pour cela que je parle de métamorphoses à leur propos. Aujourd’hui, en Occident, les deux axes sur lesquels repose tout système de parenté, l’alliance et la descendance, intègrent des formes nouvelles, » nous rappelle Maurice Godelier. Ces formes nouvelles qui naissent sous nos yeux et que l’État se propose d’encadrer par une loi voulue plus juste suscitent à la fois enthousiasme et résistances.
logiquement bien accueillir
Notre profession, moins alourdie que la psychanalyse par le souci de préservation de la différence des sexes aux yeux de certains menacée par une faillite du symbolique, devrait si l’on pense au bouleversement dans l’ouverture que représenta la psychologie humaniste dont elle procède, non inféodée à cette langue de bois, notre profession devrait logiquement tendre à bien accueillir l’innovation qui se présente (2)). Chez nous se manifestent des opinions diverses, sur base semble-t-il d’une approbation que viennent nuancer des hésitations. Difficile encore de savoir mais il va falloir se déterminer.
comment des thérapeutes osent-ils tenir de tels discours ?
« Mais des psychanalystes, des thérapeutes, des psychiatres, s’exclame Élisabeth Roudinesco comment osent-ils tenir de tels discours ? Comment osent-ils aller à l’encontre de toutes les études sociologiques qui montrent que depuis des décennies, les enfants élevés par des couples homosexuels ne sont pas très différents des autres enfants, et surtout que ce dont ils souffrent ce n’est pas de l’homosexualité de leurs parents mais du regard que portent sur eux, à l’école ou ailleurs, ceux qui cherchent à les stigmatiser. » Exact.
en partant de sa clinique
Tout n’est pas réglé ajoutent certains quand on a marqué ce point. Reste pour le praticien la marge d’incertitude qui se résoudra en partant de sa clinique, de sa réflexion théorique – mais aussi de l’intérêt qu’il peut y avoir à interroger la théorie, et de ses valeurs. En quoi consistent les doutes et les points d’appui pour prendre de la distance ou épauler la loi en cours d’élaboration ? Nous vous proposons de prendre connaissance des positions antagonistes et des analyses critiques croisées dont nous avons fait ici collecte pour vous situer, débattre, y voir plus clair si nécessaire et endosser votre responsabilité.
La nouvelle famille est déjà là et ça n’est pas une catastrophe
En fait la famille a déjà bougé, c’est dans les faits, c’est pourrait-on dire, anthropologique, et l’Apocalypse n’est pas davantage arrivée que la fin du monde le 21 décembre. On pourrait envisager d’en finir avec des fantasmes qui planent au ciel de la théorie psychanalytique dans certaines têtes et certains ouvrages à lire sans s’affoler. Il reste à produire un cadre approprié. La représentation nationale prend la chose en charge. Prenons en charge en qualité d’étudiants, de psychopraticiens relationnels et d’intellectuels de nous informer, d’en parler ensemble, de nous efforcer de penser juste et en ouverture.
Voir aussi
1- Luc Ferry, « Pour l’homoparentalité », Le Figaro, 19 septembre 2012.
2- Gaëlle Dupont, mariage homosexuel, dossier du Monde en date du 26 septembre titré « Les couples homos font-ils de bons parents ? », auquel s’ajoute un article du sociologue Bruneau Perreau, 26 septembre 2012, Le Monde.
3- homoparentalité & psychanalystes conservateurs au Figaro, un magnifique échantillon des sottises que peuvent énoncer des « experts psys » effrayés par la question homosexuelle, Le Figaro des 2 et 3 octobre 2012.
4- Rabbin Yeshaya Dalsace, Du bien-fondé ou non du mariage homosexuel, Libération, 5 octobre 2012.
5- Élisabeth Roudinesco, Mariage pour tous, les nouveaux inquisiteurs, indigne psychologie de bazar, Libération à la Une, 5 octobre 2012.
6- Sigmund Freud (9 avril 1935), homo sapiens, 6 octobre.
7- Serge Hefez, L’homoparentalité divise la planète psy, Huffigton Post(3), 16 octobre 2012.
7 bis- Olivier Steiner, Chère Madame Boutin, 26 novembre 2012.
8- PÉTITION Les psychanalystes contre l’homophobie, 12 novembre 2012.
9- Catherine Kintzler, Le « mariage homo » révélateur du mariage civil (14-11-2012), intéressante critique de l’Essai du Grand rabbin de France Gilles Bernheim, 14 novembre 2012
10- Élisabeth Roudinesco, Jean-Pierre Winter et al, [Audition de psychanalystes auprès de la Commission des lois de l’Assemblée nationale >http://www.dailymotion.com/video/xv4d2l_travaux-en-commission-auditions-de-la-commission-des-lois-sur-le-projet-de-loi-visant-a-ouvrir-le-ma_news], 15 novembre 2012.
11- Collectif, Mariage gay : non à la collusion de la haine, Le Monde, 18 novembre 2012.
12- ÉDITORIAL du Monde, 17-18 novembre 2012, 17-18 novembre 2012
13- Maurice Godelier, « L’humanité n’a cessé d’inventer de nouvelles formes de mariage », 17-18 novembre 2012, Le Monde.
14- par Collectif – Claude Baty, président de la Fédération protestante de France ; Gilles Bernheim, grand rabbin de France ; Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman ; André Vingt-Trois, cardinal, archevêque de Paris, Mariage pour tous : laissons du temps au débat, Le Monde 17-18 novembre 2012.
15- Monette Vacquin, Jean-Pierre Winter, Non à un monde sans sexes ! L’enfant a droit à père et mère, Le Monde, 5 décembre 2012.
16- José Luis Rodriguez Zapatero, Grâce au mariage pour tous, la République française sera plus républicaine, Le Monde, 5 décembre 2012.
17- Olivier Py, Intolérable intolérance sexuelle de l’Église, Le Monde, 5 décembre 2012.
18- Yves Lefebvre, Mariage pour tous, quelle est la question ?, snppsy.org, 5 décembre 2012.
19- Élisabeth Roudinesco, Sébastien Lifshitz et Monique Isselé, L’invité des matins, 7 décembre 2012.
20- Rabbin Yeshaya Dalsace, La loi sur le mariage homosexuel et le judaïsme – Une réponse à la position du grand rabbin de France.
21- Élisabeth Badinter, philosophe, Audition Mariage pour tous auprès de la Commission de l’Assemblée nationale (le même jour aux côtés de Françoise Héritier et Maurice Godelier également intéressants), une remarquable audition, décembre 2012.
22- Élisabeth Badinter, Audition Mariage pour tous, plaide dans une interview complémentaire pour la gestation pour autrui, en s’appuyant sur le modèle anglais GPA. Décembre 2012.
23- Daniel Ramirez, Le mariage pour tous. Quelques questionnements, 18 décembre 2012.
24- Sylvie Faure-Pragier, Homoparentalité : psys, taisons-nous !, Le Monde, 25 décembre 2012.
25- Samuel Laurent, Alexandre Léchenet et François Béguin, « Père et mère », code civil, référendum… les contre-vérités sur le mariage homosexuel, – Les décodeurs 14 janvier 2013.
26- Danièle Hervieu-Léger, Mariage, le combat perdu de l’Église, Le Monde 13 janvier 2013.
27- Marie-Claire Dolghin, Mariage filiation et parentalité, 17 janvier 2013. Mouvance Attitude Provence.
28- Élisabeth Roudinesco, “les homos sont des névrosés ordinaires”, Les Inrockuptibles, 23 janvier 2013. Précédé de : Philippe Grauer, Considérations sur le changement sociétal à l’intention des psys.
29- Christiane Taubira, vidéo de sa présentation de la loi sur le mariage pour les personnes du même sexe, 29 janvier 2013.
30- Michel Serres, Le mariage gay et la Sainte Famille.
31- Attali, Vers l’humanité unisexe.
32- Dany-Robert Dufour, Une loi entre sexe et genre. S’affranchir de la nature sans récuser la différence sexuelle – dossier du Monde 1er février 2013.
33- Nicolas Chapuis et Gaëlle Dupont, La gestation pour autrui en huit questions, dossier du Monde 1er février 2013.
34- François de Singly, Faisons cohabiter les deux modèles de famille au nom du respect de l’enfant, dossier du Monde 1er février 2013.
35- Régis Schlagdenhauffen, L’union homosexuelle, 150 ans d’histoire, dossier du Monde 1er février 2013.
36- Gaëlle Dupond, GPA – Faire un enfant hors la loi, c’est dur, dossier le Monde, 1er février 2013.
37- Sylviane Agacinski, Deux mères = un père ?, dossier du Monde du 1er février 2013.
38- Irène Théry, La filiation doit évoluer, Le Monde, 10 février 2013. Commentaire polémique du document N° (37).
39- Élisabeth Roudinesco, Rapport à la Commission des lois du Sénat présidée par Jean-Pierre Sueur, 13 février 2013.
40 – Élisabeth Roudinesco, Loi sur le mariage, psychanalyse, GPA – Le Mensuel du Monde, 7 mars.
- 1 Cette discipline ne s’illustra pas glorieusement sur la question de l’homosexualité durant le XXème siècle (à l’exception notable de personnalités comme Robert Stoller ou Joyce McDougall). À noter que c’est contre l’avis de Freud (« qui ne classait pas l’homosexualité en tant que telle dans la catégorie des pratiques sexuelles perverses » – ER) qui appuya Ottto Rank déclarant « nous ne pouvons écarter de telles personnes sans autre raison valable, tout comme nous ne pouvons accepter qu’ils soient poursuivis par la loi« , que l’IPA écarta durablement les homosexuels de la pratique de la psychanalyse. Cf. à ce sujet Roudinesco, La famille en désordre, Fayard, 2002.-
- 2 Sans qu’il soit question bien entendu de juger bonne l’innovation en tant que telle.
- 3 En marge du débat on pourra lire de Serge Hefez, Sale temps pour les femmes.
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
- Quelques petites histoires de la folie ordinaire – Stephen Grosz chroniqué par Élisabeth Roudinesco
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
LÉGITIMITÉ À DEUX NIVEAUX
DESTINÉE DU CONCEPT DE MÉTHODE
des centaines de quoi ?
On peut repérer systémiquement parlant deux institutions distinctes dans l’univers de la psychothérapie. Dans le cadre de la fraction relationnelle de la psychothérapie prise comme ensemble (dont l’autre volet pourrait se voir dénommer psychothérapie « scientifique », d’inspiration neurobiologique et cognitiviste, relevant du champ de la médecine et du paramédical) qui constitue la discipline nommée psychothérapie relationnelle, on dénombre un certain nombre de grandes méthodes. Confondues avec une quantité mouvante de techniques cela a alimenté la confusion terminologique des années 80 et suivantes, les Nouvelles Thérapies disait-on, par centaines.
une dizaine de courants
Ces méthodes, à proprement parler sont regroupables selon une dizaine de courants, orientations, approches, délimitant champ d’application, dimension philosophique, anthropologique, méthodologique.
complexes de Méthodes
Pour ne pas tout confondre nous nous en tiendrons dans l’espace que nous voulons cohérent de la présente terminologie en cours d’élaboration, à une position de rigueur. Les Méthodes, pouvant prendre la forme de méthodes-écoles ou agrégats méthode-formation, confondues ou non avec une société savante d’appui, bref, constituant une sorte de maillage institutionnel en réseau, endossant les caractéristiques de lieux de pouvoir, relèvent elles-mêmes d’une discipline de référence qu’elles le veuillent, le sachent, ou non.
discipline de référence
Nous avons distingué et défini notre discipline de référence, la psychothérapie relationnelle, dont même nous avons protégé l’appellation, et dont nous fournissons la définition, garantissons et protégeons l’espace épistémique, qui s’occupe d’accompagnement et de soin. Cette discipline se situe dans l’espace épistémologique de la dynamique de subjectivation, aux côtés de la discipline jumelle qu’est la psychanalyse.
champ psycho médical
Hors d’elle, il nous semble que « la » psychothérapie qui reste ressemble d’assez près à « la » psychologie, d’unité factice. Le champ cognitiviste et neurobiologique, finalement situé lui-même dans le champ idéologique du paramédical et du traitement (psychiatres, psychologues, mais pas seulement) occupant une place importante de nos jours dans cette psychothérapie psychologique ou psycho médicalisante.
éclectisme indéchiffrable ?
L’univers composite des pratiques éclectiques permet certainement des acrobaties épistémologiques et de constater qu’un référentiel en manteau d’Arlequin permet à de nombreux praticiens de naviguer dans des entre-deux (voire entre-trois, avec dérive vers la non scientificité). Les chercheurs s’y perdent, comme lorsque ceux de l’Inserm mélangeant tout rapportent à des critères qui lui sont systémiquement externes la psychanalyse pour en tirer des conclusions peu scientifiques. Comme quoi la situation n’est pas si simple, d’autant que des enjeux idéologiques viennent compliquer la figure.
comment en est-on arrivé là ?
Ce n’est pas parce que la figure est complexe qu’il faut renoncer à la décrire selon des principes classificatoires si possible clarificateurs. Nous présentons par ailleurs dans la suite de cet article les éléments d’Histoire qui permettent de comprendre la genèse et la destinée du concept de Méthode.
un laborieux processus d’équilibrage entre deux sphères de souveraineté
Maslow : psychologie humaniste
À l’issue de sa longue période de latence durant la phase hégémonique de la psychanalyse en Occident, à partir des années 60 ce sont des psychologues américains qui ont pris en charge la question de la psychothérapie. L’impulsion vient d’Abraham Maslow. Avec le soutien de Rollo May, Carl Rogers et de nombreux éminents psychologues ayant rapidement répondu à son appel. En un an le Mouvement était lancé. En exerçant en qualité de psychologues et en investissant ce qu’on devrait appeler une para psychologie à l’image des parapharmacies, le counselling (1), des psychologues existentialistes sartriens, imprégnés de philosophie et en ce qui concerne Maslow et Grof, passablement de spiritualité, ont réinventé la psychothérapie sous des appellations variées, dont celle de thérapie, mais essentiellement sous la dénomination commune de psychologie humaniste.
psychologues de la relation et du lien
Ces psychologues du sens, voire de la transcendance atteinte lors de moments paroxystiques, disons de l’extrême éprouvé, sont des psychologues de la relation et du lien, de l’implication, du dialogue et de l’expérienciation. Leur pratique voisine avec la méditation et le bouddhisme zen et par là ils vont bientôt explorer le domaine de la sensation et perception, puis viendront les émotions. L’expression corporelle arrivera plus tard. Certains comme Grof s’intéressent aux états modifiés de conscience, qu’on provoque par des pratiques corporelles ou l’absorption de produits dont l’idée, puis bientôt la pratique, correspondra tout à fait à l’air du temps.
troisième force
Tout ceci porte le nom de Troisième force – Third Force Psychology, de courant existentiel-humaniste. Cette force prit conscience d’elle-même en 1961, répondant à l’initiative d’Abraham Maslow, en réaction à une psychanalyse médicalisée en psychothérapie du bonheur à vocation normalisatrice et au behaviorisme de Watson et Skinner, qui entendait réduire la psychologie à une science du comportement et surtout rien d’autre qui ressemblât à du sens. Elle se constitua en troisième discipline, se proposant comme une psychologie à visage humain, nécessaire alternative aux deux autres.
un ample et puissant mouvement
Cette discipline venait de loin, d’un grand demi-siècle de recherche variée en philosophie, psychiatrie, spiritualité, psychologie, psychosociologie, anthropologie et… psychothérapie. Il s’agit d’un ample mouvement qui plonge ses racines dans l’extrême fin du XIXème siècle, avec Ehrenfels puis au XXème siècle Brentano (l’intentionnalité), avec Jaspers psychiatre déjà existentialiste (et déjà intéressé par le mysticisme chrétien, comme Jung à la même époque, lisant Maître Eckart) publiant sa Psychopathologie générale la même année 1913 que Husserl Ideen, avec Koffka, (Principles of Gestaltpsychology, 1921), avec Buber (Je et Tu, 1923), avec Trigant Burrow inventant à Lifwynn, NY (1926), le groupe psychothérapique, avec Köhler, 1929, Gestalt Psychology, – Être et temps de Heidegger est de 1927, les Méditations cartésiennes de son maître Husserl sont de 1929 –, en 1930 c’est Levinas et Biswanger, le mouvement est largement international. En 1934 Moreno crée à Beacon, NY, sa clinique avec théâtre, et publie Who shall survive ? la même année que Goldstein sa Structure de l’organisme, et ça n’arrête pas, Foulkes émigré conduit ses premiers groupes à Exeter en Grande Bretagne en 1938, Binswanger met au point l’analyse existentielle, en 1939, accélérons, Kurt Lewin au MIT en 1944 crée son Research Center for Group Dynamics, Sartre produit L’existentialisme est un humanisme en 1945, Binswanger présente la Daseinanalyse à Paris, 1950. En 1951 paraît Gestalt Therapy, Excitement and Growth in the Human Personality, de Frederic Perls, Ralph Hefferline, Paul Goodman. En 1958, Lowen publie The language of the body, tournant du psychocorporel, et paraît en 1959 de Viktor E. Frankl, Man’s search for meaning.
la psychanalyse dans tout ça
Ce survol est loin d’être exhaustif, de plus nous avons omis de nombreux événements européens et tout ce qui concerne la psychanalyse. Pour une vue complète de la chronologie de la période on se reportera à notre chronologie précisément. Resterait à examiner les interférences avec la psychanalyse, scientifiques et institutionnelles, il faudrait aussi examiner les caractérielles – ce fut de la part des psychanalystes français le temps du mépris – et devrait-on dire de la méprise, ils nous ont pris pour des autres, et ces autres ne valaient pas grand chose à leurs yeux. On peut mesurer en écoutant se dérouler la précédente phrase, le genre d’amabilités qui volaient d’un camp à l’autre en ces temps pas si reculés, sauf que les psychothérapeutes comme ils s’appelaient alors (jusqu’en 2001 officiellement), eux, comme le fait remarquer Élisabeth Roudinesco, étaient allé souvent fréquenter les divans de leurs contempteurs. Ces antagonismes inter disciplinaires en deux mots jouent toujours, à de suffisantes exceptions notables près. Moins exacerbés mais ça reste souvent encore chacun sur son côté du perchoir à quatre branches du carré psy. La nouvelle génération n’est pas obligée de reprendre à son compte les chamailleries corporatistes des parents. D’autant que nous avons de sérieux intérêts communs, en tant que dépositaires de la dynamique de subjectivation, apparentés à plus d’un titre, par ailleurs enrichissables mutuellement de nos différences.
scientifiquement parlant une discipline distincte
Elle va fleurir et foisonner, la mouvance humaniste. On peut mesurer à considérer la variété des production et écoles qu’il s’agit, idéologico politiquement d’un Mouvement, scientifiquement parlant d’une discipline, avec de puissants liens interdisciplinaires. En fait la psychologie s’était dissociée, comportementalo cognitivisme scientiste d’une part, humanisme de l’autre. Cela représente assez bien une tension courant tout au long du XXème siècle entre deux axes épistémologiques et éthiques constants. Maleval parle d’un axe autoritaire / non autoritaire, on peut aussi dire médical bio-physiologiste et paramédical, et parler de biopouvoir / profession de santé non médicale, on peut aussi discerner soin/souci, voir enfin Fourcade, nous évoquons souvent en ce qui nous concerne l’axe de la dynamique de subjectivation, voir aussi notre carré psy, bref les références ne manquent pas.
« révolution culturelle »
Tout au long les écrivains, les étudiants, les philosophes, le public, suivent la révolution en cours. Il s’agit d’une poussée puissante et constante, préparant le terrain à un changement des mentalités. Le mouvement de libération des homosexuels, le féminisme, collatéralement, en procèdent. Nous avons pu mesurer l’impact de cette vague à son arrivée en France, considérable. 1968 en procède. Durant les années remuantes, quelques universités goûtèrent à la chose. Telles Vincennes Paris 8 sous l’impulsion de Michel Lobrot et Philippe Grauer, à la Faculté de Lettre de Nantes, sous l’impulsion d’Alexandre Lhotellier et Philippe Grauer, à Paris 9 Dauphine, sous l’impulsion de Max Pagès et Alain Aymard (et partiellement Philippe Grauer), puis à Paris 7 avec Max Pagès, à Paris 10 Nanterre, ce fut Edmond Marc. Cela reflua. Cela aussi se consolida. La consolidation prit deux formes. Les différentes branches s’instituèrent en Écoles, telles le psychodrame, l’analyse transactionnelle, l’analyse bioénergétique, la gestalt-thérapie, la sophia-analyse, la psychosynthèse, la psychothérapie de groupe, la thérapie centrée sur le client, etc. (pas une infinité, pas davantage que deux dizaines, en définitive réunies par cooptation(2). Deux syndicats professionnels apparurent.
de champ disciplinaire à profession
Au bout du compte la psychologie humaniste se répartit en moins d’une dizaine de domaines, lesquels regroupent un certain nombre de méthodes, spécialités, techniques, d’importance et envergure diverse, jusqu’au cortège d’astéroïdes de quelques centaines de sous-produits éphémères, apparus et disparus avec leur créateur. Cet ensemble, en plus d’un champ disciplinaire allait devenir une profession constituée, bousculant l’environnement existant, en France principalement la psychologie, et moins visiblement mais plus en profondeur, la médecine. Accrochée à ces dernières, la psychanalyse. On l’a vu, tout cela ne fut pas sans conséquences, au niveau mondial, européen, national.
psychologie >> psychothérapie
Entre temps, chemin faisant, il devint clair que la psychologie humaniste faisait de la psychothérapie. Cela s’organisa spontanément dans le langage. Les Nouvelles Thérapies étaient installées dans l’imaginaire collectif dès 1980. Dans le domaine syndical comme partout ailleurs. Du PSY‘G regroupant psychologues psychanalystes psychothérapeutes, on arrive au SNPPsy, dont le radical psy fonctionne comme apocope de psychothérapie, représentant sans problème le courant de la …psychologie humaniste et la Troisième force(3). C’est le SNPPsy qui procéda à la démarche de faire inscrire par les Pages Jaunes, sans aucune difficulté, la rubrique psychothérapie et la profession psychothérapeute dès 1981. Le passage à psychothérapie relationnelle exigea une maturation ultérieure et ne s’opéra qu’au tournant du siècle, ouvrant une nouvelle page (dont le côté Pages jaunes, cette fois, s’avéra discriminatoire, autres temps, autres mœurs), c’est comme on dirait à juste titre une autre histoire(4)
passage à la formation par reconversion
Dans l’histoire de la psychologie humaniste, qui débouche sur la psychothérapie relationnelle (2001) donc, les méthodes-écoles, peu nombreuses rappelons-le(5) – on parle aussi parfois d’Écoles (faudrait-il dire « grandes » écoles ? même quand elles sont minuscules ?) au sens où elles désignent conjointement une doctrine, une anthropologie, une méthodologie, une psychopathologie, une orientation philosophique, et bien entendu une éthique – ont fourni l’effort de développer une formation de plus en plus riche et approfondie, en rivalisant en matière de pénétration sociale, en enrichissant leurs cursus de formation. Notons-le très rapidement, à l’intention de personnes de moyen âge en reconversion, à mesure que les universités ont refusé de prendre en charge ce secteur de savoir et de recherche. Rappelons que ce mouvement, européen, de transmission du savoir psychothérapique relationnel à des population du deuxième âge, se développe également en Europe centrale et orientale.
écoles techniques
Cependant que nombre d’établissement techniques forment de façon limitée à leur technique et non à la psychothérapie proprement dite. Ainsi la PNL forme à sa technique, à laquelle des psychopraticiens relationnels peuvent recourir, sur la base de leur compétence disciplinaire acquise par ailleurs : à partir du cadre d’une véritable méthode (ou discipline s’il s’agit de la psychanalyse).
« grandes » écoles
On pourrait presque dire qu’il y a les grandes, que nous venons de définir sous le nom d’Écoles, et les petites méthodes. On appellera techniques les « toutes petites méthodes », qui ne font pas de leur spécialiste un psychotherapist(6), un praticien en psychothérapie accompli, mais peuvent compléter son équipement.
l’idée de syndicat professionnel comme amorce ordinale
Dans notre pays parallèlement à leur système en voie de développement, est apparu, après le PSY‘G (1966), syndicat regroupant en trois collèges des psychanalystes, des psychologues, des psychothérapeutes, sur la base de leur exercice en tant que professions libérales, et d’un contact européen avec les Méthodes, le SNPPsy (1981) regroupant exclusivement des psychothérapeutes, se donnant pour mission d’asseoir leur profession, de l’autoréglementer spécifiquement, de valider des praticiens et promouvoir un métier et non des méthodes, « un métier au-delà des méthodes(7) ».}}
processus d’inscription sociale, impensé institutionnel
Originalité institutionnelle encore insuffisamment pensée, on l’a vu quand surgit l’AEP et la déclaration de Strasbourg, et le mouvement d’adhésion à ce système, du SNPPsy dans le sillage du PSY’G. En fait c’est la conjonction du message de base de ce dernier profession libérale indépendante se voulant à l’abri de toute ingérence de l’État, s’inscrivant dans le cadre de l’UNAPL (donc s’inscrivant, mais le plus silencieusement possible), avec celui du SNPPsy : profession en voie d’institutionnalisation, par amorce ordinale et d’inscription (reconnaissance latérale à la clé) dans le maillage institutionnel ambiant (Pages jaunes, Ministères, recherche de reconnaissance de fait par les pouvoirs publics (démarche AFNOR) ) – un système d’inscription plus idéologique et « visible » – qui engendra, à l’initiative d’un PSY’G ne pensant pas suffisamment de son côté ce qu’impliquait son adhésion au système des Méthodes (AEP), la FFdP, pour évoluer fatalement vers l’apparition de l’AFFOP puis de la complexe situation actuelle(8).
Déclaration de Strasbourg
Lorsqu’en 1990 apparut la Déclaration de Strasbourg – proclamée par une quinzaine de Méthodes (et soutenu par le PSY‘G, à l’époque axé sur l’Europe de Bruxelles) – le SNPPsy (syndicat pluraliste c’est-à-dire dont les membres pratiquent chacun des méthodes différentes(9) syndicat centré sur le métier vs. méthodes) s’y rallia, pour en 2001 se dégager de sa revendication de représenter l’ensemble de la psychothérapie. C’est de ce mouvement que date l’apparition de la psychothérapie relationnelle (discipline).
CEP
Depuis un certain nombre de méthodes-écoles se sont organisées au niveau européen (AEP – Association européenne de psychothérapie) et regroupées par nation (FFdP (1995) puis FF2P), autour de l’idée d’une formation standardisée, avalisant une vingtaine de centrales, dites par le concert de leurs promoteurs « scientifiquement validées », délivrant à leurs étudiants un diplôme professionnel privé, traduisible en anglais et par là en certificat « européen » le CEP – Certificat européen de psychothérapie(10).
La carte de l’Europe comme possible matrice instituante de la nouvelle profession et discipline se trouva jouée mais produisit en fait un nuage instituant dans l’Europe centrale et orientale, et un effet limité en Europe occidentale, où prévalut le principe de subsidiarité. Par ailleurs un inconvénient « européen » (il ne s’agit pas en effet des institutions européennes) important reste que l’AEP demeure axée sur la Déclaration de Strasbourg, qui ignore le Cinquième critère et propose une validation et légitimation centrée en définitive sur le diplôme, on n’est pas loin de la définition de la qualification professionnelle des psychologues (sauf qu’eux sont universitairement, étatiquement, légitimes – à défaut de l’être… professionnellement, en ce qui concerne la psychothérapie relationnelle).
flux et reflux du CEP
De fait l’intérêt de l’institution du CEP décline actuellement. Sa fonction consistait à revalider les diplômés des méthodes-écoles reconnues (par les soins de l’AEP), à transformer un diplôme en certificat professionnel européen – le Cinquième critère (d’origine syndicale !) tendant à devenir une formalité bureaucratique (réellement en la matière c’était la connaissance de l’anglais écrit qui était requise, pour pouvoir constituer son dossier). À présent que chaque pays européen occidental ou presque s’est pourvu ou se pourvoie d’une législation propre (rappel : le domaine de la Santé relevant du principe de subsidiarité, désignant l’échelon organisationnel ou institutionnel de traitement d’une question, consiste à régler au niveau de la souveraineté nationale ce qui n’a pas intérêt à recevoir un traitement supra national), la tentative de réglementation de la psychothérapie (11) par une législation européenne tombe à l’eau, et la maquette du CEP avec elle, redevenue ce que l’Affop lors de sa création (1998)(12) avait dénoncé, une machine à valider les nouveaux psychothérapeutes de l’Europe de l’Est sur des critères insuffisants, l’important étant de regrouper le plus de professionnels possible, à niveau moyen, vraiment moyen, pour exercer une pression sur les États. Cela a fonctionné, mais jusqu’à un certain point seulement, et à présent reflue.
Tel qu’il existe actuellement le CEP représente la légitimité psychothérapique telle que conçue et organisée par la FF2P. À partir du dialogue régulier entre les Quatre du GLPR, chacun respectant l’identité des trois autres sur la base des Cinq critères, aucun des quatre partenaires ne remet en question le système de l’un des trois autres, sinon dans le cadre d’un débat confraternel. Cela permet, pour paraphraser Daniel Lagache de s’entendre sur la base minimale d’une sorte d’unité de la psychothérapie relationnelle, permettant de relier ses diverses organisations, ce qui constitue une avancée considérable.
capacité de délivrer un « titre »
Quoi qu’il en soit, les méthodes-écoles ont continué leur progression, se sont organisées au niveau européen, cependant qu’au niveau national ou mixte (national fédératif européen) des sociétés savantes de méthode ont coiffé les étudiants diplômés par les écoles et méthodes-écoles apparentées. Ainsi en France au sein de l’Affop on compte une demie douzaine de sociétés savantes qui ont fait homologuer par leur fédération leur capacité de délivrer un « titre ». Ce qui veut dire que leur est reconnue la capacité d’agréer comme psychopraticien relationnel® la personne qu’a diplômée une école ou méthode-école puis enregistré une société savante apparentée.
Nous distinguons à présent que cette délégation comporte institutionnellement un point aveugle qui la rend génératrice de confusion.
anomalie institutionnelle
Cette anomalie mérite qu’on se penche au chevet de ces étranges frères siamois. Dans la situation d’exception française qui est la nôtre (puisque les autres pays européens ne disposent pas de syndicats professionnels) on peut soutenir que la fonction d’une méthode est de soutenir et promouvoir sa pratique garantie par une appellation protégée, et non de devenir un quasi syndicat, prenant soin d’une discipline tout entière et de la profession elle aussi logiquement tout entière.
diplôme > titre d’exercice professionnel : certification à double détente
Par ailleurs, des méthodes-écoles, parfois sociétés savantes en même temps nous l’avons vu, ou articulées à une société savante mias ça n’est pas obligatoire, forment sérieusement, de 1400 à 2000 heures pour les meilleures d’entre elles, l’équivalent de cinq années universitaires(13) à un diplôme professionnel privé, délivré à l’issue d’une reconversion. En tout cas il en est ainsi avec les méthodes membres de l’Affop. Quand elles se contentent de délivrer leur diplôme professionnel privé, tout reste parfaitement normal. En aval le psychopraticien relationnel se fera par la suite, au bout de quelques années de pratique, habiliter comme tel par le SNPPsy ou comme psychopraticien agréé par le PSY‘G, bref il se fera titulariser en deux temps, reconnaissance à l’issue d’une formation puis confirmation d’une pratique.
« titré » deux fois
Mais au bout du compte la complexité institutionnelle parvient à la figure du comble quand peut voir un praticien « titré » deux fois, une fois de trop, ou de travers, par sa société savante de référence – méthode – puis par son syndicat (mais s’il ne se syndique pas que se passe-t-il ? et pourquoi le ferait-il puisque déjà (pseudo) « titré » par sa méthode, pourquoi le référerait-il au titre (!) de sa discipline). Une véritable concurrence s’est ainsi trouvée à peu près « ignorée » et refoulée, ou déniée, à condition que soit maintenue la pagaïe fruit d’une marche en avant aveugle de l’Histoire articulant en cohérence lâche méthodes, fédérations et syndicats. Cela est attribuable si l’on y pense à l’exception française (on pourrait être en droit de penser une telle exception comme précieuse) consistant à avoir adopté la forme syndicale professionnelle (et sa philosophie du métier) parallèlement et concurremment au développement de la forme méthode.
toilettage
N’empêche, tout cela mériterait un toilettage de cohérence et de simplification même si les souverainetés concernées ressemblent à une organisation féodale à implications croisées et territoires superposés auprès de laquelle le casse-tête chinois peut ressembler à un jeu d’enfant.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Entrée dont la date s’est trouvée effacée. Mise en ligne vraisemblablement en 2011 – réajustement au 5 janvier 2014 – 16 janvier – 11 mars 2014 – 12 mai 2015 – 18 mais 2015 – 30 juin 2015 –
- 1 Avec un seul ou deux L. À mi-chemin entre psychothérapie et Développement personnel. Depuis, le coaching est venu s’ajouter à cette activité à la bordure du champ psy.
- 2 La grande question dans l’établissement de telles listes demeure toujours, qui a constitué la liste, selon quels principes et procédures ? et, point subsidiaire (!) : est-ce que la Méthode M23 y figure ou non ? On mesure (!) la différence de méthode (!) de confirmation et garantie de l’exercice professionnel (titre d’exercice) quand un aréopage de pairs qualifiés (mais par qui ?, plus on approfondit plus on tombe sur la question de la pierre philosophale : diplôme + confirmation, État / organisation de la profession) se contente de confirmer un praticien sur présentation de sa formation et certification (diplôme), ou s’il fait le point sur son activité, sa pratique ou clinique, et ses principes (jeu du 5ème critère).
- 3 On se souvient que pour les psychologues d’alors, la psychothérapie est seulement une fonction – qui leur revient de plein droit naturellement, et n’a aucune vocation à devenir une profession. Puis quoi encore ?
- 4 Notons au passage que jamais une méthode n’aurait fait avancer les choses dans ce domaine. Dans notre pays en tout cas, c’est vraiment la tâche syndicale de s’occuper de la discipline et profession en tant que telles.
- 5 La FF2P qui est bâtie sur le système des méthodes en compte une vingtaine, « scientifiquement reconnues », ie sélectionnées par le système AEP.
- 6 Qu’on nous pardonne cette introduction d’un mot globish, la législation française nous y contraint puisqu’elle interdit l’emploi de psychothérapeute comme terme générique, qui prêterait à confusion avec le titre protégé homonyme. Reste à déterminer si un praticien formé à une technique peut légitimement se dire psychopraticien. Il le peut légalement en tout cas. C’est avec le titre alternatif de psychopraticien relationnel® que dans le cadre du GLPR le Snppsy et l’Affop font la différence.
- 7 {12 janvier 2002 – 1er Colloque Affop : {Psychothérapeute un métier au-delà des méthodes, salle Victor Hugo à l’Assemblée nationale.
- 8 Le décrochage des syndicats de la FFdP qu’ils avaient créée, pour mettre en place l’AFFOP, provient-elle du manque de démocratie au sein du CA et du Bureau de cette dernière, indéniable, ou plus fondamentalement de la logique du rouleau compresseur, principe de base de la ligne politique d’Alfred Pritz, président de l’AEP ? Rouleau devant réduire le principe syndical, hétérogène et, pour une part déterminante, antagoniste (5ème critère) au principe des Méthodes.
- 9 par opposition à la pratique intégrative, ou un praticien engage plusieurs méthodes, éclectique, qui relèverait davantage du champ de l’outillage technique, multiréférentiel, où il est pris en compte que des méthodes d’essence contradictoire ne peuvent s’appareiller au terme d’un bricolage sans altération du cœur de méthode d’au moins l’un des composants.
- 10 Clair que « européen » ne renvoie pas aux institutions de Bruxelles, attachées au principe de subsidiarité. Il renvoie à l’utilisation « laïque », ni gouvernementale ni européenne, du terme, il fait écho simplement à l’acronyme AEP (retourné en EAP en globish). Cette ambiguïté dans l’utilisation de ce déterminant permet de faire comme s’il était quasi officiel, surtout sans prétendre. Il s’agit de l’Europe des professionnels de la psychothérapie. Tout en restant à la marge, par l’effet du nombre et de la sémantique approximative, ça a eu pesé.
- 11 On notera le manque constant de déterminant accolé au terme, qui le rend trop indéterminé, façon Déclaration de Strasbourg, façon qui trop embrasse mal étreint.
- 12 Dès sa création en 2002 l’AFFOP annonçait la couleur avec son premier colloque à l’Assemblée nationale intitulé « Psychothérapeute un métier au-delà des méthodes. »
- 13 Les heures impliquées, à fort gradient expérientiel, des heures d’apprentissage, où la théorie et la méthodologie transitant par un mode de transmission alternatif au médicalisme et au biopouvoir, avec mise à l’épreuve d’une éthique d’une relation du souci, tant de soi que de l’autre, ne sont probablement pas équivalentes aux heures académiques. La quantification ici évoquée ne doit pas fonctionner selon de fausses symétries.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- Séminaire multiréférentiel d'été 2025 au Hameau de l'étoile
- Note sur le packing
métier constitue un couple avec profession. Mistier (881), plus ancien, on a le doublet populaire de ministère, serviteur, service, fonction, cela correspond à l’hellénique thérapeute, l’homme du soin, le serviteur.
Se reporter à l’entrée profession, où l’on peut lire entre autre :
(…) Cela se complique si l’on se penche sur le métier. Avec mistier (881), plus ancien, on a le doublet populaire de ministère, serviteur, service, fonction, cela correspond à l’hellénique thérapeute, l’homme du soin, le serviteur. Nous voici en terrain connu. D’où le service divin auquel frère Jean des Entomures disait préférer le service du vin. Vers 1200 ça devient plus sérieux, puisqu’il est question d’un « service procurant une rémunération« . De « gens de métier » qui finit par signifier « ceux dont le métier exige des connaissances« , les lettrés (1180), on passe finalement à artisan, ouvrier au XVème siècle. Du métier signifie alors du savoir-faire – appliqué aussi bien à la littérature, ça oscille. La métonymie s’en mêlant on tombe sur le conseil du bon Boileau : Vingt fois sur le métier repassez votre ouvrage. Pour aboutir au XVIIème précisément à « profession que l’on choisit« .
(…)
Par contre la définition de la partie noble de la pratique de la psychothérapie (3) y discerne, en faisceaux :
a)
cinq traits pertinents
– autonomie dans la manière de travailler
– responsabilité intellectuelle
– activité savante (ni routinière ni répétitive)
– dimension artistique
– nature altruiste
b)
deux traits relatifs aux conditions d’acquisition et de préservation de ces capacités
– 1) une longue formation (à caractère expérientiel, en très petits groupes)
– 2) un gradient institutionnel important (organisme de référence fort et cohésif)
pratique du métier, soutien de la profession
je connais mon métier n’est pas équivalent à je connais ma profession, qui pourrait signifier je connais mes collègues – ma corporation. Le métier c’est pratique, la pratique de sa
– discipline s’il s’agit de la psychanalyse [mais à la suite de quelle Histoire, peut-on la considérer comme une discipline ?]
– sa ou ses méthode(s) de référence, s’agissant de psychothérapie la psychothérapie relationnelle prétendant au statut de discipline (comportant méthodes et techniques), cf. [carré psy ].
Le métier, on l’apprend chaque jour davantage, en pratiquant, en supervision, en colloques et journées d’études, en recherche, en société savante. Transfert et co-présence, phénoménologie et inconscient, pulsion de mort ou non.
On avoisine ici terme d’inspiration médicale de clinique, par lequel les psychothérapeutes de nouvelle désignation entendent leur pratique. Les psychopraticiens relationnels, même quand ils s’appelaient encore psychothérapeutes (relationnels, pour rester précis), parlent plus volontiers de leur pratique, s’étant depuis toujours dits praticiens (d’abord en psychothérapie, puis en psychothérapie relationnelle). Clinicien, vous êtes à l’abri de la psychologie et sous protectorat psychiatrique, le plus souvent en pratique hospitalière. Vous appartenez à la corporation oblitérée par l’université. Praticien vous exercez en libéral, de façon laïque (ni psychologue ni médecin), sortez d’une école professionnelle privée et répondez aux exigences des cinq critères. Deux univers au sein du même carré psy.
Son métier, on l’honore, la profession on la soutient syndicalement. TVA, stratégie avec le ministère, protection du système d’appellation et du titre d’exercice. Vie et insertion sociale, idéologique, citoyenne, du corps (d’où les possibles dérives corporatistes) professionnel. Soutien de la discipline comme emblématique d’une profession toute entière.
Les deux dimensions, complémentaires, ne s’équivalent pas.
propriété morale collective GLPR
Incidence institutionnelle annexe, le nom de métier de psychopraticien (dont on sait l’imprécision, l’insuffisance de définition relativement au trop large empant sémantique) appartient moralement collectivement aux Quatre membres historiques responsables s’étant rejoints dans le cadre du GLPR, par décision unanime en date du 23 septembre 2010.
8 janvier 2014 – 11 mars 2014 – 2 mai 2014 – 10 août 2014 – 2 novembre 2015 –
- 1 BRISSAUD Frédéric. Approches du métier de gestalt-thérapeute. Orientation maïeutique, compétences, formation, évaluation. Paris, La pensée vagabonde, 2012, 150 p.-
- 2 « Des savoirs pour enseigner, vraiment ? » dans la revue Mesure et évaluation en éducation, 2010, ADAME, & dans ALTET M., GUIBERT P., PERRENOUD P., 2010, Le processus de (dé)professionnalisation entre savoir, rapport au savoir et contrôle.
- 3 Laquelle ? les deux, si l’on prend comme référence de base la dichotomie objectivité/subjectivité ? à quoi s’expose-t-on quand on parle de la psychothérapie comme d’un champ disciplinaire unifié (cf. notre entrée la-psychothérapie)? le trait (b1) renvoie exclusivement à la psychothérapie relationnelle, sans mentionner toutefois l’expérience psychothérapique personnelle approfondie accompagnant le tout (voir les cinq critères), désignée sous le vocable de profession, qui corrobore l’impression prévalant dans notre entrée relative à ce dernier terme.
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Contact
mots-clés de la profession
réseau sémantique institutionnel de la psychothérapie relationnelle
par Philippe Grauer
Extrait de Rapport moral du SNPPsy – 2012.
Nous avons besoin d’une terminologie cohérente. Nous proposons ici quelques points de repère pour contribuer à la stabiliser. Ça n’est pas toujours facile. Ne disons ni ne pensons approximativement. Ensemble contribuons à bien nous définir.
métier discipline méthode
– Nous pratiquons un
métier
, celui de psychopraticien(1) (aucune garantie).
– Nous nous réclamons d’une
discipline
, la psychothérapie relationnelle (héritière de la psychologie humaniste et du Mouvement de croissance personnelle(2)). (3).
– Au sein de cette discipline qu’à la fois nous proclamons, revendiquons, soutenons et dont les sociologues, les autres professionnels constatent l’existence effective nous nous réclamons d’une
spécialité
, ou
méthode
– relevant d’une société savante(4), à laquelle souvent nous nous identifions fortement.
parcours
–
Certification
: nombre d’entre nos nouveaux adhérents sortent désormais d’une école (agréée Affop) qui les a diplômés dans une méthode (diplôme professionnel privé – délivré à l’issue d’une reconversion). Leur méthode les rattache à une société savante.
–
Professionnalisation
: en fin d’études ils connaîtront une période d’exercice stagiaire (encadré par leur école) au cours de laquelle ils peuvent (5) s’inscrire au Snppsy en qualité de membres étudiants associés d’une école agréée Affop.
–
qualification
: Sortis de l’école les voici syndiqués de base, membres qualifiés du Snppsy, autorisés à se dire psychopraticiens relationnels du Snppsy (sans le ®, par dérogation AFFOP), se réclamant par là de leur discipline de base.
–
Habilitation
: un peu plus tard, ayant rencontré une commission de pairs expérimentés relevant de méthodes diverses (pluralisme), ils passent par confirmation (cinquième critère) psychopraticien relationnel®, et se voient habilités à porter ce titre d’exercice.
– Des
parcours atypiques
restent possibles, respectant le principe de l’échelle décrite ci-dessus.
garanties, syndicat garant professionnel
une instance para ordinale
Nous constituons un syndicat particulier, professionnalisant, garant solidaire de la qualité professionnelle des praticiens qui le constituent et qu’il encadre. Noyau préordinal, entre le cas de figure et l’anomalie caractéristique. Notre dispositif de titularisation permet de confirmer la reconnaissance et autorisation de soi en qualité de professionnel de notre discipline auprès de représentants expérimentés de laquelle le candidat déjà en exercice vient présenter décrire et évaluer sa pratique. Le dialogue entre pairs relevant de champs méthodologiques divers (pluralisme) de leur discipline commune permet d’attester d’un référentiel solidaire commun (les cinq critères), de la valeur symbolique de l’exercice du praticien, de la représentation qu’il s’en fait, et de sa compétence suffisante.
paradigme
l’alternative d’une profession de santé non médicale
Notre titre professionnel privé (exercice libéral) garanti par les quatre membres historiques du GLPR, se présente comme alternatif au titre paramédical d’État qui ouvre l’accès à l’hôpital. L’alternative que nous représentons, institutionnellement faible, mais socialement suffisante et professionnellement consistante, se propose comme profession de santé non médicale (ce qui ne veut en aucune manière dire anti médicale).
novembre 2012 – retouché en mars 2014
- 1 En 30 ans nous sommes passés d’un premier affichage identitaire : Profession psychothérapeute, à revendiquer l’exercice sous le nom de discipline de psychopraticien relationnel de la psychothérapie éponyme, proclamée en 2001, laquelle englobe des méthodes, simples ou composites, techniques ou spécialités. Ce qui est devenu important est le titre d’exercice alternatif à celui de psychothérapeute (!) que définit l’expression psychopraticien relationnel®. Les temps et les choses institutionnelles ont évolué. Notre profession et discipline n’a pas bougé en tant que telle. Elle s’est davantage tout de même constituée. Le système de dénomination s’est, lui, trouvé bouleversé et affiné.
- 2 Growth Movement
- 3 On compte quatre disciplines : psychiatrie, psychologie, psychanalyse, psychothérapie relationnelle (la psychothérapie sans déterminant se répartissant selon des modalités diverses entre les quatre). Les deux dernières sont seulement des quasi disciplines au sens universitaire du terme, la troisième, à forte composante littéraire, philosophique, anthropologique et culturelle, s’étant longtemps fait héberger en psychiatrie et psychologie, pour aboutir actuellement dispersée en philosophie, littérature, histoire, et encore un peu en psychologie. La quatrième apparaît sporadiquement en Sciences de l’éducation. À l’échelle du siècle elle apparaît comme discipline naissante, déjà suffisamment instituée cependant.
- 4 Qui peut se trouver délivrer, si elle est titularisante Affop, des « titres » (dans la logique du système des « sub-titres« ) donnant accès à celui qui les surclasse de psychopraticien relationnel. Ainsi un gestaltiste peut se trouver sans le savoir en quelque sorte « doublement » subtitré et titré. Cf. l’entrée méthode.
- 5 Le PSY’G, l’autre syndicat historique, n’inscrit pas les étudiants.
- CFTM – Classification française des maladies mentales. Avis de parution
- Qu'est ce que la psychiatrie critique ?
- PUF rachetées, littérature psychanalytique embarquée
Ne pas confondre avec multiréférentialité.
Par ce terme nous désignons le fait que, résultant du cumul professionnel souvent pratiqué dans les métiers psys, un professionnel
– pratique une discipline à l’ombre d’une autre exercée à titre de profession comme c’est le cas de la psychanalyse sous couvert de psychologie ou de psychiatrie, et finit par décrire l’une en croyant désigner l’autre ;
– pratique une méthode en la considérant comme une profession, ignorant qu’elle relève d’une discipline qui elle revêt le statut de pratique sociale générale de profession pour l’ensemble et chacune des méthodes qu’elle comporte ;
– pratique une discipline, psychologie ou psychiatrie, en ignorant de bonne foi qu’elle ignore tout ou la majeure partie de « la psychothérapie » dont elle se réclame légalement sinon légitimement. Le tout sous couvert du titre d’exercice professionnel de psychothérapeute (de nouvelle désignation).
- Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie
conjonction d’incompatibles
Par multiréférentialité on entend le fait pour un praticien de connaître et savoir pratiquer plusieurs systèmes de référence théoriques et méthodologiques psys. Ni simple ni facile, mais refondateur. Comment articuler conjonction et disjonction ? en oubliant dans le moment (jeu de la temporalité), en suspendant, à la Husserl, provisoirement cette donnée paradoxale. Cela conduit le psy à stationner en situation, à partir d’une attitude phénoménologique de présence relationnelle de base, attentive à ce qui apparaît alors à la conscience (moment de « perception primaire ») dans l’entre-deux psychothérapique. Cela le conduit à laisser la situation s’ouvrir sur ce qui peut alors prendre place, de la Rencontre. Préalablement à ce que se dessine une structuration méthodologique. Il ne s’agit pas de boîte à outils (éclectisme, désinvolture et inconsistance théorique). L’élaboration méthodologique qui viendra dépend du mode d’apparition et lui reste seconde.
en cas de contradiction, l’impossible garder tout
La multiréférentialité tient compte de ce que certains systèmes psys sont contradictoires et ne peuvent par conséquent supporter de montage intégratif qu’au prix d’un bricolage et de trahisons organisées particuliers à chaque fois. Dont il faudra épistémologiquement pouvoir rendre compte. Ce qui s’oppose au concept d’éclectisme, indifférent à l’examen critique à la lumière des principes. Elle tient compte également du fait que se référer à plusieurs systèmes contradictoires ne doit jamais aboutir à la facilité d’en rejeter au motif d’une nécessité de cohérence méthodologique.
moments disjoints, mise en suspens
La multiréférentialité interdit de prétendre conjoindre ce que des contradictions systémiques interdisent. Impossible de combiner sans réflexion l’incombinable de postures tenables seulement alternativement, en des moments nettement disjoints.
intégration du moment critique et de la complexité
La multiréférentialité par contre bénéficie de l’avantage de fournir au praticien la capacité de connaître de l’intérieur la critique que chaque système porte aux autres. Dégageant le praticien de sa dépendance à l’égard d’un seul référentiel, et de l’enfermement connexe pouvant conduire à de l’idolâtrie dans les cas de verrouillage dogmatique. Dans le temps qu’elle place le psy en position d’inconfort et de relative modestie scientifique, autant qu’en position avantageuse relativement au fait de la complexité.
côtoiements charmeurs
En physique certaines particules ont du « charme ». Le charme en psychothérapie désigne des types d’agencement sous tension. Lorsque nous parlons de systèmes différents, nous mentionnons le côtoiement d’entités épistémologiques et méthodologiques hétérogènes
— au sein même du champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle,
— dans le cadre du côtoiement de deux champs disciplinaires, tels que psychanalyse[1] et psychothérapie relationnelle,
— dans le cadre de ces deux disciplines dites de dynamique de subjectivation mises en regard de la médecine scientifique. Plus généralement il faudra considérer le cas de figure d’une tentative d’articulation de deux référentiels antagonistes, comme subjectiviste / objectiviste.
interdisciplinarité : encore autre chose
Par ailleurs l’interdisciplinarité vise en ce qui la concerne la mise en relation de la psychothérapie relationnelle ou de la psychanalyse avec la philosophie, les sciences de l’éducation, la théologie, la psychopathologie si tant est que cette dernière constitue une discipline, et bien entendu la sociologie, la psychologie sociale, ainsi que le corps complexe de la psychosociologie.
intégrativité
Des montages intégratifs sont possibles, dérivant de l’interdisciplinarité ou de la multiréférentialité, l’intégrativisme autorisant le maniement conjoint de plusieurs méthodes auparavant appareillées, par un travail de restructuration de deux ou davantage corps de doctrine et de méthode. Le plus souvent l’un des deux régissant l’autre (exemple, le psychodrame analytique), le coût de l’appariement représentant une dénaturation plus ou moins importante de chaque composant d’origine, et la difficulté taxinomique de classer ensuite le produit d’un tel mixte dans une table des psycho éléments.
exercice à risque
On peut également définir la multiréférentialité comme art de conjoindre ce qui n’est pas conjoignable, de renoncer seulement par suspension à des articulations logiquement impossibles, entre au moins deux entités épistémologiquement distinctes et non mixables. Elle devient l’art de faire tenir ensemble, en tension, ce qui ne le saurait. Il y faut du talent, et des principes d’organisation de savoirs complexes, comme le modèle de feuilletage du savoir (Max Pagès), visant une sorte d’horizon intégrativiste par distinction de niveaux. On peut imaginer d’autres modèles. Dans tous les cas cela requiert le sens d’un fertile inconfort et de la complexité. L’exercice reste risqué. On rappellera que l’introduction de Rogers par Max Pagès fit éclater l’ARIP, dont la composante psychanalytique n’a pu supporter sa coexistence avec la psychothérapie humaniste américaine.
les fondateurs du concept
Les pionniers du concept sont Guy Berger et Jacques Ardoino. Paul-Claude Racamier se situe également dans le champ multiréférentiel avec son Éloge de l’ambiguïté, chapitre 12 du Génie des Origines, Paris, Payot, 1992, 420 p.-
pluralisme
Ne pas confondre multiréférentiel et pluriel ou pluraliste. Est multiréférentiel le praticien qui pratique à partir d’une multiréférence en lui, capable de supporter la connaissance et la pratique intime de corps de savoir radicalement hétérogènes, comportant du contradictoire. Est pluraliste, on pourrait dire tolérant, le praticien supportant le dialogue scientifique et idéologique avec des collègues relevant de méthodes ou disciplines différentes de la sienne.
cuisine du multiple
Le multiple, sous la forme du mixte, du métis, du bâtard, de la salade et du potage, revêt de nombreuses formes, qui font de la cuisine psy un art du complexe. Sur lequel nous reviendrons.
[1] La psychanalyse, discipline parcourue de courants, ne saurait dans cette perspective être mise au pluriel et dite [« les psychanalyses »] — pas davantage qu’on ne saurait mettre la psychothérapie relationnelle au pluriel pour les mêmes raisons —. Ce serait se tromper de rang dans l’opération de classification. Les tricheries appellatives par aphérèse qui se déduisent de cette démarche sont innombrables, comme souvent l’usage de l’aphérétique « analyse » comme dans analyse bioénergétique, qui va jusqu’à ce que Lowen se déclare parfois psychanalyste. La psychanalyse et ses courants c’est comme la psychothérapie relationnelle et ses méthodes. On pourrait encore parler de la psychothérapie (soin par la parole) et de ses champs disciplinaires : relationnel, psychanalytique, psychiatrique (champ médical, apparenté au neurologisme), cognitiviste (champ psychologique). L’interdisciplinarité pouvant considérer et traiter ces champs transversalement.
voir également
– multipolarité
– psychothérapie intégrative
– psychothérapie multiréférentielle
– multiréférentiel
– intégratif
– psychanalyse intégrative
– patients-limites et psychanalyse intégrative
– neurosciences et psychothérapie
C’est aussi le fait de ne pas répudier en soi un autre savoir disciplinaire, au moment où on en engage un autre. Ordinairement on s’exerce à bannir l’ambiguïté. Dans ce cas au contraire, on considère qu’entre deux voies il importe de ne pas choisir (recours au concept d’ambiguïté de Paul-Claude Racamier), de ne pas congédier l’autre – qui peut passer alors à l’arrière plan par exemple. Ainsi le concept gestaltiste du jeu figure/fond permet-il de se faire une idée de l’articulation alternative, voire d’une certaine oscillation, entre deux configurations théoriques dont la présence à l’esprit du clinicien ne doit pas embrouiller celui-ci mais s’organiser.
C’est encore l’art de ne pas réduire le champ disciplinaire B aux termes du A, par commodité, ce qui le défigurerait, et appauvrirait l’opération.
Il existe des systèmes logiques et méthodologiques permettant d’articuler, plus ou moins heureusement, plus ou moins provisoirement, plusieurs champs et pratiques disciplinaires. Nous n’enseignerons pas des configurations et articulations toutes faites, mais nous attacherons à permettre aux étudiants d’expérimenter leurs bricolages et de faire l’expérience de leur créativité en situation d’incertitude, sur la base cependant d’une assurance suffisante, en lien avec un groupe scientifique de référence, une École.
Le principe de multiréférentialité distingue entre le contraire, qui peut déboucher sur le complémentaire et par là l’intégratif, et le contradictoire, qui conduit à de l’hétérogène et du hiatal. Catégories plus délicates à manier, mais potentiellement très productives.
La multiréférentialité se distingue du pluralisme, consistant en une convivialité méthodologique et disciplinaire au sein d’un même organisme. Le Snppsy est pluraliste et dans son sein on trouve des praticiens multiréférentiels, des éclectiques, des intégratifs, des monoréférentiels.
– Ne pas confondre avec la multipolarité par quoi un professionnel peut se voir conduit à s’embrouiller dans le jeu de ses casquettes.
voir aussi (1)
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Mise à jour 3octobre 2011 – 28 février 2012 – 18 mars 2012 – 11 mars 2014 – 18 décembre 2018 —
- 1 pratique multiréférentielle->mot52
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Note sur le packing
À l’enseigne du multiple, le CIFPR propose et expose un véritable éventail de méthodes et disciplines dispensées SANS HÉGÉMONISME d’aucune d’entre elles, réparties par nos soins en 5 champs disciplinaires (en rouge). Dont le premier comporte 3 grands champs de méthodes(en noir) transmis par l’école. Le deuxième, psychanalytique, comportant des courants et non des méthodes, les « grandes controverses » ayant fait l’économie de l’éclatement en entités disjointes, ne permettant pas selon notre logique classificatrice, de parler « des psychanalyses » au pluriel – ce qui embarrasse les classificateurs face au jungisme, tantôt « psychologie analytique » (le nom que lui a donné Jung), tantôt psychanalyse jungienne (qui définit l’inconscient différemment) selon la revendication des jungiens de la troisième génération (motion de synthèse, le jungisme comme entité intégrative ?). Trois champs de méthode donc, internes à la psychothérapie relationnelle (qui en comporte d’autres), ainsi disposés :
— 1) psychothérapie relationnelle : 3 CHAMPS DE MÉTHODES
- 1.1 : psychothérapie de groupe (multiples courants, dont l’interdisciplinaire à base psychanalytique Anzieu et dérivés)
- 1.2 : gestalt-thérapie (5 grands courants + quelques autres, dont l’intégratif interdisciplinaire à base Fairbairn, modèle Delisle)
- 1.3 : thérapies psychocorporelles (multiples courants, dominante : l’analyse bioénergétique)
— 2) psychanalyse [1]
— 3) philosophie
— 4) psychopathologie
— 5) méthodologie
Les opérations de conjonction, disjonction, disssociation, intégration, hybridation, feuilletage, interméthodes (dans le champ relationnel) et interdisciplines (psychanalyse/psychothérapie relationnelle) s’effectuant à proprement parler sous la régie conceptuelle de la multiréférentialité lorsque les différentes doctrines sont disjointes, et de l’intégrativité lorsqu’elle se trouvent conjointes (moyennant dans la majorité des cas altération d’au moins l’une des composantes, et rection de l’une sur l’autre), produisant parfois des composites trop facilement réputés inclassables.
2) tresse didactiqueLa programmation d’ensemble des matières dispensée à l’école, s’effectue selon une tresse organisant ensemble les matières exposées ci-dessus, année par année, précisément en procédant par le jeu d’une alternance continue, dans le cadre d’une transmission par apprentissage (dimension pratique, dite clinique en psychologie du même nom) combinant l’expérienciation, la méthodologie et la théorisation, en vue de faciliter l’intégration par l’étudiant, sur le mode critique (chaque méthode ou discipline psy à même de recevoir son analyse critique de la part des autres. D’où le principe de non hégémonisme).
3) spécificité du mode de transmission de l’écoleCette démarche didactique en tresse, est spécifique de l’école. Sous cette forme on ne la trouve nulle part ailleurs. Elle combine ainsi
— méthode et éthique universitaires, avec le principe critique d’analyse comparatiste, mais pas uniquement intellectuelle.
— le principe d’implication relationnelle qu’on trouve dans l’expérientialité. Consistant à donner aux étudiants à vivre par eux-mêmes, à expérimenter en situation, à vivre soi-même au cours de la dynamique d’apprentissage, la pratique et l’éthique du savoir transmis en travail de groupe à indice fortement psychothérapique implicatif.
4) historique, sourcesLe concept provient des chercheurs de Paris 8-Vincennes, Jacques Ardoino, Guy Berger (Sciences de l’éducation, années 80). Repris plus tard par Philippe Grauer.
On trouve une première trace de ces recherches à :
— introduction : http://barbier-rd.nom.fr/ATintro.PDF
— conclusion : http://www.barbier-rd.nom.fr/A.T.conclusion.PDF
— théorisation en lien avec le chapitre sur l’écoute sensible en page 2 de la fiche : http://www.avmh4.com/document/virginie-hingre-barbier-approche-transversale-rev01.pdf
5) commentaireUn brouillard terminologique enveloppe le concept de multiréférentialité, dont on fait volontiers usage en le confondant avec l’intégrativisme notamment, qui pratique l’aménagement combinatoire, selon des modalités précises (sinon, simple éclectisme par juxtaposition indifférente, mode bric-à-brac ou boîte à outils ; plus que l’hétérogène, le disparate). Ainsi le point de vue et l’attitude phénoménologique de la relation existentielle ne sont pas compatibles tel quels avec le principe de l’inconscient psychanalytique et la posture psy qu’il commande. La multiréférentialité manie la conjonction/disjonction de champs méthodologiques et conceptuels hétérogènes et contradictoires (contradictoire, plus radical que contraire, commande l’incompatibilité). Pas si simple que ce qu’un usage du langage courant pourrait induire à première vue.
– voir également l’entrée multiréférentialité.
5 février 2019 —
[1] La psychanalyse intégrative est classable selon notre taxinomie comme méthode relevant du champ de la psychothérapie relationnelle : intégration psychanalyse/psychocorporel (par feuilletage, mode Max Pagès ?). L’intégrativité psy navigue souvent entre psychothérapie relationnelle et psychanalyse. Ainsi le groupe façon psychanalytique Anzieu-Bion, intégrant des éléments techniques de groupe de rencontre, ou le psychodrame analytique, amalgamant Moreno et Freud, sous dominance psychanalytique. Les taxinomies peuvent même se montrer incertaines, les composites difficiles à classer, l’essentiel étant de chercher à distinguer ce qui peut l’être : point de méthode critique.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkvoir aussi
– multiréférentialité
– psychothérapie intégrative
– psychothérapie multiréférentielle
– intégratif
– psychanalyse intégrative
– patients-limites et psychanalyse intégrative
– neurosciences et psychothérapie
Est multiréférentiel le psychopraticien relationnel formé conjointement à plusieurs disciplines (1), sachant qu’elles peuvent être théoriquement et méthodologiquement contradictoires (et non contraires, on peut toujours s’arranger avec les subcontraires, plus propices à l’intégration, ainsi l’analyse bioénergétique et la psychanalyse, le psychodrame analytique), donc non mettables en œuvre simultanément. L’éthique de la multiréférentialité ouvre à la critique d’une discipline par une autre, ruinant les tendances hégémonistes et idolâtres sectaires, développant l’ouverture d’esprit, incitant à l’humilité scientifique et psychothérapique.
Paradigme
– pluralisme, côtoiement de méthodes et disciplines diverses, mais pas dans une même tête, le SNPPsy est un syndicat pluraliste.
– intégrativisme, montage d’au moins deux champs disciplinaires (exemple, gestalt et thérapie existentielle (2) psychanalyse et psychocorporel dans le cadre de la psychanalyse intégrative).
Dans les cas d’intégration l’un des deux champs théoriques et méthodologiques constituants (il peut y en avoir plus de deux) régit l’autre. Déterminer lequel. Déterminer s’il n’y a pas dénaturation de l’un des deux ou des deux ensemble. Ça n’est pas grave en soi, ni interdit, mais il vaut mieux savoir où on est et le prix épistémologique et théorique qu’on a payé pour obtenir le nouveau modèle intégratif.
– éclectisme, juxtaposition sans principe indifférente à la théorisation.
Principes logiques
Les théories croisées sont
– soit contraires : les sub-contraires peuvent fournir des complémentaires et se constituer en système, cela conduit à une psychothérapie intégrative
– soit contradictoires, relevant de systèmes mutuellement exclusifs : incompatibles. Il ne s’agit plus alors de combinaison mais d’alternance. C’est la psychothérapie multiréférentielle
La multiréférentialité permet d’atteindre le non atteignable de chaque discipline en particulier, depuis une ou plusieurs autres. Elle s’appuie sur le maintient dynamique de contradictions irréductibles, reconnues comme telles, entre disciplines, refusant de laminer les différences gênantes, les amalgamer, réduire ou ramener à l’hégémonisme de l’une d’entre elles.
Elle s’intéresse à la pratique complexe ménageant le jeu nécessaire des tensions entre éléments hétérogènes incompatibles. Elle s’appuie sur le concept d’ambiguïté de Paul-Louis Racamier, générateur de recherche et d’invention. Elle permet d’articuler ce qui peut l’être en évitant les délices de la vérité unique et de l’esprit de chapelle.
Ses praticiens travailleront à partir de plusieurs pôles disciplinaires, et se montreront capables de stratégies multifocales, à tout le moins de tenir compte de l’existence de dimensions différentes de celle qu’ils auront choisi d’engager. Attention, fantasme de toute-puissance à l’horizon.
Admettre plusieurs systèmes contradictoires relève de la tâche impossible et d’une position méta. Il y faut de la consistance, de solides bases philosophiques, et une capacité d’orientation rigoureuse dans un univers conceptuel ménageant sa place à l’hétérogène. Le recensement d’universaux du psychothérapique pourrait aider.
Le psychopraticien relationnel multiréférentiel dispose de savoirs psys irréductibles les uns aux autres, et ne se réfugie pas dans un seul système théorique et disciplinaire lui assurant confort maximal, risque d’enfermement et de dogmatisme.
Il s’expose à connaître plusieurs systèmes dans le cadre d’une même discipline, par exemple à savoir la gestalt-thérapie, la psychanalyse et l’analyse bioénergétique, conscient du fait que ces entités ne sont pas compatibles, peuvent être partiellement complémentaires mais seulement partiellement, et que passé un certain seuil chacun contredit l’autre du point de vue théorique (et pratique par voie de conséquence).
Il s’expose à ne pas s’embrouiller théoriquement et méthodologiquement pour noyer les contradictions dans le flou artistique d’une confusion commode. Cela nécessite de la rigueur.
Cela comporte également un avantage. Celui de ne pas tomber facilement dans l’idolâtrie d’un système, d’un maître, d’une Société, susceptible de virer à l’esprit sectaire, d’une chapelle dont on deviendrait le zélateur dépendant, aliéné et fier de l’être.
Autre avantage, la richesse et variété des points de vue, et la conviction qu’aucun système, pourtant bien utile à certains moments pour s’orienter, ne doit jamais se voir préféré à la singularité clinique présente, ne doit jamais présider à la fermeture de l’invention dans le moment même de l’ouverture à ce qui est en train de survenir dans l’entre-deux psychothérapique.
Être multiréférentiel est un travail d’artiste : multiplicité, rigueur et création.
Antonymes : monoréférentiel, pluraliste, éclectique, intégratif.
Autres références
Alain Gourhant ; analyse critique à venir de cette contribution (dans laquelle la FF2P est qualifiée de syndicat). Repérer également qu’à son article ASTROLOGIE l’auteur dévie clairement de la scientificité en donnant la main (main dans la main avec Stanislas Grof) à une fausse science. }
mises à jour 3 octobre 2011 – 21 janvier 2012 – 14 novembre 2015 –
- 1 Au Cifpr, en ordre rapsodique :
– gestalt-thérapie (phénoménologie clinique)
– groupe psychothérapique (modèles variés)
– psychanalyse
-psychocorporel – essentiellement analyse bioénergétique dans notre école mais pas seulement.
- 2 L’ouvrage de référence de Noël Salathé, Psychothérapie existentielle, une perspective gestaltiste, disponible au Cifp,173 p. , en constitue un exemple d’autant plus troublant que son auteur se veut rigoureusement et uniquement gestaltiste. En fait, fusionner Goodman et Yalom peut se voir considérer comme typiquement intégratif, à ce trait près qu’il n’y aurait pas perte au détriment d’au moins un des deux composants mais gain par renforcement mutuel. Synthèse réussie ?
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- Contact
- Liste psychotherapeute
MUPP : Mouvement Universitaire Pour la Psychanalyse, dont le Pr. Jean-Claude MALEVAL est président.
Voir également SIUEERPP
- Pétition internationale pour l'abord clinique de l'autisme
- Titre de psychothérapeute – attention date limite
- Titre de psychothérapeute : "pourquoi je ferai la demande"
N
un Nini peut en cacher un autre
par Philippe Grauer
premiers Ninis
Les tout premiers Ninis de l’histoire des psys français furent les psychotechniciens, les futurs psychologues ainsi baptisés en 1930 par Henri Wallon. Ils ont commencé comme collaborateurs occasionnels du médecin au sein d’une équipe médico-psycho-pédagogique (l’actuelle terminologie de secteur : CMP et CMPP en dérive) portant le doux nom d’assistant en psychologie. Cf. Docteurs J. Dechaume, L. Thévenin, R. Gallavardin, « Les médecins éducateurs », dans le Journal du médecin de Lyon, 5 déc. 1943, cité par Colette Duflot, Le psychologue clinicien, l’invention d’une profession, ed. economica-anthropos, 2008, 225 p., p. 10.- Ça commence bien, de la technique, à l’ombre de la médecine.
un demi siècle
Il s’agissait nous dit encore Colette Duflot, de professionnels qui n’étaient ni philosophes ni chercheurs ni universitaires ni médecins. Une profession naissante qui crut à l’ombre du caducée. Ils progressèrent ainsi jusqu’à ce qu’existât ce « corps social imaginaire » dont parle Kaès et développent leur identité scientifique et professionnelle par l’action de Lagache à la Libération, jusqu’à, quarante ans plus tard (une reconnaissance identitaire disciplinaire et professionnelle ça prend du temps, qui se compte en termes de générations) en 1985 se voir confirmer le titre de psychologue (Claude Évin). Plus ninis du tout ils commencèrent par manifester et illustrer leur vitalité institutionnelle sur le mode corporatiste en torpillant la directive du ministre ayant expressément prévu de leur amalgamer (par examen en équivalence et compte tenu des acquis de l’expérience, par des Commissions de psychologues ad hoc) les… psychothérapeutes sous l’argument de mauvaise foi caractérisée selon lequel ils ne pouvaient homologuer sur leur demande au titre de psychologue par équivalence des psychothérapeutes précisément non psychologues. Autrement dit chez nous l’homologuation par équivalence ne s’applique qu’aux mêmes, ceux qui par principe n’ont pas besoin d’homologation. Ce refus d’appliquer la loi constitua une sorte de forfaiture fondatrice de la nouvelle corporation.
un Nini chasse l’autre
Cela dit, on peut considérer les deux domaines épistémologiques, éthiques, scientifiques et professionnels comme disjoints. C’est la revendication des psychologues en tant que cliniciens d’exercer la psychothérapie (relationnelle ou non, autre débat) qui crée l’incertitude institutionnelle, pire leur revendication de l’exercer à l’exclusion des psychothérapeutes, définis polémiquement comme nouveaux Ninis concurrents tant que leur identité n’apparaît pas comme institutionnellement validée par l’autorité publique(1).
De fait les deux disciplines et professions ne présentent qu’une interface peut-être trop partielle, contrairement à ce que prétendaient les psychologues se peignant volontiers en psychothérapeutes accomplis et exclusifs. Cette interface représente la double exigence
– d’avoir effectué une psychothérapie relationnelle ou psychanalyse suffisante parallèlement à leurs études – condition nullement requise, seulement conseillée, différence essentielle, chez les psychologues cliniciens ;
– de disposer d’un bagage suffisant en psychopathologie – acquisition essentiellement de nature académique pour les psychologues, bénéficiant par ailleurs de l’avantage précieux mais limité d’un stage en hôpital.
chaînon manquant, occasion manquée
Cette double interface n’est pas négligeable mais elle s’avère insuffisante. Il faudrait pouvoir y ajouter, en plus du prérequis obligatoire et dûment contrôlé d’un expérience psychothérapique suffisante pour professionnel(2), une véritable formation impliquée, de type expérientiel, à la théorie et pratique de la psychothérapie relationnelle, de l’ordre de 2000 heures (cinq années universitaires spécifiques, ce que fournissent nos meilleures écoles), condition que nos actuels psychologues cliniciens français sont bien loin de remplir.
Autrement dit, seule notre profession avec ses Cinq critères définit rigoureusement les conditions requises pour ne pas l’exercer en charlatan. Nous en arrivons par un autre chemin à tomber paradoxalement d’accord avec les psychologues qui nous ont rejetés : c’eut dû être nous qui n’aurions pas dû candidater de façon opportuniste. De fait nous avons tenté une alliance qui aurait pu modifier le profil des deux professions en alignant les psychologues sur nos critères pour qu’ils puissent se dire également psychothérapeutes. Nous avions déjà prévu une coordination des formations de nos écoles et de l’université maquettée sous le nom d’EPHEP École pratique des hautes études en psychothérapie, qui ne fut même pas soumise. Nos interlocuteurs ont comme on sait emprunté ultérieurement le raccourci passant par la médecine.
carpe, lapin ou chauve-souris
Il eût donc fallu que les psychologues passés de Ninis à profession dûment établie admissent le principe d’une formation de type expérientiel et nos cinq critères pour penser conjoindre, articuler plutôt, les deux identités. Venant tout juste de faire aboutir leur lutte pour leur consécration institutionnelle on conçoit qu’ils n’en n’étaient pas rendus à ce degré d’ouverture et de perspective de remaniement, et que l’énergie instituante mobilisée depuis des décennies joua sans état d’âme en dépit de l’alliance toujours en vigueur dans le cadre de l’ANOP(3). Simplement, la logique si l’on a affaire à l’association de la carpe et du lapin, voudrait que la carpe elle-même ne se prétende pas lapin quand ça l’arrange.Prenons un peu de recul. Carpe, lapin ou chauve-souris, il s’agit de problèmes de classification et de taxinomie, de revendication d’aires de compétence, de souveraineté d’exercice, de délimitation et réservation de domaines scientifiques et pratiques, avec à la clé des prétentions à l’exclusivité et des dispositifs de certification. C’est la définition complexe voire hétérogène tant de la psychologie que de la psychiatrie, cumulée à leur infiltration par la psychanalyse, qui fait qu’il y a du jeu, pour le meilleur et pour le pire.
apothéose des ninis
De toute façon voici les carpes maintenant seuls détentrices du titre en passe de supplanter celui (de psychologue) qu’elles refusèrent aux psychothérapeutes d’alors au motif qu’un psychologue ne saurait se dire psychothérapeute, ni par conséquent réciproquement. L’argument circulaire s’appuyait sur le fait qu’au regard des organismes de psychologues de l’époque psychothérapeute ne désignait qu’une fonction, en aucun cas une profession, évidemment (puisque celle de psychologue devait être seule maintenue). En réalité, fonction, titre, profession, nom même de discipline constituaient une nébuleuse (cf. terminologie) que personne ne distinguait alors aussi clairement qu’après dix ans de débats (après tout les psychothérapeutes de l’époque se réclamaient de la psychologie humaniste), sinon que les psychothérapeutes d’alors, nouveaux venus, arrivaient avec la revendication identitaire irrecevable aux yeux des déjà installés dans le triangle psy traditionnel de représenter une profession. À l’instar de ce que Jean Lurçat avait nommé dans une série de gouaches l’Apocalypse des mal assis la situation allait évoluer et le triangle virer au carré psy car il allait falloir désormais compter un poste de plus dans la constellation psy : une nouvelle étoile était née.
Ainsi va la vie institutionnelle psy. D’abord naît la psychiatrie, puis la psychologie, puis la psychanalyse. Partage des eaux pas toujours évident aux confluences. La psychologie ne portant pas encore son nom de métier commença comme Nini. C’est le moment de la différenciation pour les derniers venus. Elle finit par occuper pleinement sa place puis reçut son titre. Fini pour elle le ninisme. Un demi siècle plus tard, issu de la psychologie humaniste américaine, apparurent les tout derniers venus, sous le nom de Les-psychothérapeutes. Socialement et politiquement reconnu, refusé à l’adoption par ses demi confrères, intégré au mouvement européen et mondial de la psychothérapie, puis bataillé et bousculé au point d’y perdre son nom – mais pas son identité, le papillon de la psychothérapie relationnelle qu’ils étaient devenus, sorti de sa nini chrysalide occupe de plein droit son côté du Carré psy qu’il a par son arrivée au monde fait surgir.
d’un ninisme à l’autre : ni psychologues ni médecins
Autrement dit, avant de se voir socialement et politiquement reconnue une profession émergeante se bat pour son nom en commençant pas se voir différencier négativement, stade du ninisme. Le nom de psychothérapeute se vit socialement rapidement admis sous la pression notable du SNPPsy et dura 20 ans avant que la médecine ne s’en avisât, puis dix ans encore avant de se voir confisqué, ses titulaires historiquement légitimes refoulés comme des Ninis qu’ils n’étaient déjà plus : ni psychologues ni médecins, ni même le plus souvent psychanalystes (ce qui strictement fait Ninini) mais bel et bien psychopraticiens relationnels.
La bataille des charlatans raconte comment les futurs bénéficiaires du titre de psychothérapeute s’entendirent pour récupérer le vocable pensant ainsi éliminer les concurrents qu’il désignait. En fait psychologues et accessoirement psychanalystes non médecins étaient en train de scier la branche sur laquelle ils étaient assis. À présent voici les psychologues reparamédicalisés, et les psychanalystes en perte notable d’influence.
clarification terminologique
Les nouveaux réputés Ninis demeurés dans leur discipline, la psychothérapie relationnelle, adoptèrent ensemble sous l’égide du GLPR un nouveau nom de métier : psychopraticiens, équivalent de leur ancien psychothérapeute. Le terme psychopraticien à son tour devenu trop indéterminé, ouvert à l’autoproclamation individuelle (cf. charlatan), les professionnels historiques responsables et reconnus spécifièrent le nom de leur discipline, la psychothérapie relationnelle(4), s’accordèrent sur la protection de l’appellation disciplinaire générique propre de psychopraticien relationnel réservé aux praticiens syndiqués (agréés ou titulaires), désignation estampillée comme titre professionnel alternatif psychopraticien relationnel® par le SNPPsy et les organismes titularisants de l’AFFOP. Ils confirmèrent leur nom et le qualifièrent positivement, hors cadre étatique. Autorité morale de la société civile.
À l’issue de ce remaniement le carré psy n’ayant bougé que par les désignations les postes restant les mêmes le système des interfaces typique des professions psys peut continuer de jouer et les charlatans, imposteurs dans le port du nom de psy, s’en voir exclus hors de ses frontières mieux définies et protégées.
ni médicalisation ni psychologisme
Le corporatisme psy étant ce qu’il est, une maladie de faiblesse identitaire, sorte de faille narcissique institutionnelle due en partie à la proximité des champs concernés, dommageable à tous, les psychopraticiens relationnels et leurs organisations historiques responsables poursuivent leur lutte pour une pleine reconnaissance de leur être institutionnel, sans devoir en payer le prix de leur paramédicalisation – qui corromprait leur principe même.
Ni
médicalisation de l’existence
ni
psychologisation scientistique, les nouveaux venus (ils ne datent que de cinquante ans) passés de psychothérapeutes à praticiens en psychothérapie relationnelle tiennent la ligne humaniste de la dynamique de subjectivation. On notera qu’à la différence des psychologues premiers ninis, nos psychopraticiens relationnels sont à la fois chercheurs et philosophes. Les temps et les variétés disciplinaires psys changent.
Par contre ils ne sont en effet ni psychologues (en particulier comportementalistes) ni psychiatres, ni même en tant que tels psychanalystes, et nonobstant toute la considération qu’ils portent à leurs collègues, sont fiers de leur différence et de l’apport que constitue leur nouvelle discipline, dont la mentalité humaniste et éthique est à préserver et maintenir absolument.
- 1 La nôtre cependant le fut à plusieurs reprises.
- 2 C’est-à-dire beaucoup, et de bonne qualité. Cela se juge au résultat. Ce dont notre actuelle université est incapable. Qu’à cela ne tienne nous nous en chargeons depuis nos lieux de transmission alternatifs par nos soins homologués.
- 3 Dont logiquement ils ont exclu le SNPPsy en 1991 pour cause de Déclaration de Strasbourg.
- 4 La réalité est plus complexe. Si le terme relationnel figure bien dans l’acronyme GLPR, la FF2P et le PSY’G n’en portent pas pour autant hautes les couleurs. Ces deux organisations patronnent les deux patronymes de psychopraticien certifié et de psychopraticien agréé. De plus dans le cadre de l’AFFOP qui milite pour l’appellation psychopraticien relationnel la SFG pour ne prendre qu’un exemple, insiste pour nommer ses membres gestalt-thérapeutes, les incluant sans insister dans l’appellation psychothérapie relationnelle désignant la discipline d’ensemble dans le cadre de laquelle ils s’insèrent en tant que méthode. La terminologie reste flottante dans les esprits. Nous espérons contribuer à la fixer et à en définir le cadre à la fois conceptuel et politique.
La question se pose également concernant l’inscription des praticiens dans des sociétés, syndicats, fédérations. Entre société savante parfois titularisante et syndicat titularisant par vocation historique qu’est-ce qui justifie en période calme une double inscription (et double cotisation) ?
- Le psychothérapeute, le psychologue(-psychanalyste) et le psychopraticien relationnel
- « Aujourd’hui, les psychanalystes sont trop souvent conformistes »
Se distinguent dorénavant différents niveaux de dénomination professionnelle et ce qu’ils garantissent :
nouveau nom de métier
psychopraticien utilisable par tout le monde – sans garantie particulière. Le terme psychothérapeute, devenu un titre réservé aux psychologues et psychiatres, chû pour ceux qui s’en trouvent déchus, paramédicalisé, se voit relayé par ce nouveau nom laïc de métier.
nom de discipline
psychothérapie relationnelle (l’une des quatre composantes du Carré psy), mise en œuvre par des psychopraticiens relationnels(1). Garantie d’école : les étudiants des écoles agréées AFFOP pourvus de leur diplôme sont régis par les quatre premiers critères. Attention le diplôme d’École agréée nécessite passage par le relais du Cinquième critère pour se voir muer en titre (cf. infra : trois titres).}}}
nom de spécialité
(méthode, société savante) : le psychopraticien relationnel peut se spécifier comme multiréférentiel, intégratif, gestalt-thérapeute, analyste bioénergéticien, psychanalyste intégratif, etc.
mode d’intervention
individuel, groupe, couple, type de médiation, etc.
type de population ou de problèmes abordés
enfants et adolescents, boulimie-anorexie, sexologie, etc.
trois et uniquement trois titres professionnels
garantis par les quatre organisations constituant le GLPR et elles seules :
– psychopraticien certifié – FF2P_
– psychopraticien agréé – PSY’G_
– psychopraticien relationnel – titulaire du SNPPsy ou d’un autre organisme titularisant membre de l’AFFOP_
– strictement rien d’autre !
4500
D’après nos estimations, 4500 psychopraticiens sont concernés par ces dispositions GLPR – la profession étant estimée à 7500 professionnels.
- 1 Certains, peu nombreux, psychothérapeutes pratiquant la discipline peuvent se dire psychothérapeutes relationnels, à l’ancienne.
Expression datant des années 80 pour désigner les méthodes et techniques psychothérapiques de deuxième génération issues de la psychologie humaniste, ayant succédé en Europe à la première vague d’introduction de cette dernière avec la thérapie centrée sur la personne (dénommée « client », comme celui d’un avocat, par opposition au médicalisant « patient ») de Carl Rogers et la dynamique de groupe d’inspiration lewinienne puis rogero lewinnienne.
Les Nouvelles Thérapies, ou thérapies pour normaux, se répartissent en plusieurs aires, pas encore clairement différenciées entre développement personnel, spiritualité, médecines douces et psychothérapie, dont nous énumérons ici une courte liste non exhaustive (un catalogue critique systématique devra s’en trouver dressé ultérieurement).
– méthodes et techniques focalisées sur le psycho-corporel héritées de Reich continué par Alexandre Lowen, emblématisées par l’Analyse bioénergétique
– les méthodes à médiation psychocorporelle, du type travail de souffle (appellation américaine : Rebirthing) ou travail en piscine d’eau chaude
– méthodes regroupées sous l’appellation de groupe de Rencontre, mixtes émotionnalistes et psychocorporéistes post rogeriens
– des méthodes et techniques intégratives à base de d’éveil sensoriel ou de massages
– méthodes hyper émotionnelles de type Primal (en perte d’influence)
– l’application psychothérapique de l’Analyse transactionnelle (1)
– le champ méthodologique d’inspiration existentielle (puis phénoménologique) inspiré par la Théorie de la Forme connu sous le vocable de Gestalt-thérapie.
Ces champs méthodologiques susceptibles de combinaisons intégratives – y compris avec la psychanalyse, se dispensent pour la plupart individuellement ou en groupe. Le considérable travail d’institutionnalisation des deux syndicats et deux fédérations historiques représentatives dans notre pays a permis de mieux situer la pratique psychothérapique fondée sur le principe de la relation comme centre de gravité du soin en tant que champ disciplinaire. C’est à la suite de ce travail de mise en ordre scientifique, épistémologique, professionnel que les Nouvelles Thérapies ont donné le jour à la psychothérapie relationnelle vers la fin du siècle dernier (date de naissance officielle : 2001, lieu de naissance : SNPPsy, auteur : Philippe Grauer inspiré par Jean-Michel Fourcade).
Références
N° 390 de Problèmes politiques et sociaux de la Documentation française, « Les Nouvelles Thérapies » Recherches de pointe ou phénomène social ? » sous la direction de Philippe Grauer, 6 juin 1980, 48 p.-
- 1 Celle-ci ayant trouvé l’essentiel de son champ d’application dans le cadre de l’entreprise, hors du champ psychothérapique.
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- Sciences sociales, le déclin français
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
P
Technique de l’enveloppement humide
Voir l’entrée autisme. Voir psychothérapie à médiation corporelle.
1966, le Mouvement du potentiel humain introduit cette technique psychocorporelle hydrothérapique, qui à ce titre date de plusieurs millénaires. Dans les années 70 la psychologie humaniste en fait à l’occasion un terrain d’expérienciation à la découverte de soi, pour névrosés ordinaires. Le célèbre psychiatre Roger Gentis s’y illustrera avec profit. L’idée est de fournir un accompagnement attentif et constant durant la séance, par plusieurs personnes centrées sur celui qui tente l’expérience, en présence et sous la conduite du psychopraticien relationnel. Bien entendu à tout moment celle-ci peut s’interrompre à la demande de l’intéressé(e). On n’est pas ligoté, les bras pouvant être enveloppés séparément. Les linges humides à environ 15° se réchauffent rapidement. On voit souvent la personne qui vient d’expériencier ce moment en sortir rayonnante. L’enveloppement est non seulement humide mais humain.
Extrait de Lettte ouverte des 39, 27 janvier 2012
Le packing, contrairement à ce que laissent entendre ceux qui demandent son interdiction, n’a pas pour origine la psychanalyse et il existe une abondante littérature scientifique sur cette technique, anglo-saxonne notamment. Il trouve sa source dans la médecine antique et repose sur l’utilisation de l’eau dans les soins physiques et psychiques, l’hydrothérapie étant utilisée en Grèce dès le VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Soranus d’Ephèse la recommande au Ier siècle de notre ère pour soigner la dépression. Au XVIIIème siècle, Pinel demande que l’on utilise les bains chauds à visée de relaxation. Cullen, médecin anglais, est le premier à recommander les enveloppements humides dans le même but. En 1948, Paul Sivadon a utilisé des approches corporelles à base d’eau, à Sainte Anne, « pour favoriser le sentiment de sécurité, la prise de conscience de l’existence corporelle et la relation avec les objets et les personnes ». En 1966, un psychiatre américain, Woodbury introduit sa méthode d’enveloppement ( « packing » en anglais) en France : la technique est la même mais l’enveloppement se déroule en présence d’un infirmier qui reste aux côtés du malade en permanence durant tout le temps de la séance. «Le but de ce traitement est de donner au malade une stimulation du schéma corporel, de contrôler ses tendances autodestructrices et agressives, sans l’aliéner par les médicaments ou l’isolement.»
La technique de l’enveloppement humide sera proposée pour le traitement des enfants et adolescents autistes les plus gravement malades ou qui présentent des troubles graves du comportement (hyperactivité, instabilité grave, auto- ou hétéro-agressivité, stéréotypies envahissantes, anorexie grave, insomnie rebelle notamment).
Il s’agit donc de valider, ou non, scientifiquement «L’efficacité thérapeutique du packing sur les symptômes de troubles graves du comportement, notamment les automutilations, des enfants porteurs de TED/TSA», en aucun cas traiter l’autisme ou ce que l’on nomme aujourd’hui les Troubles envahissants du développement (TED). Le Professeur Pierre Delion a maintes fois rappelé que « le packing ne concerne que quelques enfants porteurs de TED/TSA lorsqu’ils présentent des signes graves voire gravissimes de troubles du comportement, pour lesquels une indication précise doit être posée et une formation de l’équipe réalisée dans de bonnes conditions.»
On notera au passage l’usage dans cette Lettre ouverte de la terminologie psychiatrique DSM, de rigueur pour un tel document même si ne correspondant pas toujours à l’intime conviction clinique des auteurs.
travail à médiation
Intégrées à l’ensemble de notre cycle intitulé Clinique relationnelle psychocorporelle intégrative, les trois journées d’expérienciation de cette technique, ouvertes (après entretien) au public ainsi qu’aux praticiens désireux de l’expérimenter sur eux-même avant d’éventuellement s’y former, produisent des effets comparables à celui de tout travail à médiation. Appliqué à des non « malades » selon le principe de la thérapie pour normaux, ce type de travail peut permettre d’accéder à des zones psychiques difficilement atteignables par le moyen de la seule parole, même selon un travail émotionnel. Ces sortes de raccourcis psychocorporels comportent des spécifications dont un ou quelques entretiens permettent de s’assurer de la pertinence de la mise en œuvre.
Création le 19 février 2012 – mise à jour le 9 mars 2012 – 7 décembre 2015 – 25 janvier 2016 –
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- seminaire
- Formations modulaires
s’inscrire (?) à Psychothérapie (pratique hors du cadre réglementé) – pas facile à trouver.
Les PJ ont jusqu’ici refusé de créer la rubrique psychopraticien, pourtant nom de métier de référence, tant pis pour nous tant pis pour eux, bien réfléchir avant de leur abandonner une somme importante pour une visibilité réduite.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- De psychothérapeute à psychopraticien
- Onfray n'y est pas allé finalement
confirmation par les pairs
Syndicalisme. Autorité professionnelle.
1) deux syndicats
En France deux syndicats historiques ont structuré et organisé la profession.
a) depuis 1965 le Psy‘G organise un certain type de pluralité avec ses trois collèges, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes (à présent psychopraticiens). Un trait commun, l’exercice libéral.
b) depuis 1981 le SNPPsy est pluralisme « méthodiste » et disciplinaire. Des praticiens d’obédiences de méthode différentes définissent ensemble les arcanes de leur discipline commune, la psychothérapie relationnelle. Jusqu’en 2001 la référence était la psychologie humaniste américaine. De fait, le SNPPsy se fonde sur la référence aux deux disciplines de la dynamique de subjectivation, psychothérapie relationnelle et psychanalyse. Et dans le cadre de la psychothérapie relationnelle il pratique le dialogue pluraliste entre méthodes, ce qui permet d’accéder à un agrément disciplinaire, par delà les méthodes.
La France reste le seul pays européen à asseoir la protection de la psychothérapie relationnelle sur le principe syndical. Il ne s’agit cependant pas d’un monopole, une organisation complexe non dénuée d’incohérence répartit actuellement l’administration du titrage d’exercice entre les deux syndicats et diversement les deux fédérations.
agrément par les pairs
le Cinquième critère de la charte fondamentale adoptée au SNPPsy antérieurement à la Déclaration de Strasbourg (principe de la reconnaissance et validation des méthodes) requiert que le praticien diplômé se voie confirmé syndicalement à l’occasion d’une rencontre professionnelle avec un groupe de pairs divers sous l’autorité du Conseil d’administration quant à leurs méthodes et expérimentés dans leur pratique.
2) deux fédérations
À l’issue de la Déclaration de Strasbourg la France est entrée dans l’organisation fédérative. Il existe depuis 1998, à côté des deux syndicats, deux fédérations.
a) La FF2P. Cet agrément crée la différence avec le système CEP où le praticien une fois diplômé traduit (au sens littéral du terme) son diplôme en termes européens (AEP) ce qui le transforme en titulaire du CEP, ce qui fait plus ou moins « titre ». Une instance internationale (réunion de méthodes) valide son diplôme d’école.
Un mécanisme particulier dans certains cas réunit un comité de pairs de méthodes pour rencontrer et valider un candidat. Dans de nombreux cas cette rencontre n’est pas jugée indispensable. Ce qui ne laisse pas de poser problème au vu de l’engagement dans le cadre du GLPR à respecter le Cinquième critère.
b) L’Affop. Cette fédération comporte en son sein plusieurs organismes dotés du pouvoir de titularisation, de la capacité de conférer par délégation le titre d’exercice professionnel détenu par l’Affop, à leurs membres.
Cela n’est pas sans poser problème, puisqu’une fédération détient le pouvoir titularisateur (signifié par le ®) et le délègue à qui elle l’entend dans son cadre. On aurait pu s’attendre à ce que ce pouvoir fût, au moins dans le cadre de référence institutionnel Affop, privilège syndical.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
PARADIGME
Champ d’équivalences parmi lesquelles le locuteur choisit de dire quelque chose plutôt qu’autre chose, de le dire comme il le dit plutôt que différemment. Ainsi je viens d’apercevoir un condor escortant mon Latécoère et non un vautour col dur.
Le paradigme c’est le choix dans le cadre d’une catégorie – les 18 marques de yaourts au supermarché, le choix de classes équivalentes, laitages / poissons / viandes, dans la catégorie nourriture, le choix de catégories distinctes : alimentation / vêtements.
Des spiritualistes parlent du nouveau paradigme de l’Ère du Verseau (Marylin Ferguson) pour désigner le basculement dans une nouvelle catégorie anthropologique opposée à la vision du monde productiviste, étroitement individualiste et rivalitaire de la post-modernité capitaliste.
Alternativité
On peut encore parler de système alternatif à celui en cours. Ainsi l’écologie représente-t-elle une alternative au productivisme, la psychothérapie relationnelle se propose comme alternative à la psychothérapie paramédicalisée officialisée par les psychothérapeutes de nouvelle désignation.
Le terme alternative a sémantiquement glissé au cours du XXème siècle. Après avoir désigné un entité à deux termes, il finit par désigner l’un des deux termes lui-même (discours de réception de Cocteau à l’Académie française), puis poursuivant en si bon chemin, le nombre des termes s’ouvre à plus de deux. En cours de route alternatif a pris la valeur de terme paradigmatique opposé à l’officiel en cours, à charge novatrice positive dans l’esprit du locuteur.
- Au politiquement correct opposer le mépris civilisé
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
phase 1, disjonction : la psychologie naissante se démarque de la philosophie
La psychologie s’est fondée en se démarquant de la philosophie, depuis la fin du XIXème siècle. Il s’agissait pour elle de dessiner son territoire scientifique propre, en se dégageant de l’introspection (subjective) pour passer à la description objective). Le modèle de référence fut la physiologie, et la médecine. D’où la détermination à s’inscrire en tant que discipline « scientifique »(attention scientisme), s’inspirant de l’épistémologie des sciences physiques. La tendance forte avec le comportementalisme (Watson, 1913, Skinner, 1938), à s’en tenir au strictement observable, en laboratoire avec rats et chiens (Pavlov), développera l’aile expérimentale de la psychologie, qui fonctionne toujours aujourd’hui sous la désignation de cognitivisme. Modéré toutefois par le concept (médical cependant) de clinique : travail au chevet du malade (eh oui, malade). Le patient reste encore un peu un souffrant, mais malaise et maladie ne sont pas disjoints. Complexe cette aventure.
En gardant en mémoire d’un autre côté, historiquement parlant, que dans l’antiquité méditerranéenne on assiste à la naissance, en particulier avec les stoïciens, d’une sorte de champ philosophique de conseil, de mode de direction de vie, impulsé par les philosophes, auquel on fait remonter parfois l’origine de la psychothérapie contemporaine.
Quoi qu’il en soit, la plupart des fondateurs de la psychologie furent des médecins, ce qui contribua davantage à infléchir la nouvelle discipline du côté physiologique, neurologique et organiciste.
1900 : conjointement Freud et Husserl
Et voici que lorsque le neurologue Freud, en train d’inventer la psychanalyse, publie son Interprétation du rêve, son collègue philosophe mathématicien Husserl, la même année, publie ses Recherches logiques fondant la phénoménologie. Si l’on intègre à la configuration le Brentano dont Freud avait suivi les cours, cela fait un peu genre invention de la conscience[1] .
Freud s’est méfié toute sa vie durant de la philosophie. On pourrait dire qu’il s’en est prudemment tenu à l’écart. Pour les mêmes raisons que la psychologie, quand on crée un domaine on se tient à distance des domaines voisins susceptibles de venir l’embrouiller invasivement. Ce sera Lacan qui articulera Freud à Platon.
Binswanger, naissance de l’analyse existentielle. Jaspers
Et ce sera le psychiatre Binswanger qui créera en 1942 l’analyse existentielle (plus tard Daseinanalyse) et dialoguera avec Freud toute sa vie durant, chacun maintenant sa distance. L’affaire est ancienne, déjà au début des années 10 les deux psychiatres Binswanger et Jaspers « adoptent la phénoménologie à partir de leur réception de la psychanalyse freudienne ».
Golstein, Lewin, Merleau-Ponti, Sartre, et quelques autres
Puis ce furent les avancées de la psychologie de la forme, le développement de l’éthologie, le gestalto-structuralisme de Kurt Goldstein (1934) et le proto gestaltisme de Kurt Lewin, Maurice Merleau-Ponti, et évidemment Jean-Paul Sartre, l’expansion de l’existentialisme, sorte de philosophie de la responsabilité et de la liberté, qui aboutirent à l’épanouissement de la gestalt-thérapie et marquèrent la psychologie humaniste américaine. Il fallut attendre la deuxième et surtout la troisième génération gestaltiste, pour que celle-ci engouffre une de ses composantes, en France particulièrement, dans la brèche phénoménologique d’inspiration heideggerienne. C’est en 1983 que Noël Salathé intitule sa communication au premier congrès de la SFG (Société française de gestalt) : « La gestalt, une philosophie clinique. » [74]
Médard Boss, Robert Misrahi
Au vu de ces données la question se pose de nos jours : l’articulation des deux champs, psy et philo, est-elle d’ordre interdisciplinaire — intégrative —, ou multiréférentielle, comportant des zones d’incompatibilité épistémologique ? Il faudra aller voir du côté de Médard Boss, ayant longuement travaillé avec Heidegger, et de Robert Misrahi, que son engagement dans la philosophie spinoziste (héritage d’Aristote et de Descartes) et sa vie de couple avec une psychanalyste (au demeurant ne l’ayant jamais converti) ont placé en situation (!) de carrefour fertile et critique, proche de ce qu’on pourrait en effet appeler philosophie clinique.
de Jung à Grof via Maslow
Le fait est que depuis Kierkegaard l’angoisse et le désespoir (comme défi d’être soi-même) relèvent d’une philosophie de la liberté armée par le religieux chrétien, si bien qu’à la philosophie il faudrait appareiller pour être complet théologie et spiritualité. Idée qui se confirme si l’on songe au parcours historique de Maslow proclamant en 1961 la psychologie humaniste de la Troisième Force, collaborant en 1965 au Manifeste de la Psychologie existentielle (1967), pour finir par fonder avec Stan Grof en 1969 la Quatrième Force de la psychologie transpersonnelle (le terme venant de… Jung, 1917).
la philosophie devenue folle
Dangereux pour autant de se réfugier dans le supposé havre de paix de la philosophie. L’intéressant ouvrage de Jean-François Braunstein, La philosophie devenue folle. Le genre, l’animal, la mort, Paris, Grasset, 2018, 394 p., nous éclaire sur les délires philosophiques qui nous guettent tout autant que certains discours spirituellement allumés, en tout cas dangereusement illuminés. Au nom du droit des animaux, comme de celui à décider librement et en toute puissance chirurgicale de son orientation sexuelle, ou de s’aventurer dans des utopies néo hygiénistes ou autres, on peut nuire de façon inquiétante à la santé psychique. Où en est-on, où en arrive-t-on relativement aux fondements de l’éthique ? voici un territoire mixte propice à la mise en correspondance de la philosophie et de la psychothérapie — relationnelle en tout cas.
phase 2, conjontion : retour du psy au philosophique
Il ressort de tout cela qu’on ne saurait comprendre l’évolution du monde psy en ignorant son intrication avec celle du monde philosophique au cours du siècle précédent, et qu’après le lacanien « retour à Freud » (c’est-à-dire à Lacan) des années 60 nous assistons en psychothérapie relationnelle à un retour au philosophique. C’est en 1997 que le CIFPR introduisit, à la plus grande satisfaction de Noël Salathé (alors retiré de l’école), la philosophie dans ses programmes. Pour ne plus, avec Daniel Ramirez et plus tard Claude Lanher, jamais l’abandonner.
Notre doctrine en la matière professe que l’interrogation philosophique et ses avancées depuis les Lumières commençant avec l’égologie cartésienne fournissent d’importants leviers conceptuels pour comprendre l’évolution contemporaine de la question psy. Sans compter que la philosophie fournit à l’occasion ponts, passerelles et passages souterrains pour mieux comprendre comment se mouvoir entre les différents systèmes psys.
Philippe Grauer
[1] https://philosophie.discip.ac-caen.fr/spip.php?article56
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- Note sur le packing
- La fonction phorique
– multiréférentialité.
– multipolarité
– intégrativisme
Le pluralisme stipule qu’aucune discipline (a fortiori aucune méthode) ne saurait revendiquer d’occuper seule la totalité du territoire psychothérapique et faut-il ajouter psychanalytique, et admet ceci comme une ressource, permettant un enrichissement constant par le dialogue, la confrontation, le débat, et la recherche. Le pluralisme reconnaît l’existence de l’autre, et va jusqu’à recommander sa fréquentation. Par exemple le syndicat SNPPsy — Syndicat national des praticiens en psychothérapie, psychothérapeutes relationnels et psychanalystes, est pluraliste, ce qui signifie que le comité de pairs qui vous accueille et titularise est constitué de praticiens d’écoles relationnelles différentes(1).
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Mise à jour 13 janvier 2011 – 28 février 2012 – 22 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- 1 Attention à l’usage dangereux du pluriel. LES écoles relationnelles (méthodes) font partie de LA psychothérapie relationnelle (discipline). Éviter de confondre école méthode discipline approche. Métaphore historique française : les fédérations / la nation.
- identité et valeurs du CIFPR – qui et que vous apprêtez-vous à devenir ?
- Sciences sociales, le déclin français
- De psychothérapeute à psychopraticien
formation proposant des enseignements à plus d’une seule discipline.
- Éisabeth Roudinesco – Séminaire d'histoire de la psychanalyse 2015
- Roudinesco Nouvel Obs : désacraliser Freud
- La psychiatrie de secteur réhabilitée ?
dans le domaine de la psychothérapie relationnelle les professionnels exercent traditionnellement sous le nom de praticiens. On trouve ce terme dès la création du Snppsy dans son acronyme : syndicat national des praticiens en psychothérapie. Devenue relationnelle à partir de 1997, quand le Snppsy sagement a renoncé à prétendre représenter l’ensemble du champ de la psychothérapie (création du concept de carré psy).
Cela nous distingue objectivement des psychologues qui eux, s’inscrivant dans le sillage de la médecine se disent cliniciens : au lit du malade. Nous n’avons pas de malades mais des personnes en malaise venant en parler à quelqu’un (qui précisément ne soit pas n’importe qui mais un bon psychopraticien relationnel). Nous avons soit des clients, terminologie américaine renvoyant au client de l’avocat, en français ce mot correspond à l’idée de pratique – tiens donc ! – , et non de l’épicier, soit des patients, à la médicale, soit des thérapisants, à la Lacan. Aucun de ces termes n’est satisfaisant.
Ceux qui s’adressent à nous ne portent pas de nom convenable, à présent nous non plus, depuis qu’on nous a retiré le nôtre d’origine, de psychothérapeutes (relationnels) et que nous paraissons sous celui de psychopraticiens, tiens, encore praticien ! et encore relationnel, bien entendu, celui-là n’a pas changé. Nous voici donc presque à égalité.
voir également
– clinique.
À la réflexion nous sommes mieux lotis tout de même car nous conservons l’essentiel, l’idée de pratique dans praticien, et relationnel, qui n’a pas bougé. Nous nous préparons à soutenir avec le colloque sauvons la pratique notre identité propre et place intacte de psychopraticiens relationnels au sein du carré psy.
dernière mise à jour 16 novembre 2010 – 2 novembre 2015 –
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
Terme par lequel les psychopraticiens, se disant praticiens en psychothérapie (relationnelle), désignent leur pratique. On a failli dire psychopratique, mais thérapie l’a emporté, comportant le sémème soin-souci de soi, conjoint à une connotation profession de santé, même si celle-ci se définit comme non médicale.
Les psychopraticiens relationnels peuvent parler de leur clinique ça fait plus chic – plus psychanalytique aussi, et par contagion presque psychologue, presque profession officielle validée par l’université. Presque « scientifiquement reconnu » selon la fameuse expression ad hoc utilisée au sein de l’AEP pour désigner une légitimation alternative professionnelle des méthodes s’étant cooptées pour la constituer.
Cf. la question de l’accréditement des méthodes (univers FF2P) / des praticiens (univers PSY’G-SNPPsy-AFFOP).
Créé le 2 novembre 2015 –
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
Quand Picasso crée « Ma jolie », il n’écrit pas pour autant un article de journal, mais bien une toile. Le collage, l’emprunt d’une technique à une méthode hétérogène à son propre champ épistémique ne corrompt pas fatalement celui-ci mais y enkyste un élément étranger inséré dans sa logique propre. Un psychanalyste raconte qu’il va jusqu’à accompagner son patient phobique au train — premier aménagement du cadre puisqu’on ne fait jamais cela ; sorti du cadre décidément il fallait savoir à quoi il s’exposait, voici qu’au moment de monter dans le train notre phobique escorté hésite fortement. Le psychanalyste lui n’hésite pas, ancien boxeur, il le menace d’un coup de poing : »— Maintenant vous allez monter ! » fournissant ainsi un supplément inopinément « comportementaliste » en situation.
De tels récits abondent, courant sous le manteau car l’orthodoxie veille à l’expression psychanalytiquement correcte. Ils illustrent que sortir un moment du champ, ou l’élargir, peut relever d’une pensée clinique complexe ajustée à la situation, comportant du paradoxe, que nous qualifierions de multiréférentielle. En parler reste souvent interdit, dans les milieux monoréférencés. La stérilisation de la clinique commence là. Les puristes ont alors tendance à compenser par des hypersécrétions doctrinales. On admire beaucoup les sorties de champ de Winnicott, tout simplement parce qu’il se les est permises. Mais nombreux sont ceux qui préfèrent encore les ignorer, ou ignorer Winnicott, en tout cas ne pas aller jusqu’à penser jusque là jusqu’au bout.
Cette fable suscite deux remarques. D’abord qu’il faut extraordinairement de formation pour se permettre une fois d’en arriver là, car il demeure qu’à l’ordinaire cela ne se fait pas. Ensuite qu’il en soit débattu (supervision, communication en journée d’études) et que la communauté scientifique en tire quelque chose. En l’occurence établir que cela a correspondu à une intuition clinique juste ou non.
De façon moins frappante, la multiréférentialité permet d’évoluer entre plusieurs espaces complémentaires, tels qu’introduire une séquence psychodramatique ou d’analyse bioénergétique dans le déroulement d’une séance de groupe psychothérapique, ou inviter un patient travaillant sur le divan à fréquenter parallèlement un séminaire psychocorporel, quitte à réfléchir entre collègues en intervision pour mieux comprendre ensuite ce qui se passe, les formules engageant l’articulation de champs théoriques et méthodologiques différents sont variées. Elles nécessitent chaque fois beaucoup de rigueur dans leur mise en œuvre.
On comprendra que cet article n’est pas un plaidoyer pour une pratique aléatoire et l’autorisation de faire n’importe quoi, c’est-à-dire de travailler sans principes clairs à partir d’une formation insuffisante et simplement éclectique. La multiréférentialité est art difficile. Pour savoir en jouer il faut avoir appris. Des écoles telles que la nôtre y préparent.
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
profession, métier, occupation, activité
Définition référée aux professions du psychisme
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– éthique
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
En anglais on distingue profession et occupation, qui correspondrait assez à activité reconnue, pratique sociale. Chez nous on la distinguerait plutôt du métier, en ce qu’elle serait plus distinguée, plus chic, que ce dernier. Profession libérale vs. plombier. Il s’agit en définitive d’obtenir réponse à la question : qu’est-ce que vous faites dans la vie ? précisée par : quelle activité exercez-vous pour gagner votre vie ? ou encore : vous chômez dans quelle branche ? quel est le métier dans lequel vous avez été certifié ? sachant qu’on peut s’être trouvé certifié par la vie elle-même, même et parfois surtout appris sur le tas, on sait son métier, cela se revendique.
éthique, déontologie
Cela permet de parler de métier (pratique personnelle, amour du métier) organisé en profession (l’ensemble des collègues, de ceux avec qui je partage la pratique du même métier). Nous pencherions pour une telle définition. L’amour du métier renvoie au concept d’éthique : le pratiquer dans les règles de l’art, de la discipline. L’amitié professionnelle renverrait au concept de déontologie : nous nous astreignons à une morale professionnelle commune, publiée comme telle, en code de déontologie.
Reprenons l’histoire synthétisée du mot à partir du Robert historique. Cela donne ce qui suit. Depuis la Profession de foi d’un vicaire savoyard, professer signifie déclarer, se déclarer comme, et de prononciation de vœux en prophécie (1362) on en arrive, par croisement avec le professor (1337), qui « se déclare expert dans un art ou une science« , à « métier ayant un certain prestige par son caractère intellectuel ou artistique, ou la position sociale de ceux qui l’exercent« . Par métonymie il finit par désigner « l’ensemble des personnes exerçant la même profession« .
Avec « professionnel : dont c’est le métier« , on rencontre au XXème siècle l’opposition professionnel / amateur bien connue dans le sport. Ajoutant pour notre part que ce couple se déclinerait professionnel / charlatan relativement à l’univers de la médecine.
Cela se complique si l’on se penche sur le métier. Avec mistier (881), plus ancien, on a le doublet populaire de ministère, serviteur, service, fonction, cela correspond à l’hellénique thérapeute, l’homme du soin, le serviteur. Nous voici en terrain connu. D’où le service divin auquel frère Jean des Entomures disait préférer le service du vin. Vers 1200 ça devient plus sérieux, puisqu’il est question d’un « service procurant une rémunération« . De « gens de métier » qui finit par signifier « ceux dont le métier exige des connaissances« , les lettrés (1180), on passe finalement à artisan, ouvrier au XVème siècle. Du métier signifie alors du savoir-faire – appliqué aussi bien à la littérature, ça oscille. La métonymie s’en mêlant on tombe sur le conseil du bon Boileau : Vingt fois sur le métier repassez votre ouvrage. Pour aboutir au XVIIème précisément à « profession que l’on choisit« .
Bref dans la langue rien de bien tranché entre les deux mots, mais toujours la proclamation d’une compétence à partir de connaissances acquises, un engagement personnel dans l’activité revendiquée, la prestation d’un service spécialisé, et par voie de conséquence la constitution d’un corps commun à tous ceux qui s’en réclament. Un corps de métier.
Passons à la sociologie, nous appuyant cette fois sur Catherine Paradeise. Quoi qu’il en soit une activité professionnelle requiert un corpus de savoir dans un domaine techno scientifique plus ou moins bien défini et délimité, installé dans les habitudes et pratiques sociales, savoir qui comporte un volet théorique et un pratique. Une profession requiert une filière de formation contrôlée, et une éthique de la pratique, ou une déontologie, une morale professionnelle. Elle requiert également un public destinataire du service mis à sa disposition pour satisfaire un faisceau de besoins, une demande sociale.
Enfin il faut un minimum de cadre juridique, des procédures de garantie et de plainte. Certaines professions vont jusqu’à se constituer en Ordre. Sous la houlette de l’État elles intègrent un code d’exclusion de l’exercice : ainsi l’exercice illégal de la médecine. La concurrence est éliminée et fortement réprimée. Réciproquement, l’interpénétration de l’activité professionnelle et de l’État n’est pas toujours sans inconvénients. On continue de reprocher à mots couverts à l’Ordre des médecins son origine pétainiste, et il reste délicat de préconiser la naissance d’ordres du même ordre.
Il demeure que seul un collectif de pairs est à même de se porter garant de la filière de production des professionnels – on sort (fièrement, la fierté et l’honneur professionnels renvoient aux valeurs et à l’éthique) de telle école – et de la valeur des prestations offertes au public, client ou usager (notion de service public). Cela rend compte de la dimension corporatiste d’une profession : chacun son métier, vaches bien gardées, corps social protégé, sécurité assurée pour tous. Sécuritaire en prime à l’occasion, se reporter aux 39 contre la nuit sécuritaire.
La question de la certification est double. On peut détenir un diplôme qui vous autorise et tenir son autorité également d’un collectif de pairs qui vous titularise par affiliation. On a vu que cette double autorité peut se voir contre-validée par l’État, pas toujours nécessairement. Un tel mécanisme à double détente se retrouve chez tous les protagonistes du Carré psy dès qu’ils prétendent à la clinique. Les psychothérapeutes sont des psychologues ou médecins et psychiatres, éventuellement psychanalystes de surcroît (inscriptibles sur les registres de leurs associations mais cela n’est pas indispensable), ayant fait la demande de l’usage de ce titred’exercice, en s’inscrivant sur un registre préfectoral. Les psychopraticiens relationnels après obtention du diplôme de leur École agréées (voir ces termes) doivent passer par un processus de titularisation personnelle professionnelle, à l’issue de quoi ils seront inscrits sur un registre garanti par leur corps professionnel. La seule différence provenant du caractère étatique ou non étatique de la couverture. Dans tous les cas l’honorabilité des professionnels ainsi authentifiés se voit proclamée, professée.
La certification débouche sur la question de l’occupation des places sur le marché du travail. Elle concerne le champ d’exercice. Si d’aventure des acteurs collectifs surgissent du devenir d’un domaine dont la dynamique chargée à l’origine de conflits internes évolue jusqu’à un point de rupture, les membres réunis d’une occupation peuvent œuvrer à la transformer en profession. Si l’aire de souveraineté professionnelle est neuve, pas de souci comme on dit de nos jours, elle ne mord pas sur ses voisins. En cas de superposition de domaines, surgit la problématique du repartage du gâteau. Les frontières bougent, le contrôle des territoires devient confus, la définition de nouvelles juridictions afin de pourvoir l’ensemble des nouveaux acteurs d’une « licence individuelle (permission spéciale de poursuivre une activité), et d’un mandat légal, moral et intellectuel (la charge de dire ce qui est juste et utile) », donne lieu à quelque bataille.
Or les professions évoluent, vivent, meurent, émergent. D’anciens métiers bousculés par la modernité peuvent disparaître ou changer de forme, des occupations montantes deviennent professions, progressivement, insensiblement. Des acteurs collectifs émergents se pourvoient d’organisations, d’écoles, d’institutions de référence, de syndicats, de fédérations, d’un maillage international, qui font d’eux des personnes morales scientifiques et politiques clairement identifiables, pourvues d’une autorité morale et d’une vigoureuse volonté de puissance.
L’ensemble de ces réalités concerne ce qu’on pourrait nommer aussi bien du nom d’identité. L’identité, morceau de choix de notre corps de savoir. Les professions comme identités collectives, cela ne devrait pas présenter de difficulté particulière pour des spécialistes. Par les temps qui courent en tout cas, ces identités finissent un jour ou l’autre par relever d’une carte, du même nom. En terre anglo-saxonne, ces cartes sont délivrées après qu’une mécanique juridique ait décrit les normes de la profession nouvellement reconnue. En terre latine, l’État concède le monopole du titre professionnel. C’est ce qui vient de se passer en France avec le titre de psychothérapeute.
Cela s’est passé classiquement à la suite de luttes idéologico corporatistes, issues d’un bouillonnement conflictuel remontant à un bon siècle, bousculant un instable équilibre entre médecine et psychologie, psychologie et psychanalyse, psychologie scientifique et psychologie humaniste, médecine et psychanalyse, psychanalyse et psychothérapie, psychanalyse et psychanalyse aussi bien, car il ne faut pas oublier les guerres civiles interminables, sur fond de crise de la psychiatrie, avec apparition d’un nouvel acteur issu de la psychologie humaniste travaillée par la culture alternative.
Le paradoxe réside dans le fait que la profession émergente s’est vue mettre à l’écart par les trois pôles existants coalisés, qui à l’abri de l’instauration étatique du monopole de titre d’exercice professionnel de psychothérapeute, se sont efforcées de la déloger de son habitacle au sein du Carré psy, en pensant par le jeu de passe-passe du nom confisqué, emménager sur son site.
Il n’en fut rien, les nouveau psychothérapeutes sont simplement des psychologues et des psychiatres, éventuellement psychanalystes par surcroît(1), ayant acquis le droit de porter cette nouvelle livrée sans pouvoir pour autant rayer de la carte le côté du Carré imparti à la psychothérapie relationnelle. Désormais exercée par les mêmes professionnels sous la nouvelle dénomination de psychopraticiens relationnels.
À quoi bon alors ce coup d’épée dans l’eau ? Il aura manifesté avec vigueur la réalité nouvelle de la restructuration du champ psy selon un carré apparemment intangible (précédemment il s’agissait d’un triangle, voir l’article Carré psy), attestant l’occupation d’un quart du territoire depuis le dernier tiers du XXème siècle par les nouveaux venus de la psychothérapie relationnelle. Pourvus d’une Autorité relationnelle si l’on peut dire, ils ne sont ni occupés ni cernés (c’est sans doute pourquoi on les a appelés Ninis) et ne vivent pas dans des camps. Pas de quoi vraiment se plaindre. Ils professent qu’on a de bonnes raisons de leur accorder quelque confiance et que leur exercice non paramédicalisé d’une psychothérapie du soin-souci par le dialogue dans le cadre sérieusement tenu des Cinq critères est hautement recommandable.
De leur côté les psychologues et psychologues-psychanalystes recomposent leurs manipules, s’opposent à nouveau aux psychiatres. Chacun dans le camp des universitaires se dispose à prévenir le public de l’excellence de ses services et de la qualité douteuse des barbares qui persévèrent dans l’erreur de leur être. Le public éclairé jugera sur pièce.
Philippe Grauer
14 novembre 2011 – 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 – 2 mai 2014 –
- 1 Il faudrait spécifier pour plus de clarté psychologues-psychanalystes et psychiatres-psychanalystes.
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- Cursus psychopraticien multiréférentiel - Promotion 21
Depuis plusieurs décennies ceux qu’on disait Les psychothérapeutes définissaient leur champ disciplinaire comme celui d’une profession de santé non médicale, d’orientation humaniste, par opposition à la psychiatrie, et à la psychologie « scientifique », d’orientation comportementaliste et cognitiviste. Le fait de se définir par opposition contrastive indique l’existence de champs différenciés, dont par ailleurs l’articulation dans un travail en réseau s’avère au demeurant tout à fait fertile quand la situation le prescrit.
Le non médicalisme de la psychothérapie relationnelle l’oppose à la philosophie DSM, en ce qu’elle s’appuie sur la quête de sens et à la dynamique de subjectivation, dans le cadre d’un cheminement intersubjectif avec un praticien lui-même formé par la pratique d’un tel cheminement préalable, au cours duquel il s’est mis en règle avec lui-même et a appris à conduire l’aventure à chaque fois singulière du processus psychothérapique.
Un des traits caractéristiques de la psychothérapie relationnelle comme profession de santé non médicale est son incapacité à se trouver classée dans la catégorie des activités paramédicales.
Autre trait corrélatif, cette discipline s’oppose à la médicalisation de l’existence.
- Judith Miller contre Élisabeth Roudinesco et le Seuil : épilogue en Cassation
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- CHARLIE ET LA PSYCHANALYSE
Comme celle de psychiatre, la profession de psychologue se transmet à l’université. Ce sont les deux seules à statut de professions officielles, réglementées. Quand on entreprend des études on passe généralement par là. Ces deux professions sont en crise, chacune à sa manière. Certains de leurs praticiens peuvent être relationnels, individuellement parlant, ayant suivi une psychothérapie relationnelle ou une psychanalyse suffisantes (mais n’ayant généralement pas suivi une formation structurée dans ces deux disciplines).
2) PSYCHOLOGUE CLINICIENUne de ses sub-professions de la psychologie, discipline composite. Clinique veut dire au chevet du malade et provient de la médecine (dont la psychiatrie, née au XIXè siècle). La psychologie clinique se propose de « soigner par la parole », sans préciser s’il s’agit d’un soin prodigué (type médical), soin -1, ou pris de soi : soin-2. Formation universitaire, académique, non impliquante, qui refuse de prendre en charge la formation à la relation, administrée plutôt comme une technique à appliquer, de façon systématiquement non engagée, avec seulement l’air, sans la chanson. La psychologie clinique française nage entre deux eaux, souvent troubles (cf. Philippe Grosbois). C’est son problème. Les psychologues-psychanalystes de leur côté jouent de l’ambiguïté de cette situation. Enfin ceux qui restent. Vous qui lisez ceci n’êtes que rarement concerné/e, il s’agit d’une profession voisine, souvent hospitalière, sous houlette médicale.
Si l’on désire cumuler cette formation avec la nôtre, c’est parfois faisable. Alors revêtu/e du titre d’exercice de psychothérapeute on se retrouve psychothérapeute relationnel. Il existe également des psychiatres relationnels.
3) PSYCHANALYSTErenvoie à la case soit de psychologue soit de psychiatre (diplôme universitaire), avec formation complémentaire et encadrement dans une société savante historiquement située. Profession officielle par l’intermédiaire du titre de psychologue ou de psychiatre. Profession réglementée indirectement donc, par le jeu du titre d’exercice de psychothérapeute accordé aux psychologues cliniciens (les psychiatres ont décrété que la psychothérapie était leur apanage, qu’ils accepteraient de partager avec les psychologues). La psychanalyse en tant que profession (par ailleurs nom de métier non réglementé en tant que tel, titre libre) est ouverte exclusivement (à de rares exceptions près) aux psychologues-psychanalystes et psychiatres-psychanalystes.
NOTE : évidemment il existe comme partout des zones grises, que nous n’abordons pas ici pour éviter des complications de détail.
4) PSYCHOPRATICIEN TOUT COURT & PSYCHOPRATICIEN RELATIONNEL— formation dans des instituts privés
a) La profession de PSYCHOPRATICIEN TOUT COURT, sans déterminant, embrasse trop et à l’occasion mal étreint. Les limites de définition de la psychothérapie qu’elle régit demeurent volontairement floues, pour pouvoir attraper tout ce qui se réclame de « la » psychothérapie surtout jamais définie. Partiellement autoréglementée (FF2P). Exercice libéral.
b) la profession de PSYCHOPRATICIEN RELATIONNEL se restreint au champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle (comportant de grands corps de méthodes, souvent soutenus par des sociétés savantes de référence) dans lequel c’est le processus relationnel qui soigne. Profession entièrement autoréglementée (AFFOP, SNPPsy). Exercice libéral.L’ouvrage de Philippe Grauer et Yves Lefebvre, La psychothérapie relationnelle. De la naissance d’une profession à l’émergence d’un champ disciplinaire, 282 p., 14,95 €, présente et décrit ce champ professionnel, scientifique et disciplinaire.
On consultera également chez Enrick B éditions :
— l’ouvrage de Marcelle Maugin, Manifeste pour une pratique pleinement relationnelle de la psychothérapie, 81 p., 10 €
— celui d’Yves Lefebvre, L’éthique relationnelle en psychothérapie, comment la relation peut devenir soignante, 182 p., 18,90 €
— en attendant la prochaine publication par Philippe Grauer, en préparation, d’un Psyctionnaire de la psychothérapie relationnelle.
On remarquera que le champ disciplinaire et scientifique de la psychothérapie relationnelle, référé par ailleurs à Irvin Yalom, à la phénoménologie, à l’existentialisme, sans oublier la psychanalyse relationnelle et la psychanalyse intégrative de Jean-Michel Fourcade, s’étoffe ces derniers temps d’ouvrages de référence.
5) ITINÉRAIRESa) Reconversion
En processus de reconversion vous voici la plupart du temps réduits à emprunter « les chemins de la liberté », en vous formant
— comme psychopraticien/ne — attention au « trop court, et à l’illusion
• de la formation à distance : apprendre la relation in abstentia constitue, comme disent les philosophes, une entreprise aporétique, par contradiction dans les termes. Cela pourra toujours vous apprendre un peu de psychologie, sur le mode académique, dont vous ferez quoi, sur le terrain ?
• de techniques accumulées sans formation approfondie à la première personne, qui ne sauraient représenter une formation à la posture relationnelle de fond. Les techniques à elles seules ne constituent que des outils, limités pour des interventions limitées, en conseil, développement personnel, relation d’aide, en dépannage rapide.
— comme psychopraticien/ne relationnel/le — auprès d’une école du type de la nôtre, qui non seulement vous forme mais vous transforme.
— À retenir : cette profession est seulement autoréglementée par ses syndicats et fédérations responsables historiques, et d’exercice exclusivement libéral.
b) se former à l’âge des Premières études
— Si vous avez 20 ans, il faut bien faire des études, devenez psychologue, en vous souvenant que vous acquerrez la mentalité professionnelle, différente, d’une profession voisine, pour laquelle la relation au sens fort du terme où nous l’entendons, ne constitue pas le ressort épistémologique, éthique, méthodologique de base. Par contre vous y gagnerez le titre d’exercice de psychothérapeute, vous donnant accès à l’hôpital.
— Ou bien devenez philosophe, historien ou littéraire, ou que sais-je encore, professions plus clairement distinctes, et si la psychothérapie vous intéresse à titre personnel engagez-vous dans une, relationnelle, puis contactez une école de notre genre.
6) DÉBOUCHÉS— de nos jours, improbables, comme de très nombreux cheminements professionnels. L’existence est devenue pour une part imprévisible, la précarisation de masse étant au programme du libéralisme qui maximise les risques pour les actifs pour les minimiser au bénéfice des actionnaires.
— L’un des avantages de ce métier tient à ce qu’il gratifie ceux qui s’y engagent. Et y gagnent, en dehors de leur pain quotidien et du plaisir d’exercer utilement et humainement, la satisfaction de se livrer en indépendant à une activité qui a du sens et correspond à notre désir (mot-clé de la situation). Il comporte de ce fait une part d’engagement écologico-politique au sens large de ce dernier terme, disons une part de passion — espérons raisonnée, du métier et de ce qu’il signifie.
— Naturellement l’école vous accompagne lors de votre entrée dans le métier.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkpsy vous saviez !
par Philippe Grauer
François Tosquelles se disait psychiste. Il marquait par là que les frontières entre psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychanalyste étaient d’autant plus poreuses que l’ensemble du travailleur collectif de l’hôpital relevait du psychothérapeute collectif qui faisait de l’institution toute entière un lieu et outil de soin, ayant à se soucier de prendre également soin de lui-même au demeurant.
L’usage langagier en a décidé autrement, tout le monde est psy dans le cadre du carré psy. Même que ça a tendance à déborder parfois – de nos jours par imposture charlatanesque comme aiment à dire les médecins et les corporatistes populistes.
Quoi qu’il en soit, le peuple psy – l’expression est de Sibony, qui en avait fait le titre d’un ouvrage, à moins que quelqu’un d’autre vienne la revendiquer – existe et ceux qui le pratiquent ou en parlent utilisent le mot psy pour désigner de façon indifférenciée tous les psychistes. Comme ceux-ci manient volontiers la double ou triple casquette (dont certaines problématiques à l’occasion, celle qui fait le larron, à l’ombre de la visière des vraies), le public a eu vite fait de leur trouver une dénomination commune.
L’usage en est encore frileux et on le trouve souvent paré de ces guillemets emblèmes de l’époque, modulateur ayant pour valeur « je n’ose pas dire ce que je dis. » À l’aide de cet adverbe masqué d’un type nouveau « entre guillemets » (cela s’exprime aussi par geste) je déclare à peu près la même chose que si je disais « psy en quelque sorte. »
De fait psy est de toutes sortes, non en quelque sorte, et de plein droit linguistique. Si l’on veut faire le détail des couleurs pures et des combinaisons il faut recourir au carré psy, expression dans laquelle entre le composant psy, sans guillemets bien entendu.
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- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
2 mai 1966 – Fondation du PSY’G – Groupement syndical des praticiens de la psychologie-psychothérapie-psychanalyse.
1974 – Changements au PSY’G [rubrique mal documentée].
1990 – sous la direction de Michèle Tordjman et d’Alain Naissant, le PSY’G participe à la Déclaration de Strasbourg et à la création de l’AEP – Association européenne de psychothérapie (EAP à l’anglo-saxonne).
13 mai 1995 – le PSY’G et le SNPPsy fondent ensemble la FFdP, puis
oct-déc 1998 font sécession pour fonder ensemble l’AFFOP –Association française fédérative des organismes de psychothérapie relationnelle et de psychanalyse(1)
dont le PSY’G se retirera en 1999(2)
La bonne entente confraternelle PSY’G – SNPPsy se maintint et régénéra à l’issue de la bataille des charlatans. Le PSY’G constitue l’un des quatre piliers du GLPR, jusqu’au moment où il entame un combat frontal contre la FF2P, dont il dénonce la politique qu’il qualifie de professionnellement suicidaire, consistant à rechercher auprès du ministère de la Santé un accord RNCP. Il finira par en résulter, à l’issue du retrait du PSY’G, une sorte de débaptisation du GLPR, qui perd son R, son air relationnel. et reste le lieu de relations fragiles, les trois protagonistes restants, en dépit du fait qu’elles professent des doctrines professionnelles opposées, maintenant le contact, rarement davantage.
Le second grief du PSY’G est structurel, il souffre du siphonnage, qu’il dénonce, du syndicalisme psy par le fédéralisme para syndical de la FF2P.
Premier syndicat professionnel en France répartissant les professions psys en trois collèges, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes. Il les représente et soutient à titre de professions libérales, dans la mouvance de l’UNAPL.
Centré par ailleurs sur le développement de la psychothérapie des méthodes en Europe et les tentatives d’établissement européen de la profession axée sur les méthodes auprès de Bruxelles, il favorisera l’axe Londres (UKCP) – Vienne (Alfred Pritz) auquel il travaillera à rattacher Paris (union PSY’G – SNPPsy) en créant à deux syndicats la FFdP – Fédération française de psychothérapie (13 mai 1995), section locale de l’AEP
Le SNPPsy est né en se démarquant de l’influence initiale du PSY’G en ce que certains de ses membres fondateurs (dont Olivier Devillard et Michel Meignant) ont envisagé de s’y inscrire pour finalement fonder un syndicat exclusivement dédié aux psychothérapeutes (1981).
Les deux organisations n’ont jamais été antagonistes.
Pré-entrée en date du 31 décembre 2013 – modification 10 janvier 2014 – 26 juillet 2014 – 29 octobre 2014 –23 décembre 2019 —
- 1 Intitulé actuel, au départ la psychanalyse n’était pas mentionnée, ni le terme relationnel.
- 2 Décision corrélative à un mouvement public de mauvaise humeur de Claude Évin à l’occasion d’une séance à l’Assemblée nationale où certains « psychothérapeutes », alors qu’il les avait soutenus en bloc jusque là, s’étaient trouvés déconsidérés à ses yeux pour des propos tenus en dehors de l’enceinte de l’Assemblée.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
Comment contenir dans la coque de noix d’un article de quelques paragraphes un édifice aussi considérable ? les intuitions et découvertes de Freud sont partout dans notre culture. L’édifice théorique, pratique, culturel, de la psychanalyse, l’une des grandes avancées en sciences humaines du XXème siècle, a mieux tenu que le communisme, car la psychanalyse n’est pas une idéologie ; elle est allée plus loin que l’existentialisme, et sa recherche reste créative. Il a explosé en de nombreuses écoles et engendré un perpétuel débat interne, vif, parfois emprunt de sectarisme, comme toute grande idée. On peut remarquer qu’il continue de cristalliser des haines tenaces, d’héberger des idolâtries désolantes — compréhensibles après tout lorsque la question, et l’angoisse, identitaires sont concernées —, et dans notre pays le marquage identitaire professionnel à la psychanalyse s’accompagne volontiers d’un mépris pour tout ce qui n’est pas elle. Faut-il y voir un mal français ? en tout cas tout cela témoigne d’une vitalité qui ne démérite pas.
La légitime référence à la psychanalyse reste forte dans notre culture, ce qui explique que pour se faire valoir une bonne stratégie peut consister à l’attaquer pour se poser en challenger, même si on ne fait pas le poids du point de vue théorique. Ainsi, un marronnier connu consiste chaque six mois à lancer pour relancer la vente d’un hebdomadaire, la grande question : pour ou contre la psychanalyse, ou enfin la fin de la psychanalyse. Cette excitation médiatique à répétition n’a évidemment pas grand-chose à voir avec le sérieux scientifique mais livre aux lecteurs de dossiers dont ils restent friands, ce qui prouve l’intérêt constant de l’opinion pour cette discipline.
Les deux mamelles de la psychanalyse seraient, si elle n’en avait que deux, le primat de la sexualité et l’inconscient. Ajoutons-y l’hypothèse de la pulsion de mort, violence fondamentale et destructivité, intriquée à celle de la libido, force de vie et de construction.
Tout le monde a entendu parler des modèles topiques et dynamiques (dits économiques), dont le dernier distingue entre ça, moi et surmoi des conflits et remaniements possibles ; des nœuds psychiques typiques comme le complexe d’Œdipe ; des périodes sensibles comme les deux premières années de la vie, pré-œdipiennes, dites archaïques, plus accessibles à l’exploration dans le rameau kleinien ; des approfondissements correlatifs concernant la théorie de la régression, ces derniers items étant familiers aux praticiens de la psychothérapie relationnelle, qui apportent là quelque chose d’original.
On accède et recourt à la psychanalyse par besoin ou curiosité (savoir qui je suis et ce qui me meut) ou les deux, au cours d’une longue expérience personnelle dont peuvent parler entre eux ceux qui se sont lancés dans l’aventure, et dont les autres parlent mus par l’envie, la fascination ou l’hostilité. Comme toute expérience humaine forte, elle est communicable partiellement seulement. Rien ne peut remplacer de l’avoir tentée soi-même pour véritablement savoir ce qu’il en est, c’est son côté « initiatique ». Rien d’exceptionnel à cela, c’est comme la différence entre la plongée sous-marine vue à la télé ou même tentée en apnée avec masque et tuba, et la réelle plongée bouteille. On s’en émerveille rien qu’à l’aborder de l’extérieur, on ne la découvre que personnellement en s’y livrant. Avant, on croit seulement savoir, ou plutôt on sait, mais on ne connaît pas.
Enfin elle n’est indiquée qu’à qui la désire, et l’appliquer hors de saison et de demande est radicalement impertinent et impossible. Ceux qui se livrent dans la presse à des exercices de voltige soit disant intellectuelle pour « psychanalyser » tel homme politique en vogue lui rendent le mauvais service de la défigurer.
On est rarement indifférent à la psychanalyse. Comme source d’inspiration elle reste fertile. Les mythes qui l’entourent sont puissants. Elle constitue un modèle incontournable de notre civilisation, naturellement ni unique ni universel, il ne s’agit pas d’une religion et rien ne serait plus desséchant que d’en faire une monoréférence, une pince conceptuelle à tout faire en anthropologie et sciences humaines. Elle ne peut par ailleurs rester vivante qu’en évoluant et en restant partagée et débattue.
La psychothérapie relationnelle, dans sa diversité et sa multiplicité de manières de faire, style méthodes actives, à la fois s’inspire d’elle, l’inspire, et, bien placée nous l’avons évoqué plus haut dans le domaine de l’exploration des zones archaïques, notamment par le travail psychocorporel et émotionnel qu’elle permet, lui fait parfois concurrence. La polémique entre les deux ne doit pas couvrir leur profonde communauté d’intérêts, scientifiques, professionnels et politiques, et pourrait se transformer en dialogue, profitable aux deux protagonistes.
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Bien entendu, dès qu’un praticien se lance dans l’aventure du dialogue entre ces DEUX GRANDS CHAMPS DISCIPLINAIRES — mésaventure pour la psychanalyse orthodoxe, celle-ci comme institution soit le barre à l’interne et lui interdit s’il est psychanalyste de faire quelque allusion que ce soit à cette dimension de sa pratique, soit le déclare psychanalyste et ignore violemment cet aspect de son travail. C’est pour sortir de cette clandestinité institutionnelle côté psychanalyse que la psychanalyse intégrative a décidé de s’afficher au grand jour. Elle sera accueillie prévisiblement par un rejet psychanalytique.
Dans le cadre de la crise des années 2004-2007, condensée dans une rédaction aberrante d’un impossible article 52 concernant le titre générique de psychothérapeute, on pouvait prévoir que la psychanalyse conservatrice française durcisse sa position pour préserver la pureté de ses listes officialisées, et rejette toute nouvelle école se disant psychanalytique, mais ceci n’a constitué qu’une péripétie de la pièce.
La crise passée, avec l’évacuation de la loi en question, le nécessaire débat entre les deux grandes disciplines du processus de subjectivation reste ouvert, et sera résolu par la génération qui vient : vous.
Toutes deux centrées sur la dynamique du dialogue intersubjectif, pratiquant le concept de transfert même sous des appellations différentes, leur voisinage éthique et épistémologique les condamne à s’allier contre la tentative du courant neuroscientiste et cognitiviste d’éliminer partout et en particulier à l’université ce qu’elles représentent toutes deux, la problématique de la personne et de l’interprétation du symptôme pour une vue mécaniste d’un homme-machine traitable par son passage à protocole (thérapies à protocoles nettement délimitées) comme on dirait à tabac, dans une économie de marché managériale.
Ce modèle ne saurait s’appliquer au « commerce des hommes » dont parle Rousseau, car ce commerce-là, la relation et le lien, n’est pas ajustable au lois du marché, l’âme n’étant ni une mécanique, même neurologique, ni une marchandise.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkfaire école
Jean-Michel Fourcade (1) à partir de la NFL – Nouvelle faculté libre – crée la SFPI – Société française de psychanalyse intégrative –. Une bonne école de formation à la psychothérapie intégrative se donne le projet de faire école. Excellent. Jusqu’à présent les quelques écoles intégratives – dont le Cifp intégratif et multiréférentiel – ne sont pas parvenues au plein sens du terme à faire école, en ce sens que les étudiants une fois diplômés se retrouvent souvent en supervision mono disciplinaire. Bien la peine d’avoir passé tout ce temps dans l’intégratif, le multi et le complexe pour se faire superviser par un mono – le plus souvent psychanalyste ou gestaltiste.
Il s’agissait de remédier à cette anomalie. Remarquez, il y avait déjà la Ffrapim, Fédération française de psychothérapie intégrative et multiréférentielle, fondée par Jean-Michel Fourcade, votre serviteur, Max Pagès et al. Restée longtemps forme disponible, dont les temps nouveaux pourraient pourvoir au remplissage, disponible pour cette fonction d’école, rattachée à l’Association européenne de psychothérapie intégrative (incluse, selon sa propre définition, dans la Ffrapim). Nous y reviendrons.
pluralisme
Un peu de fonction société savante est assurée par le Snppsy au nom du pluralisme. Lequel consiste à organiser la convivialité scientifique et épistémologique entre écoles et disciplines différentes. Au principe du Snppsy. Chacun soutient sa discipline en la compagnie des autres et se plaît aux échanges et ouvertures qui en résultent. Si certains sont intégratifs ou éclectiques grand bien leur fasse, le pluralisme les invite à tolérer toute formule et en faire un lieu d’échange et de réflexion, entre praticiens de bonne compagnie répondant aux Cinq critères.
intégrativisme
En toute rigueur il convient de distinguer pluralisme, intégrativisme, et multiréférentialisme. Le deuxième consiste en la combinaison par un praticien de plusieurs disciplines ou méthodes qui de contraires peuvent passer, par le biais des subcontraires du carré d’Apulée, à complémentaires. Moyennant aménagement, par modification d’au moins un des composants. On distingue le composant porteur, le moins altéré en principe, du greffon. Ainsi sur une base psychanalytique suffisamment préparée, ligaturer un greffon reichien ou plus généralement lowennien. Chaque élément suffisamment aménagé, partiellement neutralisé, supportera l’opération. Ainsi brancher du Fairbairn sur du Goodman à la Delisle, donne naissance à un hybride à base gestaltiste – moyennant la construction de concepts intermédiaires, comme celui de micro champ introjecté – les tenants de la Gestalt-thérapie n’étant pas forcément convaincus de la nécessité clinique ou théorique de ce mixage. Quelle est alors la vraie nature de la PGRO ? un winnicottisme à visage phénoménologique, tournant le dos au principe de base de la gestalt-thérapie ? Vaste débat. On peut dans un autre domaine s’interroger sur la résistance du reichisme au concept de pulsion de mort ancrée au tronc psychanalytique. Comment l’un et l’autre se modifient-ils pour aboutir à une combinaison originale, dont il faut tester le degré de cohérence et la distance prise avec chaque constituant de base ? Précisément les travaux, l’érudition, la capacité théorisatrice, l’expérience et la belle intelligence clinique de Jean-Michel Fourcade légitimisent la formule intégrative qu’il propose.
multiréférentialisme
Le troisième cherche à ne pas se dissimuler la gêne des différences irréductibles, mais plutôt à en tirer partie en les reconnaissant pour telles. Conjoindre le Freud de l’inconscient, du primat de la sexualité, de la seconde topique et de la pulsion de mort, avec le Goodman de la dynamique du Soi, de la frontière contact et de la théorie du champ, vigoureusement anti psychanalytique, en plus des étincelles ça donne quoi ? deux univers théoriques et pratiques interfertiles ou non ? métissage ou mé-tissage ? Que faire et que dire de l’impossible combinaison d’entités non plus simplement contraires mais contradictoires ? Le multiréférentiel se donne pour tâche de penser cela, le domaine du complexe inarticulable, celui qui oblige à faire des sautes (univers du fractal) ou à distinguer des niveaux ou des emboîtements (Max Pagès), à admettre en tout cas que des aires théorico-méthodologiques radicalement disjointes ne se puissent conjoindre. En un mot qu’on ne peut pas toujours s’arranger, ni aménager sans dénaturer. Par contre on peut penser les trous d’un système à partir des pleins de l’autre et réciproquement. Cela rend modeste, qualité capitale en matière scientifique, vous savez, le contraire de l’arrogance et du repli dogmatique. Cela développe éminemment le sens critique. Qui songerait à s’en plaindre ?
hiatus
Le principe de multiréférentialité oblige à respecter les hiatus entre les composants, et prendre en compte l’inconfort intellectuel et clinique que cela peut comporter. Cela impose de ne pas pratiquer de mélanges impossibles, plutôt d’articuler en niveaux et en successions, conscient que ça clochera toujours un peu. Et alors ? les théories en physique ne sont pas unifiées, et à peine le seront-elles qu’elles se dissocieront de nouveau. Cela n’empêche pas la recherche dans ce domaine de progresser, ni les praticiens de tout utiliser des segments théoriques disparates à leur disposition sans avoir à atténuer leurs contradictions théoriques. Cependant que pour réconcilier ces espaces théoriques fragmentaires et concevoir une navigation entre les îles de cet archipel nous dirons qu’ils demeurent commensurables, i.e. que nous pouvons entretenir avec chacun d’eux un rapport comparable.
une omerta de moins
On sait au moins dans les sociétés de psychanalyse que les psychanalystes qui font du miel toutes fleurs ont intérêt à taire au sein de leurs associations leurs escapades psychocorporelles ou autres. Au sein d’une société de psychanalyse intégrative voici au moins une omerta qui saute, il y a tout lieu de s’en réjouir.
un geste politique
Il pourrait s’agir tout aussi bien avec la psychanalyse intégrative d’une société de psychothérapie psychanalytique d’inspiration reichienne, avec à la clé comme il peut convenir à la dimension reichienne, le volet sociologique clinique du courant gaulejaccien, tout cela dans le droit fil de la pensée de Max Pagès. Mais comme les temps et le contexte institutionnel changent, il s’agissait pour ses fondateurs de créer une société de psychanalyse psychothérapique. Ainsi le fantasme de société de psychanalyse alternative accueillant certains ex psychothérapeutes sous vocable parapluie trouve un début de réalisation.
Le nom devient, en plus d’une audace scientifique, un geste politique d’ordre institutionnel. Provocation ou aboutissement logique d’une idée après maturation de quatre décennies ?
Anti-œdipe
De nombreux psychanalystes ne se réjouiront pas de ce qu’ils qualifieront de contrefaçon. Avouons qu’ils ne l’auront pas volé. Il est constant que la nouvelle société n’a aucune chance de pouvoir s’inscrire auprès de l’une des grandes associations psychanalytiques mondiales. Quelle place occupera-t-elle dans le paysage psychanalytique ? à titre de psychothérapie psychanalytique psychocorporelle intégrant une sociologie clinique, sa place est déjà bien marquée. Bien entendu, juridiquement parlant comment empêcher que se crée une nouvelle société de psychanalyse d’orientation néo reichienne ? Scientifiquement, Guattari et Deleuze en leur temps ont bien tiré à eux avec leur Anti-œdipe la couverture Reich. Il va falloir faire confiance à la culture freudo lacanienne de Jean-Michel Fourcade, cumulée à son savoir dans le domaine psychocorporel et émotionnel, à son expérience et théorisation dans le domaine des patients-limites, à la qualité de l’équipe dont il a su s’entourer, pour soutenir un projet dont la dimension institutionnelle singulière n’échappera à personne.
Le débat ne fait que débuter. Que la fête commence !
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Entrée créée le 2 juin 2011, mise à jour le 6 juin 2011, 14 février 2012, 6 janvier 2014 – 8 janvier – 11 mars 2014 –
- 1 Et quelques autres. Comme le rappelle Jean-Michel Fourcade dans son allocution d’introduction : une société est une institution, un fait social de groupe : Nous au lieu de Je. Ce projet est né du travail depuis de nombreuses années de ceux qui ont contribué à la création de la psychothérapie intégrative, en particuliers par leurs écrits : Max PAGÈS, pionnier et fondateur, Edmond MARC, Alain DELOURME, Suzanne ROBERT-OUVRAY, Vincent LENHARDT, François PAUL-CAVALLIER, mais aussi, avec eux, ceux qui ont contribué à la construction de la formation des psychothérapeutes à la FLDP puis à la NFL : Olivier DEVILLARD, Patrick MICHAUD, Lucienne SPINDLER, Berta VEGA, Annie AZEMA, Jean-Claude BIDAULT, Dominique FOUGERE, Dominique BOYER, Anasthasia BLANCHÉ, Hervé COCHET, Claude-Marie DUPIN, Catherine HILDENBRAND, Anne LEFEVRE, Patrick LAURIN, Michael RANDOLPH, Jacques REVAH, Catherine RIOULT, Doured SALEH, Martine SANDOR-BUTHAUD, Manuel GARCIA BARROSO, Vincent de GAULEJAC, Jean-Pierre KLEIN, Jean-Benjamin STORA.
- DE SILÈS Fabienne
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
Dans le cadre de la psychothérapie intégrative, on trouve la psychanalyse du même nom, fondée sur la reconnaissance de l’inconscient, le travail dans le transfert, l’emploi de techniques adaptées à la personnalité du patient et à ses régressions dans la cure (Jean-Michel Fourcade). L’idée étant de proposer, comme dans toute formule intégrative, dont c’est le principe, un kit à apprendre à conjoindre, dont les éléments sont principalement la psychanalyse et la thérapie psychocorporelle. En créant cette appellation, son auteur revendique la pratique d’une psychanalyse ouverte au psychocorporel (outrepassant le tabou du toucher), permettant un travail dans la régression. Mais si elle s’ouvre ainsi, ne se dénature-t-elle pas dans l’instant ? réapparaît la question du hiatus, que traite la multiréférentialité.
La dynamique du souffle, pratiquée au Cifp par Philippe Grauer et Marie Cubertafond, répond à cette exigence de conjoindre travail psychocorporel orienté vers la régression, inspiration psychanalytique et gestaltiste. Par là le Souffle [1] se démarque du Rebirthing ou Rebirth, dont la base théorique est quasi indigente — ce qui n’empêche pas, entre les mains d’un praticien de valeur, de produire d’excellents effets, la valeur du praticien vaut et prévaut — vaste programme.
La même remarque peut valoir pour l’analyse bioénergétique, que des praticiens se référant à la psychanalyse tirent vers celle-ci, dans une sorte de projet intégratif plus ou moins clairement affiché.
– Patients-limites & psychanalyse intégrative – Jean-Michel Fourcade à l’honneur
Entrée du 1er juin 2011 – mis à jour le 3 octobre 2012 –
- FEHTI BENSLAMA : POMMIER DE DISCORDE CONTRE UN PSYCHANALYSTE HONNÊTE
- PARADOXES DE L'EFFET PLACEBO — ce qu'une substance neutre révèle de la médecine
- groupe
Les praticiens multiréférentiels qui désireront marquer qu’ils s’axent théoriquement principalement sur la psychanalyse dans leur pratique et recherche à base de multiréférentialité, œuvreront dans le cadre de cette spécialité.
Cela signifiera que, dans le cadre de référence d’une psychanalyse ouverte à d’autres courants, ils orienteront leurs recherches dans une attitude non hégémonique de colonisation d’autres systèmes et méthodes psychothérapiques, interrogeant aussi bien la psychanalyse elle-même, dans ses avancées, que les disciplines connexes.
Une recherche en psychanalyse multiréférentielle ne procédera pas par intégration à la psychanalyse mais par « interrogration » partielle, le questionnement et l’ouverture restant essentielles.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
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– reconnaissance par les pairs
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– psychanalyse multiréférentielle
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– terminologie
9 décembre 2010 – 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkmétier, posture
Nom de métier. Désigne un praticien du soin psychique formé, à l’issue d’un long parcours psychanalytique personnel, dans une association société savante qui dispense gratuitement à ses membres (cotisants) une formation continue de qualité, agréé (1) par cette dernière. Par ailleurs un psychanalyste se soutenant de son seul désir, électron institutionnel libre est également possible, ce qui rend l’organisation de la profession problématique. Il est constant qu’être psychanalyste représente une posture qu’aucun diplôme ne saurait garantir.
guide du psychanalysard
La profession de psychanalyste n’est pas réglementée. Ce qui ouvre latitude à des à peu près, d’où les fantasmes relatifs aux charlatans chers à la médecine et par mimétisme à la psychologie scientiste. Il y a intérêt à vérifier à quelle société appartient le psychanalyste auquel on s’adresse – sauf les électrons libres, légitimés ou non par des écrits ce qui ne garantit pas forcément leur capacité clinique de toute façon –. Et puis l’ennui c’est que le public ne connaît pas les sociétés en question et qu’il n’existe pas de tableau fnac comparatif. Alors en l’absence de Guide du psychanalysard le public procède comme avec les restaurants il met en circulation de bonnes adresses, à commencer par celle de son propre psy quand on en est satisfait.
psychanalyste sous couvert de
Dans notre pays et dans beaucoup d’autres, la solution institutionnelle à la question de la légitimité consiste à acquérir d’abord (ou en rattrapage dans certains cas) la qualité de psychologue ou de psychiatre, et obtenir par la certification universitaire la légitimité et respectabilité sociale nécessaire. Ce qui fait qu’on exerce la psychanalyse sous couvert d’une autre profession et diplômation, mais en se réclamant d’elle comme si de rien n’était, ou si peu, puisqu’il n’est de formation que de l’inconscient mais que la certification qui fait autorité (et autorise à l’exercice sous le nouveau titre de psychothérapeute) c’est celle de l’autre, l’universitaire – actuellement paramédicalisée.
agent double
Si bien que, trompant sur la marchandise, un psychanalyste est le plus souvent agent double, indistinctement psychologue-psychanalyste ou psychiatre-psychanalyste, le cumul n’étant pas sans autoriser des confusions et corruptions épistémiques voire éthiques, et corporatistes bien entendu, entre cursus et types bien différents de savoir et de pratiques. La réconciliation du clivage pouvant à présent s’opérer à l’abri du nouveau titre de psychothérapeute, lequel procède de la médicalisation de l’existence. Heureusement que la psychanalyse sait s’occuper des conflits intrapsychiques ! hélas, de nombreux intéressés ont intégré le tout et sont souvent indistinctement les deux à la fois, alors que le deux disciplines et professions sont fracturées par des forces contraires voire contradictoires.
« être psy »
Cette double appartenance qui parfois tient du double lien se voit occultée sous l’appellation toute innocente de psychanalyste tout court. Sans compter pour complexifier la figure qu’il en existe aussi, peu nombreux, des tout-courts, ninis, ni psychiatres ni psychologues, fréquentant des cercles d’associations psychanalytiques travaillant également à l’hôpital, hantant les présentations de malades, on finit par s’y perdre. Les patients ayant évalué le paysage complexe du carré psy ont résolu la question en raccourcissant tout le monde sous la dénomination englobante en vrac de psy. C’est ainsi qu’un (excellent) coffret CNRS de Daniel Friedman interviewant des psychanalystes célèbres s’appelle Être psy.
appellation problématique revendicative
Deux autres formes d’appellation problématique viennent de professionnels qui revendiquent l’appellation de psychanalyste, accompagnée ou non d’un déterminant qui a toute l’apparence d’être un déterminant le terme qu’il spécifie. Il s’agit
– des jungiens, qui sont passés de l’appellation de psychologie analytique (SFPA : Société française de psychologie analytique) à celle de psychanalyse – la langue raccourcit on ne précise pas toujours jungienne, ce qui représente soit une contradiction dans les termes soit une revendication de parenté proche qu’on peut entendre mais qui continue de brouiller les frontières interdisciplinaires et l’ensemble du système d’appellation. Comment se mettre d’accord ? Comme dans les guerres de religion à l’issue de schismes différences et similitudes s’avèrent irréductibles chacun ne pouvant en démordre puisque son cœur d’identité se trouve à ses yeux mis en cause. Ah ! les sciences humaines !
– des psychanalystes intégratifs, qui professent une psychanalyse intégrant, comme son nom l’indique, d’autres composantes, non psychanalytiques, comme l’analyse bioénergétique, et d’autres disciplines encore. Leur appellation n’est pas prête de leur ouvrir grandes les portes de l’Association internationale de psychanalyse, mais faire bouger les lignes est un de leurs soucis.
mise au pluriel
Alors on met tout le monde d’accord en parlant de psychanalyses ? Fort heureusement la présente entrée ne traite pas de la question du nom de la discipline. Dont la mise au pluriel soit dit au passage ne règle pas la question(2). Comment par un artifice langagier mettre tout le monde d’accord quand c’est impossible ? cela ne fait que déplacer le problème en souffrance en maintenant celle-ci.
Analyste
L’aphérèse Analyste, avec majuscule, courante chez les analystes (!), permet également bien des glissements sémantiques, déborde le champ de la psychanalyse. De nombreux psys absolument pas psychanalystes se sont pour donner le change dénommés analystes + un déterminant de nom de spécialité. C’est qu’il y avait un change à donner, une fausse monnaie symbolique émissible. Ainsi analyste bioénergéticien – d’autant plus que cela se réfère à ce qui est devenu en français analyse bioénergétique, Lowen se déclarant quant à lui à l’occasion psychanalyste sans barguigner, analyste émotionnel, existentiel, systémique, etc.. Cette appellation permet en particulier aux intégratifs de mixer psychanalyse et analyse bioénergétique. On a vu que les psychanalystes intégratifs pour leur part pouvaient se trouver avec une terminologie différente dans un cas de figure similaire. On rencontre ainsi de nombreux analystes ceci ou cela, ou des analystes tout court vêtus d’une terminologie au flou très distingué, marquant l’influence de la psychanalyse et le fait que son image de marque reste dans certains cas une couverture – comment dirait-on en marketing du symbolique ? optimisante.
27 octobre 2012 –
- 1 Généralement selon deux ou trois grades, associé, membre non de plein exercice, titulaire. Souvent à un âge largement avancé, un « jeune psychanalyste » – sauf exception notable de l’École de la Cause, a souvent de 50 à 60 ans minimum, ces habitudes institutionnelles d’une attente infinie aux portes du Saint des Saints ne sont pas sans poser problème, créant en surabondance des psycha-gérontes.
- 2 Nicolas Duruz dans son ouvrage magistral Psychothérapie ou psychothérapies tente de discerner dans ce champ ce que dévoile la mise au pluriel, précisément pour distinguer les universaux fondateurs de la discipline.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- DE SILÈS Fabienne
- PÉRIÉ Laurent
OBJET DE LA PSYCHIATRIE
par Philippe Grauer
On peut distinguer sous le vocable hétérogène de psychiatrie plusieurs composantes relevant de champs disciplinaires à épistémologies différentes(1).
– a) médecine
Les données psychiatriques relèvent du médical (médecine, neurosciences) et à ce titre du biologique et du physico-chimique : « Comment va mon traitement ? » Le médical jouit du privilège exclusif de diagnostiquer : DSM quand tu nous tiens ! La psychopathologie relève de la médecine(2). Qui tient le diagnostic tient le traitement. Valable en médecine pure, en psychiatrie l’adage n’est pas sans danger, vu l’indigence des grilles diagnostiques, et l’à peu près (encore heureux, s’agissant d’êtres humains) fatal de la clinique. Le psychiatre (puis par défaut le simple médecin) prescrit donc un traitement. Dont la dynamique est celle des dosages et de la surveillance de l’effet des neuroleptiques(3). Reste la question de la pertinence des grilles diagnostiques(4) et de l’hégémonie globalisatrice d’un DSM controversial.
– b) citoyenneté (soins sans consentement)
Noter que la psychiatrie évolue également dans le « médico-juridique », en ce sens que le psychiatre (et maintenant le juge) doit se prononcer sur l’hospitalisation contre leur gré de certains patients. Délicat de « juger » bonne à enfermer pour dangerosité envers soi ou autrui et pourtant en certains cas il faut le faire, une personne psychiquement fragile, délicate encore l’autorisation de sortie, empoisonnée par des considérations sécuritaristes (depuis Sarkozy) qui ont multiplié les chambres de contention et relevé les murs, restaurant l’asile à caractère carcéral, disparu il n’y a pas si longtemps (voir antipsychiatrie).
– c) sociologie
Les données relèvent aussi de la sociologie, notamment de la sociologie clinique, du jeu des interactions familiales et socioprofessionnelles, de l’histoire de vie : « Comment ça se passe en ville, à la maison, au travail (si travail il y a), avec les autres ? » Il faut savoir également que quantité de malades mentaux lourds sont à la rue, ou en prison. Étrange dimension sociologique.
Ainsi la psychiatrie s’exerce également dans l’univers carcéral, sans s’étonner outre mesure de la proportion 7 fois plus élevée là qu’ailleurs de schizophrènes. Elle procède à leur médication que voulez-vous d’autre qu’elle fasse ?
– d) psychosociologie
En milieu hospitalier fermé, on peut rencontrer encore parfois une méthodologie psychosociologique communautariste héritière de la psychothérapie institutionnelle, qui combine les séances de groupe psychothérapique, un peu de psychothérapie individuelle d’inspiration psychanalytique, parfois du psychodrame individuel (tout cela coûte et se voit limité par la conception gestionnaire de l’hôpital), et l’administration d’une médication lourde.
– e) psychothérapie
on connaît l’ampleur de l’éventail de méthodes et écoles antagonistes composantes du vaste et flou domaine de la psychothérapie, allant des thérapies comportementalistes à protocole à la conversation psychothérapeutique (difficile de dire en quoi elle l’est parfois) jusqu’aux incursions dans le monde de l’expérience personnelle et du sens de l’existence : « Que devenez-vous ? » En matière de psychiatrie on reste dans le médical et la relation fondamentale demeure de consultation, Roland Gori et Marie José Del Vongo parlent singulièrement de « colloque » pour qualifier le dialogue médecin malade, comme s’il était égal. Or l’un va mal l’autre bien, on l’espère pour lui. Le malade consulte (5) un spécialiste (en effet titulaire d’une spécialité médicale) en qualité de patient en souffrance venu chercher un traitement (a). Le spécialiste, tient le rôle du sujet, dispose du savoir, a les cartes en main. L’objet c’est le patient et sa maladie. Que le premier va prendre en charge (couvert par sécurité sociale et mutuelle) dans le cadre objectiviste sujet-objet. Il n’y a pas d’implication méthodologique forte sujet-sujet en interaction psychothérapique, pas de co-engagement risqué, pas d’implication forte de part et d’autre, pas d’aventure, sauf si …
voir également
– DSM
– DSM5
– Robin Lindley interviewe Edward Shorter, Comment la dépression est devenue dominante, 10 août 2013.
méthodologie mixte
… Sauf si le psychiatre choisit d’agir plus ou moins (!) en psychanalyste (6) ou en psychothérapeute relationnel (plus rare) dans le monde médical. On rencontre même parfois des psychiatres gestaltistes, comptés sur les doigts de la main) sous couvert de psychiatrie, œuvrant dans le sens d’une substitution disciplinaire. Nous touchons aux rivages de la psychiatrie dynamique (Henri Ey et l’organo-dynamisme), organicisme conjugué à du relationnel : »Où en sommes-nous ? » Le dialogue psychiatre-malade peut s’approfondir, mais généralement sans aller jusqu’à la dynamique de subjectivation requérant l’implication mutuelle d’un tout autre espace méthodologique et même disciplinaire, à considérer la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle comme disciplines.
Stratégie à la limite
Comment déterminer qu’on passe de la consultation à la séance (à périodicité régulière), selon des méthodes variables – à la séance de quoi au juste ?
Figure extrême
On peut même de façon caractérisée engager une psychanalyse à deux ou trois séances par semaines pour une durée indéfinie : une discipline chasse l’autre, sous le couvert de laquelle elle s’exerce. Cette pratique se raréfie : économie managériale exige. Le médicament coûte tellement moins cher (à première et courte vue). D’autre part les mœurs psychothérapiques ayant évolué, les pratiques relationnelles en la matière sont plutôt d’une fois par semaine.
Figure mixte
Travail en réseau. Plus fréquemment le psychiatre (débordé) coopère avec un autre psy, psychothérapeute ou psychopraticien relationnel, qui se charge des séances régulières (e), lui s’attachant au suivi des prescriptions, au suivi psychiatrique (médical, privé ou hospitalier) proprement dit.
Le professeur Shorter s’en désole, au Canada « la plupart des psychiatres ne font plus de psychothérapie. » Et en France ?Tout cet à peu près, ce plus ou moins qui précède l’usage souvent vague d’un peu d’approche psychodynamique mais rien de trop, signale que de plus en plus la psychiatrie renonce à opérer dans le champ de la psychothérapie intersubjective engagée : pas le temps pas les moyens.
Les protestataires encore affiliés à la mouvance psychanalytique par le biais de la psychothérapie institutionnelle font de grands moulinets avec les bras mais ne doivent pas faire fausse figure de majorité dans la profession. Il serait bon par contre qu’eux et nous constituions un front commun. Que ceux qui sont du même bord le pratiquent en alliance. Conjoints aux psychologues de l’Appel des appels, ensemble ils représenteraient une force, et un recours pour le public. Il suffirait de commencer à réduire les lignes défensives du corporatisme, ce poison du milieu psy.
conclusion
La psychiatrie constitue une discipline complexe à méthodologies diverses et contradictoires. La réduction et la rection par une seule voire deux seulement des dimensions de base ici évoquées ne résout pas ses problèmes mais opère une dommageable réduction. Rien à faire, la psychiatrie doit se faire à l’idée de sa complexité, ni embrouiller ni se reneurologiser et revenir au tout biologique mais articuler. Sans hégémonie ni rejet des disciplines de la dynamique de subjectivation.
- 1 On consultera à ce propos l’article en ligne « La psychiatrie à l’épreuve du scientisme » en date du 8 août 2013, de B. Odier.
- 2 D’où la revendication par la médecine de la suprématie de l’autorité scientifique de la psychopathologie psychiatrique.
- 3 Il n’est pas rare qu’un traitement décidé en vingt minutes chrono se voie reconduit avec éventuellement de légères mises au point à mesure, pour vingt ans par le médecin traitant. J’ai connu une femme de la bonne bourgeoisie qu’on avait ainsi à son insu enterrée vivante avec son mari mort. Ordonnance renouvelée indéfiniment, soumission à l’autorité de la médecine.
- 4 On pourra consulter Serban Ionescu, 14 approches de la psychopathologie, première édition 1991, réédité en 2012 chez Armand Colin, 256 p.-
- 5 Comme d’un avocat, nous sommes dans la relation de conseil : on consulte un spécialiste du type de problème rencontré, avec lequel on délibère de la problématique et des solutions et démarches dans lesquelles s’engager, c’est cela, tenir conseil. C’est à partir de cette conception de la relation à un spécialiste de profession libérale que Rogers a substitué l’appellation de client, libre et souverain à celle, médicale, de patient, dépendant de l’expert représentant l’autorité académique (« c’est grave docteur ? »).
- 6 Le plus généralement, à cause de l’Histoire c’est la discipline fondée sur la dynamique de subjectivation la plus répandue dans le milieu médical – de moins en moins, de 50% à la fin des années 60, à combien maintenant ? 15 à 20 % ? ces derniers se démènent et croient et font croire qu’ils seraient très nombreux. Appuyons-les mais ne rêvons pas, leur pouvoir décline, hélas. Cf. Assises de la psychiatrie du Collectif des 39.
- Séminaire multiréférentiel d'été 2025 au Hameau de l'étoile
- Note sur le packing
- La fonction phorique
PSYCHO DIVERSITÉ
corporatisme
Pluralisme. Respecter les écoles et approches, en se dispensant d’arrogance, on n’est pas loin du principe de tolérance. La psychothérapie, science molle(1), comprend de nombreux modèles, complémentaires ou antagonistes. On conçoit que traitant de la condition humaine son abord soit multiple. On sait d’expérience que les écoles psys se font volontiers la guerre, entrant dans des querelles idéologiques interminables, et des jeux de pouvoir s’appuyant sur le corporatisme, qui est au métier ce que le nationalisme est aux peuples. Il en est qui souhaitent littéralement la mise à mort de l’autre, son interdiction professionnelle, à la soviétique. Prendre avec sang-froid la mesure du danger. L’agressivité peut-être la meilleure et la pire des choses. Rester serein et militer pour une réelle confraternité.
identités fragiles
On pourrait en déduire que les identités scientifiques et professionnelles dans ce domaine sont assez fragiles pour que les tenants d’une école, d’une doctrine, voire d’un dogme, ne conçoivent leur paix identitaire que dans la ruine ou l’annexion de leurs voisins.
l’autre comme mauvais objet
On peut aussi se demander comment des praticiens aussi peu raisonnables peuvent prétendre aider leur prochain valablement. Comme l’exprime Lucien Tennenbaum ayant intitulé son dernier ouvrage, d’autres psychotiques que moi, certains autres me font apparemment de l’ombre, c’est eux les mauvais car moi j’ai la chance d’appartenir au bon camp. Consternante guéguerre des psys, comme s’il ne fallait pas de tout pour faire un monde un tantinet humain.
débat plutôt que combat
Nous cherchons à nous démarquer de l’attitude de rejet de l’autre peu compatible avec l’éthique de notre art et science (humaine répétons-le). Probablement maladroits nous-mêmes, qu’on nous en avertisse quand cela devient le cas. Que le débat remplace le combat nous semble une issue préférable.
- 1 Précisément, ceux qui se réclament de la psychologie scientifique entendent lui donner la dignité de science de la nature (pas humaine, nature tout court), dès ce moment la hache de guerre affleure. Que la polémique se poursuive et que chacun trouve son bonheur épistémologique et autre comme il l’entend. Ces questions là ne se résolvent pas à coups de pouvoir de toute façon.
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- identité et valeurs du CIFPR – qui et que vous apprêtez-vous à devenir ?
- Sciences sociales, le déclin français
Réflexion sur les professions et métiers psys relativement à leurs cadres professionnels et scientifiques. Nous proposons comme esquisse cette tentative taxinomique. Nous recevrons volontiers toute remarque permettant d’avancer l’analyse institutionnelle du champ mouvant des professions et savoirs constitués de « La » psychothérapie contemporaine, sans ignorer ce qui se passe à ses marges.
Réglementé, autoréglementé, non réglementéComment s’y retrouver et aider à s’y repérer.
Qui suis-je, qu’est-ce que je psychopratique ? et comment je m’appelle ?Impossible d’énumérer carotte, poireaux, légumes, dans un même souffle. Quand aux champignons, à la viande et aux poissons n’en parlons pas.
énumérations sans queue ni têteOn lit pourtant souvent des énumérations du genre psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, tout juste si on n’y ajoute pas médecins. Visiblement la taxinomie n’a pas été enseignée à nos psys.
question d’identitéOr si l’on s’embrouille en affichant des listes à la Prévert auxquelles il ne manque que le raton-laveur pourtant indispensable, on montre que les questions d’identification, donc d’identité, à l’endroit de notre profession, faisant système avec les voisines, elles-mêmes mutantes, conservent encore des replis structurels à explorer.
mise au clairLa présente mise au clair en est encore au stade de la tentative. Nous n’avons pas hésité à nous répéter d’un § à l’autre, éclairant différemment la même réalité. cela s’appelle sursaturer son corpus. Éventuellement pénible, d’autres fois bienvenu. Le lecteur jugera.
Philippe Grauer 18/23 novembre 2021 — 7 janvier 2022
Notre site, en réfection, dysfonctionne. sa dimension « wikipédique » d’un réseau interne d’hyperliens de définitions de nombreux termes, n’est pas encore réparé. Par curiosité allez visiter notre Glossaire, qui a perdu provisoirement son efficace d’application automatique. Excusez-nous pour le dommage, que nous espérons le plus momentané possible.
Psychothérapie — répartitionUne DISCIPLINE non définie, répartie entre les compétences de PROFESSIONNELS à définir.
1) PROFESSIONNELS exerçant dans le cadre réglementé, à partir du privilège du titre d’exercice de psychothérapeute[1], relevant de l’un des deux secteurs académiques que sont
a) la médecine : psychiatres[2] (dont les psychiatres-psychanalystes qui restent[3]).
b) la psychologie : psychologues cliniciens (dont des psychologues-psychanalystes, vieillissants, sans se rendre compte)
2) PROFESSIONNELS exerçant hors du cadre réglementé mais autoréglementé
2.1 — mais autoréglementés. Relevant de l’un des deux cadres autoréglementés[4] suivants
2.1.1 — cadre autoréglementé AFFOP de psychopraticien relationnel® [5]
L’AFFOP étant la fédération à laquelle appartient le SNPPsy, créateur de la discipline. L’agrément du praticien validant sa capacité clinique, son métier, au-delà de la méthode, de la certification d’école. À noter l’emboîtement qui situe la méthode (« sous-titre ») dans le cadre disciplinaire (titulature relationnelliste), lequel se valide au travers de la personne même du praticien.
Noter également que ce cadre n’est pas suffisamment lisible. Les praticiens se désignent souvent par leur nom de méthode. « Je suis Fraise-des-bois thérapeute » et préfère encore m’en tenir à ça. À vrai dire il peut arriver qu’ils ne sachent ni comment ils s’appellent ni comment se faire appeler. Vous voyez d’ici le tableau ? beaucoup d’appelés peu d’élus d’accord, mais manque à l’appel on fait comment ? quant à peu d’appelés beaucoup d’élus ce serait quoi ? taxi-anomie.
2.1.2 — cadre autoréglementé de psychopraticien certifié FF2P[6]
La certification FF2P portant principalement sur la méthode — elle même « scientifiquement validée » AEP, dans le cadre de l’institution du CEP, voir ce mot) [7]
3) PROFESSIONNELS exerçant hors du cadre réglementé & hors du cadre autoréglementé[8]
Régime de l’autoproclamation. C’est ici qu’on retrouve le vrac de 400 à 700 systèmes divers, classables comme techniques (et non méthodes) de développement personnel, allant d’une pratique de type méditatif à l’hypnose, en passant par le magnétisme à distance et la révélation de type mystique boumboum[9], qui ne se gênent pas pour offrir des services par elles qualifiés de psychothérapie ou apparentés[10], dont la Cliothérapie de Renault pourrait figurer la caricature emblématique.
Souvent, le dirigeant d’une technique confère sa légitimité à sa technique par contagion métonymique avec les mérites et le renommée du fondateur et son prestige académique. Que voulez-vous, il faut bien faire étinceler sa bonne forme se détachant sur le fond commun des autres. À défaut de confirmation par les pairs alimenter la rumeur de sa renommée. Savoir se faire savoir.
4) PROFESSIONNELS (?) ou amateurs exerçant une tout autre pratique
Praticiens de la pensée magique régressée en amont de la profession psy, quelle qu’elle soit. Pratique de type sorcellerie. Le public écœuré par l’état du Carré psy recourt alors à toute la charlatanerie du monde. Il s’agit d’un contre-champ ouvert comme alternative au scientisme et à la médicalisation (à base organiciste) de l’existence. L’actuel cours d’Élisabeth Roudinesco à l’ENS traite cette année de ce terrain vague dont on se demande ce qui peut bien être en train d’y pousser. Nous y reviendrons.
Avec le coaching on est encore en territoire identifiable et intelligible, appliqué aux besoins de l’entreprise et n’ayant rien à voir avec la psychothérapie. Mais ensuite ?
réglementation professionnelleOn peut considérer l’organisation des professions psys selon deux secteurs
I) Au sein du cadre réglementéPsychiatres (pas de titre universitaire de psychothérapie)
Psychologues cliniciens : psychothérapeutes (titre d’exercice) enregistrés, dont psychologues-psychanalystes. Rappel : psychothérapeute n’est pas un titre universitaire, mais une appellation administrative réservée, une licence d’exercice corporatiste.
Principe méthodologique et théorique : thérapies brèves, à protocole. Exceptés les psychanalystes (effectif pour l’instant stable).
II) Hors du cadre réglementé2.1 — les PSYCHOTHÉRAPEUTES d’avant 2004, dits à l’époque NINIS [11], devenus PSYCHOPRATICIENS bénéficient de deux titulatures, AFFOP (psychopraticiens relationnels)/FF2P (psychopraticiens certifiés).
L’expression administrative Ninis désignait en argot administratif à la fin du siècle dernier, les praticiens organisés dans le cadre de leurs institutions fondatrices historiques : le SNPPsy — donc l’AFFOP (d’abord le premier puis l’un dans l’autre), et ceux organisés dans le cadre de la FF2P. Ces praticiens ne relevaient NI de la psychiatrie NI de la psychologie. C’est bien pourquoi ils portaient un troisième nom : psychothérapeutes. La terminologie est embrouillée du fait de la confiscation du nom par la loi, à l’initiative conjointe de la médecine, des psychologues, et des psychanalystes s’y rattachant.
2.1.1 — titulature d’exercice alternative AFFOP (le SNPPsy en est avec le PsyG l’un des membres fondateurs).
Il s’agit ici du titre d’exercice (alternatif) de psychopraticien relationnel® (INPI propriété de l’AFFOP, à laquelle appartient le SNPPsy).
Méthodologie et théorie : dynamique de subjectivation (territoire scientifique commun avec la psychanalyse, avec des différences) slow psy (question de la psycho-temporalité).
2.1.1.2 — Ninis. Dans ce domaine, les praticiens concernés (formés en reconversion), ont pour unique syndicat historique de référence le SNPPsy.
2.1.1.3 — non Ninis.
a) Les autres professionnels, psychologues essentiellement, qui ont le choix, se syndiquent logiquement, professionnellement parlant, à leur syndicat de psychologues de référence.
b) On compte un faible pourcentage [12] de psychologues transfuges venant s’inscrire au SNPPsy, par référence à cet autre champ disciplinaire que constitue la psychothérapie relationnelle. Ils témoignent
— de la minime capacité de rayonnement scientifique de la psychothérapie relationnelle via le syndicat l’ayant fondée
— d’une posture adaptative du SNPPsy, cherchant à donner le change sur son identité structurelle[13], tout en maintenant sa vocation novatrice dans le domaine de la psychothérapie, axée sur la promotion du champ disciplinaire qu’il en est venu à créer (Jean-Michel Fourcade/Philippe Grauer) au terme de 20 ans d’Histoire, puis à afficher comme signe de ralliement identitaire alternatif. Ne pas oublier que le SNPPsy des psychothérapeutes de l’époque les a définis comme relationnels. Ayant dû maquiller le « psychothérapeute », il a au moins maintenu le « relationnel ».
2.2 — titulature d’exercice alternative FF2P : psychopraticien sans déterminant[14], qu’il serait plus logique d’écrire psychopraticien certifié, pour rester dans la logique historique de la terminologie CEP — Certificat européen de psychothérapie (européen ne revêtant pas ici la dimension institutionnelle de l’appareil européen bruxellois). Terminologiquement — devrait-on dire idéologiquement ? —, la FF2P se propose de représenter « les psychopraticiens » indistinctement. Organisant[15] les diplômés par les écoles fédérées AEP, augmentés des candidatures individuelles (siphonage des syndicats ? Nous ne pouvons traiter cette question, abordée ailleurs). Système de validation ayant augmenté son attractivité.
Il faudrait prendre en compte l’abandon FF2P du principe de la validation par les pairs, celui du Cinquième critère, des règles de base (la terminologie et le nombre de critères a évolué mais le principe reste le même) dont il ne conserve que les 4 premières. La cinquième fonctionnant sur le mode de la fausse fenêtre, s’ouvrant par intermittence.
Méthodes, théories : comportementalisme, centration sur la réduction du symptôme, psychothérapie relationnelle.
2.3 — Ninis à zéro titulature d’exercice
Nom de méthode ou de technique sous le régime d’aucun titre d’exercice. D’emploi non encadré[16]. Couverture académique possible, si la technique employée l’est par un psychologue clinicien ; zone de toutes les incertitudes et insécurités afférentes.
QUELQUES POINTS PARTICULIERS1) titulature d’exercice hors du cadre réglementé
a) confirmation professionnelle alternative privée. Ici disjoindre certification (d’école) de confirmation (syndicale ou de société savante).
b) voiture balai ou objet d’élection ?
Le syndicalisme psychopraticien existe comme recours en qualité de lieu d’affiliation des « Nininis », ni inscrits dans une société savante (elle-même enregistrée AFFOP ou FF2P), ni inscrits à titre individuel à la FF2P, ni auprès d’une autre institution, ni rien.
c) cas de figure atypique
Quelques psys à la recherche d’une formation complémentaire à la clinique relationnelle, peuvent, événement rare, chemin faisant désirer s’inscrire dans sa mouvance. On procède alors à leur intégration à son cadre de référence scientifique (fonction annexe de société savante) au vu de leur compétence nouvellement acquise de psychopraticien relationnel. Leur diplôme de psychologue clinicien (cadre réglementaire) est alors admis par équivalence au diplôme d’une école (agréée AFFOP ou FF2P) du cadre autoréglementé.
2) lieu de diffusion et de transmission de la psychothérapie relationnelleun diplôme sans valeur (universitaire)
Cette discipline ou plutôt ce champ disciplinaire, ne se dispense pas à l’université (qui n’en délivre donc pas le diplôme) mais uniquement dans des écoles privées (nous préférons les agréées AFFOP puisque nous sommes membres de l’AFFOP), qui délivrent un diplôme sans valeur au regard de l’université (elle même en crise ne l’oublions pas, à base de scientisme, et jusqu’à il y a peu, de dogmatisme psychanalytique). Même régime que la psychanalyse, dont l’éventuel enseignement universitaire ne confère pas la qualité de psychanalyste. Par contre, une solide formation alternative extra universitaire n’est pas à déconseiller. Retour aux sources, la bande à Freud (intellectuellement suréquipée) avait commencé hors les murs de l’alma mater. Mais elle tenait à puiser à son réservoir de respectabilité intellectuelle. N’empêche que c’est, à l’issue de la première expérience d’Eitingon à la clinique de Berlin qui la fonda comme profession, n’empêche que c’est en parasitant psychiatrie, médecine et psychologie, qu’elle s’est développée, et établie. Parallèlement bien entendu à son expansion en société savante mondiale. Diversifiée comme on sait par la suite.
contre-valeur des médecines de l’âme
Quand à la psychologie humaniste, elle vécut de la créativité conjointe de grands intellectuels, de personnalités marginales, de mystiques ébourriffés, d’un enthousiasme collectif populaire et littéraire, et du rayonnement dans son sein de la phénoménologie et de l’existentialisme. Où en est-elle maintenant, concurrencée par l’existence d’un important quota de praticiens de type développement personnel que nous dirons de qualité critique souvent problématique (pour la question du charlatanisme voir cette entrée) ? elle en est à maintenir de tous ses soins des zones de santé et de recherche intellectuelle, de transmission et de vigilance éthique. Elle en est à protéger le précieux noyau de contre-valeur en quoi elle consiste. Très utile au service d’un public désorienté qui a besoin de ses repères, de sa rigueur et de sa vigueur et de son tonus. Elle est là comme garante de la continuité scientifique et humaine de la dynamique de subjectivation, et du passage aux générations suivantes d’une mentalité « écolo-psy » au service de justes médecines de l’âme.
insoutenable légèreté de l’être thérapeute
Le côté extra universitaire des psychopraticiens relationnels, traditionnel depuis Esalen et sa créativité doublée d’une fantaisie que nous qualifierons de débordante, et d’une rigueur de pensée novatrice, tout cela confondu, s’est maintenu sous les deux aspects de théorisation parfois improbable et de rigueur refondatrice. De toute façon nos écoles ne dispensent plus (ce qui était le cas au CIFP au début du siècle) autant d’heures de formation — contrainte économique exige —, et la mini fac alternative que représentait la NFL a fermé ses portes en même temps que les yeux de Jean-Michel Fourcade. Reste l’obligation de supervision constante, qui remplit le rôle d’une bienvenue formation permanente, et l’heureux principe du Cinquième critère.
Il demeure que la production de grands textes osant évoluer aussi du côté de la théorie a d’autant plus diminué que les psys… « ne lisent plus » assez. Sinon à l’occasion des ouvrages de niveau souvent pas trop remarquables. Ainsi un texte de niveau intellectuel moyen comme La psychothérapie relationnelle est ignoré chez ceux-là mêmes dont c’est le centre d’intérêt. Sans même mentionner les autres, chaque société, enfermée, ne lisant que ses propres auteurs. Tirage, et ouverture intellectuelle, limités. Pourtant, regardez notre bibliographie en ligne, fort incomplète, il existe un thésorus de textes de référence d’excellente qualité. Tout n’est pas perdu.
Et puis justement ajouterez-vous, la promesse de l’aube se formule généralement de nuit. Si vous voulez être lu publiez donc les grands textes dont nous avons besoin au lieu de vous lamenter en tout fout le camp ! À noter d’ailleurs que le niveau intellectuel de base de nos étudiants en reconversion peut être élevé, car ils ont fait des études ! ailleurs qu’en psycho, ce qui peut présenter un intérêt. Si on devait signaler un manque parmi d’autres, ce serait du côté de la philosophie, appliquée au champ psychothérapique. Notre école, pionnière en la matière, en dispense encore trop peu, mais y tient.
ancienne voie académique
Anciennement, les psychanalystes avaient pris l’habitude dès les années 50, de se couvrir en faisant leurs études en psychologie. On devenait psychologue-psychanalyste. Avantage, ils avaient le pli culturel psy universitaire. Et la prétention, le mépris, pour tout ce qui ne relevait pas de leur bonne filière. Gros inconvénient, leur formatage psycho. Pareil en psychiatrie mais là c’était l’inverse, des psychiatres à formation de spécialité médicale longue pouvaient se voir encourager, du temps de Lacan, à devenir psychanalystes. Risque de médicalisation et d’académisation lacanienne de la psychanalyse, avec mentalité dogmatique à la clé. Tout ceci est terminé. Les traditionalistes de la rue Saint Jacques (SPP), de leur côté, recrutaient essentiellement des médecins. Ils acceptent maintenant des psychologues. Décidément tout fout le camp. Ce qui fout le camp surtout c’est le recrutement des sociétés de psychanalyse, requérant que le candidat ait au moins trois patients en analyse à trois fois par semaine, ce qui devient impossible. Ah ! les beaux jours !
Une poignée de DESU
La question se pose infiniment moins pour les quelques DESU — une pincée de centaines d’heures, juste pour se donner un tout petite teinte universitaire — pouvant porter sur des thèmes relatifs à la psychothérapie, très éventuellement relationnelle, mais la réponse est identique, l’université ne transmet[17] pas, et n’a pas à le faire, la clinique relationnelle.
3) lieux dépositaires de la scientificité relationnellisteCe sont les écoles elles-mêmes autoréglementées AFFOP (la FF2P refuse ce déterminant) que revient cette tâche ; elles diplôment (certification, reconnaissance par diplômature[18]). Un syndicat ou une société savante habilitée confirmant et garantissant dans un second temps la qualité de praticien et sa référenciation dans ce champ disciplinaire.
4) répartition du champ de recherche et de professionnalisationCommunément en France, le champ scientifique de recherche et professionnalisation, se répartit entre l’université et des écoles privées (telles les écoles d’ingénieur). Que peuvent valoir des écoles validées par la seule profession ? autoréglementées hors le cadre réglementé, leur consistance scientifique et didactique reste intéressante, voire précieuse, s’appuyant sur une pratique et une réflexion scientifique identifiable. En attendant mieux, le processus d’agrément de l’AFFOP fonctionne comme lieu de référence de bonne réputation dans le micro milieu de la psychothérapie relationnelle.
[1] Titulature initialement syndicale, confisquée par la médecine à ses créateurs et promoteurs initiaux, regroupés autour du SNPPsy, puis des deux fédérations ayant pris place avec lui à la fin du XXème siècle. Le cadre réglementé l’est par l’institution du titre d’exercice institué par la loi de 2004. Il rejette dans l’ombre les professionnels organisés par leur autoréglementation stricte du titre professionnel alternatif de psychopraticien relationnel, confondus avec les autoproclamés. Si nous distinguons les autoréglementés des autoproclamés, la confusion est massive dans le public, ce qui était bien le but de l’action politique lancée par l’Académie de médecine, qui se doublait d’une attaque contre le principe relationnel en psychothérapie (donc contre la psychanalyse, ce que nos psychologues-psychanalystes et psychiatres-psychanalystes sauf exception n’ont pas voulu discerner, ignorant Le patient, le psychothérapeute et l’État). Principe méthodologique et scientifique inquiétant pour les nouvelles orientations médicales en la matière, à partir du moment où il est conduit rigoureusement, tant épistémologiquement qu’éthiquement et philosophiquement.
[2] Ne pas négliger, secteur à part, les médecins généralistes, dépourvus de toute formation dans le domaine psy, proies faciles des démarchages des visiteurs médicaux diffuseurs de médicaments psychotropes. Ces derniers ne livrent au psychiatre que les malades dont ils ne savent plus quoi faire, ayant souvent, durant une longue première phase, dégradé la santé psychique de leurs patients. Quant à savoir ce que la psychiatrie en crise propose à la réception de la personne en difficulté, le présent papier s’intéresse précisément à y réfléchir. Avec la disparition de l’organo-dynamisme d’Henri EY supplanté par le DSM, donc de la dynamique de subjectivation en psychiatrie, qu’est-ce qu’il reste à faire au psychiatre qui reste, en dehors de la contention, du shootage et renvoi au domicile, sans la prise en charge relationnelle au long cours indispensable ? ah si ! il y a encore la case prison (avec shootage). Rassurez vous, pour paraphraser le bon La Fontaine, « je suppose qu’un moine est toujours charitable », supposer qu’un psychiatre hospitalier conserve les moyens intellectuels et logistiques de rester humain avec la folie même dans les circonstances actuelles. Comme dirait Freud on peut toujours rêver.
[3] Il y aussi des médecins-psychanalystes.
[4] Cadres institués par deux fédérations historiques, l’AFFOP et la FF2P.
[5] Sous la protection, garantie solidaire et exclusive, de la forme ® réservant l’appellation à ses seuls bénéficiaires légitimement désignés. Sous la forme simple psychopraticien relationnel sans le ® affichage d’une appellation d’école, d’un courant, institutionnellement irresponsable. Que font les dépositaires de la marque pour la faire respecter ? et depuis quand un courant scientifique est-il assimilable à une marque ? dans quel monde vivons-nous ?
[6] La FF2P tient à ne rien spécifier, pour pouvoir réunir le plus grand effectif possible de psychopraticiens surtout indéterminés, dont ceux se référant à des pratiques non relationnelles, l’idée étant de faire non du chiffre mais du nombre.
[7] Un peu comme si l’obtention du diplôme d’école suffisait, selon une procédure comparable à l’universitaire.
[8] Un cadre autoproclamé pouvant faire illusion.
[9] Allusion au forçage musical de certains exercices.
[10] Une technique entre les mains d’un praticien relationnel qualifié peut opérer bénéfiquement. Mais le chien se mord la queue précisément rendu à ce point : comment valider les qualifications. Question également valable pour les bénéficiaires des formations académiques.
[11] Appellation informelle au Ministère des praticiens de la psychothérapie qui ne seraient ni psychiatres ni psychologues.
[12] Anomalie taxinomique. Membres d’une profession voisine ayant choisi de s’affilier à l’organisation syndicale d’une autre profession que celle qui les légitimise, afin de se référencer au champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle.
Le SNPPsy pêche à l’instar de la FF2P, sur un mode légèrement différent, des poissons d’une autre espèce que les siens, en cherchant à donner à croire que de la sorte il peut se réclamer de la légitimité et respectabilité des champs professionnels des r transfuges accueillis.
[13] Car il regroupe structurellement les ninis, donc ni psychologues ni psychiatres, relevant de professions syndiquées de leur côté. En se désignant comme syndicat pêle-mêle des « psychothérapeutes (ie psychologues cliniciens), psychopraticiens (sans déterminant, ce qui crée la confusion), psychanalystes (ie psychologues-psychanalystes ou psychiatres-psychanalystes ; ici, twist : « psychanalystes », dénomination renvoyant à « psychanalystes-psychologues », désigne les « psychothérapeutes »qu’ils sont, lesquels de la sorte sont énumérés deux fois, la première sous leur nom la seconde sous leur prénom, on n’est pas loin de la confusion mentale), médecins (un ou deux, je cherche le second, le premier n’est plus médecin depuis longtemps ; il ne pourrait s’agir que de médecins-psychopraticiens, où sont-ils ? où est-elle ? je pense à une, gestaltiste, que je ne crois pas au SNPPsy), psychiatres (psychiatres-psychanalystes, pareil, où sont-ils ?), le SNPPsy actuel confond les catégories, embrouille l’esprit, et cherche à se donner une image respectable, au détriment de la fierté de représenter la catégorie socioprofessionnelle et le genre intellectuel originaux qui constituent son fond de recrutement. En somme la respectabilité institutionnelle étant du côté du grade universitaire, on en affiche le faux-self, corrélatif à une honte de soi. Mal venue pour une institution historique ayant des décennies durant porté et la profession qu’elle représentait, et les praticiens qui la constituaient, des psychothérapeutes relationnels relookés psychopraticiens relationnels, réunis à quelques psychologues à l’appellation à double entrée.
Les psychanalystes pour leur part relevant de quatre catégories.
- les psychologues-psychanalystes, chamarrés en tant que psychologues cliniciens du titre d’exercice de psychothérapeute,
- les psychiatres-psychanalystes, institutionnellement autodécrétés comme relevant de la psychothérapie par nature
- les rares psychanalystes ninis inscrits dans une société historique
- les rares autoproclamés, électrons libres non cadrés
[14] Ou psychopraticien certifié (+ le nom d’une méthode ou technique). Mais le cadre général d’identification reste psychopraticien tout court, c’est la dénomination qui permet de représenter tout le monde et à la grenouille de s’efforcer de s’enfler jusqu’à la taille du bœuf.
[15] Situation paradoxale, en organisant les psychopraticiens, la FF2P les légitime en vrac, ce qui gonfle ses effectifs, charge à elle d’effectuer le tri et de ne répondre que de ceux qui la requièrent et qu’elle aura sélectionnés comme membres. Ce faisant elle prend la responsabilité de couvrir implicitement les imposteurs. Elle devrait publier ses critères et afficher de quelle sélection ses praticiens sont le produit.
[16] En principe, psychopraticien relationnel® étant protégé. C’est-à-dire que toute personne usant de ce titre d’exercice sans en avoir été autorisé par la fédération détentrice de cette appellation industrielle (!), peut se voir attaquée en justice pour appellation abusive.
[17] Transmettre, expérientiellement vs. enseigner, informer, communiquer.
[18] Laquelle ne vaut rien, académiquement parlant, comparé à la diplômature universitaire des professions voisines ouvrant le droit au titre d’exercice de psychothérapeute. Elle ne vaut que dans le cadre autoréglementaire de la profession organisée (AFFOP ; le cadre FF2P se disjoint de l’appellation relationnelle), et uniquement pour l’exercice libéral. Ce cadre autoréglementaire valide par agrément ses écoles, puis couvre les praticiens diplômés par leurs soins, à l’issue d’une seconde procédure, qu’il est logique de dire de confirmation en tant que praticien. Les enregistrant dans le cadre syndical et de courant scientifique de référence dit psychothérapie relationnelle, de l’affiliation SNPPsy. Ce système à double détente est actuellement à peine pensé par l’institution qui pourtant le fait vivre et en vit. Il est partiellement comparable au système universitaire diplôme de psychologue clinicien + inscription sur simple demande au cadre de la titulature d’exercice réservée de psychothérapeute. Différence : inscription administrative réservée vs. mécanisme de validation du type passe, devant des pairs.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkLa grande découverte des années 60. Une véritable révolution méthodologique, effectuée à l’issue de développements de la psychologie humaniste américaine. Auparavant, dans le sillage de l’héritage psychanalytique, le travail psychothérapique quel qu’il soit était rigoureusement uniquement verbal. L’interdit majeur de la pratique psychanalytique étant et demeurant dans l’immense majorité des cas celui du toucher. À cela deux raisons. D’abord, la psychanalyse, cure par la parole, s’est créée en rompant avec toute idée de manipulation. Ce principe est de respect de l’autre : on ne lui fait rien. Rien d’autre qu’être là près de lui, à l’écouter, à écouter l’inconscient plus précisément. Ensuite pour ne pas interférer entre les registres, et surtout pour ne pas corporellement lui adresser des messages qui dans le transfert viendraient en séduction ou agression, par confusion de méthode et de théorie entre corporéité et sexualité.
La dimension psychocorporelle du travail psychothérapique prend en compte la dimension cathartique du processus. Son maniement requiert une formation soigneuse, puisque dans le cadre de l’interaction relationnelle se verront intégrées la dimension émotionnelle et du toucher, qui nécessitent impérativement un longue démarche personnelle dans ces dimensions, dont on soit sorti dégagé de ses propres pesanteurs en la matière, ainsi qu’un apprentissage expérientiel sérieux et de longue durée. À quoi s’ajouteront les cinq critères du SNPPsy (dont une supervision constante).
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- DE SILÈS Fabienne
- PÉRIÉ Laurent
Le brillant Daniel Lagache, à la fois médecin, psychologue et psychanalyste, aurait pu mourir de distension ligamentaire provoquée par le grand écart entre ces trois disciplines auquel il avait coutume de s’adonner, déniant leur incompatibilité par sa fameuse « unité de la psychologie ». Il y a comme ça des personnalités englobantes, et des époques où elles peuvent encore disserter sous le sceau du déni, avec d’autant plus d’ardeur que la réalité impitoyablement le récuse. Bref, la psychanalyse s’est fait héberger chez les psychologues, aux bons soins d’un psychiatre, le temps que ça dure, en cultivant l’ambiguïté de la situation sur un demi siècle.
La psychothérapie relationnelle avant la lettre, qui alors s’appelait psychothérapie tout court, du temps des psychothérapeutes (d’avant 2010), s’est bien fait héberger pendant une décennie à l’ANOP, Association nationale des organisations de psychologues(1), pour s’en voir débarquer finalement, en bonne logique épistémologique et institutionnelle, à l’issue de la Déclaration de Strasbourg (1990).
La psychologie clinique permet encore aujourd’hui à la psychanalyse embarquée elle à bord du vaisseau psychologie de considérer qu’elle y a ses chaloupes. Elle y pèse de moins en moins lourd. Aux yeux des thérapies comportementales et cognitives, pénétrées d’un neuroscientisme triomphaliste, la psychanalyse est périmée et d’ailleurs tout à fait insuffisamment « scientifique », entendez scientiste. Pensez donc, grâce à l’imagerie cérébrale et aux implants dans le cerveau on va bientôt tenir la preuve scientifique de n’importe quoi concernant le psychisme, à commencer par la preuve de l’inexistence de l’inconscient, ou sa redéfinition en des termes qui écrasent le concept. En tout cas en matière de preuve, celle de la force du désir d’en finir avec la psychanalyse, la psychothérapie relationnelle et leur fumeux processus d’avènement du sujet, elle, est toujours bien vivante, preuve de leur importance (voir enjeu idéologique et politique, mondialisation, évaluation, expertise, comportementalisme, normalisation) .
Pour conclure, l’habillage du courant psychanalytique dans l’institution universitaire en psychologie clinique permet à quelques UFR de disposer de niches psychanalytiques ce qui conduit les psychologues qui s’y forment à se croire psychothérapeutes relationnels ou psychanalytiques d’inspiration, vu la théorie dispensée, sans avoir parcouru le cheminement requis. Ils n’auront pas acquis la compétence pertinente, que certains peuvent croire avoir absorbée par osmose en ayant passé eux-mêmes un certain temps en psychanalyse ou en psychothérapie (relationnelle ou pas).
Rappelons qu’il faut pour qualifier un psychopraticien relationnel (ex psychothérapeute) qu’il remplisse les cinq critères et pas seulement quelques uns plus des études en psycho. En la matière, on ne saurait raisonner comme à l’université en termes d’équivalences. Une confusion tenace marque l’appellation psychothérapeute pour ces professionnels, et même pour ceux qui les forment, ce qui explique qu’ils ont ignoré jusqu’à une date récente le concept de psychothérapie relationnelle, et son système d’exigences clairement spécifié.
deux mondes
cet encadré provient de l’entrée psychologue clinicien
S’opposent ici deux territoires épistémiques et méthodologiques distincts(2) :
– a)
c’est la relation qui soigne
: deux sujets travaillent ensemble, l’expert sait tenir le cadre mais ne sait rien sur l’autre (quelques hypothèses tout au plus, fournissant des pistes de travail). L’autre découvre, celui en proie au malaise, se découvre, à mesure que se déroule le dialogue entre eux. Progressivement, au fil du processus, le développement de la relation entre eux verra intervenir des prises de conscience chez celui qui est au travail (probablement conjointement avec des découvertes aussi chez le psy). Chemin faisant s’élaborera un savoir sur lui et de lui en relation, référé à son système de valeurs (lui-même réexaminable). Ceci en tenant compte ou non d’une problématique de l’inconscient, et de toute manière des résistances chez les deux protagonistes. Ce qui pourrait s’appeler un sens de sa vie pourra émerger. Un déclic à un certain moment pourrait engendrer un bouleversement bénéfique. Il s’agit d’un travail d’équipe(3), d’une aventure à deux, le spécialiste pris dans le processus s’efforçant d’en éclairer les aléas dans la mesure de sa propre capacité du moment.
On désigne cela comme dynamique de subjectivation, la personne devenant sujet de son histoire et de sa vie, davantage autrice de sa propre existence.
– b)
l’expert traite le malade
: un spécialiste-sujet progresse dans la connaissance de celui qui le consulte, patient-objet : « – C’est normal ? c’est grave docteur ? dites-moi qui je suis et ce que vous en pensez. À travers les protocoles que vous me proposerez je suis prêt à vous suivre sur les (droits) chemins que vous m’indiquerez.
Deux épistémès, deux champs disciplinaires, deux professions, en tout cas deux métiers.
voir à ce sujet :
– FOURCADE Jean-Michel, Quatre modèles heuristiques pour mieux distinguer les psychologies et les psychothérapies, 1998.
Au bout du compte entre des psychologues teintés, et non teints dans la masse, et des psychothérapeutes relationnels spécifiquement formés, la différence est de nature. Seule une habilitation professionnelle du type de l’acceptation dans une société de psychanalyse ou l’agrément par une société titularisante en psychothérapie relationnelle peut qualifier un psychopraticien relationnel(4) ou un psychanalyste. Sans ce maillage indispensable, pas de sécurité déontologique.
C’est à cette condition que certains psychologues, généralement « cliniciens » mais pas obligatoirement, deviendront psychopraticiens relationnels (ex psychothérapeutes) véritablement, ou psychanalystes, au prix de longues études complémentaires (de l’ordre au minimum de 1200 heures). Nombreux sont les psychologues qui continuent d’éprouver de la difficulté à comprendre qu’ils procèdent de deux épistémès distinctes et antagonistes. Se référer à l’entrée cumul.
Voir également
– GROSBOIS Philippe, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence, 7 novembre 2013.
– psychologue clinicien
– clinique
– multipolarité
entrée créée en 2013 (?) – modifiée 12 août 2014 –
- 1 Dissoute en 2005.
- 2 Éclectisme : passer sans s’occuper des principes méthodologiques d’une épistémè à l’autre. Dans ce cas c’est généralement la plus faible qui l’emporte et la régit, embarquant l’autre dans son sillage. Ici donc l’épistémè sujet-objet. Le psychologique l’emportant sur le psychothérapique.Trop dommage.
- 3 Ce travail pouvant prendre en compte la dimension émotionnelle et psychocorporelle.
- 4 Ex psychothérapeute relationnel.
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- DSM, mon amour – Nouvelle dispute sur la nature de l'âme humaine
- Hiroshima – penser l'impensable destruction nucléaire
troisième voie
Abraham Maslow lance, en adressant une lettre circulaire à des amis psychologues à laquelle répondent d’emblée plusieurs centaines d’entre eux parmi lesquels Rollo May, John Bugenthal, Carl Rogers, ce qui va devenir en 1961 à l’issue des rencontres de Detroit l’Association de psychologie humaniste américaine. Dans le contexte d’un partage du territoire idéologique et scientifique entre une psychanalyse américaine entièrement aux mains des psychiatres, devenue normalisatrice, et un comportementalisme c’est le moment de le dire sans états d’âme (John Watson, Burrhus F. Skinner), s’ouvrit ainsi une Troisième voie, d’inspiration humaniste, existentielle et parfois spiritualiste.
l’existence humaine
Réunis autour de l’idée d’une psychologie axée sur des concepts comme la santé comprise comme globalité (holisme), le principe de croissance, l’amour, la créativité, la (bonne) nature humaine, l’être, le processus, la théorie du (self) et de l’autoréalisation de soi (1) – que la culturaliste Karen Horney développe dès la fin des années 40 –, l’individualité et le sens (de la vie et de son expérience pour la personne), ils envisagent la pratique de la psychologie – ils ne disent pas psychologie clinique – au service des gens – clients laïcs et non patients selon la terminologie médicale – comme fondée sur une compréhension concrète, dynamique, dialoguée et expérientielle de l’existence humaine. Restés proches de la philosophie, ils considèrent que les faits de conscience ne sont pas du ressort de la recherche et de la psychologie scientifiques.
recherches sur les groupes
Un courant plus ancien, datant d’avant-guerre, avait déjà pénétré en Europe, qui commençait à s’appeler Organisationnal Development (recherches sous la direction d’Elton Mayo à la Western Electric dans les années 30} etc.), et qui, rénové par Kurt Lewin (théorie du champ, et de la Forme : gestalt de première génération) émigré à Bethel (NTL), nourrit ce qu’on appela communément alors la Dynamique de groupe, rénovant le concept de recherche en introduisant celui de recherche-action.
rogero-institutionnalisme
Conjugué au déploiement de la pensée rogerienne en France (Michel Lobrot à Beaumont sur Oise 1963, Max Pagès, premier amphi non directif à la Sorbonne 1966, André de Peretti et al) rencontrant le mouvement des pédagogues libertaires (Royaumont 1964) et de Socialisme ou barbarie avec Georges Lapassade (Groupes, organisations, institutions, ed. Gauthiers-Villars), Michel Lobrot (La pédagogie institutionnelle, Gauthiers-Villars), René Lourau (L’analyse institutionnelle), créateurs avec Philippe Grauer, Raymond Fonvieille et Monique Labat (influence des innovations de Célestin Frenet en pédagogie) du Groupe de pédagogie institutionnelle – GPI. L’influence majeure de la psychothérapie institutionnelle – François Tosquelles à Saint Alban, puis Fernand Oury, Aïda Vasquez, Félix Guattary, à La Borde – s’y exerce, d’inspiration psychanalytique lacanienne, d’une pensée anarcho communiste correllée à une analyse « retour des camps » de l’institution qui rend fou, et du courant européen antipsychiatrique et anti autoritaire. L’ensemble du mouvement prit parfois la désignation de psychosociologie, appellation commode en ce sens que cette discipline n’existait pas. Elle finit par occuper un petit espace à l’université, mais resta à la marge (Max Pagès(2) Edmond Marc, Jacqueline Barus-Michel}) avant d’en quasi disparaître.
mouvement du potentiel humain
Ce bouillonnement explosa sous la forme de 1968 à la surprise générale. Immédiatement suivi par l’introduction en France à l’initiative de Max Pagès (Charbonnières 1969) du Mouvement du potentiel humain dont le centre de référence était Esalen, Big Sur, Californie, le centre relais en quelque sorte, Kaleidoscope, Londres. Les introducteurs en furent Jean-Michel Fourcade et Tan Nguyen, tôt rejoints par Dominique Colleter et Philippe Grauer, qui co-fondèrent en 1972 le CDPH. Parallèlement Jacques Durand-Dassier, de retour des États-Unis où il avait étudié en particulier les communautés de soins autogérés par les drogués eux-mêmes, créait en 1973 à Paris le Centre d’Évolution où il conduisit de nombreux groupes de Rencontre.
première transmission en France
Ce fut Bill Grossman, directeur du Growth Center(3) (les canadiens traduisirent cette expression par Centre de croissance, qui correspond bien mais ne s’établit jamais en France) londonien Kaleidoscope qui forma en 1969-70 la première vague des psychopraticiens (avant la lettre, ils ne se dénommaient pas clairement encore et ne devinrent psychothérapeutes qu’à partir de 1981) humanistes dans les locaux de la Bourse de Commerce de Paris, à l’initiative de Bertrand Tavernier.
profession psychothérapeute
(4)
La richesse et complexité du courant, un Mouvement plutôt, de la psychologie humaniste, dont les composantes vont du comportementalisme appliqué mais toujours en relation, en passant par l’émotionnalisme jusqu’au spiritualisme intégrant ou non une pensée d’origine religieuse (protestantisme américain), mais se tenant à l’écart du New Age, en passant par l’héritage freudien et culturaliste, et la rupture épistémologique de ce qu’on pourrait appeler la révolution psychocorporelle, se structura progressivement selon deux axes et deux logiques distincts souvent antagonistes. Celui des Méthodes-Écoles, qui progressivement réglementèrent à l’international comme au niveau national leurs structures de formation, celui des syndicats (deux en France, le PSY’G 1973, davantage orienté vers la défense de la psychohtérapie comme profession libérale, et le SNPPsy 1981) dont la pensée et l’action s’orientèrent, à partir de l’exigence éthique et d’une clarification épistémologique et institutionnelle, vers la définition d’une déontologie et d’une fondation de la profession distincte(5) de psychothérapeute (relationnel à partir de 1998).
un métier au-delà des méthodes (6)
À partir de 1990 l’ensemble institutionnel se diversifia sous l’influence de l’Association européenne de psychothérapie, regroupant des responsables de Méthodes (depuis 1981 apparaît clairement le terme psychothérapie), ayant frappé les esprits dans notre pays à l’issue du travail de fond des syndicats français, avec sa Déclaration de Strasbourg (1990) (7). L’AEP (dite EAP à l’anglo-saxonne), d’inspiration Méthodes-Écoles, reconnaît les méthodes, lesquelles reconnaissent leurs élèves, validés ensuite par retraduction de leur diplôme d’école en dossier en anglais au titre du Certificat européen de psychothérapie, CEP. Les syndicats titularisent, par passage devant une Commission de pairs, les praticiens en psychothérapie eux-mêmes (cinquième critère). Cette fracture scinde et structure le champ, plaçant face à face la FF2P (Michel Meignant, Serge Ginger, Isabelle Crespelle) d’une part, l’AFFOP (Jean-Michel Fourcade et al.) et les syndicats d’autre part. Des passerelles et une « zone de dialogue » existent néanmoins, qui autorisent la nécessaire conjonction de l’ensemble du Mouvement, dont le GLPR est la dernière manifestation.
La psychothérapie relationnelle se tient pour héritière du mouvement de la psychologie humaniste, intégrant sa diversité en protégeant le principe de la dynamique de subjectivation (ce qui fait lien avec la psychanalyse) et en maintenant la ligne éthique et déontologique des Cinq critères.
à la marge, Grande promesse ou médicalisation
Une nébuleuse hors champ comporte le coaching (assistance professionnelle centrée sur l’objectif), qui cherche à s’organiser de son côté et tente parfois de mordre sur le champ psychothérapique par le biais de la relation d’aide, le développement personnel, des méthodes anciennes mais limitées, ou nouvelles venues, surfant sur des modes et modèles resurgissant comme découvertes récentes, des organismes d’allure spiritualistes. À l’extrême, des sectes singeant la psychothérapie, des organismes opportunistes drainant leur clientèle en affichant leurs noms pour une modique somme sur d’hasardeux annuaires. La Terre de la Grande promesse(8) continue de border la frontière, il en sera toujours ainsi.
Le nouveau titre académique paramédical de psychothérapeute situé du côté de l’autre frontière, réservé aux médecins et psychologues (précisément un psychologue n’est pas un psychopraticien relationnel, autre spécialité, toute différente) – les psychanalystes relèvent des deux catégories précédentes à l’heure actuelle à une écrasante majorité – est tout autant hors champ mais sur une autre terrain, majoritairement hospitalier, et sur un autre mode, celui de la médicalisation de l’existence – un autre type de Promesse.
Bien entendu tous les cas sont particuliers, et les multicasquettes brouillent la vue, jusqu’à celle du porteur de la visière, mais si l’on ne se réfère pas à une grille de lecture convenablement conçue et suffisamment classificatrice la carte devient inintelligible. Le tracé du Carré psy peut également aider à se retrouver dans ce qui apparaît au public (et souvent même aux professionnels qui ne connaissent que leurs issues à eux ) comme un dédale.
Philippe Grauer
Fiche créée le 7 novembre 2011, modifiée le 13 novembre.
- 1 Self-actualization.
- 2 L’héritier indirect de Max Pagès serait {Vincent de Gaulejac et sa sociologie clinique, auquel ferait pendant le Jean-Louis Le Grand des histoires de vie, en Sciences de l’Éducation.
- 3 Michael Barnett, dirigeant le second centre londonien Quaesitor, intervint plus tard, mais les pionniers du Mouvement humaniste français s’y rendirent plutôt eux-mêmes.
- 4 Titre d’un ouvrage princeps édité en 1996 par le SNPPsy.
- 5 Les psychologues considéraient la psychothérapie comme une fonction, relevant de leur corporation, à partager selon un mode particulier de non subordination, avec les psychiatres. On ne saurait dire que les uns ni les autres aient beaucoup varié depuis, sauf que la médecine s’est assurée cette fois la paramédicalisation de cette non profession protégée par un titre.
- 6 Titre du premier colloque AFFOP à l’Assemblée nationale, le samedi 12 janvier 2002.
- 7 Survenue rappelons-le quinze ans après le travail d’institutionnalisation comme profession libérale par le PSY’G, dix ans après le travail de mise en place de la profession autonome de psychothérapeute par le SNPPsy.
- 8 Titre d’un film d’Andrzej Wajda, 1974.
- L'erreur de Matthieu Ricard
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- Robert Leopold Spitzer, psychiatre américain
par Philippe Grauer
psychologue clinicien : praticien de la psychologie clinique.
Voir également
– GROSBOIS Philippe, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence, 7 novembre 2013.
– psychologie clinique
– clinique
– FOURCADE Jean-Michel, Quatre modèles heuristiques pour mieux distinguer les psychologies et les psychothérapies, 1998.
méthode éclectique
La psychologie clinique représente une méthode (la discipline c’est la psychologie) éclectique dont les composants sont l’examen clinique par tests et entretien en vue de l’établissement d’un diagnostic et de sa délivrance, la psychopathologie, l’accompagnement ou guidance, infantile, familiale ou adulte, la psychothérapie de soutien. Un savoir académique complexe accompagne la formation. Plus un stage hospitalier. Beau métier.
objectivisme
Le fondement épistémologique en est l’objectivisme : un sujet, ici l’expert psychologue, va savoir quelque chose de celui qui vient le consulter, en qualité d’objet : « – Maintenant que vous me connaissez un peu soyez gentil dites-moi qui je suis. » En cette configuration épistémologique, dans le champ de la psychologie, l’expert n’est pas supposé savoir, il sait, il a le devoir de chercher à savoir. L’objet, le patient, lui, est ignare. Et pourrait bien s’ignorer comme sujet.
deux mondes
Ceci oppose deux territoires épistémiques et méthodologiques distincts(1) :
– a)
c’est la relation qui soigne
: deux sujets travaillent ensemble, l’expert sait tenir le cadre mais ne sait rien sur l’autre (quelques hypothèses tout au plus, fournissant des pistes de travail). L’autre découvre, celui en proie au malaise, se découvre, à mesure que se déroule le dialogue entre eux. Progressivement, au fil du processus, le développement de la relation entre eux verra intervenir des prises de conscience chez celui qui est au travail (probablement conjointement avec des découvertes aussi chez le psy). Chemin faisant s’élaborera un savoir sur lui et de lui en relation, référé à son système de valeurs (lui-même réexaminable). Ceci en tenant compte ou non d’une problématique de l’inconscient, et de toute manière des résistances chez les deux protagonistes. Ce qui pourrait s’appeler un sens de sa vie pourra émerger. Un déclic à un certain moment pourrait engendrer un bouleversement bénéfique. Il s’agit d’un travail d’équipe(2), d’une aventure à deux, le spécialiste pris dans le processus s’efforçant d’en éclairer les aléas dans la mesure de sa propre capacité du moment.
On désigne cela comme dynamique de subjectivation, la personne devenant sujet de son histoire et de sa vie, davantage autrice de sa propre existence.
– b)
l’expert traite le malade
: un spécialiste-sujet progresse dans la connaissance de celui qui le consulte, patient-objet : « – C’est normal ? c’est grave docteur ? dites-moi qui je suis et ce que vous en pensez. À travers les protocoles que vous me proposerez je suis prêt à vous suivre sur les (droits) chemins que vous m’indiquerez.
Deux épistémès, deux champs disciplinaires, deux professions, en tout cas deux métiers.
.
champ d’application, privilège d’exercice
Champ social d’application : psychiatrie de secteur, hôpital, école. Beaucoup de travail d’équipe, un peu de libéral. Côté libéral, le psychologue clinicien (réellement qualifié ou non, cf. § infra) fera savoir haut et fort qu’il jouit du titre d’exercice de psychothérapeute et avisera la clientèle que fondée sur le privilège d’exercer dans le cadre réglementé d’État, sa prestation est éthique par principe et définition (vs. les autres, contaminés par le charlatanisme bien entendu).
« au sens complet » du terme ?
Un psychologue clinicien au sens complet du terme – mais qu’est-ce que ça veut dire au sens complet du terme ? – devrait avoir entrepris obligatoirement (comment peut-on entreprendre « obligatoirement », une action par définition libre, non prescriptible ?) une démarche personnelle significative qui lui permet de s’engager en relation psychothérapique, cette démarche étant actuellement en France encore la psychanalyse(3). Strictement aucune obligation ne l’impose au psychologue clinicien qui exerce en toute légalité comme si cela n’était pas nécessaire (ou pouvait se régler à sa discrétion à la rigueur en six mois). Ce qui rend cette profession éthiquement et méthodologiquement boiteuse, à l’occasion aussi illégitime que prétentieuse, charlatane de droit, le savoir et savoir faire ne pouvant en aucun cas compenser le savoir être, encore moins le savoir faire être. Dans de telles conditions ne pas s’étonner que la mauvaise foi puisse se rencontrer au rendez-vous du discours institutionnel, comment faire autrement ?
brouillage d’origine
Le brouillage d’origine dans le discours et dans la pratique (qui dans cette profession s’appelle clinique, à la médicale) date de l’utopie d’après-guerre de « l’unité de la psychologie » fondant avec le docteur et psychanalyste Lagache une discipline éclectique inspirée du seul savoir académique psychanalytique. Ce qui dans l’esprit de ses fondateurs constituait un progrès pouvait laisser place à une imposture autorisée. Celle-ci s’est maintenue. Partiellement, des psychologues cliniciens ont su se donner les moyens d’exercer une psychothérapie fondée sur la dynamique de subjectivation en toute compétence.
devenir psychologue clinicien « au sens plein » du terme
a) Si un étudiant d’une vingtaine d’années veut devenir psychologue clinicien au sens plein du terme (mais alors sans cela il le serait donc au sens creux, incomplet ?) il lui faudra impérativement, en sus de ses études universitaires, entreprendre une psychothérapie ou psychanalyse sérieuse.
b) mais cela reste de notre point de vue insuffisant. Pour atteindre la compétence des actuels psychopraticiens relationnels de bon niveau, il lui faudra cumuler, encore suivre durant plusieurs années (environ 1200 heures) une formation expérientielle intensive à quelques grandes méthodes de la psychothérapie relationnelle que l’université scientiste actuelle ne sait ni ne veut administrer. C’est là qu’intervient l’analyse de Philippe Grosbois, rêvant d’une profession qui n’existe pas, cumulant les deux, psychologie clinique et psychopratique relationnelle. L’avenir dira si un tel objectif reste atteignable. Un projet du type de celui du SNPPsy, d’École pratique des hauts études en psychothérapie – EPHEPR (à l’époque on ne spécifiait pas encore relationnelle), articulant les deux champs, verra-t-il un jour le jour ?
voilà les psychologues-psychanalystes devenus psychothérapeutes (d’exercice)
Le nouveau titre d’exercice de psychothérapeute est venu consolider complexifier une pratique encore plus paradoxale la tirant vers le paramédical. Ainsi les psychologues-psychanalystes qui honnissaient « la psychothérapie » (celle des autres) se sont-ils précipités en masse pour demander la jouissance du titre d’exercice de psychothérapeute. Les voici devenus psychothérapeutes, en lieu et place des ex porteurs du nom, eux qui n’en avaient nul besoin, ni idéologiquement ni théoriquement ni disciplinairement. Ceci nous conduirait à aborder le concept d’envie et la question du corporatisme chez les psys.
psychanalyse infiltrée en zone hospitalière
En matière de discours, les psychologues cliniciens psychanalystes – certains se disent psychologues freudiens (leurs collègues psychiatres se disant eux psychiatres relationnels – bienvenue à l’appellation !), tiennent celui de la psychanalyse en qualité de psychologues, sous couvert de l’exercice professionnel de la psychologie. Ils donnent ainsi à croire que le métier de psychologue consiste à infiltrer de la psychanalyse en zone hospitalière. Ils dédouanent la psychologie en la revêtant de l’habit et du discours psychanalytique. Bel exemple de comportement intégratif et de discours à double fond.
- 1 Éclectisme : passer sans s’occuper des principes méthodologiques d’une épistémè à l’autre. Dans ce cas c’est généralement la plus faible qui l’emporte et la régit, embarquant l’autre dans son sillage. Ici donc l’épistémè sujet-objet. Le psychologique l’emportant sur le psychothérapique.Trop dommage.
- 2 Ce travail pouvant prendre en compte la dimension émotionnelle et psychocorporelle.
- 3 La seule discipline respectable puisque enseignée à l’université. Tout cela tourne merveilleusement en rond. Auto-référencement. Confort absolu.
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- REETZ Stefanie
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
Voir aussi Jacqueline Rousseau-Dujardin
subterfuge institutionnel
Terme chauve-souris sauve qui peut. Peut désigner un psychologue, diplômé à ce titre, œuvrant en psychanalyste maquillé sous le titre de psychologue, maintenant de psychothérapeute de nouvelle désignation. Où finit la complexité, nos professions psys étant cumulables mais non sans risques, où commence la dissimulation, où s’effectue l’assimilation, et laquelle, escamotant quoi ? Traditionnellement on disait que le psychanalyste œuvrait sous couvert de psychologie. L’habit ne fait pas le moine mais comment s’y retrouver, quand les professionnels eux-mêmes se déguisent ? comment se présenter aux patients déjà passablement désorientés quant à leur identité, avec de vrais faux papiers ?
« unité de la psychologie »
Il est constant que psychologie et psychanalyse en tant que disciplines se mélangent comme eau et huile, le concept psychanalytique de sujet, la théorie de l’inconscient et quelques autres menus détails, ne se prêtant pas franchement à l’émulsion. L’opération « unité de la psychologie » de Lagache légalisa ce tour de passe-passe autorisant l’hébergement de la psychanalyse en psychologie, coûteuse pour les deux disciplines, ayant depuis abouti au rejet de la seconde par la première, désireuse de loger seule en son domicile disciplinaire. Une opération comparable, impulsée par Lacan, trouva une fin semblable avec la psychiatrie. Voir psychiatre-psychanalyste.
ambiguïté constante
Mais alors, de quoi la psychanalyse est-elle le nom ? Une ambiguïté constante marque le nom de la psychanalyse en France. Discipline bien distincte des disciplines hôtesses l’ayant récemment expulsée, elle a fait de son caméléonisme une véritable identité seconde. Elle ne put jamais jouer les Bernard L’ermite car la coquille élue pour s’y loger n’était pas vide. Actuellement seule l’École de la Cause freudienne est parvenue à accéder à la logique disciplinaire universitaire et s’instituer au rang de la psychologie puisque un Master 2 de psychanalyse millérienne équivaut à celui de psychologie pour l’obtention si appréciée du titre de psychothérapeute de nouvelle désignation.
Paradoxe maintenu, en ce sens que nos nouveaux psychanalystes universitaires – par ailleurs membres d’une société savante, l’École de la Cause, et psychanalystes seulement à ce titre – s’apprêtent à se voir exercer la psychanalyse sous le titre de psychothérapeutes. Limpide.
tous baroques
À tout prendre la contorsion de contournement par laquelle un professionnel du psychisme exerçant dans le domaine de la psychothérapie relationnelle s’appelle un psychopraticien relationnel n’est pas plus baroque que le système d’appellation de la psychanalyse et les faux semblants des psychologues dans l’exercice de cette dernière.
- Titre de « psychothérapeute » : revendication phallique chez les psys
- un neurobiologiste contre la neuromythologie
- La Croix accroche son cadre des professions psys et décroche de la réalité
La psychopathologie, fait de civilisation
par Roland Gori
Le concept de santé mentale est quelque chose que je déteste, qui est venu se substituer à la psychiatrie ou à la psychopathologie, et témoigne de l’état culturel dans lequel nous sommes pour traiter l’angoisse, la folie, le conflit. C’est-à-dire, pour reprendre ce que M. Foucault disait en 1954 dans Maladie mentale et psychologie, avant même l’Histoire de la folie à l’âge classique qui date de 1961 : la psychopathologie est un « fait de civilisation ». C’est un point très important : cela vient attester de cette « niche », pour citer I. Hacking, que sont les diagnostics psychiatriques — Hacking en parle à propos de certains troubles psychiques transitoires, comme les personnalités multiples, ou les fugues dites pathologiques.
texte de référence
On consultera Serban Ionescu, 14 approches de la psychopathologie, première édition 1991, réédité en 2012 chez Armand Colin, 256 p.-
[Insert de la Rédaction]
Cette niche écologique montre qu’il y a ce que j’appelle une réalité transactionnelle incessante dans la manière dont les experts permettent aux patients à un moment donné d’exprimer leurs souffrances psychiques en fonction de la culture dans laquelle ils sont tous deux immergés. Il y a des formes culturelles de la pathologie, qui se déduisent d’une négociation incessante entre les enveloppes formelles de la culture, l’histoire de la souffrance psychique d’un sujet et la manière dont on apprend à des experts à poser des diagnostics. Ce que j’appelle le nouveau sujet de la santé mentale, n’est plus de même nature ontologique et épistémologique que le sujet de la folie ou de la psychiatrie.
Roland Gori
Extrait de Divergence psychopathologie — santé mentale, ici même à Textes & documents.
Avant de rédiger ici même le nécessaire article sur cette gigantesque question nous vous livrons la méditation de Jacques Tosquellas telle qu’on peut la trouver dans l’offre de formation et transmission concernant le domaine de la psychopathologie rédigée à l’intention de la première promotion marseillaise de l’École. À titre d’amorce. PHG
2011 – Marseille
Y voir clair dans son histoire et humaine condition
La psychothérapie relationnelle fortifiée par la pratique rigoureuse d’une clinique fondée sur une psychopathologie dynamique à fondement expérienciel, poursuit sur le terrain avec les patients dans la rigueur du dialogue laborieux des cabinets et dans le débat idéologico scientifique son travail de fourmi humaniste et citoyenne. Individu entrepreneur de lui-même ou personne cherchant à y voir clair dans son histoire et humaine condition ? La réflexion psychopathologique que propose le CIFP par la voix du dr. Jacques Tosquellas se tient à Marseille, bien vivante et tonifiante au service de la cause humaniste. Une occasion à ne pas manquer.
Philippe Grauer
Psychopathologie, théorie et pratique
Le dr. Jacques Tosquellas entame sa série de samedis consacrés à la psychopathologie, théorie et pratique, au 33 avenue Robert Schuman 13002 Marseille (entrée par la façade en verre).
Dates
Le samedi les 30 avril, 28 mai, 2 juillet, 1er octobre, 3 décembre 2011
On prend contact avec le Cifp pour s’informer ou s’inscrire à tout moment (modèle du groupe continu au programme évolutif).
Cet enseignement, qui s’appuiera aussi sur l’expérience des participants, s’adresse aux psychothérapeutes et psychopraticiens relationnels de toute obédience, aux psychologues, psychanalystes, médecins et tous praticiens engagés dans une pratique de soin relationnelle, aux membres de sociétés confraternelles.
Les étudiants de la première Promotion du Cifpmed y sont admis de plein droit.
ARGUMENT
Réduction de l’être humain singulier à sa transparence « évaluée »
On assiste aujourd’hui à un mouvement de réduction de l’abord singulier de l’être humain dans tous les domaines. Celui-ci est, d’une part, autonomisé à outrance, conçu comme l’entrepreneur privé de sa propre existence, surtout social et professionnelle, avec perte des références collectives et des solidarités sociales. D’autre part, son humanité est réduite au monde de la sérialié au sens de Jean-Paul Sartre. Sa singularité disparaît pour ne laisser place qu’à la transparence, et au-delà, à l’évaluation. Nombre de dispositifs sont mis en place pour cela. La souffrance, particulièrement au travail, mais pas uniquement s’accroît considérablement, avec ses conséquences parfois létales.
L’avenir des psychothérapeutes d’État assuré
Pour ce qui est du monde des psychothérapeutes, certes l’avenir est assuré. Le marché va grandissant. On sait que des tickets de séances gratuites de psychothérapie commencent à être distribués par les entreprises.
Médecins et psychologues : chasse néolibérale gardée
Mais les pratiques de ce monde de la psychothérapie devront être évaluées et contrôlées, quantitativement et qualitativement. Il faudra qu’elles soient faites par des personnes « compétentes » dont l’université garantit le savoir et les bonnes pratiques. Ce qui indique qu’il faut éliminer de la profession tout ce qui n’est pas estampillé Université néolibérale, cela réserve le terrain aux médecins, parfois psychiatres et aux psychologues.
psychopraticiens relationnels : l’incontournable analyse individuelle et collective
D’un autre côté, il est sûr que le contact et le travail avec les sujets souffrants qui viennent rencontrer ce qui jusqu’ici se dénommait un psychothérapeute – on dit à présent psychopraticien relationnel –, ne peut être laissé à des personnes dont la formation serait insuffisante. Accueillir la souffrance de l’autre, de cet autre si semblable à nous, n’est pas chose facile. C’est toujours une rencontre entre deux (ou plus) subjectivités et singularités. Cet autre semblable, ce frère en humanité, nous touche nécessairement en notre propre personne humaine. Il nous touche tellement que nous risquons de nous perdre nous-mêmes et d’accentuer son errance. Il nous faut pouvoir nous repérer quelque peu, avec suffisamment de professionnalisme. À la fois a priori, avec le « bagage » de notre formation, en considérant que faire nos bagages est un acte jamais achevé, mais aussi suivant le déroulement de la rencontre, de chaque rencontre, avec les sujets qui se présentent devant nous. Le travail d’analyse, pendant chaque séance et après, est indispensable. Tout le monde le sait. Ce travail d’analyse est à la fois individuel et à la fois collectif.
Après-coup des séances
Collectif en effet, car nous convoquons des autres dans nous, ou souvent des autres qui se convoquent et s’imposent, en tout cas des autres qui, à un moment d’une séance, donc en présence du patient, nous sont indispensables pour penser, des autres évoqués ou parfois même qui apparaissent avec des formes incarnées, comme des ombres ou des fantômes. Ces autres, nous les rencontrons aussi, concrètement, lorsque leurs propres efforts d’analyse viennent se mêler aux nôtres, comme c’est le cas au cours des moments de contrôle ou de supervision, dans l’après-coup des séances, donc en l’absence du patient.
Qu’est-ce que je fais là ?
L’apport de la psychopathologie occupe un des points centraux parmi les systèmes de repérages qui nous sont indispensables. Elle permet d’approcher la question permanente que nous devons nous poser : qu’est-ce que je fais là ? Bien sûr le risque reste de transformer ce guide en dogme et de la mettre à une place qui nous empêcherait de penser pour son propre compte. Mais ce risque fait partie intégrante de la question de la psychopathologie comme de notre travail de psychothérapeute relationnel.
Voyage dans le monde de la psychopathologie
Alors, je vous propose un voyage dans le monde de la psychopathologie. Ce voyage laissera inévitablement de côté nombre de contrées. Il s’appesantira sur d’autres, indiquant parfois certaines dépendances plus ou moins défensives ou certains principes de base à propos desquels il n’est pas question de transiger.
Psychose d’abord
Le monde que je vous propose de visiter est d’abord celui de la psychose, ou plutôt des psychoses. Non pas, bien entendu, que les autres mondes ne soient pas intéressants, mais parce que celui-ci représente la partie sans doute la plus archaïque du processus de subjectivation et de ses avatars. Parce que le psychotique est un exilé. Je sais bien que, en tant que psychothérapeutes, en exercice ou non, vous ne rencontrez pas beaucoup de personnes dites psychotiques. Pourtant vous contactez nécessairement des personnes qui, au cours de vos rencontres, vont vous présenter de façon plus ou moins éphémère, des parties psychotiques d’elles, ou de façon plus permanente des noyaux psychotiques comme on dit.
La régression & nos failles personnelles
Parfois, la psychothérapie conduit cet autre souffrant dans des mouvements de régression intense où pointe l’effondrement, le clivage, la projection, l’identification projective pathologique, la dépersonnalisation, voire la dissociation, etc., toute une série de phénomènes qu’il convient de repérer et d’accompagner. Au moins par notre présence. Le fait d’être-là et de tenir suppose que nous ne soyons pas envahis par la peur ou par la contagion mise en route par nos identifications. Alors nos propres difficultés en rapport avec nos failles personnelles, notre fragilité pourra participer du ressort de la dynamique relationnelle psychothérapique par nous mise en œuvre.
PERSONNES CONCERNÉES
Praticiens en psychothérapie d’orientation relationnelle — encore appelés humanistes, psychanalystes, médecins et tous praticiens engagés dans une pratique de soin relationnelle, ainsi qu’aux étudiants du Cifp.
PROGRAMME
PROGRAMME
Il s’agit d’un programme non académique de haute teneur, se développant au continu sur des années, au cours d’une progression conduite selon la logique du dialogue groupal, des cas apportés et d’un proche en proche balayant l’ensemble du domaine, au rythme d’une pédagogie qu’on pourrait dire de type Balint. Au sens profond du terme il sera fait place à l’improvisation, conjointe à la vue d’ensemble critique que peut procurer le fait pour le dr. Jacques Tosquellas d’avoir traversé la triple expérience de la psychothérapie institutionnelle vécue de l’intérieur, exercé les responsabilités de psychiatre hospitalier, et continument aiguisé sa recherche dans le domaine du psychocorporel.
PHG
Pour ce voyage, je vous propose plusieurs types d’instruments pour se déplacer. Ces moyens vont s’entremêler sans cesse. Ils renverront tous à la possibilité de prise de parole des participants, parfois à la lisière de contenus personnels, voire intimes, privés comme on le dit.
1 — documents vidéos
Le premier medium consistera en documents vidéos divers. Certains pourront déclencher des phénomènes de rejet ou de révolté, d’autres de fascination. Ils n’auront au fond d’intérêt que si l’échange de paroles qui suivra atteint certaines intensités.
2 — Apports théoriques multiréférentiels
Le deuxième medium consistera en apports théoriques et en commentaires sur plusieurs approches psychopathologiques.
Deux problématiques du soin
Il sera complété par une proposition de deux schéma généraux qui situent la problématique du soin, entre un modèle médical objectivant et un modèle psychothérapique qui propose la promotion de la subjectivité.
DSM
Parmi ces approches psychopathologiques, je cite d’abord les apports d’une psychopathologie descriptive telle que propose la clinique psychiatrique classique et les classifications internationales, DSM et CIM 10. Avoir quelques idées de ces apports est indispensable, tout en gardant un esprit critique à leur sujet. Nous sommes ici dans le monde de la maladie comme entité morbide autonome ; hors de la subjectivité de l’individu malade. Les formes de maladies sont décrites sur le modèle médical.
Subjectivation
Dans notre voyage, nous passerons plus de temps sur les méthodes explicatives et interprétatives. Plus de temps parce que nous sommes ici dans le monde du sujet, de la subjectivation et de ses aléas. Au fond, il s’agira de l’étude des « phénomènes qui ont conduit le sujet à produire des transformations de la réalité, de son identité (c’est-à-dire une psychose) pour se protéger contre des angoisses impensables ou une dimension psychique de lui-même ».
Psychanalyse
Dans ces contrées, nous rencontrerons nécessairement la psychanalyse qui constitue le point central et incontournable de référence. Celle-ci « explique » la psychose à partir de l’histoire du sujet et de ses aléas dans l’organisation libidinale objectale ou pré-objectale. Elle fonde son travail et ses réflexions sur la question de la subjectivation d’un sujet singulier à partir des aléas de ses parole, adressées à un ou plusieurs autres.
Structure psychotique
Nous traverseront ainsi la question des principes et du schéma général proposé, puis celle de la structure psychotique et de ses caractéristiques essentielles. Parmi les stations, nous croiserons la position schizo-paranoïde de Mélanie Klein, la fonction alpha de Bion, les conflits entre le moi et le monde extérieur, la question de la régression et de la restitution, la rejet en tant que mécanisme central de la psychose, le travail du délire et de l’hallucination.
Paranoïa et schizophrénie
Nous ferons halte plus spécifiquement à la station Paranoïa et délire chroniques ou nous croiserons obligatoirement Schreber, une relation d’objet et des angoisses particulières, la question de la projection… Puis viendra la station Schizophrénie avec le point de fixation et la relation d’objet fusionnelle, les mécanismes de défense et la structuration du moi, les défaillances des limites du moi-peau, les angoisses schizophréniques, le rapport au langage, etc.
Conceptions structurales
Continuant notre voyage, nous allons rencontrer sur le chemin des conceptions structurales importantes, avec Jean Bergeret, Jacques Lacan, Jean-Claude Maleval, Serge Leclaire, Bruno Castets, Françoise Dolto.
Anti-psychiatrie, phénoménologie, communication
D’autres modèles seront cités pour mémoire et l’on y fera un arrêt seulement si nécessaire. Ainsi le modèle de l‘anti-psychiatrie anglaise et italienne, de la phénoménologie, de la communication et de Palo Alto, etc.
Psychiatrie communautaire, psychothérapie institutionnelle
Et puis nous nous prendrons du temps sur quelques problèmes particuliers qui ont à voir avec la relation avec une personne psychotique. Ici, la psychiatrie communautaire nous retiendra quelques temps, particulièrement avec son développement à Villeurbanne autour de Marcel Sassolas et de Jacques Hochmann, tout comme la psychothérapie institutionnelle. Il est possible que nous fassions halte également auprès de témoignages concernant l’évolution d’un ou plusieurs dispositifs.
3 —
Vos propres rencontres avec la psychose
Le troisième medium, essentiel, permettra de relancer le précédent. Il s’agit de vos propres expériences de rencontre avec la psychose, de vos interrogations, à partir de vos patients, des lieux que vous avez fréquentés ou à partir d’œuvres écrites ou filmées.
Étude de textes questions cliniques
Il est clair que le déroulement du séminaire ne va pas suivre un ordre tel que je viens de le présenter. Il s’orientera davantage selon les associations des uns et des autres. Il se peut que soit proposé aux participants l’étude d’un texte ou d’une question qui serait rapportée lors d’une séance.
DÉROULEMENT
Le séminaire se déroule à Marseille, au rythme d’une fois tous les deux mois, une journée entière, le samedi. Interécoles, il est organisé par le CIFPmed.
– Mis en ligne depuis le 30 octobre 2008, augmenté le 26 février 2011.
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
- REETZ Stefanie
Spécialiste en psychopathologie, discipline enseignée aux psychologues et psychiatres, permettant, à la lumière de grilles diagnostiques en principe très variées mais le plus souvent réduites à quelques modèles (cognitivisme, athéoricisme DSM, freudien, même pas phénoménologique existentiel), de diagnostiquer son semblable.
Indispensable à des niveaux différents dans l’exercice des quatre professions et disciplines cardinales du carré psy, la psychopathologie n’est pas dispensée de la même manière selon la logique de chacune.
Bien entendu aucun de ces champs théoriques et pratiques ne saurait se réduire au savoir du psychopathologue.
- Lacan, rebelle et tragique
- Problèmes de terminologie et de pratiques institutionnelles
- La psychanalyse chassée de l'université ? Trente ans d'Histoire pourraient basculer
La pratique de la psychothérapie est restée libre. Le terme, qui désigne une discipline demeure indéfini – avec un statut intellectuel et juridique comparable à celui de psychologie, ce qui n’en fait la propriété intellectuelle et morale de personne ni d’aucune institution. En clair chaque praticien, chaque corps de praticiens logé dans le cadre du carré psy, définit cette science humaine clinique comme il l’entend.
Nous pratiquons pour notre part la psychothérapie relationnelle (nom de domaine scientifique) sous le titre d’exercice de psychopraticiens relationnels® (SNPPsy), couvert par la garantie professionnelle GLPR.
nom de métier hors garanties, HORS DU CADRE AUTORÉGLEMENTÉ (ex GLPR)Le nom de métier de psychopraticien est libre d’emploi. N’importe qui peut y prétendre. Une spécification devra toujours lui être associée, ce sera ce déterminant accolé qui garantira de quelque façon le terme de psychopraticien, qui à lui seul nous le répétons, ne relève d’aucune organisation le sécurisant. Tout nu il correspond à l’ex-psychothérapeute(1), sans aucune garantie spéciale, ouvert à tout vent, le voici charlatanisable à volonté. La revendication d’une formation non homologuée GLPR ne garantit qu’à la hauteur de sa prétention à le faire. Les patients de professionnels se réclamant du seul nom de métier de psychopraticien prennent leurs risques, ils se trouvent proprement, précisément hors du cadre autoréglementé.
titre d’exercice protégéPour afficher qu’on exerce la psychothérapie relationnelle en qualité de professionnel dûment cautionné par des pairs expérimentés relevant d’une organisation historique reconnue, qu’on exerce garanti par une déontologie et un système institutionnel responsable une psychothérapie axée sur la relation, on peut devenir membre du SNPPsy (en passant par une Commission régionale d’admission, qui renvoie pour accord au Conseil d’Administration) et s’afficher comme praticien de la discipline que désigne l’appellation de psychopraticien relationnel créée par ledit SNPPsy puis (franchir l’étape du passage par la Cnaat du SNPPsy pour) prendre le titre d’exercice professionnel protégé dans le cadre du GLPR de psychopraticien relationnel® (SNPPsy)(2).
Il faut bien entendu réunir les conditions d’accès à ce titre : sortir diplômé d’une école telle le CIFPR, puis à l’issue d’une période d’exercice stagiaire se voir confirmé, validé comme professionnel répondant aux cinq critères par l’un des deux syndicats historiques.
dernières péripétiesUne nouvelle fois la FF2P vient de se faire débouter de sa démarche pour faire entrer la psychopratique dans le cadre RNPC. Le jeu sysiphéen consistant à repartir tous les deux ans à l’assaut du Ministère permet de démontrer qu’on représente bien la profession et qu’on la défend sans relâche. Comme se plaisait à le dire Jean-Michel Fourcade, en attendant, ça légitimise l’organisation qui s’y colle. On comprend le mécanisme (en ceci comparable à celui de la névrose) qui s’auto-alimente de son échec pour recommencer : » Je ne comprends pas ce qui se passe avec ce bout de bois, ça fait trois fois que je le coupe et il est toujours trop court. »
Facile de se moquer des gens mais que faire ! une façon de simplifier la figure est
1) de considérer que la FF2P prétend représenter la profession de psychopraticien, ceux qui n’adhèrent pas à la FF2P devenant par définition problématiques (sauf AFFOP), ou bien devant être considérés comme admissibles, éligibles, au cadre FF2P. Mais que dire des inaccessibles à ce cadre qui conservent bien entendu le droit de porter ce nom ? dire que représenter n’est pas regrouper ? Mais si l’on se trouve représenter des professionnels toxiques ou incompétents ? vaste question de définition de cadre et du proverbe qui trop embrasse mal étreint. Mais ils veulent embrasser large, pour pouvoir intégrer des praticiens de tous horizons, dont davantage que relationnels. donc non nous utilisons le terme relationnel à l’occasion, mais pas comme universel fondateur. Il faudrait ensemble visiter le concept (qui pourtant autorise l’intégrativisme). Vaste programme. De recherche, précisément. Affaire à suivre.
2) de considérer que l’AFFOP représente l’ensemble des organismes comportant des psychopraticiens relationnels. Dans un tel cadre le SNPPsy les organise individuellement, et les dénomme, car fidèle aux principes fondateurs, cette fédération ne fédère que des organismes (la FF2P déborde le cadre à cet égard critique)
2 bis) Dans le cadre de l’AFFOP on trouve des organismes (sociétés savantes, méthodes-écoles) agréés à agrééer comme psychopraticien relationnel, à conférer la titulature, concurremment au SNPPsy.
en quoi consiste le principe de l’autoréglementation ?Un fois ceci posé, la FF2P prétend toujours représenter tout ce qui s’appelle psychopraticien, sans mentionner ceux qui s’appellent ainsi et qu’elle-même n’agrée point. La constellation AFFOP-SNPPsy et al regroupe tous les professionnels confirmables au titre d’exercice professionnel de psychopraticien relationnel.
3) que la quasi extinction du GLPR due au retrait du PSY’G (2016) puis à des moments de friction (2018-19) entre les deux fédérations concernant la ligne suradaptative de la FF2P, est dommageable, la profession ayant intérêt à disposer d’un maillage collectif transcendant les différences.
30 août 2011 – 27 décembre 2012 – 13 août 2014 – 3 juin 2015 –
- 1 Qui se vit attaqué dans le déni de l’existence du système historique de garanties qu’avaient constitué les quatre organismes jusqu’en 2017-18 regroupés dans le cadre du GLPR.
- 2 L’exemplification à ce stade est prise dans l’univers de référence SNPPsy. La référence à ce syndicat peut changer. La formule se déclinera selon les règles de l’organisme de référence délivreur du titre, toujours dans le cadre strictement déterminé du GLPR.
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
psychopraticien agréé psy’g
Titre d’exercice délivré par le PSY’G aux praticiens en psychothérapie relationnelle que ce syndicat historique attribue aux professionnels répondant aux Cinq critères.
Dans le cadre de la caution solidaire accordée par les quatre organismes historiques de la psychothérapie relationnelle regroupés dans le cadre du GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle – le titre de psychopraticien agréé est l’un des trois titres d’exercice alternatifs au titre paramédical de psychothérapeute, réservé aux psychologues cliniciens et psychiatres (cumul possible avec la psychanalyse), n’ayant pas l’obligation d’avoir fait un long travail sur eux-mêmes, n’étant eux-mêmes pas nécessairement engagés dans une méthodologie de la clinique de la relation.
– Ne pas confondre avec psychopraticien, simple nom de métier qui utilisé sans déterminant désigne un professionnel ne répondant pas aux cinq critères ou en tout cas ne s’étant pas fait valider, reconnaître et confirmer par l’un des quatre organismes du GLPR.
Les deux autres titres étant psychopraticien certifié (FF2P) et psychopraticien relationnel® (SNPPsy et certains organismes AFFOP)
- La Croix accroche son cadre des professions psys et décroche de la réalité
- Psycho repérages au Nouvel Obs
- psychothérapie relationnelle
psychopraticien certifié (FF2P)
Titre d’exercice délivré par la FF2P aux praticiens en psychothérapie que cette fédération historique attribue aux professionnels répondant aux critères de l’AEP – Association européenne de psychothérapie, EAP en globish –, en rappel du CEP, assortis en France d’une adhésion aux Cinq critères.
trois titres alternatifs
Dans le cadre de la caution solidaire accordée par les Quatre organismes historiques de la psychothérapie relationnelle regroupés dans le cadre du GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle – le titre de psychopraticien agréé est l’un des trois titres d’exercice, alternatifs au titre paramédical de psychothérapeute, réservé aux psychologues cliniciens et psychiatres (cumul possible avec la psychanalyse).
Les deux autres titres étant psychopraticien agréé (PSY’G) et psychopraticien relationnel® (SNPPsy et certains organismes AFFOP).
– Ne pas confondre avec psychopraticien, simple nom de métier qui utilisé sans déterminant désigne un professionnel ne répondant pas aux Cinq critères ou en tout cas ne s’étant pas fait valider, reconnaître et confirmer par l’un des Quatre organismes du GLPR.
- La Croix accroche son cadre des professions psys et décroche de la réalité
- Psycho repérages au Nouvel Obs
- "psychothérapeute ou psychopraticien ?"
psychopraticien certifié FF2P®
cette expression désigne un titre d’exercice
Dans le cadre de l’accord réalisé entre les partenaires du GLPR, la FF2P a déposé à son tour en 2015 auprès de l’INPI le titre d’exercice professionnel alternatif qui correspond au paradigme à trois termes :
– psychopraticien relationnel® (AFFOP-SNPPsy)
– psychopraticien certifié FF2P®
– psychopraticien agréé PSY’G – à notre connaissance non encore déposé INPI.
sous l’autorité exclusive de la FF2P
Bien entendu ce titre de psychopraticien certifié FF2P® protège sous l’autorité de la fédération qui l’administre, les praticiens du métier de psychopraticien relationnel, ou de psychopraticien exerçant sous la responsabilité éthique et scientifique de la FF2P.
« psychopraticien » tout seul : garantie nulle
Psychopraticien tout seul, comme nom de métier sous lequel on retrouve aussi bien une voyante hyper lucide, un méditateur, quelqu’un qui exerce dans le domaine du coaching ou du développement personnel, seulement nom de métier insuffisamment défini, ne garantissant rien.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkvoir aussi
– multiréférentiel
– multipolarité
Diplôme de l’École
Les étudiants du Cifp reçoivent après soutenance de leur Mémoire terminal le diplôme de l’école de Psychopraticien multifréférentiel®. Cette appellation réservée est protégée par la propriété intellectuelle. Ce diplôme n’ouvre pas sur la pratique hospitalière publique, il a une valeur professionnelle privée et permet d’exercer en libéral.
Ouverture & critique
La multiréférentialité désigne un champ conceptuel et de pratique, une mentalité épistémologique. En quoi consiste-t-elle ? Notre école prône une ouverture rigoureuse enrichissant chaque discipline de la vision critique des autres.
Psychothérapie intégrative ou multiréférentielle
Les théories exposées au CIFPR sont
– soit complémentaires. Les contraires font système, cela peut conduire à de la psychothérapie intégrative.
– soit contradictoires, relevant de systèmes mutuellement exclusifs : incompatibles. Il ne s’agit plus de combinaison mais d’alternance. C’est la psychothérapie multiréférentielle.
La multiréférentialité
permet d’atteindre le non atteignable de chacune prise en particulier, à partir d’une ou plusieurs autres.
Elle s’appuie sur le maintien dynamique de contradictions irréductibles entre disciplines, se refusant de laminer les différences gênantes, les amalgamer, réduire ou ramener à l’hégémonisme de l’une d’entre elles.
Multiple et complexe
La multiréférentialité s’intéresse à la pratique complexe, ménageant le jeu nécessaire des tensions entre éléments hétérogènes incompatibles. Elle s’appuie sur l’idée maîtresse du maintien inconfortable d’une ambiguïté génératrice de recherche et d’invention. Elle permet d’articuler ce qui peut l’être, et évite à tous les délices de la vérité unique et de l’esprit de chapelle.
Multifocale
Elle s’applique à former des praticiens qui travailleront à partir de plusieurs pôles disciplinaires, capables de stratégies multifocales, à tout le moins de tenir compte de l’existence de dimensions différentes de celles qu’ils auront choisi d’engager.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
date de création de l’entrée effacée – 9 janvier 2014 – 18 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- identité et valeurs du CIFPR – qui et que vous apprêtez-vous à devenir ?
- Sciences sociales, le déclin français
- Femmes, de mal en psy
métier, discipline, titre
Psychopraticien est un nom de métier. Le psychopraticien relationnel exerce dans le champ disciplinaire [parfois dit la discipline] appelé psychothérapie relationnelle. La psychothérapie relationnelle comme la psychanalyse relève du champ disciplinaire axé sur la dynamique de subjectivation. Psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy est un titre professionnel d’exercice(1). Titre d’exercice alternatif à celui qui se situe dans le cadre réglementé (titre d’exercice de psychothérapeute, sorte de licence réservée au psychologue clinicien) garanti par le système autoréglementé SNPPsy-AFFOP, dans le cadre du GLPR (lequel organisme de liaison poursuit son activité en ayant perdu son nom et l’un de ses partenaires, le PSY’G, trop opposé à la politique de la FF2P, en 2016)
psychopratique relationnelleIl est probable que psychothérapie relationnelle restera en usage, et ne nécessitera pas le repli sur psychopratique relationnelle, à moins que le déploiement du jeu des signifiants ne crée inopinément de nouveaux usages terminologiques (13 décembre 2010). De fait, praticien en psychothérapie relationnelle, a également pris place au SNPPsy, selon son habitude de décliner à partir de la base « praticien en« . Auparavant succédait à l’expression le nom d’une méthode.
– voir également (2). Il a pour paradigme deux autres titres, psychopraticien agréé (PSYG – terminologie morte-née) et psychopraticien certifié (FF2P). Les deux organismes historiques représentatifs qui n’ont pas adopté le déterminant relationnel désignent ainsi leur système de reconnaissance propre, inscrivant l’Histoire dans les terminologies identitaires. On trouve cependant le terme relationnel dans le sigle de l’institution de liaison que tous ont choisi de constituer : GLPR. Sauf que le relationnel est devenu quasiment caduc du côté de la FF2P, on le murmure à l’occasion mais ne l’énonce jamais (« Pensez-y si vous voulez, n’en parlons jamais »). Pis, en 2019 à l’occasion d’un moment de tension entre les organisations, l’appellation GLPR se vit dénoncée. Faute d’une nouvelle désignation on parle à présent parfois de l’ « ex-GLPR », ou encore de rencontres multilatérales.
opération maquillageOr le R de GLPR est l’initiale précisément du relationnelle de psychothérapie relationnelle. Escamotage, disparition par évaporation ? la FF2P opte pour une politique de rassemblement le plus large possible des psychopraticiens-tout-court, ce qui abaisse le degré de qualification et compétence de l’ensemble. Ça tombe bien, d’aplomb avec la logique ministérielle qui consiste à créer peut-être une catégorie de développement personnel, plus précisément de bien-être, où ranger les psychopraticiens à condition qu’ils le soient tout court, courts à Bac + 2 ou 3. La FF2P ne désespérant pas d’y adjoindre le déterminant psychothérapie, manœuvre problématique qui procéderait au demeurant d’un périlleux maquillage.
négociations interminables par définitionLa dénomination de psychopraticien, créée en 2003 par le SNPPsy, adoptées en 2011 par les Quatre du GLPR, a le mérite d’exister, et d’être suffisamment imprécise. Elle présente l’inconvénient d’englober toute personne qui se le déclare. Une récente disposition stabilise le terme, entré comme item dans une rubrique administrative. Par définition ce terme n’est pas réglementable au sens des exigences de la psychopratique relationnelle, les pouvoirs publics baladant indéfiniment la FF2P qui n’a pas les moyens de faire entériner une définition qui stipulerait que le psychopraticien se livre à l’exercice de la psychothérapie. Retour périodique inéluctable à la case départ : bien-être, développement personnel. Existerait-il des passages par vortex vers l’université ? nous n’aborderons pas ici ce point.
nominalismeVu depuis l’univers de référence AFFOP-SNPPsy, à nominalisme, nominalisme et demi. L’opération indispensable consiste à conserver et maintenir le terme relationnel, créé avant la confiscation du terme psychothérapeute, à la fin du siècle dernier. D’autant qu’avec relationnel nous gardons notre prénom, dit-on au SNPPsy. Précieux. « Nous maintenons par ce mot notre affichage syndical et épistémologique depuis une décennie, depuis avant la crise Accoyer, depuis 1997″, y déclare-t-on alors. De plus, le terme existe dans la littérature. À l’article Psychothérapie le TLF conservateur en la matière signale : « En partic. Thérapeutique moins profonde, moins complète et moins intensive(3) que la psychanalyse. Psychothérapie directive, relationnelle. » Et nous avons vu l’année dernière ici même que notre éminent confrère Jacques Durand-Dassier avait pratiqué et soutenu en 1975 le premier la notion de psychothérapie relationnelle.
— Le précédent §, ainsi que celui intitulé « psychopratique relationnelle » sont largement extraits de Psychothérapie relationnelle — Quel syndicat pour quelle pratique dans quel contexte (novembre 2009)
psychothérapie relationnellePar ailleurs, praticien en psychothérapie relationnelle tend ces derniers temps à devenir l’expression affichée préférentiellement au SNPPsy. Objet, s’amarrer davantage à la psychothérapie emblématique du syndicat. Afficher un nom de discipline plutôt qu’un nom de métier. Ça permet entre autre de fédérer par la terminologie des psychologues, médecins, psychiatres, voire psychanalystes, qui se retrouveraient dans le cadre de cette appellation. Ça permet aussi de cacher la masse largement plus nombreuse des psychopraticiens relationnels au SNPPsy derrière le petit doigt de ces derniers.
voir égalementNous avons affaire à un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
Philippe Grauer
Corps de l’article : déc 2009. Modif. – oct 2010 – 20 juillet 2011 – 9 août 2011 – 15 juillet 2012 – 13 janvier 2014 – 11 mars 2014 – 23 octobre 2019 — 27 juin 2020 —
- 1 Par opposition au titre de psychothérapeute, dorénavant réservé aux psychologues cliniciens qui en feront la demande, à moins qu’un décret complémentaire ne leur réserve ce titre d’exercice par privilège, comme pour les psychiatres. – C’est fait (2012) mais seulement à titre transitoire pour les grands-parents. Puis : c’est définitivement acquis.
- 2 psychopraticien relationnel®, dénomination protégée par l’INPI pour l’AFFOP depuis septembre 2010.
1
**Relationnel
Le tout est relation de nos jours peut valoir aussi peu que le tout est relatif pour expliquer la relativité. Relationnel accolé à psychothérapie signifie strictement que le ressort psychothérapique c’est la relation, l’intersubjectivité en action, la dynamique relationnelle, transfert et contre-transfert compris, entre les deux protagonistes de la rencontre psychothérapique, où l’un vient auprès du spécialiste se faire entendre. Et écouter au passage ce qu’il se trouve être en train d’exprimer, réverbéré par le dispositif de la relation suractivée par le cadre proposé.
**Savoir faire être
Relationnel représente alors une valeur forte, témoigne du difficile dialogue entre soi et soi et l’autre, où se clarifie ce qui se passe quand je prends l’autre (ou moi-même) pour quelqu’un d’autre. En cas d’embrouille existentielle, cela se démêle avec beaucoup de patience, de savoir faire et d’art. D’art aussi de savoir faire être, savoir faire advenir.
**Ça ne s’étudie pas seulement, essentiellement ça se transmet
Soit Relation renvoie au couple Je-Tu de Buber, un fondamental de notre profession — ça ne s’étudie pas ça se transmet et s’expériencie, soit, et cela n’est pas mutuellement exclusif, Relation renvoie à l’érosion progressive de la relation transférentielle au sens psychanalytique. Dans les deux cas, ce concept sert de pierre de touche pour distinguer notre psychothérapie relationnelle, celle des psychopraticiens du même nom, des simples psychologues, même cliniciens car les cliniciens n’ont pas appris dans nos écoles l’important complément à leur discipline autre, de type objectiviste, de l’ordre de la rationalité procédurale — en prise directe avec la possible médicalisation de l’existence, apprise à l’université.
**Une relation motrice à double hélice
Bref la psychopratique relationnelle, pour parler dans le cadre strict de la terminologie nouvelle que la loi nous impose, représente (depuis plus de trois décennies) un métier et une discipline spécifiques, complexes, mettant la relation au cœur de la pratique et théorisation, une relation motrice à double implication, graphié par nous Relation pour la distinguer de la relation Je-Cela.
**Dialogue mutuellement impliqué en compagnie d’un « guide de montagne »
On est alors à mille lieues du puisqu’on est deux dans la salle il est trivial que nous sommes en relation comme toute personne en conversation ou qui, comme on dit, communique. Distinguons bavardage et parole. Distinguons entre face à face mutuellement impliqué, en délicate progression dialogale vers un peu de vérité vivante, et prescription d’un expert tout sachant à un venu le consulter tout penaud. Le jour et la nuit.
2
**Psychopraticien relationnel
Avec le premier terme, psychopraticien, nous croyons changer de nom, nous conservons praticien, avec psycho nous conservons le radical qui permet à tous de nous repérer comme relevant du champ psy. Considérons un instant le retournement effectué. Praticien de l’initiale vire à l’aphérèse (autobus) pendant que psycho- en position apocopique (comme le ciné de cinéma) débarrassé de l’encombrant radical médical thérapie, institue une nouvelle désignation. Ça c’est du retournement !
C’est aussi de la refondation. Le temps ayant passé, Psychopraticien relationnel® est devenu un alter titre professionnel garanti par le SNPPsy lui-même membre de l’AFFOP, le tout dans le cadre du GLPR (§ datant d’août 2011).
[note en date du 15 juillet 2012]
psychopraticien relationnel, terme émanant du SNPPsy (1997), déposé INPI par l’AFFOP (septembre 2010), concerne six organismes membres de l’AFFOP accréditeurs de ce titreNos recherches récentes sur le système complexe de validation institutionnelle a fait surgir la question de la pertinence et légitimité de la délégation par l’Affop du droit d’attribution du titre de [psychopraticien relationnel à des sociétés savantes. Cette question reçoit un début de traitement dans plusieurs entrées listées au bas du présent article.
- 3 Nous polémiquerons pas ici sur le « moins profonde » etc., faits de langue, d’imaginaire social et de consensus datés, là n’est pas pour l’instant la question. La première partie de notre article, consacrée à une définition plus « profonde » de la Relation, permet de se faire une idée mieux ajustée en la matière.
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
Praticien de la psychothérapie relationnelle en référence au SNPPsy. Cette appellation est autorisée dérogativement par l’Affop (fédération à laquelle appartient ce syndicat) détentrice de l’expression protégée psychopraticien relationnel®, afin de soutenir le nom de domaine scientifique, l’appellation de psychothérapie relationnelle en tant que discipline, référée au cadre terminologique garanti par le SNPPsy.
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
- Psychothérapie : METRO psycho tout faux
- PSYCHOTHÉRAPEUTE
par Philippe Grauer
Voir aussi
psychopraticien relationnel
Depuis octobre 2010 psychopraticien relationnel® est devenu appellation réservée aux praticiens à qui l’un des organismes membres de l’Affop — dont le SNPPsy, estimera fondé et légitime de l’attribuer.
Cela distinguera cette appellation avec valeur de titre professionnel d’exercice alternatif (référencé SNPPsy ou autre organisme membre de l’Affop), du nom de métier psychopraticien tout court, ou déterminé de multiple façon institutionnalisée ou non, à la disposition de chacun se le prétendant de soi-même ou confirmé par un autre organisme.
Notez par ailleurs que le CIFPR pour sa part détient déjà l’appellation protégée INPI de psychopraticien multréférentiel®.
– Les organismes relevant du GLPR eussent pu adopter en 2011 une convention concernant le système de titres d’exercice alternatifs qu’ils eussent entendu protéger en commun, à l’exclusion de tout autre organisme. Le quasi naufrage du GLPR de 2018-19 [remplacé en 2021 par l’Entente psy ] a laissé l’affaire en l’état.
– Les quatre organisations historiques représentatives reliées dans le cadre du GLPR avaient en effet déterminé en 2012 les trois titres qu’elles délivraient chacune, respectant les Cinq critères :
psychopraticien relationnel® pour l’Affop (dont le SNPPsy + cinq autres organismes accréditeurs Affop(1))
psychopraticien agréé PSYG [jamais homologué INPI en définitive]
psychopraticien certifié FF2P [Cinq critères très aménagés]
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
entrée créée le 27 décembre 2010 – mise à jour 14 juillet 2012 – 8 janvier 2014 – 18 février 2014 – 11 mars 2014 – vérif 11 juin 2015 – 2 janvier 2016 –28 janvier 2020 —
- 1 Ce qui n’est pas à la réflexion sans poser de problème d’incohérence institutionnelle. Note en date du 6 janvier 2014.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
La titulature des professions psys constitue un réseau complexe dont il convient de ne perdre aucune maille, ni de se perdre dans le dédale (tâche impossible ?). Vous ne trouverez pas toute cette information sur Wikipédia, chacun son truc. Les curieux consulteront avec profit (et pourquoi pas quelque plaisir) les entrées suivantes :
— titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe
— titre générique de psychothérapeute
— le titre de psychothérapeute & la loi Bachelot
— psychopraticien relationnel
— ex psychothérapeute
— psychothérapeute à titre exclusif
— psychothérapeute NN : nouvelles normes
— psychothérapeute relationnel
— psychothérapeutes
— Les-psychothérapeutes
— devenir psychothérapeute
— devenir psychothérapeute NN ou psychopraticien relationnel
— titre
— titres
— dénomination
— psychothérapeute (titre d’exercice de)
1) psychothérapeute : nom de métier devenu en France titre d’exercice réservé à ceux qui précisément ne le sont pas forcément.
2) psychothérapeute : mot de la langue, imprescriptible, pour désigner de façon générique un professionnel exerçant dans le champ du psychisme. Tenter de l’arraisonner constituerait une opération Novlangue d’inspiration totalitaire, au demeurant impraticable. La langue étant ce qu’elle est il est impossible de censurer mécaniquement son usage dans le discours courant ainsi que dans le discours scientifique.
3) Psychothérapeute ADELI : professionnel pourvu du titre professionnel d’exercice correspondant à cette dénomination légale en droit français.
4) psychopraticien
— a) au sens populaire, synonyme de psychothérapeute entendu comme nom de métier. Le mot s’est répandu depuis que le SNPPsy l’a mis en circulation aux environs de 2005. Dans ce site nous nous sommes efforcés de clarifier au maximum ce champ sémantique, sachant que l’on ne saurait établir de relation univoque entre usage de la langue et système réglementaire.
— b) au sens professionnel, personne sortant d’une école, confirmée comme exerçant dans le domaine du psychisme à titre libéral, sous le régime autoréglementaire d’une des deux fédérations historiques AFFOP (comportant le syndicat SNPPsy) ou FF2P.
— c) sens large : tout praticien prétendant pratiquer de la psychothérapie sans la définir davantage. Ou en se réclamant de références ne bénéficiant pas de l’approbation institutionnelle d’une des trois centrales historiques AFFOP, FF2P, SNPPsy.
— c’) complication : l’emploi du terme de psychopraticien sans autre spécification par la FF2P, qui refuse le déterminant de relationnel tout en marmonnant qu’elle est d’accord sur le fond mais ne saurais le proférer (afin de recruter aussi des praticiens pas trop relationnels), rend cette catégorie incertaine, la fragilise.
5) psychopraticien relationnel exerçant à titre libéral sous confirmation autoréglementaire en qualité de membre du SNPPsy (lui-même membre de l’AFFOP).
6) psychopraticien relationnel® : appellation protégée INPI réservée aux professionnels titulaires exerçant à titre libéral sous confirmation autoréglementaire du SNPPsy et de l’AFFOP.
1) /psychothérapeute/ : nom de métier devenu en France titre d’exercice réservé à ceux qui précisément ne le sont pas forcément.
2) psychothérapeute : mot de la langue, imprescriptible, pour désigner de façon générique un professionnel exerçant dans le champ du psychisme. Tenter de l’arraisonner constituerait une opération Novlangue d’inspiration totalitaire, au demeurant impraticable. La langue étant ce qu’elle est il est impossible de censurer mécaniquement son usage dans le discours courant ainsi que dans le discours courant ainsi que dans le discours scientifique.
3) psychothérapeute ADELI : professionnel pourvu du titre professionnel d’exercice correspondant à cette dénomination légale en droit français.
4) psychopraticien
— a) au sens populaire, synonyme de psychothérapeute entendu comme nom de métier. Le terme s’est répandu depuis sa mise en circulation (vers 2005) par le SNPPsy. Sur ce site nous nous sommes efforcés de clarifier au maximum ce champ sémantique, sachant que l’on ne saurait établir de relation univoque entre usage de la langue et système réglementaire.
— b) au sens professionnel, personne sortant d’une école, confirmée comme exerçant dans le domaine du psychisme à titre libéral, sous le régime réglementaire d’une des deux fédérations historiques AFFOP (comportant le syndicat SNPPsy) ou FF2P.
5) psychopraticien relationnel : professionnel exerçant à titre libéral sous confirmation autoréglementaire en qualité de membre du SNPPsy (lui-même membre de l’AFFOP).
6) psychopraticien relationnel® : appellation protégée INPI réservée aux professionnels titulaires exerçant à titre libéral sous confirmation autoréglementaire du SNPPsy et de l’AFFOP.
[/voir]
À partir du 1er juillet 2010 la loi Accoyer nous expropriant de l’appellation psychothérapeute (depuis 2001 nous disions psychothérapeute relationnel, ce dont ils s’indiffèrent) au bénéfice de la médecine et psychologie est entrée en vigueur.
psychothérapeute : dorénavant titre d’exercice paramédical
Par conséquent la précédente dénomination générique de psychothérapeute, devenue propriété exclusive des universitaires dont la spécificité est de ne point connaître ni pratiquer la psychothérapie relationnelle, n’est plus générique au titre de notre activité relationnelle. Il devient titre d’exercice (et non diplôme !), exclusif de la psychothérapie du processus de subjectivation, relationnelle, telle que nous l’avons créée et honorée durant plus d’un quart de siècle, en ce sens qu’il nous exclut de la jouissance du nom de métier de psychothérapeute, devenu titre d’exercice réservé désormais aux médecins de psychologues. Restriction ou dénaturation ? l’un n’empêche pas l’autre.
grand-parentage, titre d’exercice professionnel alternatif
voici pourquoi nous avons commencé à parler à titre transitoire de psychothérapeutes NN nouvelles normes ou de nouvelle désignation. Actuellement (novembre 2010) seuls sont naturellement titulaires du titre d’exercice de psychothérapeute au sens nouveau du terme les psychiatres. Les autres catégories susceptibles d’entrer dans ce cadre : psychologues, psychanalystes (le plus généralement psychologues ou médecins), psychothérapeutes ancienne norme, devront pour ce faire remplir des conditions diverses. Ceux qui n’y seront point admis ou qui choisiront de n’y point postuler prendront le nom de métier (sans aucune garantie, la FF2P négociant indéfiniment pour cette catégorie attrape-tout un statut de professionnels du bien-être, niveau bac + 3, pas davantage) de psychopraticiens. Voir sur ce point le schéma organisateur du champ qui se trouve à la p. 33 de notre Brochure. Les psychopraticiens relationnels du SNPPsy ou des organismes fédérés au sein de l’AFFOP répondront au titre professionnel d’exercice (réservé INPI) de psychopraticien relationnel® (titulaire du SNPPsy).
Psychopraticien multiréférentiel® (CIFPR)
À partir de cette date nous nous désignerons sous ce titre alternatif protégé par nos institutions historiques responsables regroupées dans le cadre du GLPR. Le CIFPR a pour sa part déjà protégé INPI la dénomination du diplôme qu’il délivre de psychopraticien multiréférentiel®.
Dans un sens cela nous garantit de confusions avec les psychothérapeutes d’État opérant dans le cadre officiel d’une médicalisation de l’existence et de la nuit sécuritaire. Nous ne soignons pas, au sens médical du terme, nous ne proposons pas de traitement, nous rencontrons des gens au motif de leur souci de soi.
Nous distinguerons le soin-traitement du soin-souci. Que vais-je devenir et faire de ma vie qui ne me va pas depuis que je suis en crise ? En proie à des conflits non résolus qui me rendent l’existence impossible, envahi par mon malaise, je m’en soucie, « je me soigne » : je prends soin de moi au moyen d’une psychothérapie relationnelle. Accompagné par un véritable professionnel qui a déjà effectué une semblable démarche approfondie d’investigation de soi, connaît bien sa discipline et pratique son éthique, appris en au moins 2000 heures auprès d’une école de qualité agréée par l’AFFOP, je vais pouvoir me soucier d’advenir à moi-même en toute indépendance, sécurité et liberté.
fantasme catastrophe pour les psychologues : un « titre » unique délivré en faculté de médecine ?
[les deux §§ suivants datent du 8 mai 2012] La logique de médicalisation et d’appropriation de l’ensemble du champ de la santé mentale par la médecine continuant de progresser en rouleau compresseur institutionnel, psychothérapeute serait-il en passe de devenir le titre qu’on obtiendra en faculté de médecine, supplantant celui de psychologue clinicien ou psychoclinicien, jusqu’ici délivré en Lettres ? Un tel épisode de politique-fiction joue sur la confusion sémantique du terme titre. Titre d’exercice n’est nullement titre universitaire. Selon Michel Baron, du PSY’G, ce processus serait engagé, et la jouissance du titre d’exercice autorisée par les ARS n’aurait que valeur d’équivalent provisoire de ce « titre » à venir. Cela reste pour l’instant institutionnalo-fantasmatique.
Psychologues grands perdants
Michel Baron souligne simplement (!) que les psychologues et psychologues-psychanalystes font figure de grands perdants dans ce processus, que le Groupe de contact avait appelé de ses vœux au moment de la bataille des charlatans. Voleurs volés, les psychologues se sont précipités en masse pour obtenir le nouveau titre d’exercice de psychothérapeute en principe prévu pour les-psychothérapeutes grands-parents, peu nombreux en fait au portillon des ARS. Les psychologues ont gagné leur dépendance à ce jeu de qui perd gagne pour qui manque de clairvoyance politique (sans parler d’éthique). Le corporatisme donne une trop courte vue à ceux qu’il fourvoie.
On se reportera à ce propos à l’article bien documenté de Philippe Grosbois, qui propose une analyse des représentations de la psychothérapie via les positions adoptées par les organisations professionnelles de psychologues et de psychiatres vis-à-vis de la réglementation du titre de psychothérapeute ; leurs réactions vis-à-vis de la loi de 2004 et les décrets d’application qui ont suivi en 2010 et 2012 illustrent en majorité l’absence d’un positionnement éthique de leur part ainsi que des professionnels concernés qui souhaiteraient en faire usage. La référence à la psychanalyse représente par ailleurs toujours des enjeux identitaires pour les psychiatres et les psychologues. Les organisations professionnelles des premiers les autoproclament compétents par essence en matière de psychothérapie ; les psychologues sont encore très influencés lorsqu’ils ont reçu à l’université un enseignement de psychopathologie psychanalytique, formation de base jugée souvent suffisante pour exercer une fonction psychothérapique.
écoles agréées AFFOP pour la formation des psychopraticiens relationnels
Pour la génération qui vient la question reste simple. Deviendront en premier lieu psychopraticiens relationnels, représentants d’un discipline et profession alternative, hors les sentiers de la médicalisation de l’existence – mais aussi hors circuit universitaire, désavantage & bénéfice – formés dans le réseau d’écoles transmettant par privilège de fait un savoir, savoir faire, savoir faire être, introuvable ailleurs, des personnes en reconversion.
double circuit, double réseau de prescription
— TRAITEMENT PARAMÉDICAL – secteur 1, cadre réglementé
Le circuit de référence du cadre réglementé, d’orientation médicale, d’inspiration DSM et neurosciences, fonctionne à présent. Si quelqu’un « va mal » psychiquement, il sera orienté vers les CMP, psychiatrie de secteur, ou vers le psychologue-psychothérapeute des maisons médicales, s’engagera dans une prise en charge et un traitement. Objectif guérison. Mettant en œuvre le principe de médicalisation de l’existence, le jeu de la préférence corporatiste fonctionne. Le circuit tourne alimente son réseau de psychothérapeutes. Ses professionnels sont inscrits au Registre départemental des psychothérapeutes.
— SOIN-SOUCI RELATIONNEL – secteur 2 cadre autoréglementé
Si votre malaise est de l’ordre du mal-être – comment me reconstruire en lien auprès d’un autre, (re)donner du sens à mon existence ? – la logique est de s’adresser à un psychopraticien relationnel [7] relevant du « secteur-2 » de la psychothérapie relationnelle alternative, non médicaliste, dont le dialogue conduise à une dynamique de subjectivation. Objectif transformation. La référence au DSM ne constitue plus le référentiel de base, le registre de cet accompagnement méthodologique, éthique, scientifique, n’est pas le même. C’est le moment de le dire puisque ses professionnels figurent sur des Annuaires alternatifs syndicaux, fédéraux, ou de sociétés savantes.
passerelles ?
- a) oui, certains praticiens orientés par la psychanalyse, plus rarement par la psychothérapie relationnelle, peuvent exercer à titre de psychothérapeutes (notamment d’ex psychothérapeutes d’ancien régime).
- b) oui, car dans certains cas les psychopraticiens relationnels adressent complémentairement leur patient à un psychiatre. Ou réciproquement.
Mises à jour : 5 janvier 2011 – 17 juillet 2011 – 6 septembre 2011, 9-11 octobre 2011 – 8 mai 2012 – 29 juin 2014 – 13 août 2014 – 30 décembre 2014 – 12 juin 2015 bis – 17 avril 2019 –
Notes
1 — Enfin pas au sens où précisément l’entendaient les ex psychothérapeutes identifiés et titularisés par l’un des organismes historiquement responsables de l’actuel GLPR.
2 — La psychologie clinique se trouvant annexée en qualité de paramédicale lorsque à l’enseigne du nouveau titre d’exercice de psychothérapeute NN.
3 — Aux dernières nouvelles, en octobre 2011, un nouveau décret modifierait bientôt le précédent, livrant accès au tire de nouvelle désignation de psychothérapeute aux psychologues, sans les humiliantes conditions supplémentaires que leurs amis et alliés psychiatres leur ont infligées.
4 — Ou simplement psychopraticien adhérent du SNPPsy, une décision en Assemblée générale affina la dénomination en novembre 2011. Cela a évolué depuis en psychopraticien relationnel du SNPPsy, variante psychopraticien relationnel ®, difficile de s’y retrouver.
5 — En se dénommant psychothérapeutes relationnels, les psychothérapeutes d’État qui en auront le droit (être reconnu et garanti par le SNPPsy) marqueront par là qu’ils cumulent les deux professions. En réalité c’est encore un peu plus complexe, psychothérapeute d’État n’étant qu’un titre et nullement une profession (la profession c’est psychologue ou médecin, ils se sont réservé l’appellation dite « titre d’exercice », de psychothérapeute), eh oui ! psychopraticien relationnel étant le titre délivré à des professionnels, les psychopraticiens, relevant d’une profession qui sans le titre ne vaut que ce que valent individuellement ceux qui s’en réclament (autoproclamés). D’où l’intérêt, pour les professionnels et le public, de la garantie que représente le titre d’exercice de psychopraticien relationnel ® — titulaire du SNPPsy, délivré par le SNPPsy, relié aux trois autres institutions historiques responsables regroupées dans le cadre du GLPR. Si vous trouvez tout cela un peu compliqué, ne vous découragez pas tout de suite. Le public lui a depuis longtemps renoncé à s’engouffrer dans ce labyrinthe institutionnel. Voyez aussi le Carré psy pour vous simplifier la vie si nécessaire et la page 33 de notre Brochure.
6 — Cumulables d’ailleurs, mais pas forcément au même lieu ni confié à la diligence du même praticien. Il existe des cas de travail en réseau entre un psychiatre et un psychopraticien relationnel.
7 — Par l’État. Dans le sillage de l’idéologie médicaliste.
8 — Par la profession. Cf. GLPR.
9 — Sortes de guides de haute montagne – qui vous aident à tracer votre chemin.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- DE SILÈS Fabienne
psychothérapeute – éléments d’histoire
En langage courant, praticien de la psychothérapie (voir ce mot). Tout dépend de la définition qu’on produit de la psychothérapie (soin par la parole) – laquelle est multiple et épistémologiquement contradictoire. C’est là que les soucis commencent.
Nous avons pu écrire de façon polémique (in psychothérapeute) : « Psychothérapeute : nom de métier devenu en France titre d’exercice réservé à ceux qui précisément ne le sont pas forcément. » Ce qui ne veut rien dire de correct tant qu’on ne prend pas en compte la note adjointe : enfin pas au sens où précisément l’entendaient les ex psychothérapeutes identifiés et titularisés par l’un des organismes historiquement responsables de l’actuel GLPR.
– « imposture de la psychologie »
Ce qui permet d’entendre ne sont pas forcément psychothérapeutes au sens précisément où l’étaient les praticiens humanistes qui se disaient psychothérapeutes avant 2010, se définissant implicitement ou explicitement comme psychothérapeutes relationnels. Ce qui prend en compte la protestation de Philippe Grosbois parlant d’une imposture de la psychologie.
Comme le bon sens de Descartes la psychothérapie est la chose au monde psy la mieux partagée, sauf que le partage s’effectue dans une charmante confusion générale. Le terme psychothérapeute en souffre par contre coup.
psychothérapeute. Nom de profession enregistré en 1981 par le SNPPsy
Nous n’aborderons pas ici la question du « titre » de psychanalyste, et de façon plus générale de la confusion spontanée entre profession et titre.
Titre, nom de métier, nom de discipline, toute une Histoire.
titre : histoire du mot
– de la pancarte au titre boursier en passant par la croix du Christ
Commençons par un peu de chrono tourisme. Le Dictionnaire historique de la langue française commence à Rome avec le titulus par des écriteaux de manif portés au bout d’un bâton lors des défilés de triomphe, indiquant le nombre de prisonniers et le nom des villes prises. Le même mot en viendra à annoncer un local « À LOUER », pour finir par louer… un défunt lors de son enterrement. Devenu inscription funéraire, le titre se retrouve sur la croix du Christ, de la croix à la bannière le voici sur les drapeaux, puis les monnaies. Tout cela sorti d’usage, subsiste une dérive, la désignation de la matière d’un ouvrage, au XIIIème siècle, toujours active comme on sait. Au XIVème siècle arrivent les juristes qui utilisent le mot pour désigner ce qui établit un droit, notamment de possession, d’où nos titres boursiers.
– de à juste titre jusqu’à relation
Cela va donner, toujours au XIVème siècle, le « droit sur lequel on se fonde pour faire quelque chose, » à juste titre dit-on encore de nos jours. Il faut attendre le XVIIème siècle pour que, reprenant le sens latin de « célébrité » le mot revête le sens de « désignation honorifique indiquant un rang, une dignité. » Cela se sociologise. Par extension le terme finira par « s’appliquer à la qualification que l’on donne aux personnes pour exprimer certaines relations (par exemple le titre de père) » – vous pensez bien que nous n’avons pas voulu faire l’économie de l’introduction collatérale du terme relation dans cette affaire.
– « ici le titre est exigé »
C’est de la ligne de sens du Grand siècle que part le TLF. Pour lequel titre c’est d’abord l’ « indication d’une distinction, d’une qualité. » Honorifique et nominale, susceptible d’être usurpée, cette qualité doit être authentifiée. Nous voici en plein dans l’actualité. Ensuite c’est le « Nom d’une charge, d’un office, d’une fonction ou d’un grade. Titre universitaire ; titre d’agrégé, de professeur, de docteur. » Il arrive, le moment Knock : Dites-donc, maintenant, vous êtes bien réellement docteur?… Parce qu’ici le titre est exigé (ROMAINS, Knock, 1923, I, p. 5).
– droit de titre
Retour au juridique, le mot « désigne ce qui établit un droit, le justifie ou détermine ses modalités. » le TLF parle alors d’écrit rédigé en vue de constater un acte juridique ou un acte matériel pouvant produire des effets juridiques, et fournit des exemples : » Titre authentique, nul, primordial » et un peu plus loin, lapidaire : » droit de titre« . On n’est pas loin du brevet que signale subrepticement le Grand Robert.
Histoire contemporaine
– nom de métier
En portant le terme psychothérapeute sur les fonds baptismaux des Pages jaunes, en 1981, le SNPPsy fait enregistrer psychothérapeute comme nom de métier. Il s’agit de faire reconnaître une profession. Et d’y mettre bon ordre, pour n’autoriser la pratique qu’à juste titre, nous y revoici.
titulaire
Pour établir la dimension éthique (morale disciplinaire) et déontologique (morale professionnelle) de ladite nouvelle ancienne profession il fallait en effet un titre. On allait devenir titulaire, on reconnaît le terme latin, du SNPPsy, qui non seulement soutenait une profession – s’agissant d’un syndicat professionnel, cela se conçoit, mais prenait en charge de la qualifier (nous n’oublions pas que par ailleurs le travail avait commencé avec l’action du PSY’G (1966).
amorce ordinale
Ce syndicat se découvrait une vocation d’amorce ordinale. Il n’inscrivait pas ses membres purement et simplement mais ayant défini les normes du métier passait au crible les candidats. Ainsi une institution professionnelle prenait-elle en charge de contrôler la qualification de ses membres, sans considération pour les diplômes psys existants, lesquels statutairement
1) n’avaient pas vocation d’accréditer leurs titulaires du point de vue de leur parcours psychothérapique (ou psychanalytique d’ailleurs) personnel ;
2) ne les accréditait pas davantage sur leurs capacités de pratique(1) relationnelle ou de l’ordre d’une stratégie de l’inconscient.
déontologie
Ainsi se promouvait une étrange profession véritablement nouvelle, composée de praticiens, c’est le terme dont ils se sont désignés (vs. cliniciens, on mesure la distance à la médecine), formés dans des instituts de méthodes d’un type nouveau, dispensant un savoir non universitaire (ou pas encore s’illusionnait-on), se regroupant dans une institution pluraliste où se voyaient pacifiées leurs rivalités de méthodes. Chacun dans son style, le SNPPsy plus spécifiquement idéologue, les deux syndicats français mirent au monde une déontologie, et le SNPPsy un contrôle des instituts de formation, donc des voies diplômantes (privées), le contrôle de la formation constitue la base de celui de la pratique. Leur objet, la psychothérapie. Telle qu’eux la concevaient. Telle que la définissait entre les lignes leurs codes de déontologie (SNPPsy : 1982).
méconnaissance des domaines d’exercice
Pris dans l’élan du mouvement « européen » de l’EAP, les-psychothérapeutes du SNPPsy entendirent revendiquer le monopole de la psychothérapie, en ceci mimant leurs collègues psychologues et psychiatres (les psychanalystes ressortissant des deux professions précédentes). S’estimant les uniques légitimes détenteurs de la psychothérapie – la leur, les voici à leur tour à revendiquer l’entièreté d’un domaine dont ils ne représentaient qu’une part. Les tensions corporatistes endémiques entre psys ne s’en trouvèrent pas apaisées.
inflation de narcissisme corporatiste
Cette inflation narcissique qui tout compte fait n’aura duré qu’une décennie se dégonfla en 2001. Parti de la psychologie humaniste puis des Nouvelles Thérapies, le mouvement qui en était venu à la revendication de l’ensemble de l’univers de la psychothérapie réintégra rapidement les limites tenables et légitimes d’une psychothérapie relationnelle capable de s’identifier et définir.
1889 – 1989 : de Bernheim à l’UKCP
Cette profession, en tant que telle, en tant que discipline également, à l’issue d’un siècle de gestation, se comportait en institution responsable. La psychothérapie au sens indifférencié de ses origines, objet récent, date de 1889 (2) ou 1891 selon que l’on considère le trait d’union ou non, on la fait traditionnellement remonter à Bernheim. Avant elle il eut la psychiatrie, puis la psychologie, passée de « science de l’homme intérieur » (introspection) à psychologie scientifique [science de l’homme extérieur… ] au début du XXème siècle. Le lien historique logique remonte aux Lumières, Messmer, Puységur, l’école allemande, l’hypnose, le romantisme et la découverte de l’inconscient au XIXème siècle, pour aboutir à l’école de Nancy.
psychanalyse, champ phénoménologique, psychologie humaniste
Ce qui nous fait arriver à la psychanalyse au début du XXème siècle, qui en matière de psychothérapie bouleversera l’ensemble de l’édifice psy, pénétrera profondément la culture d’ensemble occidentale, imprégnera durablement l’imaginaire collectif, se constituera en profession de fait dans les années 20, et imprimera sa marque en psychiatrie et psychologie. Or, à peine la psychanalyse installée solidement aux États-Unis sur le territoire de la médecine en thérapie de l’adaptation au bonheur américain, voici qu’en réaction apparaît à partir des années 60 la psychologie humaniste. Elle se compose comme son nom l’indique de psychologues.
– de psychologue à thérapeute
Il advint que dans l’expression psychologie humaniste le déterminant le devint, déterminant. Le terme psychologie le céda insensiblement à celui de thérapie (aphérèse de psychothérapie), concurrente contestataire d’une psychanalyse-psychiatrique conformiste, résolument adversaire par ailleurs du comportementalisme, Troisième voie en marche. Logique parfaite, la « psychologie » humaniste depuis le début se présente comme existentialiste, philosophique donc, dans le champ de la phénoménologie, et comme psychothérapie fondée sur le travail de la relation, impliquant ses deux protagonistes, le tout en réaction déclarée au courant comportementaliste.
la psychothérapie comme fonction
Jusqu’alors la psychothérapie selon la définition qu’en fournissaient les psychologues français consistait en une fonction, réclamée comme privilège par la corporation des psychologues(3), concurremment à la pratique psychiatrique, laquelle ajoutait diagnostic et soin médicamenteux, consistant à apporter un soin par le psychisme. En évitant de trop définir les termes. Notons que Mont Soin comporte plusieurs faces. La psychiatrie figurerait la face Nord, la Sud moins escarpée la psychologie. Sur les deux pentes la psychanalyse avait depuis 1945 développé sa forêt. Victime d’incendies et d’opérations de déboisement ces derniers temps. Et la face Ouest ?
à peine obtenu la sécurité d’un titre de psychologue…
– identité professionnelle
La psychologie en France venait d’obtenir en 1985 le titre de psychologue au terme de quinze ans de lutte politique professionnelle, se soustrayant ainsi enfin à sa paramédicalisation, à sa soumission à la médecine (dont elle continuait d’envier la scientificité) – souveraine souvenons-nous en en matière de diagnostic et de prescription (soin médical) – la psychologie venait tout juste de se libérer de l’assujettissement des psychologues hospitaliers au pouvoir des psychiatres(4), voici que
… débarquent des concurrents sans diplômes ni titre
– les humanistes
Au moment de jouir du bénéfice de ce rééquilibrage des forces (professionnelles), surgit de la psychologie humaniste, née des lignes de forces psys de la société américaine, plus humaniste que psychologique pourrait-on dire, un mouvement professionnel et disciplinaire qui rapidement allait se constituer en force professionnelle politique européenne et intervenir dans le paysage psy français. À la table où se tenaient les trois puissances psys traditionnelles, psychiatrie, psychologie, psychanalyse, s’arrangeant et se dérangeant entre elles, se partageant la psychothérapie définie comme une de leurs fonctions, voici que s’invite une quatrième entité, de surcroît imprégnée de thérapie populaire et bientôt d’un coefficient non négligeable de spiritualité(5), un mouvement d’inspiration alternative, qui bouscule et se présente comme la-psychothérapie.
Trente glorieuses humanistes
Il s’est trouvé que le mouvement humaniste existentialiste de la psychologie américaine, à la fois héritier du message psychanalytique et marquant sa prise de distance par rapport à lui, durant les années 60 monte en puissance, passe à l’émotionnel puis au psychocorporel (bientôt on vient de le voir cela se teintera de spiritualisme) pour à partir de la décennie 70 conquérir l’Europe via la Grande Bretagne et les États-Unis. Premiers pays concernés, la France et la Belgique. Le PSY’G en se fondant lance le premier les dés en 1966, le CDPH en 1972 puis le SNPPsy en 1981 les jettent sur le tapis de l’Histoire, le PSY’G rejoue en 1990 avec la déclaration de Strasbourg (fondation de l’Association européenne de psychothérapie, – EAP en anglais), proclamation européenne d’indépendance de la psychothérapie, axe : Londres (UKCP), Paris (PSY’G et SNPPsy), Vienne (Fritz Pritz), ce qui débouchera sur l’Assemble mondiale de psychothérapie, Vienne, {1995 } (certains vieux viennois américains repassent à Vienne). De 1970 à 2000, trois décennies voient l’expansion de cette force irrésistible qui installe ses méthodes sa mentalité, sa révolution, ce qu’on peut après-coup nommer les Trente glorieuses de la psychothérapie humaniste.
un nouveau fait de société
Il en sera sorti deux syndicats, deux fédérations, un mouvement européen à horizon mondial, les psychothérapeutes s’organisent, se font reconnaître, occupent le territoire, revendiquent la psychothérapie. Les patients les suivent, cela commence à représenter quelques millions de personnes, un fait de société, un enjeu idéologique, des positions scientifiques antagonistes, des intérêts pharmaceutiques et économiques, des points en termes électoraux, cela commence à revêtir des aspects politiques.
Il en sortira aussi une grande offensive de la médecine pour éliminer les nouveaux venus, abattre la psychanalyse, et remodeler à la médicale le champ psy tout entier.
vers la réglementation
– épisode afnor : l’alerte
Il se trouve que la médecine, toujours aux aguets de s’emparer d’une activité de soin se développant dans son voisinage, s’inquiète en fin de siècle de l’existence de ces psychothérapeutes devenus un peu trop visibles. L’alerte fut sans doute donnée quand le SNPPsy s’avisa de s’enquérir de normation AFNOR pour la psychothérapie (1993). La stratégie, toujours la même, consistait pour le syndicat à faire reconnaître par la bande d’une officine d’État la profession de psychothérapeute. En confectionnant une sorte de fiche technique – une Agence (l’HAS), on va entrer dans l’ère des Agences, parlera plus tard de fiche métier – décrivant le service proposé et ses modalités d’application définies par les professionnels mêmes, on inscrirait fonctions et jeu de règles sur les tablettes péri ministérielles, on engendrerait une documentation descriptive pour orienter le public et progresserait ainsi vers l’affichage identitaire professionnel et le système de garantie souhaité.
– Union sacrée
Convoqués au ministère de la Santé, les intéressés de toutes les professions psys manifestèrent leur hostilité à cette idée de table ronde et refusèrent de dialoguer. Ils s’attachèrent à empêcher toute reconnaissance en respectabilité professionnelle et scientifique de leurs nouveaux collègues les psychothérapeutes dont certains ni médecins ni psychologues se voyaient situés hors du cadre académique. Peu importait que ces professionnels fussent qualifiés, Il fallait noircir le tableau d’une absence supposée de qualification et bien entendu d’éthique, s’attaquer à un non professionnalisme supposé qui heurtait les convictions académiques, le scientisme et l’esprit de corps.
– Cournut (SPP) lance Vasseur (AFP) sur Accoyer (UMP)
Dans ces conditions l’initiative revint à Cournut, psychiatre président de la SPP, de présenter Vasseur, président de l’AFP (Association française de psychiatrie) – nous évoluons ici dans l’univers de la médecine – à son collègue d’Annecy, un ORL UMP à l’oreille politique aussi active que sensible, afin d’engager, puisque un processus de réglementation s’amorçait de toute façon (opération Académie de médecine : 1er juillet 2003 – Rapport Pichot-Allilaire ; 15 septembre 2003 – Rapport Cléry-Melin), une contre-attaque pour maintenir le pouvoir corporatiste de la psychiatrie (et de la psychanalyse s’imaginent les naïfs de cette dernière). En s’adjoignant les psychologues on unirait l’ensemble du monde psy présentable, les trois corporations, contre ces improbables nouveaux venus.
– exit psychanalyse
Par ailleurs la tendance mondialiste scientiste d’évacuation de la psychanalyse de la psychiatrie et de la psychologie trouverait là un excellent point de départ et d’appui sans que les psychanalystes se doutassent de rien, la clairvoyance politique n’étant pas leur fort(6).
– États-généraux de la psychiatrie – 2003
C’est dans ce contexte que se tinrent en mai 2003 les deuxièmes États généraux de la psychiatrie(7). Qui tinrent ces assises (Hervé Bokobza) ? comment ? Accoyer avait déjà déposé des amendements, le projet de loi Marchand (SNPPsy) déposé depuis le 28 mars 2000 sur le bureau de l’Assemblée leur faisait face. Les psychothérapeutes de leur côté ne s’étant pas déplacés (mondes étanches ?), les psychiatres réunis ne s’occupèrent pas de cette affaire, votèrent deux motions favorables à la psychanalyse, une autre de défiance à l’endroit du DSM, et réclamèrent d’un gouvernement de droite un budget et un traitement spécifiques qui leur furent refusés. Manifeste faiblesse d’une profession dépérissante dans un contexte organiciste orienté vers une politique sécuritaire.
préparatifs : journées à l’Assemblée Nationale
– 1er juillet 2003 – L’Académie de médecine avec son rapport Pichot-Allilaire avance sa revendication de la psychothérapie comme médicale. Le Groupe de contact entre en action. De leur côté les psychiatres associés à des organismes de psychologues et certains de psychanalyse (le futur « Groupe de Marly » – 2004) organisent un colloque (8) de soutien à Accoyer à l’Assemblée nationale le 23 mars 2000, cependant que les psychothérapeutes du Snppsy allaient tenir le leur également à l’Assemblée nationale le 18 novembre 2000, (l’Affop ce fut plus tard, 12 janvier 2002), recevant la visite de Jacques Sédat (en ignorant l’existence et l’activité du Groupe de contact).
– la nuit du 8 octobre
C’est sur ces entrefaites qu’Accoyer le 8 octobre en nocturne, avec l’aide de la socialiste anesthésiste Génisson, déclenche ce qui va devenir la bataille des charlatans.
(À suivre)
- 1 Les psychologues disent clinique.
- 2 Alain Rey p. 2212, une source parle même de 1888, à vérifier.
- 3 Noter qu’on reste là dans la définition identitaire professionnelle.
- 4 Là encore nous avons affaire à une définition de type professionnel (vs. disciplinaire)
- 5 Remarquez, il y avait bien eu Jung bien avant ça, et si s’y référer comme à un précurseur n’est pas de bonne méthode historiographique, il demeure que la sensibilité spiritualiste en psychologie humaniste est constante depuis Maslow.
- 6 Sauf précisément pour le mouvement politiquement conscient et organisé de la Cause freudienne, ce qui le placera en décalage par rapport au reste du monde psychanalytique.
- 7 Les premiers datant de 1965.
- 8 Une journée d’étude ?)
Facile à comprendre. Le cadre nouveau institué par la loi Accoyer stipule qu’on n’a pas droit au titre désormais réservé de psychothérapeute si l’on n’est ni psychologue ni psychiatre ou médecin ni psychanalyste (Ces derniers généralement déjà répartis entre psychologie et médecine)(1).
Les Nininis doivent changer de nom, puisqu’il exerçaient la psychothérapie à titre exclusif, la psychothérapie relationnelle et uniquement elle, sans détenir de diplômes dans les disciplines voisines à présent uniques bénéficiaires du droit au titre.
On sait qu’il s’agit d’une confiscation de nom, ce que le législateur est toujours en droit de faire. Rien n’a été prévu pour accueillir les psychothérapeutes à titre exclusif dans le nouveau cadre, c’est normal, c’était prévu pour les éliminer. Affaire de corporatisme. Ils peuvent s’ils le veulent faire médecine ou psychologie, on ne saurait vraiment appeler cela une passerelle interdisciplinaire.
En fait nos praticiens et étudiants se sont choisi (2) un autre nom disciplinaire : psychopraticien relationnel. Les noms de métier changent souvent, ça n’est non plus ni une catastrophe sans précédent (nous-mêmes avons déjà changé de nom, avant les années 80) ni une persécution forte. C’est une persécution mais faible : l’activité, le fait de pratiquer la psychothérapie ne leur est pas interdit, il leur est seulement interdit de le faire sous leur ancien nom. Ils ne s’appelleront plus psychothérapeutes – la nouvelle dénomination ayant oblitéré l’ancienne – mais psychopraticiens relationnels(3). Au CIFPR – qu’en toute logique on devrait dire CIFPRM – on forme des psychopraticiens relationnels de la méthode multiréférentielle. Pour tous ces termes référez-vous à notre glossaire.
reconversion : un atout capital
Dans toute l’Europe les psychopraticiens relationnels proviennent à 95 % de la reconversion. Ils sont en ceci comparable à leurs collègues psychanalystes de la SPP qui le deviennent en moyenne à 57 ans, pour des raisons semblables (eux venant le plus souvent de médecine). Cela crée une différence sensible avec des étudiants tout juste sortis de la fac, travaillant dans des collectifs hospitaliers, où ils apprennent sur le tas un tout autre métier au demeurant que celui auquel les ont préparés leurs études. Ils ont vécu, exercé un métier et des responsabilités, ils bénéficient d’une expérience de vie personnelle, ont atteint une maturité (n’oublions pas qu’ils ont parcouru eux-mêmes un itinéraire psychothérapique ou psychanalytique personnel important) qui leur permettent d’écouter la vie des autres à un moment de l’existence où ils ne sont pas eux-mêmes en train de la découvrir.
Philippe Grauer
Entrée du 20 août 2010 – mise à jour le 14 août 2013 –
- 1 « Régulièrement inscrit » dans son association répertoriée : autre problème, ne traitons pas tout à la fois.
- 2 version de 2010 : sont en train de se choisir.
- 3 La question n’est sans doute pas de savoir si notre nom comptera quatre ou cinq syllabes. Cf. à ce sujet notre éditorial d’août 2010.
- Manifeste pour la psychanalyse – à propos d'un ouvrage récent
- Psychiatrie : juges et préfets se substitueront-ils aux soignants ?
- Psychothérapeute : titre, alter titre, sans titre
Nous parlons à titre transitoire de psychothérapeutes NN, nouvelles normes, ou de nouvelle appellation. Actuellement (novembre 2010) seuls sont naturellement titulaires du titre de psychothérapeute au sens nouveau du terme les psychiatres qui en ont fait la demande (il leur suffit de poser leur demande, car comme le dit si bien Philippe Grosbois, ils sont selon la loi génétiquement psychothérapeutes. Leur demande ne fait que permettre à ce gêne de s’exprimer). Les autres catégories au sein du Carré psy susceptibles d’entrer dans ce cadre : psychologues, psychanalystes (le plus généralement psychologues ou médecins), psychothérapeutes ancienne norme, devront pour ce faire remplir des conditions diverses. Les psychothérapeutes NN exercent dans le cadre réglementé par la loi protégeant le titre dorénavant universitaire de psychothérapeute – en définitive (ce membre de phrase date de 15 mai 2012) sous l’égide de la faculté de médecine.
Ceux qui n’y seront pas admis ou qui choisiront de n’y point postuler prendront le nom de métier de psychopraticien. Les psychopraticiens du SNPPsy ou des organismes fédérés au sein de l’Affop prendront le titre de psychopraticiens relationnels.
psychothérapeute – titre médicalisé dénaturé
Le système de dénomination change, pas le contenu. Un/e praticien/e relationnel/le pratique la psychothérapie relationnelle. Simplement il ne le fait pas sous le titre désormais réservé, médicalisé et dénaturé de psychothérapeute. Sa formation s’effectue toujours dans nos bonnes écoles agréées Affop.
Entrée du 15 juillet 211 – mise à jour le 09 octobre 2011 – 8 mai 2012
- Contre l'évaluationnisme
- Szondi et psychothérapie institutionnelle
- Un Monde sans fous ? ou les dérives de la psychiatrie
Le terme relationnel désigne un travail intersubjectif engageant profondément les deux protagonistes (ou davantage dans le cas de psychothérapie groupale) dans le processus de découverte de soi en relation qui conduit la personne ayant entamé la démarche de s’approcher comme sujet de son histoire et de son projet.
– 2) dans le cadre de la nouvelle terminologie désigne un professionnel revêtu du titre d’exercice de psychothérapeute, pratiquant la psychothérapie relationnelle (appellation créée en novembre 2001).
Jusque là, et à partir des années 70, les praticiens des Nouvelles thérapies, issues de la psychologie humaniste américaine, se dénommaient psychothérapeutes. Au moment de la bataille des charlatans 1999-2010), les psychologues et psychiatres se sont mis à les appeler les psychothérapeutes, assimilés pour les discréditer à des « charlatans« . À partir de 2001, les praticiens en psychothérapie relationnelle du SNPPsy ne se dénomment plus autrement, ayant compris que tous les praticiens du Carré psy se désignaient comme « psychothérapeutes, » devenu un terme générique dont les multiples significations ne permettaient plus d’appréhender ce que psychothérapie tout court mais surtout tout vaste, pouvait vouloir dire.
L’adjonction du déterminant relationnel a permis de distinguer les occupants du côté droit du carré psy de l’ensemble de ceux qui de façon parfois bien différente entendent signifier qu’ils appartiennent au dit carré, au motif tout à fait recevable qu’ils font de la psychothérapie – mais laquelle ? on évite l’imprécision permettant à chacun de définir la psychothérapie comme uniquement la sienne surtout sans spécifier davantage.
voir aussi
– subjectivation
critérisation
Pour ce faire le psychothérapeute relationnel devenu depuis psychopraticien relationnel a auparavant accompli lui-même une longue et fertile recherche du même type, s’est dégagé suffisamment de ses propres difficultés, et connaît bien son métier, appris auprès d’une école telle que la nôtre [Cifpr], ce qui lui a demandé beaucoup de temps et d’investissement personnel. Il répond alors aux Cinq critères, repris par les quatre organismes regroupés depuis 2010 dans le cadre du GLPR.
cumul
À l’issue des nouvelles dispositions législatives, ceux devenus du jour au lendemain ex psychothérapeutes relationnels peuvent le rester sous certaines conditions à remplir (grand-parentage, ou plein droit au vu des diplômes et des heures de psychopathologie déjà effectuées). Dans ce cas ils resteront psychothérapeutes (de nouvelle appellation, que nous avons parfois qualifiés de NN) et se diront pour se différencier des psychothérapeutes de nouvelle appellation tout court, relationnels, par quoi ils maintiendront leur identité d’origine, cumulée avec le nouveau titre de psychothérapeute (tout court, on vient de le voir). Dans la façon de se nommer ils n’auront rien changé, à l’oreille, mais au sens oui, ils seront devenus psychothérapeutes relationnels de nouvelle appellation par cumul de deux qualifications à la fois : 1) néo psychothérapeutes – titre universitaire officiel – et : 2) relationnels, comme avant. Il y aura même des psychiatres relationnels, selon le même principe.
Ils peuvent également préférer ne pas se voir confondus avec les psychothérapeutes NN (non relationnels, eux) issus désormais de l’université, qui les forme à une tout autre pratique (hospitalière majoritairement), beaucoup plus centrée sur le cognitivisme et les protocoles. Dans ce cas, ils se démarqueront et dénommeront désormais psychopraticiens relationnels, sous la caution et autorisation du SNPPsy (1)
Tout comme les étudiants de nos écoles, qui s’ils ne veulent ou peuvent remplir les conditions académiques requises, exerceront sous ce titre, à partir du diplôme professionnel privé de psychopraticien multiréférentiel® que délivre notre école, et du processus de titularisation par le SNPPsy, qui les agréant en qualité de praticiens leur conférera son titre professionnel de psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy.
La situation s’est complexifiée et clarifiée au cours de l’année 2011, jouant sur la protection ®, par référence à la propriété intellectuelle (INPI), [psychopraticien relationnel] sans le ® n’étant pas disponible et ne pouvant s’écrire logiquement que psychopraticien relationnel®, par autorisation du SNPPsy ou d’un organisme titularisant de l’AFFOP. Nous décrivons l’ensemble du système au § ci-dessous.
Système complexe de dénomination
Fin novembre 2011 la structure de dénomination auquel a abouti la nouvelle loi dispose les appellations selon l’ordonnancement suivant.
Tableau récapitulatif, statut
– nom de métier : psychopraticien, d’usage libre (hors syndicat)
– nom de discipline : psychothérapie relationnelle désigne un nom de domaine scientifique. Cette discipline se définit comme psychothérapie (soin-souci de soi) de la relation par la relation pour la relation.
Psychopraticien relationnel du SNPPsy, est l’appellation disciplinaire réservée aux membres du SNPPsy – praticiens de la discipline – exercice autorisé sous cette dénomination. Différence, Psychopraticien relationnel® membre du SNPPsy, désigne les titulaires – porteurs du titre d’exercice (alternatif). L’appellation disciplinaire peut être considérée en tant que spécialité, spécifiable, si l’on n’exerce qu’elle, comme « psychothérapie relationnelle uniquement. »
– terme générique : psychothérapie est un terme générique(2). La psychothérapie relationnelle appartient à l’ensemble nommé psychothérapie(3), lequel se subdivise en psychothérapie objectiviste et psychothérapie du processus de subjectivation, dont la psychothérapie relationnelle relève – et par lequel elle procède du même champ que la psychanalyse.
– nom de diplôme : dénomination relevant de la certification par une école. Nos écoles dispensent des diplômes à valeur intrinsèque parfois élevée sans valeur universitaire (par défaut d’accord jusqu’à présent avec la médecine et la psychologie) mais dont les deux fédérations membres du GLPR se portent garantes.
entrée novembre 2012 – révisée 16 mars 2014
- 1 C’est compliqué, l’ {Affop } détiens l’appellation psychopraticien relationnel® et autorise le SNPPsy à permettre à ses membres non encore titulaires de se réclamer du nom psychopraticien relationnel renvoyant à la pratique de la discipline. On mesure le degré de complexité auquel on arrive. Remarque en date du 15 mars 2014.
- 2 En qualité de terme générique, la psychothérapie, domaine hétérogène, s’écrit au singulier. L’utilisation du pluriel confondrait terme générique et méthodes-écoles. Ce serait le même chose que parler « des psychanalyses », au lieu du singulier qui recouvre la diversité du champ.
- 3 On pourrait pousser la logique dichotomique d’un cran et distinguer deux disciplines, psychothérapie paramédicale et comportementaliste / psychothérapie relationnelle
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
En France : psychologue ou psychiatre bénéficiant du titre d’exercice de psychothérapeute, exerçant une ou plusieurs méthodes procédant de la psychothérapie relationnelle.
À distinguer de : praticien bénéficiant du titre professionnel alternatif de psychopraticien relationnel®, confirmant par voie d’autoréglementation (deux syndicats historiques, quelques sociétés savantes) son aptitude à conduire une psychothérapie relationnelle.
Partout ailleurs dans le monde : praticien exerçant une ou plusieurs méthodes procédant de la psychothérapie relationnelle.
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
Les psychothérapeutes, qu’on peut écrire pour marquer l’effet dépréciatif voulu les-psychothérapeutes : terme générique utilisé avant le 1er juillet 2010 par les psychologues, psychiatres, psychologues-psychanalystes et psychiatres-psychanalystes, désireux de les spolier de leur nom, pour désigner les psychothérapeutes relationnels. Ils affectaient d’ignorer que les psychothérapeutes relationnels, couverts par l’autorité morale de leurs institutions historiques responsables, se distinguaient soigneusement depuis deux décennies (et deux de plus pour le Psy’G) des praticiens sans garantie pouvant opérer sous la dénomination vague de psychothérapeute tout et trop court.
Ce terme dans la bouche de leurs proférateurs assimilaient les praticiens qu’il visait à des « charlatans ». On voit avec l’emploi de ce terme poindre l’angoisse, l’agressivité et la fantasmatique institutionnelles historiques classique de la Médecine, telles que la décrit bien Isabelle Stengers.
On sait que depuis 2001 le SNPPsy a distingué les psychothérapeutes relationnels de l’ensemble des autres, pour éviter la confusion entre les différentes psychothérapies pratiquées et revendiquées par les psychologues (comportementalistes ou même « cliniciens ») et les psychiatres, se situant dans des épistémés et éthiques divergentes, au titre de la psychothérapie, la seule vraie juste et bonne, celle que nous pratiquons, moi et mon groupe de référence (« la psychothérapie » comme shifter).
En fait le champ de la psychothérapie est complexe et pour s’y repérer nous avons forgé le concept de Carré psy, afin d’en articuler les traits distinctifs à partir d’une matrice. On mesure alors que LES psychothérapeutes vs. LA psychothérapie représente une terminologie de tous les dangers de confusion conceptuelle et institutionnelle.
Voir aussi
– les-psychothérapeutes
– la-psychothérapie
– psychothérapie = 4 psys
– titres
– Titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe
– la psychothérapie & les psychologues
– Philippe Grauer, éthique & psychothérapie : de la psychopathologie à l’autoproclamation [7 novembre 2013].
– Philippe Grosbois, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence
– terminologie
4 décembre 2010 –
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- DE SILÈS Fabienne
– PSYCHOTHÉRAPIE-1, soin par la parole selon une logique médicale, paramédicale à base de psychopathologie, ou psychologique. Historiquement issue de la psychiatrie. Par la suite influencée partiellement par la psychanalyse. Puis s’étant déprise de cette influence à l’occasion de la réorientation du DSM.
Cheminement : maladie, diagnostic, traitement, guérison ou maintien médicamenteux d’un handicap. Relève du DSM et de la médicalisation de l’existence.
– PSYCHOTHÉRAPIE-2, soin par la parole selon une logique du souci de soi, à base de réparation par un processus intersubjectif. Historiquement issue de première psychothérapie d’Hyppolite Bernheim, puis de la psychanalyse, puis de ses dissidences et développements, puis de la psychologie humaniste américaine et du Mouvement du potentiel humain.
Cheminement : malaise, établissement d’une relation, dynamique de subjectivation et changement personnel. Relève du rapport à l’existence. Éventuellement influencée par la phénoménologie et l’existentialisme. La psychothérapie relationnelle (2001) comme la psychanalyse relève de ce volet. Non exclusivement.
– PSYCHOTHÉRAPIE-0, soin par la parole, référence épistémologique, idéologique, méthodologique et éthique oblitérée. Autorise la pratique de la « confusion des langues », du broyat de concepts, de l’oubli de penser et de l’embarquement de l’interlocuteur dans mon système de présupposés jamais exposé. Engendre la référence implicite à « la psychothérapie comme allant de moi » pratiquée par des professionnels insuffisamment formés même quand diplômés de l’université. Cf. à ce sujet l’article de Philippe Grosbois Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence
Cheminement : malaise ou maladie, relation et progression incertaines, dépendant de la qualité de présence et d’encadrement du praticien.
16 juin 2015
– Sans spécification ce terme prête à confusion car il est indifférencié. La psychothérapie relationnelle s’est caractérisée, en 2001(1), pour marquer son territoire épistémologique, éthique et politique propre.
– Psychothérapie = 4 psys, 2 professions + 2 paraprofessions, 1 titre professionnel d’exercice d’État + 2 altertitres professionnels d’exercice émanant d’organismes fédératifs ou syndical(2) (définition reprise depuis titres).
– psychothérapies
– 500 « psychothérapies »
– les-psychothérapeutes
– la-psychothérapie
– psychothérapie = 4 psys
– psychothérapie institutionnelle
– titre
– Philippe Grauer, Titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe, 24 juin 2011.
– la psychothérapie & les psychologues
– Philippe Grauer, éthique & psychothérapie : de la psychopathologie à l’autoproclamation [7 novembre 2013].
– Philippe Grosbois, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence, 7 novembre 2013.
– terminologie
– GLPR, février 2010. Définition 1
Processus psychique opérant à partir de la conjonction d’un professionnel proposant un cadre déterminé et d’une personne entreprenant la démarche à partir de ce cadre de l’entretenir d’elle et des souffrances et conflits dont elle ne parvient pas à se dégager ou dont la résolution lui échappe. On peut parler de soin par le psychisme, sachant qu’il faut alors définir soigneusement (!) le terme soin. L’idée de psychothérapie se corrèle à celle de changement.
Toute psychothérapie comporte – une théorie générale du psychisme humain– en relation avec une anthropologie
– un arrière-plan philosophique
– un système de valeurs (en rapport avec ce que d’après Lacan la psychanalyse entend par éthique)
– une psychopathologie [certaines écoles y répugnent, comme à un mélange des paradigmes contaminateur de l’alter par l’ortho]
– une théorie de la relation (qui comporte la question du transfert)
– une théorie de l’inconscient ou des faits psychiques inconscients
– une théorie énergétique psychique ou pulsionnelle
– une méthodologie à engager pour aider par le moyen de la parole (la dimension psychocorporelle fait émerger une parole)
– une théorie de la régression
– une théorie des émotions et de la catharsis (libération ou décharge émotionnelle génératrice de sens en relation vs. abréaction : beaucoup de bruit pour trois fois rien)
– une théorie de l’avènement de la signification (question de l’herméneutique, pouvoir donner un sens à son malheur — et au passage au bonheur)
– une théorie de la mise en récit
– une théorie du changement.
Certaines psychothérapies, en particulier celles relevant du champ comportementaliste et cognitiviste, cochent à néant la réponse à plusieurs des items listés précédemment. Ce qui crée des différences parfois considérables, et milite pour spécifier à chaque fois de quelle psychothérapie on est en train de parler.
On distinguera
– la psychothérapie de type objectiviste, d’orientation médicale ou psychologique, qui propose un traitement : un sujet agent expert administre des soins, fournit des directives, à un patient qui en est l’objet.
– la psychothérapie de type relationnel, subjectiviste, d’orientation psychanalytique ou phénoménologique, qui jouant sur la dynamique de la rencontre comme relation soignante en elle-même, dans l’entre deux intersubjectif, assiste par voie de dialogue l’intéressé à prendre soin et conscience de lui, mobilisant le souci de soi et l’engagement de sa responsabilité. La dimension inconsciente de l’opération étant prise en charge notamment par la considération du transfert (prise en compte d’un système relationnel inconscient).
la psychothérapie comme allant de soi ou de moi ?Il n’existe pas de définition officielle ou légale de la psychothérapie. Et c’est heureux, le législateur n’a pas à définir un champ scientifique. La psychothérapie vue par un professionnel est celle qu’il pratique ou croit pratiquer. Souvent il conçoit difficilement qu’on puisse se la représenter autrement que lui. C’est l’usage de la psychothérapie comme allant de soi, comme allant de moi, voir à psychothérapie relationnelle. D’où les innombrables regroupements de psys. Cette multitude et « psychodiversité », en matière de science humaine, est souhaitable. Les tendances dogmatiques ne sont pas rares, les méfiances et les mépris courants, ainsi que les estimes réciproques entre membres de camps opposés.
historiquement
Historiquement le terme apparaît dans le titre de l’ouvrage d’Hyppolite Bernheim, Hypnotisme, suggestion et psychothérapie, 1891. Il sera utilisé continument jusqu’à nos jours dans les sens les plus divers.
classification
On peut classer les écoles de psychothérapie ou méthodes selon une dizaine de courants, plutôt que les lister par simple inventaire rhapsodique, parfois fort prévertissant.
– La psychothérapie ne constitue pas une seule discipline mais un champ disciplinaire hétérogène à épistémologies diverses (voir contradictoires) qu’on peut ramener à deux – la psychothérapie relationnelle, si. La psychothérapie dissémine plutôt que regroupe une quantité de méthodes et techniques, appareillées à des disciplines ou champs disciplinaires (médecine, psychologie, psychanalyse, psychothérapie relationnelle) d’horizons épistémologiques variés. Le psychothérapique désigne et regroupe les différents traits pertinents dont la présence conjointe de plusieurs dans le processus peut produire l’effet psychothérapique, à savoir l’apparition d’un changement autogène allant dans le sens de ses valeurs(3) chez la personne qui consulte – 9 juillet 2013.
19 août 2011 – modifié le 30 juin 2014 – PHG
Définition 2Terme désignant de façon générique tout travail psychique
– de type cognitiviste comportementaliste, neuronal
– d’adaptation personnelle et sociale ou de rééducation
– processuel aboutissant à un récit de soi inédit au cours duquel le sujet ayant entrepris sa narration de soi s’atteint dans son être en qualité d’auteur de ce récit.
– de type psychodynamique, inspiré par la psychanalyse, de découverte de soi en tenant compte du transfert, de la dimension de l’inconscient et du primat de la sexualité.
– de résolution des problèmes de l’existence par la voie de la parole (écoute, accompagnement).
– de résolution par l’avènement d’un sens.
Ce terme générique ne tient pas compte de l’organisation structurale du champ conceptuel, qui répartit la psychothérapie selon la ligne de partage épistémologique de l’implication intersubjective ou de la mise en œuvre d’une stratégie d’intervention objectiviste.
Ce terme ne permet pas de discriminer l’actuel basculement de paradigme de l’univers psy, où la psychiatrie redevenue neuropsychiatrie administre la santé mentale avec des méthodes et une épistémè objectivistes et managériales.
Hist. – de La psychothérapie à la psychothérapie relationnelle
L’usage du terme psychothérapie est libre en France. En effet, fort heureusement, la tâche de définir (puis régenter, évidemment) « la » psychothérapie – entité qui pourrait mériter l’emploi du pluriel, et pourtant cette facilité n’est pas à recommander – incombe seulement aux praticiens et chercheurs des domaines multiples répondant diversement à cette appellation. En aucun cas au législateur. Notre mouvement ou mouvance comme on voudra, autour d’un collectif de chercheurs regroupés au sein du SNPPsy et de l’ Affop, ont « décroché » de l’appellation générique, hétérogène, pour cerner et discerner le concept de psychothérapie relationnelle.
Jusqu’en 2001, ceux qui répondaient au nom de « Les psychothérapeutes » pensaient représenter eux seuls légitimement « La psychothérapie« , celle que définissaient les deux syndicats historiques, que représenta et revendiqua l’Association internationale de psychothérapie, celle de la Déclaration de Strasbourg. Le Snppsy à la suite de toute une réflexion, en vint à concevoir que chacun se prétendant le seul représentant légitime de la psychothérapie telle qu’il la concevait, il convenait de discerner en sorte que nul ne puisse prétendre à l’universalité du nom ni du concept, sinon comme terme générique complexe et contradictoire dans ses fondements épistémologiques. Cela conduisit au Carré psy et corrélativement à la définition délimitée de psychothérapie relationnelle, débouchant sur une conception politique et scientifique d’articulation de blocs disciplinaires distincts.
délimiter des champs et pratiques hétérogènes
Cela permit d’échapper aux confusions et de distinguer entre autres
– la psychologie clinique, sorte de compromis trouble entre psychanalyse d’université et psychologie psychopathologiste (lieu d’exercice principal l’hôpital)
– la pratique des psychiatres spécialisés en psychopathologie médicale (4) n’ayant jusqu’à présent pas suivi même de cours de psychothérapie à l’université.
– la pratique des psychologues (hospitalière mais parfois aussi libérale) n’ayant pas effectué (5)une démarche personnelle quelconque ou du moins suffisante pour se connaître eux-mêmes, et ne disposant par conséquent pas de formation approfondie à la psychothérapie relationnelle au sens précis de cette expression(6).
définition 3
Soin par la parole, accompagné ou non d’une dimension émotionnelle ou corporelle. La psychothérapie peut relever du soin-souci de soi (psychopraticien relationnel ou psychanalyste) ou du soin-traitement administré (médecin ou psychologue revêtu du titre réservé de psychothérapeute). Les deux types de soin se combinent parfois.
Art du psychothérapeute au sens général du terme et non uniquement du professionnel du psychisme psychologue ou médecin jouissant du privilège de ce titre en France(7). Cependant aucun professionnel à partir de 2010 ne peut s’afficher comme psychothérapeute sans en porter légalement le titre. Tous ceux qui ne le peuvent pas se nomment dorénavant psychopraticiens, terme auquel ils accolent les déterminants qui le spécifient.
Psychothérapie relationnelle : « les psychothérapeutes qui œuvrent par dans et pour la relation [6], à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels. Cela définit un champ disciplinaire (et nullement une nouvelle méthode), comportant de nombreuses méthodes, et même transméthodiste (on peut s’en réclamer par delà sa ou ses méthodes de référence. Dans ce cas se faire légitimer par le moyen du 5è critère)
La psychothérapie relationnelle [7] est issue du courant de la psychologie existentielle américaine des années 50, relancée sous le nom de psychologie humaniste puis de Nouvelles thérapies dans les années 70 et 80. Elle procède de la même éthique et méthodologie que la psychanalyse. Dont, sans pour autant émaner d’elle purement et simplement, elle porte souvent l’empreinte. »
Ce qui la rapproche de la psychothérapie existentielle, parfois dénommée Daseinsanalyse, au gradient relationnel puissant, puisqu’il s’agit d’une psychothérapie de la co-présence dynamique, d’inspiration philosophique clinique. De nombreux chercheurs dans le champ de la phénoménologie ont, voulant marquer la différence et spécificité de la psychothérapie posée comme alternative à la médicalistaion de l’existence, baptisé différemment leur psychothérapie de la relation : psychothérapie situationnelle (Miguel Benasayag(8)), psychomaïeutique (Frédéric Brissaud, Pour un renouveau de la psychothérapie, Mutations, Paris, L’Harmattan, 2010, 188 p.- ), etc. La question de l’éparpillement terminologique pose celle, politique, du syndicalisme psychothérapique français(9). Pouvons-nous concevoir par accord une terminologie commune ? Vastes débat et enjeux.
4 – Classification des professionnels exerçant la psychothérapiea) psychothérapeute 1 – terme générique, sens large. Professionnel pratiquant la psychothérapie – discipline vaste au champ hétérogène. Lorsque nous traduisons des textes étrangers ignorant notre spécificité nationale, nous sommes conduits à parler de psychothérapeute au sens générique, psychotherapist en globish. Lorsque nous traduisons des textes étrangers ignorant notre exception française nous sommes conduits à parler de psychothérapeute au sens générique, international. La langue aussi est têtue. Tout le monde continue de dire et penser psychothérapeute là où nous disons et imprimons psychopraticien. Dans la décennie qui vient nous verrons bien comment se fixera l’usage. La loi française de réglementation introduit une ambiguïté terminologique en ayant fait d’un nom de profession un titre d’exercice réservé(10)
b) psychothérapeute 2 – psychothérapeute par titre d’exercice : en hexagonal, psychologue ou médecin (le psychiatre est médecin) ayant revendiqué son inscription à ce titre (!) sur une liste régionale.
c) psychopraticien : nom de métier ouvert à tous, « psychothérapeute 1 » (psychotherapist) exclu du (droit au) titre d’exercice réservé dorénavant aux médecins et psychologues.
d) psychopraticien relationnel : praticien en psychothérapie relationnelle la plupart du temps à titre (!) exclusif. Ce nom de discipline n’est garanti que référé à un organisme historique représentatif membre de l’Affop qui le cautionne. Psychopraticien relationnel du SNPPsy désigne un praticien qualifié professant la psychothérapie relationnelle en tant que discipline encadrée. Il s’agit d’une appellation disciplinaire autorisée garantie par le SNPPsy (disposant de la marque INPI détenue par l’Affop au bénéfice des organismes qu’elle fédère).
e) titre professionnel d’exercice de psychopraticien relationnel® : appellation protégée INPI. Désigne un praticien en psychothérapie relationnelle à titre exclusif relevant de la couverture procurée par l’Affop (dont est membre le SNPPsy père de l’appellation(11)). Il s’agit d’un titre d’exercice. Nous l’avons aussi appelé altertitre (d’exercice) pour marquer qu’il représente le pendant alternatif au titre (d’exercice) paramédical de psychothérapeute. L’une des déclinaisons de ce titre (d’exercice) professionnel privé (au sens de syndical vs. d’État) est titulaire du SNPPsy. Elle signifie psychopraticien relationnel® autorisé par le SNPPsy au titre des Cinq critères.
Voir aussi– psychothérapie relationnelle
– carré psy
– domaine de la psychiatrie : psychothérapie institutionnelle 5 – Subdivision de la psychothérapie en deux champs scientifiques distincts
Une analyse épistémologique permet de subdiviser la psychothérapie en deux grandes familles.
– 1) le champ disciplinaire de la psychothérapie prescriptive issues d’un savoir construit sur le modèle des sciences de la nature par la méthode expérimentale : psychologie expérimentale, neuropsychiatrie, thérapies comportementales et cognitives, thérapie systémique (cette méthode comportant deux branches, l’une d’entre elles relationnellisable). La formation correspondante, sanctionnée par un diplôme, s’effectue par enseignements théoriques et stages. Les praticiens formés à ces psychothérapies sont les psychiatres et les psychologues cliniciens qui reçoivent leur formation théorique dans le cadre de l’Université et leur formation pratique au cours de stages. Ils utilisent des protocoles ne nécessitant pas une expérience psychothérapique personnelle.
– 2) le champ disciplinaire intersubjectif fondé sur le transfert et la relation psychanalytique et psychothérapique :
a) la psychanalyse dans sa diversité (freudienne, kleinienne, kohutienne, bionnienne, lacanienne, intégrative, etc.), et ses déclinaisons psychothérapiques (à base de transfert et d’écoute de l’inconscient) selon les écoles.
b) la psychothérapie relationnelle.
Issue des théories de la psychologie humaniste américaine, sur la base du constat de l’inadaptation de l’application à la psyché humaine de la méthode expérimentale propre aux sciences de la nature, la psychothérapie relationnelle a construit son paradigme sur le principe implicatif de la méthode expérientielle. Elle voisine la psychanalyse en l’infléchissant selon des méthodes actives et à médiation, adossée au principe de la phénoménologie. Développée dans les années 1970 sous le nom de Nouvelles thérapies – psychodrame, gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, thérapies psychocorporelles (analyse bioénergétique, néo-reichienne, etc.), psychothérapie de groupe, etc. –, différenciée de la psychanalyse dont elle est cependant pour une grande part issue, elles en a conservé les fondements, le cadre et les modalités de formation, et en est demeurée épistémologiquement parente.
Ainsi la psychanalyse, discipline de l’inconscient, dans sa diversité, et – post freudienne – la psychothérapie relationnelle, discipline de la relation, peuvent, conceptuellement regroupées, se voir considérées comme ressortissant d’un courant épistémologique unique, œuvrant à la dynamique de subjectivation, paradigmatique des méthodes de type prescriptif objectiviste et cognitiviste.
la relation thérapeute-patient comme ressort du changementCes deux disciplines du psychisme axées sur la subjectivité et l’intersubjectivité, privilégient en effet essentiellement la relation thérapeute-patient comme ressort du changement. Ce qui impose à leurs praticiens un type de formation spécifique consistant à effectuer un travail psychothérapique ou psychanalytique personnel préalablement ou concurremment à l’acquisition des connaissances théoriques et méthodologiques propres, et à l’engagement dans une formation pratique.
implication personnelle et expérientielle
De la sorte, les psychopraticiens relationnels (ex psychothérapeutes relationnels) tout comme les psychanalystes, reçoivent leur formation théorique parfois pour une part dans le cadre universitaire et leur formation spécifique, théorique et pratique, dans le cadre d’organismes ou sociétés professionnels(12). Ceci du seul fait qu’elles passent par une implication personnelle et expérientielle que le cadre universitaire, centré sur la rationalité procédurale, ne permet pas de mettre en œuvre. À noter que psychiatres et psychologues recourent souvent pour eux-mêmes à ces organismes de formation lorsqu’ils souhaitent pratiquer également la psychothérapie relationnelle.
En définitive on peut dire que les quatre professions du psychisme (psychiatre, psychologue clinicien, psychanalyste, psychopraticien relationnel (psychopraticien cautionné par le système institutionnel SNPPsy-Affop) pratiquent la psychothérapie (la psychanalyse en soi ne se classant pas comme psychothérapie à proprement parler mais acceptant parfois le principe de sa déclinaison psychothérapique), entité nous venons de le voir hétérogène. Ceci soit de manière uni-méthodique, soit poly-méthodique dans le seul cadre de la relationnellité, soit inter-méthodique ou plus rigoureusement interdisciplinaire, dans le cas de combinaison de méthodes issues des deux grandes familles disciplinaires prescriptive et relationnelle.
un demi siècle d’encadrement de la profession
La coopération sur le terrain entre professionnels d’obédiences épistémologiques variées a d’ailleurs fonctionné de façon positive avant la nouvelle réglementation du titre de psychothérapeute par l’article 91 de la loi du 21 juillet 2009 (HTSP). Si préalablement à ce texte il n’existait aucune réglementation légale en la matière, ceux qui se sont appelés à partir de 2001 psychothérapeutes relationnels, conscients de la nécessité de procurer au public la garantie d’une éthique et d’un professionnalisme conséquents, avaient mis en place depuis bientôt un demi siècle l’encadrement de leur profession. Ils s’étaient regroupés pour créer successivement deux syndicats, le PSY’G (1966 puis 75) puis le SNPPsy (1981), puis deux fédérations, la FFdP (1996) puis l’AFFOP (1998)(13)
tous organismes promouvant les Cinq critères de reconnaissance et confirmation de leurs praticiens :– avoir suivi un travail psychothérapique (ou psychanalytique) personnel accompli pour professionnels
– avoir reçu une formation spécifique de haut niveau (incluant la psychopathologie nécessaire)
– suivre une supervision et formation permanente durant toute leur vie professionnelle
– adhérer à un code de déontologie spécifique
– avoir été reconnu et confirmé par des pairs expérimentés.
C’est sur la base de ces cinq critères qu’un processus de titularisation des professionnels par une Commission de pairs expérimentés d’une part, et d’agrément des organismes de formation d’autre part, fut mis en place, enregistrant professionnels et organisations sur des annuaires publics.
Considération sur la pratique de chacun. Un métier au-delà des méthodes.1) Les Quatre organismes représentatifs historiquement responsables susnommés se sont regroupés en 2010 dans le cadre du GLPR — Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle, qui maintient le dialogue et la concertation entre institutions résolues à fédérer leurs efforts au service de la psychothérapie relationnelle en dépit de leurs divergences.
2) Ne pas confondre le principe du classement taxinomique avec la pratique individuelle de chaque praticien, à charge pour chacun de la soutenir devant ses pairs. Tout le monde peut prétendre s’inscrire dans le champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle, en légitimant cette inscription par le jeu du Cinquième critère, pleinement en vigueur dans l’univers de référence AFFOP-SNPPsy-PSY’G. En dehors de quoi sa revendication et référence restent indécidables.
Mises à jour : 20 juillet 2011 – 19 août 2011 – 19 septembre 2011 – 11 septembre 2012 – 6 janvier 2013 – 9 janvier 2013 – 16 avril 2014 – 24 avril 2014 – 10 août 2014 – 15 mai 2015 – 9 juin 2015 – 16 juin 2015 – avril 2017 – août 2017 —
- 1 Dans le Rapport moral prononcé par Philippe Grauer à l’Assemblée générale du SNPPsy.
- 2 La FF2P, fédération, agit comme para-syndicat en enregistrant des professionnels à titre particulier, ce qui différencie cette fédération de l’Affop, qui n’agrée que des organismes. Des deux syndicats existants (PSY’G et SNPPsy, seul le second attribue, sous couvert de l’AFFOP à laquelle il appartient, le titre d’exercice professionnel autoréglementaire de psychopraticien relationnel®, dans cette entrée aussi appelé altertitre.
- 3 Elles-mêmes soumises à examen et révision. Question de l’éthique de la psychothérapie relationnelle.
- 4 Souvent 15 minutes pour renouveler l’ordonnance, comment faire autrement ?
- 5 Sauf exception par initiative individuelle non prescrite dans le diplôme. Par ailleurs une seule démarche personnelle ne forme pas à l’exercice de la psychothérapie relationnelle, pas davantage qu’à la psychanalyse. Il y faut ajouter en ce qui concerne la psychothérapie relationnelle, un long cursus dans une école dûment agréée, aboutissant à un diplôme puis à reconnaissance puis à confirmation. Bref il s’agit d’un métier distinct de celui de psychologue, même clinicien.
- 6 Les remarques triviales du type qui dit psychothérapie dit obligatoirement relation révèlent la courte vue de ceux qui les formulent.
- 7 Par ailleurs la langue insiste et psychothérapeute continuera de désigner en français commun un praticien de la psychothérapie quelle qu’elle soit, autrement dit continue et continuera de fonctionner comme terme générique. Voir ci-infra psychothérapeute 1.
- 8 Clinique du mal-être, la « psy » face aux nouvelles souffrances psychiques, Paris, La Découverte, 2015, 174 p.–
- 9 Qui qualifie le praticien (cinquième critère) – par opposition au « méthodisme » de la définition de la psychothérapie centrée sur la méthode, qui qualifie cette dernière.
- 10 L’IFGT a continué de revendiquer, par décision de son Assemblée générale en date de 2011, pour les psychopraticiens relationnels® le titre d’exercice de psychothérapeute, tel que réservé strictement aux psychologues cliniciens et psychiatres par la loi de 2004 revêtue de ses décrets d’application de 2010. La démarche politique de revendication d’une titre d’exercice ardemment protégée par une puissante corporation relève de l’utopie et de la mise en danger. On comprend le mouvement de passion épistémologique, éthique et institutionnellement passionnel qui anime nos collègues. On peut en redouter l’imprudence dans le contexte actuel. Cette ligne fut abandonnée depuis.
- 11 La propriété intellectuelle est celle de l’Affop.
- 12 Une meilleure coordination des deux lieux de formation est rendue actuellement impossible en particulier par la mentalité du corps des psychologues, cela s’appelle du corporatisme : pour accéder à notre formation à la psychopathologie il faut suivre le cursus complet de psychologie. Les écoles agréées Affop et pour une part agréées FF2P fournissent donc les 500 heures de psychopathologie édictées comme nécessaires par la loi. Ces 500 heures non officielles d’État n’ont aucune valeur comme équivalence universitaire. Nous constituons un champ professionnel alternatif, l’université française n’étant pas pour le moment capable d’organiser des partenariats avec les écoles alternatives existantes.
- 13 Pour finir en février 2010 par se concerter et coordonner dans le cadre du Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle – GLPR.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
Rubrique
créée aux Pages jaunes après concertation avec le GLPR qui en avait pris l’initiative, destinée à accueillir les ex psychothérapeutes, dorénavant psychopraticiens. Les Pages jaunes ayant refusé psychopraticien comme insuffisamment connu du public – et pour cause – ont proposé ce compromis.
Après avoir hésité sur le S de soins, qui renvoyait selon certains trop au paramédical, les 4 du GLPR ont accepté ce compromis. Il s’agit d’afficher un nom de métier unique, et non un titre.
Les titres, eux, délivrés par chacune des organisations du GLPR, seront variés mais feront toujours référence aux cinq critères bien connus (1).
Psychothérapie (soin hors d’un cadre réglementé)(2), fonctionne donc comme portail professionnel alternatif à la psychothérapie paramédicalisée et à une psychothérapie d’inspiration psychanalytique docile, s’exerçant sous le titre désormais réservé de psychothérapeute.
Voir aussi
– soin
Seuls titres valables
On y distinguera les psychopraticiens relationnels® (SNPPsy-Affop), les psychopraticiens du PSY’G, les psychopraticiens (3) certifiés de la FF2P.
Diplômes aux noms protégés
Psychopraticien multiréférentiel®, psychanalyste multiréférentiel®, psychanalyste intégratif®, renvoient à des marques protégées par l’INPI, correspondant à des intitulés de diplômes d’écoles agréées Affop.
D’autres marques existent. Il importera de vérifier le titre d’abord, puis le nom de discipline, et l’affiliation à l’un des quatre organismes du GLPR.
Procédure de plainte
L’ensemble de ce système comporte des procédures de doléance auprès de Commissions de déontologie et d’éthique responsables, dépendant de l’une des quatre organisations historiques responsables du GLPR.
Psychopraticien nom de métier employé seul, ou spécifié différemment
Tout autre titre n’étant pas garanti par les 4 du GLPR, les personnes qui s’adresseront aux psychopraticiens non couverts par les titres et marques énoncés ci-dessus le feront à leurs risques et périls.
8-13 décembre 2010 – 16 mai 2012 –
- 1 La FF2P inscrivant ses candidats sur les quatre premiers, sur dossier. En fait elle fonctionne sur une base double : fédération d’organismes et organisme inscrivant des membres à titre individuel. C’est même sur ce point précis que l’AFFOP s’est créée, en désaccord avec un tel mode d’affiliation double, cette fédération comportant uniquement des organismes, ce qui peut aisément passer pour logique et présenter entre autres l’avantage de ne pas confondre les niveaux individuel et organisationnel.
- 2 Certaines organisations préféreraient sans le S pluriel qui fait trop médical. La chose n’a pas débat entre nous, sans incidence majeure puisque de toute façon avec ou sans S la rubrique est créée.
- 3 Et même encore certains « [psypraticiens] ».
Exemple de modèle intégratif, dans lequel une partie de la psychanalyse se trouve édulcorée au bénéfice d’une relation psychothérapique plus ouverte, permettant à des patients pour lesquels la psychanalyse n’est pas indiquée de tirer profit de certains traits de la posture psychanalytique malgré tout.
Certains psychanalystes pratiquent l’argumentation du tout ou rien, disant que la psychothérapie analytique est déjà entièrement psychanalytique, la méthode freudienne n’étant pas détaillable.
- Après cinq ans de thérapie, il tue sa psy
- Titre de psychothérapeute – attention date limite
- Titre de psychothérapeute : "pourquoi je ferai la demande"
autre désignation : Daseinsanalyse
par Philippe Grauer
tous droits réservés.
Anges pleins de beauté, de joie et de lumière
Connaissez-vous l’angoisse ?
Baudelaire oui. Après Kierkegaard.
Kierkegaard
théorie générale d’une subjectivité souveraine et responsable
Qui préfère la réalité de l’existence concrète et humaine aux palais vides des vastes édifices systématiques en philosophie. Ainsi deux philosophes importants pour la psychothérapie se trouveront au XIXème siècle dans le contre champ de l’hegelianisme, Kierkegaard et Schopenhauer. Les concepts clés de Kierkegaard, le philosophe aux multiples noms d’auteurs (on pense à Pessoa en littérature), prémunissant sa pensée contre sa stérilisation en un système philosophique – sont, entre autres, l’angoisse, le désespoir (comme défi d’être soi-même), le courage, la répétition. Son intérêt pour les modes affectifs et pour une théorie de la temporalité inspirera Heidegger, qui plus tard oubliera de le reconnaître (sauf notes en bas de page dans Être et Temps). Fondateur d’une sorte de théorie générale de la subjectivité souveraine et responsable, aux yeux de laquelle – car il se préoccupera aussi de religion – la foi est une décision subjective de l’individu par laquelle il s’engage. Sa pensée religieuse le conduit au concept de choix comme saut dans l’absurde. On pourrait dire que (sauf le mot existentialisme) tout est déjà là.
Brentano
l’intentionnalité
Ou presque. Pièce suivante du dispositif, le concept d’intentionnalité [Cf. 1862]. De Brentano explorant après Aristote et Thomas d’Aquin (redécouverte récente de ce dernier) la question de la signification de l’être. D’un Brentano professeur de Husserl puis de Freud, bien entendu également de Heidegger – sans oublier que sa pensée contient les germes de la théorie de la Forme. Date de là l’orientation philosophique d’une psychologie qui dès son origine se scinde selon deux visions du monde irréductibles, l’objectiviste [Wundt, 1879] à visée biologique, prenant pour référence les sciences de la nature, ultérieurement comportementaliste (Watson, 1913), et la subjectiviste, à substrat philosophique [Socrate, Platon (le Parmenide), Aristote, en gros les athéniens] préoccupée des profondeurs de l’âme humaine, dont le référencement sciences humaines sera élaboré par Dilthey [1883]. Il faudra attendre 1913 avec la Psychopathologie générale de Karl Jaspers pour qu’apparaisse, près de 15 ans après la naissance de la psychanalyse, une psychiatrie de type existentialiste, s’opposant à la classificatrice purement descriptiviste d’une psychopathologie du nihilisme thérapeutique de Kraeppelin [1883-1909].
Husserl
principe de la suspension du jugement (épochè ) : évider l’évidence pour en atteindre la moelle.
Tant qu’on n’est pas sûr de ce qui nous entoure, retenir tout jugement. Les stoïciens, qu’on peut considérer faussement (car anachronisme) comme « précurseurs » de ce que nous nommons à présent psychothérapie, il y a 2300 ans dans notre sphère culturelle de référence, méditerranéenne, avaient trouvé ça : épochè (mise en suspens du jugement) —> imperturbabilité (pas loin du détachement chinois). Une fois tout ce qu’on sait suspendu, qu’est-ce qui reste ? c’est le moment du scepticisme : « que sais-je ». Husserl lui n’est pas sceptique, il ne fait que suspendre pour atteindre le monde d’avant. D’avant sa mise en représentation. Au moment initial où il nous est « donné ». Comment ça donné ? Ben oui, en allemand pour dire il y a on dit es gibt, il est donné. Alors il y a de l’être devient de l’être nous est donné. Ah ! mon père et ma mère que ne m’avez vous enseigné de si belles choses ! & que la langue allemande recèle de trésors philosophiques cachés ! À la fameuse question alors c’est comment le monde d’avant ? certains psycho-philosophes répondront, après bricolage parfois amateur, la présence à soi au monde. Au don du monde, qui nous apparaît. Comment s’arracher au monde déjà constitué, prémâché, pré-conçu, pour mieux en recevoir ce qui en constitue le fondement même, directement, du producteur au consommateur ? qu’est-ce qu’une évidence (Descartes) : « évidemment être tel » ? Certainement une des questions les moins évidentes de la philosophie et de la philosophie des sciences. Pour Descartes, puisque je constate que je pense je peux en déduire que j’existe. La question du maniement de l’évidence première, fondatrice, qui permette de construire un système de l’être au monde fondé en définitive sur la résolution de la question de l’être même, constitue un gros morceau en philosophie. Ajoutez y l’intuition pendant que vous y êtes, sorte de terrifiante suppression des intermédiaires, le tout de préférence sans mysticisme pour ne pas vous vautrer.
être ou ne pas être — en relation
La question de l’être, et de l’être au monde, Heidegger un rien prétentieux déclare qu’il l’a rétablie dans tous ses droits. N’exagérons rien. Ou qu’il est sur le point de le faire. Pour Husserl, son maître, cela passe par une mise de côté de la perception (domaine de la psychologie), qui est déjà construction (heureusement pour nous, sinon autisme !). En fait, Husserl vise le monde des sciences, à ses yeux pas si bien établi depuis Galilée qu’il en a l’air à nos yeux naïfs : »les scientifiques disent que ». Tu parles ! Parle à mon intuition ma tête est malade. En 1913, avec Ideen I, Husserl, logicien, mathématicien philosophe d’une sorte d’épistémologie générale, montre comment passer de la réduction phénoménologique dite épochè — le grec s’en mêle, une fois perdu son latin —, au transcendantal (cf. Kant), et démontre (élémentaire mon cher Watson ! si vous n’êtes pas du métier vous ne suivrez pas, c’est tout de même fâcheux) que le résidu de l’épochè est bien la conscience. CQFD. Reprenez une dose de paracétamol, calmez-vous et rentrez en vous-même, au cœur de votre existence. Avec un bon psycho-philosophe façon gestalt, vous allez expériencier votre être au monde d’en deçà du monde connu d’avance qui vous entoure de ses fausses certitudes. Vous allez l’effectuer en relation. Capital, conscience = conscience de quelqu’un ou de quelque chose (intentionnalité, Brentano). Se rendre conscient de son être au monde, là, tout de suite, en relation, pendant que je vous y convie, certes. Un véritable exercice, non pas spirituel comme du temps des romains, psychocorporel plutôt, façon sensations émotions recueillies à la source, s’agissant de prendre conscience de ce qu’on est en train d’éprouver, en relation on vous le répète. Pour nous autres, une autre vision du monde psy (distincte de l’association libre psychanalytique). C’est ainsi, c’est dans l’air du temps. Rien à faire, on est toujours dans l’air de son temps. Prenez garde aux courants d’air. Couvrez-vous, assistez aux leçons de notre Daniel Ramirez.
1900, l’année d’ouverture
Résumons-nous. Le monde de la vie (Lebenswelt) dans lequel je suis moi-même incorporé, n’est pas un simple monde des choses, mais il est tout à la fois, en arrière-plan, un monde de valeurs, de biens et un monde pratique — relationnel (en ce qui concerne le monde sensible et des émotions, vous verrez ça plus tard sinon vous allez vous perdre). Cette notion désigne en gros, « le monde tel qu’il se donne par opposition au monde exact construit par les sciences modernes de la nature ». Oui mais le monde tel qu’il se donne, philosophiquement traité par Husserl, c’est pas de la tarte. D’ailleurs, qu’est-ce que « tarte » ? Tant pis pour nous, la phénoménologie appartient désormais à ce maudit monde. Que vous connaissez plus ou moins vaguement par l’existentialisme, dérivé par Sartre d’une sorte de trahison intelligente [L’existentialisme est un humanisme, facile à lire] d’Heidegger, le disciple nazi (non, non c’est pas vrai, enfin si c’est vrai, jamais regretté son être-pour-la-mort mode Shoah, mais les français l’adorent, et personne n’est parfait) de Husserl. Et n’oubliez pas qu’en 1900 paraissent deux ouvrages qui vont révolutionner les sciences de l’homme, celui de Freud et celui de Husserl. Ouvrez votre horizon et réfléchissez.
Otto Rank
l’ici et maintenant
Poursuivons avec Otto Rank, le fils chéri de Freud parti en Amérique prendre son large, inventer une psychothérapie plus brève, faire plus de place au concept de séparation – d’avec la mère, ce sera la seconde révolution psychanalytique – se centrer sur l‘ici et maintenant (1929-31) et marquer Carl Rogers (1936).
Ludwig Binswanger
analyse existentielle
C’est en 1930 – les années 30 sont le tournant du siècle, que Ludwig Biswanger, initié à la psychanalyse au Burghölzli puis en relation suivie avec Freud, prend son autonomie par rapport à une psychanalyse freudienne trop darwinienne pour lui, posant un problème de rupture épistémologique inaccomplie [1942, Grundformen und Erkenntnis menschlischen Daseins], et crée sa propre méthode, qui revêtira au premier Congrès international de psychiatrie de Paris (nous sommes bien en psychiatrie, d’accord ?) le nom d‘analyse existentielle en 1950. Là nous sommes rendus plus avant qu’avec l’intentionnalité, nous voici dans l’être-au-monde heidegerrien (comme antidote définitif au dualisme de la scission sujet-objet). Entre temps Sartre a popularisé l’existentialisme (1943, 1946) comme humanisme, nous avons changé d’époque, et de terminologie. Mais la bande des Perls se dégonfle et nomme gestalt-thérapie ce qui aurait dû s’appeler psychothérapie existentielle.
Médard Boss
l’intégratif fondateur
Ce sera l’extraordinairement intégratif psychanalyste Médard Boss(1) formé à l’Institut de Berlin (Eitingon), puis auprès de Jones, analysé par Karen Horney, collaborateur de Jung, ayant étudié auprès de Hans Sachs, Otto Fenichel, Wilhelm Reich, Kurt Goldstein, dans les années 30 disciple de Binswanger, plus tard en collaboration étroite avec le dernier Heidegger, qui, rompant avec ce qu’il considère comme l’inspiration médicaliste de la psychanalyse et de la psychologie, pourrait se voir considérer comme le véritable théoricien et clinicien fondateur de la psychothérapie existentielle.
Irvin Yalom
les quatre données, cinq universaux de la condition humaine
Il publie en 1980, pour mémoire ici, Existential Psychotherapy(2),} avec les concepts ordonnateurs des quatre données existentielles. Que Noël Salathé perfectionnera avec la 5ème donnée de l’imperfection.
4 ou 5 Données existentielles. Face à– la liberté : responsabilité
– l’absurde : quête de sens
– la mort : finitude
– l’isolement : solitude
– l’imperfection : limitation [donnée ajoutée à la liste yalomienne par Noël Salathé]
Emmy van Deurzen
les quatre axes
Selon Emmy van Deurzen (Existential counselling and psychotherapy in practice, Sage, 1988)(3), quatre axes rendent compte du positionnement de la personne par rapport à l’existence humaine, réunis dans la terminologie allemande : Umwelt (relation à l’environnement), Mitwelt (relation aux autres), Eigenwelt (relation à soi), Überwelt (relation à l’inconnu). Grille intéressante.
douze grains du chapelet psychothérapique existentiel
Ensuite vient le cortège Frankl (logothérapie), May(4), Laing et Cooper (l’antipsychiatrie lui est associée), Szasz, Yalom, Van Deurzen et Digby Tantam (ces derniers sont intéressants pour leur rôle dans le cadre de l’APE – Association de psychothérapie européenne, Emmy ayant présidé deux ans l’UKCP (**-***).
à consulter également : Philippe Grauer, Irvin Yalom, la psychothérapie existentielle débarque en force en France [mis en ligne le 25 septembre 2007].Référence : Irvin D. Yalom, Noël K. Salathé, CIFP, ARTEX.
- 1 On peut aussi se référer à l’excellent Grundriss der Medezin, Anzätze zu einer phänomenologischen, Physiologie, Pathologie, Therapie und zu einer daseinsgemässen Praeventiv-Medezin in der modernen Industrie-Gesellschaft, Verlag Hans Buber, Wien, 1971. Cet ouvrage [non traduit] consiste en un travail de fondation de la médecine, de la physiologie, de la pathologie et de la psychothérapie dans la perspective du Dasein. Écrit en étroite collaboration avec Heidegger.
- 2 Thérapie existentielle. Essai, traduit par Laurence Richard (CIFP), Paris, Galaade, 2008, 755 pages, pavé à lire.
- 3 Description du livre : SAGE Publications Ltd. Paperback. État : new. BRAND NEW, Existential Counselling & Psychotherapy in Practice (3rd Revised edition), Emmy Van Deurzen, Offering a concrete framework and practical methods for working from an existential perspective, the bestselling Existential Counselling and Psychotherapy is now in its third edition. Central to the book is the belief that many of our problems arise out of the essential paradoxes of human existence, rather than from personal pathology. From this perspective, the purpose of counselling and therapy is not viewed as problem-solving, but as a mean of enabling people to come to terms with living life as it is, with all its inherent contradictions. Emmy van Deurzen, a leading existential philosopher and therapist, presents a practical method of working, using systematic observation, clarification and reflection to help clients rediscover their inner strengths. She shows how personal assumptions, values and talents, once acknowledged, can be turned to constructive use. Using wide-ranging case examples, the author also demonstrates the effectiveness of the existential appoach in many different situations – from crisis work to dealing with chronic unhappiness. The existential approach is a well-respected form of psychotherapy, but most writing on the subject tends to be heavily theoretical. This book offers a practical and accessible alternative, which will be invaluable to those in training as well as to more experienced practitioners. N° de réf. du libraire B9781849200684.
- 4 Allport, Feifel, Maslow, May, Rogers, Psychologie existentielle, 1965, Épi 1971.
- identité et valeurs du CIFPR – qui et que vous apprêtez-vous à devenir ?
- d'autres psychotiques que moi
- Femmes, de mal en psy
L’expression vient d’Abraham Maslow. Coincé entre une psychanalyse américaine du Nord entièrement aux mains des psychiatres, devenue normalisatrice, et un comportementalisme tout puissant en psychologie, Maslow, porteur d’une pensée humaniste, existentielle et spiritualiste, impulsa ce qui devint la Troisième voie.
Illustré par les fondateurs de la première génération, Maslow, Rollo May, Carl Rogers, Bugenthal, fondateurs à l’initiative de Maslow de l’Association de psychologie humaniste américaine, ce mouvement se développa, évolua et franchit l’Atlantique en direction de l’Europe. Il prit pied en Grande Bretagne puis en France à l’initiative des rogeriens (Michel Lobrot, Max Pagès, André de Peretti) et des psychosociologues Analystes institutionnels (Georges Lapassade, René Lourau). Vint ensuite en 1969 la seconde vague des introducteurs du Growth Movement (Esalen). À la suite de quoi (Max Pagès ayant provoqué l’évènement introductif initial) Jean-Michel Fourcade, Dominique Colleter, Tan Nguyen, Philippe Grauer, formés par la suite par Bill Grossman, directeur du Centre londonien Kaleidoscope, fondèrent le CDPH (1972). Parallèlement Jacques Durand-Dassier établissait rue des Sains-Pères le Centre d’Évolution.
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- De quoi la "théorie du genre" est-elle le fantasme ?
- L’espace laïc, lieu des itinéraires spirituels
Philippe Grauer
Étayé sur des notes de Jacques Tosquellas.
Courant de pensée et pratique mis en place durant la dernière guerre sous l’influence du psychiatre anarcho marxiste catalan François Tosquelles. Paul Balvet, psychiatre directeur de l’hôpital psychiatrique de Saint Alban, informé par son ami le professeur Dides (1) qu’un psychiatre remarquable qu’il avait rencontré 10 ans plus tôt à Barcelone se trouvait au camp de Septfonds, obtint l’extraction dudit psychiatre, François Tosquelles (on prononce Tosquaillès), qui arriva à Saint-Alban-sur-Limagnole, en Lozère, début 1940 (2)
La rencontre avec Lucien Bonnafé (3) eut lieu plus tard, début 43 – juin 44. Les relations entre eux furent bonnes, malgré les oppositions qui ont surtout éclaté après, sur la place de la psychanalyse relativement au communisme orthodoxe. Le nom même de psychothérapie institutionnelle surgit plus tard, sous la plume de Georges Daumezon, auteur du nom, à l’occasion d’un article signé avec Philippe Koechlin en 1952.
Tosquellas instaura une sorte d’autogestion psychothérapique à l’hôpital psychiatrique de Saint Alban. L’idée de base est que pour empêcher l’hôpital de rendre fous les fous (un établissement en particulier de soins est un organisme malade qu’il faut constamment soigner, sous peine de devenir lui-même toxique pour ceux qu’il se propose officiellement – institutionnellement – de soigner), il faut considérer l’institution tout entière comme soignante. On a alors affaire à une sorte de sujet collectif qui comprend (terme sensible employé ici, mais précisément il va s’agir d’en pratiquer l’analyse, de ce sujet-là, ce qui deviendra la fameuse analyse institutionnelle ) du psychiatre au personnel du nettoyage et bien entendu les personnes prises en charge de soin. Ceci requiert un dispositif institutionnel particulier qui à force de recherches révolutionna la façon de penser la psychose – et le lieu de soin. En disant bien plus tard qu’à Esalen c’était les psychotiques qui soignaient les névrosés, on procédait sans le savoir du même courant de pensée, donnant à la folie un tout autre statut anthropologique.
La fécondité de la pensée institutionnaliste relayée après-guerre par la réflexion des rescapés des camps de la mort sur l’institution perverse comme cause de folie, contribua au puissant renouveau de la psychiatrie en France et en Europe. Le courant institutionnaliste maillé à l’antipsychiatrie et au mouvement italien contre l’asile aboutit à la suppression de la mentalité et de l’institution asilaire, et au développement de la psychiatrie de secteur, largement pénétrée par une pensée psychanalytique progressiste d’inspiration lacanienne.
La psychothérapie institutionnelle représente l’une des deux sources de la psychothérapie relationnelle, avec la psychologie humaniste américaine. Il convient de l’étudier sérieusement.
La situation actuelle, de régression massive de l’institution psychiatrique et de la psychiatrie ramenée à la neurologie, aux TTC et à une mentalité asilaire sécuritaire, résurgence du comportementalisme et du conditionnement (quel nom évocateur !) dans un univers balisé par les bornes aveugles du DSM et de son idéologie, un univers dont les protocoles font penser aux notices de la machinerie électronique, un univers ayant répudié les apports de cent ans de psychanalyse et de cinquante ans de psychologie humaniste au bénéfice de l’illusion managériale et du scientisme, la situation actuelle donc, rend le recours à la pensée institutionnaliste à nouveau particulièrement d’actualité militante et de ressource citoyenne.
D’où l’actualité de textes comme ceux d’Hélène Chaigneau, récemment publiés.
Références
On consultera utilement
– l’article Wikipédia,
– et bien sûr l’ouvrage de l’ami Joseph Mornet, Psychothérapie institutionnelle, histoire et actualité, aux éditions du Champ Social, 2007.
voir également
Les rencontres de saint Alban
– dont les 26 èmes Rencontres de Saint Alban les 17 et 18 juin 2011.
– les 27èmes Le pouvoir et ses petites perversions
– et 28èmes Le collectif
Mises à jour : 1er février 2011 – rectification faute de frappe 5 janvier 2012 – remise en forme typographique le 9 août 2013 –
- 1 Dides, psychiatre auteur d’un manuel pas inintéressant, aujourd’hui quelque peu vieillot certes. Homme de conviction comme on dit, il est mort dans un camp nazi, je ne sais plus lequel. Mon père l’avait rencontré à Barcelone lors d’un congrès, sans doute organisé par Mira y Lopez, un psychiatre né à Cuba qui a eu je crois la chaire de psychiatrie de Barcelone, et qui en tout cas avait des conceptions et des pratiques hyper humanistes, comprenant la psychanalyse, la phénoménologie etc. etc.. Cette rencontre fut suffisante pour que ce Dides s’en souvienne et indique sa présence, jusqu’à Paul Balvet directeur de Saint Alban, pétainiste à l’époque, disons « loyaliste » (!), mais très honnête, je ne sais pas par quel chemin, indique donc qu’il était libre mais enfermé dans un camp dit de concentration… français. Pas si facile d’être amis des espagnols républicains, donc de dangereux terroristes (mais pas juifs !) !
Ce Balvet eut son importance : il a prononcé dans un congrès de psychiatres de langue française à Montpellier, en 1942 je crois, un rapport sur l’état de la psychiatrie qui a fait scandale mais qui était d’une « justeté » considérable, et courageuse. Mon père était allé avec lui à Montpellier, mais on lui a refusé l’entrée parce qu’il était métèque, en tout cas pas français, et rouge qui plus est ! Un Balvet qui a fait plein de choses dans la lutte contre l’immonde bête asilaire (au mauvais sens du terme asile), établissant le lien entre les camps nazis et les conditions de l’internement en France. Balvet a participé à l’action pour qu’il n’y ait aucun malade mort de faim en France dans l’HP dont il était directeur. Ce n’est pas rien. Et il a fait beaucoup plus encore.
Alors quant à Dides, je n’ai pas plus à dire. Sauf peut-être que son intervention a permis à mon père d’être reçu à Saint Alban et d’y vivre longtemps, jusqu’en 1962. Même si pendant 6 ans, il n’a pas été payé – bien entendu, un étranger ! C’est pareil aujourd’hui dans les hôpitaux, mais sans l’arrière fond politique de l’époque. Il recevait, il est vrai de l’argent du gouvernement d’Espagne en exil au Mexique. En tout cas, il est du coup resté à Saint Alban et en France, et donc n’est pas allé en Amérique du Sud où on l’attendait. Jacques Tosquellas.
- 2 Quelques précisions par Jacques Tosquellas, le fils de François. Rencontre en 1929 à l’Institut Pere Mata de Reus au congrès des médecins neurologues et aliénistes de langue française. Dides était professeur de psychiatrie à Toulouse. Mon père servait à table. Il avait 17 ans. Il est intervenu dans la discussion à propos d’une question de Dides restée sans réponse : il a souligné que dans la matinée le docteur Villaseca avait tenté des analogies entre le syndrome de Cotard et la légende catalane du conte Arnau. Mon père avait travaillé avec Villaseca pour rechercher des variantes de cette légende. Il précisait, que cette légende était restée vivante du côté sud des Pyrénées, mais pas de l’autre, du côté de la France. Il aurait dit à Dides qu’il lui paraissait toutefois normal qu’il s’y intéresse puisqu’il était de Toulouse, au centre du Languedoc et que les liens avec la catalogne était connus.
Plus tard, Dides fut le seul psychiatre français à écrire spontanément à mon père au camp de Septfonds pour lui offrir une place à l’hôpital psychiatrique de Vesoul. Mais sa lettre est arrivée quelques heures après le télégramme du préfet de la Lozère offrant un poste à Saint Alban. Ce qu’il a préféré. Il ne sait pas pourquoi. C’est par contre son ami Sauret, qui l’accompagnait à Septfonds et dans le POUM, mon parrain, qui a pris la place. Dides a accepté la chose. À noter que dans sa lettre il mentionnait le repas à Reus et l’intervention de mon père.
Sur la genèse du télégramme du préfet de la Lozère : Balvet était catholique pratiquant, et avait la phobie des rouges qu’il considérait comme de vrais criminels. Le préfet avait proposé quelques rouges ouvriers pour reconstruire l’hôpital. Ce que Balvet refusa compte tenu de ses opinions. Mais il signala que s’il y avait quelques psychiatres il pourrait envisager de les recevoir. Le préfet répondit qu’il n’y avait que des criminels au camp et jamais de psychiatres. Peu de jours après, Balvet mange avec un de ses amis du Puy, Jacques Chaurand. Un de ses amis, Vives, lui avait raconté qu’il y avait un psychiatre au camp et il lui avait surtout raconté les activités qu’il y développait. Balvet demanda alors au Préfet de faire venir mon père. Chaurand est devenu un des amis de mon père. Il est le premier, je crois, à avoir ouvert une école d’éducateurs, Saint Simon, à Toulouse.
- 3 1939-1944 : avec de nombreuses autres personnalités du groupe du Gévaudan, il met au point les bases de la psychothérapie institutionnelle.
- La fonction phorique
- Psychiatrie, bistouri et matière grise
- Robert Leopold Spitzer, psychiatre américain
1 — Multiméthode résultant de la conjonction d’au moins deux méthodes (nous nous référons à la définition de la méthode que nous fournissons dans le cadre de notre terminologie) dont au moins une majeure. Il existe autant de psychothérapies intégratives que de méthodes à combiner. Les zones théoriques et méthodologiques contraires sont affaiblies, la complémentarité est mise en valeur. La question qui se pose est celle de déterminer quelle est la méthode dominante dans le complexe produit, qui fournit le ton théorique et méthodologique à l’ensemble.
2 — Les zones intégratives sont celles où en nous plusieurs traits de disciplines et systèmes hétérogènes sont parvenus à se réunifier localement. Elles dépendent de notre histoire, et peuvent se montrer mouvantes. Certaines écoles proposent des modèles ready-made, toutes faites, des prêts-à-monter qu’on n’a plus qu’à remonter pour les utiliser. Il faudra examiner quelles sont les propriétés de ces conglomérats.
3 — On l’aura compris, l’ensemble de ces concepts suppose l’exercice de l’esprit critique. La résolution de la crise (critique vient de krisis) est le fait d’un esprit libre s’exerçant dans un espace de responsabilité, et de jeu. Ceci n’exclut pas, conjointe à des poussées d’inquiétude et des moments de déstabilisation, une dose de jubilation. En tout cas cela procure la satisfaction de la pratique constante d’un dialogue rigoureux, sur le plan méthodologique et épistémologique.
4 — De son côté la psychothérapie multiréférentielle, maintient en tension de comporter, articulées localement seulement, des systèmes (théorie + clinique), disons des méthodes, contradictoires. L’inconfort se voit compensé par l’ouverture. Le psychopraticien multiréférentiel (psychothérapeute multiréférentiel est également possible) a appris plus d’un système important, et nourrit sa pratique d’une tolérance comparatiste et d’une créativité provenant du fait qu’il peut intervenir sur plusieurs registres, sur des bases sérieuses.
5 — On opposera la multiréférentialité à l’éclectisme, consistant à butiner des techniques variées sans en avoir approfondi les principes, ce qui risque de conduire au fameux n’importe quoi (voir cet article ici-même).
La psychothérapie relationnelle, comme toutes les sciences humaines, est sujette au danger du dogmatisme, de la mentalité religieuse et du messianisme, style le salut de l’humanité par la méthode machin. Le Cifpr attentif à ne pas entretenir ce genre de dérive et à ne pas constituer ses étudiants prisonniers de telle ou telle discipline ou méthode, fût-elle prestigieuse, préfère accompagner ses étudiants dans la recherche et définition finalement de leur formule multiréférentielle propre, évolutive par surcroît.
voir aussi
– multiréférentialité
– psychothérapie multiréférentielle
– multiréférentiel
– intégratif
– psychanalyse intégrative
– patients-limites et psychanalyse intégrative
– neurosciences et psychothérapie
– psychothérapie intégrative
– Alain Gourhant, psychothérapie intégrative au 15 novembre 2014. Article dépourvu d’analyse critique par nos soins à ce jour. Repérer toutefois qu’à son article ASTROLOGIE l’auteur dévie clairement de la scientificité en donnant la main (main dans la main avec Stanislas Grof) à une fausse science.
– Jean-Michel Fourcade & Vincent Lenhardt chroniqués par Alain Gourhant ATTENTION, Repérer qu’à son article [Astrologie Alain Gourhant dévie clairement de la scientificité en donnant la main (main dans la main avec Stanislas Grof) à une fausse science.]
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Lacan, rebelle et tragique
- Problèmes de terminologie et de pratiques institutionnelles
voir aussi
– multiréférentialité
– psychothérapie intégrative
– multiréférentiel
– intégratif
– psychanalyse intégrative
– patients-limites et psychanalyse intégrative
– neurosciences et psychothérapie
Le Cifp est résolument et fondamentalement une école généraliste, de formation à la psychothérapie relationnelle multiréférentielle.
Qu’entendre par ce dernier terme ? que le psychothérapeute – aujourd’hui psychopraticien – multiréférentiel dispose d’espaces disciplinaires multiples, irréductibles les uns aux autres, et que c’est en pensant A à partir de B et réciproquement qu’on se met l’esprit en tension fertile si l’on s’est accoutumé à ce genre d’exercice, pas vraiment de tout repos, mais il est des domaines où rester en repos ressortit de la paresse ou négligence intellectuelle (sans parler de pulsion de mort).
Le terme intégratif n’est pas dépourvu d’ambivalence, se voyant revendiqué par de multiples horizons scientifiques — au sens sciences humaines de ce terme, mais aussi au sens scientiste à l’occasion, ce qui constitue une source de brouillage.
C’est la raison pour laquelle la Ffrapim, Fédération française fédérative de psychothérapie intégrative et multiréféretielle, à l’initiative du Cifp, a intégré dans son nom institutionnel le signifiant multiréférentiel, pour éviter les confusions.
Quant à la psychanalyse intégrative selon Jean-Michel Fourcade, elle se situe du côté de l’intégrativisme, c’est-à-dire d’un montage principalement constitué de l’articulation du domaine psychanalytique et du champ reichien et émotionaliste, la dominante étant désignée comme la psychanalyse.
Entrée créée en 2007 – 15 novembre 2010 –
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Formations modulaires
- Séminaire multiréférentiel d'été 2025 au Hameau de l'étoile
PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE – 1
discipline
Cet article comporte trois sections
– discipline
– définition
– historique
La lucarne ci-dessous est tirée de l’entrée discipline :
La psychothérapie relationnelle en tant que discipline se caractérise par (liste non exhaustive) :– une conception spécifique de la relation et des rapports humains
– une méthodologie de l’implication du professionnel en relation de travail
– des règles d’encadrement et de cadrage relationnel
– un mode clinique et un type de sensibilité spécifique
– une prise en compte de la dimension inconsciente de la relation
– une conception de l’apprentissage et de l’éducation
– une conception de l’évolution et du changement
– une prise en compte de la dimension émotionnelle du comportement humain
– une définition du processus par lequel la personne accède à un savoir de soi comme être relationnel
– une conception du sujet
– une conception du processus d’autonomisation
– une philosophie de la psychopathologie
– une représentation de l’univers du sens
– une anthropologie
– une clinique de l’implication
– une éthique et un corpus de règles déontologiques
– une méthodologie de l’observation participante
– une philosophie de la recherche
– un mode de professionnalisation.
Elle représente l’alternative d’une psychothérapie du soin non médical (du souci de soi), axée sur la relation au sens plein et méthodologique du terme (la relation comme ressort du processus de changement), alternative donc à la psychothérapie psychologique ou médicale actuellement professionnalisée sous le titre d’exercice de psychothérapeute (terme pris dans sa nouvelle désignation institutionnelle). Ces deux champs disciplinaires se répartissent (et éventuellement conjugent, au risque de situations paradoxales) dans le cadre du carré psy.
PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE
– Nom de discipline, comportant des méthodes, dispensées par des écoles, souvent regroupant leurs praticiens en sociétés savantes de méthodes.
Le SNPPsy, syndicat professionnel, et l’AFFOP, fédération professionnelle, regroupent les praticiens qui professent la psychothérapie relationnelle sous l’appellation de psychopraticiens relationnels®. Le PSY’G se réclame également de cette appellation.
– Le code de déontologie du SNPPsy encadre et garantit la pratique de cette discipline.
– les deux disciplines axées sur la dynamique de subjectivation sont la psychothérapie relationnelle et la psychanalyse.
– les deux disciplines non assujetties au principe mettant en jeu le processus de subjectivation sont la psychologie (clinique ou non) et la psychiatrie.
– des formules mixtes peuvent exister, pas forcément claires. Voir le tableau des quatre disciplines psys à la rubrique carré psy.
PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE – 2
Définition
Voir aussi
– expérientiel
– GLPR
– psychothérapie
– Naissance et développement de la psychothérapie relationnelle. Nouvelles perspectives
– Psychothérapie relationnelle — contribution à la construction d’un concept
AVERTISSEMENT
Août 2010 — Comme de nombreux articles de ce glossaire celui-ci, écrit avant la promulgation de la loi dite Accoyer, la terminologie use du terme alors libre de psychothérapeute, qui continue au niveau international sa carrière dans le langage scientifique courant. Nous n’allons pas réécrire l’Histoire, et conservons donc nos textes tels quels, nous réservant des mises à jour pour améliorer les contenus. Ainsi au sens légal du terme il y aura des psychothérapeutes relationnels de toute façon, ceux des psychopraticiens qui peuvent prétendre au titre désormais réservé (1). Les nouveaux psychopraticiens relationnels, ex psychothérapeutes ou non ont, chacun comprendra cela, pris le relais et ce qui se disait du ci-devant « psychothérapeute relationnel » (d’avant 2010) vaut bien entendu pour eux puisqu’il les désigne.
5 nov 2010 — notre profession changeant (seulement) de nom, les psychopraticiens relationnels, praticiens en psychothérapie du même nom, seront peut-être moins sujets à confusion avec les désormais porteurs du titre d’exercice de psychothérapeute. Le substantif psychothérapie (2) demeure tout de même commun, le qualificatif de relationnel continuant d’être bien utile pour départager nos populations psys les unes des autres, également pour distinguer le nom de métier : psychopraticien du titre d’exercice alternatif de psychopraticien relationnel®, délivré par le Snppsy (organisme titularisant dans le cadre de l’Affop, propriétaire INPI de l’expression.)
La psychothérapie comme allant de moi
On ne peut plus sans confusion de nos jours parler de psychothérapie au sens générique du terme, en entendant : le type de psychothérapie que je pratique, et en l’appliquant aux autres comme allant de soi. Le terme psychothérapie est devenu un embrayeur (Shifter, en linguistique) fou. Un embrayeur c’est un mot que le locuteur investit au moment de le prononcer, et qui se met à désigner celui qui le prononce (autodéictique) : Je désigne celui qui dit Je. Psychothérapeute ne peut plus jouer proprement cet office car celui qui emploie le terme le définit différemment selon son propre référentiel (3). Chaque utilisation du terme dissimule un présupposé différent, selon le statut disciplinaire et professionnel de l’émetteur. Si on oublie de s’en préoccuper on est pris dans la logique du discours de l’autre sans même s’en rendre compte et l’on se voit inopinément privé de sa propre parole.
la psychothérapie comme allant de soi
Cela permet le jeu retors de la présupposition(4), à savoir que celui qui parle de La psychothérapie, comme allant de soi, au lieu d’allant de moi – venant de moi (celui qui est en train de parler), plus précisément – embarque implicitement son interlocuteur dans son référentiel à lui le locuteur : le pervers renforce constamment ses adresses à sa victime de ses « nous sommes bien d’accord » dont elle ne parvient plus à se désengluer. Dès que vous lisez quelque part un développement, souvent savant, ça marche mieux, comportant un « nous sommes bien d’accord » – savant ou titré, disant implicitement « je suis vous le savez qualifié pour définir le savoir commun, par exemple universitaire ou psychiatrique, je dispose de l’autorité légitime pour parler en votre nom en même temps qu’au mien –, un développement qui vous embarque avant que vous ayez eu l’occasion d’examiner et réagir, vous voilà ficelé.
méconnaissance mutuelle
Ainsi aux yeux des psychothérapeutes relationnels, les psychiatres ne pratiquent nullement la psychothérapie puisqu’ils ne pratiquent pas la relationnelle. Pour les psychologues les psychothérapeutes(5) (relationnels mais ils oublient de le dire) qui ne sont pas psychologues cliniciens sont des imposteurs, puisque la psychothérapie, la leur, demeure l’apanage de l’enseignement universitaire, dont la pierre de touche est une certaine psychopathologie d’inspiration médicale (notamment DSM), mais pas seulement, et ainsi de suite. La logique du carré psy exige qu’on parle de psychothérapie relationnelle lorsqu’il s’agit de ce que nous faisons, ce qui permet de comprendre qu’on ne saurait confier à un psychiatre ou psychologue le soin de nous examiner depuis leur logique professionnelle spécifique. Ni réciproquement d’ailleurs. Autrement dit sans corps de définitions bien établies un flou intellectuellement et institutionnellement malsain préside aux relations entre les différents psys.
par, dans, et pour, la relation
Pour couper court à cet imbroglio constant, qui mène à toutes confusions, les psychothérapeutes et psychopraticiens qui œuvrent par dans et pour la relation(6), à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels.(7)
issue de la psychanalyse
La psychothérapie relationnelle (8) est issue du courant de la psychologie existentielle américaine des années 50, relancée sous le nom de psychologie humaniste (1961, Abraham Maslow) puis de Nouvelles Thérapies dans les années 70 – 80. Elle procède de la même éthique et méthodologie que la psychanalyse. Dont, sans pour autant émaner d’elle purement et simplement, elle porte souvent l’empreinte.
Pour en savoir plus voir également Structure et épistémologie de la relation (2009).
Fiche sd, remise à jour successivement les 12 novembre 2010 – 30 août 2011 – 6 nov 2011 – 8 mai 2012 – 26 juillet 2013 – 20 avril 2014 –
PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE – 3
Historique
1969 : groupes de psychothérapie relationnelle
L’expression vient de Jacques Durant-Dassier, qui divise sa Structure et psychologie de la relation, Épi, Paris, 1969, 203 p., en deux sections : Essai théorique de psychologie relationnelle et structurale et Groupes de psychothérapie relationnelle. JDD conduisait ces groupes au Centre d’évolution (14 rue des Saints Pères), qui existe toujours. L’expression savante s’est vue insue puis réinventée. La modestie de Jacques Durand-Dassier, comme le fait qu’apparemment personne parmi les psychothérapeutes militants contemporains n’éprouva le besoin d’y recourir, n’explique pas comment cette expression et le concept qu’elle revêtait restèrent si longtemps non pas oubliés mais ignorés.
Processus de différentiation et décantation, de décomposition du concept de psychologie humaniste à mettre à l’étude.
une génération plus tard
C’est une génération plus tard que le SNPPsy auquel Jacques Durand-Dassier avait tant donné de son énergie, par mon clavier inspiré par la réflexion de Jean-Michel Fourcade, en 2001(9) pensa comme nouvelle la dénomination de psychothérapie relationnelle. Il s’agissait de se démarquer des autres pratiques psychothérapiques d’inspiration cognitiviste, neurologique, organiciste, pratiquées par les psychologues et les psychiatres. Il s’agissait aussi d’abandonner la prétention de la psychologie puis psychothérapie humaniste de représenter à elle seule la psychothérapie. Le concept est déterminant, et permet de fonder la psychothérapie relationnelle comme discipline, résolvant et dépassant son aspect de nébuleuse accumulant des objets éphémères sans dignité théorique, dont on énumère la liste sans queue ni tête ni dignité scientifique montée à 500 items où se mêlent méthodes, techniques et une masse d’OPNIS, objets psychologiques non indentifiables.
figure complexe devenue lisible
Désormais les psychothérapies ne peut plus signifier que l’ensemble comportant d’une part la psychothérapie médicale et psychologique, de type objectiviste, et la psychothérapie relationnelle, intersubjective au sens fort de ce terme puisqu’en son cas « c’est la relation qui soigne » (Yalom). Bien entendu les combinaisons, cumuls, collages par éclectisme, montages intégratifs de toutes sortes, organisation multiréférentielle, complexifient la figure, mais cessent de la rendre illisible.
distinctions de base
Tout ceci conduit tout d’abord à distinguer
–
la discipline
Psychothérapie relationnelle désigne un nom de domaine scientifique. Cette discipline se définit comme psychothérapie (soin-souci de soi) de la relation par la relation pour la relation.
–
le spécialiste
Il existe toutes sortes de psychothérapies, parmi lesquelles la psychothérapie relationnelle, pratiquée exclusivement par des psychopraticiens relationnels(10), en représente la discipline, au sein de laquelle il peut spécifier une spécialité, généralement une méthode. Sur la carte de visite on pourrait inscrire, comme font les spécialistes en médecine : »psychothérapie relationnelle uniquement. »
–
le titre d’exercice
après validation post diplôme par une instance titularisante (i.e. conférant le titre) AFFOP (affiliée au GLPR) le spécialiste en psychothérapie relationnelle se voit autorisé à porter le titre de psychopraticien relationnel® (SNPPsy – ou autre organisation AFFOP habilitée).
–
la carte de visite
Frédérique Unetelle, diplômée du CIFPR en psychothérapie multiréférentielle®, psychopraticienne relationnelle® titulaire SNPPsy (11).
4 octobre 2011 – entrée bis rapportée à la présente entrée : 8 & 16 mai 2012 – 31 mai 2012 – 26 août 2012 – 9 septembre 2012 – 26 juillet 2013 – 20 avril 2014 – 30 juin 2014 – 20 août 2014 – 29 juin 2015 – 4 novembre 2015 –
Philippe Grauer
- 1 En effet à l’avenir, certains d’entre eux ayant satisfait aux conditions de la nouvelle loi, pourront, s’ils en manifestent le désir (ce ne sera pas toujours le cas), en plus de psychopraticiens relationnels®, s’afficher en qualité de psychothérapeutes relationnels au nouveau sens du terme. La loi présente l’occasion de différents cas de figure, dont celui-ci.
- 2 Qui lui n’est ni réglementé ni réglementable.
- 3 À partir d’un texte de J.-M. Fourcade écrivant en 1997 : « Voilà pourquoi nous, psychothérapeutes, qui travaillons par la relation et dans la relation, nous avons, presque cent ans après la découverte de l’inconscient, généralisé l’exigence freudienne à l’ensemble du savoir et des pratiques psychothérapeutiques (par la déclaration de Strasbourg). » J’en ai tiré et proposé l’expression psychothérapie relationnelle, dont j’ai construit le concept dans le cadre du Carré psy, que le SNPPsy a adopté. « Nous sommes bien d’accord » (voir cette expression au § suivant), la vérité scientifique ne s’adopte pas elle se démontre, et dans nos disciplines approximatives elle ne se démontre même pas (cela nous sauve peut-être la vie). Le SNPPsy en adoptant cette ligne adopte une position anticorporatiste à la lumière d’une réflexion scientifique qui permet de définir une discipline.
- 4 Cf. les travaux du linguiste Oswald Ducroc.
- 5 L’usage s’est établi, venant de la période où nous nous disions et prétendions les seuls tenants du titre, que nous étions tout fiers d’avoir recréé, de dire les psychothérapeutes au pluriel pour nous désigner. La seule façon de s’en sortir fut d’ajouter le déterminant relationnel, qui différencie et spécifie notre pratique et notre base épistémologique, théorique et clinique.
- 6 Rien à voir avec la proposition à la Homais : mais par son principe même toute psychothérapie est relationnelle puisqu’elle engage deux personnes en relation thérapeutique. Dire psychothérapie relationnelle serait tout simplement tautologique. C’est Monsieur Homais qui s’embrouille dans sa platitude. Parce que voyez-vous dès que deux personnes s’adressent la parole il y a de la relation entre elles. Cela tombe sous le sens commun. Commun oui.
Non, certaines psychothérapies n’engagent pas profondément dans toute sa vitalité les deux protagonistes également en relation, dans le cadre d’une intersubjectivité intense, dans laquelle le praticien se trouve engagé, participe au processus. Seules celles qui exigent méthodologiquement que le praticien ait effectué un travail sur soi approfondi et suffisamment abouti, et que cette qualité d’être, ce savoir être et faire être tout à fait particulier bien connu des psychanalystes et praticiens en psychothérapie relationnelle, que cette qualité relationnelle soit engagée profondément dans le processus entre les deux protagonistes, sont qualifiables au sens méthodologique du terme de relationnelles. Que l’engagement se joue sur une base phénoménologique ou psychanalytique, il reste moteur, à risque pour les deux en présence, et la dynamique de l’implication, intégrant la question du transfert, autrement complexe, délicate et puissante. Il s’agit ici d’un concept et non plus d’un lieu commun qui évacue la pensée. Nous nous trouvons alors véritablement dans l’espace épistémique de la psychothérapie relationnelle proprement dite. Toute « relation » psychothérapique ne présente pas cette caractéristique, toute relation n’est pas Relation.
- 7 Psychopraticien tout court est comme l’ancien psychothérapeute, il ne signifie et ne garantit pas grand chose. Voici pourquoi en dehors de l’intérêt scientifique à soigneusement définir les termes et les professionnels, l’usage de l’expression psychopraticien relationnel est bien utile de nos jours.
- 8 Pluriel ou singulier ? autre débat. Un champ disciplinaire se définit au singulier. Ceux qui parlent de psychanalyses savent bien qu’une discipline peut comporter de la diversité tout en conservant son unité de base. Il s’agit pour eux de s’exprimer de façon à admettre dans le même champ Freud et Jung pour contourner l’écueil terminologique des jungiens revendiquant de s’appeler psychanalystes. Voir notre commentaire au Jung du Manuel du Cifp (que dans certains cas nos documents continuent d’appeler brochure).
- 9 Nous notions alors que « cette orientation a peut-être commencé quelques années plus tôt, nous activons les recherches pour déterminer une datation plus fine. » La recherche se poursuit. Il est possible que l’expression soit plus ancienne que 1969.
- 10 Et également par des psychothérapeutes relationnels, psychopraticiens relationnels d’ancien exercice ayant acquis le titre de psychothérapeute devant l’ARS de leur région.
- 11 Variante : psychopraticienne relationnelle (SNPPsy), lorsque la personne n’est pas encore titulaire.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
Psychothérapie relationnelle
par Philippe Grauer
Historique
une discipline mieux délimitée
C’est dans le cadre du SNPPsy en 2001 à partir d’un article de Jean-Michel Fourcade qu’à l’occasion de la prononciation du Rapport moral annuel auprès de l’Assemblée générale je proposai d’adopter la dénomination de psychothérapie relationnelle. Cela représentait un programme épistémologique et politique. Il s’agissait de se démarquer des autres pratiques psychothérapiques d’inspiration cognitiviste, neurologique, organiciste, apanage des psychologues et psychiatres. Il s’agissait de définir l’identité scientifique d’une discipline mieux délimitée que la psychologie humaniste et de sortir de l’appellation attrape tout de psychothérapie utilisée comme embrayeur pour désigner à partir d’un système de présupposition rarement explicité ce que chaque locuteur entendait par là.
Jacques Durand-Dassier, 1971 : groupes de psychothérapie relationnelle
La seconde partie de l’ouvrage de Jacques Durand-Dassier, Structure et psychologie de la relation, Épi, Paris, 1971, 203 p., s’intitule tout simplement Groupes de psychothérapie relationnelle. Il ne s’agit pas d’un hasard. La singularité réside dans notre oubli de l’existence de cet ouvrage. Ça n’est que récemment (2008) à l’occasion de l’écriture d’un article sur la psychothérapie relationnelle que l’information a fini par réapparaître. Pas la peine de réinventer la brouette, nous l’avions dans nos réserves.
psycho diversité
Il s’agissait également de rompre avec la prétention que la psychothérapie serait relationnelle ou ne serait pas, que postulait l’article 3 de la Déclaration de Strasbourg. Postulat impraticable autant qu’irréaliste puisque de nombreux collègues ne se trouvant pas scientifiquement liés par l’obligation d’engagement intersubjectif comme ressort psychothérapique fondamental, sont parfaitement en droit de se réclamer de la psychothérapie sans qu’elle ait à être relationnelle au sens strict du terme – à savoir que la relation intersubjective en soit le fondement et le ressort. Par ailleurs l’implication de ce nouveau positionnement requiert le principe de l’acceptation de la psycho diversité et de la tolérance scientifique et méthodologique.
Cela conduit à distinguer
– la
discipline.
Psychothérapie relationnelle désigne un nom de domaine scientifique. Cette discipline se définit comme psychothérapie (soin-souci de soi) de la relation par la relation pour la relation.
– le
spécialiste.
Il existe toutes sortes d’entités appelées communément psychothérapies (méthodes ou même absence de méthode (1) – ne pas oublier que les psychiatres n’apprennent pas la psychothérapie en faculté(2)), seulement la psychopathologie ce qui est bien différent –), parmi lesquelles la psychothérapie relationnelle, discipline pratiquée exclusivement par des psychopraticiens relationnels(3), peut s’afficher comme spécialité. Sur la carte de visite on pourrait inscrire : » psychothérapie relationnelle uniquement . »
– le
titre d’exercice
: le diplôme délivré par une école agréée ouvre la voie de la pratique (les psychologues et psychiatres disent clinique) de la discipline mais ce sera la confirmation par un syndicat(4) de pairs responsable de la discipline et solidaire, qui autorisera le port du titre d’exercice de psychopraticien relationnel®.
– la
carte de visite
: Frédérique Unetelle, diplômée du CIFPR en psychothérapie relationnelle multiréférentielle®, psychopraticienne relationnelle® titulaire SNPPsy (5).
4 octobre 2011 – 16 mai 2012 – 9 septembre 2012 – 30 juin 2014 –
- 1 Qu’on se souvienne de l’athéorisme fondateur du DSM.
- 2 Cela va peut-être un peu changer, un peu seulement.
- 3 Et également par des psychothérapeutes relationnels, psychopraticiens relationnels d’ancien exercice ayant acquis le titre d’exercice de psychothérapeute devant l’ARS de leur région.
- 4 La FF2P est une fédération qui ajoute à ses prérogatives la fonction para syndicale d’inscrire des praticiens à titre individuel. Cette concurrence « syndicale » d’une organisation de méthodes provoqua la sécession de l’Affop en 1998.
- 5 Variante : psychopraticienne relationnelle (SNPPsy), praticienne de la discipline en voie de confirmation professionnelle au titre du cinquième critère lorsque la personne n’est pas encore titulaire, autrement dit pas encore bénéficiaire du titre professionnel d’exercice, conféré par ses pairs.
Voir également
– Titre d’exercice de psychothérapeute, une mécanique institutionnelle complexe
– Psychothérapie relationnelle
– discipline
– profession
– spécialité
– titre
Psychothérapie relationnelle 2
Aspects scientifique, sociologique, juridique. Distinguer :
– discipline – soin-souci
Psychothérapie relationnelle désigne un nom de domaine scientifique. Cette discipline se définit comme psychothérapie du soin-souci de soi, psychothérapie de la relation par la relation pour la relation, relevant de l’humanisme.
– diplôme & exercice professionnel
Dans ce § nous évoquons la symétrie de traitement de la professionnalisation du psychothérapeute et du psychopraticien relationnel, fondée sur un dispositif à deux temps.
En effet la professionnalisation – qu’il s’agisse nouveau du titre d’exercice(1) de psychothérapeute ou de celui de psychopraticien relationnel® – s’opère par un mécanisme à double détente : certification (diplôme) + attestation (confirmation en tant que praticien) par inscription sur un Registre (psychologues, psychiatres, et psychanalystes intégrés à ces cadre), sur un Annuaire professionnel d’agrément (cf. GLPR).
résumons-nous :– psychothérapeute : diplôme universitaire(2) + inscription sur Registre départemental
– psychopraticien relationnel® : diplôme d’école privée (agréée AFFOP ou FF2P) + inscription sur Annuaire des praticiens agréés (cf. agrément AFFOP ou FF2P)(3″)
a) psychothérapeute de nouvelle appellation
– L’université délivre les diplômes de psychologue clinicien, de médecin et de psychiatre.
– Ces seuls diplômes (premier niveau, certification) donnent accès à l’usage du titre d’exercice (second niveau, inscription sur un registre préfectoral) de psychothérapeute.
b) psychopraticien relationnel® de nouvelle appellation française
– Les écoles agréées (4) certifient par un diplôme (5) professionnel qu’elles délivrent sous la caution de leur institut d’agrément.
– Le praticien se fait alors confirmer et valider (second niveau, attestation) par un organisme de pairs titularisant – moyennant les Cinq critères (lesquels paradoxalement ne font pas l’unanimité… au GLPR qui les déclare fondateurs. La « vérité » sur cette épineuse question est-elle en marche ? Remarque en date du 26 mai 2015).
Ce système existait pour les ex psychothérapeutes certifiés (on disait titularisés, nous dirions aujourd’hui plus précisément confirmés) SNPPsy ou PSY’G depuis plus de trente ans, au titre d’une autoréglementation dtant de 1966 (PSY’G) puis surtou t1981 (SNPPsy). La FF2P ayant ultérieurement opté pour le système d’enregistrement européen du CEP, fondé sur la validation par elle dite « scientifique » des méthodes, qui ont à charge de successivement diplômer (méthode-école) puis confirmer (attribution administrative du CEP) leurs étudiants – hors Cinquième critère (sauf exceptions), ce qui depuis 1998 (6) répartit les quatre organismes historiques de la psychothérapie relationnelle (GLPR) selon une ligne 3+1.
– profession
Le lieu social d’exercice spécifique de la psychothérapie relationnelle correspond actuellement à ceux des psychopraticiens (profession aux contours aussi indéfinis que l’ex psychothérapeute, ultérieurement clarifié par l’adjonction du déterminant relationnel) qui se réclament fondamentalement de la relation comme ressort de la dynamique de subjectivation. La discipline psychothérapie relationnelle est exercée par des praticiens qui s’affichent professionnellement comme psychopraticiens relationnels. Le nom de profession se déclinait d’après celui de la discipline. On disait [psychothérapeute relationnel](7). Cette divergence lexicale du nom de discipline – psychothérapie – d’avec celui du praticien – psychopraticien – constitue une anomalie partielle, un cas d’école d’exception française.
Partielle seulement l’exception, car psychothérapeute diffère radicalement à la fois de psychopraticien et de relationnel. Il existe très peu de psychothérapeutes relationnels à proprement parler, c’est-à-dire de psychologues ou de psychiatres exerçant la psychothérapie relationnelle(8). Les (psychologues-)psychothérapeutes pour leur part exercent ce qu’ils appellent la psychologie clinique, à l’ancienne, ou la psychologie scientifique contemporaine scientiste, inspirée des neurosciences, des TCC, cadrée DSM. On accède ainsi à la logique du § suivant.
– professions voisines 1 – soin-traitement
Les psychologues cliniciens et psychiatres ont tout intérêt à exercer « LA psychothérapie » (nous répétons que dans ce cas la définition du terme reste vague et ouverte) sous le nouveau titre d’exercice professionnel réservé de psychothérapeute. Le nouveau (depuis 2010) psychothérapeute est un psychologue ou psychiatre (9)) qui exerce une psychothérapie du soin-traitement, relevant de la médicalisation de l’existence. Les psychologues en particulier(10), œuvrant massivement dans le paramédical hospitalier, soutiendront que leur diplôme de psychologue (phase un de la double détente) les place en position de reconnaissance sociale avantageuse et communiqueront dans ce sens. Éthique de corps universitaire et psychiatrique, scientificité, savoir académique en psychopathologie, relation privilégiée à l’ordre médical.
– professions voisines 2 – psychanalyse
Psychologues-psychanalystes, psychiatres-psychanalystes sont des professions mixtes, tirant leur honorabilité de leur profession de base (soin-traitement), et leur surplus d’honneur de leur seconde profession (soin-souci), qu’ils mettent une coquetterie à ne pas appeler profession (qui induirait un traitement). De nombreux psychologues-psychanalystes français de diverses obédiences ont rempli leur dossier pour exercer à partir des années 2010 sous le titre de psychothérapeute. On aurait difficilement imaginé retournement plus singulier, candidater pour porter en titre d’exercice le nom même du mauvais objet disciplinaire et professionnel de la veille.
– distinction
Le terme lui-même de profession revêt également un aspect notabiliaire et politique. Ainsi dans les années soixante être psychiatre était honorable et recherché. De nos jours, spécialité au-dessous de gynécologue, la condition de psychiatre n’est plus du tout prestigieuse. La psychiatrie rétrogradée à la neurologie ne fait plus envie. Péripétie, psychothérapeute, devenu par nos soins (!) enviable, tombe sous juridiction psychiatrique. L’avenir dira la valeur de distinction, au sens bourdieusien du terme, dont il se revêtira maintenant qu’il se trouve paramédicalisé. Psychopraticien relationnel a des chances de se voir apprécié à cause du relationnel : on comprend tout de suite de quoi il retourne avec ce déterminant. Et il y faut toujours la caution d’une titulature pour éviter un retour à la confusion initiale, du temps où psychothérapeute sans le titre n’était pas garanti – ce qui avait suscité l’établissement des Cinq critères, qui eux demeurent et continuent de s’appliquer — aux bénéficiaires du titre d’exercice professionnel alternatif de psychopraticien relationnel®.
Autrement dit, péripétie intégrée, la structure de la situation semble peu altérée, sauf le vol de notre nom par notamment les psychanalystes métamorphosés en psychothérapeutes. Officiant dorénavant sous nos anciennes couleurs, ils exercent une profession voisine de la nôtre, qui ne présente que quelques points communs avec nos professionnels « renommés », comme on dit en dialecte informatique.
– métier
Bien connaître son métier renvoie à produire une compétence technique. Dans l’aire de la psychothérapie, on distingue deux sortes de métiers. Ceux technicistes provenant de la psychologie, relèvent du savoir faire procédural : comment conduire un entretien, reformuler, relancer, etc. Il s’agit d’un savoir faire, et parfois d’un savoir faire faire à courte portée. Les humanistes consistent à savoir s’impliquer profondément dans la relation tout en continuant d’en conduire le cours. Il s’agit d’un savoir être conjoint à un savoir faire être, ou comme disent certains puristes, savoir laisser être. Nous nous trouvons face à deux mentalités épistémologiques, éthiques et relationnelles renvoyant à deux systèmes, deux univers de psychothérapie nettement distincts. On apprend le métier de psychopraticien relationnel auprès d’écoles agréées (AFFOP), en l’équivalent de cinq années universitaires (plus une psychothérapie ou psychanalyse personnelle approfondie).
– spécialité
– Il existe toutes sortes de psychothérapies, parmi lesquelles la psychothérapie relationnelle, pratiquée exclusivement par des psychopraticiens relationnels dont elle représente la spécialité. Sur la carte de visite on pourrait inscrire, à la médicale : »psychothérapie relationnelle uniquement. »
– Psychopraticien relationnel employé tout seul reste une spécialité non attestée. La première détente sera le nom du diplôme d’École, la seconde, la validation institutionnelle ; la confirmation syndicale – PSY’G, SNPPpsy – ou fédérale – AFFOP (indirectement, car l’AFFOP ne titularise directement que des organismes) ou FF2P –. Sans ces déterminations le terme reste improbable, on est dans l’autoproclamation ou la couverture par des organismes dont la crédibilité reste incertaine.
– titre d’exercice : au catalogue autorisé
Titre ne veut pas dire profession disions-nous en 2012, ajoutant : « Ainsi le titre de psychothérapeute ne correspond pas légalement parlant à une profession organisée comme telle. Identifiée comme telle, peut-être. » On sent quelque vacillation dans ce peut-être. Titre d’exercice spécifions-nous aujourd’hui [16 août 2014] ne veut pas dire grade universitaire mais renvoie à un catalogage professionnel, à une inscription sur un catalogue de métier. Ceci vaut pour le titre d’exercice de psychothérapeute comme pour le titre d’exercice institué par la profession de psychopraticien relationnel® (psychopraticien tout court, sans spécifiant, désigne un professionnel mais ne nous permet pas de le garantir).
Validation de rang 2
Après confirmation post diplôme par une instance dispensatrice de titulature « titularisante », en jargon, i.e. conférant le titre d’exercice) AFFOP ou autre affiliée au GLPR, le spécialiste en psychothérapie relationnelle, confirmé par ses pairs, se verra autorisé à porter le titre d’exercice de psychopraticien relationnel® (anciennement {titulaire) du SNPPsy}(11). Certains professionnels se contenteront d’exercer sous le nom de la méthode qu’ils pratiquent et dans laquelle ils ont été diversement validés : sécurité et clarté qu’on pourra estimer insuffisantes et pour eux et pour le public. Cela pose la question de la protection et garantie de la profession (et du public) par le titre d’exercice(12).
– monnaie symbolique
Se posera également la question de déterminer dans la profession telle qu’organisée actuellement quels seront les lieux d’émission du titre d’exercice professionnel : sociétés de méthode, fédérations, syndicats ? en termes bourdieusiens qui a le droit d’émission de la monnaie symbolique(13) ?
– Identité professionnelle – carte de visite
Frédérique Unetelle, diplômée du CIFPR en psychothérapie multiréférentielle®, psychopraticienne relationnelle® titulaire SNPPsy(14). Plus, éventuellement, des indications de méthode et symptomatologie. Le public au bout du compte a depuis longtemps procédé à la simplification : « je vais voir mon psy ».
Entrée du 31 août 2011
Mises à jour : – 1er septembre 2011 – 16 mai 2012 – 21 mai 2012 – 16 août 2014 – 26 mai 2015 –
- 1 il ne s’agit pas d’un diplôme.
- 2 psychologue clinicien ou psychiatre, exclusivement.
- 3 Malheureusement, la terminologie n’est pas standardisée, et l’AFFOP dénomme ses praticiens agréés psychopraticiens relationnels®, cependant que la FF2P inscrit les siens sous la désignation de psychopraticiens certifiés. L’essentiel est que psychopraticien n’apparaisse pas tout seul, ne désignant qu’un nom de métier, en tant que tel dépourvu de toute garantie institutionnelle. Pour plus d’information cf.
- 4 Agrément AFFOP ou CEP de la FF2P. L’essentiel est que soit reconnu le principe du Cinquième critère.
- 5 Garanti par la qualité scientifique et la bonne moralité professionnelle des organismes historiquement responsables réunies dans l’institution de liaison nommée GLPR, qui regroupe les deux syndicats et les deux fédérations historiques de la psychothérapie relationnelle (héritière de la psychologie humaniste américaine et de la psychanalyse. Manque de chance terminologique, quoique le terme relationnel apparaisse bien dans le sigle GLPR, seul l’univers AFFOP-SNPPsy promeut définit clairement et soutient ce terme. Pourtant sans lui l’ensemble de la paradigmatique dans laquelle s’insère la désignation de psychothérapie devient confus, provoquant des appréciations stratégiques divergentes)
- 6 Création de l’AFFOP, s’alignant sur le principe syndical (SNPPsy mais aussi PSY’G) fondateur de la [confirmation »>GLPR.
- par les pairs – Cinquième critère.
- 7 Nous mettons entre crochets une expression qui n’est plus d’usage dans la langue avec ce sens depuis la loi 52.
- 8 Puisqu’ils ne l’ont apprise nulle part. Pour la savoir, avant de la pratiquer il faut avoir fait ses études complètes dans une nos écoles agréées : 2000 heures, soit cinq ans d’études. On comprend qu’après avoir déjà parcouru le cursus de formation de psychologue, les étudiants en psychologie n’aient ni l’envie ni les moyens de recommencer leurs études. En plus, il s’agit de deux orientations et mentalités bien différentes. Il aurait fallu pouvoir coupler les deux cursus. Ce dont les organismes représentatifs des psychologues n’ont jamais voulu entendre parler, étant orientés médecine et non humanisme. Quelques uns franchissent le pas, mais souvent ils préféreront se dire alors psychopraticiens relationnels.
- 9 Qui peut aussi exercer la psychanalyse, il s’agit alors d’un psychologue-psychanalyste ou d’un psychiatre-psychanalyste, plus ou moins en conflit avec l’idéologie de sa profession mère.
- 10 Les psychiatres n’ont pas besoin de protection notabiliaire spéciale, en dehors du fait qu’ils sont déconsidérés comme spécialité en médecine.
- 11 Les psychologues, psychiatres et psychologues-psychanalystes et psychiatres-psychanalystes sont de multi appellations (n’employons pas le terme titre à tout bout de champ). Ils s’y perdent un peu, et souvent se disent simplement psychanalystes, c’est (c’était !) plus aristocratique, d’autant que cela se soutient d’un cursus universitaire (le plus souvent de… psychologue clinicien, mais pas toujours, on vous l’avait dit que c’était compliqué). En se référant à la psychanalyse uniquement, ils font valoir leur inscription à une société reconnue. Tierce détente de la reconnaissance. Cependant il en existe de non inscrits auprès d’une société. Ce qui fait d’eux des électrons libres – psychologues ou psychiatres tout de même. Peut-on soutenir que psychanalyste serait à la fois un titre et une profession ? dans la langue la chose s’avère labile. Juridiquement parlant, ni l’un ni l’autre. En termes de métier, et de diplôme autorisant l’exercice professionnel, un psychanalyste c’est un psychologue clinicien ou un psychiatre qui s’appuie sur une discipline qu’il tient de sa société savante mais dont il a appris la théorie à l’université s’il est psychologue. Dorénavant, nombre d’entre eux porteront le titre d’exercice légal de… psychothérapeute.
- 12 Cela pose indirectement la question de la certification par la méthode, ou une fédération « méthodiste » comme la FF2P, qui doit dans tous les cas intégrer réellement le Cinquième critère, par quoi une commission de pairs expérimentés atteste de la qualité professionnelle de la personne initialement validée par un diplôme d’École, en un mot la confirme en lui conférant un titre d’exercice. Il s’agit bien là d’un mécanisme de titularisation.
- 13 Et combien de monnaies circulent – et quels sont les taux de change ?
- 14 Variante : psychopraticienne relationnelle (SNPPsy), lorsque la personne n’est pas encore titulaire.
1) La psychothérapie qui a cours au Cifp est fondamentalement relationnelle, ce qui la pose paradigmatiquement comme demie sœur de la psychanalyse.
2) la psychothérapie relationnelle peut être
— monocolore, c’est la Méthode Chose, concurrente des autres Méthodes, dont une liste est publiée au niveau européen par l’Association européenne de psychothérapie (non dite relationnelle), elle ne voit alors le monde que de son point de vue
— éclectique, par mélange des genres à faible principe intégratif : c’est le principe de la boîte à outils
— multiréférentielle, alimentée par une réflexion sur la « psychodiversité » et les incompatibilités entre théories et leur éventuelle transgression limitée. La multiréférentialité pratiquée au Cifp reste dans le champ de l’intersubjectivité. Ses principales composantes au Cifp sont la gestalt-thérapie existentielle, l’analyse bioénergétique, le groupe psychothérapique.
En conjoignant cet ensemble à la psychanalyse, on introduit une référence dont l’intérêt réside dans le fait qu’en dehors des zones articulables par complémentarité, on rencontrera des hiatus théoriques faisant jouer leur contradictions pour tendre sans pourtant la casser la corde de la multiréférentialité entre les deux disciplines psychothérapie relationnelle et psychanalyse.
3) synthétiquement on peut qualifier la psychothérapie telle que l’entend et la transmet le Cifp au sens strict du terme de relationnelle multiréférentielle. Baptisée PRM : une « marque » de plus.
ensemble du champ
– psychothérapie relationnelle
– multiréférentialité
– psychothérapie intégrative
– psychothérapie multiréférentielle
– multiréférentiel
– intégratif
– psychanalyse intégrative
– patients-limites et psychanalyse intégrative
– neurosciences et psychothérapie
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
Voir aussi
– 500 « psychothérapies »
– les-psychothérapeutes
– la-psychothérapie
– psychothérapie
– psychothérapie = 4 psys
– titre
– Philippe Grauer, Titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe
– la psychothérapie & les psychologues
– Philippe Grauer, éthique & psychothérapie : de la psychopathologie à l’autoproclamation [7 novembre 2013].
– Philippe Grosbois, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence
– terminologie
– GLPR
Tout le monde dans le cadre du Carré psy se livre à de la psychothérapie. La seule qui vaille étant celle que celui qui écrit ou prononce le terme pratique lui-même. On peut, suivant un principe classificateur proposé par Jean-Michel Fourcade distinguant objectivité / subjectivité, scinder le champ de la psychothérapie en deux zones épistémologiques et éthiques distinctes.
Un fois cette taxinomie établie, on peut procéder aux mixages en procédant avec un minimum de rigueur mais on sait mieux où on est, où l’on va, où on en est, à chaque cas particulier. La question de l’emploi du pluriel pour désigner la psychothérapie trouve une première réponse si l’on considère qu’il en existe au moins de deux sortes.
– 1) le champ disciplinaire des psychothérapies prescriptives issues d’un savoir construit sur le modèle des sciences de la nature par la méthode expérimentale : psychologie expérimentale, neuropsychiatrie, thérapies comportementales et cognitives, thérapie systémique. La formation correspondante, sanctionnée par un diplôme (à l’issue en psychologie d’un véritable concours qui ne dit pas son nom, et ne s’annonce donc pas au départ), s’effectue par enseignements théoriques et stages. Les praticiens formés à ces psychothérapies sont les psychiatres et les psychologues cliniciens qui reçoivent leur formation théorique dans le cadre de l’université et leur formation pratique au cours de stages. Ils utilisent des protocoles ne nécessitant pas une expérience psychothérapique personnelle. La médecine a entrepris de régir l’ensemble de ce champ, ce qui conduit à la médicalisation de l’existence.
– 2) le champ disciplinaire psychanalytique et psychothérapique du transfert et de la relation
a) la psychanalyse dans sa diversité (freudienne, kleinienne, lacanienne, etc.), et ses déclinaisons psychothérapiques (à base de transfert et d’écoute de l’inconscient) selon les écoles. Mais la psychanalyse étant pratiquée essentiellement par des psychologues et psychiatres, se voit subrepticement inféodée à leurs institutions universitaires de référence, ce qui ne va pas sans la gauchir dans son identité disciplinaire (corporatisme, psychothérapisme) et qu’au sens rigoureux du terme on serait justifié de parler de psychiatrie psychanalytique et de psychanalyse psychologique.
Étant constant que l’appellation professionnelle psychiatre-psychanalyste ou psychologue-psychanalyste dissimulée dans la pratique d’un mot pour un autre aboutit à un brouillage du cumul de deux disciplines l’une universitaire l’autre non, qui perdure avec la survenue du titre réservé aux psychologues et psychiatres de psychothérapeute au sens nouveau du terme (agrémenté du port de ce titre par un certain nombre d’ex psychothérapeutes d’avant 2010, période durant laquelle ce terme désignait le nom de métier des actuels psychopraticiens relationnels).
b) le groupe des écoles relevant de la psychothérapie relationnelle.
Issue des théories de la psychologie humaniste américaine, sur la base du constat de l’inadaptation de l’application à la psyché humaine de la méthode expérimentale propre aux sciences de la nature, la psychothérapie relationnelle a construit son paradigme sur le principe implicatif (participatif) de la méthode expérientielle. Elle voisine la psychanalyse en l’infléchissant selon des méthodes actives et à médiation, adossée au principe de la phénoménologie. Mais pas seulement. Certaines méthodes ignorent à peu près tout de la psychanalyse en tant que corpus théorico-clinique (1). Développée dans les années 1970 sous le nom pluriel de Nouvelles Thérapies (2), différenciée de la psychanalyse dont elle est pour une part importante issue, elle en a conservé les fondements, le cadre et les modalités de formation, et en est demeurée épistémologiquement parente. Actuellement elle est en passe d’hériter de l’extra-territorialité dont la psychanalyse s’était fait un privilège.
Ainsi la psychanalyse, discipline de l’inconscient, dans sa diversité, et – post-freudienne –, la psychothérapie relationnelle, discipline de la relation, peuvent, conceptuellement regroupées, se voir considérées comme ressortissant d’un courant épistémologique unique, œuvrant à la dynamique de subjectivation, paradigmatique des méthodes de type prescriptif objectiviste et cognitiviste.
Ces deux disciplines du psychisme axées sur la subjectivité et l’intersubjectivité, privilégient en effet essentiellement la relation thérapeute-patient comme ressort du changement. Ce qui impose à leurs praticiens un type de formation et d’entraînement spécifique, consistant
a) à effectuer un travail psychothérapique ou psychanalytique personnel préalablement ou concurremment à l’acquisition des connaissances théoriques et méthodologiques propres, et à l’engagement dans une formation pratique.
b) à apprendre leur métier selon un principe de transmission et d’entraînement différent de celui engagé avec les futurs psychologues et psychiatres, différences entre ces deux professions comprises, dans le cadre du cursus universitaire – même avec des stages pratiques en hôpital. Il s’agit d’entraîner et familiariser le futur professionnel avec, en situation transférentielle, la conduite du contre-transfert, et, toujours en relation, celle des processus de maturation et de changement.
De la sorte, les ex psychothérapeutes relationnels (ainsi dénommés jusqu’à l’application de la nouvelle loi) – aujourd’hui psychopraticiens relationnels –, à l’instar des psychanalystes, ont généralement reçu une part de leur formation théorique et à la recherche dans le cadre universitaire (pas obligatoirement en psychologie), et procédé à leur formation – théorie, méthode et apprentissage spécifique – dans le cadre d’écoles ou sociétés professionnels privées. Ceci du fait capital qu’elles engagent une implication personnelle et expérientielle que le cadre universitaire, centré sur la rationalité procédurale, ne permet pas de mettre en œuvre. Actuellement, en situation de reconversion, les futurs psychopraticiens relationnels reçoivent l’ensemble de leur formation dans une école privée. À noter qu’inversement psychiatres et psychologues recourent à ces mêmes Écoles lorsqu’ils souhaitent pratiquer légitimement la psychothérapie relationnelle.
Au bout de compte on peut dire que les quatre professions du psychisme (psychiatre, psychologue clinicien, psychanalyste, psychothérapeute d’ancienne dénomination) pratiquent la psychothérapie (3), au sens générique du terme – heureusement non précisé. On parlera ensuite de psychothérapie mono méthodique, poly méthodique dans le seul cadre de la relationalité, inter méthodique ou plus rigoureusement parlant inter disciplinaire, en combinant des méthodes issues des deux grandes familles disciplinaires prescriptive et relationnelle.
Sur le terrain la coopération entre professionnels d’obédiences épistémologiques variées a fonctionné de façon positive avant la nouvelle réglementation du titre de psychothérapeute par l’article 52 de la loi du 9 août 2004, et se poursuit, malgré les blocages corporatistes de la part d’universitaires imbus de leurs sentiments de supériorité [débat clos depuis avec la loi HTPS du 21 juillet 2009]. Le public a besoin de tous, et pour notre part nous nous plaisons à souligner que nous ne nous sentons pas trop inutiles à son service.
Si préalablement à ce texte il n’existait aucune réglementation légale en la matière, ceux qui prirent à partir de 2001 le nom de psychothérapeutes relationnels [appellation périmée depuis, remplacée par celle de psychopraticiens relationnels, psychothérapeute relationnel est encore possible, réservée aux psychothérapeutes de nouvelle désignation qui se réclament légitimement de la psychothérapie relationnelle® ou du SNPPsy.], conscients de la nécessité de procurer au public la garantie d’une éthique et d’un professionnalisme conséquents, avaient mis en place depuis bientôt un demi siècle l’encadrement de leur profession. Ils s’étaient regroupés pour créer successivement deux syndicats, le PSY’G (1966 / 75) puis le SNPPsy (1981), puis deux fédérations, la FFdP (1996) puis l’AFFOP (1998) (4), tous organismes promouvant les Cinq critères de reconnaissance de leurs praticiens, regroupés depuis 2011 dans le cadre du GLPR.
Cinq critères
– avoir suivi un travail psychothérapique (ou psychanalytique) personnel accompli pour professionnels
– avoir reçu une formation spécifique de haut niveau (incluant la psychopathologie nécessaire)
– suivre une supervision et formation permanente durant toute leur vie professionnelle
– adhérer à un code de déontologie spécifique
– avoir été confirmé par un collectif historique de pairs expérimentés.
C’est sur la base de ces cinq critères qu’un processus de titularisation des professionnels par une Commission de pairs expérimentés d’une part, et d’agrément des organismes de formation d’autre part, fut mis en place, enregistrant professionnels et organisations sur des annuaires publics.
Philippe Grauer
11 août 2011 – 22 juillet 2012 – 15 novembre 2013 –
- 1 Sauf influence idéologico culturelle indirecte, du fait de l’imprégnation de la culture occidentale par les idées de Freud, ce qui n’est certes pas à négliger.
- 2 On distingue à peu près une douzaine de genres selon lesquels se déclinent les dites Nouvelles Thérapies, psychothérapies humanistes ou plus actuellement dans notre pays, psychothérapie relationnelle. Les évoquer en listant quelques noms connus reste approximatif. Ainsi on peut énumérer en désordre psychodrame, gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, thérapies psychocorporelles, psychothérapie de groupe, etc. pourquoi telle et pas telle autre et surtout selon quel principe classificateur ? ajouter qu’on en dénombre quelques centaines au total ne résout rien. Certains ouvrages proposent un catalogue, donc une sélection, dont demeure l’intérêt historique et sociologique des critères et du choix opéré. Nous y reviendrons.
- 3 La psychanalyse en soi ne se classant pas comme psychothérapie à proprement parler mais accepte cependant le principe de sa déclinaison psychothérapique, sans compter que nombreux sont les psychanalystes qui n’avouent pas pratiquer la psychothérapie, alors que c’est ce qu’ils font principalement – et il vaudrait mieux qu’ils le fassent bien (ce qui veut dire qu’ils se donnent le mal de l’apprendre, dans sa diversité et complexité, s’il s’agit de psychothérapie relationnelle).
- 4 SNPPsy et AFFOP se trouvant apparentés emboîtés mais demeurant autonomes.
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
- Qu'est-ce qu'une vie ?
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
R
Enfant chéri de Freud, psychanalyste du traumatisme ontologique de la séparation, en cela précurseur de la révolution kleinienne, ayant évolué vers une psychothérapie de la rencontre dialogale, avec pour base la temporalité de l’ici et maintenant, expression dont il est le père fondateur, et la capacité d’inventer sa vie à mesure, faisant de celle-ci une œuvre d’art — concept de créativité à la clé, Rogers le fait venir transmettre par conférences dans l’institution qu’il dirige, et se nourrit et constitue de cet héritage de psychanalyste mutant.
Y a-t-il continuité ou conversion, ce terme qu’affectionne Robert Misrahi ? il y a bien un moment où ça bascule, où ça disrupte comme le dit l’américanisme de ce mot promis à un brupte avenir car il comporte la racine de rupture et pointe vers la fracture des sociologues — jusque là nous jouissions du retournement, plus hégélien, et de la précise précieuse métanoïa, celle qui métamorphose. Alors chaînon ou goutte d’eau ayant provoqué le débordement du vase de la psychothérapie, donc changement ou renversement de vase ? Rogers ayant refusé le divan américain (joli titre pour un film ou une thèse), nous opterons pour la conversion du passage à autre chose. Pour le franchissement du Rubicon, 1942 — de toute façon le tournant du siècle (là où ça a… basculé) de la psychanalyse à une psychothérapie existentielle, qui 20 ans après prendra le nom de psychologie* humaniste américaine, à partir de Rogers et Maslow.
Dérive des continents, constitution d’un archipel, comme lors de surgissements au-dessus d’un point chaud, la psychothérapie centrée sur la relation aura vu l’émergence successive de la psychothérapie originelle (Bernheim) puis d’une école originale à partir du concept d’inconscient, la psychanalyse, puis environ un demi siècle plus tard, un nouveau champ psychothérapique, buissonnant à partir du concept de croissance (Growth Movement).
Les deux subcontinents donnant naissance à deux empires épistémologiques, distincts mais puissamment voisins, fondés sur le principe relationnel décliné de façon différente, face à l’empire central de la psychiatrie avec son satellite la psychologie, rattachés à une épistémologie médico scientiste.
Difficile de discerner les lignes de forces dans un enchevêtrement style « forêt vierge » qui fait que chacun se rattache du mieux qu’il peut à sa branche pour ne pas se confondre. Et pourtant nous avons la responsabilité d’organiser la représentation du champ psy global, le faisant passer de l’embrouillamini au statut d’objet complexe, en évitant autant que possible l’organisation à partir de schémas dogmatiques idéologiques conduisant à des combats institutionnels à partir d’une ligne de front scientisme/humanisme.
22 mai 2020
* la psychothérapie de Bernheim, de l’École de Nancy, s’est en dix ans effacée, onomatistement parlant, devant le terme psychanalyse, princesse puis « discipline reine » de la psychothérapie, à mission civilisatrice de la psychiatrie et de la psychologie, ayant substitué comme les souverains son prénom au nom ; une seconde fois elle s’est indéfiniment confondue avec la psychologie — humaniste certes mais psychologie tout de même (sauf le Mouvement du potentiel humain ?), jusqu’à éclore entre la défense et illustration des principes et du nom par le SNPPsy et la déclaration d’indépendance professionnelle des méthodes-écoles à Strasbourg (1990), sous le vocable de psychothérapie enfin s’arrachant de la psychologie et de la psychiatrie. Acharnées comme on sait à la récupérer, décolonisation inachevée — la psychothérapie comme Irlande.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkCertification, reconnaissance, confirmation : un processus. Accès au cinquième critère. Une professionnalisation à multiple détente.
certification
diplôme de l’école
Les étudiants en reconversion des écoles agréées Affop puisent leur autorité scientifique, théorique et pratique, dans la certification à l’issue de leur cursus par le diplôme professionnel privé de leur école. Celui-ci atteste leur compétence dans une méthode(1).
société savante — de méthode
Latéralement, selon les parcours ils pourront alors se trouver devenir membres d’une société savante de méthode (présentation de cas, intervision et supervision, perfectionnement, communauté scientifique), qui leur procurera le bénéfice de se réclamer de la pratique scientifique et communauté de recherche qui est la sienne, sous appellation protégée ou non (système FF2P (précisément une fédération de méthodes) / système AFFOP / autre système de référencement — mais de quelle légitimité institutionnelle ?).
Ce faisant certains peuvent relever indirectement de la psychothérapie relationnelle (champ disciplinaire) si leur méthode y est intégrable — homologable par quelle autorité, quelle institution scientifique professionnelle ? —
Ils devront pour cela s’adresser à un système institutionnel à étages leur délivrant reconnaissance (diplômature d’école) puis confirmation (syndicale, nous sommes en train de l’examiner, ou »méthodiste »). Singularité, le SNPPsy se réclamant de la psychothérapie relationnelle se trouve dans la situation d’en attribuer l’appellation à ses membres non titulaires du « label » protégé INPI qui se libelle psychopraticien relationnel®, délivrable seulement aux confirmés de rang 2 (cf. ci-infra).
reconnaissance — champ disciplinaire
C’est une instance syndicale(2)]) qui les qualifiera formellement comme relevant de la psychothérapie relationnelle (champ disciplinaire) en les inscrivant (passage devant une Commission de pairs expérimentés, Commission régionale d’admission – CRA, au SNPPsy), les comptant de ce fait comme praticiens de la discipline — plus modestement champ disciplinaire (attention, on n’est plus dans la méthode) —, les établissant de ce fait comme collègues partie prenante de la caution éthique et déontologique syndicale (3) solidaire.
– L’entité syndicale représente, constitue par excellence le lieu de soutien et promotion politique de la profession (lieu d’application de la « discipline »). Dans le cadre particulier du SNPPsy elle offre la ressource d’une instance pluraliste, de dialogue entre praticiens de méthodes différentes – sans compter la réflexion et action politique globale.
– Une société savante (adjacente à une ou plusieurs écoles) peut par ailleurs également émettre de la confirmation professionnelle, sous couvert d’une fédération, sans avoir pour autant vocation à la militance proprement politique.
confirmation syndicale SNPPsy — de rang 1
formule progressive juridiquement boiteuse : « sélection, orientation, accompagnement » une pratique d’une sorte de 4 critères et demi
En ce qui concerne le SNPPsy, en procédant à l’inscription d’un membre, ce syndicat appréciera sa compétence de psychopraticien relationnel (sans le ® réservé à la catégorie qui souscrit aux cinq critères, parfait exemple d’incertitude terminologique institutionnelle) à partir d’une pratique suffisante, attestant que tant par son cursus certifié par son école que par sa pratique (on est donc dans le champ de la confirmation) il satisfait aux … quatre critères puisqu’il est en bonne voie d’acquérir le cinquième (titularisation). 4 et demi correspond bien au statut de membre puisque en cas d’insuffisance un processus approprié de suivi de perfectionnement serait déterminé avec le professionnel candidat. Un tel flottement dans le processus de confirmation manifeste un manque de rigueur conceptuelle et politique contrastant avec la prétention de ce syndicat à clarifier ces deux champs (conceptuel et politique). En fait de très nombreuses sociétés savantes et associations psys comportent ordinairement deux populations, le tout venant et une aristocratie. Ce qui cloche ici c’est que la confirmation et le droit d’appellation entière à titre disciplinaire (®) se trouvent disjoints.
confirmation pleine et entière : rang 2
délivrance du titre d’exercice – titularisation syndicale
Le membre « pré-confirmé » ayant affirmé et affiné sa pratique passera devant une Commission de titularisation (CNAAT au SNPPsy) qui lui conférera le titre d’exercice professionnel de psychopraticien relationnel®, fin de parcours qualifiant, poursuite de carrière.
Sauf que plus de la moitié de l’effectif restera constitué de simples membres de base. Soit qu’ils bénéficient par ailleurs d’un système de légitimation qui rende superflue à leurs yeux la titularisation syndicale, soit qu’ils choisissent d’en rester là simplement.
superviseur : qualification de rang trois
Succédant au titre de membre titulaire didacticien des origines SNPPsy, est apparu en 2013 dans ce syndicat ce troisième rang de qualification, moins qualifiant que l’ancien didacticien (donnant droit à diriger une école), plus proche du grade de superviseur que certaines écoles ont institué au cours de la décennie 2010. Il s’agit ici d’une qualification plus que d’une confirmation. Nous la notons ici car l’ensemble représente ainsi un système d’homologation professionnelle à trois étages.
reconnaissance – confirmation
Repéré au sein du champ disciplinaire, confirmé par un titre d’exercice professionnel.
a) champ disciplinaire
D’abord lors de l’inscription comme membre du Snppsy le praticien est autorisé à se réclamer de la psychothérapie relationnelle en tant que champ disciplinaire. À ce niveau ils se trouve encore en cours de titularisation.
b) titulature d’exercice
Ensuite, « pleinement » confirmé, il acquiert le titre d’exercice de psychopraticien relationnel® attestant qu’en qualité de titulaire il répond aux cinq critères et s’en porte activement garant et caution solidaire. Ce faisant il se positionne comme membre (faudrait-il dire éminent ?) d’une communauté idéologique et politique professionnelle.
voir également
comme on peut le constater, s’agissant ici d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
30 avril 2013 – 6 janvier 2014
- 1 Une méthode intégrative ou multiréférentielle comporte l’articulation de plusieurs méthodes et généralement l’indique.
- 2 Ou fédérale, l’Affop et la FF2P ne procèdent pas de la même manière. Le GLPR regroupe les deux syndicats et deux fédérations qui ensemble valident les professionnels en soutenant le principe du [Cinquième critère.->mot111
- 3 Ou fédérale…
- Note sur le packing
- La fonction phorique
- Il y a un désir de fascisme dans ce pays
avertissement
. Cette entrée date. De 2010. Nous ne l’avons que légèrement rafraichie, pour lui laisser sa saveur d’époque. Ce 8 janvier 2014.
Notre terminologie s’étant affinée, nous dirions à présent confirmation professionnelle, laissant la reconnaissance couvrir le champ de la certification par l’école (16 novembre 2014).
Cinquième critère
Les cinq critères du SNPPsy sont remarquables par leur cinquième, qui fait toute la différence avec les institutions qui ne le pratiquent pas, ou mal.
Lorsqu’on sort d’une école (1) on n’a pas encore accompli l’ensemble du cycle qui fait de vous un psychopraticien relationnel® au plein sens du terme, confirmé par ses pairs qualifiés.
Le processus par lequel s’accomplit la reconnaissance croisée de soi-même et de pas n’importe quels quelques autres est maîtrisé et descriptible. Naturellement, afin que la loi ne soit pas tournée, elle ne se dit pas, simplement mise en jeu au moment de la rencontre.
Qu’on se représente seulement que plus que jamais les bonnes écoles forment et transforment, délivrent leur diplôme (sans aucune valeur universitaire, l’université engagée dans ses guerres corporatistes refusant la juste coopération souhaitable avec nos écoles), les institutions titularisantes conférant seules le titre d’exercice professionnel.
Titre confisqué de psychothérapeute : diplôme seulement
Le titre d’exercice de psychothérapeute NN – nouveau régime, relève d’un diplôme universitaire qui n’exige pas de remplir les cinq critères du SNPPsy, encore moins le cinquième, comportant entretien confrontatif confraternel. La même chose vaut pour la psychanalyse, qui n’intitule psychanalyste que les membres de ses sociétés savantes, à l’issue d’un parcours important, des études universitaires en psychopathologie clinique n’ayant pas vocation d’engendrer et garantir des psychanalystes, ce qui reste le privilège spécifique des sociétés (2).
Trois responsables
Les trois institutions historiques suivantes : Affop, PSY‘G, SNPPsy, restent rigoureusement attachées à la reconnaissance par les pairs, ce trait les distingue d’autres organisations qui se contentent d’agréer sur dossier ou devant des Commissions que nous jugeons insuffisantes à la tâche.
Titularisation vs. agrément
Remarquez la différence entre titularisation et agrément. L’agrément est conféré par un jury qui admet un candidat. La reconnaissance et confirmation se produisent au terme d’un processus dialogal, elles supposent un engagement mutuel.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
PHG
Entrée créée le 26 oct 2010 – 9 octobre 2011 – 8 janvier 2014 –
- 1 Agréée Affop pour une école constitue un label de qualité appréciable, non répercutalbe directement sur un praticien. La Commission d’admission au titre d’exercice de psychopraticien relationnel® pluraliste du SNPPsy décide souverainement si elle reconnaît le praticien comme porteur du titre, au vu d’un dossier d’ensemble. Le syndicat, qui publie ses propres listes, les transmet à l’Affop pour sa propre annuarisation.
- 2 On oubliera provisoirement ici les psychanalystes non inscrits.
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
La quasi totalité des psychopraticiens relationnels(1) en formation actuellement sont des personnes en reconversion. Les politiques favorisant le corporatisme médical et la médicalisation de l’existence refusent de considérer cette réalité autrement que comme transitoire, et prévoient des cadres de formation « logiques », donc à leurs yeux universitaires, même si on leur démontre que l’université française en particulier est parfaitement incapable et indésireuse d’en remplir le cahier des charges pour former les psychopraticiens relationnels d’aujourd’hui(2).
Les mêmes politiques peinent à distinguer psychothérapie relationnelle de psychothérapie, entendue comme terme générique mal défini, ce qui engendre beaucoup de méprises, malentendus, confusion et batailles corporatistes. Des étudiants-apprentis en reconversion, ayant déjà fait leurs études dans leur jeunesse, savent ce qu’ils veulent lorsqu’ils entreprennent des études pour devenir psychopraticiens relationnels (ex psychothérapeutes relationnels, cette expression existe toujours mais a changé de sens). Ils ne sont pas prêts à confondre leur discipline avec celle de psychopathologue.
Par ailleurs le formatage cognitiviste qui semble passionner de nombreux psychologues universitaires les laisse massivement indifférents. Ils sont passionnés par une profession du souci de soi et du soin pris de soi, que nous appelons soin-souci, auprès d’un autre qui a longuement pris soin de lui-même de la même manière et s’est préoccupé d’apprendre ce qui lui est indispensable pour faire face en bon professionnel à cette demande très particulière, qui porte sur le malaise et non sur la maladie, et n’a rien à voir avec la médecine.
un atout capital
Dans toute l’Europe les psychopraticiens relationnels proviennent à 95 % de la reconversion. Cela crée une différence sensible avec des étudiants tout juste sortis d’étude, travaillant dans des collectifs hospitaliers, où ils apprennent sur le tas un tout autre métier au demeurant. Les psychopraticiens relationnels ont vécu, exercé un métier et des responsabilités, ils bénéficient d’une expérience de vie personnelle, ont atteint une maturité (n’oublions pas qu’ils ont parcouru eux-mêmes un itinéraire psychothérapique ou psychanalytique personnel important) qui leur permettent d’écouter la vie des autres à un moment de l’existence où ils ne sont pas eux-mêmes en train de la découvrir.
Il est heureux que ce soient des personnes issues d’une reconversion qui s’occupent de ce type particulier de demande, où il est requis d’avoir déjà vécu soi-même, et pris le temps de réfléchir à l’existence, à commencer par la sienne. Bienvenue à ce nouveau et beau métier et à ceux qui décident de militer pour lui et à travers lui de travailler de façon véritablement professionnelle à l’humanisation de l’humanité.
politique fiction
À vrai dire il faudra bien un jour que l’université, à l’instar de ce qui se fait parfois en Sciences de l’Éducation, en liaison étroite avec nos écoles de qualité car il y en a, accueille les psychologues et psychiatres ayant fini par deviner en quoi consistait notre métier, pratique et discipline, pour un accompagnement maturant, une réflexion à la mi-temps de leur pratique professionnelle, en vue d’une requalification dans le domaine de la psychothérapie relationnelle. Les étudiants de nos écoles agréées pourraient se joindre à une partie de tels cursus, ce qui leur conférerait la certification universitaire qu’on leur refuse actuellement. Cela ne sera pas chose facile vu la mentalité sévèrement corporatiste en psychiatrie et psychologie. En attendant, nous devrons continuer d’assurer seuls la formation de nos psychopraticiens relationnels.
Entrée du 19 oct 2008. Mises à jour le 30 août 2011, le 9 octobre 2011.
- 1 Ex psychothérapeutes relationnels, devenus entre temps psychopraticiens relationnels, pratiquant toujours la psychothérapie du même nom.
- 2 Première édition : « les psychothérapeutes relationnels de demain« . On voit les temps et les institutions changer sous nos yeux. Note de 2010.
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
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- Cursus psychopraticien multiréférentiel - Promotion 21
– catharsis / abréaction ; décharge émotionnelle –> élaboration. Se reporter à l’article de Philippe Grauer, Régression, décharge émotionnelle, catharsis.
– Jean-Michel Fourcade recourt au terme de régression pour désigner le lieu de la mise au travail émotionnel. La personne au cours du processus psychothérapique s’engage en situation dans la zone d’expressivité affective qui lui permet de se reconnecter avec un matériel émotionnel dormant, de le laisser affleurer au cours de la séance, dans un climat permissif bénéficiant de l’amplification due à la présence d’une assistance groupale (lorsque c’est le cas) et d’une durée favorisant à la fois incubation (avant) et intégration (après).
– on peut dans ces conditions considérer comme régression saine, souhaitable, celle qui permet de recourir à des ressources relevant de registres plus anciens en termes de psychologie du développement, et de libérer ainsi des tensions anciennes ou archaïques, œuvrant au déblocage de la situation actuelle. L’expression reculer pour mieux sauter métaphoriserait assez bien la stratégie psychothérapique engagée.
Mis en ligne lundi 16 avril 2012 – mise à jour :
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- Séminaire multiréférentiel d'été 2025 au Hameau de l'étoile
- Il n’y a pas de causes sociales au djihadisme
– expérientiel
– relationnel
– psychothérapie relationnelle par dans et pour la Relation
Le tout est relation de nos jours peut valoir aussi peu que le tout est relatif pour expliquer la relativité. Relationnel accolé à psychothérapie signifie strictement que le ressort psychothérapique c’est la relation, l’intersubjectivité en action, la dynamique relationnelle, transfert et contre-transfert compris, entre les deux protagonistes de la rencontre psychothérapique, où l’un vient auprès du spécialiste se faire entendre. Et écouter au passage ce qu’il se trouve être en train d’exprimer, réverbéré par le dispositif de la relation suractivée par le cadre proposé, dont elle constitue le pivot. Impliquant d’égale intensité les deux sujets en co-présence.
Les psychothérapeutes et psychopraticiens relationnels® qui œuvrent par dans et pour la relation(1), à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels (Ces lignes en italiques proviennent de l’article psychothérapie relationnelle. NdlR).
relationnelRelationnel représente alors une valeur forte, témoigne du difficile dialogue entre soi et soi et l’autre, où se clarifie ce qui se passe quand je prends l’autre (ou moi-même) pour quelqu’un d’autre. En cas d’embrouille existentielle ou psychanalytique, cela se démêle avec beaucoup de patience, de savoir faire et d’art. D’art aussi de savoir faire être, savoir faire advenir, dans le cadre d’une dynamique relationnelle complexe impliquant chacun des deux protagonistes. Donc le praticien advient lui aussi, pour sa part, au cours du processus. C’est sa part des anges.
Relation à majusculeSoit Relation renvoie au couple Je-Tu de Buber, une des bases de notre profession — ça ne s’étudie pas ça se transmet et s’expériencie, soit, et cela n’est pas mutuellement exclusif, Relation renvoie à l’érosion progressive de la relation transférentielle au sens psychanalytique. Dans les deux cas, ce concept sert de pierre de touche pour distinguer notre psychothérapie relationnelle, celle des psychopraticiens du même nom, des simples psychologues, même cliniciens car les cliniciens n’ont pas appris dans nos écoles l’important complément à leur discipline autre, de type objectiviste, de l’ordre de la rationalité procédurale — en prise directe avec la possible médicalisation de l’existence, apprise à l’université.
Bref la psychopratique relationnelle qui, pour parler dans le cadre de la terminologie nouvelle que la loi impose, correspond à la psychothérapie relationnelle, représente (depuis les années 70-80) un métier et une discipline spécifiques, complexes, mettant la relation au cœur de la pratique et théorisation, une relation motrice à double implication, graphié par nous après Buber Relation, la distinguant de la relation « mondaine » Je-Cela, mais surtout de la relation au sens trivial du terme qui confondrait toute psychothérapie avec celle axée théoriquement et méthodologiquement sur le ressort relationnel.
au commencement était la relationAm Anfang war die Beziehung
En reprenant le Au commencement était l’action (Im Anfang war die Tat) par quoi Goethe retournait le Logos de Jean reprenant le Bereshit (hébreu : בראשית Au commencement) de la Bible, en le retournant une fois encore en disant « au commencement était la relation » (2) nous passons à la phénoménologie comme philosophie du XX ème siècle et de l’intentionalité croisée (« découverte d’une présence réciproque »), toute conscience l’étant de quelque chose, plus précisément note Buber de quelque chose ou de quelqu’un. Ce renversement fonde la psychothérapie relationnelle.
Mais pas seulement. Au principe de la psychanalyse on trouve sous les pavés du transfert la plage du travail inconscient qui meut les deux protagonistes et dont le praticien, dûment entraîné au cours de son propre parcours puis à son issue, œuvre au déchiffrage et se trouve à même de capter (souvent inopinément) des indices susceptibles de permettre de dégager des lignes de sens propres à dynamiser le processus en cours. Toute dynamique de la subjectivation part d’une interaction entre deux sujets. C’est cela que nous nommons relation au sens fort, spécifique, du terme.
Le système buberien se construit à partir d’une mystique phénoménologique de la relation. Buber pense véritablement la formule gœthéenne propulsée en philosophie anthropologique au commencement était la relation. La structure relationnelle Je-Tu, première, précède, la sphère de l’un et l’autre précède la sphère de l’un et de l’autre, ils n’existent que dans et par le contexte de leur dyade, matrice de leur rapport (3). Point de monade, l’individualisme n’est pas pertinent dans ce modèle. Le dispositif relationnel préexiste, ni Je ni Cela ni Tu n’existent pris séparément. Nomades certainement, monades, non. On pourrait dire que la Relation a lieu à trois, la Dyade, l’Un et l’Autre(4). Ensuite, ça n’est pas la nature de l’objet qui définit le caractère de la relation, mais le rapport que le sujet établit avec lui, le caractère de son intentionnalité. Je-Tu ou Je-Cela dépend de la nature de mon engagement existentiel.
trois types d’expérience
relative au monde et à l’autre selon Buber.
– l’ Erfahrung : avoir de l’expérience, être bien informé des choses – le monologue Je-Cela, rapport instrumental, transforme le monde et l’être humain en objet. Discours de l’expert, connaissance empirique.
– l’ Erlebnis : avoir fait l’expérience de, être expérimenté, avoir déjà une expérience vécue, personnellement éprouvée : »j’en ai vu d’autres ! » – encore insuffisant, toujours du monologue Je-Cela : l’expérience est éloignement du Tu. Discours de l’homme d’expérience. Utiliser vs. accueillir, observer vs. contempler.
– la Beziehung : attention, chaque Cela, s’il entre dans la relation(5), peut devenir un Tu. On sera alors passé de l’Erlebnis à la Beziehung, réciprocité immédiate en ouverture sans réserve. Pour différencier nous graphierons comme Buber Relation. Conçue comme réciprocité. Le terme avoisine la Rencontre (6), au sens de « lorsque j’ai rencontré ma femme », et désigne une relation impliquant l’être dans sa totalité, le moment où chacun est réellement présent à l’autre, aller et retour dans la matrice relationnelle dialogale Je-Tu. Beziehen caractérise la relation authentique, qui intervient entre deux êtres humains dont le dialogue les engage entièrement. Cela avoisine la parole pleine de la pensée psychanalytique. Discours de la psychothérapie relationnelle.
Dans une telle anthropologie l’être humain ne se réalise que dans l’authenticité de la relation Je-Tu, dans laquelle chacun confirme l’autre dans son altérité, au cours d’un engagement responsable. Tous deux, souverains, se rencontrent démocratiquement d’être à être(7), à égalité de condition humaine, en qualité de sujets.
simple relation, sens neutre vs. relation-rencontre, sens fortOn est alors à mille lieues du lorsque on est deux dans la salle il est constant que nous sommes en relation puisque nous voici ensemble à nous adresser la parole. Distinguons bavardage et parole : que dites-vous après avoir dit bonjour ? Ou le face à face mutuellement impliqué, en laborieuse progression vers un peu de vérité insaisissable, ou la prescription d’un expert tout sachant à un venu le consulter tout penaud. Je-Cela vs. Je-Tu. Deux mondes. On peut comprendre que ceux qui ne l’entendent pas de la bonne oreille n’y voient que du feu.
Philippe Grauer
entrée créée en 2010. Mises à jour : 9 octobre 2011 – 10 août 2012 – 29 octobre 2012 –
- 1 Rien à voir avec la proposition à la Homais : {mais par son principe même toute psychothérapie est relationnelle puisqu’elle engage deux personnes en « relation thérapeutique ». Dire psychothérapie relationnelle serait tout simplement tautologique. Monsieur Homais s’embrouille dans sa platitude. Parce que voyez-vous dès que deux personnes s’adressent la parole il y a de la relation entre elles. Cela tombe sous le sens commun. Commun oui. Non, certaines psychothérapies n’engagent pas profondément dans toute sa vitalité les deux protagonistes également en relation, dans le cadre d’une intersubjectivité intense. Seules celles qui exigent méthodologiquement que le praticien ait effectué un travail sur soi approfondi et suffisamment abouti, et que cette qualité d’être, ce savoir être et faire être tout à fait particulier bien connu des psychanalystes et praticiens en psychothérapie relationnelle, que cette qualité relationnelle soit engagée profondément dans le processus entre les deux protagonistes, sont qualifiables au sens fort du terme de relationnelles. Que l’engagement se joue sur une base phénoménologique ou psychanalytique, il reste moteur, à risque pour les deux en présence, et la dynamique de l’implication, intégrant la question du transfert, autrement complexe, délicate et puissante. Il s’agit ici d’un concept et non plus d’un lieu commun qui évacue la pensée. Nous nous trouvons alors véritablement dans l’espace épistémique de la psychothérapie relationnelle proprement dite. Toute « relation » psychothérapique ne présente pas cette caractéristique, toute relation n’est pas Relation.
- 2 Je et Tu, Paris, Aubier, 1969 [éd. allemande, 1923], 173 p, p 38 puis développé pp. 50-51 : « Au commencement est la Relation qui est une catégorie de l’être, une disposition d’accueil, un contenant, un moule psychique, c’est l’a priori de la relation, le Tu inné. » Et l’auteur poursuit en définissant les termes : « Les relations réelles sont des incarnations du Tu inné dans le Tu rencontré ; ce Tu est conçu comme le partenaire unique, celui que l’on accueille exclusivement, auquel on peut enfin adresser le mot fondamental, tout cela étant fondé sur l’a priori de la relation. »
- 3 Le mot de Mesmer c’est le rapport, tout se retrouve.
- 4 Lacan considère le langage comme le tiers déjà là. Pour Buber cet Autre ce serait Dieu.
- 5 Au passage de Erlebnis à Beziehung le mot revêtira une capitale à l’initiale.
- 6 Encore une majuscule distinctive, que nous avons introduite sans cette fois le support de l’armature mystique de Buber, simplement pour distinguer un mot de la langue commune du concept. PHG
- 7 Nous n’oublions pas le mécanisme du transfert qui complexifie considérablement le modèle, et le désillusionne.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
RELATION D’AIDE / COUNSELING
psychothérapie douce
Psychothérapie douce. Par analogie avec la médecine du même nom. Lacan a inventé le mi-dit. La psychologie humaniste a inventé une mi-distance, celle afférente au terme counseling. C’est dans le jeu de cet entre-deux que le counseling s’est développé comme un des noyaux de la psychologie humaniste. À mi-distance entre développement personnel et psychothérapie. L’anachronisme consistant à utiliser une expression née en 2001 pour qualifier ce que les psychanalystes ont coutume de désigner en France par thérapie(1) de soutien, fait sauter aux yeux que la chose a largement précédé le nom. Car la relation d’aide et la psychothérapie rogerienne se fondent incontestablement sur la relation. Sur une relation anti autoritaire fondée sur la confiance dans la capacité de guérison (healing), d’auto réparation et reprise de croissance d’une personne qui n’est pas un patient (médecine) mais un consultant, sujet souverain s’adressant à un professionnel du dépannage psychique comme on s’adresse à un avocat en qualité de client. Le patient est dépendant d’un détenteur du savoir sur lui, médecin, médecin-psychanalyste, psychologue, tandis que le client est « roi », c’est lui qui va libérer sa créativité (influence d’Otto Rank) grâce à l’aide d’un professionnel centré sur lui et non sur son savoir ou sur lui-même (problématique démédicalisante).
thérapie pour normaux
On a également utilisé à cette occasion l’expression de psychothérapie pour normaux, à mi distance entre la psychothérapie et le développement personnel. Le counseling (avec deux L en Europe) s’occupe des problèmes (mêmes « petits ») de la vie quotidienne des gens ordinaires [Vogel, D.L., Wade, N.G., & Hackler, A.H. (2007). « Perceived public stigma and the willingness to seek counseling: The mediating roles of self-stigma and attitudes towards counseling. » Journal of Counseling Psychology, 54, 40–50. In simpler terms what needs to be known is that one doesn’t have to have a mental disorder to seek counseling therapy, is built for people with even the smallest of problems. In http://en.wikipedia.org/wiki/Counseling_psychology]. Par là on côtoie l’idée de thérapie populaire, en tout cas de thérapie ordinaire pour des gens ordinaires, de ce que nous désignons actuellement comme une profession de santé ni médicale ni psychologique(2).
naissance d’une discipline
Ce qui finirait par devenir en 1961, vingt ans plus tard, à l’instigation d’Abraham Maslow appuyé entre autres par Carl Rogers, la psychologie humaniste, était en train de naître. Ce charivari allait bouleverser le paysage psy dominant alors aux États-Unis. L’axe linéaire : psychiatrie-psychanalyse (médicalisée normatrice du bonheur américain) / behaviorisme, allait accoucher d’un triangle, dont la pointe, Troisième force s’appellerait de façon longtemps ambigüe, psychologie humaniste, mêlant selon l’occasion et les secteurs concernés les deux vocables de counseling et de psychothérapie. Ce moment n’alla pas sans laisser de traces, dont une certaine confusion d’appellations et de genres, indifférente aux contemporains pourvu que chacun puisse exercer selon ses convictions éthiques, méthodologiques et scientifiques.
confusion organisée
Un article Wiki en ligne intitule l’un de ses §§ :
« Counseling relationship
Main article: Therapeutic relationship
The relationship between a counselor and client is the feelings and attitudes that a client and therapist have towards one another, and the manner in which those feelings and attitudes are expressed.[20][21] The relationship may be thought of in three parts: transference/countertransference, working alliance, and the real- or personal-relationship.[22] »
La note renvoie à :
Gelso, C.J. and Hayes, J.A. (1998). The Psychotherapy Relationship: Theory, Research and Practice. (p. 22–46): John Wiley & Sons: New York.
Vous avez bien lu. Difficile d’être plus clairement confus.
facilitateur, accompagnateur, écoute
Si, peut-être, sur le site rogerien officeil PCAI France (PCAII, Fondateurs, Carl Rogers, Ph. D. (1902-1987), Charles Devonshire, Ph. D. (1928-1999), Alberto Zucconi, Ph. D) que dirige notre estimée consœur Olga Kaufman où l’on peut lire (en date du 25 janvier 2014)
« COUNSELING ET PSYCHOTHÉRAPIE
L’objet d’une formation au counseling est de développer chez le participant ses qualités d’écoute et d’accompagnement. Sur ce point il n’y a pas de différence avec la psychothérapie [c’est nous qui soulignons]
Le counseling se différencie dans ses pratiques par le fait qu’il est appliqué dans des contextes sociaux distincts :– counseling en milieu pastoral,
– counseling en entreprise,
– counseling de soutien aux populations déplacées,
– counseling dans les établissements éducatifs,
– counseling après de malades chroniques graves,
– counseling en milieu hospitalier,
– counseling auprès de populations traumatisées (guerres, explosions, attentats, …),
– counseling auprès d’une population en cours de réinsertion,
– etc. etc. »
Le redoublement du etc. valant son pesant de Couseling Relish. Tout ceci fait du counseling un objet intermédiaire étrange.
parathérapie
Encore qu’en introduisant le concept de
facilitateur
dans le § qui suit l’auteur nous fournit une piste. Facilitation, accompagnement, écoute, autant de mots-clés qui désignent le cœur théorique et méthodologique d’une pratique qui s’étend en effet à de nombreux domaines extra psychologiques et se décline selon leur modalité propre. On avoisinerait alors de ce que nous avons appelé parathérapie pour désigner le co-counseling, aussi par nous dénommé à l’époque (années 70) Soutien mutuel thérapeutique, forme de psychothérapie populaire autogérée mais en fait pas tant que ça, « autogérée » autoritaire, dans le cadre d’une institution fortement hiérarchisée d’après un modèle proche de celui des Alcooliques anonymes révisé mao, cherchant pour maintenir un certain dogmatisme non exempt d’esprit sectaire à se tenir à distance institutionnellement et méthodologiquement des autres formes de psychologie humaniste. Cf. Harvey Jackins. Donc une variété exotique un peu à part, mais l’idée de parathérapie tient, et si la Reevaluation Co-Counseling s’est appelée ainsi ça n’est pas tout à fait par hasard.
candidature au nouveau nom de métier
Reprenons. Toujours dans le même article on relève une candidature à remplacer le terme de psychothérapeute alors mis en péril par la bataille des charlatans par l’anglo-saxon counselor (counsellor en Europe). Il s’agit de l’écho d’un conflit difficile à régler en Grande Bretagne au sein de l’UKCP, s’agissant de déterminer si les counsellors sont ou non des sous-psychothérapeutes. En se situant de la sorte l’auteur du site, dans le cadre de l’AEP et de l’institution du CEP, s’efforce de déborder par la bande les psychothérapeutes en danger. L’unification par le vocable de counsellor aurait en effet arrangé les choses en éteignant de fait le différent, qui repose bien sur une différence, même difficile à cerner :
« sous quel vocable exercer ? »
« Il est et sera alors difficile de trouver un terme simple substitut du terme psychothérapeute. En Europe, c’est le terme anglo-saxon counselor qui a pris cette place. En France il n’y a pas d’accord unanime sur une dénomination substitut et, à défaut, le terme counseling pourrait être le terme choisi.
Le terme de «counseling» pourrait alors remplacer le terme dorénavant protégé. »
On ne saurait être, pour une fois, plus clair.
ligne de partage
En fait en 1942 quand Rogers publie son livre éponyme la ligne de partage entre psychothérapie et counseling demeure floue. Dans certains états américains on ne peut pas pratiquer la psychothérapie si l’on n’est pas médecin ou psychologue. L’établissement de la psychothérapie comme profession clairement délimitée s’est effectué en plus d’un demi siècle, restant à déterminer si le processus est achevé. On pourrait vu sous cet angle aller jusqu’à considérer le counseling comme le symptôme du champ psy.
Histoire: échapper à la médecine et à la psychologie
Deux dates à retenir
– vers 1900 naissance du counseling(3).
– 1942 – Carl Rogers, Counseling and Psychotherapy, Western Behavioral Sciences Institute [La relation d’aide et la psychothérapie, ESF éditeur, 1970 (17ème édition en 2011,) 235 p.-]. In Chronologie
Le geste de Rogers comporte une signification historique originaire qu’on ne saurait ignorer. Limpide, quand on peut lire sur le site du P.C.A.I.- France (école agréée Affop) :
« Carl Rogers a particulièrement aidé à la promotion du counseling à l’occasion d’un conflit qui a opposé des membres d’organismes de psychiatres aux psychologues. Les psychiatres américains voulaient empêcher les psychologues de pratiquer la psychothérapie. Carl Rogers suggéra de modifier le nom de l’activité de psychothérapeute en {« counselor » et permit ainsi aux praticiens de poursuivre leurs activités en désarmant l’opposition des psychiatres. Ces « counselors », professionnels de la relation d’aide, s’organisèrent en un large panel de disciplines qui n’étaient plus soumises au monde de la médecine ou de la psychologie. »}
Mi distance, frontière floue
Cela eut pour effet que la relation d’aide constitue actuellement de fait une zone d’intervention psychique nous disions plus haut à mi distance entre psychothérapie et développement personnel. Dans la mesure où la personne qui la sollicite vient se plaindre d’une souffrance on est déjà dans la relation psychothérapique. Dans la mesure ou le praticien a fait des études plus courtes et ne peut pas accompagner la personne plus loin qu’un certain seuil on est encore dans la relation d’aide. Si le praticien ne dépasse pas ses capacités il reste pertinent. S’il va au-delà, il passe du côté du charlatanisme, pratique d’une méthodologie qu’on ignore puisqu’on n’en détiens qu’une parcelle, au nom d’une science qu’on ne possède pas puisqu’on en reste à ses prémisses.
Cela nous conduit à définir et distinguer science, demi science, fausse science.
psychologie situationiste
Nous laisserons provisoirement Catherine Tourette conclure (26 février 2008), avec un § tiré de son Que sais-je N° 31 33 (épuisé).
« Selon nous, le counseling est une forme de « psychologie situationniste » : c’est la situation qui est cause du symptôme et non l’inverse. En ce sens, le counseling, forme d’accompagnement psychologique et social, désigne une situation dans laquelle deux personnes entrent en relation, l’une faisant explicitement appel à l’autre en lui exprimant une demande aux fins de traiter, résoudre, assumer un ou des problèmes qui la concernent. De notre avis, l’expression « accompagnement psychologique » serait insuffisante dans la mesure où les champs d’application du counseling, auxquels nous consacrons tout un chapitre, désignent souvent des réalités sociales productrices à elles-seules chez les individus d’un ensemble de troubles ou de difficultés. »
Elle-même songe à une réédition remaniée, dans laquelle elle ferait place au… counseling motivationnel (ques aco ?). C’est dire que l’on n’en a jamais fini avec cet étrange objet des sciences humaines.
références
1) Catherine Tourette-Turgis
Bon travail de dégagement du concept : Les bases du counseling.
« Dans la culture anglo-saxonne, le terme de « counseling » est utilisé pour désigner un ensemble de pratiques aussi diverses que celles qui consistent à orienter, aider, informer, soutenir, traiter. H.B. et A.C. English définissent le counseling comme « une relation dans laquelle une personne tente d’aider une autre à comprendre et à résoudre des problèmes auxquels elle doit faire face. »[résolution de problème, un cas de figue mitoyen entre counseling et coaching. PHG]
Un thème, concernant la philosophie du counseling, prédomine dans toute la littérature anglo-saxonne : la croyance en la dignité et en la valeur de l’individu dans la reconnaissance de sa liberté à déterminer ses propres valeurs et objectifs et dans soin droit à poursuivre son style de vie.
L’individu a une valeur en soi en dehors de ce qu’il peut accomplir. Souvent il n’en a pas conscience et ignore son potentiel de développement, aussi le counseling vise-t-il à l’aider à développer sa singularité et à accentuer son individualité. Au-delà d’une philosophie qui, à première vue, pourrait se lire comme une forme d’individualisme sauvage, les grands textes du counseling font tous référence à la responsabilité de la personne vis-à-vis d’elle-même, d’autrui et de son environnement. L’individu n’est ni bon, ni mauvais par nature ou par hérédité. Il possède en lui un potentiel d’évolution et de changement. De la même manière, le counselor prend en compte le sens et les valeurs que le client attribue à la vie, à ses propres attitudes et comportements dans la mesure où un changement nécessité par l’environnement peut venir se heurter aux options philosophiques de la personne et et être en soi une cause de difficulté (ex : changement d’attitudes face au travail, à la famille, à la sexualité, à la mort, …). (1)
Selon Catherine Tourette-Turgis, » le principe de cohérence du counseling réside fondamentalement en ceci : beaucoup de situations de la vie sont causes à elles seules de souffrances psychologiques et sociales et nécessitent la conceptualisation et la mise à disposition de dispositifs de soutien auprès des publics concernés. »
Pour elle, « le counseling est une forme de « psychologie situationniste » : c’est la situation qui est cause du symptôme et non l’inverse. En ce sens, le counseling, forme d’accompagnement psychologique et social, désigne une situation dans laquelle deux personnes entrent en relation, l’une faisant explicitement appel à l’autre en lui exprimant une demande aux fins de traiter, résoudre, assumer un ou des problèmes qui la concernent. … l’expression « accompagnement psychologique » serait insuffisante dans la mesure où les champs d’application du counseling, … désignent souvent des réalités sociales productrices à elles-seules chez les individus d’un ensemble de troubles ou de difficultés. »(1)
Le counseling répond en ce sens aux besoins de personnes qui cherchent l’aide d’une personne pour résoudre, dans un temps relativement bref, des problèmes qui ne ressortissent pas forcément de leur propre pathologie. Ces problèmes peuvent en effet être liés aux contraintes ou à un contexte spécifique avec lequel elles doivent composer ou dans lequel elles doivent survivre et pour lesquels, la plupart du temps, la société ne les a pas préparées (ex: traumatisme de guerre, prévention du sida, chômage, …) ou n’assure pas les fonctions de soutien adéquates en temps réel.
Il existe des points communs au développement du counseling qui peuvent être résumés par l’importance accordée :– aux méthodes actives dans la relation d’aide
– à la croyance dans le potentiel d’un individu ou d’un groupe
– à la croyance au changement dans un délai bref
– à l’établissement d’une relation où l’empathie l’emporte sur l’autorité, où la réalité l’emporte sur le passé lointain
– à l’environnement comme facilitateur du changement et de l’évolution personnelle (groupe, travail dans les communautés).
2) soutien mutuel thérapeutique
Une variété intéressante : l’intervention limitée à un type de problème. Ici l’assuétude au jeu. Counseling centré sur le symptôme.
3) Counseling psychology
excellent article, centré sur la réalité états-unienne.
4) « philosophie clinique »
Counseling philosophie a remporté le prix de l’Innovation Jeunes Entrepreneurs de l’Année 2013. Intéressant à savoir. On mesure l’extensibilité du champ du concept.
(1) C Tourette-Turgis (1996). Le counseling. Ed. PUF, Coll. Que Sais-je ?, p. 25.-
- 1 Aphérèse constante dans l’usage.
- 2 Laïque auraient dit les psychanalystes
- 3 Le site PCAIF sur ce point reste vague. Il parle de « l’époque où des mouvements caritatifs s’organisèrent pour aider, accompagner des publics tombés dans la pauvreté, conséquence de l’industrialisation, » en affirmant que les méthodes d’intervention psy se moulèrent sur ce qui existait à l’époque. Précisément toute la question est là. Quelles mouvements caritatifs, quelles méthodes, en 1900 aux États-Unis ? On attend des précisions sur cette première vague.
- LE FASCISME S'ADRESSE À NOUS – Faisons lui face et tenons lui tête.
- Les parents des terroristes ont leur part de responsabilité
- Quelques petites histoires de la folie ordinaire – Stephen Grosz chroniqué par Élisabeth Roudinesco
– expérientiel
– multiréférentialité
– psychothérapie intégrative
– psychothérapie multiréférentielle
– multiréférentiel
– intégratif
– psychanalyse intégrative
– patients-limites et psychanalyse intégrative
– neurosciences et psychothérapie
par dans et pour la RelationLe tout est relation de nos jours peut valoir aussi peu que le tout est relatif pour expliquer la relativité. Relationnel accolé à psychothérapie signifie strictement que le ressort psychothérapique c’est la relation, l’intersubjectivité en action, la dynamique relationnelle, transfert et contre-transfert compris, entre les deux protagonistes de la rencontre psychothérapique, où l’un vient auprès du spécialiste se faire entendre. Et écouter au passage ce qu’il se trouve être en train d’exprimer, réverbéré par le dispositif de la relation suractivée par le cadre proposé.
Les psychothérapeutes et psychopraticiens qui œuvrent par dans et pour la relation(1), à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels (Ces lignes en italiques proviennent de l’article psychothérapie relationnelle. NdlR). relationnel
Relationnel représente alors une valeur forte, témoigne du difficile dialogue entre soi et soi et l’autre, où se clarifie ce qui se passe quand je prends l’autre (ou moi-même) pour quelqu’un d’autre. En cas d’embrouille existentielle, cela se démêle avec beaucoup de patience, de savoir faire et d’art. D’art aussi de savoir faire être, savoir faire advenir.
Relation avec majusculeSoit Relation renvoie au couple Je-Tu de Buber, un fondamental de notre profession — ça ne s’étudie pas ça se transmet et s’expériencie, soit, et cela n’est pas mutuellement exclusif, Relation renvoie à l’érosion progressive de la relation transférentielle au sens psychanalytique. Dans les deux cas, ce concept sert de pierre de touche pour distinguer notre psychothérapie relationnelle, celle des psychopraticiens du même nom, des simples psychologues, même cliniciens car les cliniciens n’ont pas appris dans nos écoles l’important complément à leur discipline autre, de type objectiviste, de l’ordre de la rationalité procédurale — en prise directe avec la possible médicalisation de l’existence, apprise à l’université.
Bref la psychopratique relationnelle, pour parler dans le cadre strict de la terminologie nouvelle que la loi nous impose, représente (depuis plus de trois décennies) un métier et une discipline spécifiques, complexes, mettant la relation au cœur de la pratique et théorisation, une relation motrice à double implication, graphié par nous Relation pour la distinguer de la relation à faible taux d’implication Je-Cela.
consultation & processus relationnelLa psychothérapie sera dite relationnelle si au cours du processus intervenant dans le cadre de la relation (unité de temps de lieu et d’action de la séance) celle-ci met en jeu l’implication des subjectivités déployant leur interaction à risque comparable sinon égal. On est loin du puisqu’on est deux dans la pièce il est trivial que nous sommes en relation puisque nous nous parlons. Exact mais distinguer échange et prescription d’un expert tout sachant à un venu le consulter tout penaud, de parole vraie, à face à face mutuellement impliqué, en progression dialoguale vers l’élaboration de moments de vérité par celui qui, par ce processus même, vient, parvient à lui-même.
PHG
Entrée créée en 2010. Mises à jour : 9 octobre 2011, 7 mars 2012, 15 août 2012,
- 1 Rien à voir avec la proposition à la Homais : mais par son principe même toute psychothérapie est relationnelle puisqu’elle engage deux personnes en relation thérapeutique. Dire psychothérapie relationnelle serait tout simplement tautologique. C’est Monsieur Homais qui s’embrouille dans sa platitude. Parce que voyez-vous dès que deux personnes s’adressent la parole il y a de la relation entre elles. Cela tombe sous le sens commun. Commun oui. Non, certaines psychothérapies n’engagent pas profondément dans toute sa vitalité et intimité dynamique les deux protagonistes également en relation, dans le cadre d’une intersubjectivité intense. Seules celles qui exigent méthodologiquement que le praticien ait effectué un travail sur soi approfondi et suffisamment abouti, et que cette qualité d’être, ce savoir être et faire être tout à fait particulier bien connu des psychanalystes et praticiens en psychothérapie relationnelle, que cette qualité relationnelle soit engagée profondément dans le processus entre les deux protagonistes, sont qualifiables au sens fort du terme de relationnelles. Que l’engagement se joue sur une base phénoménologique ou psychanalytique, il reste moteur, à risque pour les deux en présence, et la dynamique de l’implication, intégrant la question du transfert, autrement complexe, délicate et puissante. Il s’agit ici d’un concept et non plus d’un lieu commun qui évacue la pensée. Nous nous trouvons alors véritablement dans l’espace épistémique de la psychothérapie relationnelle proprement dite. Toute « relation » psychothérapique ne présente pas cette caractéristique, toute relation n’est pas Relation.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
Le travail en réseau consiste pour une personne à mobiliser plusieurs systèmes de soin, donc plusieurs types de soins psychiques. Il consiste pour des psys à coopérer autour de cette même personne. Ainsi un psychiatre et un psychothérapeute relationnel qui se connaissent et s’estiment mutuellement s’adressent réciproquement des patients, malade chez l’un, en malaise chez l’autre, les deux opérations, la psychothérapeutique et la psychothérapique, devenant complémentaires.
voir également
– soin
– soin1
– soin2
– soin-traitement
– traitement
– souci
– soin-souci
– relation
– réseau
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
- CHARLIE ET LA PSYCHANALYSE
Dans le cadre de la psychothérapie existentielle telle que la définit Yalom, relayé dans notre pays par Noël Salathé(1), on compte cinq (quatre chez Yalom) données existentielles [dispute pour déterminer si l’on doit dire données ou contraintes] encadrant la destinée humaine, à savoir :
– responsabilité (face à la liberté)– quête de sens (face à l’absurde)
– finitude (face à la mort)
– solitude (face à l’isolement)
– limitation (face à l’imperfection) [donnée ajoutée à la liste yalomienne par Noël Salathé]
responsabilité
À l’intitulé Responsabilité et liberté Noël Salathé rappelle que Sartre dans L’Être et le Néant écrit qu’être responsable c’est « être l’auteur incontesté d’un événement ou d’une chose ». Il commente cette « belle définition » en parlant de prise de conscience « de la création de soi, de son destin, de ses sentiments, de ses souffrances, de sa vie. »
Cette réflexion n’est pas éloignée de Levinas, ce qui nous conduit à vous présenter ci-dessous le billet de Bernard Ginisty qui traite de la question. Il s’exprime en langage philosophico religieux, et argue de la spiritualité pour atteindre les objectifs qu’il décrit. Notre démarche de psychopraticiens relationnels s’appuie, elle, sur des ressorts psychologiques, psychanalytiques et philosophiques.
PHG
pour une politique de la responsabilité
Chronique hebdomadaire de Bernard Ginisty
23 septembre 2013
L’actualité politique, tant nationale qu’internationale, ne cesse de nous montrer acteurs et medias céder trop souvent à la tentation de l’enfermement dans une vision binaire de monde. Le philosophe Emmanuel Levinas écrivait que « toute pensée généreuse est menacée par son stalinisme » (1). En ces temps de recherche de boucs émissaires pour expliquer ce qui va mal, ce propos me paraît d’une grande actualité. La tentation de diaboliser l’autre, pour extérioriser le mal que l’on porte en soi, constitue le risque majeur de tout engagement politique. La pensée binaire qui divise le monde en bien et mal, en vrai et faux, en vice et vertu reste une pensée infantile incapable d’assumer la complexité et l’ambiguïté de l’être humain. S’il est important, au plan intellectuel, de distinguer le vrai du faux, le bien de mal, on tombe dans la confusion mentale et la violence aveugle lorsque l’on prétend classer les êtres humains au nom de ces valeurs, méconnaissant ainsi que chacun est porteur de la possibilité du meilleur comme du pire.
Serions-nous alors condamnés à osciller entre deux attitudes : celle du détachement irresponsable de l’observateur amusé analysant les mauvaises fois de ses contemporains ou celle de l’action qui, au nom de l’efficacité, s’engouffre dans la pensée binaire brandissant l’étendard du bien et du vrai comme celui du mal et du faux. Dans un dialogue avec Alain Finkielkraut, le philosophe allemand Peter Sloterdijk écrit ceci : « Notre travail de civilisation commence ici : reformuler un code de combat impliquant le souci de l’ennemi. Qui ne veut pas être responsable d’un ennemi a déjà cédé à la tentation du pire. Vouloir être responsable de son ennemi : ce serait le geste primordial d’une éthique civilisatrice des conflits ». (2)
Nous sommes là au cœur du projet de la démocratie tout autant que de celui de l’évolution spirituelle de l’être humain. L’ambition de la démocratie est de faire place en son sein à celui qui est considéré comme un adversaire, refusant d’en faire un ennemi absolu. L’évolution spirituelle de l’homme passe par la capacité s’assumer le mal qu’on porte en soi en cessant de le projeter sur les autres. Cela conduit à une éthique où je me découvre responsable de tous les autres. Et donc à accepter que celui que je pense porteur du mal ou de l’erreur continue à faire partie de la cité. Se découvrir responsable de son ennemi ne traduit pas l’abandon à une vague tolérance inefficace et sirupeuse, mais constitue un appel à ma responsabilité. Il ne s’agit pas de fuir nos engagements pour se réfugier dans une improbable neutralité, mais de mener de front le combat contre l’inacceptable, nos propres complicités avec ce que nous dénonçons et le refus de réduire l’adversaire au rôle de bouc émissaire de nos peurs.
- 1 Cf. Noël K. Salathé, Psychothérapie existentielle, une perspective gestaltiste, pp. 53-108. On peut se le procurer auprès du Cifpr.
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- Formations modulaires
- Formation psychopathologie
RGPP
La RGPP (1) : Réforme générale des politiques publiques.
Document officiel à l’usage des administrations. Après un audit réalisé par des équipes de consultants privés et publics un planning de démantèlement d’une ampleur jamais atteinte est mis en place.
L’objectif affiché est de réduire les coûts. Les méthodes utilisées sont celles préconisées par des cabinets anglo-saxons, faisant référence aux procédures inventées au Japon pour optimiser la production dans l’industrie automobile.
La notion de service public est balayée par le tout libéral. Seuls les coûts ont une réalité, toutes notion de solidarité disparait. Les services sociaux, formation, éducation, soins, défense, politique étrangère, tout ce qui ne rapporte pas de finance est frappé. Un planning de démantèlement minutieux est établis, par ministères, services et par type de politique (pour atteindre les organismes subventionnés non fonctionnaires). Texte provenant du site critique de la RGPP.
La mentalité d’entreprise rétrécit le sens de l’État au concept de rentabilité financière. Dans le domaine devenu psy d’État – nouveau titre réservé de psychothérapeute –, cela s’entame par le ravage de la psychiatrie en santé mentale et le ravalement du soin au sécuritarisme mais cela ne fait que commencer. Les psychopraticiens relationnels exerçant en cabinet, provisoirement relativement à l’abri de cette tornade institutionnelle, demeurent, par leur assise dans le cadre du Carré psy, affectés par la dégradation de la pratique de leurs partenaires.
Cf. également ici même la reprise par Philippe Grauer d’une communication de Vincent de Gaulejac à la Journée d’étude de l’Affop et du SNPPsy (organisée par Arlette Gastine) intitulée Psychothérapie et sociologie.
Cf. encore : RGPP : rationnement général pour le public.
- 1 Révision générale des politiques publiques, lancée le 20 juin 2007.
- les 39 : fonction soignante et pratiques du collectif
- Symptômes formatés ou responsabilité du sujet ?
- Le psychothérapeute, le psychologue(-psychanalyste) et le psychopraticien relationnel
Le RNCP est le Répertoire national de la certification professionnelle. Il permet de répertorier toutes les formations et titres certifiés par la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle). Porte d’entrée de l’officialisation des écoles de formation à la ***. Tout est là : à LA psychothérapie (pour la justification du LA voir à psychothérapie ici-même) ? anomalie ? encore diriez-vous à la psychopratique ! mais en spécifiant qu’il ne s’agit que de bien-être. Un joyeux fourre-tout celui là — de techniques d’ailleurs, et non de méthodes —, où l’on retrouvera Madame Irma, cristalologue, des masseurs plantaires, des aromathérapeutes, et pourquoi pas le marabout du coin, toutes techniques parfaitement licites par ailleurs, dont certains imposteurs ne se privent pas de prétendre à la (?) psychothérapie, genre n’importe quoi, on arrive à la charlatanerie, voir le terme charlatan dans ce même lexique, affaire de confusion de métiers, vaste question chez les psys, mais pas forcément chez eux seulement, ne nous chargeons la barque. En tout cas nous n’avons rien à voir avec la bien-êtritude, et refusons tout ce qui pourrait par résonnance sémantique, permettre la moindre confusion nous concernant. À chaque identité son mauvais objet. Bref ça tourne en boucle indéfiniment, voire en bourrique, la confusion battant son plein. Faisons le tour, vous allez voir.
Puisque le titre d’exercice professionnel (profession réglementée) de psychothérapeute est devenu réservé aux psychologues cliniciens, nous avons dû nous redénommer en instituant le titre d’exercice professionnel alternatif (profession autoréglementée), passant de l’appellation de psychothérapeutes relationnels[1] à celle de psychopraticiens relationnels.
Puis, nous disant la porte de la Santé fermée, passons par la fenêtre, le ministère du travail. Toc toc ! c’est nous les psychopraticiens (sans autre précision), pourriez-vous nous répertorier comme métier ? certes nous répond le ministère concerné, je vais en parler au ministère de la Santé. L’administration française est bien faite. Consulté et coordonné, le ministère de la Santé répond, oui, mais vu le statut de psychothérapeute, psychopraticien (profession autoréglementée) doit être distingué de tout ce qui pourrait l’apparenter à psychothérapeute, et bien entendu à psychothérapie, territoires sémantiques de la profession réglementée de psychothérapeute, inscrite dans le cadre légal du titre d’exercice professionnel de psychothérapeute, réservé aux psychologues. Ça y est vous avez compris ? sinon, relisez le après ingurgitation, pour les non juristes, de paracétamol.
Facile donc, on installe nos fringants impétrants à la case bien-être. Même les responsables de la FF2P, qui ont les idées larges, ne les ont pas larges à ce point, vu que leurs membres se réclament de la pratique de LA psychothérapie (sans davantage définir ce terme, surtout pas, mais alors ça déborde et on ne sait plus ce que parler veut dire ni qui est qui et fait quoi). Et ça prend des années de négociations palinodiques. L’essentiel pour la fédération en question consistant à être en négociation : voyez nous défendons la profession. Le ministère s’y prête, voyez nous acceptons le principe de la concertation, aussi laborieuse soit-elle, pourvu évidemment que nous bougions pas, sur le fond, d’un iota, car nous ne le pouvons, comprenez nous, absolument pas. Et chacun se comprend et chacun renégocie un round de plus, et plus ça dure et plus c’est la même chose et plus ça continue de durer. Et plus la FF2P a l’air de défendre et représenter à juste titre (essayons d’éviter ce mot en la circonstance !) la profession beaucoup mieux que l’AFFOP et le SNPPsy qui, ayant compris, ne sont point entrés dans ce tourniquet factice.
Vous voici initiés à la politique professionnelle psy du côté des héritiers de la psychologie humaniste américaine. Comme vous voyez c’est comme partout, avec les syndicats. Et comme partout avec les originaux avant-gardistes qui n’entrent pas dans la case.
Ainsi, histoire aussi de gros sous, et peut-être (peut-être seulement, on arrête de se faire peur) de survie des écoles, dans le cadre général d’une refonte de la formation permanente, ne seront susceptibles de recevoir des fonds destinés aux personnes en reconversion, que les métiers répertoriés. Et celui de psychopraticien — sans plus, sans déterminant genre psychopraticien relationnel — doit relever d’autre chose que l’administration de soins psychiques à personne en souffrance. En gros la souffrance c’est affaire de maladie, et la maladie c’est l’affaire de la médecine. Avec une sorte de marge intégrée pour la psychologie (clinique, ie maladie) avec la psychothérapie, puisque thérapie = médecine, donc psychiatrie, et par exception psychologie. Alors psychopraticien, déjà on vous laisse le radical psycho, par grandeur d’âme, mais n’en demandez pas davantage.
Même, nous sommes disposés à vous enregistrer RNCP mais à la seule place convenable, on vient de vous le dire, de prestations de bien-être. À ces conditions vous serez susceptibles de voir subventionner les études des personnes en reconversion dans vos écoles de bien-être, à hauteur de bac + 3. Autrement dit on vous déclasse et vous subventionne à la condition que vous renonciez à cette prétention insistante de ressortir du domaine de la psychothérapie et à faire semblant d’être des psychothérapeutes.
Imparable. Si vous voulez devenir psychothérapeutes prenez la queue comme tout le monde, devenez psychologues ! sinon, bien-être ! Restons logiques.
Nous n’avons pas achevé cette entrée mais déjà avec ça vous voici sensibilisés à la question d’une paradigmatique psy, qui renvoie — évidemment tout est structuré selon un champ sémantique complexe, qui renvoie disais-je, au cadre du Carré psy.
Pour en savoir davantage, il faudra encore lire l’historique du débat de politique professionnelle relatif aux conflits qui sont apparus dans l’histoire du GLPR.
[1] Et non psychothérapeutes tout court, car déjà alors, en 1981, il fallait, dans le cadre de l’autoréglementation qu’avait institué le SNPPsy, distinguer le tout venant de la profession, non par nos soins certifié, de la population distinguée par la titulature que nous avions mise en place. Titulature remplissant la fonction de ce que le législateur, qui s’en est inspiré, a créé avec le cadre de titre d’exercice professionnel. Finalement alors c’était déjà le terme relationnel (Philippe Grauer,1997, SNPPsy 2000) qui instituait la différence.
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SANTÉ MENTALE (1) = bien-être émotionnel et cognitif ou absence de trouble mental. « Le terme relativement récent et polysémique. Habituellement, la santé mentale est perçue comme l’ « aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable, efficace et à faire face avec souplesse aux situations difficiles en étant capable de retrouver son équilibre. »
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la santé mentale en tant qu’ » état de bien être dans lequel l’individu réalise ses propres capacités, peut faire face aux tensions ordinaires de la vie, et est capable de contribuer à sa communauté« . In Wiki, qui poursuit (article modifié par nos soins) :
« Il n’existe aucune définition officielle de la santé mentale. Il existe différents types de problèmes sur la santé mentale, dont certains sont communs, comme la dépression et les troubles de l’anxiété, et d’autres non-communs, comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire.
Les autorités politiques sanitaires françaises reconnaissent une triple dimension à la santé mentale :
– la santé mentale positive relative à l’épanouissement personnel – dont s’occupe le développement personnel
– la détresse psychologique réactionnelle, induite par les situations éprouvantes et difficultés existentielles – que prend en charge la psychothérapie relationnelle et la psychanalyse, et dans les cas plus légers les psychologues(1)
– les troubles psychiatriques de durée variable et plus ou moins sévères et/ou handicapants. Ces troubles renvoient à des classifications diagnostiques s’appuyant sur des critères, et à des actions thérapeutiques ciblées, que prend en charge la psychiatrie »
Ce qui fait du concept une entité mange-tout, ayant tendance à vouloir abriter indûment sous son psychocaducée la souffrance quotidienne qui n’a rien à voir avec la maladie.
b) quand on a besoin de soinsSANTÉ MENTALE (2) – point de vue de la Médecine
Ces §§ indexés [4] & [5] proviennent d’une étude de N. Garret-Gloanec, en co-signature avec J.F. Allilaire et J.M. Thurin, qui a précédé la crise Accoyer, appartenant à la rafale de rapports autour des publications de l’Académie de médecine, qui préconisait de faire main basse sur le titre de psychothérapeute, sur l’essentiel de la psychothérapie, et de réduire au maximum la psychanalyse. On se reportera au {Livre blanc de la Fédération française de psychiatrie d’où nous les extrayons. PHG}. Jacques-Alain Miller a beaucoup fait pour dévoiler ce pot aux roses, derrière le rideau de fumée populiste contre « les charlatans et les sectes(2). »
[4.] Psychiatrie et besoin de soins(3« )Reste les questions qu’une économie de la santé doit nous amener à poser : Que soigne t-on ? Comment pouvons-nous déterminer les besoins de soins ? Ceux-ci relèvent-ils uniquement de la psychiatrie ?
La psychiatrie soigne autant les symptômes, que les maladies, les troubles, les conduites ou les comportements. Nous avons précédemment vu comment elle replaçait la plainte dans une analyse globale et psychopathologique afin de poser l’indication de soin en terme de pertinence, de nature et de complémentarité. Le psychiatre est le seul à même ce jour d’en préciser légitimement la nécessité. Il ne peut cependant effectuer cette évaluation que pour les personnes qui le consultent, ce qui ne recouvre pas obligatoirement l’ensemble des besoins de soin d’une population, nombre de personnes n’accédant pas, pour de multiples raisons, au spécialiste.
La réponse soignante apportée par la psychiatrie est interrogée dans sa pertinence. Tous les patients qui lui adressent une demande ont-ils légitimement (et économiquement) besoin d’un tel soin ? Y aurait-il des personnes souffrant de troubles psychiques qui n’auraient pas accès à ces soins pour des raisons géographiques, sociales, inhérentes à la pathologie et à sa reconnaissance par la personne ? Qui enfin est à même de décider ce qui ressort de la psychiatrie et ce qui ne l’est pas ? Enfin quel champ la psychiatrie recouvre t-elle ?
Si nous nous référons au livre de Viviane Kovess Planification et évaluation des besoins en santé mentale, le besoin est une notion complexe et nécessaire, semble-t-il, pour la planification. Toute personne qui présente un problème de santé mentale ne ressent pas forcément un besoin de soin. Le besoin de soin se conçoit également en fonction des modalités de soins et des professionnels disponibles. Le besoin est là de nature économique avant d’être d’essence individuelle. Certes, le diagnostic psychiatrique et la mesure de la détresse psychique sont des composantes retenues mais la troisième composante représentée par le retentissement des troubles dans les différents domaines de la vie quotidienne s’avère la plus pertinente d’autant que ces trois dimensions ne se recouvrent que très partiellement.
Le besoin de soins psychiatriques se réfère aux symptômes, à leur durée et à leur retentissement sur les activités de la vie du sujet, gradué en catégories.
Dans cette analyse du besoin de soin, les études ne s’en tiennent pas au champ de la psychiatrie qui n’entre pas en adéquation totale avec ce besoin. Nous glissons rapidement vers la détermination du besoin de soin en santé mentale dont les interventions ne sont plus alors limitées au secteur médical mais étendues au champ social. Ce qui prime alors dans cette conception est le retentissement sous forme de souffrance psychique ou de handicap social.
Largement utilisée dans les pays anglo-saxons, la modélisation des besoins se fait en fonction d’indicateurs socio-économiques. Les études épidémiologiques montrent que la plupart des problèmes de santé mentale sont liés à des variables sociales simples : sexe, âge, statut d’emploi en statut social, statut matrimonial ou le fait de vivre seul. Ces corrélations, nous dit encore V. Kovess, ont amené à utiliser des variables sociales pour inférer la prévalence des problèmes.
Ce qui est frappant dans cette intéressante publication c’est le glissement rapide du besoin de soin en psychiatrie à celui en santé mentale, du passage d’une définition psychiatrique à celui d’une définition sociale. La santé mentale est implicitement associée à une configuration sociale qui déterminera l’équation « indicateurs sociaux = besoin de soins », enfin le soin n’est plus l’apanage des psychiatres et de leurs collaborateurs mais de nombreux acteurs de santé mentale.
[5.] nature de la santé mentaleLa santé mentale nécessite cependant d’être précisée dans sa nature. Est-elle un euphémisme pour parler de la psychiatrie, la maladie mentale constituerait alors le reflet négatif (la maladie mentale comme le contraire de la santé mentale ?) La santé mentale est-elle une partie de la santé publique s’intéressant à la dimension psychique ? Ou alors est-elle un savoir sur l’équilibre psychique ?
Ces différentes définitions oscillent d’une vision individuelle du sujet à celle plus globale du socius, du champ de la psychopathologie et de la clinique à celui du social.
L’OMS en donne une définition officielle qui n’est plus celle de l’absence de maladie mais d’un état complet du bien-être physique, mental et social. La santé mentale est le résultat d’une interaction entre l’environnement, la société et les individus qui la composent.
Le groupe sur les indicateurs de santé en Angleterre mis sur pied par le Mental Health Authority reprend la définition de l’OMS et précise que la santé mentale est un équilibre mais aussi la capacité de ressentir les sentiments extrêmes, d’être heureux et malheureux, plein d’espoir et désespéré.
Ainsi suivant les définitions choisies par une société, le rôle central est donné à l’individu ou à la société dans sa fonction de maintenir ou non la santé mentale des individus.
Ce choix est déterminant dans l’orientation d’une politique de santé mentale qui penchera vers un développement « médical » coordonné par la psychiatrie des réponses aux besoins de soin ou bien vers celui plus social et hygiéniste (autour des facteurs de risque) où le soin ne relèvera pas directement d’un processus sanitaire. L’un a une approche thérapeutique individuelle (basé sur la psychopathologie) s’élargissant à travers les actions de prévention, l’autre approche est celle des populations, de l’éducation pour la santé s’affinant dans des traitements formalisés (protocoles).
Nous ne pouvons opposer ces deux conceptions qui bénéficieront de leur complémentarité. Toutefois, une politique de santé mentale devra définir ses priorités dont on sait que l’influence sera plus idéologique que scientifique mais où l’analyse économique de la santé pèsera de tout son poids. Les professionnels de la psychiatrie que nous sommes ont leur avis d’expert à donner sur le sujet afin d’en orienter les choix déterminants pour la population.
Les différents rapports commandés par les ministres successifs, le plus souvent à des hommes de l’art, ouvrent cette problématique entre psychiatrie et santé mentale, se conjuguant souvent dans un rattachement renforcé à la dimension médicale d’une part et dans l’inscription communautaire de l’autre. Il y a toujours cette hésitation entre la réponse technique, rapide et courte à la pathologie dans sa période aiguë et le reflux dans le social de la chronicité, se justifiant par le communautaire. Hésitation également entre la prise en compte de la souffrance psychique dans une définition sociale ou sanitaire. La chronicité en psychiatrie impose une réflexion d’autant plus importante que le statut d’handicapé est de toute autre nature que celui de malade. Ces deux champs sont, en théorie, croisés et ne sont plus exclusifs grâce à la classification de Wood. Cependant nous constatons, dans la réalité, un accès différent au dispositif de soin psychiatrique suivant la trajectoire prise par la personne en fonction de son statut de malade ou d’handicapé. L’influence du glissement vers le médico-social ou vers le social est considérable. Le handicap classifie et permet un ordonnancement qui facilite les prévisions de coûts comme leur transfert (de l’assurance maladie vers le champ de la dépendance, de l’État vers la Région). La souffrance psychique considérée dans une dimension sociale évite aussi son intégration dans le système sanitaire, légitime nombre d’acteurs du champ social, met en œuvre une politique de réseau à coordination sociale et organise plus aisément une prévention sous forme d’éducation à la santé ou de dépistage de facteurs de risque (là encore majoritairement sociaux ou comportementaux).
c) quand on veut médicaliser le psychisme
SANTÉ MENTALE (3) : psychopathologie clinique à la médicale
La santé mentale est alors un concept venu se substituer à celui de psychopathologie clinique (université, psychologie), recouvrant le concept médicaliste de soin (au sens de traitement), correllé à celui de maladie et de dysfonctionnement compartimenté en liste de troubles. Les troubles prétendant périmer une conception globale de la personne dont les dysfonctionnements psychiques, symptômes, font sens.
2 – INSTITUTIONIl s’agit également d’une institution remontant au XIXème siècle sous l’appellation d’hygiène mentale. La santé mentale englobe et relaye la psychiatrie reprise par la neurologie et passée en mode DSM, avec abandon de la référence à la psychanalyse qui l’avait hégémonisée dans les années 1960-70, et homogénéisation du champ psy autour du scientisme médicaliste.
psychocaducée
À la lecture du logo illustrant l’entrée Cadre juridique de la santé mentale en France à Wikipédia [à venir l’importation dudit logo, représentant un caducée intégré à la lettre psy], on se prend à comprendre que la santé mentale vise à médicaliser la plus grande surface possible du Carré psy :
« Aujourd’hui le titre de psychothérapeute est réglementé en France. Il sanctionne la validation d’un cycle de spécialisation théorique et pratique en psychopathologie effectué après des études universitaires de médecine (doctorat de médecine), de psychologie (M2 de psychologie) ou de psychanalyse (M2 de psychanalyse). Il constitue un titre commun partagé par des professionnels issus de formations distinctes et complémentaires. Les psychothérapeutes sont inscrits au registre ADELI(4) qui regroupe l’ensemble des professionnels de santé, ils exercent sous la surveillance de l’agence régionale de santé dont ils dépendent et un registre des psychothérapeutes peut être consulté en préfecture. Par dérogation certains professionnels ne disposant pas des diplômes universitaires exigibles mais pouvant justifier de plus de cinq années d’exercice à la date de parution de loi peuvent être admis à porter le titre de psychothérapeute après un passage devant une commission spécialisée et un éventuel complément de formation. »
extra-territorialité
Ce que dit le § précédent est parfaitement exact. Les psychologues qui ont toujours refusé leur inféodation au médical apprécieront. Les psychopraticiens relationnels (SNPPsy) de leur côté, apprécieront de se retrouver investis d’une extra-territorialité abandonnée en rase campagne par nombre de psychologues-psychanalystes. Ils maintiendront cette charge et cet honneur.
Philippe Grauer
Le nouveau sujet de la santé mentale
Il s’agit d’un sujet conçu comme un individu entrepreneur de lui-même, qui possède un capital bio-psycho-social qu’il doit rentabiliser comme une entreprise, au mieux de ses idéaux de performance. L’individu est conçu comme une micro-entreprise libérale, autogérée et ouverte à la concurrence et à la compétition, qui peut produire ce qu’elle veut pour sa propre satisfaction à condition de respecter un certain nombre de règles du marché qui sont sans cesse réajustées. Pour prendre un exemple, on voit bien comment l’identification sexuée, que d’aucuns appellent le genre, a une plus grande marge de tolérance sur le marché des valeurs sociales, dans la postmodernité, que ce ne fut le cas dans les années cinquante ou soixante. On voit bien comment certaines formes d’addiction peuvent être tolérées, par exemple, une addiction à la consommation, aux jeux vidéo, au travail, aux médias, alors que c’est de moins en moins le cas pour le tabac et l’alcool, ou pour des drogues douces ou dures. Ce nouveau sujet de la santé mentale, c’est vraiment le sujet produit par le néo-capitalisme ou le capitalisme financier. Le sujet de la folie : le moi divisé.
Extrait de Divergence psychopathologie / santé mentale.
Roland Gori
le terme de SANTÉ MENTALE
Le développement intense de l’arsenal législatif corrèle à l’apparition du terme. Le renouvellement de la psychopharmacologie avec les antipsychotiques atypiques et les antidépresseurs sérotoninergiques.
Évolution de la législation
En 1990, se produit une modification sémantique dont la portée ne sera pas négligeable pour les années à venir en psychiatrie, pour l’évolution à moyen terme de la discipline.
On note, en effet,
– d’une part des courants tendant à rapprocher la psychiatrie de la médecine et à élaborer des législations visant à l’intégration des services de psychiatrie au sein des hôpitaux généraux ;
– d’autre part, la première démarche visant à modifier l’appellation de psychiatrie et à lui substituer le terme de santé mentale. Il s’agit d’une reprise d’un terme ancien qui figurait déjà dans la circulaire de secteur du 15 mars 1960. A l’époque, ce terme était en lien avec la pathologie psychiatrique lourde. Elle visait à montrer et à démontrer que même les grandes pathologies ne devaient pas inspirer de résignation mais au contraire, avec une modification de la prise en charge, étaient susceptibles d’évolution vers un sens plus favorable, permettant de retrouver un certain équilibre dans le fonctionnement psychique. Ce terme était également associé aux structures dites « dispensaires de santé mentale« ; ce qui, dans l’esprit, permettait d’alléger l’impact du mot psychiatrie, qui faisait toujours peur et avait une nette connotation négative.
– En 1990, l’esprit s’est modifié. Le contenu du terme santé mentale vise cette fois à permettre une extension des interventions en psychiatrie vers les problèmes médico-sociaux, vers les problèmes d’adaptation, vers les problèmes de réaction dans les situations de stress, actions déjà très développées dans le monde anglo-saxon.
La matérialisation de ces différentes initiatives se traduit dans les textes qui vont se succéder tout au long de la décennie 1990.
Dr Jean-Marie BORAUD in Histoire de la psychiatrie
inscrire les soins dans la durée
L’accompagnement et le soin de la souffrance psychique s’organisent désormais dans un vaste marché où se juxtaposent psychiatrie de l’adulte, psychiatrie de l’enfant, champ médico-social (Foyers médicalisés, maintien à domicile, scolarisation des enfants handicapés…) et social (SAVS, GEM)… En psychiatrie adulte, les hospitalisations à temps plein se réduisent à des séjours de plus en plus courts. On se contente d’attendre souvent de ces hospitalisations brèves un amendement rapide des symptômes sans que l’on prenne le temps de construire une alliance thérapeutique permettant d’inscrire les soins dans la durée, ni de d’engager un redéploiement de moyens permettant un véritable accompagnement et des soins de qualité. Les acteurs du champ social, de leur côté, se trouvent pris de court par l’arrivée en nombre de personnes souffrant de graves troubles psychiques : leur formation ne les a pas préparés à cette nouvelle pratique de l’accueil et de l’accompagnement, qui, pour être opérante doit nécessairement intégrer la dimension clinique.
sanitaire, social, scolaire
Enfin, les équipes travaillant auprès d’enfants en difficulté psychique se trouvent confrontées à la double injonction d’accueil de leur mode d’être spécifique et de normalisation intégrant notamment la scolarisation. Dans ce contexte, les différents praticiens, du sanitaire, du social ou du scolaire s’observent mutuellement d’un œil méfiant, les uns se sentant dépossédés de leur savoir clinique au profit d’autres qui, de leur côté, se sentent ignorés voire méprisés, par les premiers.
clinique
Pourtant, la clinique, qu’elle concerne la psychose, l’autisme infantile ou les troubles du développement, nous convoque au point de jonction de ces différents champs de savoir, au carrefour de l’aliénation sociale et de l’aliénation mentale qui déterminent tout être humain et servent d’appui à toute démarche clinique, qu’elle soit à dominante thérapeutique, éducative ou pédagogique.
population à risque – classes dangereuses
Par Roland Gori
L’évolution actuelle de la psychiatrie vers la santé mentale ne repose pas sur une exclusion stigmatisante mais au contraire sur une inclusion toujours plus étendue des populations dites « à risques » de par l’extension sociale de la norme et des dispositifs de contrôle. Il y a donc véritablement un gommage anthropologique de la folie et des souffrances psychiques et sociales, lesquelles se trouvent réduites à des troubles du comportement.
la psychiatrie rebaptisée santé mentale
Cette extension sociale de la norme et des dispositifs de gestion des populations à risques explique tout autant la transformation des savoirs sur la folie que les injonctions techno-administrative modifiant les pratiques des soignants. La préférence pour les savoirs neuro-génétiques, au-delà de ce que les recherches du même nom apportent, disculpe la société de la part qui est la sienne dans la fabrique de la folie et justifie le traitement des déviances sociales par des dispositifs sécuritaires de dépistage et de gestion des risques, supposés biologiquement déterminés. Du coup la psychiatrie, rebaptisée santé mentale, inclut toujours plus de personnes dans son dispositif, permet des intrusions de plus en plus précoces et de plus en plus féroces dans les espaces de l’intimité. Cette recomposition idéologique du champ de la santé mentale bouleverse les pratiques soignantes au profit d’une gestion toujours plus instrumentale au sein de laquelle le patient psychiatrique, notre frère en vulnérabilité psychique et sociale, se trouve pris dans les rêts d’une médicalisation qui le chosifie et l’expose à la marchandisation autant qu’à la violence déshumanisante.
statut social de victime
En contrepartie de cette nouvelle forme de capture des souffrances psychiques et sociales dans des dispositifs frénétiquement sécuritaires et biologisants, les patients et leurs familles se voient concédés un statut social de victime (de leur nature ou de leur environnement), de porteurs de handicaps à dédommager ou de clients de soin à satisfaire.
démantèlement de la psychiatrie
Ce démantèlement de la psychiatrie n’a été possible, là comme dans les autres services publics, que par une alliance idéologique libéro-libertaire mettant en pièces le pouvoir psychiatrique en tant que représentant du pouvoir de l’État, dans ses fonctions psychiques autant que sociales, et la colonisation progressive de ce champ de ruines par les forces du marché. Ainsi s’explique peut-être la violence de certains affrontements théoriques et institutionnels, par exemple à propos de la petite enfance ou des traitements psychiatriques, moins par la nécessaire confrontation scientifique de leurs résultats ou de leurs concepts que par leurs utilités sociales et politiques.
expérience tragique de la condition humaine
Aujourd’hui, il s’agit moins d’exclure le fou que d’inclure toujours plus au nom de la dangerosité qu’ils représentent les individus et les populations à la marge, façon comme une autre de masquer un retour des classes dangereuses que les crises financières et économiques autant que politiques et culturelles favorisent. Les documentaires proposés retracent le moment fécond d’expériences innovantes montrant qu’il est possible de prendre soin de la folie et de la souffrance psychique, point de réel de toute « humanité dans l’homme ». À distance du pouvoir asilaire qui exclut, autant que de la contrainte normative des réseaux de santé mentale qui appauvrissent le vivant dans sa diversité et sa singularité – ce qu’illustrent certains documentaires – d’autres attestent de l’histoire sans cesse recommencée de ceux qui prennent soin de la folie en tant qu’elle reflète l’expérience tragique de la condition humaine et la manière dont une société la capture et la qualifie.
Roland Gori mai 2011 in ciné folie aux Luxembourg
Le Monde, 8 mars 2013
Les pathologies psychiques de l’individu naissent de tensions socialespar Alain Ehrenberg
Sociologue, directeur de recherche au CNRS et à l’EHESS
Depuis plus de deux décennies, les professionnels de santé mentale décrivent des manières de souffrir caractérisées par des sentiments d’insuffisance à l’égard des attentes sociales et dans lesquelles l’estime de soi tend à s’effondrer.
Cette souffrance leur apparaît nouvelle en ce qu’elle est moins caractérisée par des problématiques du conflit que par des problématiques de la perte dans lesquelles la peur de ne plus y arriver, le sentiment de ne pas être à la hauteur des attentes, de ne plus pouvoir se mobiliser pour assurer dominent le tableau.
La capacité à agir et à se projeter dans l’avenir est au coeur des difficultés du sujet. Tous s’accordent sur ce point. Parfois, on le constate trop régulièrement depuis quelques années, cette incapacité engendre un désespoir tel qu’il conduit aux pires extrémités – jusqu’à une immolation, acte qu’on croyait le privilège de sociétés ne faisant pas encore partie de la modernité individualiste démocratique.
La nouveauté est que la souffrance psychique est devenue une souffrance sociale, une souffrance dont l’étiologie réside dans la société et dont la substance est la difficulté d’agir. La notion émerge et se diffuse au croisement de deux grandes transformations : les normes et les valeurs de l’autonomie sont devenues notre condition ; parallèlement, et nouées à l’autonomie, les questions de santé mentale sont passées au centre des préoccupations.
Au cours des quatre ou cinq dernières décennies, les normes et les valeurs de choix, de propriété de soi et d’initiative individuelle, mais aussi d’indépendance, de compétition et de coopération ont progressivement imprégné l’ensemble de la vie sociale. Elles ont conduit à une accentuation de la responsabilité de chacun à l’égard de ses actions.
Dans l’entreprise, par exemple, l’organisation taylorienne/fordienne du travail consiste à coordonner l’action en divisant le travail et en soumettant les salariés à une discipline mécanique sous la houlette de l’ingénieur. L’équation personnelle est faible.
L’organisation du travail flexible, comme le rappelle déjà en 1995 un rapport de prospective du Commissariat général du Plan, » Le travail dans vingt ans « , passe par » la capacité à mobiliser ses connaissances pour résoudre des problèmes, le raisonnement, la capacité à communiquer en groupe, la créativité (…) à tous les niveaux alors qu’autrefois les compétences étaient l’apanage de l’encadrement. Le maître mot est celui d’anticipation, qu’il s’agisse de réagir à l’imprévu dans son travail de tous les jours ou de pouvoir affronter des changements techniques ou organisationnels « .
Le problème n’est alors plus la coordination de l’action, mais la coopération des individus. On passe du travailleur qualifié, pour lequel la discipline visait à la mécanisation de l’obéissance, au travailleur compétent, qui doit adopter une ligne de conduite. L’équation personnelle est forte. La discipline change de signification : elle est subordonnée à la visée d’obtenir de l’initiative individuelle et donc des capacités à s’auto-motiver.
L’autonomie est un système de relations sociales orienté vers le développement intensif de l’initiative personnelle. Elle implique une mobilisation des dispositions individuelles et met donc en relief tout ce qui relève de la personnalité ou du caractère des salariés.
De là, la centralité de la santé mentale et, à travers elle, du souci pour les émotions, le contrôle émotionnel et pulsionnel. La psychiatrie est la discipline médicale qui s’occupe des pathologies invalidant la liberté et la vie de relations de l’individu. La santé mentale en est une extension dont l’objet est fait des multiples problèmes relationnels (familiaux, de travail, d’école, de couple, etc.). Sa particularité est qu’elle traite de la socialité de l’homme d’aujourd’hui en attribuant des causes ou des raisons à des problèmes, très généralement liés à des relations sociales – la souffrance au travail, la phobie scolaire, l’hyperactivité de l’enfant, le stress post-traumatique, etc.
La santé mentale est connectée à l’autonomie de la façon suivante : aux changements dans la manière d’agir qu’est l’autonomie correspondent des changements dans la manière de subir qui renvoient à la souffrance sociale. L’adjectif social désigne une extension d’usage du concept de souffrance psychique : d’une raison de se soigner à une raison d’agir sur des relations sociales perturbées.
Aujourd’hui, l’expression de problèmes, conflits ou dilemmes dans les termes de la souffrance individuelle est une déclaration qui a une valeur pour agir sur un problème commun : le suicide d’un salarié est ainsi, à tort ou à raison, le marqueur tragique du mauvais fonctionnement des relations du travail de l’entreprise à laquelle il appartenait.
La santé mentale est un jeu de langage permettant de donner forme à des conflits de relations sociales. Il fait quoi ce jeu de langage ? Il met en relation malheur personnel et relations sociales perturbées (injustes, perverses ou traumatisantes). Il permet ainsi l’expression socialement réglée de la plainte, car la plainte est un acte de parole, ce qui veut dire qu’elle est adressée à des interlocuteurs qui doivent la comprendre et l’utiliser pour agir. En ce sens, ce langage unit le mal individuel à un mal commun.
Les pathologies de la vie de relations sont devenues des pathologies sociales, c’est-à-dire de malheurs personnels dont la signification réelle réside dans les désordres du groupe – ceux de l’entreprise, de la politique, voire du monde en général. Leur valeur de critique sociale et politique est le fruit d’un contexte par lequel l’injustice, l’échec, la déviance, le mécontentement ou la frustration tendent à être évalués par leur impact sur la subjectivité individuelle et sur la capacité à mener une vie autonome.
Tout cela trouve dans la santé mentale un espace de représentations collectives à travers lequel s’exprime l’attitude de nos sociétés à l’égard de l’adversité et de l’infortune produites par des relations sociales.
Autrement dit, la santé mentale est la forme individualiste de traitement de ce que les Grecs appelaient les passions – le pathos désignant ce qui vous affecte et vous emprisonne, le subi, la souffrance. En elle s’intriquent nos régimes d’action et de passion.
© Le Monde
Entrée non datée (2011 ?), mises à jour : juin 2011 – 12 août 2011 – 8 mars 2013 –
- 1 Évidemment, tenir compte que les psychologues psychanalystes jouant sur les deux registres, brouillent la figure, jouant de l’un en surimposition de l’autre alternativement.
- 2 Ensuite il a tiré les marrons de la Cause freudienne du feu et est parti avec. Ainsi procèdent de nombreux gloires de ce monde.
- 3 Soins au pluriel au moins ne trompe pas, il s’agit des soins médicaux, dans le cadre d’un traitement. Le soin qu’on prend de soi auprès d’une autre professionnel du soin-souci, de la psychothérapie relationnelle ou de la psychanalyse, c’est tout autre chose.
- 4 Vous êtes, médecin, pharmacien, chirurgien-dentiste, sage-femme, infirmier, infirmier de secteur psychiatrique, masseur- kinésithérapeute, orthoptiste, orthophoniste, audioprothésiste, pédicure-podologue, opticien-lunetier, ergothérapeute, manipulateur d’électroradiologie médicale, diététicien, psychomotricien, orthoprothésiste, podo-orthésiste, orthopédiste-orthésiste, oculariste, épithésiste, assistant de service social, psychologue, vous avez l’obligation de faire enregistrer votre diplôme au sein du répertoire ADELI (à l’exception des professionnels de santé exerçant dans l’armée).
(Arrêté du 27 mai 1998 – Journal Officiel du 17 juillet 1998).
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
Avec La sociologie clinique, enjeux théoriques et méthodologiques, Vincent de Gaulejac, Fabiennen Hanique, Pierre Roche (Érès, 2012, 398 p.-) plaident pour une sociologie clinique. Leur réflexion nous conduit à une meilleure définition de la clinique et ce faisant nous introduit au domaine non encore défini et constitué en tant que tel des sciences humaines sociales cliniques – SHSC, tant il est vrai que ce qu’ils caractérisent de la sociologie vaut pour la psychosociologie et pour la psychothérapie relationnelle.
Les sciences humaines cliniques, inspirées entre autre de la pensée de Georges Devereux, se définissent comme sciences de la subjectivité, et récusent le mécanicisme inapplicable à leur domaine du scientisme qui tente de neutraliser « scientifiquement » le jeu de l’intersubjectivité en matière de recherche en sciences humaines, méthode tout simplement contre-productive, l’intersubjectivité constituant la ressource méthodologique précisément du champ clinique considéré.
La querelle épistémologique à propos de l’évaluation et les prises de positons de l’Inserm en faveur du comportementalisme contre la psychanalyse, lors de la bataille des charlatans, exemplifie les enjeux scientifiques en cause.
PHG
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religion de la science
— « Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n’auront plus que des crédulités scientifiques. » Cette jolie phrase d’Anatole France dans L’hypnotisme dans la littérature, élégamment synthétique, le réhabiliterait à elle seule de l’opprobre dans laquelle l’ont tenu les surréalistes.
— Second exergue, une sentence de Saint Augustin citée par B. Odier dans un article en ligne (collecté le 8 août 2013) :
Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus (malheur aux aveugles qui mènent, malheur aux aveugles qui suivent).
— « Vision très en vogue chez les mâles blancs éduqués de plus de 60 ans qui consiste à penser que la science a toujours tout résolu et qu’elle continuera à trouver des solutions » — Éric Guyardi in … Le Monde Magazine, 21 décembre 2018, « Retour à un flagrant déni », qui revient sur la question de l’imposture climatosceptique de Claude Allègre. En matière de climat cela donne : « Ne vous embêtez pas, continuez à polluer tranquille, on va trouver un moyen de régler le problème. » Applicable aux déchets des centrales atomiques, cela donne des situation à la Ubu. Appliqué à la psychothérapie cela donne, les médicaments, les thérapies cognitivistes à protocoles, le DSM, la médicalisation de l’existence, voici, agrémenté de références neuroscientifiques et tempéré par un recours happycratique à l’injonction du bonheur par la méditation, la solution universelle aux personnes en difficulté psychique. Au scientisme psychothérapique bien enrobé nous proposons l’alternative de l’humanisme relationnelliste.
— Voir également l’article scientisme de Wikipédia. Bien fait.Au regard du scientisme, « foi dans l’application des principes et méthodes de la science expérimentale dans tous les domaines, » les sciences humaines ne pèsent pas lourd et la statistique a vite fait de supplanter dans les faits l’intuition clinique. La question est précisément celle de la substitution subreptice de la foi (on peut dire aussi la théorie, à ne pas confondre avec la vérité scientifique) à la méthode rationnelle critique.
L’idéologie qui en découle, largement développée dans le soviétisme et toujours en vigueur aux États-Unis, où elle voisine avec le New Age – la pensée mystico magique faisant le pendant à sa rigidité –, autorise tous les débordements, comme l’administration de camisoles chimiques psychiatriques aux opposants, ou l’administration, elle même abusivement médicamenteuse, de l’idéologie DSM mondialisée dans le domaine de la santé mentale (à quoi nous opposons la santé psychique) et l’extension à tendance hégémonique du comportementalisme répandu de nos jours sous les couleurs du cognitivisme et des neurosciences, il vaudrait mieux parler de neuroscientisme, précisément, brutalement opposé aux disciplines de la dynamique de subjectivation représentée à l’université par la psychanalyse hébergée en psychologie (qui cherche par tous les moyens à s’en débarrasser) et par la psychothérapie relationnelle, tenue par les tenants d’un scientisme populiste pour charlatanerie.
Pour le scientisme il n’est de science que dure, et les sciences humaines et cliniques ne devraient pas se dire sciences, puisque non infalsifiables – ce qui est exact. Le scientisme ignore l’existence d’une épistémè de la subjectivité, articulée au champ philosophique, que la psychologie « scientifique » tient en horreur.
couple scientisme – pensée magique
L’ennui avec le scientisme, c’est que sa rigidité engendre une contre rigidité, une sorte de véritable pensée flasque, consistant à gober sans capacité critique un discours spiritualo extrême orientalisant et des fragments non identifiés de pensée magico religieuse (Jung se trouve souvent embarqué dans cette direction, mais la question de la spiritualité et du mysticisme reste considérable dans notre domaine, s’agissant de la penser et d’en penser ou délimiter l’articulation avec la psychothérapie), assaisonné de propos pas toujours philosophiquement rigoureux sur l’erreur de Descartes, dont le discours de la psychothérapie relationnelle – et de la psychanalyse, doit se garder de la contamination.
3 octobre 2012 – mise à jour : 8 août 2013 – 17 mai 2014 –22 décembre 2018 —
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Au politiquement correct opposer le mépris civilisé
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
Avec ce mot valise nous entendons compacter le scientisme, religion de la science et le statisticisme, religion du Chiffre, qui aboutit à l’absurdité de l’application de systèmes de mesure sans rapport avec l’objet prétendument mesuré. Bien entendu la science et la statistique n’ont rien à voir avec la scientistique.
- Lacan, rebelle et tragique
- Problèmes de terminologie et de pratiques institutionnelles
- La psychanalyse chassée de l'université ? Trente ans d'Histoire pourraient basculer
sciences humaines et sociales cliniques
Le concept de clinique pour désigner une relation singulière engagée, intersubjective, entre le chercheur et le sujet avec lequel il entre en relation pour apprendre de lui, dans et par la relation, ce qui peut aussi parfois s’appeler relation participante, sous l’influence de la psychosociologie, s’élargit de nos jours de la psychothérapie à une partie de la sociologie.
voir aussi
– sciences humaines sociales cliniques
– glossaire
– Vincent de Gaulejac – RISQ
références
Vincent de Gaulejac, Nicole Aubert, Jacqueline Barus-Michel.
Entrée en travaux.
- Sciences sociales, le déclin français
– Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse.
Société savante située à l’hôpital Sainte-Anne (Bibliothèque médicale Henri Ey), fondée le 23 décembre 1982 par Claude Quétel, Jacques Postel et Michel Collée, qui en fut l’initiateur, la SIHPP s’est voulue ouverte à tous les chercheurs, qu’ils soient ou non psychiatres ou psychanalystes. Lors de sa première assemblée générale en 1986, elle est devenue Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse . Jacques Postel, aujourd’hui son président honoraire, fut son premier président, auquel ont succédé René Major de 1987 à 2007, puis Élisabeth Roudinesco, depuis mars 2007. Michel Plon a été son trésorier de 1994 à 2007, à la suite de François Bing, Guy Hanon et Olivier Husson. Vice-Président depuis 2016 : Philippe Grauer.
- Il y a un désir de fascisme dans ce pays
- Judith Miller contre Élisabeth Roudinesco et le Seuil : épilogue en Cassation
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
« Séminaire inter-universitaire d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse : association qui regroupe actuellement plus de 200 Maîtres de conférences et Professeurs des Universités en psychopathologie clinique — soit la majorité des enseignants-chercheurs français dans ce domaine. »
La polarisation psychopathologie / clinique n’est pas absente de cet ensemble, qui pourtant se maintient à l’équilibre pour protester contre la tendance majoritaire à l’université à l’heure actuelle à démanteler l’aire d’influence de la psychanalyse au profit d’un comportementalisme « scientifique » i.e. scientiste et scientistique, systématiquement envahissant et liquidateur de tout ce qui ne cadre pas avec sa référence.
La psychothérapie relationnelle, discipline non universitaire, n’est pas directement concernée par les conflits auxquels le SIUEERPP peut prendre part. Indirectement tout ce qui a tendance à abattre la psychanalyse n’est pas bon pour l’autre discipline du processus de subjectivation. C’est au nom de ce principe de solidarité objective que nous appuyons la lutte politique du Siueerpp, qui par ailleurs s’indiffère de notre propre combat (mépris de la psychanalyse pour ce qu’elle appelle « les psychothérapeutes »), de surcroît extra universitaire (seconde ligne de mépris).
En tant que relevant de la réalité institutionnelle de la psychothérapie relationnelle, présente à la fois sur le terrain pratique, idéologique et politique, nous assumons la responsabilité de nous prononcer sur les grands débats et combats qui affectent le côté universitaire du Carré psy.
- éthique & psychothérapie : de la psychopathologie à l'autoproclamation
- Les sages-femmes s’impatientent de ne pas être reconnues
- Watson contre la psychologie de la forme (Gestalttheorie) – présupposés philosophiques
par Philippe Grauer
Syndicat national des praticiens en psychothérapie relationnelle & psychanalyse
métier / méthodes
Difficile de décrire le SNPPsy sans contextualiser son histoire. D’abord pourquoi la forme syndicale ? probablement parce que les psychologues étaient déjà organisés sur ce mode, ainsi que le PSY‘G. Lorsque cette forme rencontra, rapidement, l’autre forme spontanée des organismes de psychothérapie [humaniste], le mode école-société savante de méthode, une sorte de lutte pour la place et l’articulation des pouvoirs professionnel, « méthodiste » et disciplinaire se déploya spontanément. Les jeux ne sont toujours pas faits. La bousculade à l’occasion de la bataille des charlatans occasionna une sorte de chamboulement au sein du carré psy, encore insuffisamment décanté, dont les enjeux et les places n’ont guère bougé après l’apparition d’un cadre réglementé d’État face à l’autoréglementé professionnel, chaque praticien continuant d’exercer encadré par sa discipline, sa (ou ses) méthode(s) et son métier.
1981 – Premier syndicat uniquement dédié à la psychothérapie, venant ajouter ses efforts à ceux du PSY‘G – Groupement syndical des praticiens de la psychologie, psychothérapie, psychanalyse, fondé en 1966, pour encadrer et réguler ce qu’on appelait alors la psychothérapie (1) – qu’aucun des deux syndicats n’aurait su concevoir autrement qu’étayée à une longue et suffisamment fructueuse démarche personnelle, mais qui à l’époque bénéficiait d’écoles et sociétés savantes de niveau et valeur inégaux.
Fondation : 1981-82.
Une vingtaine de fondateurs se firent passer mutuellement, en se montrant le plus éthiques possible. Ils se cooptèrent le plus rigoureusement qu’ils purent, et, co-fondateurs, se recrutèrent tous(2), sur la base programmatique d’autoréglementer et sécuriser la morale de leur profession (dont les psychologues contestaient l’existence, ramenant « la psychothérapie » à une fonction relevant exclusivement de l’exercice de la psychologie, corporatisme flamboyant).
triple différence identitaire
La triple différence identitaire entre les deux syndicats provient de la centration sur trois métiers-disciplines pour le PSY’G ou un seul pour le SNPPsy – puis deux (à dater du 17 Novembre 2005 : changement d’acronyme au SNPPsy avec l’ajout de « & psychanalystes »), d’autre part sur le fait que le PSY‘G s’intéressait davantage à l’aspect profession libérale des praticiens qu’il regroupait, ainsi qu’à Bruxelles depuis quoi on pouvait contacter les méthodes-écoles cherchant à s’organiser au niveau européen, ce qui produirait l’Association européenne de psychothérapie et la Déclaration de Strasbourg. Troisième trait différentiel, le PSY’G a toujours cherché à œuvrer en syndicat peu visible, discrètement dédié à la défense de ses membres.
Le SNPPsy de son côté se considéra comme fondateur de la profession, et ne manqua aucune occasion de se montrer. Il édita un code de déontologie, puis une loi cadre à l’usage des écoles, qui lui donnait autorité morale et scientifique sur elles. Organisation importante il compta jusqu’à 23 membres à son Conseil d’Administration. On trouvera ses dates-clés à Chronologie.
amorce ordinale
Le principe fondateur du SNPPsy fut d’agir en amorce ordinale, confirmant et garantissant de façon solidaire par la délivrance d’un titre d’exercice la qualité professionnelle des praticiens en psychothérapie [jusqu’en 2001 il n’a jamais été spécifié de quel type de psychothérapie il s’agissait, sinon implicitement humaniste] formés dans une école agréée (par le syndicat) ou ailleurs (de moins en moins avec le temps), candidats à sa titularisation, terme qui en dit assez long. Il fallut deux décennies pour que les membres adhérents (non titulaires) obtinssent le droit de vote dans un syndicat sélectif qui se voulait de titulaires.
les deux syndicats engendrent une première fédération…
L’association du PSY’G et du SNPPsy constitua un tournant, en réorientant les efforts conjoints des deux syndicats vers la constitution de la FFdP (13 mai 1995), la signature de la Déclaration de Strasbourg (21 octobre 1990) et l’aval lors du 1er Congrès de Vienne de l’AEP (juillet 1995) du cadre du CEP.
… puis une seconce : scission AFFOP
Puis ce qui devait arriver arriva, la FFdP se nourrit par re-répartition des effectifs du SNPPsy. Michel Meignant Président de la FFdP déclara le syndicat à la destinée duquel il avait travaillé durant une décennie condamné à disparaître pour laisser la place à la seule FFdP. Cette rivalité interne produisit son effet. Bientôt les deux syndicats se retirèrent de la FFdP pour fonder l’AFFOP (fin 1998), une fédération fidèle au principe syndical – dont au demeurant le PSY’G se retira à son tour (fin 1999). Restèrent face à face deux systèmes aux fondements identitaires différents, l’un pléthorique médiatique moins exigeant, selon sa stratégie et idéologie politique, l’autre plus sélectif et moins médiatique, de surcroît divisé.
vitrine / club
Le côté vitrine de la profession passa à la FFdP, recherchant le poids politique par le plus grand nombre et l’appui de l’ensemble de plusieurs centaines de milliers de professionnels européens, avec pour programme un CEP retraduisant en anglais administratif les diplômes obtenus dans l’une de la vingtaine de méthodes « scientifiquement validées(3) » jugé suffisant, » par l’AEP, avec comme fausse fenêtre française l’affirmation que le critère de reconnaissance par les pairs serait respecté. Le CEP, qui fonctionnait comme diplôme de valeur moyenne en Europe centrale et orientale, fonctionna comme pseudo diplôme européen en France, jusqu’à l’issue de la bataille des charlatans. Pour atteindre un nombre d’inscriptions élevé la FFdP se constitua parallèlement à sa vocation fédérative d’organismes, en quasi syndicat puisque recrutant des praticiens à titre individuel. Ce fonctionnement organisait une concurrence déloyale au SNPPsy dont l’AFFOP qui le comprenait comme un de ses organismes membres ne réunissant strictement que des organismes, refusa d’enregistrer les praticiens à titre personnel.
deux circuits de validation distincts
À l’issue de quoi le SNPPsy et l’AFFOP tendirent à un fonctionnement se voulant plus sérieux et réservé, davantage club, à effectifs moindres (moins d’un millier contre deux ou trois mille à la FFdP dont il était difficile de vérifier les chiffres, le PSY’G de son côté enregistrant quelques centaines de membres), affichant en somme la qualité plutôt que la quantité. Et surtout l’accréditement des professionnels en tant que praticiens connaissant leur métier vs. la délivrance d’un certificat de « scientificité » à une méthode-école chargée de diplômer ses étudiants (reconnaissance d’école) qui obtiendront, en produisant ledit diplôme via une fédération nationale, sans passer par la case dite de reconnaissance par les pairs (5ème critère), leur inscription au registre du CEP (confirmation administrative) régi par l’AEP(4).
Coordination psy puis GLPR
Quoi qu’il en soit cette répartition en quatre organismes s’avéra durable. La FFdP puis FF2P et le système SNPPsy-AFFOP se retrouvèrent au coude à coude durant la bataille des charlatans dans le cadre de la Coordination psy dont Jacques-Alain Miller s’institua l’animateur. Durant cette période le PSY’G se montra discret, réapparaissant sur la scène publique à sa conclusion, pour reprendre sa place un peu plus tard dans le cadre du GLPR (institution d’initiative SNPPsy(5)).
MiseS à jour 8 août 2014 – 11 novembre 2015 – 12 novembre 2015 – 30 novembre 2015 –
- 1 Le PSY’G ne se définit pas par rapport à la psychologie humaniste, si bien que l’expression « ce qu’on appelait psychothérapie » reste dans ce cas parfaitement non défini. Le SNPPsy lui s’afficha comme relevant des champs conjoints de la psychologie humaniste et de la psychanalyse.
- 2 Seule Isabelle Crespelle, qui refusait un des principes de base à l’époque, fut pour cette raison non sélectionnée.
- 3 expression magique à l’AEP. Le principe de cette association internationale de méthodes étant de se reconnaître et coopter en tant que méthodes. Les critères de « scientificité » étant de disposer d’un appareil théorique, méthodologique et d’un dispositif de transmission effectif dans au moins six pays (de fait européens), ce dernier trait caractérisant plutôt le degré d’audience – dont déduire un indice de crédibilité ? Comment déterminer en sciences humaines le degré de scientificité d’une méthode psy ? par contre, du point de vue de la communication, scientifiquement reconnu sonne bien, même si plus ronflant que discret.
- 4 Il semblerait que le dispositif FF2P soit plus complexe, l’admission à titre individuel comportant optionnellement la passation du candidat devant un jury de pairs.
- 5 La mémoire institutionnelle est ainsi faite que chacun des trois protagonistes, SNPPsy, PSY’G, AFFOP, réclame de nos jours la paternité ou co-paternité de l’acte regroupeur. Prenons-en acte. Encore un peu de patience et la FF2P se joindra à ce chœur, réjouissons-nous en à l’avance.
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
Société savante en psychothérapie relationnelle
le syndicalisme, exception française
Le fait étonnant, exception française, c’est qu’il existe en France deux syndicats professionnels représentant et soutenant la psychothérapie relationnelle. Syndicats par dérivation du modèle des syndicats de psychologues. C’est volontairement que nous commençons l’article sur les Sociétés savantes par un § consacré au syndicalisme.
psychologie humaniste américaine
Commençons par le commencement. En France l’introduction des Nouvelles thérapies, sous le nom de Mouvement du potentiel humain, qui confondait expression personnelle, développement personnel, parathérapies populaires, psychologie (humaniste mais psychologie tout de même), psychosociologie et psychothérapie s’effectua en deux temps. La phase préliminaire s’effectua avec l’introduction du rogerisme puis de ce qu’on appela la dynamique de groupe, d’après Kurt Lewin. Jusqu’en 1969. Première période de la psychologie humaniste américaine. Puis survint l’introduction proprement dite de l’ensemble Potentiel humain, mouvance Esalen, intégrant la dimension sensorielle et psychocorporelle, qui révolutionne la psychothérapie par la seule parole (talking cure). Ce furent les Nouvelles Thérapies.
méthodes
Les méthodes fleurissent alors, innombrables si on les confond avec les techniques – et les systèmes de développement personnel et méditatifs ! Les plus importantes surnagent avec le temps, certaines flambent, puis au terme d’une petite décennie passent le flambeau de la dernière incontournable à une autre qui prend le relais.
méthodes-écoles
Certaines se donnent la forme de méthodes-écoles, créant des systèmes internationaux. Lorsqu’une méthode majeure (nous nous garderons ici de définir cette majorité-là) veut inscrire son importance dans le paysage psy elle tend à doubler sa certification (par diplôme d’école) d’une « titularisation. »
Question qui émet des titres et de quels titres s’agit-il ? le « titre » savant concerne le droit de porter l’appellation protégée, réservée, de méthode. S’il aspire aussi à valoir comme titre d’exercice professionnel il occulte, abolit, l’aire syndicale.
Ne pas oublier qu’en dehors de la France l’instance syndicale n’existe pas, ni en dehors de l’Europe l’instance fédérative au sens de l’Association européenne de psychothérapie.
sociétés savantes
Les méthodes (accolées à leurs écoles) s’organisent en sociétés savantes. Ces sociétés ont le pouvoir de donner leur nom à leurs membres, et de soutenir ce nom. Une désignation de méthode plus ou moins protégée, en tout cas réservée, à ses membres. Si ces membres étaient déjà porteurs du
titre
ou au moins
nom de référence disciplinaire,
(psychopraticien relationnel)
syndical
, ils viendraient auprès de leur société savante y travailler au développement de leur domaine scientifique, supervision, recherche, rayonnement. Sinon, c’est pas grave les voici couverts en tant que professionnels (fonction syndicale) par leur société savante de référence, qui leur délivre parfois à titre de… « titre » leur appellation protégée.
titre syndical d’exercice – altertitre
D’où le besoin de définir ce en quoi consiste un titre. Nous le faisons à notre entrée titre. Les syndicats délivrent donc des titres d’exercice alternatifs (à celui d’État, de psychothérapeute de création récente), les fédérations agissent diversement. L’Affop fait valoir les titres que délivrent ses organismes composants, dont… des méthodes-écoles et sociétés savantes indistinctement, la FF2P d’abord centrée sur le CEP délivre à présent un titre d’exercice professionnel de psychopraticien certifié.
Ces « grands titres » se superposent aux « petits titres » – dirions-nous subtitres (on ne saurait dire sous-titres) ? émis par les sociétés savantes, para titres peut-être ? – autorisant de se nommer d’après l’appellation autorisée et contrôlée par elles. Or ces sub dénominations, les praticiens apparemment s’y identifient préférentiellement. Ils s’y singularisent et reconnaissent mieux que dans le titrage général syndical de psychopraticien relationnel.
pluralisme
Certes, au sein de ma société française de ce qu’on voudra, je ne rencontre que des semblables, je cuis un peu dans mon jus, mais on se sent entre soi. Il existe bien un syndicat pluraliste, où on rencontre des autres, relevant d’autres … sociétés savantes précisément. Lequel syndicat délivre lui un titre d’exercice professionnel spécifique de la discipline. C’est que ma méthode relève d’une discipline, la psychothérapie relationnelle. Auparavant je ne relevais que de La-psychothérapie. C’est bien compliqué tout ça. Inutile de dire que si les professionnels ont du mal à suivre, le public lui s’en fout, il va voir son psy.
visibilité alternative
Un si charmant désordre institutionnel mérite concertation et homogénéisation terminologique. Décidément depuis la perte par nos praticiens du vocable psychothérapeute devenu titre d’exercice d’État à caractère para médical, la question des appellations a certes progressé, ainsi nous avons en commun le nom de métier de psychopraticien, mais pas encore assez pour que psychopraticien relationnel, psychopraticien agréé, psychopraticien certifié, aient acquis la visibilité et lisibilité alternatives requises pour une meilleure défense de la discipline (psychothérapie relationnelle) et profession.
chacun de son côté et pourtant ensemble
Cela renvoie à la définition de la vocation d’une société savante… relativement à la mission d’un syndicat chargé de titulariser ses praticiens en qualité de professionnels. Noël Salathé avait posé la question crucialement auprès de la SFG dans les années 80. Où en sommes-nous aujourd’hui et vers quoi allons-nous, chacun de son côté et pourtant ensemble, comme ça ?
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
mis en ligne au dernier trimestre 2013 – 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- Profession psychopraticien : rapport moral SNPPsy 2012
- Pourquoi les neurosciences n'expliquent pas la folie ?
Le soin se situe dans la zone intermédiaire entre le souci des autres, care, qui adresse au domaine du travail domestique, du soin personnel (laver coiffer vêtir nourrir autrui de semi autonome : « prendre un soin », à non autonome), de l’éducation, du soutien ou de l’assistance, fonction socialement « réservée » aux catégories subalternes – femmes, ex colonisés par exemple – (1)qui s’étend jusqu’au paramédical (relevant du métier d’infirmier, de kinésithérapeute, d’ostéopathe) d’une part, et le souci de soi au sens psychique et philosophique d’autre part.
voir également
– soin
– soin1
– soin2
– soin-traitement
– traitement
– souci
– soin-souci
– relation
– réseau
Termes avoisinants : maladie, malaise, soin non médical, guérir, guérisseur.
mai 2012 – 29 oct 2012 –
- 1 Pascale Molinier, Sandra Laugier, Patricia Paperman, Qu’est-ce que le care ? Souci des autres, sensibilité, responsabilité, Paris, Payot, 2009, 302 p.- Notre définition se réfère aux pp. 11-12.
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
- CAREL Magali
La psychothérapie relationnelle se veut soin non médical. Elle se situe résolument par opposition à la médicalisation de l’existence du côté philosophique et psychique, sur le versant existentiel du souci de soi. Le soin qu’on prend de soi et de son équilibre psychique existentiel ne relève pas de la maladie à guérir mais du malaise qui peut conduire à désirer se guérir de ses mauvaises habitudes (au sens où « la névrose est dans les habitudes » comme disait Perls), i.e. de ce qu’on appelait médicalement sa névrose, ou simplement à sortir d’une mauvaise passe comme on dit, d’un passage difficile, d’une crise de vie. Le soucieux de soi prend la responsabilité d’entrer en psychothérapie (parfois en psychanalyse) sous le nom de patient (terminologie médicale, paramédicalisation rampante), ou de « client », laïcisation à l’américaine ou un client est celui de l’avocat, ce qui renvoie à l’aire sémantique de la consultation libérale ou institutionnelle. La terminologie pour le désigner est incertaine et insatisfaisante. Celle pour désigner celui auquel il recourt n’est pas toujours mieux lotie, ce qui fait que le « patient »-« client » se contente de parler de son psy sans davantage préciser, réplique du berger à la bergère.
En tout cas, distinction de principe, le soucieux de soi ne va pas se faire soigner : chez le médecin qui lui administrerait un soin-traitement, mais entreprend de se soigner dans le cadre d’une relation psychothérapique (et non théra-peutique) à partir de cette relation même, engagée en processus.
deux « soins » complémentaires
Un malade recourant au psychiatre qui lui prescrit une médication après diagnostic peut se trouver soigné par le psychiatre (une visite mensuelle ou moins) – psychothérapie médicale – et poursuivre par ailleurs au cours de séances de psychothérapie relationnelle (hebdomadaires ou bi-mensuelles par exemple), non médicales donc. Cela signifie que la personne utilise deux systèmes de soin en réseau, un soin médical, qui par exemple stabilise son humeur chimiquement, facilitant (quand cela fonctionne bien) le soin pris de soi non médical – à base de transfert et de relation. Bien entendu le chevauchement des deux systèmes peut rencontrer des problèmes et les professionnels conjoignant leurs efforts réussiront d’autant mieux qu’ils se font mutuellement confiance.
voir également
– soin
– soin1
– soin2
– soin-traitement
– traitement
– souci
– soin-souci
– soin non médical
– relation
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
- LE FASCISME S'ADRESSE À NOUS – Faisons lui face et tenons lui tête.
- Les parents des terroristes ont leur part de responsabilité
Voir également
Voir aussi
– soin
– soin1
– soin2
– soin-traitement
– traitement
– souci
– relation
On distingue deux types de soin (1) :
– celui qu’on prend de soi (take care) en tant que sujet au cours de séances
– celui qui vous est administré en qualité de malade à guérir et normaliser, en tant que traitement ordonné par un médecin ou paramédical, suivi par le patient, à la suite d’une consultation.
Le soin-souci, consiste à prendre soin de soi à partir de la relation avec un professionnel qualifié pour cela, un psychopraticien relationnel(2). Il s’agit de s’engager par le biais d’un dialogue avec un autre, partenaire de la démarche, dans un processus d’exploration de soi, engageant la parole, l’émotion, jusqu’à la dimension corporelle, pendant le temps qu’il faut.
La personne qui effectue la démarche d’aller voir quelqu’un se meut dans l’espace d’une Rencontre entre deux sujets, dont le « démarcheur » conserve l’initiative. L’opération prend l’allure d’un processus dialogal, mobilisant les deux subjectivités en co-présence. Le praticien maintient le cadre. Le sujet porteur du souci, car il vient à cause d’un malaise, d’une souffrance, évolue vers une prise en charge de sa situation, bien entendue entravée par les mécanismes qui jusqu’à présent l’ont mis en échec. Une alliance thérapeutique(3) permet aux deux protagonistes de collaborer.
Les rendez-vous s’appellent des séances. Durant entre 30 et 60 minutes, parfois davantage, jamais moins sinon exceptionnellement. En groupe ou en séminaire on parle de stage ou de regroupement, qui peuvent s’étendre à quelques jours.
- 1 Combinables dans certains cas, dans des proportions variées, à étudier de près faute de quoi tout se mélange au bénéfice de ceux qui ne pratiquent pas réellement le soin-souci.
- 2 Dûment agréé à ce titre par une des institutions membres de l’AFFOP ou du PSY’G, pratiquant la reconnaissance par les Cinq critères, dont particulièrement le Cinquième, qui s’effectue par un entretien en relation (!) avec une commission de pairs expérimentés.
- 3 L’expression renvoie au concept de psychothérapie. Le psychopraticien relationnel pratique la psychothérapie du même nom et œuvre donc dans le cadre d’une alliance thérapeutique. L’interdit de l’usage du titre de psychothérapeute, depuis que ce titre est réservé aux praticiens se situant dans le cadre de la médicalisation de l’existence, ne s’étend pas à l’emploi de cette expression consacrée.
- le cabinet du psy comme chambre d'écho et lieu de réparation
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
- Insoumission accomplie
Voir également
– souci
– relation
– traitement
– soin1
– soin2
Les psychologues, et à présent les psychothérapeutes de nouveau régime, tout comme les médecins, qui les administrent, procèdent à des traitements. Ils entendent traiter des patients, au statut de malades ou quasi malades (tout est là, le docteur Knock tenait la réponse : qu’est-ce qu’un quasi malade ? le patient d’un psychothérapeute nouveau style ?), venus les consulter à l’occasion d’un trouble psychopathologique (répertoriable au DSM).
Le patient lui est tenu de suivre son traitement. Celui-ci peut comporter une médication (psychiatre, médecin) ou une simple série d’entretiens (chez le psychiatre n’excédant en moyenne 15 minutes, le malheureux n’a pas le temps), prescrits à l’occasion d’un diagnostic, implicite ou explicité. D’ailleurs qui tient le diagnostic tient le traitement – et le « patient » (terminologie médicale, pas trop innocente). L’ennui avec le psychisme c’est que nombreux sont les « patients » qui ne sont rigoureusement pas des malades. Ainsi si vous venez de perdre un proche ou que votre mari vous trompe, où est la maladie ? a fortiori le traitement ? Certes vous en êtes « malade », au sens où cela vous fait souffrir, c’est la « maladie d’amour », mais il s’agit d’une façon de parler. Par exemple la tristesse n’est pas la dépression, et il est abusif de faire de tout épisode dépressif une maladie à guérir médicamenteusement, de tout trouble un mal à colmater par prescription, par traitement normalisateur, chimique ou psychologique. Prenez ça, faites ça, et vous irez mieux (i.e. vous sentirez moins votre souffrance, mise sur le mode Mute).
Une zone grise intermédiaire entre malaise et maladie permet une pêche en eau trouble. Si l’on s’adresse à un psychothérapeute de nouveau régime on risque fort de se trouver du côté du soin-traitement, dans le cadre d’un protocole plus ou moins nappé d’une sauce relationnelle. On pourra repérer si on a ou non l’initiative, si le praticien en face s’implique réellement, quel type d’écoute et de démarche il propose. On ne rendra jamais cette zone intermédiaire claire.
Pourtant il importe de ne pas s’y égarer. Le concept alternatif de soin-souci permet de se mouvoir dans un espace bipolarisé. Le concept de relationnalité, compris rigoureusement, devrait permettre de ne pas céder aux arguments de ceux qui ont intérêt épistémologique et professionnel à chercher à tout confondre pour récupérer la donne – histoire de pouvoir psy et de corporatisme, de droit à la psycho diversité, histoire d’idéologie et d’anthropologie, de citoyenneté, de conception de l’Homme.
- Edgar Morin : il n'y a pas de solution mais il y a une voie
- soins sans consentement : la protestation continue
- Une nouvelle Frêche : la blague juive du jour
Psychanalyse, soin médical
Introduction provocatrice
Par Francois-R Dupond-Muzard
Voir aussi
– soin
– soin2
– soin-traitement
– traitement
– souci
– soin-souci
– relation
a.) — Question : « Selon moi, et surtout les psychanalystes avec lesquels j’ai travaillé, la psychanalyse n’est absolument pas un “soin”. Et dans les institutions que j’ai fréquentées ou fréquente, pas davantage. ».
Réponse : Je suis désolé mais… la société n’a que faire de l’opinion des psychanalystes sur le point de savoir si la psychanalyse est ou n’est pas un soin, et est ou n’est pas un soin « médical » (de santé). Les termes soin, santé, médical, ne sont pas des termes du jargon des psychanalystes, mais des termes banals du vocabulaire de toute la société (personne n’a jamais eu de soin quelconque, y compris de soin capillaire, n’a pas de santé bonne ou mauvaise, ni n’a jamais reçu de prestation de médecin, hormis échapper même aux vaccinations obligatoires des nourrissons). Par conséquent sur ces points les psychanalystes peuvent donner leur opinion à qui ils le peuvent comme tout le monde sur n’importe quoi, y compris sur ce qu’ils font, mais on se moque de leur définition de ces termes, et donc de leur volonté que ce qu’ils font soit qualifié par ces termes ou non.
En définitive, si les psychanalystes ne sont pas contents que la société, les institutions, qualifient leur activité de soin, de soin médical (de santé), ils n’ont qu’à saisir les tribunaux, et pour le reste ils peuvent écrire tout ce qu’ils veulent dans leurs bouquins, que la psychanalyse n’est pas un soin, et que l’eau ne mouille pas.
Aucun pays européen ou américain (des deux sous-continents) ne considère que la psychanalyse n’est pas un soin de santé. Et s’agissant de l’Union européenne, c’est même un soin relevant de catégorie de « médical », ce qui ressort de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne ayant eu à définir le « soin médical », notamment à l’occasion d’affaire concernant la notion de psychothérapie. Il est impossible à vue humaine de contrecarrer sur ce point, disons pour un siècle, la Cour qui à l’occasion des affaires unifie les concepts pour toute l’Europe. Et attention : dans cette unification de concepts, notions, le terme « médical » ne signifie en rien soin réservé aux médecins ou à leurs subordonnés ou professionnels sujets à leur contrôle, parce que ceci est faux dans l’écrasante majorité des pays de l’Union (et y compris la France sans même faire référence à la Cour, si l’on regarde bien les textes franco-français, et même si la plupart des médecins s’imaginent ou prétendent le contraire).
Par conséquent, la psychanalyse est un soin médical, et c’est sans discussion possible, hormis de celles où l’on peut aussi soutenir que l’eau ne mouille pas.
b.) — Question : « Même si le mot (psychanalyse) est prononcé (dans les institutions que j’ai fréquentées ou fréquente), la pratique n’y est pas. »
Une jurisprudence de 1954 (Cour d’appel de Paris) définit admirablement la pratique psychanalytique : il s’agit, du côté du patient, de la mise en œuvre de la « règle » de « dire tout ce qui lui vient à l’esprit ». Il en découle que, du côté du praticien, il s’agit de la « règle » d’incitation à dire « tout ce qui vient à l’esprit ». Par extension pratique, il en découle que le praticien peut aussi entendre en pratique psychanalytique des paroles de patient même si le patient n’est pas dans la situation de mettre en œuvre la « règle » précitée. Par extension, d’autres manifestations que la parole peuvent être « entendues ». Mais dans ces cas d’extension, il faut justifier de l’impossibilité, selon l’état du patient, de « contractualisation » préalable des « règles » précitées, autrement il s’agit selon la doctrine même de la psychanalyse, d’» interprétation sauvage » ou « psychanalyse sauvage ».
Par conséquent, tout professionnel de santé en institution, qui a une formation psychanalytique, peut selon sa responsabilité professionnelle individuelle, son appréciation du cas de chaque patient, pratiquer la psychanalyse en incitant un patient à dire « tout ce qui lui vient à l’esprit », ou à dessiner ce qui lui vient à l’esprit, pour essayer d’en parler, et même si ce patient est en train de faire le poirier au lieu d’être sur un divan (qui n’existent pas en général dans les institutions de santé). L’usage impropre répandu est de parler, quand il n’y a pas divan, de « psychothérapie psychanalytique », mais dont il n’y pas deux psychanalystes ni deux experts quelconques pour être d’accord sur la définition, et c’est donc une fantaisie terminologique, la condition de divan (et de fréquence, et d’ampleur de la période) devant en revanche recevoir la dénomination correcte de « cure psychanalytique (le cas échéant : dite “type”) ».
c.) — Question : « “Le soin par la parole n’est remboursé par la Sécurité sociale que s’il est effectué par un psychiatre (ou psychologue en institution de santé reconnue)”.
Vous parlez de “talking cure”, là, pas d’analyse ? »
Réponse : Je ne changerai pas sur ce point mes termes extrêmement simples (et dont l’expression ne m’est d’ailleurs pas propre), choisis précisément dans le but d’exclure tout jargon, et dont l’expression ne peut se résumer à la notion ni d’analyse ni de cure.
—oooOooo—
Sur l’exigence de « preuve » d’efficacité du soin par la parole / la psychanalyse pour financement par la sécurité sociale
Question : Connaissez vous un autre soin médical (que le soin par la parole / la psychanalyse) qui n’ait pas réussi à prouver son efficacité mais qui soit remboursé (financé) par la sécurité sociale (régimes « maladie »)… ?
Réponse : En résumé, je n’ai pas à rechercher d’autre soin médical qui n’ait pas réussi à prouver son efficacité, parce que depuis la nuit des temps, en tout cas indo-européens avec la notion spécifique de médecine toujours présente actuellement dans le terme, et qui s’est répandue dans le monde entier, on sait par exemple que les traitements « rationnels » nécessaires à la notion de médecine sont moins efficaces sans paroles (quand celle-ci est physiquement possible, autrement la question ne se pose pas). Les obligations devenues légales d’information du patient et de discussion avec lui sur les soins proposés, prodigués et à prodiguer sont une illustration du soin par la parole, contre les médecins ayant perdu la notion de médecine, qui s’y refusaient et s’y refuseraient. La loi n’a pas eu besoin de mesures d’efficacités chiffrées pour imposer cela : c’est un principe sans lequel il n’y a pas de notion de médecine. La psychanalyse est aussi une illustration du soin par la parole. La logique de la contestation de la pratique psychanalytique conduit à supprimer toute parole avec les patients dans la médecine en général, sauf celle de la description de son appréciation de ses symptômes par le patient, et encore, celle-ci n’est pas nécessaire dans tous les cas, et on pourrait concrètement l’éliminer dans un nombre plus important de cas. Il n’y aurait plus qu’à remettre les ordonnances écrites et à refuser toute parole à ce propos. Ceci est inacceptable pour la notion de médecine. La notion récente spécifique d’éducation à la santé semble être devenue sous cette forme aussi un soin par la parole, même si là le terme éducation est étrange et contraire à la notion spécifique de médecine, mais il faut examiner la chose et pas seulement le terme. En tout cas la Sécurité sociale en espère des économies. En tout cas, si vous contestez le soin par la parole, vous n’êtes pas médecin, et si vous l’êtes formellement, vous refusez d’exercer la médecine, alors que la loi vous en fait dans certains cas de cet abus obligation, par celle d’information et de discussion avec le patient sur les traitements.
- DSM-4 – Souriez vous êtes "renommés"
- psychothérapie multiréférentielle
- psychothérapie relationnelle multiréférentielle
soin non médical
Depuis trois, bientôt quatre décennies nous nous appliquons à nous réclamer du soin non médical. Le ministère de la Santé nous a répété sous la responsabilité de quantités de ministres que cette expression littéralement ne saurait exister, le bréviaire dans les services étant le Code de la santé, qui ne connait de définition du soin que médical, cela se comprend puisqu’il ne distingue que le médical et le paramédical, en dehors de quoi il ne saurait se concevoir de soin, ça tourne en rond. Pas tout à fait, leur soin est synonyme de traitement, vous savez la trilogie médicale de base : diagnostic – traitement – guérison. Nous ne relevons pas de l’univers de discours et de pratique du traitement médical.
Voir aussi
– soin
– soin1
– soin-traitement
– traitement
– souci
– soin-souci
– relation
prends soin de toi, et de te connaître toi-même
Quand Cicéron termine ses lettres par cura ut varias, puisqu’il faut parler latin pour se faire entendre (remarquez nos modernes médecins ne savent plus le latin) il n’envoie pas ses correspondants chez les disciples d’Hippocrate, pour se faire soigner, il leur dit take care by all means, prends soin de toi de toutes les manières, une recommandation pas trop éloignée du connais-toi toi-même, commence par prendre soin de toi.
subversion psycho-philosophique
Notre soin est philosophico psychique, l’horreur pour un psychologue néo scientiste, dont l’alpha et l’oméga méthodologique est de honnir la philosophie dont il a renoncé aux pompes et aux œuvres pour fonder la psychologie comme ssscientifique, positivistement médicaliste. Notre soin, celui qu’on vient prendre de soi auprès d’un psychopraticien relationnel – ou d’un psychanalyste non embourbé dans le psychothérapeutisme des nouveaux psychothérapeutes –, rejoint le concept heideggerien de souci – Sorge, la prescription éthique et relationnelle de Lévinas, le Je-Tu de Buber, l’écoute de soi du dialogue psychanalytique, il débouche sur la libération et l’émancipation. Attention, ces deux derniers termes sont subversifs.
Prenons soin de noter tout cela et d’y réfléchir, prenons soin. Notre royaume n’est pas du monde du Code de la santé, nous ne relevons pas de la médecine – ce qui ne veut pas dire que nous n’adressons pas les personnes qui recourent à nous au médecin ou au psychiatre dès que nécessaire –. Laissons-le agir dans son domaine, et occupons le nôtre, occupons-nous en, prenons en grand soin.
les gens cherchent à guérir
Cela dit, lorsque nous nous disions psychothérapeutes, puisque c’est tout de même nous qui avons lancé le terme – enfin un peu de modestie, il date du XIXème siècle et Hyppolite Bernheim, en médecin des pauvres de l’École de Nancy l’a illustré au tournant du siècle, sans compter la brillante psychothérapie institutionnelle, dont se sont inspirés en France les pionniers qui allaient introduire la psychologie humaniste –, puisque c’est tout de même nous avec des bémols à la clé, lorsque donc nous nous disions psychothérapeutes ça ne nous déplaisait pas de laisser entendre que nous, nous nous soucions également de la demande de libération de la souffrance qui propulsait les gens auprès de nous, et ne le prenions pas de si haut que nos confrères psychanalystes lacaniens de l’époque, affichant que la guérison coucou la revoilà, ne les intéressait pas et qu’elle viendrait seulement de surcroît, si jamais. Nous prenions au sérieux l’idée de guérir, d’aller mieux, bref de prendre en charge une demande de soin passablement paramédicale mine de rien, l’idée de soigner quoi.
les mots pour le dire
On sait combien ce terrain est miné de toutes parts, semé d’embûches, le patient désireux d’aller mieux chérissant par dessus tout sa souffrance et s’appuyant de toutes ses forces sur le conservatisme en lui, au moment où il charge sa plainte de la protestation de son désir de changement. On sait que s’attaquer tout de go naïvement au symptôme démontre qu’on n’est pas à la hauteur de sa tâche. On connaît la réponse célèbre de De m’Uzan à Claudia Cardinale, vos hémorragies ne m’intéressent strictement pas, parlez-moi d’autre chose. Trouvez des mots pour dire par la parole ce que pour l’instant vous insistez à dire par le sang. Traitement ou cure il faut choisir.
psychopratique ? pas tant que ça
Il se pourrait qu’avec l’abandon forcé du nom de psychothérapeute et l’engagement dans la psychopratique nous contribuions à rendre sémantiquement sensible qu’aller mal ne veut pas (forcément) dire être malade, et aller mieux guérir, et qu’il existe une zone ni médicale ni médicalisable pour le souci de soi, auquel on peut répondre par du soin qui ne constitue pas un traitement. On parlait de cure, en psychanalyse. Cure – care, nous y reviendrons. Ce qui tire l’emploi de guérir du côté de la métaphore, puisque guérir veut alors dire avoir changé, gagné en liberté, et ne plus se trouver soumis, ou beaucoup moins, aux mécanismes psychiques qui entravaient notre existence.
Cela dit psychopratique est généralement refusé comme terme, par nos psychopraticiens attachés à l’idée qu’ils sont praticiens… en psychothérapie relationnelle. Signe que cette dernière demeure notre port d’attache disciplinaire. La psychothérapie reste notre facteur commun avec la médecine, les deux champs sémantiques restent liés. Nous prenons nos distances mais n’échapperons pas au voisinage et aux connotations par lesquelles se manifestent des traces d’interface.
se guérir de
On conçoit qu’existe une sorte d’embronchement, que les deux systèmes se chevauchent et comportent une zone commune, celle qui a conduit tout droit au c’est grave docteur ? adressé au psychanalyste pas seulement américain. on conçoit que certains ne comprennent pas qu’on puisse parler de psychothérapie relationnelle, se croyant en relation avec leurs patients puisqu’ils s’adressent à eux dans le singulier « colloque » comme dit Roland Gori, qui par là évite de parler de dialogue c’est toujours ça de gagné, colloque avec le médecin, mais aussi bien le nouveau psychothérapeute. De plus on comprend de toute façon qu’un psychanalyste psychiatre, médecin de son état, parle de guérir même si c’est par surcroît. Tout ce qu’il peut faire c’est tenter de tirer guérir hors du médical en le distinguant du rétablissement pour l’amener au développement. Aimable confusion des genres.
guérir du corporatisme
Bref il ne suffit pas de déclaration fracassante pour souverainement résoudre la question d’une nébuleuse zone mixte qui reste sensible. Il demeure qu’il importe le plus nettement possible de distinguer les deux domaines, et s’assurer que le médical, en particulier français, ne tire pas toute la couverture à lui, la crème la crémière et toute la ferme avec. Comment se fait-il que les corporations du soin soient à ce point atteintes de corporatisme – une vraie maladie, lui – ?
- réseau
- soin1
- dénomination
La psychothérapie relationnelle propose une clinique du souci, au sens de soin-souci de soi, où c’est le psychothérapisant, dans le cadre et à partir du ressort fondamental de la Relation (1) entre le professionnel et celui qui vient parler à « quelqu’un », une personne, entre deux sujets se rencontrant, où c’est le psychothérapisant en Relation qui effectue le travail sur lui-même de prendre soin de soi. Il s’agit dans ce cas d’une séance.
Ceci par opposition avec le soin-traitement que proposent médecine et psychologie comportementaliste, où un sujet, le praticien, traite l’objet maladie, quand ça n’est pas le malade directement, en qualité d’objet. Nous nous trouvons alors dans le cadre d’une consultation.
Le soin-souci de soi intègre la dimension philosophique issue de Heidegger (c’est le Sorgue d’Être et temps), Buber, Levinas, mais demeure résolument psychothérapique, par opposition aux tentatives de philosophie clinique.
Ainsi la psychothérapie relationnelle pourrait-elle légitimement s’intituler psychosouciologie, en cas de … souci institutionnel.
Mises à jour 9 février 2010,
- 1 Que nous agrémentons dans ce cas d’une majuscule.
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
- relativisme culturelt et islamisme radical
- Rousso, Ledoux – La mémoire fouillée
dynamique du souffle
– La dynamique du souffle, transmise dans le cadre du Cifpr par Philippe Grauer et Marie Cubertafond, répond à l’exigence de conjoindre travail psychocorporel orienté vers la régression et inspiration psychanalytique et gestaltiste. Par là le Souffle se démarque du Rebirthing ou Rebirth, un peu essoufflé et dont la base théorique reste faible – ce qui n’empêche pas, entre les mains d’un praticien de valeur, de produire d’excellents effets. La valeur du praticien vaut et prévaut, pour la plus grande gloire de la psychothérapie relationnelle.
se laisser aller, se livrer, à son inspiration
La respiration peut livrer passage au souffle, qui en est l’âme. Il suffit de laisser celui-ci aller, à ses rythme et allure, pour accéder, chacun selon ses capacités du moment, au cœur de soi et de son histoire, qui remonte d’elle-même. On dispose là d’un moyen d’exploration psychique aussi puissant que simple.
se couper le souffle
Pour bloquer la machine à ressentir, une des parades les plus efficaces et les plus simples que nous connaissons depuis l’enfance, c’est de se couper le souffle, en fait, interrompre notre inspiration, cette sorte de contact vital-intime en prise directe sur la pulsion et le sentiment de soi. Et que se passe-t-il si nous tentons l’expérience d’interrompre l’interruption ?
rétablir le circuit
Il suffit de rétablir ce circuit , dans un cadre procurant la qualité d’accompagnement requise. La technique elle-même, fondamentalement, ne consiste en rien d’autre que d’inspirer à chaque fois son air, en y concentrant sa présence à soi. L’aventure ira aussi loin que le permettra votre capacité d’expérimentation du moment. Cela peut se pratiquer en dyades, et l’on gagne également beaucoup à libérer ses talents d’accompagnateur : comment à votre tour inspirer confiance.
réinvention de la brouette ?
Certains américains, grands réinventeurs de la brouette — qu’ils se hâtent généralement de faire breveter, ont développé sous le nom de Rebirthing une méthode de souffle centrée sur l’idée inductrice de mise en régression devant conduire à des « revécus de naissance ». Formalisation avec le concept de matrices périnatales par Stanislas Grof (dix ans résident à Esalen). Le groupe Jallan, composé de psychanalystes sensibles au psychocorporel ayant expérimenté entre eux le travail qu’ils ont préféré rebaptiser de souffle – une pratique qui remonte à la nuit des temps (disons 50 000 ans) et en tout cas au pranayoga et au taoisme, a mis au point à partir de cette réinvention ne manquant pas au départ d’une certaine arrogante naïveté, une méthodologie de travail psychocorporel original non inducteur et tout à fait laïc que nous nous proposons de transmettre au Cifpr depuis maintenant une vingtaine d’années.
état modifié de conscience encadré, rigueur de la méthode
Disons tout de suite que le travail de mise en transe contrôlée à partir de modification du souffle et de rythmes, vieille comme l’invention de la danse, n’a rien en soi de particulièrement nouveau, sinon de procéder du mouvement de recherche fécond de la psychologie humaniste, consistant à mobiliser le corps au service du processus psychique d’exploration de soi en relation, dans un cadre psychothérapique rigoureux, laissant au sujet toute sa latitude d’exploration et de découverte, dans l’exacte limite de l’usage de sa liberté et de l’exercice de sa responsabilité (1).
dynamique émotionnelle
Intégratif, entre technique et méthode, le Souffle représente un auxiliaire puissant pour (re)mettre en route la dynamique émotionnelle, tout en aidant la personne à la contenir(2). Amarré à une pensée clinique de type psychanalytique ou phénoménologique à cadre solide, le Souffle est susceptible de dégager des zones psychiques autrement inaccessibles. On peut aussi l’armer d’un savoir bioénergétique. Il gagne à être pratiqué de façon sobre et mesurée.
historiqueLes psychanalystes Michel Armelino et Françoise Jèze y ont longtemps attaché leurs noms, et se sont attachés avec un certain succès à désulfuriser l’objet de tous leurs soins cliniques et théoriciens. Dominique Levadou(3) y exerça son influence de psychologue clinicienne. Jacques de Panafieu, qui introduisit d’abord en France la pratique des séminaires intensifs vers l’illumination, fut un moment le « maître » de la société savante Palingénèse, berceau du ribeurse, avant de finir par se consacrer à une variante Développement personnel démarquée de la scientologie, la Clarification du mental, du docteur Berner. Dernier avatar, le Rebirthing a même connu des interdictions aux États-Unis lors de la fameuse crise des faux souvenirs induits.
aujourd’hui un outil remarquableDe tout cela que reste-t-il ? Ce que nous sommes à présent capables d’en faire. Entre les mains d’un praticien compétent le travail de dynamique du souffle constitue un remarquable outil, d’une puissance aussi impressionnante que simple d’emploi. Parfaitement laïque elle s’accommode aussi bien d’un soubassement psychanalytique qu’existentiel.
a) L’application de cette pratique, d’une simplicité confondante, requiert par ailleurs un bon professionnalisme. Le principe est de commencer par l’essayer sur soi, et si l’on y trouve intérêt il ne reste pas plus qu’à l’apprendre.
b) formation, professionnalisation. Le CIFPR met la formation à cette méthode (qui entre très bien dans le cadre de psychothérapie duelle) à votre disposition, sur la base d’une série de 4 fois 3 jours, suivis par 3 fois 3 jours d’observation et assistanat.
c) de simples personnes en psychothérapie par ailleurs peuvent venir essayer pour elles-mêmes cette méthode, en profitant de l’encadrement d’un groupe au travail. Cela généralement propulse le processus psychothérapique. Bien entendu il faut prendre la précaution d’entretiens préalables.
Bibliographie
– Leonard Orr & Sondra Ray, Rebirthing in the New Age, Berkeley, Cal, 1977, 287 p.-
– C. Jallan, Psychanalyse et dynamique du souffle, Dunod, 1988, 169 p.- L’ouvrage éponyme de l’auteur collectif anonyme s’efforce d’accrocher la pratique du souffle à la pensée de Winnicott.
– Jacques de Panafieu, [Le rebirth], Retz.
– Jacques de Panafieu, La Rebirth-thérapie, L’Âge d’être, pocket, Paris, 1989.-
– Dominique Levadou, Renaître, une autre manière de vivre, Paris, Stock, 1979, 206 p.-
– Dominique Levadou, Renaître, vers une psychanalyse du souffle, Chemins de l’harmonie, Paris 1997.-
– Jim Leonard, Phil Laut, Le rebirth. L’art de jouir pleinement de sa vie, Montréal, éd MCL, 283 p.-
– Anne-Marie de Vinci, La Respiration Consciente, Ronan Denniel, Paris [1991] 2006,
– Stanislas Grof, Nouvelles perspectives en psychiatrie, psychologie et psychothérapie : aux confins de la recherche contemporaine sur la conscience (The Adventure of Self-Discovery: New Perspectives in Psychotherapy, 1988), Alphée, 2010, 280 p.- Ce psychiatre américain d’origine tchèque, théoricien des états modifiés de conscience, de tendance clairement spiritualiste, pratique un type de travail respiratoire nommé respiration holotropique où les personnes sont mises en ambiance sonore qui favorise un état de transe plus prononcé, plus « abandonné ».
– Bernadette Blin, Brigitte Chavas, Manuel de psychothérapie transpersonnelle, préface de Stanislas Grof, Paris, Interéditions, 2011, 321 p.- Exprime clairement la théorisation spiritualiste Grof – Ken Wilber, la connexion psy-spi, agrémentée d’hypothèses de science fiction qui donnent à fantasmer sans avoir besoin de souffler, sinon un coup pour s’en remettre, et expose en même temps les principes d’une longue et riche expérience clinique.
7 janvier 2014 – 10 janvier 2018
- 1 Et dans le cadre des indications pour lui de s’engager ou non dans ce genre d’expérience au moment considéré.
- 2 Les contre-indications sont évidentes. Indication majeure, un praticien compétent. Avouons que c’est en définitive toujours le cas !
- 3 Levadou-Feuillette du temps de leur mariage.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- Femmes, de mal en psy
- Claude Lévi-Strauss, notre contemporain
© Le Monde, 8 mars 2013
1 – Détresse des salariés au travail et chômage sont liés
Luttons contre ce fléau social
par Michel Debout
Professeur de médecine, président de l’association Bien-être et société
La mondialisation de la finance et de l’économie s’est construite sur le modèle libéral et s’est ainsi soumise à l’idéologie individuelle et concurrentielle. Ces pratiques ont amené chaque instance économique à défendre ses propres intérêts de façon isolée, la finance contre les États et les entreprises, ceux-ci contre les salariés, et pour ces derniers le chacun pour soi ! Ce que l’on appelle » crise « , c’est l’impasse de cette pyramide » concurrentialiste « , dont le sommet financier s’est emballé pour finir par s’effondrer, entraînant les autres acteurs dans sa chute.
La finance internationale, malgré ses faillites, veut rester maître du jeu, et par un effet domino, c’est la population qui paye la facture. Tous les salariés sont concernés par la dégradation de leurs conditions de travail, par la chute de leurs revenus, par le chômage, qui peuvent constituer une grave atteinte à leur santé dont on ne prend pas assez la mesure.
La crise n’a fait qu’accentuer les dérives managériales développées depuis les années 1980 qui ont exposé les salariés (cadres, employés, ouvriers) à ce que l’on nomme aujourd’hui les » risques psychosociaux « . Ils doivent s’adapter en permanence à de nouvelles exigences, entraînant le stress au travail et des effets d’usure professionnelle. Isolés face à des objectifs individuels imposés par la hiérarchie, sans que le sens de leur travail ne leur soit toujours explicité, ils sont confrontés à l’obligation de concilier les contraires : faire vite et bien.
Les produits ayant une action sur le cerveau (dits » psychoactifs » : alcool, drogues, médicaments psychotropes, etc.) permettent souvent de supporter cette contradiction pendant un temps, mais en masquant la réalité. Il faut repérer le glissement qui s’opère à travers l’usage de ces substances : c’est la performance qui est recherchée, la capacité de faire face, la drogue est devenue la dope !… Cet usage addictif aggrave le risque suicidaire en facilitant le passage à l’acte. Le contexte relationnel devient plus dur ; l’égoïsme gagne. Cette implication personnelle toujours plus intense provoque ou facilite des relations perverties au coeur du collectif de travail, avec sa forme la plus menaçante, celle du harcèlement.
Certaines méthodes nouvelles, en particulier le privilège accordé aux gestions par objectifs, à l’évaluation individualisée des performances, confrontent chaque salarié à ses limites personnelles et relationnelles : il ne fait plus son travail, il est à son travail. Ces pratiques déstructurent les valeurs de référence au travail bien fait, à la compétence professionnelle.
Trop longtemps la souffrance psychique au travail a été considérée comme résultant exclusivement de la personnalité du salarié, de son histoire, de son état psychique ; et les dirigeants ont cherché à médicaliser ce mal-être pour en extirper toute dimension collective et tout lien avec l’organisation de l’entreprise : ils parlent toujours de » personnes fragiles » et bien trop rarement de » personnes fragilisées » !
Comment ne pas rappeler que le moment du licenciement constitue un véritable choc psychologique, parfois aggravé par certaines pratiques patronales, qui font comprendre aux salariés qu’ils ne sont qu’une variable d’ajustement dans le budget de l’entreprise, et qu’on peut les jeter sans aucune considération pour leur personne ? Mais qui aujourd’hui se préoccupe de ce traumatisme psychique, alors que l’on déploie les cellules psychologiques au moindre événement présentant une dimension émotionnelle particulière, et donc surmédiatisée ?
Après le licenciement économique ou les plans sociaux, c’est le chômage qui s’installe. Le travail est un organisateur de vie et de rencontres. Le chômage provoque l’isolement et la désocialisation du travailleur, qui se trouve dépourvu des liens interpersonnels noués au travail. Sans repère social, en difficulté dans sa sphère familiale, le chômeur va être exposé au repli, et à la dérive dépressive et mortifère ; le risque suicidaire s’aggrave.
Le chômage, la précarité, la pauvreté, le surendettement fragilisent l’ensemble de la société qui présente, selon un sondage récent réalisé par Ipsos pour Le Monde, » un goût de désespérance prononcée » ; les jeunes dont le chômage constitue le premier travail sont fragilisés par cette difficulté à s’insérer dans la vie économique, et à trouver ainsi leur place, facteur d’identité personnelle.
Malgré cela, le lien entre chômage et mal-être n’a toujours pas suscité une mobilisation des responsables de la santé publique ; depuis le début de la crise financière fin 2008, la Direction générale de la santé n’a préconisé aucune mesure spécifique ! Le salarié victime d’un plan social ou d’un licenciement économique perd tous ses liens avec le service médical de l’entreprise qu’il est obligé de quitter, et aucune instance sanitaire n’est chargée de s’occuper de son avenir personnel et médical ; c’est au moment même de sa carrière où il a souvent besoin d’être soutenu et accompagné, que la médecine du travail l’abandonne !
Il faut mettre en place une médecine pour les chômeurs, comme il en existe une pour les travailleurs, chargée, au moins pendant les deux années suivant la rupture du contrat de travail, de suivre le devenir de ces salariés sans emploi, et de conseiller les interventions (médicales, psychologiques…) éventuellement nécessaires.
Il faut parler du mal-être des femmes et des hommes, de leur souffrance, voire même de leur suicide, ce qui n’est pas aggraver le sentiment de désespérance, mais au contraire affirmer le refus de leur fatalité par un choix solidaire.
C’est un message de vie !
© Le Monde – 8 mars 2013
2 – Stigmatisation des salariés
Le management est coupable
par Danièle Linhart
Sociologue du travail. Directrice de recherche émérite au CNRS
En France, la perte d’emploi comme le mal-être au travail peuvent conduire à un même désespoir. Si les immolations par le feu choquent particulièrement, les suicides de chômeurs et de salariés font désormais partie de notre quotidien. A ce désespoir prend sa part un discours selon lequel les Français auraient un rapport malsain au travail. Peu enclins à travailler, ceux-ci auraient tendance à se laisser assister et, lorsqu’ils travaillent, ils seraient surtout occupés à défendre leurs acquis. Ce discours s’est imposé en 1984 autour d’une émission d’Antenne 2 intitulée » Vive la crise « avec Yves Montand et reprise dans un numéro spécial de Libération. Il s’est renforcé avec la mise en place des 35 heures. On a ainsi pu entendre le président Sarkozy exhorter les Français à réhabiliter la » valeur travail « .
Ce climat de discrédit jeté sur les salariés français est déconnecté de la réalité : on sait que de nombreuses catégories ne bénéficient pas des 35 heures, et surtout que la productivité horaire en France est une des plus élevées au monde. Mais il fait régner une suspicion généralisée. Ceux qui sont au chômage font-ils tout ce qui est possible pour retrouver du travail ? Ceux qui sont au travail font-ils ce qu’il faut pour être compétents et performants ? La lettre envoyée récemment par Maurice Taylor, le PDG américain de Titan, au ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, dans laquelle il se moque des salariés français ( » Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures « ), aurait-elle été imaginable hors d’un tel contexte ?
On aurait tort de sous-estimer l’effet délétère de cette situation sur ceux qui perdent pied dans le marché du travail ou dans les entreprises. Loin de se déculpabiliser d’un chômage devenu massif, de pressions souvent démesurées au travail, ils se sentent stigmatisés. Ils ne trouvent aucune compréhension et encore moins de compassion chez leurs concitoyens. Ils sont désespérément seuls dans l’épreuve qu’ils traversent, seuls et honteux.
Mais nombre de recherches mettent en évidence que cette suspicion, cette défiance (qui aggravent ainsi le désespoir des exclus de l’emploi et des naufragés du travail) sont le socle du modèle managérial français, celui qui le rend néfaste tant du point de vue des conditions de vie au travail que de l’efficacité globale des entreprises. Les travailleurs sont ainsi doublement victimes tandis que le management qui les précarise objectivement et subjectivement est dédouané.
En effet, le management français, convaincu que les salariés dont il a » hérité » ne sont pas les » bons » et galvanisé par ce discours de discrédit ambiant, s’est lancé dans une bataille identitaire sans pitié pour les faire plier et les contraindre d’adhérer à son idéologie et sa rationalité. Sur la base d’une politique systématique d’individualisation, la modernisation managériale s’affirme ainsi par une politique de précarisation des salariés, une précarisation objective comme subjective. Aux côtés d’offensives idéologiques et éthiques destinées à modeler les esprits, à séduire, à persuader, le management cherche à instaurer les conditions obligeant hic et nunc les salariés à devenir les alliés inconditionnels de leur entreprise, les relais dociles de ses choix et objectifs dans le cadre d’un capitalisme de plus en plus financier.
Sur le fil du rasoir
Pour remporter cette victoire, le management mise sur l’emploi précaire (CDD, intérim, travail à temps partiel et saisonnier) comme modalité disciplinaire, pour les jeunes surtout qui veulent trouver leur place sur le marché du travail. Et il s’évertue à précariser, subjectivement cette fois, les salariés bénéficiant d’un emploi stable, pour asseoir sur eux aussi une emprise sans faille. A cette fin, il est parti en guerre contre les ressources dont disposent ces salariés stables, c’est-à-dire leur métier et leur expérience qui leur permettent de maîtriser leur fonction, d’alléger les difficultés et de se doter d’un point de vue argumenté sur leur travail opposable aux directives, aux critères et méthodologies de la hiérarchie.
Les multiples restructurations, changements qui balaient les entreprises françaises de façon frénétique ont ainsi souvent pour objectif de fragiliser des salariés qui ont sans cesse tout à réapprendre pour conserver leur poste, et qui se sentent en permanence sur le fil du rasoir face à des objectifs démesurés et des évaluations indifférentes au travail réel.
Loin de miser sur l’intelligence collective pour innover et gagner des parts de marché, le management français a opté pour une attaque en règle de la professionnalité et de l’engagement de ses salariés, compromettant leur santé physique et psychique, tout autant que notre avenir.
© Le Monde – 8 mars 2013
3 – Le suicide relève aussi du fait social
Déficit d’intégration des classes populaires
par Nicolas Renahy
Directeur de recherche à l’INRA de Dijon – Centre d’économie et sociologie appliquées à l’agriculture et aux espaces ruraux.
Réagissant au suicide de Djamal Chaar le 13 février devant une agence Pôle emploi de Nantes, le président socialiste François Hollande a dès le lendemain renvoyé l’acte à un » drame personnel « . La perte d’emploi, l’expérience du chômage et de l’instabilité constituent effectivement une profonde remise en cause individuelle, quels que soient la situation professionnelle antérieure et le milieu considéré. Le travail constitue toujours dans notre société la principale source de reconnaissance, le perdre fait courir le risque de l’inexistence sociale. Est-ce prendre toute la mesure du sens donné à l’immolation publique de Djamal Chaar que de rapporter son suicide à une fragilité intime ou psychologique ?
Le suicide est un phénomène que les sociologues éclairent à leur mesure de longue date. Dès 1897, Emile Durkheim démontrait que sa récurrence statistique » varie en raison inverse du degré d’intégration des groupes sociaux dont fait partie l’individu « . De nombreuses recherches confirment régulièrement ces constats : le taux de suicide dans une société est au plus bas en situation de croissance économique et de développement des infrastructures de protection sociale (comme entre 1945 et 1975) ; ce sont les exploitants agricoles (et parmi eux ceux à la tête des exploitations les plus fragilisées), les ouvriers et les employés qui, alternativement selon les périodes, sont les catégories socioprofessionnelles les plus touchées par le phénomène.
Au-delà des drames individuels qui émergent régulièrement dans l’espace public, nous ne pouvons ignorer que le suicide est un fait social. Car face à la crise économique, mêlée à la remise en question de l’État social, c’est bien la question de l’intégration sociale des membres les plus fragilisés des classes populaires qui est posée.
Djamal Chaar, qui avait apparemment été décorateur de théâtre il y a quelques années, vivait comme de nombreux travailleurs subalternes contemporains une situation professionnelle instable, faite de périodes de travaux de manutention en intérim entrecoupées d’inscriptions régulières à Pôle emploi.
Du fait des nombreuses restrictions et de la complexification croissante des critères d’attribution des droits en matière d’allocation-chômage, sa dernière requête auprès de Pôle emploi a été – d’après les témoignages des conseillers parus dans la presse – de comprendre les raisons pour lesquelles il ne pouvait bénéficier de nouveau d’une allocation, et devait qui plus est rembourser un indu de 600 euros.
Un courriel envoyé à Presse Océan la veille de son suicide indique qu’il avait compris : » J’ai travaillé 720 heures et la loi, c’est 610 heures. Et Pôle emploi a refusé mon dossier. » Au vu de son acte dramatique, nul doute qu’il en éprouva un profond sentiment d’injustice, devenu pour lui irréversible.
Car la question de l’égalité, des droits et devoirs de chacun – en un mot de la justice sociale – est une question qui taraude ceux qui ne disposent que de faibles capitaux économiques et culturels. En milieu populaire, tout écart à la norme va souvent de pair avec une possible mise à l’écart du groupe d’amis, de parents ou de voisinage.
Un signe d’embourgeoisement trop démonstratif peut être sanctionné d’une accusation de » fierté « , un comportement qui dénote une prolétarisation va de pair avec une stigmatisation ( » fainéant « , » kassos « ). Ce sens de la justice sociale de la morale populaire prend sa source dans des conditions de vie difficiles, mais partagées. Et il ne s’applique pas seulement aux amis où collègues, mais est aussi une exigence qui s’adresse aux dominants.
Lors de nos enquêtes, un ouvrier du bâtiment au chômage nous déclarait ainsi s’être pour la première fois réellement intéressé aux scrutins électoraux en 2012 du fait de la fragilisation de sa situation professionnelle : « Si Sarko repasse, dès la première offre que tu refuses tu seras radié (ça, ça m’a marqué… scinder le peuple entre l’ouvrier et le chômeur, ça m’a révulsé !), c’est pas normal. T’as encore des droits, le droit de choisir ton travail, les offres qu’on te donne. «
Ainsi que le demandait Djamal Chaar, cet ouvrier réclame du respect. Il veut » faire valoir ses droits sans demander l’aumône « , pour reprendre la formule de la sociologue Yasmine Siblot. Comme nombre de salariés subalternes, il alterne entre fatalisme et révolte face à l’évolution des conditions d’attribution de l’assurance-chômage.
Même si elles sont de moins en moins représentées dans l’espace public, les classes populaires continuent de structurer fortement la société française contemporaine : d’après l’Insee, plus d’un actif sur deux est aujourd’hui ouvrier ou employé. Renvoyer la détérioration de leur condition à des » drames personnels » ne peut suffire à masquer le déficit croissant d’intégration sociale de leurs fractions les plus précaires. Ce déficit ne tient pas que de l’état critique de la conjoncture économique actuelle, il est aussi pour partie lié aux mutations de l’État et aux types de politiques publiques menées depuis plusieurs décennies.
Nicolas Renahy est l’auteur des Gars du coin, enquête sur une jeunesse rurale, La Découverte, 2010.
© Le Monde
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkAutre mot pour méthode. En médecine une spécialité s’enseigne à la faculté. Il n’existe pas de faculté de psychothérapie, qui délivrerait des enseignements de méthodes assimilables à des spécialités. Les seuls lieux existants dispensant une formation à la psychothérapie relationnelle en tant que discipline (formation de cinq ans à raison de 2000 heures, selon le formatage universitaire standard actuel), discipline extra universitaire jusqu’à présent, sont nos écoles agréées.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- la psychanalyse doit s’adapter aux souffrances contemporaines
- De psychothérapeute à psychopraticien
Voir aussi
– Daniel Ramirez, PENSER LE TAO, un petit détour par la Chine antique
Quand Alexander Lowen parle de la grâce comme le mouvement juste et libre du bébé ou, récupéré, du danseur, on repère que le langage du corps reprend à son compte un lexique théologique. Ce qui fait qu’un imbécile à qui je ne ferai pas l’honneur de le nommer s’est cru autorisé à s’ériger en dénonciateur de l’analyse bioénergétique comme secte puisque spiritualiste. Bergson aurait apprécié. Les repères entre spiritualité, religion, pratiques méditatives, transe, hypnose ont besoin de se trouver strictement définis et les limites nettement marquées pour éviter tout dérapage en ces glissants terrains. Nous entamons ici cette nécessaire élaboration.
Comte-Sponville(1) distingue entre (la mise en termes est de nous) :
penser l’infini (métaphysique) / expériencier l’infini (mystique)
« Nous sommes des êtres finis ouverts sur l’infini … des êtres relatifs ouverts sur l’absolu. Cette ouverture c’est l’esprit même. La métaphysique consiste à le penser ; la spiritualité à l’expérimenter, à l’exercer, à la vivre. » Il poursuit que la spiritualité contient la religion mais non l’inverse. Que notre finitude nous invite à penser l’infini et à nous situer par rapport à lui, sans nécessité de sa transcendance ou personnalisation en Dieu. Puis il en définit les termes :
absolu = Tout
Si absolu égale ce qui existe indépendamment de toute condition, de toute relation (!) et de tout point de vue, on peut l’appeler le Tout avec majuscule pour signifier que c’est le tout total de chez Total, to pan (Épicure), summa summarum (Lucrèce), Nature (Spinoza), phusis (le cosmos désigne le monde organisé par le logos). Il aborde ensuite la question de l’exercice mystique.
le mystique goûte à l’être
La métaphysique pense l’être (il y a quelque chose et non rien), nous sommes dans le domaine de la philosophie, de l’éthique, de la sagesse. Le mystique dans son expérience spiritualiste éprouve psychocorporellement, expériencie l’être (et par là échappe à la religion, qui se méfie à juste titre de lui). La pratique mystique consiste à savourer le goût d’être et/ou de l’être. Entraînement intensif obligatoire, ascèse, état modifié de conscience, extase, sentiment d’appartenance à l’univers, co-présence moi monde, relation aux choses, pratique de la poésie.
éprouver d’être soi au monde
Expériencier renvoie à s’éprouver en situation c’est-à-dire sentir-penser sa relation au réel, la deviner (intuition, acuité perceptive des qualités sensibles de la situation conjointes à un éveil de l’intelligence créatrice) un pas de plus que comprendre, articuler comprendre et éprouver – à la limite de l’ineffable (d’où le passage au poétique). C’est le moment de l’invention de la vérité. Pour y parvenir mieux vaut être en effet en état de grâce (de liberté juste. On peut entendre ce terme philosophiquement sans devoir par là recourir à de la pensée religieuse), dans un moment rare de liberté rationnelle, éthique et esthétique, de contemplation, au nœud de la vérité et du sujet à l’instant où il s’en pénètre et étonne (pensée affectée) intensément. Cela n’arrive pas sur commande mais surgit. De telles expériences bouleversent et fertilisent(2). Voir à ce sujet Jean-Pierre Lalloz (site consulté le 3 janvier 2013).
religion souvent mais pas toujours
Attention, variante religieuse avec Christiane Singer. « Nous sommes des reflets de la divinité. Qu’est-ce que j’ai laissé passer à travers moi, après avoir écarté mes « qualités » pour que passe quelque chose de plus grand que nous, ce par quoi ma vie a livré passage voilà ce qui en fait le prix.
Les grandes religions écartent l’émerveillement la rencontre avec ce qui habite tout. Les séismes salvateurs de l’expérience mystique. La différence entre les expériences de l’instant et le vrai toucher. Ré-entrer dans la braise de l’expérience du moment. Sensation d’infini toujours (ewig, ewig, ewig) de commencement en commencement, ce saisissement de l’instant. »
L’autrice, remarquable dans sa spécialité, dans ce début d’interview émet de façon exemplaire deux messages en un. Elle prône « l’émerveillement de la rencontre avec ce qui habite tout » : l’être, voici la mystique (a-religieuse). Qui arrive quatre lignes après ceci : « Nous sommes les reflets de la divinité. » Emballé c’est pesé, mal posé mal pesé. Mystification, dans les paquets de mystique nous découvrons des kilos d’héroïne divine. Difficile à disjoindre ! par bonheur les deux poudres, également blanches, n’ont pas le même goût.
se laisser ravir
Le mélange est parfois agréable, quand on ne sait plus où on en est et que l’injonction sonne juste :« Qu’est-ce que je pourrais faire encore pour aider ce monde comme il va ? » En effet, Christiane Singer, grande âme quiétiste, peut nous ravir, là n’est pas la question. La question est, fonder la spiritualité sur la divinité est-il nécessaire à l’exercice spirituel (tiens, Loyola ! on ne s’en sortira donc jamais ?) ?
immortalité de l’âme
En tout cas pas avec Michel Fromaget ! Encore un qui s’en prend à Descartes (avec qui s’inaugurent les Lumières) et à son paradigme bassement dualiste(3). Ah ! L’erreur de Descartes ! C’est que Fromaget nourrit l’ambitieux projet de réformer l’anthropologie en replaçant au cœur des sciences humaines une « compréhension ternaire de l’homme complet, » qui nous libère de l’anthropologie dualiste pensée-matière qui nous a dépossédés de notre âme. L’acceptation de cette anthropologie en 3 D nous dit Thierry Jolif qui présente cet auteur conduit ipso facto à reconsidérer l’immortalité de l’âme, une immortalité à double entrée tout de même, pas n’importe quoi. Pourquoi pas, mais pourquoi tout aussi bien ? Fromaget dans Naître et mourir nous invite à pratiquer « l’ascension épistémologique nécessaire au retour de l’âme vers l’Esprit ?« , et à muer notre mort en naissance selon l’antique scénario. Tudieu ! on devrait pouvoir se livrer à la spiritualité sans devoir emprunter cet ascenseur.
religion
Nous reviendrons sur cette entrée, que nous posons là en attendant. Il importe de distinguer la mystique de la religion nous venons de l’aborder. Il faudra aussi distinguer religion et religion – à base i ou à base e ?
–
relier
Benveniste dans un article célèbre relègue l’étymologie classique religio > religare : relier, au rayon des fausses étymologies. Dans ce système étymologique ancien ce qui relie, tout lien supposément religieux à la base de toute société la rendrait religieuse par principe. Va comme un gant à « l’Europe chrétienne » comme à l’islam, communautés de croyants (en Dieu, verticalité) reliés par là entre eux (à l’horizontale) Les reliés de cette première étymologie sont en communion avec l’au-delà – foi – et entre eux.
–
relire
Le célèbre linguiste établit que religio vient bien plutôt de relegere, relire, recueillir (un texte, constituer un recueil). Ce qu’on recueille et conserve par transmission c’est un enseignement (Thora), un savoir (Veda), une récitation (Coran), une loi (Dharma), des paroles qui prescrivent (Décalogue). Le lien se tisse alors du passé au présent se fait transmission. Le mot clé sera fidélité, au passé compris comme civilisation. Cette religion-là est laïcisable. Nous y reviendrons.
un univers autorisant des témoins
Une position matérialiste peut soutenir que nous existons dans un univers qui permet (vraisemblablement en de nombreux lieux) l’évolution et la survenue d’êtres vivants, puis dotés de systèmes nerveux leur conférant la capacité d’apprécier les qualités sensibles de l’environnement par rapport à leurs intérêts vitaux (le système émotionnel, la plus grande invention de la nature dit Plutchik, depuis l’ADN), puis de conscience puis de conscience de conscience, ce qui en fait des témoins et sujets acteurs. Ensuite viennent la loi, la morale et la sagesse, cela porte un très beau nom femme Narcès, cela s’appelle la civilisation. Encore elle.
Si l’on interroge la mystique, la pratique de la relation à l’être, on arrive à la méditation, de là on va tout droit à la transe (puis à la danse puis à la transe en danse comme le remarque Prévert), au psychocorporel : penser à travers sentir et rêver et réciproquement.
méditation
La pratique de la méditation fut certainement historiquement parlant mêlée, comme nous le montre Ellenberger, aux toutes premières pratiques à la fois médicales, religieuses et spirituelles. Souvent accompagnées d’ingestion initiatiques (plutôt collectives) de produits psychotropes parfois psychotiseurs dans le cadre de protocoles sévères sous la bonne garde et ferme conduite d’un ou plusieurs spécialistes. On comprend tout de suite où résident et en quoi consistent les racines de notre psychothérapie en particulier relationnelle et de la psychanalyse. On saisit à quoi la méditation pour donner naissance à la psychothérapie a eu à emprunter, comme, grâce à l’action des Lumières, de quoi elle eut à se dégager pour se laïciser. Toujours la préoccupation laïque – toujours les Lumières.
Psychothérapie transpersonnelle : psy & spi
Les limites souvent floues entre spiritualité et religion se doublent d’une frontière poreuse entre psychothérapie et spiritualité. De grands noms s’y trouvent mêlés, Jung, Assagioli, Maslow, et la ligne pourrait s’allonger jusqu’à constituer un §. Le débat reste passionné, les enjeux épistémologiques et méthodologiques sont importants. À l’horizon le sulfureux angélique New Age, que des mal informés confondent avec le Développement personnel puis ce dernier avec la psychothérapie, on regarde d’où on part on s’éberlue de voir où c’est capable d’arriver. En tout cas tout ouvrage sur la question nécessite position critique soin et vigilance intellectuelle.
En attendant que nous ayons complété cette entrée on pourra consulter
– BLIN Bernadette, CHAVAS Brigitte. Manuel de psychothérapie transpersonnelle, Préface de Stanislas GROF. Paris, Interédition, 2011, 321 p.-
– Alain Houziaux, Jacqueline Costa-Lascoux, Ivan Levaï, Paul Lombard, Existe-t-il une spiritualité sans Dieu ? (site référencé le 3 janvier 2013).
méditation bis
De nos jours certains psychiatres tout tondus tout gentils tout gourous proposent aux psychotiques des pratiques méditatives comme supplément d’âme à des méthodes qui en manquent plutôt. Détournement ou retournement ? Nous avons apporté notre sensibilité à ce genre de pratique il y a une quarantaine d’années, ça a permis de tenter de nous discréditer en nous confondant avec des sectateurs du New Age, et maintenant les mêmes se muent en sages méditateurs. La seule méditation autorisée serait-elle dorénavant psychiatrique ? Toujours la question de la technique. Entre les mains de qui et pour servir à quoi ?
Entrée créée fin décembre-3 janvier 2013 – modifié le ……
- 1 COMTE-SPONVILLE André. L’esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu. Paris, Albin Michel, 2006, 222 p., pages 147 et sq.-
- 2 Dans ce domaine l’illusion n’est pas loin, pourtant on parvient à authentifier de telles expériences, comme on distingue la poésie, à la fois rare et à la portée de tous.
- 3 Pourtant le modèle cartésien peut se considérer comme … ternaire : corps-cerveau / âme.
- Les parents des terroristes ont leur part de responsabilité
- Au politiquement correct opposer le mépris civilisé
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
Le statut des psychopraticiens relationnels est désormais réglé par la loi dite Accoyer, de fait Article 52 de la loi du 9 août 2004 modifié par l’article 91 de la loi HTPS du 21 juillet 2009, loi appliquée par le décret d’application du 22 mai 2010 n° 2010-534 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute. Cette loi instaure la dichotomie qu’on retrouve aux Pages jaunes, inspirées par le ministère de la Santé : dans ou hors du cadre réglementé.
Les dispositions réglementaires de la loi créent un double statut, selon qu’on jouit du titre cadre réglementé ou non. Auquel cas on fait face à une seconde dichotomie : cadre autoréglementé vs. sans cadre défini, hors de tout cadre certifié par la profession.
cadre autoréglementé
Depuis une quarantaine d’années dans notre pays les institutions historiques de la psychothérapie relationnelle on créé un altertitre dont on ne jouit que si l’on remplit les Cinq critères.
titre d’État
La réglementation stipule que le titre de psychothérapeute est réservé aux psychologues, médecins, psychiatres – qu’ils soient ou non psychanalystes par surcroît – qui ont adressé la demande d’inscription sur le registre départemental des psychothérapeutes(1)
Simple nom de métier hors de tout cadre professionnel
Les psychopraticiens – cadre non autoréglementé – peuvent se nommer, et non au sens propre du terme « s’intituler » – tels librement, précisément sans titre, et ne fournissent par conséquent sous cette seule appellation de métier aucune garantie spéciale.
altertitres GLPR
Les quatre organismes historiquement responsables de la profession, regroupés au sein du GLPR, maintiennent leur cadre autoréglementé de longue date, auquel ils ont donné depuis 2011 la forme ci-dessous, par laquelle ils soutiennent moralement et institutionnellement les trois altertitres suivants
– psychopraticien relationnel® (AFFOP – dont SNPPsy)
– psychopraticien certifié (FF2P)
– psychopraticien agréé (PSY’G).
De la sorte le statut de psychopraticien relationnel® diffère de celui de psychopraticien tout court, en ce qu’il garantit le public d’un encadrement moral professionnel attesté historiquement.
Statut – définitions
4. a) [P. oppos. à contrat] « Rapports légaux qui s’établissent entre les hommes en l’absence de tout acte de volonté de leur part, et par suite de la situation seule qu’ils se trouvent occuper dans l’organisation familiale, politique ou économique » (LAL. 1968). Statut de la femme mariée, divorcée; statut du salarié; statut des apatrides, des immigrés, des indigènes, des réfugiés. Des institutions propres à donner leur rendement maximum aux créateurs capables d’autorité, quels que soient par ailleurs leur statut professionnel social et leurs prérogatives juridiques à l’égard du capital de production (PERROUX, Écon. XXe s., 1964, p. 642).
– Extrait du TLF
Entendre par statut un ensemble de dispositions contractuelles, légales ou réglementaires qui définissent les règles impersonnelles et objectives applicables à une situation juridique déterminée. Il peut s’agir, d’un groupe de personnes, ainsi le statut d’enfant légitime, ou le statut de la Magistrature (on devrait dire pour être plus précis : le statut des magistrats) ou le statut du Notariat (donc des notaires), ou des règles qui régissent un type d’organisations ainsi, le statut des établissements financiers ou le statut des Chambres de commerce, etc. . On parle alors de règles statutaires, d’obligations statutaires ou, en droit du travail particulièrement lorsqu’il s’agit des règles de la Fonction publique, d’avantages statutaires.
– D’après le Dictionnaire juridique en ligne.
Statut social
Ensemble de droits et d’obligations socialement déterminés en vertu des valeurs qui ont cours dans un groupe culturel donné. Statut des psys en Europe à l’heure actuelle.
Statut juridique
En droit français, ensemble de textes qui règlent la situation d’un groupe d’individus, leurs droits, leurs obligations. Donc statut du psychopraticien relationnel®.
Statut de conservation
Indicateur permettant d’évaluer l’ampleur du risque d’extinction d’une espèce à un instant donné. L’actuel statut de conservation des psychanalystes, des psychopraticiens relationnels, en France.
- 1 Les grands-parents passent devant une Commission ARS qui leur attribue le titre à l’ancienneté, examen du dossier à l’appui. Fin de partie. Les étudiants des écoles agréées AFFOP ou FF2P n’auront plus accès au titre de psychothérapeute sauf à devenir médecins ou psychologues.
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
- Qu'est-ce qu'une vie ?
- Rousso, Ledoux – La mémoire fouillée
Octobre 2010 – fondation du Collectif initiative pour une clinique du sujet STOP DSM
STOP DSM
Communiqué de STOP DSM – Collectif initiative pour une clinique du sujet STOP DSM
domination sur la psychiatrie mondiale
Au moment où le DSM 5 est publié en français nous tenons à réaffirmer notre opposition radicale aux fondements et à l’utilisation de ce manuel. Depuis plus de trente ans, le DSM a imposé sa domination sur la psychiatrie mondiale. Conçu comme un instrument statistique pour la recherche épidémiologique et pharmacologique, il a, petit à petit, envahi l’ensemble des domaines de la psychiatrie et, en particulier, l’enseignement aux différents acteurs de la santé mentale, ainsi que la pratique clinique.
diagnostics non valides
Se voulant un instrument de renouvellement et de modernisation de la démarche diagnostique et de sa fiabilité, il a échoué : les diagnostics qu’il répertorie ne sont ni fiables, ni valides, comme le prouvent la généralisation des comorbidités. Qui plus est, ils ne sont pas vraiment utiles pour la recherche scientifique. Le DSM a contribué à détruire les bases de la clinique traditionnelle au nom d’un espoir dans l’arrivée prochaine de marqueurs biologiques, qui ne sont pas au rendez vous.
réductionnisme scientiste
Il a ainsi, en soutenant cette croyance, fait le lit du pire réductionnisme scientiste en privilégiant le modèle biologique et médical, au détriment de l’environnement social et de la réalité psychique. Sa démarche, fondée sur une mise en coupe réglée, comportementale, des troubles mentaux, a brouillé la ligne de partage entre le normal et le pathologique, entraînant des fausse épidémies, l’invention de chimères, une surpathologisation des émotions et des comportements, jusqu’aux excès qui font partie de la vie, avec des surdiagnostics, en particulier chez les enfants.
surprescription
En isolant les troubles mentaux de leur contexte d‘apparition, il en a fait des cibles privilégiées pour les médicaments et a favorisé la surprescription en abaissant les seuils d’inclusion.Le DSM, qui n’a aucun fondement scientifique solide, s’est imposé néanmoins comme instrument de référence de l’économie de la santé et des pratiques d’évaluation des administrations sanitaires.
novlangue
Il a permis le développement d’une pensée unique, d’une novlangue, ruinant les conditions d’un débat scientifique honnête dans le champ de la santé mentale d’autant que les conflits d’intérêts qui ont émaillé son histoire, ont créé une grave crise de confiance, de légitimité et de fiabilité au sein de la psychiatrie mondiale.
pour un large débat sur les classifications
Pour toutes ces raisons cliniques, éthiques, scientifiques et de santé publique, nous appelons à récuser la référence au DSM 5, à utiliser préférentiellement la CFTMEA – Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de L’adolescent, et la future CFTMA – Classification française des troubles mentaux de l’adulte qui va paraître à la fin de l’année 2015, et à ouvrir un large débat sur les classifications.
ensemble pour une renaissance humaniste de la clinique
par Philippe Grauer
face au complexe psycho-consumériste
Le DSM régit le carré psy. Cherchez où se tient le pouvoir ? en psychiatrie. Même affaiblie. Par le biais de la psychanalyse associée à la psychiatrie et à la psychologie, la protestation s’organise également chez les autres partenaires du carré psy. Chez tous les autres. La psychothérapie relationnelle partage, en tant que participant de la mouvance de la dynamique de subjectivation, le combat de la psychanalyse (accolée à la psychiatrie et à la psychologie nous venons de le voir) contre ce complexe psycho-industriel à forte connotation idéologique scientiste (comportementalisme, neuroscientisme, « reductio ad consommatorum »), cette machinerie idéologique s’emparant par le moyen de la façon de dire (ah ! quand dire c’est faire !) de la vison du monde psy qu’elle voudrait officialiser et marchandiser toujours davantage.
où se tient le contre-pouvoir ?
L’alternative se trouve du côté de tout ce qui proteste contre la médicalisation de l’existence. De la psychanalyse et de la psychothérapie relationnelle. Nous en sommes, les écoles qui transmettent nos principes humanistes et relationnels, les deux syndicats historiques, PSY’G et SNPPsy, les deux fédérations historiques, AFFOP et FF2P, regroupés dans le cadre du GLPR.
ensemble, alliés
Nous nous associons à la lutte des psychiatres résilients, aux psychanalystes clairvoyants, aux psychologues psychothérapeutes lucides. Avec le SNPPsy et l’AFFOP nous nous comporterons toujours en alliés de STOP DSM : même combat. Ensemble nous préviendrons cette entreprise de déshumanisation des êtres humains qui commence à chanceler sous les critiques de ceux-là mêmes qui l’avaient mise en place, atterrés de sa (faut-il ajouter prévisible) dérive.
OFFICIAL STATEMENT of The Collective Initiative for the Clinic of the Subject STOP DSM
On the occasion of the publication of the French version of the DSM 5 (fifth edition of the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), we wish to reaffirm our radical opposition to the foundations and use of the Manual. For more than thirty years, DSM has dominated the world’s psychiatric community. Originally a statistical tool intended to serve epidemiological and pharmacological research, it progressively invaded the entire field of psychiatry and especially its teaching to the different mental health actors, as well as its clinical practice.
The DSM has failed in its effort to renew and modernize the diagnostic procedure and its reliability: the diagnostic categories listed in it are neither reliable nor valid, as the generalization of comorbid disorders clearly shows. Moreover, their usefulness for scientific research is equally dubious. The DSM has helped destroy the foundations of traditional clinical psychiatry, in the name of a hope for a soon-to-come discovery of biological markers, a hope that has failed to materialize.
In supporting this belief, it has created a fertile ground for the worst kind of scientific reductionism, favoring the biological and medical model over the social environment and psychic reality. Its approach, based on the systematic behaviorist exploitation of mental disorders, has blurred the lines between the normal and the pathological, giving rise to false epidemics and chimeras, encouraging the over-pathologizing of emotions and behavior, including the extremes that are part of human life, as well over-diagnosis, especially concerning children. Separated from the context in which they manifest, mental disorders have become the priority targets of medication, leading to over-prescription by lowering the inclusion thresholds.
The DSM, which lacks any kind of solid scientific basis, has nevertheless become the reference tool for the entire healthcare economy and the assessment methods used by healthcare authorities. It has encouraged the development of a uniform way of thinking and a kind of newspeak, destroying the conditions of a honest scientific debate in the field of mental health; because the numerous conflicts of interests in its history, it has also created a severe crisis of trust, of legitimacy and reliability within the world’s psychiatric community.
For all these clinical, ethical, scientific and public health reasons, we call for a rejection of the DSM as a reference. Instead, we encourage clinicians to refer to the CFTMEA (The French Classification of Child and Adolescent Mental Disorders), as well as the future CFTMA (French Classification of Adult Mental Disorders), which will be issued in late 2015, and open up a wide public debate on the questions surrounding these classifications.
- Note sur le packing
- CFTM – Classification française des maladies mentales. Avis de parution
- Faut-il médicaliser la dépression ?
On peut distinguer deux modes psychothérapiques.
objectivation
Celui centré sur le principe de l’objectivité scientifique classique, qui correspond à la méthodologie et pratique de la psychologie scientifique, de la neurologie et du comportementalisme. Lors d’une consultation le patient passe devant un praticien, psychologue, médecin, spécialiste ou expert comme on voudra, qui examine scientifiquement son cas. Le sujet c’est l’expert, celui qui le consulte devient par là même l’objet de l’expertise. L’expert examine, diagnostique, et – qui tient le diagnostic tient le traitement – propose un traitement. Lorsque l’expert s’appelle psychologue il ne diagnostique pas il teste. Nuance. Dans tous les cas un sujet, l’expert, un objet, la maladie et/ou le patient.
subjectivation
Le second mode met face à face deux sujets, dont le spécialiste ignore ce qu’il va advenir de celui venu faire auprès de lui la démarche de savoir qui il est, quelle est son histoire, comment il en est arrivé là et comment il pourrait sinon s’en sortir du moins commencer par comprendre quelque chose à sa vie. Au cours de cette démarche ce dernier va se mettre en marche, il va advenir, accoucher de lui-même, devenir sujet de son existence.
Son accompagnateur écouteur, sorte de guide de haute montagne psy, engage sa propre subjectivité dans le dialogue qui se noue entre eux. Un subjectivité auparavant travaillée à l’occasion d’une démarche du même type effectuée avec succès durant de longues années auparavant, en même temps qu’il se qualifiait professionnellement dans cette discipline et profession.
Un tel écouteur s’appelle psychanalyste ou psychopraticien relationnel, jusqu’il y a peu on s’en souvient, psychothérapeute relationnel. Un tel écouteur est un expert ignorant, le contraire d’un savant, il engage sa propre subjectivité profondément dans le dialogue de sujet à sujet qui se noue, dans l’interrogation dynamique en cours. Ce dialogue est rendu complexe parce qu’il engage des parts de l’être difficiles d’accès – on parle de processus inconscients ou d’inconscient selon les écoles – et passablement complexes si l’on songe au fait que la relation fonctionne un peu sur le modèle d’un feuilletage de transparents datant d’époques très différentes, le tout à l’insu du visiteur et également de l’expert lui-même (qui au moins a déjà exploré tout cela mais rien n’est définitif).
Le déroulement des opérations dans le premier cas s’appelle un traitement, dans le second cas un processus. Et comme il s’agit pour celui qui a entrepris la démarche de devenir sujet de sa vie on parle de processus ou de dynamique de subjectivation.
À partir de cette dichotomie, tout peut devenir complexe, et c’est pourquoi le monde des psys paraît, et est, compliqué, si compliqué que parfois les psys eux-mêmes s’y perdent. Ils peuvent même devenir sectaires, pontifier qu’ils détiennent seuls les clés de la vérité, donner des leçons à tout le monde, ou entrer dans des combinaisons politiques tournant le dos à leurs propres intérêts. Bref, institutionnellement, les psys sont proches des politiques et des religieux, absolument comme tout le monde. C’est dommage mais après tout c’est humain, et ils sont humains comme tout le monde, et aussi fous que tout le monde (pas davantage !). À vous de renoncer là-dessus à vos illusions. Ils peuvent se montrer aussi grands chercheurs, parfois découvreurs remarquables, et excellents cliniciens. C’est probablement ce que vous pensez qu’on peut au minimum requérir d’eux. Finissons sur cette note d’accord.
Pour davantage d’information voir à Carré psy.
Mis en ligne en 2009-10 (?), mis à jour 9 octobre 2011
- Note sur le packing
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
- Qu'est-ce qu'une vie ?
Sujet de la santé mentale, de la folie, de la psychiatrie
comme le soutient Roland Gori : définis par la contextualisation culturelle et les codes et classification en vigueur au lieu et moment historique considéré.
On se dérègle psychiquement selon les paradigmes de l’époque et la géo socio politique dont on relève.
Sujet de son histoire
La psychothérapie relationnelle nous convie à devenir l’auteur ou autrice de notre propre vie : processus de subjectivation. C’est la psychanalyse qui a fourni le cadre et la révolution culturelle qui fondent cette nouvelle façon de se voir et concevoir au monde, dans l’univers socio mental d’après les Lumières, et d’après Nietzsche, Heidegger et Buber. Un univers où prévaut la relation entre sujets dont la conscience est conscience de quelque chose ou de quelqu’un.
Le propre du sujet c’est aussi d’être assujetti, le travail sur soi peut aboutir à se désassujettir, sachant que, sujets de l’inconscient, nous demeurons pour une part étrangers à nous-mêmes. Cela n’empêche ni la lucidité ni l’autonomie.
Philippe Grauer
Le vif du sujet
En psychanalyse, tout comme dans les domaines de la philosophie et du droit, le sujet est actuellement à l’honneur. Mais, pour ce qui concerne notre champ, cet honneur est bien ambigu. A la mesure de l’importance renouvelée qui paraît lui être accordée, on perçoit comme une adultération de sa définition même, de sa raison d’être dans notre pratique.
De représenté par un signifiant pour un autre signifiant, selon la très rigoureuse, et à notre avis, incontournable définition qu’en établit Lacan, il en vient à se faire signe de « nouvelles subjectivités ». Ceci d’une façon qui reste peu problématisée et surtout induit en erreur en s’appuyant sur une clinique qui n’est plus celle du sujet dans sa définition psychanalytique, puisque, comme dans la séméiologie médicale ou psychiatrique, celui-ci se retrouve alors représenté par « un signe pour quelqu’un ».
Cela rend antinomique la notion de sujet et celle de subjectivité. Le sujet est coupure, aphanisis, il s’institue dans la destitution. Le sujet ne se subjective pas. Il est moment d’éclipse qui se manifeste dans la fente de l’une bévue (Unbewusste, inconscient). Il prend la place de ce que Freud appelait « l’hypothèse de l’inconscient ». Si subjectivation il y a, elle est du ressort d’un « je », soit d’une articulation grammaticale, dont le sujet reste en dessous (sub-jet).
Ainsi, sur la base de la confusion du sujet et de la subjectivité, « les nouveaux sujets » se mettent-ils à fleurir sous la plume de certains psychanalystes : nouveaux sujets de la nouvelle économie psychique, nouveaux sujets du sinthome, … Or, prendre la subjectivité pour le signe du sujet est le plus sûr moyen de ravaler la psychanalyse au rang de psychothérapie et la soumettre à réglementation.
Ce texte provient de la présentation d’un colloque tenu le 5 novembre 2009 à Paris par la revue de psychanalyse ESSAIM.
Sujet sous-jacent, construction théorique lacanienne dessinant soigneusement un espace théorico-clinique spécifique, voici de quoi alimenter l’idée multiréférentielle : comment vivre avec des champs conceptuels mutuellement irréductibles, sans les passer au mixeur qui en fasse une soupe ?
Ravaler la psychanalyse au rang de psychothérapie, quelle horreur ! s’il s’agit de psychothérapie non relationnelle on peut comprendre. La psychothérapie relationnelle ne traite pas obligatoirement le sujet comme c’est le moment de le dire un objet, n’en fait pas l’équivalent de la personne. Cela peut dépendre. Il importe en tout cas de bien entendre l’autre, même et surtout si épistémologiquement il tient à sa distinction.
C’est en respectant les différences et les distances théoriques qu’on pourra mieux progresser sur un terrain difficile. Pas facile mais passionnant.
Philippe Grauer
novembre 2009 – 29 mai 2014
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- Liste psychotherapeute
- DE SILÈS Fabienne
La psychothérapie relationnelle et la psychanalyse en tant que fondées sur la dynamique de subjectivation considèrent le symptôme comme comportant du sens, susceptible d’un déchiffrage libératoire (pas automatiquement !) capable d’autoriser le changement qui rende la vie mieux vivable ou au moins moins invivable.
PHG
- Psychothérapie relationnelle – relation de la personne à sa problématique
- Qu'est-ce qu'une vie ?
- CHARLIE – Yann Diener et la psychanalyse
Militance, référence, appartenance.
Cet article est juste esquissé. Les cinq §§ suivants ne sont pas développés
Un syndicat c’est une organisation de défense et soutien de ses membres, comme en ce qui concerne le syndicalisme psy, de promotion de l’activité professionnelle commune.
Les psychiatres et psychologues sont organisés en syndicats de longue date.
Les psychanalystes syndicalement parlant militent dans le cadre du syndicalisme de leur profession de rattachement, psychologie ou psychiatrie.
À part cela ils militent et travaillent (recherche, formation permanente, supervision, sécrétion idéologique) dans des sociétés savantes, auxquelles on les voit parfois très attachés, comme d’ailleurs de nombreux psychopraticiens relationnels de leur côté.
syndicalisme, identité professionnelle, identité disciplinaire.
du binôme psychiatrie-psychologie au Carré psy
Le champ psy a évolué depuis le binôme psychiatrie-psychologie où cette dernière était ancillaire, jusqu’au triangle psychiatrie-psychologie-psychanalyse, triangle particulier dans la mesure où les psychanalystes s’abritent dans la niche professionnelle psychologique ou psychiatrique, puis au carré psy, où les psychothérapeutes, Jean sans Terre universitaire, en France en portent le stigmate, mais résistent, insistent, se syndiquent et font entendre, développent leur recherche, transmettent leur savoir dans leurs écoles, persistent.
émergeance depuis la psychologie humaniste
Comment émergea une nouvelle catégorie professionnelle avec un nouveau nom. On comprend que Rogers (1942, édité en Français en 1970, mais 1961 Le développement de la personne édité simultanément en France) parle de counseling & psychotherapy. La discipline se dévoile et se distingue progressivement, à partir de la matrice humaniste. C’est tout de même la psychologie humaniste américaine qui invente la Troisième force, 1961, sa revue s’appellera Journal of Humanistic Psychology.
profession distincte
Historiquement le PSY‘G fut le premier syndicat à promouvoir dans notre pays les psychothérapeutes comme représentant d’une profession distincte, aux côtés des psychologues et des psychanalystes. À remarquer que dès cette époque les psychanalystes exerçaient en qualité de psychologues (ou de psychiatres), et qu’en tant que psychologues ils considéraient la psychothérapie comme une fonction, partagée avec les psychiatres et pour rien au monde subordonnée à leur autorité – ceci à l’issue d’un combat demi séculaire pour obtenir la reconnaissance de la dignité de la profession de psychologue (parachevé en 1985).
psychologie clinique, psychothérapie et psychologie
On se souviendra que le champ disciplinaire en manteau d’arlequin épistémologique de la psychologie rend malaisé de se battre pour une reconnaissance identitaire de psychologue en tant que relevant d’une discipline unifiée. Cela s’effectue parfois, au prix d’un tour de passe-passe, en décrivant la psychologie clinique comme psychanalytique et en oubliant que la psychologie ça n’est pas la psychologie clinique.
PSY‘G : exercice libéral
1965 – Quoi qu’il en soit le PSY‘G se constitua comme syndicat organisé en trois collèges, réunissant trois activités psys subsumées par la forme de leur pratique, le fait de leur exercice libéral. Le PSY‘G s’inscrit fortement dans le cadre de l’UNAPL. En tant que tel il se trouve à la marge des syndicats nationaux de psychologues ou de psychiatres. Surtout, avec son collège de psychothérapeutes il innove et rompt avec le dogme alors prévalent de la psychothérapie comme a) anti psychanalytique (position de combat du lacanisme) ; b) purement et simplement fonction et privilège corporatiste de la profession de psychologue.
fondation du SNPPsy
1981 – Sous l’impulsion de Olivier Devillard, Jean-Michel Fourcade, Michel Meignant, Vincent Lenhardt, Yves Lefebvre, et al [liste complète à venir ici même] se constitua un second syndicat axé sur la revendication identitaire de la seule psychothérapie (à l’époque la psychothérapie c’était celle de celui qui disait : « – la psychothérapie ») et le désir d’autoréguler éthiquement son exercice professionnel(1). On peut considérer que la prise de conscience identitaire professionnelle s’effectua en deux temps, d’abord le PSY‘G et ses trois collèges, puis dégagement complet de l’idée psychothérapique en 1981 avec le SNPPsy, se comportant en
amorce ordinale
. Procédant à la mise en ordre de la morale professionnelle individuelle : code de déontologie, éthique, et morale de la transmission : code des écoles. Ça n’est qu’à l’issue d’une longue gestation institutionnelle que le SNPPsy transmit l’organisation de l’encadrement des écoles à l’Affop (dont il était membre fondateur – 1998). Date : 2000.
méthodes-écoles « scientifiquement reconnues »
Le dégagement ne sera jamais complet. L’identité en matière de psychothérapie était également prise en charge par les méthodes, dont certaines s’organisaient déjà de leur côté en complexes sociétés savantes-écoles, ces méthodes ayant tendance à se regrouper pour faire institution commune(2). La logique formation-recherche-diffusion de chaque corps de doctrine méthodique allait se poursuivre.
UKCP
Un troisième point d’appui au développement de la psychothérapie en Europe fut l’UKCP. Comment les psychanalystes britanniques opérèrent pour aboutir à la constitution de ce complexe mouvement de concertation professionnelle, comment ce mouvement rencontra (ou l’inverse) le PSY‘G ? quel rôle y joua la psychanalyse britannique, corsetant trop fort les psychanalystes, dont un grand nombre trouva comme issue, pragmatiquement, d’entrer dans la nouvelle forme de la psychothérapie. L’université suivi débonnairement, aucun ostracisme psychanalyse vs. psychothérapie pour venir interdire l’accès de l’université aux psychothérapeutes chercheurs et transmetteurs.
associations humanistes
Au niveau européen l’AEPH – Association européenne de psychologie humaniste (Genève) parallèlement organisait un secteur institutionnel sur la base de l’organisation mêlée des patients et des professionnels. Ce type d’organisation finit par ne pas convenir aux professionnels qui avaient besoin de lieux d’échange et de recherche propres. Liquidation de l’AFPH – Association française de psychologie humaniste, par un groupe de responsables du SNPPsy (1986 ?).
naissance de l’AEP – Association européenne de psychothérapie (EAP en globish)
Deux tentatives dont la seconde réussit, en 1990 avec la Déclaration de Strasbourg. Autant le PSY‘G qui avait suivi et organisé l’événement était locomotive de l’opération, autant le SNPPsy s’y trouva pris à contre-pied, avec sa philosophie de l’habilitation des praticiens plutôt que des méthodes.
voies universitaires égales à Vienne
La psychothérapie instituée comme discipline en Autriche par les socialistes. Dates et faits. Trois disciplines : psychiatrie, psychologie, psychothérapie. Avec des passerelles.
développements contemporains
Un paysage et mouvement complexe qui continue d’évoluer.
- 1 Chacun des premiers passa devant le collectif des fondateurs. Cette première passation s’effectua sans complaisance, le plus honnêtement (éthiquement) possible, en application des valeurs de base ayant présidé à la constitution du collectif. Valeurs qu’on retrouvera dans l’œuvre et l’action du SNPPsy au cours des décennies qui suivirent.
- 2 Un mécanisme fondateur procéda à la reconnaissance et validation mutuelles de la vingtaine de méthodes qui se trouvèrent « scientifiquement validées. »
- DE SILÈS Fabienne
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
T
1) SOUS-MÉTHODE
Système de soin psychique dont l’apprentissage de la maîtrise, de la méthodologie, du substrat théorique et métapsychologique ne suffisent pas à qualifier celui qui s’y engage comme psychopraticien relationnel ou psychothérapeute au sens scientifique international (psychotherapist), non juridique du terme.
collection de techniques vs. posture
Certains praticiens collectionnent les formations et diplômes – tout de même négociés pour des sommes souvent non anodines – en techniques diverses sans toujours réaliser que l’accumulation de techniques théoriquement et méthodologiquement faibles ne donnera rien de fort au final, même additionné à certaines formations privées en psychologie et psychopathologie. L’apprentissage sérieux de la posture psychothérapique relationnelle requiert davantage que cela. C’est même pour abattre cette illusion que nos institutions historiques responsables ont édifié leur autoréglementation et mis en place leurs systèmes d’encadrement professionnel.
simple technique
Une méthode peut-être acquise et se voir pratiquée à titre de simple technique. Ainsi un professionnel non encore suffisamment formé peut s’arrêter à mi-chemin et devenir « gestalt-praticien« , ce qui équivaut à l’anglo-saxon counsellor, on parle parfois chez nous de coaching personnel, autre façon de désigner du développement personnel infra psychothérapique.
technique intégrée
Exemples la PNL ou l’EMDR. Entre les mains d’un psychopraticien relationnel ou d’un psychanalyste qualifiés n’importe quelle technique intégrée à son savoir-faire scientifique et professionnel acquis par ailleurs peut devenir psychothérapiquement parlant efficace. Même une technique sans valeur théorique peut faire l’affaire. On entre là dans le domaine de la psychothérapie intégrative. Pas encore multiréférentielle – la multiréférentialité requiert d’articuler en tenant compte de certaines limitations deux méthodes ou une discipline et une méthode.
2) FRAGMENT DE TECHNIQUE
Proposer une séquence de monodrame en s’appuyant sur l’organisation d’un dialogue avec des coussins ou des chaises n’est toujours pas pour autant de la gestalt-thérapie. Pour que cela se situe dans le cadre de référence de la gestalt-thérapie encore faut-il que la personne qui le propose soit gestalt-thérapeute, c’est-à-dire psychopraticien relationnel dûment formé à la gestalt-thérapie, la pratiquant régulièrement (recherche, supervision, etc.), en assumant profondément la posture psychothérapique : philosophie et doctrine de base, anthropologie sous-jacente, psychopathologie propre approfondie, système de valeurs, savoir-faire et savoir faire être, dans le cadre des cinq critères.
- PSYCHOTHÉRAPIE EN PISCINE D'EAU CHAUDE — 14-16 MARS 2025
- RÉFLEXION SUR LA QUESTION PSY
- Séminaire multiréférentiel d'été 2025 au Hameau de l'étoile
QUELQUES TERMES
Nous avons besoin d’une terminologie soigneusement assise. Nous proposons ici quelques points de repère pour contribuer à la stabiliser.
métier discipline méthode
– Nous pratiquons un
métier
, celui de psychopraticien(1) (aucune garantie).
– Nous nous réclamons d’une
discipline
, la psychothérapie relationnelle (héritière de la psychologie humaniste et du Mouvement de croissance personnelle(2)). (3).
– Au sein de cette discipline qu’à la fois nous proclamons, revendiquons, soutenons et dont les sociologues et les autres professionnels constatent l’existence effective nous nous réclamons d’un
courant
, d’une
spécialité
,
école
ou
méthode
(relevant d’une société savante(4)). Ne pas confondre domaine, méthode et technique(5).
parcours
–
Certification
: nombre d’entre nos nouveaux adhérents sortent désormais d’une école (agréée Affop) qui les a diplômés dans une méthode (diplôme professionnel privé – délivré à l’issue d’une reconversion – 2000 heures, l’équivalent de cinq années universitaires). Leur méthode les rattache à une société savante.
–
Pré-professionnalisation
: en fin d’études ils connaîtront une période d’exercice stagiaire (encadré par leur école) au cours de laquelle ils s’inscrivent au Snppsy en qualité de membres étudiants associés d’une école agréée Affop. Ils n’ont encore aucun titre d’exercice professionnel. Ils exercent sous caution de leur école qui les supervise et du syndicat (instance éthique d’autorisation solidaire d’exercice).
–
qualification disciplinaire
: Sortis de l’école les voici syndiqués de base, membres qualifiés du Snppsy(6), autorisés à exercer en qualité de psychopraticiens relationnels du Snppsy (sans le ®, par dérogation Affop), se réclamant par là, au-delà de leur méthode, de leur discipline de référence.
–
professionnalisation
: autorisation d’exercice – Après trois années d’exercice, ayant rencontré une commission de pairs expérimentés relevant de méthodes diverses (pluralisme), ils se voient, satisfaisant au cinquième critère, autorisés à exercer sous le titre d’exercice de psychopraticien relationnel®.
– une
société savante de méthode
, les intégrera à son activité de recherche, de débat théorique et pratique, d’écriture (revue), de dialogue avec d’autres sociétés ou disciplines. C’est le domaine de la spécialisation. La spécialisation dans la méthode s’inclut dans le cadre de la discipline (psychothérapie relationnelle).
– Des
parcours atypiques
restent possibles, respectant le principe de l’échelle décrite ci-dessus.
appellation protégée de méthode
Par ailleurs des méthodes se sont mises à délivrer des sortes de sub-titularisations par confusion terminologique, le terme titre n’étant pas toujours rigoureusement pensé, il s’agit en fait d’appellations protégées de méthodes, qui entrent potentiellement en conflit avec la titularisation disciplinaire – de juridiction syndicale (ou fédérative, ce qui complique la figure).
Question soulevée au cours de la décennie 80 auprès de la Société française de gestalt par Noël Salathé. Selon lui une société savante n’a pas à reconnaître ses professionnels (tâche para ordinale du syndicat qui confirme des praticiens en psychothérapie mais les mettre au travail commun de pratique de leur méthode et d’œuvrer à leur rayonnement. Il revendiquait en conséquence pour sa part le nom – appellation de méthode et non pas titre ! – de gestalt praticien.
Ce point terminologique déterminant reste actuellement (octobre 2013) au travail.
voir également à ce sujet
– légitimation
garanties, syndicat garant professionnel
Nous constituons un syndicat particulier, professionnalisant(7), garant solidaire de la qualité professionnelle des praticiens qui le constituent et qu’il encadre. Noyau préordinal, entre le cas de figure et l’anomalie caractéristique. Notre dispositif de titularisation permet de confirmer la reconnaissance et autorisation de soi en qualité de professionnel de notre discipline auprès de représentants expérimentés de laquelle le candidat déjà en exercice vient présenter décrire évaluer et référer sa pratique. Le dialogue entre pairs relevant de champs méthodologiques divers (pluralisme) de leur discipline commune permet d’attester d’un référentiel solidaire commun (les cinq critères), de la valeur symbolique de l’exercice du praticien, de la représentation qu’il s’en fait, et de sa compétence suffisante.
paradigme
Notre titre professionnel privé (exercice libéral) garanti par les quatre membres historiques du GLPR, se présente comme alternatif au titre paramédical d’État qui ouvre l’accès à l’hôpital. L’alternative que nous représentons, institutionnellement faible, mais socialement suffisante et professionnellement consistante, se propose comme profession de santé non médicale (ce qui ne veut en aucune manière dire anti médicale).
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
PHG, Novembre 2012 – septembre 2013 – 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- 1 En 30 ans nous sommes passés de l’affirmation identitaire Profession psychothérapeute (Cf. Yves Lefebvre et al., inspirés par le SNPPsy, Profession psychotérapeute, Paris, Buchet-Chastel, 1996, 363 p.-) à l’exercice sous le nom de psychopraticien relationnel de la discipline psychothérapique éponyme, laquelle englobe des méthodes, simples ou composites, techniques ou spécialités. Ce qui est devenu important est le titre d’exercice alternatif à celui de psychothérapeute (!) que définit l’expression psychopraticien relationnel®. Les temps et les choses institutionnelles ont évolué. Notre profession et discipline n’a pas bougé en tant que telle. C’est le système de dénomination qui s’est trouvé bouleversé et affiné.
- 2 Growth Movement
- 3 On compte quatre disciplines : psychiatrie, psychologie, psychanalyse, psychothérapie relationnelle (la psychothérapie sans déterminant se répartissant selon des modalités diverses entre les quatre). Les deux dernières sont seulement des quasi disciplines au sens universitaire du terme, la troisième, à forte composante littéraire, philosophique, anthropologique et culturelle, s’étant longtemps fait héberger en psychiatrie et psychologie, pour aboutir actuellement dispersée en philosophie, littérature, histoire, et encore un peu en psychologie. La quatrième apparaît sporadiquement en Sciences de l’éducation. À l’échelle du siècle elle apparaît comme discipline naissante, déjà suffisamment instituée cependant.
- 4 Qui peut se trouver délivrer, si elle est titularisante Affop, des « titres » (dans la logique du système des « sub-titres« ) donnant accès à celui qui les surclasse de psychopraticien relationnel. Ainsi un gestaltiste peut se trouver sans le savoir en quelque sorte « doublement » subtitré et titré. Cf. l’entrée méthode.
- 5 une technique peut se voir transmise dans le cadre d’une société savante ou société-école également. La différence est qu’on ne se forme pas à la psychothérapie ni relationnelle ni tout court à partir d’une technique.
- 6 Ou de l’autre syndicat membre du GLPR, le PSY‘G, ou affiliés à l’une des deux fédérations membres du même GLPR.
- 7 Nos étudiants sortent de nos écoles réellement formés, opérationnels comme on dit de nos jours. Les pouvoirs publics le reconnaissent à demi seulement. Nos diplômes professionnels privés ne bénéficient d’aucune reconnaissance pour un emploi dans la fonction publique, précisément réservée, c’était le but de la manœuvre, aux psychothérapeutes paramédicaux de nouvelle désignation. Les organismes pourvoyeurs de fonds sont partagés. Certains ont pris en considération notre sérieux et efficacité de formateurs transformateurs.
- Séminaire multiréférentiel d'été 2025 au Hameau de l'étoile
- Au politiquement correct opposer le mépris civilisé
- Jean Birnbaum – le fascisme théologico-politique de Daech
accréditer, accréditation
le terme courant accréditation, dont le jeu de synonymes : acceptation, consentement, accréditement, agrément, autorisation, attribution de permis, allant jusqu’à l’autorisation de permis (d’exercer ?) permet des extensions de sens intéressantes pour notre propos mais ne resserre pas l’intelligence juridique du terme autant qu’accréditement.
I – Accréditer
a) Accréditer c’est d’abord, faire reconnaître quelqu’un comme son représentant auprès de quelqu’un d’autre. On accrédite par une lettre de créance la personne qui nous représente et que nous mandons auprès d’une autre. Il s’agit d’une délégation d’autorité.
b) D’où en langage courant l’idée d’attribution de crédibilité. Ainsi dans l’item 11 du TLF :
11. « Le mauvais grec que parlait Paul, sa phrase incorrecte et haletante, n’étaient pas faits pour l’accréditer à Athènes. »
E. RENAN, Histoire des origines du Christianisme, Saint Paul, 1869, p. 190.
On peut donc accréditer une information inexacte en fabriquant de fausses preuves, comme ce fut le cas récemment à propos de la prétendue « théorie du genre ». Comme l’écrit Gide, Journal, 1929, p. 960 : « C’est ainsi que le faux-semblant s’accrédite. »
On n’est pas très loin de l’auto-proclamation, par quoi une personne accrédite la fausse idée qu’elle est professionnelle légitime en se contentant de diffuser l’information inexacte, évidemment sans référence à l’instance qui l’autoriserait.
Ainsi Bernard Accoyer accréditait partout la rumeur que les psychothérapeutes étaient des charlatans.
II – Accréditement
Nous citons ici le TLF :
« Acte par lequel un chef d’État délègue à un ambassadeur l’autorité nécessaire pour agir en qualité de représentant de cet État.
2. Acte par lequel un ambassadeur est reconnu comme représentant d’un État par le chef de l’État auprès duquel il est envoyé :
L’accréditement est différent de la nomination : celle-ci est un acte de droit interne ; le double accréditement d’un ambassadeur (par le chef de l’État qui envoie celui-ci et par le chef de l’État auprès duquel il est envoyé) a au contraire un caractère international.
G. VÉDEL, Manuel élémentaire de droit constitutionnel, 1949, p. 524. »
On pourrait soutenir que par extension avec l’accréditement nous tenons le système à double détente qui caractérise la confirmation (après reconnaissance) d’un psychopraticien relationnel®. Le diplôme (reconnaissance par l’école) relève du « droit interne » : une école délivre un diplôme. L’autorisation d’exercer est conférée par un syndicat à un professionnel (diplômé certes, c’est la moindre des choses, il remplit les conditions de nécessité de compétence : certification) qui le confirme comme praticien et de ce fait l’intègre au réseau solidaire de ses pairs.
Le titre d’exercice (de psychopraticien relationnel®)(1) vient couronner le diplôme. On trouve exactement la même chose avec les psychologues, diplômés psychologues cliniciens d’une part, bénéficiaires du titre d’exercice de nouvelle désignation de psychothérapeute d’autre part.
La question de la distribution des accréditements on l’a vu en examinant les différents points d’attribution de « titres », reste complexe voir compliquée.
La complexité est à son comble quand on sait que des professionnels du simple accompagnement psychologique, on pourrait parler de professionnels de la relation d’aide (counseling), ne se tiennent pas toujours à distance respectueuse de la psychothérapie. L’exemple vient de loin, avec Rogers (1951), on peut soutenir que précisément les époques et contextes ne sont plus les mêmes.
- 1 Ou de psychopraticien agréé (PSY’G) ou de psychopraticien certifié (FF2P), le tout garanti conjointement dans le cadre du GLPR.
(.…) Le thérapeute, c’est d’abord le θεραπον therapon, l’écuyer, chez Homère, le serviteur d’un guerrier. Il appartient à la petite troupe d’appui à pied du cavalier (ce système a duré deux mille ans. Un chevalier durant la guerre de Cent ans, sorte de char vivant fragile, nécessitait une poignée d’hommes de service et d’appui.) Puis on aura θεραπευειν : prendre soin de > servir Dieu > prendre soin d’un malade. Devenu avec Philon d’Alexandrie le θεραπευτεσ – therapeutès, l’ascète serviteur adorateur.
Ça n’est qu’à partir du XVIIème siècle en France que thérapeutique entre dans le champ de la médecine pour « qui étudie puis applique les moyens de soigner les maladies « . Le Robert historique note toutefois que « dès ses premiers emplois [le terme thérapeute], pour « personne qui soigne les malades« , semble spécialisé dans un contexte psychologique [c’est nous qui italiquons] et est aujourd’hui utilisé par aphérèse (v. 1950) pour son composé psychothérapeute (cf. ci infra psycho-). »
Voici notre thérapeute tiré à hue médecine et à dia psychologie. On est encore loin du souci, du soin pris de soi (vs. administré, du traitement), qui prendra corps progressivement à partir de la pratique psychanalytique instaurant la cure (1), mais on y vient.
(…)
Ce segment provient de Rhapsodie pour un mot pour un autre
Philippe Grauer
- 1 Talking cure : avec cure on est dans la médecine, mais de l’âme.
- Contact
- DE SILÈS Fabienne
- PÉRIÉ Laurent
titre d’exercice professionnel – France
Équivalent d’une licence d’exercice professionnelle, comme la licence de chauffeur de taxi n’ayant rien à voir avec le permis de conduire. Il ne s’agit pas d’un titre universitaire, qui correspondrait à l’obtention d’un diplôme. Mais il est réservé aux psychologues cliniciens (titre de psychologue), diplômés eux de l’université. Rendus au printemps 2011 (rectifié depuis) voici la situation.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
I – psychothérapeute : titre d’exercice réservé aux psychologues et médecins
Le titre de psychothérapeute de nouvelle désignation(1) est désormais un titre d’exercice réservé. Il faut pour y prétendre, si on le désire, car on n’est pas obligé d’en vouloir ou avoir besoin – être psychologue, psychanalyste régulièrement inscrit auprès d’une association (les psychanalystes la plupart du temps sont psychologues ou médecins : ça tourne en boucle c’est fait pour)(2), ou médecin (les psychiatres sont psychothérapeutes de plein droit).
Les ARS – Associations régionales de santé, des CRI – Commissions régionales d’inscription, ces dernières pour les établissements candidats à l’enseignement de la psychopathologie, examinent les candidatures(3) au port du titre de psychothérapeute de nouvelle désignation. Il s’agit
a) des psychologues ou médecins (pas le même tarif en heures complémentaires de formation), qui ont droit au titre
b) des grand-parents ex psychothérapeutes (ancien régime) à titre exclusif qui exercent depuis plus de cinq ans. Ils seront sélectionnés, on ignore comment, c’est éminemment variable selon les ARS. Voir à ce sujet la documentation sur ce site même et sur celui du SNPPsy (4)
II – ex psychothérapeutes
S’ils sont ex depuis plus de cinq ans ils relèvent du § précédent.
S’ils sont trop fraîchement ex ils n’ont pas droit au titre d’exercice de psychothérapeute.
S’ils ne sont même pas ex (étudiants de nos Écoles agréées Affop par exemple, dont le CIFPR) ils auront droit à autre chose, voir § suivant.
III – psychopraticien : nom de métier
– C’est le nom de métier dédié aux ex trop frais et aux nouveaux dans le métier. Il peut être porté par tout le monde, sans contrôle. Tout seul il ne vaut que ce que vaut celui qui se le dit.
IV – psychopraticien relationnel – praticien de la psychothérapie relationnelle : nom de discipline
Les héritiers de la psychologie humaniste et de la psychanalyse américaine d’avant garde ont implanté et fondé dans notre pays les Nouvelles Thérapies. Après les avoir un moment confondues avec ce qu’elles nommaient La psychothérapie, à partir 2001 elles ont resitué leur psychothérapie au sein du système d’ensemble d’une psychothérapie diversifiée comprenant à leurs côtés les modes psychothérapiques, champs théoriques et disciplinaires à partir desquels opéraient les pratiques professionnelles des psychologues et des psychiatres. Ils se sont disjoints d’une confusion terminologique et se sont réclamés d’un champ disciplinaire distinct, dorénavant désigné comme psychothérapie relationnelle.
Renonçant du même coup à tenter d’imposer à leurs voisins comme eux locataires du carré psy leur conception propre de la psychothérapie. Revenant en ceci sur la déclaration de Strasbourg, cessant de réclamer pour eux seuls la souveraineté scientifique, théorique et pratique de l’ensemble du champ.
La psychothérapie relationnelle est le nom de leur discipline. Jusqu’en 2010 ils se sont dits psychothérapeutes relationnels. À présent ils se réclament de leur discipline sous le nom de psychopraticien relationnel.
V – altertitres
– psychopraticien relationnel : nom de discipline., se voit doublé par un titrage conféré par l’une des institutions titularisantes du GLPR, dont le SNPPsy. Les titulaires du SNPPsy, s’intituleront comme il va de soi pour des titulaires, porteront le titre, de psychopraticiens relationnels®, agrémenté du ® de réservation de la propriété intellectuelle.
– Il est conseillé de porter ce titre en indiquant sa source. Il vaut mieux spécifier son autorité morale professionnelle de référence. Cela vous distingue et protège. Ainsi nous aurons
a) psychopraticien relationnel (référence disciplinaire) membre du SNPPsy
b) psychopraticien relationnel® (titre d’exercice alternatif) titulaire du SNPPsy.}
– Ne pas confondre les seuls titres professionnels d’exercice valides par rapport aux cinq critères, délivrés par l’Affop (dont le SNPPsy), le PSY’G et la FF2P avec les diplômes de nos écoles privées, garanties Affop ou FF2P (différences importantes dans le fonctionnement du mécanisme de garantie aboutissant à une gestion différente du Cinquième critère)
c) Il existe trois titres professionnels d’exercice seulement relevant de la responsabilité de l’Affop, du PSY’G, du SNPPsy, de la FF2P constitués en groupe de liaison sous l’acronyme de GLPR (5)
VI – diplômes
a) En voici l’échantillon de quelques uns :
– psychopraticien multiréférentiel® : diplôme délivré par le CIFPR à l’issue de l’obtention du diplôme professionnel privé de l’École. Ce diplôme est garanti moralement par l’Affop (dont le SNPPsy ainsi que le CIFPR est membre fondateur).
– psychanalyste multiréférentiel® : diplôme délivrable par le CIFPR à l’issue de l’obtention du diplôme professionnel privé de l’École. Ce diplôme est garanti moralement par l’Affop (dont le SNPPsy ainsi que le CIFPR est membre fondateur).
– psychanalyste intégratif® : diplôme délivré par la NFL (6). Ce diplôme est garanti moralement par l’Affop (dont le SNPPsy ainsi que le CIFPR et la NFL est membre fondateur) (7)
b) ces diplômes d’écoles permettront à celui qui le détient
– inscription : de s’inscrire dans une société savante (non obligatoire)(8).
– confirmation : d’accéder au titre d’exercice alternatif (à ce niveau c’est l’exercice qui est contrôlé, après qu’on ait obtenu le diplôme) en se faisant valider (cinquième critère) et titrer par une instance syndicale, SNPPsy, PSY’G, ou une organisation créatrice d’agrément de l’une des deux fédérations, l’Affop, ou l’autre fédération, la FF2P(9), le tout repris dans le cadre d’une liaison intersyndicale et interfédérale (GLPR).
autoproclamation
Inévitablement les praticiens ne répondant pas aux critères de base du GLPR (dont notre Cinquième critère, décisif) vont chercher à se donner des allures de légitimation et d’annonce diverses.
indiquer clairement son système de certification et de titularisation
C’est là qu’il importera aux membres des seuls organismes regroupés au GLPR de le faire savoir, car leurs garanties les différencient significativement.
médicalisation
La médecine a racheté le plat de lentille des psychologues et avec le titre de psychothérapeute domine la moitié universitaire objectiviste du Carré psy. Le nouveau titre d’exercice de psychothérapeute se voit atteint de paramédicalisation, de forte tendance scientiste, cognitiviste et neurologiste, il s’écarte significativement du triangle du processus de subjectivation constitué par la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle.
lenteur vs. fast-psy
Il ne s’agit pas d’un changement de paradigme, le carré psy reste dans sa même forme. Il s’agit, de la part de la psychologie et de la psychiatrie, à l’aune du DSM, d’une prise de distance épistémologique et méthodologique considérable par rapport au champ des pratiques intersubjectives à implication mutuelle forte, centrées sur la reconnaissance et l’utilisation du transfert, sur la reconnaissance de l’inconscient, sur la dynamique de la subjectivation. Il s’agit aussi du marquage de distance entre action psychothérapique se développant sur un temps et une maturation lents et l’univers fast-psy des thérapies à protocoles, souvent brèves par définition.
Voir également
– titre de psychothérapeute
– charlatan
14 mai 2012 – ajustements 3-8 janvier 2014 – 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 – 15 avril 2014 –
- 1 Que nous avons d’abord nommé psychothérapeute NN : nouvelles normes.
- 2 En fait ça n’est pas à ce titre que les psychanalystes ont présenté auprès des ARS dans le cadre de la clause du grand-père, leur demande de jouissance de ce titre d’exercice, mais à celui de psychologues. De toute façon l’affaire est close, à l’avenir seuls psychologues et psychiatres jouiront légitimement s’ils le revendiquent, et c’est ce qu’ils font déjà dans leur immense majorité, du titre d’exercice de psychothérapeute. Mise à jour en date du 3 janvier 2014.
- 3 Ce texte date de 2012. Les ARS continuent de statuer sur les nombreuses candidatures reçues au titre du grand-parentage. Note en date du 3 janvier 2014.
- 4 La rédaction de cet article révèle ici sa sédimentation chronologique. 3 janvier 2014
- 5 À savoir psychopraticien agréé (PSY’G,) psychopraticien certifié (FF2P), psychopraticien relationnel® (SNPPsy – Affop). Ces titres d’exercice alternatifs permettent de travailler en libéral garanti par le réseau des organisations professionnelles historiques représentatives de la profession. Ils ne procurent aucun accès à la fonction publique, hôpitaux, CMP etc., mais permettent d’exercer tout à fait honorablement en libéral, et d’afficher qu’on se met hors du système de médicalisation de l’existence (Ceci n’enlève rien aux réussites et progrès de la médecine en tant que telle, ni à la nécessité d’adresser au médecin ou au psychiatre qui en a besoin, bien entendu).
- 6 En relation avec l’AFPI – Association française de psychanalyse intégrative, qui gère la méthode, membre de l’Affop.
- 7 La psychanalyse intégrative est une méthode agréée Affop auprès de laquelle s’inscrivent (non obligatoirement) les titulaires du diplôme éponymes, ce qui ne fait pas d’eux ni des psychopraticiens relationnels ni des psychopraticiens relationnels® (du ressort du SNPPsy).
- 8 Le micmac par cumul c’est quand la société savante se met à délivrer elle aussi des titres, devenant organisme de validation professionnelle en plus de disciplinaire, ce qui provoque une confusion des rangs.
- 9 Ici petit problème institutionnel de répartition des sphères de légitimation
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- Judith Miller contre Élisabeth Roudinesco et le Seuil : épilogue en Cassation
- vœux du SNPPsy
titre d’exercice de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe
– a) le titre d’exercice de psychothérapeute est réservé exclusivement aux psychologues, psychiatres, médecins. Pour obtenir ce titre nouvellement créé il faut et il suffit d’appartenir à ces trois professions. Rien d’autre ne le permet : le titre d’exercice de psychothérapeute leur est désormais en France strictement réservé.
– b) la répartition de la psychothérapie entre les différentes aires psys requiert d’être pensée précisément.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
par Philippe Grauer
Psychothérapie = 4 psys, 2 professions + 2 paraprofessions, 1 titre + 1 altertitre, 1 farce, 2 dindons, des éjectés de leur nom et titre d’origine qui se retrouvent privilégiés. Hors champ on repère différents terrains vagues. Quand l’État intime à l’intime de procéder étatiquement, que se passe-t-il dans la fourmilière bousculée ?
Étonnante équation style Sciences humaines. La psychothérapie se répartit entre deux professions (à diplôme universitaire), à l’ombre d’un titre d’exercice de nouvelle désignation, deux para professions (dont l’une, la psychanalyse, venant en doublon d’une des deux professions à diplôme universitaire, toujours de ce fait à l’abri du néo titre) et un altertitre. Quatre cadres professionnels – le Quatuor fondant la structure du carré psy –, à l’extérieur desquels se tient la nébuleuse des activités ou professions hors champ.
1) AU SEIN DU CARRÉ PSY
diplôme universitaire + titre d’exercice réservé de psychothérapeute / diplôme professionnel privé + altertitre professionnel, sinon rien
Donc les études se voient sanctionnées par un diplôme universitaire, les para professions par un diplôme professionnel privé(1) dont leurs institutions professionnelles revalideront le praticien au bout de plusieurs années d’exercice (altertitre d’exercice, confirmation). Les activités ou professions extérieures au champ du Quatuor, logiquement, sanctionnées par rien de l’ordre du psychothérapique, ne relèvent pas de l’espace commun au carré psy. Dans le cadre duquel on distingue
a) d’une part :
– les psychiatres
progressivement retombant dans la neurologie et précipités dans le maintien de l’ordre psycho public. Victoire à la Pyrrhus des morts-vivants. Les 39 (d’anciens psychiatres-psychanalystes) protestent, mieux vaut tard que jamais. Il demeure que la médecine scientiste organiciste triomphe. Couplés au sécuritarisme l’organicisme et les TCC commencent à produire des fruits dangereux pour la citoyenneté et la démocratie. La santé mentale par son idéologie, son tout neurologique et DSM, son appareillage évaluationniste scientiste, son orientation hygiéniste sécuritariste, se présente comme une institution inquiétante.
Profession annexe : les médecins généralistes font de plus en plus fonction de psychiatres, administrant force neuroleptiques sans la compétence des psychiatres. Ils prétendront au titre médicalisé de psychothérapeute sans grande difficulté, un médecin peut tout faire. Parallèlement, devenir para psychiatre pour un généraliste représente une rude tâche.
– les psychologues cliniciens
Variété finissante qui jouait beaucoup, dans le domaine clinique, sur le mixage de la psychologie et d’une influence psychanalytique qui pouvait aller jusqu’à avoir effectué soi-même un parcours psychanalytique plus ou moins important, rien n’étant obligatoire.
La spécificité réclamée des psychologues était d’une part la scientificité revendiquée de la psychologie, d’autre part leur formation en psychopathologie (2). En tant que corps les psychologues cliniciens à la fois lorgnent vers une « scientificité » médicaliste et se gardent de se voir en aucune façon subordonner à la médecine sur son territoire hospitalier. Avec l’actuelle loi, d’ « évidence baisés par la médecine(3) » ils se retrouvent en qualité de psychothérapeutes subordonnées à elle, comme par l’Académie de médecine prévu et exigé.
La nouvelle législation réoriente les psychologues cliniciens vers un titre d’exercice de psychothérapeute, d’orientation médicale, et une éthique orientée elle dorénavant vers le comportementalisme et le cognitivisme. Paramédicalisés les voici premiers dindons de la farce qu’il ont jouée bien volontiers sans la comprendre.
réduction à la psychopathologie
Par ailleurs, comme le montre Philippe Grosbois dans plusieurs articles qu’on peut lire ici-même, les psychologues cliniciens se retrouvent, comme depuis toujours – comme d’ailleurs leurs cousins psychiatres – sans formation véritable à la psychothérapie au sens où leur dénomination devrait logiquement l’entendre, par la réduction de leur compétence rétrogradée à la psychopathologie. Voici confirmée notre thèse selon laquelle ils pratiquent de fait comme de droit une tout autre profession que la nôtre, la pratique du cumul avec l’acquisition hors les murs d’une compétence psychanalytique servant de fausse fenêtre.
voir également
– GROSBOIS Philippe, Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence, 7 novembre 2013.
L’Appel des appels proteste, à juste et limité titre d’une casse des métiers (en ce qui nous concerne ils ne protestent pas du casse de notre nom auquel ils ont participé), faisant prévaloir à présent le message humaniste. Voleurs volés ils restent incapables en tant que corps de reconnaître les psychopraticiens relationnels, exclus par leurs corporatistes soins de la référence universitaire.
b) de seconde part
reconnus à ce titre par leurs sociétés savantes et institutions de référence, travaillant dans le domaine de la dynamique de subjectivation :
– les psychanalystes
psychiatres, médecins ou psychologues de profession ils sont à l’abri d’un diplôme universitaire, et considèrent qu’ils remplissent plutôt une mission, un ministère, celui de l’écoute des formations de l’inconscient. Ils sont formés et reconnus par leurs associations. Un pourcentage non négligeable pratique hors cadre associatif. Voici à présent qu’ils vont se retrouver dans le dispositif d’État du nouveau titre d’exercice de psychothérapeute, platement à l’écoute d’usagers, hors divan. Certes ils protesteront qu’il n’en est rien par la vertu de l’inconscient par leur diligence toujours mis au travail, mais à langue de bois inconscient de sciure. Pour eux qui ont toujours revendiqué l’extra territorialité, le décalage par rapport à leur profession, le non rattachement direct à un système institutionnel, il s’agit d’une subversion en profondeur de leur identité et mission.
cou tordu ?
Les psychanalystes raccrochés au titre d’exercice de psychothérapeute (4) via leur titre de psychologue (5)à transformer, deviennent ipso facto professionnels de la psychothérapie, d’une psychothérapie sous influence médicale de surcroît, et perdent ainsi le caractère décalé, un peu à part, « extra territorial » qui représentait la spécificité de leur théorie et pratique (qu’ils dénommaient fièrement clinique, en rapport à leur métier de psychologues cliniciens ou de psychiatres ou médecins). Certaines sociétés et certains praticiens à titre individuel refusent le nouveau statut. Mais le mouvement général de mise aux normes accomplit bien le vœu de l’État. Seconds dindons. Politiquement ils n’ont pas été terribles.
– les psychopraticiens relationnels – altertitre
Reconvertis pour la plupart, ayant fait leurs études dans d’autres branches, parfois n’ayant pas fait de longues études (bac + 3 ou 4) – à quoi il faudra tout de même ajouter les nombreuses années (6)passées à apprendre leur discipline (7)–, les psychopraticiens relationnels sont dans leur masse réputés moins intellectuels – il faudrait dire moins universitaires, mais cela peut changer(8) – que leurs collègues (par contre mieux assis dans leur expérience de vie, il s’agit généralement de quadras), qui ne manquent pas de leur appliquer les principes de la distinction bourdieusienne, allant jusqu’à ne pas dédaigner de les appeler charlatans histoire de hurler avec les loups populistes et corporatistes du moment.
Ils ont effectué une longue psychothérapie ou psychanalyse, fourni 2 000 heures de formation dans une école spécialisée, aux pédagogie et didactique expérientielles, de qualité vérifiée par des institutions historiques au niveau d’exigence affiché et décrit (9), comportant une part importante de psychopathologie. Ils connaissent bien leur art et métier, la psychothérapie relationnelle, discipline déclinée en méthodes, qu’ils pratiquent en conscience et éthique, sachant qu’ils participent d’un mouvement humaniste et citoyen au sens exigeant de ce terme, qui requiert une certaine militance, vigilance en tout cas, idéologique et disciplinaire. Ils règlent leur activité professionnelle et leur recherche sur les Cinq critères du SNPPsy. Ils relèvent uniquement d’une des quatre organisations nationales historiques regroupées sous le sigle GLPR.
Ils pratiquent en libéral, l’hôpital leur étant fermé. Garantis par leur institution de référence, ils sont vraiment à l’écoute des gens(10) (ce qui n’est nullement exclusif, entendons-nous bien). Qui s’en rendent compte et les apprécient.
Attention, terminologie sensible
Ne pas confondre le nom de métier, psychopraticien, non protégé, de l’altertitre d’exercice garanti par un des quatre organismes du GLPR. Distinguer
– le
nom de métier
: psychopraticien, libre
– du
nom de discipline
: psychothérapie relationnelle, défini, pratiquée par les psychopraticiens relationnels, se réclamant d’un organisme membre de l’Affop – dont le SNPPsy (Philippe Grauer créateur du concept à partir d’un article de Jean-Michel Fourcade, 2001)
– du
nom de méthode
, la méthode représentant une déclinaison de la discipline, une des spécialités qu’elle comprend et comporte, bénéficiant d’une appellation protégée, qu’on pourrait dire appellation locale, renvoyant à une région de la discipline administrée par une société savante.
– de l’
altertitre d’exercice
: psychopraticien relationnel® membre ou titulaire du SNPPsy, garanti.
nouveaux extra territoriaux ?
Les voici à présent proches de la situation privilégiée où se trouvaient il y a encore peu les psychanalystes, de décalage par rapport à l’État. Ils bénéficient imprévisiblement d’une extra territorialité qu’ils n’avaient pas sollicitée, et se disposent à en user au mieux, soutenant le privilège d’un certain indice de subversivité, appréciable en ces temps d’étatisation de tout, d’extension du scientisme, d’hyper réglementarisme et d’une évaluation galopante en incohérence avec son objet. Le public trouvera auprès d’eux l’alternative d’une pratique humaniste et libre.
On assiste au maintien d’une para profession dotée d’un système de reconnaissance syndicale et fédérale historique qui ne dispose pas de l’autorité d’État et du cumul avec une des deux professions à prestige, médecin ou psychologue, mais qui tient sa route, sa réputation, sa respectabilité, sa légitimité, au point que les tentatives d’inspiration populiste de campagnes de discrédit, typiques du mal français, les placent paradoxalement par un ironique retour des choses en position alternative avantageuse.
2) HORS DU CARRÉ PSY
Avertissementnom de métier / de discipline authentifiée / 3 titres d’exercice professionnel GLPR
psychopraticien : sans garanties
Le métier de psychopraticien reste ouvert. C’est nous qui avons créé le terme. À ce détail près qu’il a maintenant la valeur qu’avait le nom de métier de psychothérapeute avant que la loi n’en fasse un titre réservé. Tout le monde pouvait s’en visser la plaque comme affectionnait de le dénoncer tendancieusement le député UMP Accoyer, en effet. C’est même pour cela que depuis une quarantaine d’années nos institutions historiques responsables et représentatives ont institué un système de titularisation protégeant et les professionnels qu’elles garantissent et le public. La situation reste inchangée, du style plus ça change et plus c’est pareil. Pas tout à fait toutefois, vous venez de le constater en lisant la présente entrée.
spécifications garantes GLPR
Ce qui demeure c’est que le métier de psychopraticien n’est nullement garanti. Il faut pour cela spécifier la discipline (psychothérapie relationnelle), l’institution qui l’encadre (l’un des membres du GLPR), le titre qui homologue (il en existe trois et trois seulement, dont psychopraticien relationnel®).
exopratiques et malpratiques – hors champ
usurpateurs d’identité & charlatanerie
En dehors de cela une masse indistincte de praticiens de toutes sortes, associant le spirituel à l’accompagnement de développement personnel ou de coaching, au chamanisme, à dix autres activités, respectables ou non sous leur nom selon des critères qui leur appartiennent, mais pas sous un faux nom. Certains de ces praticiens s’ils se piquent indûment de « thérapie », constituent le lot (sans doute pas considérable en effectif, le gonflement de leur nombre aux proportions du fantasme relève de l’opération panique à bord) des vrais charlatans. Ils le sont seulement en qualité d’usurpateurs de notre nom, s’ils s’autoproclament psychothérapeutes ou psychopraticiens, et désignent indûment de ces noms leurs services, qu’aucun corps identifiable et reconnu historiquement et scientifiquement ne garantit et valide à ces titres, dont personne ne peut rien dire sinon qu’ils n’ont pas le droit moral et professionnel de parler de psychothérapie(11). Ils évoluent hors champ, nous n’avons pas compétence pour évaluer leur pratique. Seulement pour veiller à ce qu’ils ne la pratiquent pas sous un nom d’emprunt. Quand ils évoluent hors de notre nom le simple fonctionnement normal des lois et usages suffit à distinguer ce qui doit l’être.
malformés
Une deuxième catégorie de personnes dangereuses regroupe les insuffisamment formées, ayant déserté leur école avant terme ou ayant pratiqué une école de qualité insuffisante, non répertoriée ni garantie dans l’un des organismes reliés dans le cadre du GLPR. Le plus souvent dépourvues de supervision – en tout cas de supervision digne de ce nom, elles se jettent dans l’arène quand elles ne sont pas du tout sûres de vaincre. Elles se mettent en danger elles-mêmes, ainsi que ceux qui recourent à elles. Souvent elles attirent peu de monde, et il n’y a que demi mal de ce fait, mais certains peuvent se révéler dangereux et populaires, les dégâts n’apparaissant qu’ultérieurement. Pas d’affolement, ils ne sont pas non plus légions. Mais c’est pour éviter ces mauvaises rencontres que les institutions historiques du GLPR ont mis en place le cadre sain de leur profession. D’où l’intérêt quand on entreprend une psychothérapie de s’assurer des références du professionnel auquel on a affaire.
malformation universitaire
Que va devenir un demi-diplômé en psychologie ? titulaire d’un Master 1 en Psychopathologie et psychologie clinique, s’il se voit refuser l’accès au Master 2, la sélection universitaire se restreignant à ce goulet d’étranglement (dont personne n’est prévenu au démarrage des études) que va-t-il pouvoir honnêtement faire ? tenter une énième fois de candidater au Master 2 ! et si ça continue de bouchonner, après des années d’études on devient quoi ?
Se lancer comme ça en libéral en qualité de psychopraticien, nom de profession libre ? Sans avoir jamais appris le métier de psychopraticien relationnel se retrouver à courir à grande vitesse avec sa petite moto tous terrains sur la piste des circuits automobiles de formule 1 ? On a appris des choses, on sait, mais quoi ? pas bien et pas les bonnes choses. À un psychologue qui lui demandait de lui consentir des conditions financières avantageuses au regard de sa qualité de psychologue clinicien (accompli) pour apprendre la psychothérapie relationnelle dans son école Jacques de Panafieu répondit un jour, pour toi ce serait plutôt 10% de plus que de moins, car il va falloir redresser tes déformations acquises et cela va nous donner du fil à retordre.
Il faut prévoir une reprise véritablement importante, de plusieurs années d’études accompagnées d’une psychothérapie ou psychanalyse individuelle, pour prétendre à une pratique honnête de la psychothérapie relationnelle si l’on est psychologue inabouti. Or malheureusement ça coûte cher puisqu’on se retrouve face au circuit privé, il faut payer les enseignants, la structure, le local, de sa poche. Et si on n’a pas d’argent qu’est-ce qu’on devient, qu’est-ce qu’on fait ? C’est vraiment malheureux de traiter les étudiants comme ça mais c’est ce qui se passe bien souvent. Ceux qui se jetteront quand même dans une profession qu’ils ne connaissent pas car ils en ont appris une autre, constitueront un cas de figure de charlatanisme objectif, souvent de bonne volonté (l’enfer et les bonnes intentions) mais inconscient et d’autant plus dangereux, à la fois pour la personne et pour ceux auxquels elle voudrait s’adresser. Il ne leur reste plus qu’à devenir éducateur, mal payé et pas forcément formé pour ça non plus mais au moins là on se trouve hors du cadre de la malpratique.
Sinon, reconversion pour eux aussi. S’ils veulent entrer dans la profession voisine mais bien distincte de psychopraticien relationnel ils ne pourront éviter de s’y former convenablement – compte sera tenu de leur savoir disciplinaire voisin mais l’équivalence demeurera partielle.
organismes à garanties insuffisantes
Autre cas de malfaçon, une troisième catégorie se constituerait de fédérations ou organismes n’offrant pas toutes les garanties nécessaires, au sein desquelles viendraient se loger des praticiens insuffisants. Nous ne pouvons les lister ni n’avons à le faire, le maccarthisme s’est toujours révélé un remède pire que le mal, paradoxalement de nature comparable à celui-ci au bout du compte. Il est plus intéressant et politiquement sain de lister les bons, d’informer sur leurs critères et systèmes de garantie, que de blacklister les mauvais (dont les lois de la République répriment déjà normalement les activités répréhensibles).
dérives sectaires
Mentionnons enfin les sectes, franchement faussaires si l’on peu dire, pour mémoire. Les sectes prétendent utiliser une vague terminologie psy et quelques techniques psychologiques détournées à leurs fins manipulatrices. Elles relèvent d’une logique nocive aggravée. Elles n’ont bien entendu rien à voir avec ceux dont elles singent la pratique. Plus dangereuses, elles nécessitent vigilance et application de la loi concernant leurs activités répréhensibles.
chiffon rouge
C’est en agitant comme chiffons rouges tous ces dangers bien réels, contre lesquels se sont à temps prémunies les organisations responsables regroupées dans le cadre du GLPR, que les psychologues en particulier, à présent sous les couleurs du nouveau titre d’exercice de psychothérapeute qui les paramédicalise, les pauvres, et certains psychologues-psychanalystes qui ne distinguent pas à l’œil nu un psychopraticien relationnel d’un cognitiviste (l’un est leur allié l’autre leur adversaire) affectent d’amalgamer les premiers clairement identifiables et éthiques, aux imposteurs qui leur sont parfaitement étrangers.
choisir d’évoluer en terrain suffisamment sécurisé
En effet qui s’adresserait aux imposteurs en les amalgamant au domaine des professionnels du psychisme prendrait des risques graves. Il importe de s’adresser en la matière balisée par le Carré psy à un praticien repérable et assignable. De ce point de vue l’honnête electron libre devient un cas de figure hors cadre, l’exception confirmatrice de la règle. Remarquons qu’aucun système même totalitaire n’est jamais venu à bout des électrons libres. Il restera toujours des zones grises et des zones franches, elles sont systémiquement nécessaires. Le risque zéro relève seulement du fantasme. Persécuter les hors champ ne servirait à rien, on n’a jamais supprimé les marges. On peut se contenter de fréquenter le territoire où l’on obéit aux lois de l’Empire.
Cinq critères
Ne pas oublier que c’est de cette nébuleuse à la marge que les institutions historiques de la psychothérapie relationnelle, depuis un tiers de siècle se sont démarquées, délimitant les frontières de leur domaine, se donnant leurs bonnes règles, assises sur le principe des Cinq critères, héritées de la psychologie humaniste et d’une psychanalyse alors libre.
Entrée créée le 24 juin 2011, mis à jour le 29 juillet – le 4 octobre 2011 – le 15 novembre 2012 – 27 décembre 2012 – 4 janvier 2014 – 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- 1 Mais non professionnalisant ! En effet la profession de psychopraticien est bien homologuée (fin 2012), mais non validée d’État. Le certificat délivré par les Écoles agréées Affop ou FF2P (attention il existe des différences de modalités d’agrément entre les deux fédérations mais ceci relève d’une autre question) destine en principe essentiellement à l’exercice libéral. Sans le titre d’exercice de psychothérapeute il est plus difficile de trouver de l’emploi dans l’univers hospitalier. Résultat, restrictions au subventionnement des études par certains organismes attributeurs.
- 2 Glissement puis glissade, comment à une conséquente formation en psychothérapie relationnelle ou psychanalytique s’est substitué le faux semblant consistant à requérir des psychopathologues à la place ? De toute façon notre actuelle université ne veut ni de l’une ni de l’autre. Elle nous en laisse le privilège, opprobe à ses yeux, bénéfice pour nous, bienfait pour la population.
- 3 L’Evidence Based Medecine, la médecine étayée par la preuve, ayant engendré l’Evidence Based Psychology, constituera la matière d’une entrée à venir.
- 4 Qui n’est qu’un titre et non une désignation professionnelle juridiquement parlant, mais se met à fonctionner comme nom de métier, puisque pour exercer en tant que psychologue (profession) il faudra arborer le titre (devenu de ce fait condition d’exercice professionnel).
- 5 Notez ici la proximité du titre et du diplôme.
- 6 2000 heures minimum.
- 7 Pratiquée dans le cadre du métier re-nommé de psychopraticien.
- 8 Cela aurait dû et devrait changer. Le SNPPsy, au cours des années 80 du siècle précédent, au moment où il représentait massivement la profession naissante, avait conçu la maquette d’une École pratique des hautes études en psychothérapie, qui articulait les programmes des Écoles avec l’université et la recherche. C’était sans compter avec les orientations et mentalité universitaires, et avec le corporatisme des psychologues. L’actuelle loi confirme que les actuels psychologues, réorientés médecine par dessus le marché, refusent le principe même d’une collaboration au bénéfice d’une totale subordination avec les ex psychothérapeutes d’un revers de mot expédiés en charlatanerie. Qu’ils commencent par faire leurs études régulières en psychologie, ensuite qu’ils se livrent à leurs fantaisies, tout comme les psychanalystes. Sinon, ils auraient accueilli en psychopathologie les étudiants « charlatans » des Écoles agréées par nos soins (quitte à les revérifier à leur guise) pour leur administrer le complément jugé indispensable. Repenser et réorganiser l’ensemble du champ sera la tâche de la génération qui vient. En attendant profitons du cadeau collatéral de l’extra territorialité dont nous héritons.
- 9 L’Affop a consacré quasi exclusivement ses deux premières années d’existence à critériser son système d’agrément des Écoles, qu’elle a soigneusement appliqué à chacun des organismes candidats.
- 10 Une écoute de type voisin de celle appréciée chez les psychanalystes quand ils savent donner à la relation toute la dimension humaine qui fit un temps leur réputation. L’écoute et bien entendu les interventions qui vont avec, dans des séances suffisamment longues, présidant au processus de subjectivation.
- 11 Terme vaste ouvert à tous vents. Laissons-le tel quel. Contentons-nous de le spécifier en ce qui nous concerne. Nos activités sont couvertes par notre système d’alter titres (dont psychopraticien relationnel®) et nom de praticien de discipline – psychopraticien relationnel, revêtu de l’autorité morale du SNPPsy –, celles des psychologues et psychanalystes par celui de psychothérapeute pour définir ce qu’ils proposent. Hors de ce balisage on prend des risques. C’est le moment de se souvenir du fameux « laissez-nous nos charlatans ».
- ADRESSE AUX PSYCHOPRATICIENS
- L'erreur de Matthieu Ricard
- HEIDEGGER POST CAHIERS NOIRS
organisme titularisant
Dans le cadre de l’Affop certains organismes membres se voient qualifiés de la capacité d’administrer le titre de psychopraticien relationnel® détenu en propriété intellectuelle auprès de l’INPI par ladite Affop.
Personne n’a pris garde en créant une telle juridiction de légitimation (et non de certification), que la fédération qui comprenait le SNPPsy dans ses rangs le concurrençait et travaillait à miner ses efforts dans la défense et illustration de la profession. Une méthode en aucun cas, logiquement ne devrait prétendre à être titularisante, c’est-à-dire à conférer un droit d’exercice professionnel au spécialiste qu’elle entend reconnaître au niveau de la spécificité de son identité scientifique, au niveau d’une identité de méthode (appellation protégée, autorisée et contrôlée n’est pas titre, en tout cas pas titre d’exercice).
En favorisant le principe d’une dissémination de « titres » qui le sont à contre-sens, par manque de rigueur dans la définition des termes, par confusion de niveaux, les méthodes nient le caractère disciplinaire et professionnel de la légitimation syndicale dans notre pays, qui jouit du privilège de disposer d’instances syndicales et fédératives pour représenter la profession en tant que telle, au-delà des méthodes (et avec leur appui, en efforts conjugués !).
Quand nous disons disciplinaire nous faisons allusion à la psychothérapie relationnelle comme discipline, comportant des méthodes (rang n-1). En d’autres termes discipline et méthodes ne figurent pas dans la même colonne, et ne devraient pas revendiquer le même type de fonction et prérogatives institutionnelles.
Les confusions terminologiques proviennent de ce que jusqu’à présent les questions de terminologie et de taxinomie n’avaient point atteint le point de maturité qui se présente aujourd’hui, corrélativement à la confiscation de l’appellation professionnelle imprécise (le SNPPsy se définissait comme syndicat de professionnels & titulaires… du SNPPsy) de psychothérapeute en vue de le constituer en titre d’exercice professionnel à l’usage exclusif des psychologues et psychiatres (psychanalystes inclus par la bande).
L’Affop n’est pas la seule à se trouver en position pouvant requérir un surplus d’analyse qu’on pourrait dire institutionnelle. Les relations entre méthodes, écoles, méthodes-écoles, et syndicats – sans compter les fédérations – furent toujours complexes et pas simples à harmoniser. Une réflexion commune confraternelle pourrait se voir conduite au bénéfice de tous.
La constitution d’une terminologie alternative a pris du temps. Nous voici à présent face à la tâche de considérer et peut-être reconsidérer, réajuster, nos façons institutionnelles. Point de querelle en cours ou à l’horizon, une ambiance suffisamment confraternelle dans le cadre du GLPR, au bénéfice commun on peut souhaiter l’ouverture d’un tel débat.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
mise en ligne fin 2013 – 4 janvier 2014 – 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- Lacan, rebelle et tragique
- Problèmes de terminologie et de pratiques institutionnelles
- Dangerosité du DSM5
Le titre d’exercice de psychothérapeute (1) est attribué aux psychologues cliniciens et aux psychiatres (formation universitaire). Titulaire, on s’inscrit sur un registre régional et on reçoit une authentification au fichier ADELI. Il s’agit d’un titre d’exercice professionnel (en aucun cas un diplôme).
reconnaissance d’école …
Le titre alternatif ou altertitre de psychopraticien relationnel® se voit délivrer à des praticiens en reconversion formés par des écoles privées formant selon une méthodologie et pédagogie expérientielles didactiques à l’issue de cursus équivalant à cinq années universitaires. Représentant une confirmation (second niveau de reconnaissance), il est délivré au psychopraticien relationnel en tant que praticien de la discipline, par ailleurs diplômé par une école agréée Affop dans une méthode(2)) (premier niveau de reconnaissance), à l’issue d’une première période d’exercice professionnel.
…/ en passant par la méthode
Cette première période d’exercice se voit encadrée par l’école qui procure une première supervision, à quoi s’adjoint logiquement un début d’ancrage dans une société savante (méthode) et une inscription syndicale (reconnaissance professionnelle et disciplinaire).
…/ puis confirmation syndicale
La titularisation, d’ordre syndical(3), s’effectue par passage devant une commission de pairs chargée de permettre à qui se reconnaît de soi-même en tant que praticien de confirmer que quelques autres expérimentés tombent d’accord avec lui sur ce point, et le comptent désormais parmi les leurs. C’est cela qui à proprement parler s’appelle confirmation.
Cette procédure représente le fameux Cinquième critère, qui fonde l’éthique institutionnelle du SNPPsy, de l’Affop et du PSY‘G, regroupés sous son égide avec la FF2P dans le cadre du GLPR.
Cette terminologie relève du discours institutionnel du SNPPsy.
voir également
il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.
– accréditement
– autoréglementation
– reconnaissance
– confirmation
– reconnaissance par les pairs
– discipline
– certification
– diplôme
– légitimation
– métier
– profession
– méthode
– pluralisme
– multiréférentialité
– psychanalyse intégrative
– psychanalyse multiréférentielle
– psychopraticien relationnel
– psychopraticien relationnel®
– psychopraticien multiréférentiel®
– société savante
– titre
– titres
– altertitre
– titularisant
– titularisation
– terminologie
mis en ligne fin 2013 – révisé 8 janvier 2014 – 11 mars 2014 –
- 1 De nouvelle dénomination.
- 2 Psychothérapie multiréférentielle en ce qui concerne le CIFPR, sous l’appellation protégée de psychopraticien multiréférentiel®.
- 3 Problème avec les cas de figure de titularisation par des sociétés savantes, voir l’entrée titularisant.
- PÉRIÉ Laurent
- PESCE Valérie
- REETZ Stefanie
Soin de type médical proposé à un patient mis en position d’objet face à un médecin en position de sujet (épistémè sujet-objet par opposition à l’épistémè sujet-sujet de la psychanalyse et de la psychothérapie relationnelle), et par extension face à un psychologue médicalisé, à qui serait confié d’administrer un traitement en sous-traitance, ce qui va à l’encontre des prérogatives des psychologues protégés par leur titre.
La médecine connait l’adage, en matière de santé quand on a produit le bon diagnostic on tient le traitement, et la voie vers la guérison. La même procédure vaut pour la maladie, et donc la santé mentale. Qui dit traitement dit prise en charge (la Sécurité sociale n’est pas loin). Ainsi un psychologue peut vous prendre en charge (le diagnostic relevant exclusivement du médecin).
Qu’en est-il du cas où c’est la personne qui entreprend de prendre en charge son malaise et sa problématique existentielle, de se prendre en charge, sans être pour autant malade au sens médical du terme (malaise vs. maladie, l’un n’empêchant pas l’autre) pour envisager, se connaissant mieux elle-même, de mieux comprendre et définir le sens de sa vie et se réorienter de façon plus responsable ? elle entreprend alors une psychothérapie d’un certain type (par exemple relationnelle) auprès d’un professionnel qui accepte d’accompagner cette prise en charge d’un nouveau genre. On a quitté le domaine du traitement. On est en psychothérapie relationnelle ou psychanalyse.
L’ambiguïté du terme soin, qui peut vouloir dire à volonté soin-souci ou soin-traitement (médical ou psycho-médicalisé) nécessite une vigilance intellectuelle et scientifique de tous les instants dans la conplexité terminologique régnant au sein du Carré psy.
15 mai 2012
La nouvelle législation entrée en vigueur
– les psychothérapeutes administrent des traitements et relèvent de la médecine
– les psychopraticiens relationnels n’administrent rien, ils proposent un cadre permettant à la personne qui recourt à eux en allant « voir quelqu’un », de prendre soin d’elle même grâce à la catalyse que permet la situation spécifique de dialogue psychothérapique en relation.
Note concernant la situation particulière de la psychanalyse
Les psychanalystes proposent la même chose avec le cadre psychanalytique, sauf que, devenus principalement en qualité de psychologues (1) psychothérapeutes par le nouveau titre, qui les paramédicalise, ils exercent pris dans les mâchoires d’un étau à deux logiques antagonistes. Médicalisation de l’existence et psychothérapie scientiste à protocole d’une part, psychothérapie de type relationnel, à transfert, de l’autre. Leur discours psychanalytique contredisant leur pratique que nous dirons psychothérapeutique (par opposition à psychothérapique, relationnelle), leur situation institutionnelle en particulier dans le cadre hospitalier mais pas uniquement les conduit à tenter le grand écart de pratiquer une discipline sous couvert d’une profession contradictoire avec elle.
Quoiqu’il en soit les alternatifs à ce qu’on pourrait appeler désormais la psychothérapeutique, pratique des psychothérapeutes, alternatifs essentiellement psychopraticiens relationnels, n’administrent jamais de traitement, ni n’entendent prodiguer de soins directs afin de réduire le symptôme. Ils président essentiellement au processus de subjectivation au cours duquel une personne venue auprès d’eux dans le cadre qu’ils proposent prendre soin d’elle même, de son existence et du sens qu’elle va progressivement être conduite à lui donner, prend le risque de se découvrir et d’advenir à elle-même. Cela soigne en effet mais d’un soin non médical.
9 février 2010 – 15 mai 2012 – 20 octobre 2012 – 18 avril 2014 –
PHG
- 1 Comme en qualité de psychiatres, la psychanalyse en France a pris l’habitude depuis un bon quart de siècle d’opérer sous couvert d’une profession psy diplômée de l’université.
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Depuis Mesmer et le fameux rapport, qui veut (déjà) dire relation en français du XXème siècle (relation enrichie d’éléments qu’on mettra du temps à identifier clairement) comme le signale Henri Ellenberger, on devinait que la relation était composite. Le mérite de Freud fut de transformer l’inconvénient de ne pouvoir entrer en relation directe à cause de ces éléments qui l’altéraient, en processus de clarification au long cours – à longue cure.
Le transfert est amour, mais comme son nom l’indique un amour qui transite : pour reprendre la démonstration lacanienne, Alcibiade croit désirer Socrate (qui se dérobe car il n’occupe là que la place du miroir aux alouettes) alors qu’il désire Agathon. Socrate-psychanalyste s’abstient (refuse de devenir l’amant d’Alcibiade) par vertu philosophique accoucheuse de vérité, relationnelle, intersubjective.
Le transfert revêt donc le statut d’illusion relationnelle provisoire (prendre quelqu’un pour quelqu’un d’autre sans pouvoir s’en rendre compte), un provisoire qui dure, le temps de l’analyse ou de la psychothérapie relationnelle, celle qui installe le praticien dans la position de celui dont le patient suppose qu’il sait, qu’il détient un savoir (absolu, pendant qu’on y est pourquoi se gêner ?) sur lui. La désaliénation du sujet au cours du processus corrode le transfert (dont il restera toujours quelque chose) et aboutit à ce que le patient finisse par rencontrer véritablement le praticien (faut-il ajouter et réciproquement : contre-transfert ?) et lui-même dans le même mouvement psychique.
Les psychothérapies relationnelles sans inconscient ont du mal avec le transfert. Elles n’y peuvent rien, il se déploie. Je ne suis pas ton père ! ne suffit absolument pas à dissiper le phénomène, qui, avec le patient (et pourquoi pas avec le praticien) insiste. D’où la formule que j’ai inventée en dialogue entre Chazette le psychanalyste et Salathé le gestaltiste : en gestalt le transfert n’existe pas, d’ailleurs on le traite autrement.
La psychanalyse s’est longtemps singularisée comme la psychothérapie relationnelle du transfert, et par là rigoureusement comme une non-psychothérapie, les psychothérapies quelles qu’elles fussent à ses yeux se montrant aveugles à cette complexité de la relation. Cette dichotomisation du champ théorique tend à se faire moins sévère, l’universalité du phénomène du transfert ayant tendance de nos jours à être reconnue bien au-delà de la psychanalyse.
Philippe Grauer
- ÉMEUTES, JEUNESSE ENRAGÉE, PARIS BRÛLE-T-IL ? POUR UN FRONT DES THÉRAPEUTES ATTERRÉS
- La fonction phorique
- Psychiatrie, bistouri et matière grise
psychothérapie transpersonnelle
DATATION
– 1917 – premier emploi du mot chez CG Jung : überpersönlich.
– 1965 – on retrouve le terme en France : »on a récemment introduit en psychologie le terme transpersonnel pour indiquer ce que couramment l’on désigne comme spirituel, » Roberto Assagioli, Psychosynthèse, Épi, 1965, p. 48.-
2) DÉFINITION
Extrait du site Souffle et thérapie : « L’anthropologie des thérapies transpersonnelles est une anthropologie de la conscience comme toutes les autres thérapies mais qui repose aussi beaucoup sur la notion d’élargissement de la conscience : elles considèrent le chemin d’évolution intérieure comme un déploiement de conscience qui, dans un même mouvement, éclaire l’archaïque et ouvre l’accès au spirituel. Elles proposent ainsi des expériences en état de conscience élargi : relaxation, méditation, transes diverses, techniques de souffle (comme la respiration holotropique » [– à ne pas confondre avec la dynamique du souffle, Note de la Rédaction]).
« L’anthropologie transpersonnelle est également basée sur la relation, l’interdépendance, l’interconnexion : l’être humain est perçu dans une globalité qui inclut les cellules, le corps, l’énergie, l’histoire personnelle et l’histoire collective ainsi que la dimension sacrée de l’existence. »
La psychothérapie transpersonnelle se présente donc comme un objet intégratif interdisciplinaire conjoignant psychothérapie humaniste, clinique des états modifiés de conscience (transe), domaine de la spiritualité. L’usage du terme anthropologie est quasi fatal en tout cas classique dès qu’on voit intervenir la conjonction de la psychothérapie, de la méditation et de la religion. On pourrait dire aussi bien dès qu’on sort du domaine strict du psychothérapique.
La psychothérapie relationnelle à proprement parler se tient en deçà de la ligne de démarcation et s’efforce de demeurer laïque par rapport au religieux.
3) RÉFÉRENCES
– psychologie transpersonnelle., article Wikipedia bien fait, auquel le lecteur se reportera s’il désire bénéficier du jeu des hyperliens.
4) ÉLÉMENTS D’HISTOIRE
– Nous avons réaménagé et complété des éléments de l’article Wikipedia mentionné ci-contre. Partir de la rencontre Maslow-Grof, et tenir en mémoire la filiation Jung-Assagioli. L’ensemble de la psychologie humaniste est imprégné d’idéologie spiritualiste. Jean-Michel Fourcade et Philippe Grauer notamment se sont toujours tenus résolument à distance raisonnable du « côté spi de la Force ». Les apports de la Méditation, discipline vaste et complexe, peuvent laisser ouverte la question des options spirituelles du patient sans s’engouffrer dans une pratique duelle, intégrant purement et simplement (simplement ?) la dimension spirituelle. Maintenir la distance entre les univers psy et spi ne signifiant pas réduire la psychothérapie à un scientisme sans âme (!) mais refuser d’exercer à la fois comme psy et comme directeur de conscience. Le même problème se pose à propos du délicat concept d’énergie. Une spiritualité laïque est par ailleurs concevable.
1971 – Stanislav Grof fonde l’International Transpersonal Association. Psychiatre tchécoslovaque établi aux États-Unis en 1967, il a consacré sa vie aux « états non ordinaires de conscience ». Ses premières recherches ont porté sur l’usage clinique des substances psychédéliques, il était responsable d’un programme d’exploration systématique du potentiel heuristique et thérapeutique du LSD et autres substances psychédéliques. Il a animé de nombreux séminaires de formation à la respiration holotropique. Sa vie est liée au New Age : il a vécu de 1973 à 1987, en tant que professeur-résident, à l’Institut Esalen de Big Sur, en Californie.
1973 – La journaliste Marilyn Ferguson, autrice du best-seller du New Age, Les enfants du Verseau (The Aquarian Conspiracy, 1980), traite des thèmes de la psychologie transpersonnelle dans La révolution du cerveau (1973) : le biofeedback, les états altérés de la conscience, le super-cerveau, la conscience et l’hyper-conscience. Elle relève de la psychologie humaniste en son sens large originel (la psychologie humaniste avant de se décanter en psychothérapie relationnelle confondait psychologie, développement personnel et éléments de psychothérapie) et de la psychologie transpersonnelle qui lui a succédé. Ne pas oublier que Marilyn Ferguson n’est pas psychothérapeute, et que de plus son ouvrage se situe du côté du développement personnel, donc hors champ de la psychothérapie à proprement parler.
1973 – Ken Wilber publie son premier livre The spectrum of consciousness (Le spectre de la conscience) [20th anniversary edition 1993], Quest Books, XIX-362 p., dans lequel il tente d’unifier les connaissances de domaines spirituels très divers, orientaux, occidentaux, scientifiques, philosophiques. Il distingue cinq formes de l’identité : « persona » (masque, image donnée), « ego » (persona + ombre, les qualités intérieures cachées), « centaure » (persona + ombre + corps), « esprit » (persona + ombre + corps + cosmos) [quid de la cinquième forme ? PHG].
1975 – Robert Frager et Jim Fadiman, deux psychologues, fondent l’Institute of Transpersonal Psychology [ITP] à Palo Alto, en Californie, qui offre des formations diplômantes. Charles T. Tart, spécialiste des états modifiés de conscience et parapsychologue, y enseigne jusqu’en 1994.
1983 – Psychologie intégrale. Wilber abandonne la psychologie transpersonnelle pour la psychologie intégrale dite par lui Cinquième force, après les psychologies behavioriste, psychanalytique, humaniste, transpersonnelle.
[1984] 2009 – Stanislav Grof, Psychologie transpersonnelle, une approche globale et spirituelle pour épanouir sa conscience, 474 p.[Journeys beyond the brain, sd. antérieur à 1980, édité ultérieurement en audio book], J’ai lu.-
1995 – Ken Wilber publie Kosmos-trilogy, vol. 1 : Sex, Ecology, Spirituality, résumé dans A Brief History of Everything, 1996, traduction française Une brève histoire de tout, Boucherville, Québec, Éditions de Mortagne, 1997, 452 p.-
2013 – Bernadette Blin, Brigitte Chavas, Manuel de psychothérapie transpersonnelle, fondements, mise en œuvre, exemples cliniques, préface de Stanislav Grof, Paris, Interéditions, XXVI-320 p.-]]
- L'erreur de Matthieu Ricard
- Psychocorporel : science ou croyance ?
- Projet de décret : non aux Commissions tueuses
Solidarité avec les 39
par Philippe Grauer
Notre terme de relationnel plaît à nos collègues psychiatres partis en guerre contre le déshumanisation de l’hôpital psychiatrique, œuvre conjointe de la psychiatrie et des pouvoirs publics, avec pour corolaire la tentative de destruction de la psychothérapie … relationnelle, expulsée du titre générique de psychothérapeute sans aucune protestation des psychiatres c’est compliqué la vie.
Nous nous portons solidaires de nos collègues en lutte contre un hôpital qui ne veut connaître ni âme ni relation (ni bien entendu nous venons de le voir de psychothérapie relationnelle), sachant que lesdits collègues, institutionnellement parlant, nous ignorent purement et simplement.
Ceci éclaire sur le contexte. Notre pratique constitue un paradigme de la pratique en hôpital. Nous ne nous occupons pas spécifiquement de la santé mentale, concept à interroger radicalement par ailleurs, pas plus que du bien-être, à l’autre extrémité de la chaîne. Nous nous occupons de la souffrance de ceux qui n’en peuvent plus de leur existence et viennent auprès de nous prendre soin du sens de leur vie, prendre conscience de leur subjectivité et de sa dynamique.
C’est parce que nous n’avons rien à voir avec le gardiennage social que nous dérangeons et que certains aimeraient nous voir au diable. Ceci est une autre histoire et paire de manches. Psychopraticiens de la relation, nous sommes heureux de constater que nous inspirons le lexique de nos collègues psychiatres. S’ils veulent s’informer davantage de nous nos écoles spécifiques sont au service de tous.
Cela dit nous ne pratiquons pas le « soin relationnel », nous n’administrons jamais de traitement, c’est affaire de médecine. Ni soigneurs (coaches) ni soignants. Le soin auquel nous présidons est celui pris de soi, un souci de soi, déployé auprès d’un témoin accompagnateur expérimenté pour cela. Cela nous met déjà suffisamment de pain sur la planche !
7 octobre 2009
Contre La Nuit Sécuritaire – Appel des 39
La psychiatrie se verrait-elle expropriée de sa fonction soignante, pour redevenir la gardienne de l’ordre social ?
Nous, citoyens, professionnels du soin, du travail social, refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société.
COMMUNIQUÉ
Collectif des 39 – Contre la nuit sécuritaire
De nouveau à Montreuil
SAMEDI 28 NOVEMBRE 2009 :
Depuis plusieurs mois, un mouvement se construit au sein de la psychiatrie. Pour sa part, le collectif des 39 a élargi son action au-delà de la condamnation du discours sécuritaire. Lors des nombreux forums et rencontres organisés, nous avons pu constater la présence d’un engagement fort au sein des personnes confrontées au soin psychique ainsi qu’une importante volonté de résistance. De multiples témoignages ont montré une indignation massive vis-à-vis des conditions dans lesquelles se pratique la psychiatrie aujourd’hui, manifesté une exigence de modifier les pratiques quotidiennes, de sortir de l’isolement afin d’opérer une mise en commun.
Pour prendre acte de ce tournant et l’élargir, nous avons décidé d’organiser une rencontre nationale le samedi 28 novembre à Montreuil (La Parole Errante à la Maison de l’Arbre).
Il s’agirait de questionner ce qui est en jeu à travers l’ensemble des « réformes » qui voudraient s’imposer, à savoir la réduction des « usagers de santé mentale » à une somme de conduites déviantes à corriger, impliquant en miroir la réduction du rôle de soignant à une somme de fonctions : celle de technicien, d’agent administratif, d’agent du maintien de l’ordre public… Déplaçant ainsi les priorités du soin psychique sur un pôle gestionnaire et sécuritaire, au détriment de la dimension thérapeutique relationnelle, aboutissant à cette situation paradoxale de créer une nouvelle génération de soignants dont la priorité n’est plus de soigner.
Cette exigence de « modernité » et de « réalisme » ne conduirait-elle pas à une réactualisation de pratiques passéistes, telles que le tri, la mise à l’écart, l’enfermement irréversible des populations « marginales », au sein de laquelle les « néo-soignants » reproduiraient une version contemporaine des antiques « gardiens de fous » ?
La seule position lucide et réaliste en psychiatrie est-elle celle qui nous est prescrite par les réformes en cours ? Ou nous est-il possible d’envisager avec sérieux une position soignante rénovée, fondée sur le soin relationnel, la rencontre singulière et le travail collectif ?
Dès maintenant, réservez la date : Samedi 28 Novembre 2009, toute la journée.
Continuez à SIGNER LA PÉTITION, et diffuser cette lettre autour de vous.
<a href="https://cifpr.fr/le-glossaire/" class="cmtt-backlinkW
Reprise et enrichissement de l’article psychothérapie dans Wikipédia
Pour des raisons qui nous échappent et qui concernent l’encyclopédie coopérative en ligne, Wikipédia n’a pas entériné les additions que nous avions commencé de proposer à notre entrée psychothérapie.
Nous avons mis en ligne en conséquence sur notre site les corrections, modifications et apports par nous installés sur Wikipédia, dans l’idée d’enrichir le savoir commun sur la psychothérapie. Il serait utile que l’internaute consultant Wikipédia soit informé de l’existence du son de notre cloche mais comment faire ?
Nous avons annoté le texte, repris au compte de notre site, de façon dégagée par rapport à la rédaction primitivement proposée. Nous avons conservé tous les liens wikipédiens, même dans les cas où nos propres liens auraient pu avantageusement leur être joints, car la technique ne sait pas, elle, constituer de doubles liens.
Reprenant le texte originaire pour compléter ce glossaire nous avons entrepris de l’aggiornamenter. L’original reste à peu près tel quel à Textes et documents (les modifications entamées, interrompues, furent effectées dans ce nouveau cadre).
PHG
Reprise de l’article psychothérapie de Wikipédia
Par Philippe Grauer
Cette proposition d’amélioration démontée à peine installée sur ledit site, conduit à déduire que la ou les responsables à Wikipédia de l’article psychothérapie veillent à ce que le point de vue officiel psychologie-psychiatrie d’orientation comportementaliste et médicaliste soit maintenu sans faille sur l’encyclopédie coopérative bien connue. Si les intéressés pensent différemment ils peuvent toujours le faire savoir.
Les psychothérapies (thérapies(1) par la psyché) XIXe siècle, s’originent dans différentes pratiques dont, en particulier, l’analyse psychologique de Janet, la cure par la parole (Breuer), l’hypnose puis la psychanalyse. Sans remonter aux psychothérapeutes du désert dont rend compte Philon d’Alexandrie, on trouve l’emploi du terme chez Paracelse (1494-1541). Au sens moderne du terme c’est le psychiatre anglais Walter Cooper Dendy qui introduisit le terme psycho-therapeia en 1853. On trouve ensuite le terme sous la plume de Maurice Barrès, in Renan, p. 90 : « Ainsi se justifient ces essais de psychothérapie ».
En 1891 Hippolyte Bernheim chef de file de l’École de Nancy publia un ouvrage intitulé Hypnotisme, suggestion, psychothérapie [1].Ces pratiques sont « l’art de soigner par l’esprit » des souffrances tant psychiques que somatiques dans le cadre d’une relation à un psychothérapeute. « La psychothérapie [est] souvent considérée à tort comme un soin de l’esprit » (ibid p.7). Résumant les indications de la psychothérapie Bernheim écrit dans De la suggestion : « Le ténesme, la diarrhée, les vomissements liés à une affection organique peuvent aussi être exagérés par le psychisme et justiciables dans une certaine mesure de la suggestion. » On le voit, le champ médical de la psychothérapie est très vaste ; elle peut intervenir utilement dans toutes les maladies ; mais elle intervient surtout contre l’élément psychonerveux de ces maladies ».[2] Les approches, nombreuses, correspondent à des références théorico-cliniques très différentes voire contradictoires.
En France la psychiatrie (science médicale) et la psychologie (sciences humaines) revendiquent l’activité psychothérapeutique, au sens générique du terme, comme une de leurs fonctions. À ce titre, dans l’enseignement public, selon l’article 91 de la loi du 24 juin 2009 toujours non assortie de ses décrets d’application(2), elle relève[rait] d’une formation universitaire de troisième cycle, c’est-à-dire du titre de psychologue clinicien (Master) ou bien de celui de docteur en médecine (psychiatre). En aucun cas selon ses créateurs ce nouveau titre universitaire (3) de psychothérapeute ne saurait donner naissance à une nouvelle profession. Un décret d’application en a précisé les qualifications minimales requises en psychopathologie pour les psychothérapeutes issus d’autres formations(4).
Toujours en France, dans l’enseignement privé et dans le cadre institué et garanti par ses organismes historiques titularisants, l’activité spécifique dénommée psychothérapie relationnelle relève des sciences humaines fondées sur une clinique de la Relation et du processus de subjectivation. Elle intègre la dimension clinique du souci (prendre soin de soi), et s’intègre dans le cadre d’un néo-humanisme (postérieur à l’anti-humanisme théorique heideggero-althussérien). Elle s’enseigne et se transmet hors de la psychologie, de la psychiatrie et de la médecine, disciplines universitaires dorénavant dispensatrices du nouveau titre de psychothérapeute à leurs étudiants diplômés chargés d’administrer des traitements.
Historique des six dernières décennies
Années 60 — Abraham Maslow lance aux États-Unis l’Association de psychologie humaniste et du même coup le mouvement de la psychologie humaniste . Celui parvient en France en même temps que la psychosociologie, et la non directivité (Carl Rogers) au cours de la même décennie.
Années 70 — 1974 le Psy’G donne à la psychothérapie le cadre d’un syndicat professionnel la soutenant comme profession libérale. Il se centre sur deux axes principaux, la défense de la psychothérapie comme profession libérale, dans le sillage de l’UNAPL, et son inscription dans l’espace professionnel européen, du côté des Méthodes.
Années 80 —1981, le SNPPsy se fonde comme syndicat à vocation d’amorce ordinale, soutenant l’idée d’une discipline nouvelle, indépendante de la psychiatrie et de la psychologie. Il crée un code déontologie qui fait référence, institue un système d’agrément des écoles, et pense la discipline comme distincte, spécifique du soin pris de soi. Il développe en ce sens une réflexion idéologique, théorique et institutionnaliste.
Ainsi en cinq ans deux syndicats professionnels ont lancé dans notre pays le processus institutionnalisant la psychothérapie issue de la psychologie humaniste américaine, avec ou sans influence de la psychanalyse, comme discipline et profession émergeante.
Années 90 — En 1990 la Déclaration de Strasbourg, sous l’égide de l’Association européenne de psychothérapie, regroupant une vingtaine de méthodes-écoles, basée à Vienne (Alfred Pritz président) avec l’appui britannique de l’UKCP, constitue une véritable déclaration européenne d’indépendance disciplinaire. Ses quatre articles rejoignent les cinq critères du SNPPsy (il y manque précisément le cinquième), qui se joint au mouvement européen à l’instigation de Michèle Tordjman et Alain Naissant, du Psy’G.
C’est à la suite de la Déclaration de Strasbourg que les psychologues de l’ANOP – Association nationale des organismes de psychologie, dont faisait partie le SNPPsy (qui à ce titre participa à l’élaboration du code de déontologie des psychologues français) exigèrent du Snppsy qu’il prenne position contre elle et lui retire sa signature, ou se voie exclu.
Les organisations de la psychothérapie humaniste française continuèrent à se se diversifier. Les deux syndicats co fondent en 1996 la FFdP, fédération représentant l’EAP – Association européenne de psychothérapie, au niveau national. Laquelle donna naissance en 1998 à l’AFFOP, dont les deux syndicats furent membres fondateurs avant que le PSY’G se retire. C’est ainsi que l’AFFOP, avec en son sein le SNPPsy, fit face au premier Amendement Accoyer – 1999 – avec la proposition de loi Marchand sur la psychothérapie.
Années 2000-2010 — D’abord désignés par eux-mêmes comme « Les psychothérapeutes », les praticiens de la nouvelle discipline dans la mouvance du SNPPsy en sont venus à se désigner à partir de 1999 plus spécifiquement comme psychothérapeutes relationnels, laissant le champ libre à l’usage du terme générique de psychothérapie par les psychologues, psychiatres et autres psychothérapeutes d’inspiration comportementaliste ou cognitiviste, n’œuvrant pas dans le cadre strict d’une intersubjectivité engagée de part et d’autre, et du primat du ressort relationnel. Voir à ce sujet psychothérapie relationnelle.
Cette décennie est aussi celle du combat contre l’appropriation de la psychothérapie relationnelle et l’élimination de la psychanalyse par la médecine neuro organiciste.
Années 2010. L’avenir réserve ses surprises. Le combat du mouvement pour une psychothérapie relationnelle distincte dans le cadre du Carré psy, agissant dans le cadre du processus de subjectivation, aux côtés de la psychanalyse, se poursuit.
Institutions historiques. Les institutions historiques de la psychothérapie relationnelle, au nombre de quatre, sont par ordre d’apparition sur la scène institutionnelle, le Psy’G, le SNPPsy, la FFdP (devenue à la suite de l’intégration en 2004(5) par le SNPPsy dans son intitulé des praticiens en psychanalyse) la FF2P, cette fédération constituant une sorte de section nationale de l’Association européenne de psychothérapie, basée à Vienne. Ces organismes professionnels furent les premiers à proposer un cadre de titularisation et reconnaissance par les pairs, sur le modèle créé par les deux syndicats.
Regroupements politiques. Unis durant la crise de 1999-2009, de 2004 à 2008 au sein de la Coordination psy réunissant sous la direction de Jacques-Alain Miller la mouvance de l’ECF, la FFdP (devenue FF2P), l’AFFOP et le SNPPsy, les protagonistes de la lutte en front commun pour la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle se sont séparés en février 2009. Les quatre acteurs historiques de la psychothérapie relationnelle ont fondé en février 2010(6) le Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle — GLPR, regroupant Psy’G, SNPPsy, FF2P et AFFOP.
Validation, titularisation professionnelle privée. Le système de reconnaissance et de caution professionnelle solidaire de la psychothérapie relationnelle en France s’organise selon deux modèles.
1) Soit dans le cadre de l’Association européenne de psychothérapie (EAP à l’anglo-saxonne), les Méthodes-écoles « scientifiquement reconnues » par l’EAP reconnaissent et valident leurs élèves, leur attribuant un Certificat européen prive de psychothérapie, le CEP. Cette validation professionnelle privée s’organise selon le principe de la reconnaissance de la compétence et capacité du praticien par un jury de pairs dans sa méthode de référence. L’AFFOP conteste la réelle administration par le système EAP du cinquième critère, ramené selon elle à une validation de dossier.
2) Soit le praticien est titularisé par un comité pluraliste de pairs capable de l’authentifier et reconnaître comme praticien en psychothérapie relationnelle par delà sa méthode dans le moment où il s’avère apte à se reconnaître en relation et dialogue avec les dits pairs.
Une variante, cas de figure peu nombreux, consiste pour une Société savante à reconnaître un candidat par passage devant une Commission de pairs par définition non pluraliste. Le sérieux de ladite validation se trouve alors confirmé par sa fédération de référence, en l’occurrence l’AFFOP.
Critères professionnels privés. Dans tous les cas on retrouve les quatre critères du SNPPsy plus ou moins le cinquième, recoupés ultérieurement par les quatre points de la Déclaration de Strasbourg (1990). Ainsi la discipline et profession indépendante sous le nom de psychothérapie relationnelle, adossée à un système d’Écoles elles-mêmes agréées au sein des deux fédérations nationales (AFFOP et FF2P), est-elle à même de garantir de façon responsable les praticiens qu’elle a validés.
Critères universitaires, voisinage scientifique. Tant que le titre générique n’est pas protégé, les psychothérapeutes qui ne relèvent pas du système institutionnel de la psychothérapie relationnelle ci-dessus décrit agissent sous leur seule responsabilité ou sous celle de l’université. Diplômés en psychologie ou médecins, ils bénéficient d’un titre délivré dans une discipline voisine mais étrangère, psychologie clinique ou psychiatrie. L’université française ne forme à l’exercice ni de la psychanalyse ni de la psychothérapie relationnelle. Elle se contente de se proposer — sous réserve de la parution d’un décret d’application — d’ouvrir le droit à exercer la psychothérapie au sens générique du terme à des étudiants diplômés en psychologie ou en médecine, ayant essentiellement dans ce domaine acquis un bagage en psychopathologie qui représente environ le quart de la formation d’un praticien en psychothérapie relationnelle sortant d’une bonne école privée.
Selon les pays, le titre de psychothérapeute est ou n’est pas protégé et, dans ce dernier cas, tout un chacun peut se prétendre psychothérapeute, au sens générique du terme.
La psychothérapie se distingue du développement personnel comme du counselling ou du coaching — ce dernier en vogue dans les pays anglo-saxons —, qui ne présupposent ni formation universitaire ni formation à la psychopathologie, bien que ces activités soient parfois exercées par des psychologues et/ou des psychiatres de formation. Une différence marquante tient au fait que la psychothérapie s’adresse à des personnes en souffrance et en quête de sens.
On peut se faire une idée à la fois de la complexité de ce champ psy et de la possibilité de l’ordonner structurellement en consultant le schéma du Carré psy (Philippe Grauer), dont la conceptualisation, à laquelle se réfère le SNPPsy, peut s’avérer utile.
Sommaire
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25 juillet 2011 –
- 1 Thérapie (et non psychothérapie) renvoie pour l’auteur de l’article dont nous améliorons ici la rédaction, au médical. Orientation qui le conduira à ignorer la psychothérapie relationnelle, dont l’identité lui échappe.
- 2 Ceci date l’article. Depuis, la loi est entrée en vigueur et le schéma distributif des noms et fonctions a bougé en conséquence. Pas tant que cela, la figure du Carré psydemeure, strictement.
- 3 Ayant fait disparaître la précédente désignation de psychothérapeute – et non point comme nous l’avons imprimé parfois, [titre générique], par confusion entre titre professionnel et nom de métier.
- 4 Plus de titre générique actuellement. Psychothérapeute est devenu le titre réservé aux psychologues et médecins, psychopraticien relationnel aux ex psychothérapeutes, situés de la même façon sur le même côté du Carré psy par eux sous leur ancien nom de psychothérapeutes au sens de relationnels précédemment occupé.
- 5 Après beaucoup d’hésitation, pour éviter de paraître opportuniste. La demande d’intégrer le vocable psychanalyste à l’acronyme du syndicat provenait de psychanalystes siégeant au C.A., et ne correspondait pas à un calcul de fraude onomastique.
- 6 Date à préciser, certains documents mentionnent décembre 2009. En fait, le principe et l’initiative (dus à PHG) d’une coordination des 4 de la psychothérapie relationnelle (seuls le SNPPsy et l’Affop militent clairement pour le terme relationnel, qu’ils ont d’ailleurs le mérite d’avoir dégagé comme concept) datent de décembre-janvier, ce qui explique le flottement. Les recherches en cours (été 2011) permettront d’établir une datation précise dès septembre.
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