Titre de psychothérapeute, Décret son annexe, Arrêtés, et « Psychologues cliniciens » et « non cliniciens »

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From: « frdm : francois-r. dupond muzart »
Date: Sat, 19 Jun 2010 11:01:54 +0200
Subject: [psychanalogie] 20100619 Titre psychotherapeute, Decret son annexe,
Arretes, et « Psychologues cliniciens », et quelques observations residuelles
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Titre de psychothérapeute, Décret son annexe, Arrêtés, et « Psychologues cliniciens » et « non cliniciens »
et quelques observations résiduelles

Sur quelques points de « détail » des textes récents, points qui font l’objet de discussion.

L’article 52 de la loi du 9 août 2004, tel que modifié en 2009 http://goo.gl/aric indique que seuls des professionnels peuvent être inscrits et peuvent demander à être inscrits sur les listes départementales des psychothérapeutes. Voici les dispositions en question :
« [Alinéa 1er] L’usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
[Al. 2] « L’inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l’État dans le département de leur résidence professionnelle. (…) Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même obligation s’impose aux personnes qui, après deux ans d’interruption, veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute.
[Al. 3] « Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article et les conditions de formation théorique et pratique en psychopathologie clinique que doivent remplir les professionnels souhaitant s’inscrire au registre national des psychothérapeutes. (…)

Mais rien dans l’article de loi ne réserve la formation spécifique « formation 52 » aux professionnels. Au contraire, l’article législatif indique que les professionnels en question doivent « remplir » des conditions de formation, non qu’ils doivent « suivre » ces formations. Lesdits professionnels peuvent donc avoir suivi ces formations alors qu’ils n’étaient pas encore professionnels.
Le décret d’application http://goo.gl/L3Qx non plus ne réserve pas la formation aux « professionnels » (si le décret le faisait, il serait contraire à l’article législatif sur ce point, donc il serait illégal sur ce point). Autrement dit les intéressés pourront éventuellement être embauchés sous condition d’obtention effective de l’inscription au registre des psychothérapeutes, après vérification préalable par l’employeur qu’apparemment les conditions sont bien remplies. J’exposais cela dès le 5 juin http://goo.gl/18hr sur ma Page Facebook http://psychanalogie.fr – Le candidat à la profession peut donc se présenter comme « apte au titre de psychothérapeute », mais pas comme « psychothérapeute ».

Le tableau annexe au décret d’application http://goo.gl/L3Qx indique les conditions de dispense de formation et les quotités de formation selon ces dispenses (art. 2 du décret).
Cette annexe ne vise pas du tout des diplômes, mais des situations professionnelles (par exemple, « médecin » n’est pas un diplôme mais une profession).
Dans le tableau, le « psychologue clinicien » n’est pas celui qui a un master particulier, c’est le psychologue qui est en situation professionnelle de clinicien. C’est une question de fait, pas de titre par diplôme. Voilà pourquoi la notion de « clinicien » n’est pas définie et ne le nécessite pas : cet élément résulte du contrat de travail et/ou d’une attestation par l’employeur, correspondant bien entendu à l’activité professionnelle réelle : question de fait (et qui pour les psychologues travailleurs indépendants résulte des déclarations administratives, sociales, fiscales, etc.).
Aussi, les diplômés de master qui ne travaillent pas encore, quel que soit leur master en poche ne sont pas des cliniciens au sens du décret et de son annexe.
Ces diplômés de master qui ne travaillent pas encore devraient apparemment suivre la « formation 52 » complète (400h + 5 mois stage) : l’on pourrait croire qu’ils ne bénéficient pas de quelconque dispense, puisque seuls les « professionnels » ont droit éventuellement aux dispenses selon le tableau. Mais ceci n’est examiné qu’une fois que l’intéressé travaille, est un « professionnel », et demande son inscription sur la liste départementale des psychothérapeutes. Par conséquent, l’on peut se demander si un étudiant n’ayant pas encore travaillé, et qui accomplit la « formation 52 » à la suite de son master en psychologie, peut choisir de suivre cette formation 52 complète ou la formation réduite s’agissant des « psychologues cliniciens » (ou même celle s’agissant des « psychologues non cliniciens »). Si l’étudiant est certain de travailler ensuite comme clinicien, il peut choisir de faire la formation réduite : rien dans le décret ni l’arrêté ne s’y oppose.

La 6e colonne dans le tableau annexé au décret http://goo.gl/L3Qx – colonne intitulée « Professionnels n’appartenant à aucune des catégories précédentes », n’a nullement pour portée que des non professionnels ne puissent pas suivre la formation. Cette colonne ne sert à rien. Lui chercher un sens n’aboutit qu’à contredire l’article 52, ce qui rendrait le décret illégal sur ce point : cela voudrait dire que seuls des professionnels peuvent suivre la « formation 52 ». Or rien dans l’article de loi ne permet une telle contrainte. Par conséquent la 6e colonne est malheureusement dépourvue de toute portée, ce qui est un cas très regrettable pour un texte normatif, mais l’on est contraint à cette conclusion pour ne pas lire le décret de sorte qu’il serait illégal. Mais cette 6e colonne fait s’interroger sur les « intentions » des rédacteurs du décret : auraient-ils désiré que l’article de loi réserve la « formation 52 » aux professionnels ?

Justification de la qualité de professionnel et résidence professionnelle :
Mais par ailleurs, il se présente une anomalie étonnante dans le décret http://goo.gl/L3Qx et surtout l’arrêté http://goo.gl/1hB3 : nulle part il n’est exigé de présenter une justification de la qualité de professionnel lors de la demande d’inscription sur les listes de psychothérapeutes. Pourtant le décret indique que l’inscription sur liste des psychothérapeutes doit être faite (et donc ne peut être faite) que dans le département de résidence professionnelle principale. Et naturellement, en justifiant de résidence professionnelle principale, l’on est amené ipso facto à justifier d’être un professionnel. Mais pourquoi l’arrêté ne cite pas cette justification de résidence professionnel (et donc de la qualité de professionnel) au nombre des pièces à produire (Annexe I http://goo.gl/1hB3 de l’arrêté), c’est un mystère.

Extrait de casier judiciaire :
Dans l’annexe II de l’arrêté relative au dossier de demande à bénéficier des mesures transitoires http://goo.gl/1hB3 – « demande de reconnaissance d’au moins cinq ans de pratique de la psychothérapie », il est exigé de l’intéressé de produire son extrait de casier judiciaire nº 2. Mais un particulier (même « professionnel ») ne peut pas obtenir son extrait de casier judiciaire nº 2, et un simple arrêté ne peut modifier cet état du droit législatif et décrétal. Des employeurs peuvent obtenir dans certains cas cet extrait nº 2, mais les cas prévus ne couvrent apparemment en rien la variété des situations d’emplois de personnes titrées psychothérapeutes, et de plus rien n’autorise ces employeurs à remettre cet extrait nº 2 aux intéressés. À propos de ces questions de délivrance des extraits de casier judiciaire nº 2, cf. <http://faq.cjn.justice.gouv.fr/selfservice/template.do?id=42> = http://goo.gl/dkrI + art. 776 du Code de procédure pénale http://goo.gl/gDE6 + art. D.571-4 du Code de procédure pénale http://goo.gl/HKtj + art. R.79 du Code de procédure pénale http://goo.gl/MEjd

Naturellement toutes lumières latérales ou supérieures sur tous ces points seront bienvenues à l’adresse fr@frdm.fr

François-R. Dupond Muzart ~ frdm
juriste de Droit public
La diffusion email est effectuée à notamment 400 responsables ou récents responsables au sein d’organisations et collectifs de psychologues. Mais il ne s’agit ni techniquement ni juridiquement de « liste » éventuellement dite « de diffusion ». Plus les 300 abonnés à la liste publique de diffusion « Psych-ana-logie » : http://goo.gl/MevM
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Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, 1950, Conseil de l’Europe : « Résolus, en tant que gouvernements d’États européens animés d’un même esprit et possédant un patrimoine commun d’idéal et de traditions politiques, de respect de la liberté et de PRÉÉMINENCE DU DROIT, à prendre les premières mesures propres à assurer la garantie collective de certains des droits énoncés dans la Déclaration universelle ».
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1.– DIFFUSION PSYCHANALOGIE : Actualités et commentaires des réformes relatifs à la “santé mentale”, aux psychanalystes, psychothérapeutes, psychologues, à la psychiatrie. Recherche, controverses de celle-ci. Titre de psychothérapeute “art. 52”, incidences sur les professions de soin, sur les psychologues et psychanalystes. Voir aussi http://www.lta.frdm.fr/
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6.– L’INCURIE EN RAISONNEMENT JURIDIQUE (i.e. «DROIT») FORME L’ESPRIT DE GUERRE CIVILE.

TVA, psychologues et psychothérapeutes NN

Les cogitations juridiques de frdm sont proverbialement appréciées dans le milieu psy. Nous vous faisons profiter de leur pertinence en ce qui concerne l’exonération de TVA, en réponse à une question souvent posée par nos futurs grands-parents.

Nos psychopraticiens relationnels et multiréférentiels ne sont pas concernés à ce titre. Un détail terminologique, : ne jamais confondre psychothérapeutes NN, nouvelles normes, ou psychothérapeutes d’État, et les ex psychothérapeutes dits ni ni, ce qui fait aussi NN si l’on y songe, mais qui n’étaient ni psychologues ni psychanalystes, ni ne seront non plus psychothérapeutes (NN donc), des moins que rien quoi — tout dépendant du point de vue d’après lequel on les déconsidère ou considère. Du point de vue de la TVA, ils la payent un point c’est tout.

PHG


[…]

– S’agissant des psychologues, dans le champ de la santé leurs seules activités exonérées sont celles psycho/thérapeutiques : cette catégorie est plus large que la seule “mise en œuvre” de séances de méthode de psychothérapie, cette catégorie de thérapie inclut comme toutes les thérapies les activités à but de diagnostic, de “dépistage”, voire de prévention dans certains cas. L’exonération actuelle des psychologues travailleurs indépendants ou en établissements de santé est fondée exclusivement sur la qualification de psycho/thérapeutique de leurs activités. Il n’existe pas dans le champ de la santé d’exonération pour les activités “psycho/logiques” qui ne sont pas des soins (là encore, la notion de soin inclut activités à but diagnostic, etc.), il faut que ces activités soient des « soins psycho/logiques », donc psycho/thérapeutiques, pour être exonérées dans le champ de la santé.

– Maintenant je reprends le passage idoine de mon post initial : Les ostéopathes ont été ajoutés récemment à cette liste (des professions de santé dont les activités sont exonérées de la Tva), peu après la mise en œuvre de la législation de leur titre. C’est logiquement ce qui va se reproduire s’agissant des « praticiens autorisé à faire usage légalement du titre de psychothérapeute ». Mais on peut se demander si, dans cette législation à venir, l’exonération sera maintenue pour les psychologues en tant que tels, ou s’il ne sera pas opéré une simplification, ne laissant subsister pour l’exonération que les psychanalystes titulaires des diplômes actuellement exigés et les nouveaux titrés psychothérapeutes, ou même uniquement les nouveaux titrés psychothérapeutes.

– Voici ce qui pourrait se passer et **qui serait juridiquement logique** :
au lieu de CGI, actuel Article 261-4-1º en vigueur au 11 mars 2010 http://goo.gl/BFDi : « Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : (…) 4. (Professions libérales et activités diverses) : 1º Les soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées, par les praticiens autorisés à faire usage légalement du titre d’ostéopathe et par les psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes titulaires d’un des diplômes requis, à la date de sa délivrance, pour être recruté comme psychologue dans la fonction publique hospitalière (…) ; »,

on aurait à l’avenir « Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : (…) 4. (Professions libérales et activités diverses) : 1º Les soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées, par les praticiens autorisés à faire usage légalement du titre d’ostéopathe et par les praticiens autorisés à faire usage légalement du titre de psychothérapeute (…) ; ».

Dans ce cas à l’avenir, les établissements de santé ne pourraient plus recruter de psychologues non détenteurs du titre de psychothérapeute. Pour quoi faire ? des activités non psycho/thérapeutiques non exonérées de la Tva parce que ne répondant pas à l’intérêt général relatif à la santé qui justifie l’exonération ?

C’est dans ces conditions que s’avère “gravissime” la non-dispense totale de formation supplémentaire pour l’obtention du titre de psychothérapeute, pour les psychologues cliniciens.


Ceci ne représente qu’un extrait. L’ensemble se trouve en cliquant sur les liens suivants, et pour l’exonération des associations, cliquer sur associations.

PHG

Psychothérapeute NN et TVA

Côté grand-père, et grand-mère il y en aura pour tout le monde, la fiscalité aussi entre en scène à l’occasion des grandes manœuvres, on vous avait promis La réforme, la voici la voilà, avec la TVA.

Nous, nous y sommes soumis, sauf à avoir été, pour les grands-parents, psychologue clinicien puis s’inscrire au Registre des psychothérapeutes NN. C’est taxé pour les autres. Nous voici, aux côtés de nos collègues psychologues, censés ajouter de la valeur — probablement à nos patients. La psychothérapie d’État elle, n’est pas censée ajouter de la valeur. Bercy beaucoup. Moyennant quoi, pour nous, vive la liberté !

Philippe Grauer


Les arrêtés de mise en œuvre du décret relatif au titre de psychothérapeute sont parus au Journal Officiel et sur le site Légifrance :

JORF n°0134 du 12 juin 2010 page 10837 texte n° 20 Arrêté du 9 juin 2010 relatif aux demandes d’inscription au registre national des psychothérapeutes NOR: SASH1015346A

JORF n°0134 du 12 juin 2010 page 10836 texte n° 19 Arrêté du 8 juin 2010 relatif à la formation en psychopathologie clinique conduisant au titre de psychothérapeute NOR: SASH1015326A

IMPORTANT :

Le titre de psychothérapeute, les psychologues et le Code général des impôts

Attention aux évolutions de la législation fiscale.

CGI, actuel Article 261-4-1º en vigueur au 11 mars 2010

« Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée :

(…) 4. (Professions libérales et activités diverses) : …1º Les soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées, par les praticiens autorisés à faire usage légalement du titre d’ostéopathe et par les psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes titulaires d’un des diplômes requis, à la date de sa délivrance, pour être recruté comme psychologue dans la fonction publique hospitalière ainsi que (…) ; ».

– Les ostéopathes ont été ajoutés récemment à cette liste, peu après la mise en œuvre de la législation de leur titre. C’est logiquement ce qui va se reproduire s’agissant des « praticiens autorisé à faire usage légalement du titre de psychothérapeute ». Mais on peut se demander si, dans cette législation à venir, l’exonération sera maintenue pour les psychologues en tant que tels, ou s’il ne sera pas opéré une simplification, ne laissant subsister pour l’exonération que les psychanalystes titulaires des diplômes actuellement exigés et les nouveaux titrés psychothérapeutes, ou même uniquement les nouveaux titrés psychothérapeutes.

– Les organisations professionnelles ont donc semble-t-il le devoir de tout faire pour que les psychologues et psychanalystes actuels « justifiant d’au moins cinq ans de pratique de la psychothérapie à la date de publication du décret [du 20 mai 2010, relatif au titre de psychothérapeute] » présentent en temps et en heure un dossier de demande du titre de psychothérapeute devant les commissions transitoires prévues par le décret relatif au titre de psychothérapeute.

– Une fois le délai d’un an écoulé à compter de la publication du décret, il sera trop tard, et le Parlement et l’État auront beau jeu de répondre aux intéressés : vous n’avez pas obtenu le titre de psychothérapeute (pire encore, vous ne l’avez même pas demandé) : vous perdez pour l’avenir l’exonération de la Tva pour vos activités de soins, i.e. de « psychothérapie » (en ce inclus les activités de diagnostic, comme les tests), qui sont les seules activités des psychologues à être actuellement exonérées.

– Si tout ceci se déroule comme indiqué, les établissements de santé ne pourront plus recruter à l’avenir de psychologues non détenteurs du titre de psychothérapeute, car autrement ces établissements seraient soumis à la Tva sur les financements reçus pour l’activité des psychologues concernés.

– Ceux qui inciteront leurs collègues à ne pas demander le titre de psychothérapeute dans le cadre des mesures transitoires, ne seront manifestement pas les payeurs. La non-dispense totale de formation spécifique pour obtenir le titre de psychothérapeute, pour les psychologues même « cliniciens », prépare à mon avis un “nettoyage” par l’État, par Bercy que l’on connaît à l’affût, des bénéficiaires de l’exonération de la Tva parmi les psychologues, pour ne retenir que ceux qui auront obtenu le titre de psychothérapeute.

– frdm

La psychothérapie : un décret symptôme

Pour Alain Abelhauser, psychanalyste et professeur de psychopathologie clinique, le décret sur les conditions d’usage du titre de psychothérapeute qui vient d’être publié «vient encore accentuer la mise à sac d’une certaine politique de prise en charge de la souffrance psychique».


Notre commentaire

Quand Alain Abelhauser parle de la psychothérapie comme multiple, et énonce qu’elle se dispense en des lieux divers, nous le suivons parfaitement. Il ne va pas jusqu’à mentionner notre existence ni celle de nos Écoles. Que voulez-vous, on est universitaire ou on ne l’est pas. Vous ne conduirez jamais aisément un de nos éminents professeurs à admettre qu’en dehors de l’alma mater, pas seulement alma mais aussi un peu domina, point de salut scientifique imaginable.

Quand donc pris dans son généreux élan de soutien à l’idéologie dominante il ajoute :

« La tâche du législateur paraissait, dès lors, simple: poser ce préalable de la formation en psychopathologie clinique à l’exercice psychothérapique, définir cette formation, et rappeler qu’elle existe et fonctionne tout compte fait assez bien en France.

C’est effectivement ce qu’énonce, grosso modo, le décret (c’est nous qui soulignons), disant que peuvent se prévaloir du titre de psychothérapeute les médecins, psychologues et psychanalystes (et psychothérapeutes actuellement en activité) justifiant de cette formation – qu’ils l’acquièrent à présent en s’y inscrivant, ou qu’ils s’en voient reconnaître la possession pour l’avoir acquise précédemment, au cours de leurs études ordinaires, » il énonce froidement une contre-vérité. Le décret stipule hénaurmo modo le contraire.

Personne chez nous n’a jamais prétendu ne pas devoir se perfectionner, et c’est avec intérêt que nos étudiants puis praticiens en exercice iraient se former et même conformer à la psychopathologie à quoi se réduit selon le législateur applaudi en ceci par le professeur, sa psychothérapie universitaire et d’État. Même, on pourrait imaginer des systèmes mixtes, nous en avons confectionné des modèles de longue date, profitables à la fois à nos Écoles et à une université ouverte — on sait que cette expression fonctionne actuellement comme oxymore dans le domaine qui est le nôtre, c’est dommage mais nous devons prendre en compte le principe de réalité.

Las ! le législateur appuyé en ceci par le professeur a prévu tout le contraire. Il a expressément prévu qu’un psychopraticien relationnel formé dans une de nos Écoles agréées devrait refaire entièrement ses études depuis le tout début, arrivé à la quarantaine ou cinquantaine et 2000 heures de formation et transformation (comme l’admet fort justement Alain Abelhauser pour ce dernier terme), dans la profession voisine et oh combien distincte de psychologue, s’il voulait exercer en qualité de psychothérapeute d’État NN.

Le bon docteur Accoyer a décidé dans sa Vengeance du Dr. A, un série B médicale qui raconte l’histoire d’une femme morte du cancer après avoir, dans une famille de médecins, préféré la naturopathie à l’oncologie, que son frère a fait serment sur sa tombe de venger du charlatanisme (Excellente idée au demeurant mais pourquoi s’en prendre aux psychothérapeutes de préférence aux naturopathes ?), le bon docteur a décidé donc, d’en finir avec les professions dites de soin constituées d’amateurs non diplômés, « commis charcutiers » reconvertis à la va-vite, détruisant les honnêtes ménages etc. Du feuilletonnesque populiste. Bref ce mythe fondateur dramatise, illustre et camoufle le vieux projet de l’Académie de médecine et le rapport Piel-Rolland, dont le fond consiste à rabaisser le statut du psychologue par rapport à la médecine — c’est en cours —, à accaparer le titre de psychothérapeute — merci c’est fait —, à normaliser au passage la psychanalyse — c’est en cours ils vont devenir « psychothérapeutes », une histoire de fous —, et à évacuer ces exotiques inclassables que nous sommes. Frappés d’invisibilité, irréductibles peut-être bien aussi.

Le professeur Abelhauser n’y voit pas malice. Il n’y voit tout simplement rien, comme ça rien ne le dérange. Il ne nous voit pas, même s’il nous regarde et dis bonjour, nous n’existons pas devant ou pour lui. Cela revient en termes sartriens à faire de nous de simples objets, en termes freudiens à se livrer aux délices du déni, en termes lacaniens l’expression est jolie elle parle de forclusion locale, en termes de relation cela revient à refuser d’entrer en relation avec nous, et de considérer la réalité des choses et des êtres. En français facile à manquer de toute capacité de reconnaissance de l’autre. Pour un psychothérapeute ça n’a jamais été recommandable. Pour un universitaire c’est élémentaire si l’autre ne l’est pas. Pour un psychopathologue je ne sais, nous demandons à voir. Il y a bien symptôme, mais en quoi consiste-t-il au juste et qui est le porteur du… chapeau symptomatique ?

Alors, dans le genre « mise à sac », Abelhauser fait comme tout le monde, comme tout son petit monde, il s’est constitué en bande pour nous dérober le nôtre au lieu de parler en termes de partage du champ, des compétences et des responsabilités, et maintenant, coup de force accompli, il se retourne contre son compère le psychiatre, qui à son tour entend l’arraisonner.

Il va aller se plaindre auprès de l’ordonnateur de tous les plaisirs psycho étatiques pour se faire confirmer qu’on va lui rendre une partie du magot confisqué. Satisfait, il repartira sur son territoire administrer sa justice corporatiste en espérant bien ne plus jamais à nouveau entendre parler de nous. Bernard Accoyer nous a dit, donnez-moi votre nom et vivez votre vie, je ne veux que votre nom. En somme, disparaissez ! Notre « disparition » n’affecte pas le professeur Abelhauser, nous ne sommes jamais apparus dans son champ de vision.

Tant d’aveuglement volontaire confond. Si bien que nous avons bien raison de ne pas vouloir nous laisser confondre. Portons fièrement un nom bien à nous. Depuis ce nom, nous n’ignorerons pas pour autant celui de nos colocataires du Carré psy, avec qui sur le terrain nous savons de longue date coopérer. Notre université se met à ressembler en matière de Sciences humaines cliniques à ce qu’elle était sous le Second Empire. Rassurons-nous, la République finit par lui succéder, ouvrir les esprits, et l’esprit public. Nous tâcherons de nous épargner la transition par les massacres de la Commune. En bon ordre dès à présent préparons l’avenir, un avenir où tous coopéreront, ne s’ignoreront pas pour survivre seuls au monde de la pensée et de la recherche, trop heureux de collaborer en se reconnaissant mutuellement.

Serait-ce trop demander ? Demandez au Roland Gori de l’Appel des appels et précédent président du SIUEERPP, si cette perspective de professions ouvertes et démocratiques de conviction lui paraît utopique.

Philippe Grauer


Le décret serait – laissent entendre la plupart des commentaires émis jusqu’à présent sur l’affaire – le dernier acte d’une longue et tumultueuse histoire. Il n’en est rien à mon avis.

Fin de la dernière décennie : Bernard Accoyer entend protéger les « usagers » du charlatanisme psychothérapique, aussi bien que du péril sectaire. Il cherche donc à faire promulguer une loi régissant l’exercice de la psychothérapie en France. Et découvre, à cette occasion, que la chose est bien plus complexe qu’il ne lui apparaissait: « la » psychothérapie n’est pas une, d’une part ; il y en a beaucoup, d’inspirations, de références, de méthodes et de visées bien différentes les unes des autres. Et, d’autre part, la formation à la plupart de ces psychothérapies est très difficilement contrôlable, puisqu’elle se fait dans des lieux également très variés, échappant de surcroît souvent aux cadres publics car supposant un engagement personnel fort de la part de ceux qui y aspirent.

Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Comment régir une profession qui n’existe officiellement pas, sans lui donner du même coup une légitimité à laquelle on n’est pas sûr de vouloir contribuer ? Et comment le faire sans modifier simultanément l’équilibre existant entre les professions voisines ? C’est en fait toute la politique de la santé dite mentale qui est là posée et mise en jeu d’un coup.

Mais Monsieur Accoyer ne faiblit pas et, dans la loi de santé du 9 août 2004, l’article 52 prétend – enfin ! – poser les conditions d’usage du titre de psychothérapeute. On a tourné, à vrai dire, la difficulté, puisqu’une nouvelle profession n’est pas pour autant définie: ce sont simplement les conditions permettant d’user d’un titre qui le sont. Et on est loin d’avoir, ce faisant, résolu tous les problèmes, puisque cette loi s’avère plutôt contradictoire, d’une part, et surtout quasi inapplicable en l’état, d’autre part.

Il n’y a pas « une » psychothérapie

Trois ministres de la santé successifs vont tenter de trouver l’accord qui permette la mise en place d’un décret d’application de cette loi. Sans succès –jusqu’au 22 mai dernier, jour de la publication au Journal Officiel du Décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute. Fort de ce qu’avait déjà tenté l’amendement à l’article 22 de la loi sur la réforme de l’hôpital de mars 2009, qui tentait in extremis de lever un peu les contradictions de l’article 52, le décret admet implicitement qu’on ne peut définir « la » psychothérapie et qu’on ne peut pas plus définir les modalités de ce qui y forme. Bien. Très bien, même. C’est ce que le monde « psy » avait tenté (difficilement) de faire entendre au législateur et au politique. Mais si l’on ne peut préciser ce que doit être une formation psychothérapique qui satisfasse aux exigences de protection de l’éventuel usager, il est en revanche possible de fixer à l’exercice psychothérapeutique un préalable raisonnable : justifier d’une formation en psychopathologie clinique, qui permette au praticien de s’y retrouver dans le champ tant du fonctionnement psychique que de sa souffrance.

Parfait. Pour exercer comme psychothérapeute, il faut donc au minimum s’y connaître en psychopathologie et justifier d’une formation clinique véritable. Condition nécessaire, à l’évidence, mais non suffisante, certainement. S’il faut, en somme, à tout prix légiférer dans ce domaine, autant le faire de façon raisonnable, et réaliste. D’autant que ces formations en psychopathologie clinique existent, en France, depuis nombre d’années: elles sont présentes dans les certificats de psychiatrie, d’une part, dans les très rares cursus de psychanalyse, d’autre part, et enfin dans les masters de psychologie du même nom (psychopathologie clinique), formations de haut niveau, régulièrement évaluées et habilitées, et accessibles au terme d’une sélection rigoureuse et exigeante.

La tâche du législateur paraissait, dès lors, simple: poser ce préalable de la formation en psychopathologie clinique à l’exercice psychothérapique, définir cette formation, et rappeler qu’elle existe et fonctionne tout compte fait assez bien en France.

C’est effectivement ce qu’énonce, grosso modo, le décret, disant que peuvent se prévaloir du titre de psychothérapeute les médecins, psychologues et psychanalystes (et psychothérapeutes actuellement en activité) justifiant de cette formation –qu’ils l’acquièrent à présent en s’y inscrivant, ou qu’ils s’en voient reconnaître la possession pour l’avoir acquise précédemment, au cours de leurs études ordinaires.

Les psychologues déqualifiés ?

Or, et c’est là toute la question, si une annexe au décret reconnaît aux psychiatres cette formation en totalité, il ne la reconnaît aux psychanalystes et à ceux qu’il nomme « psychologues cliniciens » que de façon très partielle. (« Psychologue clinicien », si c’est un intitulé couramment employé, n’est en revanche pas un titre officiel comme tel. Il y a juste des psychologues qui s’orientent en psychopathologie clinique et obtiennent un master présentant cet intitulé.)

Ne parlons que de ces derniers. L’annexe du décret prévoit de ne les dispenser que d’une partie de la formation demandée en psychopathologie clinique (250 heures d’enseignement sur 400 et trois mois de stage sur cinq). Pourquoi seulement d’une partie ? Pendant deux ans, ils ne sont formés qu’à cela, avec un volume d’enseignement et de stages bien supérieur à celui exigé comme pré-requis à l’exercice psychothérapeutique. Alors ? Serait-ce qu’on juge mauvaise, insuffisante, ou inadaptée, leur formation ? Ou qu’on veuille profiter de l’occasion offerte pour y ajouter, mine de rien, une supplémentaire ? Avec de surcroît la possibilité de contrôler l’orientation de celle-ci, et de façon plus efficace, et plus sournoise, que par le biais habituel des habilitations de diplômes universitaires ?

Que représente, en d’autres termes, cette exigence faite aux titulaires d’une formation en psychopathologie clinique de se former, s’ils veulent user du titre de psychothérapeute, à nouveau en psychopathologie clinique ? Est-ce un désaveu de leur formation actuelle ? Si tel était le cas, il importerait d’en énoncer les raisons et d’en décliner les critères. Ou est-ce une déqualification ? Si tel était le cas, il importerait de le dire clairement. Ou, pire encore, est-ce une façon –éminemment sournoise, je l’ai dit– de revenir sur telle ou telle orientation de la formation actuelle et de tenter d’y substituer une autre ? Si tel était le cas, il importerait de dénoncer vigoureusement une telle manœuvre. Mais bien sûr, pareille supposition n’est que pur fantasme et n’a pas lieu d’être.

Reste ce décret –et son annexe, plus que contestable. Fait unique, les principaux syndicats de psychologues –le Syndicat national des psychologues (SNP), bien sûr, la Fédération française des psychologues et de psychologie (FFPP) et l’association des universitaires spécialisés dans le champ de la psychopathologie clinique: le Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse (SIUEERPP)– ont fait front unis devant ce texte et émis un communiqué commun dénonçant tant son esprit que ses conséquences malsaines.

Seront-ils entendus ?

Une audience a d’ores et déjà été demandée aux ministres concernés.

Reste aussi –ce qui est peut-être le plus important de toute l’affaire– ce que ce décret, en venant s’ajouter au cortège de mesures prises, et de menaces exercées en ce domaine, représente, symptômatise, et vient encore accentuer la mise à sac d’une certaine politique de prise en charge de la souffrance psychique, la mise à sac d’une certaine préservation du lien social et, partant, la mise à sac d’une certaine conception de l’humain, tout simplement.

Face à cela, craignons qu’il n’est guère d’audience susceptible de porter remède à pareil processus.

Alain Abelhauser, psychanalyste, professeur des universités en psychopathologie clinique, président du Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse (SIUEERPP).


Pour plus d’infos sur les réactions des psychologues, vertueusement unis après avoir fait main basse sur notre titre, consulter Actualité…

scénario du pire ou réalité en marche : à vous de voir

Suite, Décret du 20 mai 2010 relatif au titre de psychothérapeute
Le scénario du “pire”, ou la réalité en marche : à vous de voir.
Extraits des publications sur la Page Facebook “Psychanalogie” :
http://psychanalogie.fr
suite de http://goo.gl/6Qa5
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Nº2. — Ufr de psychologie : Sur la présence de psychiatres dans les équipes de formation pour l’obtention du titre de psychothérapeute dans les Ufr de psychologie
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Décret http://goo.gl/JbRa article 11 relatif à l’agrément des établissements de formation pour l’obtention du titre de psychothérapeute : « L’avis motivé de la commission [régionale] est rendu au regard des éléments suivants : (…) 4º La qualité de l’équipe pédagogique responsable qui est composée notamment d’enseignants permanents, de professionnels de santé, ainsi que de personnes autorisées à porter le titre de psychothérapeute. Cette équipe est placée sous l’autorité d’un conseil scientifique comprenant notamment un titulaire d’un titre de formation mentionné à l’article L. 4131-1 du code de la santé publique http://goo.gl/3Y4s ; ».
L’article L. 4131-1 du code de la santé publique est celui qui indique les titres de formation requis pour l’exercice de la profession de médecin. En clair, le conseil scientifique doit comporter un médecin, et en pratique, pour un “bon” dossier d’agrément, il ne pourra s’agir que d’un psychiatre (et pas d’un pneumologue, évidemment). L’équipe pédagogique doit comprendre des « professionnels de santé ». Là encore, comment ne pas comprendre qu’il s’agit de psychiatres, pour un “bon” dossier ? (et pas de pneumologues ou de brancardiers…).
L’équipe pédagogique doit aussi comporter des « personnes autorisées à porter le titre de psychothérapeute ». Cette catégorie comprend là encore… les psychiatres, les seuls à être dispensés de toute formation supplémentaire pour faire usage du titre de psychothérapeute.
En clair, les dossiers d’agrément des Ufr de psychologie devraient présenter un ou des psychiatres dans l’équipe pédagogique, et un ou des psychiatres dans le conseil scientifique.
La décision d’agrément est prise « par les ministres chargés de la santé et de l’enseignement supérieur après avis (de) commission régionale d’agrément ». Il ne s’agit que d’un avis simple, la décision conjointe des ministres peut donc ne pas se conformer aux avis des commissions. Par exemple, les ministres peuvent refuser l’agrément dans tous les cas dans lesquels les dossiers ne comporteront pas de psychiatres dans l’équipe pédagogique et dans le conseil scientifique.
Examinons tout de même la composition des commissions : « six personnalités qualifiées titulaires et (…) six personnalités qualifiées suppléantes. / Ces personnalités sont nommées pour trois ans par le directeur général de l’agence régionale de santé qui les choisit en raison de leurs compétences dans les domaines de la formation et de leur expérience professionnelle dans le champ de la psychiatrie, de la psychanalyse ou de la psychopathologie clinique, sans qu’aucune des trois catégories de professionnels mentionnées au cinquième alinéa de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 http://goo.gl/4V1U susvisée ne soit majoritaire au sein de la commission. ».
Il y a tout d’abord un problème “conceptuel” : le 5e alinéa précité ne mentionne de profession que celle des psychanalystes. Les autres sont désignés par leur diplôme (permettant d’exercer la médecine) ou par leur titre (psychologues). Le décret est donc erroné en ce qu’il rapporte des termes imaginaires de l’article législatif. Mais admettons : le décret vise des personnes qui exercent les professions correspondant nominalement aux diplômes et titre mentionnés par l’article législatif. En clair, des médecins et des psychologues pratiquant en ces qualités.
Dans les commissions l’on ne pourrait donc trouver au maximum que deux médecins, donc deux psychiatres, sur six membres respectivement titulaires et suppléants. L’on pourrait donc imaginer que les commissions, par un vote majoritaire de leurs quatre autre membres, donnent un avis positif relatif à l’agrément d’établissements dont le dossier de formation présenté ne comporte aucun psychiatre, ni dans l’équipe pédagogique, ni dans le conseil scientifique (cependant rappel : dans ce dernier un médecin est obligatoire, mais il peut théoriquement ne pas s’agir d’un psychiatre).
Eh bien naturellement, les ministres rejetteront les avis positifs des commissions dans de tels cas, et refuseront l’agrément. Est-ce que les universités dont les Ufr de psychologie auront présenté de tels dossiers refusés iront devant le Conseil d’État au contentieux contre la décision des ministres ? Bien évidemment non. Les universités exigeront au contraire « spontanément » des Ufr de psychologie que leurs dossiers comportent des psychiatres. – frdm
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Qui a dit que les rapports officiels restaient toujours lettre morte ?
La vérité sur les psychologues, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins…
Rapport Cressard sur les Psychologues et Psychothérapeutes : adopté en Conseil national de l’Ordre des médecins le 2 juillet 2004 – Docteur Piernick Cressard
http://www.lta.frdm.fr/spip.php?article68
& original Pdf http://www.web.ordre.medecin.fr/rapport/psychologue.pdf
— Voici la justification préétablie pour refuser aux psychologues cliniciens une dispense totale de formation pour l’obtention du titre de psychothérapeute :
« L’extrême diversité des formations ouvrant le droit au titre de psychologue, ne garantit pas le niveau des connaissances dans le domaine de la psychologie médicale, alors que le titre n’est pas restrictif. Les études supérieures permettant l’obtention du titre de psychologue sont validées par les facultés des Lettres et des Sciences Humaines sans intervention des facultés de Médecine. Cette origine littéraire de la formation des psychologues entraîne une confusion dans le discours où le même mot définit des notions différentes dans le langage psychologique ou dans le langage psychiatrique » (c’est l’argument qui sera opposé par le gouvernement devant le Conseil d’État au contentieux, si les organisations de psychologues exercent un recours pour excès de pouvoir contre l’annexe du décret au motif d’« erreur manifeste d’appréciation » : je n’en prédis pas pour autant le sort).
— Voici l’exigence de prescription par les psychiatres (mais voir ci-après) :
« Les psychologues cliniciens possédant une formation reconnue en psychopathologie sont habilités à conduire une psychothérapie, mais celle-ci sera prescrite par un médecin psychiatre. »
— Voici la préfiguration des formations pour l’obtention du titre de psychothérapeute, dans les Ufr de médecine : « L’Académie de Médecine a d’ailleurs rappelé l’obligation de maintenir les psychothérapies dans le champ de la médecine et plus particulièrement de la psychiatrie et de la nécessité d’une formation spécifique pour les futurs psychothérapeutes, formation délivrée par une institution où la faculté de Médecine aurait sa place. ». Sur la notion fumeuse de « délégation », voir la suite à la même adresse un exemple de préconisation de ce “concept” http://www.lta.frdm.fr/spip.php?article68 : « Notes et propositions Jouvin » à la Commission Couty, 2008.
Tout est là.
Qui a dit que les rapports officiels restaient toujours lettre morte ? – frdm
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Que “les” médecins veuillent subordonner les psychologues-psychothérapeutes à leurs prescriptions, c’est certain, et il y a même un terme-fétiche de technocrates de ministère pour cela, c’est celui de « délégation »… mais afin précisément d’éviter la notion juridique de prescription. Mais pour cela il ne suffit pas de ne pas dispenser les psychologues même « cliniciens » de toute formation supplémentaire pour l’obtention du titre de psychothérapeute. Il faudrait un texte juridique qui énonce expressément cette prétention “des” médecins. Pourquoi “ces” médecins voudraient-ils éluder le terme de « prescription » : parce qu’il serait difficile de prévoir une prescription obligatoire dans les établissements de santé, mais pas pour les soins de ville ; ce serait incohérent, probablement irréalisable juridiquement. Donc “ces” médecins imaginent quelque chose qui s’appellerait la « délégation ». Mais comme ils ne sont pas assez juristes et qu’ils croient pouvoir inventer, ils n’ont pas pris garde au fait qu’une fois que les psychologues auront bénéficié par la loi et son décret d’application du titre de psychothérapeute, et y compris pour cela auront suivi une formation supplémentaire, ils se retrouveront juridiquement les égaux des psychiatres quant à l’usage du titre de psychothérapeute. Puisque c’est la loi qui le dit. – frdm

On nous dépouille, les receleurs protestent

frdm sera présent. Moi pas. Les psychologues ont raison, corporatistiquement, de défendre leur part du gâteau. Artistiquement, on pourrait considérer que c’est de mauvais goût. Comme le gâteau en question c’est le nôtre, je ne me vois pas les accompagner pour réclamer que le part à deux avec la médecine du dépouillement qu’ils sont en train d’effectuer sans la moindre honte à nos dépens s’effectue loyalement.

Comme on dit chez les malfaiteurs, faut quand même pas pousser !

Sans compter le côté farcebook : Pour manifester leur indignation envers le décret du titre de psychothérapeute qui vient de sortir, les psychologues proposent une « psychothérapie » géante et gratuite sur le champ de Mars le 19 juin 2010. Quel humour ! Ça ressemblerait à quoi, une « psychothérapie géante ? », ça laisse croire quoi, ça véhicule quoi comme image ? où sont les supposés patients ? heureusement qu’ils l’ont ceint de guillemets de sauvetage leur machin. Nos psychologues seraient appelés à devenir des psychothérapeutes d’État géants ? Nous, nous n’étions que gênants. Question de dimensionnement d’ego sans doute.

Philippe Grauer


Manifestation publique de psychologues contre le Décret relatif au titre de psychothérapeute, le samedi 19 juin 2010 de 15h à 18h au Champ de Mars à Paris ; Événement décrit sur Facebook – Page du Groupe Facebook – Manifestation de protestation en ce que l’annexe du décret impose y compris aux psychologues cliniciens une formation supplémentaire en psychopathologie clinique, pour faire usage du titre de psychothérapeute (pendant que les psychiatres sont dispensés en totalité de formation supplémentaire).

Le Décret d’application relatif au titre de psychothérapeute a été promulgué le 20 mai 2010 (selon art. 52 de loi du 9 août 2004, modifié en 2009). Vous en trouverez le texte ici et l’actualité et commentaires y relatifs sur la page “Psychanalogie” : raccourci

La manifestation publique sur le Champ de Mars à Paris le 19 juin 2010 a reçu le soutien officiel du Syndicat national des psychologues SNP et aussi — Selon informations publiées sur la page du Groupe Facebook cette manifestation reçoit le soutien de la Fédération française des psychologues et de psychologie FFPP en ce que notamment celle-ci s’apprête à publier dans la parution de juin 2010 du mensuel Fédérer l’annonce de cette manifestation – mensuel de juin à paraître incessamment, voir sur le site FFPP.

L’annonce ici faite n’emporte de ma part “ni approbation ni improbation juridique” selon la formule consacrée ; toutefois vous verrez quelque implication de ma part à tenir à la diffuser, et je serai présent à cette manifestation.

François-R. Dupond Muzart
juriste de Droit public

Décret : contestable voire scandaleux

Les psychologues vont réagir, ils ont la part pas belle dans le rapt de notre titre. Il représentent à juste titre que la médecine exagère quelque peu, et que, sur-représentée à l’Assemblée nationale, ceci expliquant cela, elle abuse. Probablement après une levée de boucliers et un lancer de flèches nos collègues psychologues obtiendront réparation et afficheront leur satisfaction de pouvoir jouir enfin en paix de notre dépouille onomastique.

Ça n’ira pas plus loin. Plus loin, ce serait reprendre la protestation une fois exprimée de Roland Gori notant que c’est tout de même à nous que le nom que les psychologues se proposent d’adopter à notre totale exclusion (la clause du grand-père c’est de la petite monnaie, lâchée une fois pour toutes) appartenait. Ça n’est pas au revoir et merci mais file-moi ton blouson ou je te saigne, et sois bien content que je ne te laisse pas rentrer chez toi en slip avec mon pied au cul, charlatan de mes deux !

C’est que ma foi l’éthique n’est plus ce qu’elle était. Par contre le bon docteur Accoyer ne se prive pas de faire la morale à la cantonade télévisuelle, ma belle et bonne loi, onze ans (combien de cavaliers ?) ! son plus long combat parlementaire, va enfin vous délivrer des bandits qui infestaient les grands chemins psys. Et les psychologues de se plaindre que le part à deux leur est défavorable. Ça, c’est de la morale politique.

Le professeur Albert Ciccone met les pieds non dans — ce serait déclarer que le scandale initial consiste à nous exproprier de notre titre (1« ) mais sur les bords du plat : à quand une loi contre les diseurs de bonne mésaventure ? Pourquoi cet acharnement ? Au lieu de protester qu’on s’est fait piquer son plat de lentilles, ou que le droit d’aînesse est mal respecté entre frères jumeaux, on pourrait il est vrai s’interroger sur les raisons de l’iniquité en cours. Cela s’appelle de la citoyenneté. Une valeur à nos yeux et à ceux de peut-être bien pas mal d’honnêtes gens dans notre beau pays de France, mais de combien de nos chers collègues psychologues (sans compter les psychanalystes) ?

En attendant réjouissez-vous cinq minutes à lire ce courrier rafraîchissant.

Philippe Grauer


Chers Collègues,

Vous avez sans doute pris connaissance du décret sur le titre de psychothérapeute qui vient tout juste d’être publié et qui doit entrer en vigueur en juillet prochain. Je trouve ce texte contestable, voire scandaleux en certains de ses points.

Je n’insiste pas sur le fait que la loi qui concerne ce décret visait la lutte contre les sectes, et qu’il est difficile de voir en quoi un tel décret dans cette forme là va empêcher les mouvements sectaires de poursuivre leur entreprise. Il suffira tout simplement qu’ils ne se réclament plus de la psychothérapie, ce n’est pas compliqué.

Je n’insiste pas non plus sur le fait que ce texte laisse entendre que tous les psychothérapeutes qui ne sont ni psychologues ni psychiatres ni inscrits dans un annuaire de psychanalystes sont de dangereux charlatans, ce qui est plutôt abusif, et que bien sûr les psychologues, psychiatres et psychanalystes ne sont jamais charlatans, ce qui est assez naïf.

Sur le fond, s’il est dit que ne pourront prétendre s’inscrire au registre national des psychothérapeutes que les praticiens titulaires d’un doctorat de médecine ou d’un master de psychologie ET ayant suivis une formation à la psychopathologie clinique, on peut remarquer le silence total sur la formation de psychothé]]rapeute elle-même. D’un côté c’est mieux, car lorsque des politiques se mêlent de contenus de formation, on voit bien que l’on peut craindre le pire. Mais d’un autre côté cela laisse entendre, si on pousse à peine le texte, que la formation même de psychothérapeute pourrait se résumer à cela (le doctorat de médecine, le master de psychologie et la formation de psychopathologie) !

Sont ensuite mentionnés les professionnels qui auront une dispense de formation à la psychopathologie. Et on arrive au point le plus scandaleux du texte : vous l’avez lu, les psychiatres seuls bénéficieront d’une dispense totale !…

Pour les psychologues, on pourra bien sûr attester sans problèmes que les exigences sont remplies d’une manière incontestable, et on pourra fournir des attestations pour ceux qui en ont besoin – même si le contenu de la formation théorique et pratique (pour ceux qui ne sont pas dispensés) ainsi que les modalités d’évaluation doivent être définis par arrêté des ministres de la santé et de l’enseignement supérieur, et qu’il faille donc s’attendre au pire pour tout le monde !

Cette profonde méconnaissance et ce profond mépris des conditions réelles de formation des psychologues est difficilement supportable. Ce n’est bien sûr pas étonnant vu ce qu’est le pouvoir médical, et vu sa sur-représentation au Parlement.

Revenons au décret. Suit ensuite une série d’articles sur les modalités d’inscription au registre national des psychothérapeutes. Á noter que c’est le directeur général de l’ARS (2« )qui instruit le dossier. On ne sait pas s’il fait cela tout seul, mais il doit rendre sa décision au Préfet dans les 45 jours, et si personne ne répond cela équivaut à un refus ! Plus loin, concernant les demandes des psychothérapeutes qui exercent depuis plus de 5 ans et bénéficient de la « clause du grand-père », il est écrit que c’est une commission qui statue, présidée par le directeur général de l’ARS, et composées de 6 personnalités NOMMÉES PAR LUI ! Je ne crois pas que ce soit là une bonne nouvelle.

Puis toute une série d’articles concerne l’agrément des établissements de formation, aptes à délivrer cette formation en psychopathologie. Les conditions requises relèvent quasiment

d’une équipe universitaire de pointe dans la recherche ! Certains voient dans ce décret une aubaine et un marché juteux pour tout un tas d’organismes de formation, voire pour les universités… Je ne suis pas de cet avis, car je ne vois toujours pas à qui s’adresserait cette formation :

– les psychiatres n’en ont pas besoin, les psychologues j’espère en seront dispensés aussi (si on arrive à faire retirer l’annexe du décret – sinon ils fourniront des attestations justifiant qu’ils ont déjà largement répondu aux conditions), les psychothérapeutes qui exercent depuis plus de 5 ans bénéficieront de la « clause du grand-père » ;

– quant aux autres, je doute fort qu’ils acceptent passivement d’être accusés d’être mal formés ! Je fais le pari qu’ils feront comme certains ont déjà commencé à le faire : ils changeront l’intitulé de leur plaque, enlèveront « psychothérapeute » et mettront à la place « praticien de la psychothérapie », « hypnothérapeute », ou « thérapeute bioénergénéticien », « thérapeute du stress » et autres encore !… Quand est-ce qu’un décret interdira toutes ces pratiques ?!…

La seule raison qui pourrait pousser ces praticiens à conserver l’intitulé de « psychothérapeute » et à demander la formation mentionnée serait que leurs actes soient remboursés par la sécurité sociale. Vu le déficit de cette dernière, une telle idée n’est pas prête de voir le jour !

On peut tout de même se demander pourquoi cet acharnement à vouloir réglementer ainsi la psychothérapie, dans une société où la rubrique la plus lue dans les journaux quotidiens est l’horoscope, où chaque heure on entend sur la majeure partie des chaînes de radio des prédictions pour notre journée, des pubs pour des cabinets de voyance, où les consultations auprès des voyantes, cartomanciennes, magnétiseurs s’élèvent à un nombre considérable !… Il faut donc s’attendre à un prochain décret qui va réglementer le travail des astrologues, puis un autre pour les magnétiseurs, et ensuite encore un pour chaque rebouteux de toute sorte !…

Je crois qu’il est nécessaire que nous réagissions et que nous réfléchissions à la manière d’organiser la protestation.

Bien amicalement.

Pr. Albert Ciccone

Responsable du Master professionnel de psychopathologie et psychologie clinique, Université Lyon 2

  • 1 Nous serons les seuls au monde, oui, au monde ! à nous voir interdits de titre, les seuls qui pourront dire lors de leur voyage, je m’appelle Untel et je suis psychothérapeute, sauf dans mon pays où ça m’est interdit, je vous en prie n’imprimez pas ce que je viens de dire sans quoi je ne pourrai plus rentrer chez moi. On ignore encore si le fait de tenir ces propos dans l’espace européen pourrait entraîner les foudres et rigueurs de la loi concernant l’usurpation de titre, mais il faudra tout de même bien pouvoir se faire identifier au niveau international. La France demeure un pays étonnant, et c’est pour ça qu’on l’aime.
  • 2 Agence régionale de santé.

MARSEILLE : Le décret tombe, ensemble rebondissons !

La situation étant ce qu’elle est et les temps difficiles, historiques – et, qui sait ? dynamisants, le décret venant de tomber, comme prévu, je vous propose de nous rencontrer pour échanger ensemble sur

* les analyses et la stratégie du SNPPsy

* la protection des grands-parents qui le désirent,

* la définition de notre psychothérapie relationnelle sous une dénomination commune

* les échos de la réunion du GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle, du 10 juin entre les quatre grands de la psychothérapie relationnelle : SNPPsy, Psy’G, FF2P, AFFOP

* Se mobiliser et réunir, mais dans le calme, nous aurons tout le temps nécessaire pour le faire, le nécessaire ! Savoir que la loi ne risque pas d’être appliquée dès juillet, puisqu’il manque les arrêtés, la nomination des jurys, etc.

Cela aura lieu à la Joliette le mardi 29 juin au 33 ave Robert Schuman 13002 Marseille, au local de Lucienne Spindler, lieu dit la petite fringale , entrer dans la boutique ne pas se perdre dans un corridor.

19:30 -22:30.

En attendant de nous rencontrer, lisez ceci si ce n’est déjà fait :

http://www.snppsy.org/Ensemble-ouvrons-un-nouveau

http://www.cifpr.fr/+Decret-relatif-a-l-usage-legal-du+

Amitié et meilleurs sentiments syndicaux à tous.

Philippe Grauer, Président du SNPPsy.


Deux minutes cinquante sur RFI : « une très mauvaise loi »

Interview sur RFI (1« )

Diffusion le mer. 9 juin, à 8 h 56 et 18 h 38.

Le décret sur le titre de psychothérapeute.

Quasiment rien, deux minutes cinquante. Nos voix se perdent dans le brouillage des déclarations de Monsieur Accoyer, tellement content d’en avoir fini avec ses charlatans (qui se trouvent… ne pas se trouver, très précisément, chez nous), et dans une certaine indifférence générale. Les médias n’ont plus tellement d’intérêt pour la destinée du titre de psychothérapeute, le moment des grandes batailles d’opinion est passé, celui du passage à la moulinette arrive.

Pas de mort, même symbolique, mais une résurrection. La nôtre. Nous continuons, mieux que jamais.

Philippe Grauer


Commentaires de 2 min 50 au total, diffusés aux informations générales, après la politique, le football, le cyclisme et une recherche sur les autistes, avec interviews de Bernard Accoyer, Georges Fenech, Serge Ginger et Serge Kloch.

S. Ginger a été interviewé au magnétophone par une journaliste – très favorable à notre situation – pendant 32 minutes, mais – comme il est habituel – la rédaction générale n’a conservé que quelques phrases (62 secondes au total, soit… 3 % de l’interview).


Texte de l’émission :

Encadrer la pratique des psychothérapies, c’est le but d’un décret paru récemment : c’était le 20 mai dernier. Pour devenir psychothérapeute, il faut désormais répondre à certains critères bien définis.

Pour Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, c’est le plus long de ses combats parlementaires : depuis 1999, il lutte contre une situation qu’il juge dangereuse pour les patients.

B. A. : « Jusque là, n’importe qui pouvait s’installer et visser sa plaque de psycho¬thérapeute, et par conséquent recevoir des personnes en situation, bien entendu, précaire, puisque ce sont des personnes en besoin de demander une assistance. »

Un vide juridique aux conséquences graves, souligne Georges Fenech, président de la Miviludes :

G. F. : « Nous avons d’innombrables cas de victimes qui sont tombés sous l’emprise mentale d’un pseudo psychothérapeute qui les a coupés de leurs soins conventionnels »

2 % des patients se plaignent qu’une psychothérapie a aggravé leur état ; deux sondages des instituts BVA et CSA l’affirment.

G. F. : « Ce décret prévoit maintenant des formations obligatoires avant de pouvoir utiliser ce titre, dans des Centres agréés par l’État – qui délivrera donc des diplômes. »

Du côté des psychothérapeutes – qui exigent depuis des années une réglementation de leur profession – le décret ne convainc pas. Serge Ginger, secrétaire général de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse, juge que la nouvelle formation obligatoire – qui porte surtout sur la psychopathologie – est loin d’être adaptée.

S. G. : « La psychopathologie, c’est l’étude du diagnostic ; la psychothérapie, c’est le traitement. Il ne suffit pas de dire que vous êtes paranoïaque ou dépressif, il faut encore savoir ce que l’on peut faire ! La psychopathologie décrit les troubles, mais ne définit pas du tout les interventions. C’est la psychothérapie qui le fait. Il y a là une confusion fondamentale. »

Pour avoir les outils d’une psychothérapeute digne de ce nom, dit Serge Ginger, il faut se former dans une des écoles reconnues par la profession – où l’on combine pratique, formation continue, lectures et séminaires Ce que confirme Serge Kloch. Ce cadre infirmier en pédo-psychiatrie s’est formé tout au long de ses 20 ans de carrière à la psychothérapie. Lui aussi est déçu du décret.

S. K. : « C’est une très mauvaise loi. C’était, soi-disant, pour lutter contre le risque sectaire des charlatans. Or, à mon avis, cette loi ne va absolument pas permettre d‘empêcher les sectes de s’emparer de la psychothérapie, comme elles le font déjà aujourd’hui. En tous cas, pas cette loi là, qui ne règle rien, mais qui, en plus, donne l’illusion qu’elle va résoudre le problème ».

Le nouveau décret déplait également aux psychologues – qui vont manifester le 19 juin, au Champ de Mars, à Paris, pour exprimer leur indignation.


Plan des thèmes développés (en une demie heure d’interview) :

Plan ITW Radio France international (RFI), le mer. 2 juin à 11 h

Le décret réglementant le titre de Psychothérapeute

• Les juristes rédacteurs du décret – et notamment de son annexe, précisant les formations complémentaires exigées – ne se sont manifestement pas informés des programmes actuels de formation des médecins, psychologues et psychothérapeutes !

Ainsi, par exemple, le décret demande aux psychologues cliniciens diplômés en psychopathologie de refaire à nouveau – au sein des mêmes universités et avec les mêmes enseignants – le même programme !
De même, le décret suppose que les médecins non psychiatres ont suivi une formation sur les « grandes pathologies psychiatriques » et tous effectué un stage en services psychiatriques.

Enfin, il demande aux psychothérapeutes certifiés de refaire en 100 h une « formation aux principales approches utilisées en psychothérapie », alors qu’ils les ont déjà étudiées pendant plus de 1 000 heures, en 4 ou 5 années ! (Le programme du Certificat Européen de Psychothérapie (CEP) prévoit une formation de 1 450 heures en 4 années, à partir du niveau bac + 3).

• L’ensemble de la loi et du décret entretient plusieurs confusions et amalgames, répandus dans le grand public ainsi qu’auprès des pouvoirs publics :

– confusion entre psychiatres, psychologues, et psychothérapeutes, alors qu’il s’agit de professions voisines mais différentes ;

– confusion entre psychanalyse et psychothérapie, alors que la psychanalyse n’est que l’une des méthodes de psychothérapie, parmi la douzaine répandue en France et en Europe ; la psychanalyse est enseignée dans des instituts privés – comme les autres psychothérapies, dont la formation a été directement inspirée de celle des psychanalystes ;

– amalgame entre les psychothérapeutes professionnels certifiés (après des études à un niveau bac + 5 à bac +8) et les « soi-disant « psychothérapeutes » autoproclamés, avec une formation très insuffisante ou pratiquant des méthodes fantaisistes ;

• Les chiffres avances par Georges Fenech, président de la Miviludes ou Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, ne reposent apparemment sur aucune étude et sont le fruit d’exagérations spectaculaires, destinées à effrayer la population. Les études nationales sérieuses effectuées par deux instituts de sondage indépendants (BVA et CSA), en 2001 et en 2006, auprès d’échantillons représentatifs de la population française adulte (8 000 et 6 000 personnes) révèlent que 8 % de la population suit ou a suivi une psychothérapie ou une psychanalyse, soit 4 millions de personnes – dont 1 million sont en cours de thérapie… et non 12 millions ! Le nombre de charlatans sans formation sérieuse est estimé à quelques milliers et non à 2 millions, et les victimes se comptent en milliers et non en millions ! L’exagération est donc de… mille fois ! Notre Fédération lutte depuis sa création contre les tentatives d’infiltration de certains mouvements sectaires.

• En Europe, on compte 150 000 psychothérapeutes professionnels certifiés dans une trentaine de pays. Les lois diffèrent d’un pays à l’autre. L’accès à la formation est ouvert à différents professionnels de niveau bac + 3 (travailleurs sociaux, enseignants, sociologues, philosophes, etc.) dans plusieurs pays comme l’Autriche, la Finlande, la Grande-Bretagne, etc.

• Si on appliquait cette loi à la lettre, l’État serait responsable de plusieurs milliers de chômeurs supplémentaires, auprès de professionnels formés à un niveau bac + 5 à bac + 8 !

• Comment appliquer cette loi… dans trois semaines alors que les arrêtés permettant son application ne sont pas encore parus, que les jurys régionaux ne sont pas nommés, et que les lieux de stages pratiquant effectivement la psychothérapie au quotidien sont notoirement insuffisants ?

S. Ginger, secrétaire général de la FF2P

  • 1 Radio France International, FM 89, Paris

Décret relatif à l’usage légal du titre de « psychothérapeute » : incompétence légalisée pour tous

Un clinicien universitaire témoigne

Philippe GROSBOIS est Maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie, Angers, et chargé de mission “psychothérapie“ à la Fédération française des psychologues et de psychologie (1« ). Son engagement dans la transmission de la clinique, d’inspiration psychanalytique, à l’université, le place dans la position de savoir qui nous sommes, confraternellement, et de nous reconnaître à condition de nous ignorer. Il illustre cette situation de ligne de démarcation entre professions voisines que la génération prochaine aura pour mission de franchir. Son analyse témoigne d’une sensibilité voisine de la nôtre pourvu que soit maintenue la distance. Peut-on parler d’amorce de dialogue avec ce texte ici édité ? ne forçons pas les choses. Telle quelle laissons fonctionner cette, comme on dit dans les colloques, communication.


La question du travail sur soi

Philippe Grosbois n’est pas de notre bord. Plutôt Lécuyer (FFPP), plutôt comment s’appelle-t-il, vous savez celui qui dirige un site victimaire, enfin bref, il parle pour les psychologues et s’allie avec qui il entend. Et il a choisi de dire la vérité. Que la psychothérapie cela devrait vouloir dire pour commencer un long travail sur soi, bien connaître sa matière, et une supervision constante (comportant formation continue). Voici un terrain d’entente. Pas tout à fait car on ne convaincra jamais tout le monde psy à la même base pratique. Dans cet univers, La psychothérapie — faudrait-il l’agrémenter à son tour de guillemets ? c’est celle que je définis comme mienne. Autant admettre qu’il en existe plusieurs familles, sans parler des composites. La psychopathologique, celle de la loi Accoyer qu’aime bien Philippe Grosbois, la systémicienne, la comportementaliste, la dite d’inspiration psychanalytique, la psychiatrique, et j’en oublie.

Psychothérapeutes avec guillemets mais sans formation

Quant à nous nous avons renoncé dès 1996 à exiger des autres qu’ils se soumettent à nos critères — qu’ils fassent après tout comme ils veulent, psychodiversité exige, et nous sommes différenciés comme psychothérapeutes relationnels. Corporatisme exige, nos collègues ont immédiatement répliqué que c’était à nous de nous plier à leur définition et conditions. Avec le résultat qu’on sait. Philippe Grosbois analyse que les psychologues sont en voie de devenir par le jeu de la baguette magique de la loi Accoyer qu’il a vigoureusement soutenue « psychothérapeutes » avec guillemets mais sans formation ad hoc, des « psychothérapeutes » d’État-proclamés.

Psychothérapie au sens générique : terminologique glissante

Nous connaissons tout cela, Philippe Grosbois découvre que « les psychologues sont prêts à devenir légalement des charlatans de la psychothérapie », nous l’adresse, nous le portons à votre connaissance. Avec cette réserve que parler de la psychothérapie au sens générique du terme c’est se disposer à la confusion. Personne ne saurait définir la psychothérapie sans consentir à la taxinomer, à la reconnaître comme complexe et non unique, à décliner sa diversité. Si bien que si personne ne traite plus une classe entière de charlatane, les gens sérieux garantis par leurs institutions responsables s’identifieront aisément et les imposteurs, isolés, se trouveront livrés à leur sort. Pour cette raison, retourner institutionnellement vers une catégorie l’accusation de charlatanisme, même pour la « bonne » cause, même contre les siens (enfin, mieux vaut à tout prendre faire la police chez soi que chez les autres) comme le tente Grosbois, reste délicat.

Coup de projecteur

Cela dit nous avons appareillé le texte grosboisique de quelques notes critiques, lisez-les quoiqu’au bas de l’écran. Bien entendu ce psychologue voit midi à sa porte, nous ne logeons pas du même côté du Carré psy et ne racontons pas l’histoire de la même manière. Nous ne racontons d’ailleurs pas la même histoire et sa logique continue au sens fort du terme de nous ignorer (dans le temps qu’il nous adresse ce texte, l’ambivalence, heureusement, ça existe). En ces temps où en effet le corporatisme et la blessure narcissique identitaire peuvent contribuer à brouiller les analyses, celle que conduit Philippe Grosbois jette, sans tout clarifier, un coup de projecteur inédit dans son milieu sur l’effervescence de l’univers psy au lendemain du Décret.

Contre-champ non contaminé

Nous nous apprêtons quant à nous, en bon ordre et en bonne éthique, à modifier notre appellation pour laisser celle de psychothérapeute, avec ou sans guillemets, arrachée de nos mains et passée dans celles trop heureuses de nous en avoir dépouillés, vidée du sens que notre mouvement sut lui conférer durant un quart de siècle, vivre une autre destinée, une dérive confuse vers une paramédicalisation inquiétante et une psychothérapie psychologique, neurologique, comportementaliste, diagnosticiste, prescriptive. Comme ils voudront. Nous préférons sous un nom que personne ne viendra nous disputer, contrôler notre discipline, pratique clinique et profession. En toute éthique et souveraineté constituer le contre-champ non contaminé, alternatif (aux côtés d’une psychanalyse non réduite), de la dynamique de la subjectivation.

Identité distincte

Nous nous refusons à disqualifier nos collègues pratiquant différemment, les laissant œuvrer comme ils l’entendent, leur demandant seulement de nous respecter en retour. Il se trouve qu’au vu de l’actuel cours des choses, nombreux chez nous seront ceux ne désirant plus se voir confondus avec des « psychothérapeutes » tels que Philippe Grosbois en dresse le portrait. Identité distincte, celle demain de psychopraticien relationnel (2« ), garantie par ses institutions responsables, devrait permettre à ceux qui l’endosseront d’évoluer disciplinairement et professionnellement en toute tranquillité et dignité pour le meilleur service auprès du public.

Philippe Grauer


Pourquoi les regroupements professionnels, syndicaux, universitaires, scientifiques de psychologues s’estiment-ils pénalisés par la dispense partielle et non totale (contrairement aux psychiatres) de formation post-master en psychopathologie exigée par la loi pour accéder à l’usage du titre de « psychothérapeute » ?

Pour ceux qui veulent

Pourquoi les sociétés de psychanalyse ne protestent-elles pas, elles, alors que, dans le décret, les psychanalystes, tout comme les psychologues, ne sont dispensés que partiellement de la formation en psychopathologie exigée pour ceux qui VEULENT accéder à l’usage du titre de psychothérapeute ?

Je souligne : « pour ceux qui VEULENT accéder à l’usage du titre de psychothérapeute », et non qui seraient obligés d’utiliser le titre de psychothérapeute s’ils veulent pratiquer la psychothérapie puisque ça n’est pas le cas. Le Président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, qui est à l’origine de cette réglementation, a pourtant souligné récemment : « cette disposition ne concerne strictement en rien les psychiatres, les psychologues cliniciens ni la psychanalyse ».

Hypertrophie du moi des psychologues

Psycho-prolos

En considérant qu’ils ont le droit d’accéder au titre sans autre formation qu’une formation en psychopathologie, il s’agit, pour les psychologues, d’affirmer le fait d’être autre chose qu’un psychologue vécu comme un psycho-prolo de base qui pratique des entretiens d’aide, fait passer des bilans, régule des équipes ou anime des groupes de parole, autrement dit un Superman de la psychologie dont la planète Krypton serait la psychothérapie.


Cliniciens compétents de facto

Il s’agit donc d’une question identitaire ; la formation universitaire devrait ainsi leur suffire pour accéder au titre de « psychothérapeute », au prétexte qu’ils ont développé une certaine aptitude à l’écoute de par leur formation universitaire clinique et psychopathologique. Certains même, au nom d’une démarche personnelle, psychothérapique ou psychanalytique, considèrent que la loi devrait s’appliquer de droit à tous les psychologues dits « cliniciens » parce qu’ils seraient compétents de facto à mettre en œuvre une psychothérapie !

Des psychothérapeutes « auto-proclamés » aux psychothérapeutes « État-proclamés »

Ainsi les organisations de psychologues ont-elles reproché ces dernières années aux organisations de psychothérapeutes qualifiés d’ “auto-proclamés“ par Accoyer (FF2P, SNPPsy, AFFOP,(…) (3« ), Psy’G) de revendiquer la création d’une profession de « psychothérapeute »(4« ) indépendante parce que ces derniers, bien que formés à une ou plusieurs approches psychothérapiques — même si certains contestent la validité théorique et pratique ou les fondements épistémologiques de certaines méthodes auxquelles ils se réfèrent, méthodes qui se situent essentiellement dans le champ de la psychologie dite humaniste (5« )— nient l’utilité d’une solide formation universitaire de base en psychopathologie(6« )

Les organisations de psychologues revendiquent aujourd’hui, à l’inverse, l’usage légal du titre de psychothérapeute, alors que la formation requise par la loi ne s’appuie que sur la base d’une formation psychopathologique considérée comme suffisante et sans aucune référence à une formation à la psychothérapie !

Tout ceci souligne à quel point le titre de psychothérapeute exerce un pouvoir d’attraction pour les psychologues. L’attraction soulignée par Jacques Gagey dans les années 70 à propos du psychanalytique chez les psychologues cliniciens se trouve ainsi transposée sur le psychothérapique à cause de la loi sur le titre. Avec le même écart entre le désir des psychologues et la réalité, à savoir qu’un enseignement sur la psychanalyse à l’université ne peut en aucun cas suffire pour devenir psychanalyste. Et pourtant, combien de psychologues se réclament de la référence à la psychanalyse pour s’en faire les imitateurs honteux ou les faux-monnayeurs… prétendant pratiquer des psychothérapies d’inspiration psychanalytique alors qu’ils ne sont pas psychanalystes.

Même problématique pour les psychologues face à cette loi sur le titre : ceux-ci, unis dans un même cri scandalisé contre le supplément de formation imposé, sont prêts sans vergogne, tels des paons orgueilleux, à se parer du plumage d’un titre sans en avoir le ramage… c’est-à-dire à se contenter d’un enseignement théorique de 100 heures sur la psychothérapie (prévu par le décret) et qui leur permettra de se dire « psychothérapeutes » sans aucune compétence psychothérapique.

Labellisation d’État de « psychothérapeutes » non formés à la psychothérapie

Rappelons que la formation spécifique en psychopathologie exigée par le décret comporte une formation théorique de 400 heures et un stage pratique de 5 mois. Le projet de cahier des charges de cette formation reprend les 4 axes de connaissances présents dans les anciennes moutures du projet de décret, à savoir :
– développement, fonctionnements et processus psychiques (100 heures, les psychologues étant dispensés seulement de ce premier axe) ;
– critères de discernement des grandes pathologies psychiatriques (100 heures) ;
– théories se rapportant à la psychopathologie (100 heures) ;
– principales approches utilisées en psychothérapie (100 heures).

Les psychologues sont prêts à devenir légalement des charlatans de la psychothérapie

C’est dans cette dernière rubrique que le texte précise « Cette formation académique ne saurait se substituer aux dispositifs spécifiques d’apprentissage et de transmission des méthodes psychothérapiques » mais, paradoxalement, ni la loi ni le décret ne précisent quels devraient être ces dispositifs alors que la délivrance du titre de « psychothérapeute » devrait normalement correspondre à des compétences psychothérapiques et non seulement psychopathologiques… Ce choix réglementaire avait déjà été décidé lors des débats parlementaires du Sénat à propos de l’article 52.

Pour être clair, cela signifie que les psychologues sont prêts à devenir légalement des charlatans de la psychothérapie.

Les critères de formation à la psychothérapie dans le monde

En effet, toutes les écoles de formation à la psychothérapie dans le monde entier définissent la formation à la psychothérapie selon 3 critères :
– une psychothérapie personnelle
– une pratique supervisée
– une formation théorique et clinique complémentaire (séminaires, étude de cas, etc.).

Les deux seules exceptions sont les formations à la thérapie familiale systémique et aux thérapies cognitivo-comportementales qui ne requièrent pas d’expérience personnelle de ces approches mais qui exigent néanmoins une pratique supervisée, des séminaires théoriques complémentaires et des études de cas cliniques.

Il y a ainsi confusion entre une « attitude psychothérapique spontanée » (selon l’expression de Guyotat) transversale à toute pratique clinique et les psychothérapies systématisées s’appuyant sur un cadre théorique et pratique spécifique .

Si l’on examine la législation des pays qui protègent l’usage du titre de psychothérapeute ou l’activité psychothérapique (en la réservant à certaines catégories de professionnels), on découvre que cette réglementation s’appuie toujours sur l’exigence d’une formation psychothérapique personnelle et d’une pratique supervisée, outre une formation théorique complémentaire ; c’est le cas par l’exemple pour l’Italie où seuls les psychologues et les médecins peuvent pratiquer la psychothérapie sous réserve qu’ils aient suivi une formation post-master ou post-doctorat pendant quatre ans, cette formation étant dispensée soit par des universités agréées soit par des écoles psychothérapiques privées agréées par le Ministère de la Santé (7« ). En Suisse la Fédération suisse des psychologues a établi également des critères de formation psychothérapique semblables très stricts.

La clairvoyance des psychanalystes, des psychiatres, des « psychothérapeutes » et l’incapacité d’analyse de la loi par les psychologues

Les (rares)(8« ) psychiatres et psychanalystes qui se sont exprimés sur la loi et le décret semblent, quant à eux, moins déficients intellectuellement que les psychologues car ils ont compris à la fois l’intention du législateur et les conséquences de la réglementation sur l’image et la crédibilité de la psychothérapie qui deviendrait ainsi non plus une valeur ajoutée mais une valeur retranchée. Deux exemples :

Laurent LE VAGUERESE, psychanalyste et webmestre du site “œdipe.org“ :
« Précisons tout de même pour ceux (rares) qui n’auraient pas lu durant ces onze ans les multiples versions de la loi, les décrets et leurs commentaires, qui n’auraient pas participé aux assemblées parfois houleuses, aux débats sur Internet …/…, qui n’auraient pas hanté les cabinets ministériels …/…, précisons donc que le décret qui vient de paraître concerne l’usage du titre de psychothérapeute.

En clair, cela signifie que seuls ceux qui souhaitent mettre sur leur plaque, leur papier à en-tête, leur descriptif sur Internet ou sur le bottin le mot «psychothérapeute» sont concernés.

Si vous n’usez pas de ce titre, si vous indiquez seulement «psychanalyste » ou « psychologue » vous n’avez rien à faire de particulier en rapport avec cette loi et ce décret, du moins en l’état actuel des choses. »

François Kammerer, vice-président de l’Association française de psychiatrie et du Syndicat des psychiatres français :
«À nos yeux, c’est notoirement insuffisant. Ce décret va entraîner une déqualification de la psychothérapie et même d’une partie de la psychiatrie ».

Quant aux organisations de “psychothérapeutes“(relationnels, et sans guillemets cela irait beaucoup mieux. PHG) déjà citées, elles ont compris que ce label d’État était une outre vidée de son contenu et s’orientent d’ailleurs vers une autre appellation non contrôlée (9« ) de leur pratique (cf. les brèves parues sur leur site web).

Éthique : l’inconnue de la scène.

Ce qui est scandaleux, c’est l’absence de positionnement et d’exigence éthiques des organisations de psychologues et des universitaires dans cette affaire, au profit d’un positionnement corporatiste et d’une nouvelle mais éternelle contestation des psychiatres parce que ceux-ci bénéficieraient d’avantages exorbitants. Discuter sur le caractère quantitatif des non-dispenses de la formation spécifique en psychopathologie exigée par le décret devient dans ce contexte une question secondaire puisque la loi instaure une absence totale de formation à la psychothérapie pour accéder au titre et parce que le législateur n’a en aucun cas l’intention d’en définir des critères, en introduisant une confusion entre formation à la psychopathologie et formation à la psychothérapie !


Un psychologue ne peut mettre en œuvre que des modalités d’intervention auxquelles il s’est formé

Le Code de Déontologie des psychologues (même s’il n’a pas valeur réglementaire) précise pourtant qu’un psychologue ne peut mettre en œuvre que des modalités d’intervention auxquelles il s’est formé… mais les psychologues semblent avoir oublié ce principe…

Tromper légalement les usagers

Aujourd’hui, en tant que psychologue formé à la psychothérapie, j’ai honte de la position prise par mes pairs, dans un contexte où la référence à des principes éthiques est inexistante, contexte dans lequel les psychologues s’apprêtent collectivement, avec la complicité de certaines universités, à tromper légalement les usagers sur leur qualification et leurs compétences.

Afin d’éviter cette dérive légalisée, il serait en effet salutaire :

– que les UFR de Psychologie n’organisent pas à l’université cette formation spécifique en psychopathologie requise par la loi en ne candidatant tout simplement pas pour être agréées comme établissement formateur par l’agence régionale de santé ;

– que les psychologues et les médecins ne siègent pas dans les futures commissions d’habilitation qui examineront les candidatures à l’accès au titre de “psychothérapeute“.

Cette stratégie illustrerait le fait que les psychologues et les universitaires en psychologie ont enfin compris qu’il est possible (et légal !) de continuer à exercer une activité psychothérapique en tant que psychologue et qu’ils défendent une véritable position éthique soucieuse de la protection des usagers ; le seul travail de deuil qui leur reste à faire est de renoncer à faire usage du terme “psychothérapeute“ pour désigner leur pratique… mais sont-ils prêts à assumer ce qui apparaît encore pour beaucoup comme une blessure narcissique ?

Assistera-t-on, dans les mois qui viennent, à un sursaut éthique des regroupements de psychologues et des universitaires en psychologie ? Seul l’avenir le dira.

  • 1 Qui milite pour la création d’un Ordre des psychologues : ligne dure.
  • 2 Une décision de dénomination commune doit être prise incessamment par les institutions membres du GLPR. Nous modifierons cette ligne dès que possible.
  • 3 Le texte ici mentionne Psy en mouvement. Le Psy’G fonda avec le SNPPsy la FFdP, dont se scinda l’Affop deux ans plus tard (la FFdP devenant ultérieurement FF2P) que le Psy’G cofonda. Ceci est la grande Histoire. La plus petite conduisit après que l’Affop se fut débarrassée d’un responsable qui à son insu puis ouvertement violait sa loi fondamentale, désireux d’en faire une sorte d’officine de récupération des bas-morceaux en matière de psychothérapie, à la création de l’actuelle officine Psy en mouvement, orientée marketing internet, conduite par un psychologue qui se révéla n’être ni psychanalyste ni psychothérapeute et n’avoir effectué de démarche ni dans l’une ni dans l’autre de ces deux disciplines. Cet organisme ne relève aucunement de l’autorité morale des quatre centrales historiques du mouvement de la psychothérapie relationnelle regroupé par ailleurs dans le cadre du GLPR. Que Philippe Grosbois nous pardonne cette rectification de frontière et historiographique. Après tout, de l’extérieur, il n’est pas si facile de s’y retrouver dans toute cette Histoire.
  • 4 Les guillemets mettent en doute et l’absence du qualificatif relationnel égare le lecteur. La terminologie dessine la réalité avant même qu’on ait commencé d’en parler. Cela s’appelle une présuppostion typographique, tout est déjà dit sans qu’on ait besoin de l’articuler.
  • 5 Elle ne l’est pas « dite », c’est son nom. La psychologie humaniste américaine constitue un vaste mouvement d’inspiration sartrienne, avec Rogers, Maslow, May et dix autres grands noms qui changèrent la donne de la clinique dans les années 60.
  • 6 ‘À l’origine il s’agissait de psychologues dûment diplômés et « psychopathologisés » dans ce cadre, ils n’avaient rien à nier. Les laïcs qui sont venus ensuite on été formés dans des écoles aux cursus incertains du point de vue de la psychopathologie. Dès que les Écoles sérieuses par le biais du SNPPsy ont pris contact avec les pouvoirs publics elles sont tombées d’accord pour mettre l’accent sur une formation solide dans ce domaine. Le SNPPsy a proposé dès la fin des années 80 la maquette d’un Institut des hautes études en psychothérapie qui prévoyait une articulation intime avec l’université, notamment de ce point de vue. On sait que les psychologues universitaires n’en voulaient rien savoir.
  • 7 C’est déjà mieux, dû on le sait à l’action vigoureuse et suivie des psychothérapeutes affiliés à l’EAP dans ce pays. Mais Philippe Grosbois ne dit rien là qui fasse état de l’obligation d’un parcours personnel substantiel.
  • 8 Il doit s’agir des gens du Groupe de contact, trop heureux d’agir plutôt dans l’ombre des corridors ministériels. Les psychanalystes et psychiatres de la mouvance de l’École de la Cause, se sont abondamment et publiquement largement là-dessus exprimés, du temps de la Coordination psy. De plus, l’historienne Élisabeth Roudinesco dans Le patient, le psychothérapeute et l’État, produit l’analyse en profondeur de l’ensemble du phénomène. Cela constitue au bout du compte un silence amplement traversé de paroles et d’écrits.
  • 9 C’est exactement le contraire. Elles contrôlent leur pratique depuis plus de 25 ans avec le plus grand soin, le président du SNPPsy et vice-président de l’Affop peut en attester.