Actions contre le décret concernant le titre de psychothérapeute

Les organisations de psychologues unies contre le décret.


Mais pas un mot de leurs collègues bientôt sans doute retitrés psychopraticiens relationnels, à la confiscation de leur part au titre générique de psychothérapeute de laquelle sans gêne ni honte ils ont applaudi, se réservant ensuite d’oublier le tout. Il conviendrait de renforcer dans les études de psychologie l’enseignement du déni en section clinique (ce qu’il en restera).

Réfugions nous dans l’esthétique et admirons le travail. C’est beau la solidarité professionnelle au sein du Carré psy.

Voici en attendant comment se mobilise le Syndicat national des psychologues. Nous rappelons à ceux qui ne seraient pas informés de la complexité du champ psy, que les psychologues et nous ne pratiquons pas le même métier, n’évoluons pas dans le même espace éthique et méthodologique (ni institutionnel puisqu’ils sont essentiellement hospitaliers(1« )) et que cela va s’aggraver, vu l’orientation TCC neurosciences psychiatrie-DSM assistée par industrie pharmaceutique, que prend dans toutes les facs la psychologie. Il y aura les accoyothérapeutes médicalisés, « dont la mise en œuvre déconsidère la profession« (2« ) (ça fait rager les psychologues cliniciens qui ont pourtant mis en place ce qui se développe à présent) et nous, pas du tout la même chose.

À quelque chose malheur est bon. Cela confirme que cette loi demeure injuste dans son principe. Comme le rappelait il y a peu (3« ) aux Matinales de France-culture Élisabeth Roudinesco, « cette loi ne plaît à personne. Les psychothérapeutes qui existent depuis cinquante ans ne sont pas contents. » Elle ajoutait : « Ces systèmes d’évaluation ne vont pas, on ne peut pas évaluer le psychisme. On fait disparaître l’enseignement de la psychanalyse des Départements de psychologie. Quand on insulte 8 millions de patients, quelque chose ne va pas. »

On constate en effet que l’ensemble des organisations de psychologues proteste unanimement, mieux vaut tard que jamais, contre — soyons modestes, non contre la loi Accoyer qui leur refile notre titre, mais son application médicaliste dont ils ont cru que leur titre de psychologue les protégerait —. Las, un titre chasse l’autre et celui qu’ils nous ont ravi menace de liquider le leur.

Les organisations de la psychothérapie relationnelle unies pour la faire vivre

Il nous reste à nous nos yeux pour pleurer — comme les émotions c’est notre truc, ça va, nous en ferons quelque chose, pour pleurer la perte de notre titre, et notre vaillance pour persévérer, et faire vivre notre champ disciplinaire, celui de la relation (lire en particulier la note 3 de l’hyperlien) au sens fort du terme, comme ressort et principe de notre psychothérapie, dans un cadre professionnel heureusement non monopolisé. Il nous reste à donner toute sa vigueur à notre autorégulation, par le moyen de bonnes écoles sérieusement validées. En ce qui nous concerne l’Affop pour notre École et le SNPPsy comme référence pluraliste, éthique et déontologique, constituent des garanties honorablement reconnues par le public et les professionnels.

Le cadre du GLPR regroupant les quatre instances historiques de la psychothérapie relationnelle confortera l’édifice. Nous ajouterons au tout la touche d’élégance d’appuyer nos collègues psychologues en butte à la médicalisation de l’existence, car face à cette dernière et au tout sécuritaire de la santé mentale en marche il ne faudra pas moins de toutes nos forces réunies pour la contenir, maintenir la psycho diversité et le nécessaire contre-champ d’une psychothérapie non paramédicalisée, pour poursuivre l’alternative d’une pratique libre, aux côtés de la psychanalyse, de la dynamique de la subjectivation.

Philippe Grauer


Le SNP reste mobilisé et en lien avec les autres organisations de psychologues.

Il se propose de demander, solennellement, avec l’ensemble des organisations, audience auprès du ministre de l’enseignement supérieur et auprès du ministre de la santé afin de leur signifier que les psychologues exigent une réécriture de l’annexe du décret.

Dans le même temps, il étudie, avec le concours de juristes, la possibilité d’une contestation juridique.

En l’état actuel des textes, les psychologues n’ont pas à figurer sur des listes de psychothérapeutes dont la mise en œuvre déconsidère leur profession. C’est peut-être ce que suggérait B. Accoyer en disant que les psychologues n’étaient pas concernés…

Étant donné la surdité actuelle des ministères, signataires du décret, à nos sollicitations et alors que la motion de réaction à ce décret recueille à ce jour près de 10000 signatures individuelles et plus de 6O signatures institutionnelles, la proposition d’une inscription massive sur les listes, que nous avions dans un premier temps envisagée et pour laquelle nous avions publié une lettre type dans le but de faire valoir nos droits, pourrait apparaître comme un cautionnement du décret dont nous exigeons par ailleurs la réécriture. Elle n’est donc plus d’actualité. Si nous n’obtenons pas d’être reçus par les ministres concernés, nous envisagerons d’autres actions…

  • 1 Les psychologues désireux de « s’installer » en libéral sont généralement perdus, ils n’ont pas appris notre métier, et ça ne s’improvise pas tellement d’accompagner les gens au long cours de façon responsable et efficace. C’est alors que certains d’entre eux se rapprochent de celles de nos écoles qui leur semblent de bon niveau pour se former.
  • 2 Laquelle au juste ? le SNP revendique pour les psychologues cliniciens, psychothérapeutes par excellence, en fait psychologues d’inspiration psychanalytique n’ayant pas forcément travaillé sur eux-mêmes, on mesure la confusion, aussi bien que psychologues psychanalystes, opérant par cumul mais ignorant tout de notre psychothérapie proprement dite, voisins de palier, l’ensemble à l’exclusion des psychothérapeutes relationnels cela va de soi. Comment s’y retrouver ? Il est pourtant vital, conceptuellement, d’y voir clair dans ces horribles mélanges.
  • 3 Le 16 juillet.

Élisabeth Roudinesco

aux Matinales de France culture, vendredi 16 juillet de 07:00 à 09:00.

Critique du Crépuscule d’une idole de M. Onfray

De quel mouvement d’ensemble procède la dernière production de Michel Onfray ? La nécessaire critique de fond s’élabore.

PHG


Quelques jours après la parution du livre Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, le psychologue et psychanalyste Serafino Malaguarnera à réagi avec deux vidéos. Avec cet ouvrage, l’auteur nous présente une critique du livre de M. Onfray d’une manière plus articulée et systématique. Cette critique se déploie en quatre mouvements : un prélude qui situe le Crépuscule d’une idole sur un axe historique et critique sous forme allégorique ; un premier temps et deuxième temps où sont présentés les points majeurs des critiques qui lui ont été avancés ; un troisième temps où l’auteur propose un commentaire critique des thèses sur lesquelles est bâti le Crépuscule d’une idole et des quatre premiers chapitres.


* ISBN : 978-2-35209-304-6
* 166 pages
* Date de publication : 17/06/2010
* Format : 141x226mm

Achat du livre : dans toutes les librairies ; Internet : ILV-Edition

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Table des matières en pdf


Table des matières

– Remerciements

– Introduction


Prélude

Le triptyque

– La mise en œuvre

– Châtiments

– Un sort à part


Premier temps

Chapitre I Les critiques de toute part

– Introduction

– Les traces de quelques critiques

– Projection


Deuxième Temps

Chapitre II Les critiques des psychanalystes

– Introduction

– Les traces de quelques critiques

Troisième temps

Chapitre III Commentaire critique du Crépuscule d’une idole

– Introduction : « Le vauteur »

– La critique

– La critique des thèses

– Préface du livre

– Chapitre I, Mettre le feu aux biographes

– Chapitre II, Détruire Nietzsche, dit-il

– Chapitre III, Le freudisme, un nietzschéisme

– Chapitre V, Comment assassiner la philosophie

– Le commentaire se termine

– Conclusion


Annexe

Quelques citations de/sur Freud

– Problèmes d’argent

– Manque de temps

– Les passions de Freud

– Les ambitions de Freud

– Secrets d’alcôve

– Freud et la philosophie

– Ce que les autres disaient de Freud

– Freud et la politique

– Résistance à la psychanalyse

– Freud et les références bibliographiques

– Oraison funèbre


Un peu d’histoire sur le triptyque

– Premier tableau : Mensonges freudiens

– Deuxième tableau : Le livre noir de la psychanalyse

– Troisième tableau : Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne


Bibliographie

– Les références de la polémique autour du livre de M. Onfray

– Ouvrages cités

« voir la vidéo intitulée « critique du livre de Michel Onfray par Serafino Malaguarnera »

Décret : « Recours contentieux pour excès de pouvoir »

Édition spéciale

Les voleurs volés continuent de protester. Volés et incroyablement naïfs. Qui pouvait penser sérieusement qu’il est juste et sain de procéder au dépouillement des praticiens en psychothérapie relationnelle du titre générique dont ils avaient durant quarante ans et plus illustré généreusement et soigneusement encadré — {{autorégulé, ce terme existe bien, et c’est par mauvaise foi volontaire que la campagne populiste parle d’auto-proclamés — la spécificité de la dynamique de subjectivation. Et que cela serait sans conséquence pour soi-même ? C’est en effet aussi méchant que bête.

Comptons ceux qui n’ont pas trempé dans ce calcul.

La santé mentale est une machine de guerre contre la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle, indissociablement, les deux côtés du Carré psy que les scientistes de la médecine organiciste alliée à une psychologie neuro TCC qu’elle entend se subordonner aimeraient soumettre à leur empire sinon pire si opportunité. Ne perdons jamais de vue les fondamentaux.

C’est dans ce cadre qu’intervient la requête d’Association Analyser, aveugle au fait qu’innombrables furent les psychanalystes à applaudir à une loi qui nous dépouillerait de notre titre au motif d’une politique de santé mentale où ils pensaient se loger à l’abri et de là considérer notre déconfiture sans trop de compassion. Cela ne s’est pas passé comme ça et ne se passera pas comme ça. C’est tout simplement irréaliste. Laissons-les engager une bataille de procédure, les psychologues vont faire de même, et vivons en attendant notre vie de psychopraticiens relationnels hors champ, hors du panier de crabes, à l’abri de la médicalisation de l’existence.

Philippe Grauer}}


Communiqué : L’Association Analyser a enregistré sur place au Greffe du Conseil d’État le 7 juillet 2010 un « Recours contentieux pour excès de pouvoir », tendant à l’annulation partielle du Décret du Premier ministre nº 2010-534 du 20 mai 2010 « relatif à l’usage du titre de psychothérapeute », en ce que ledit décret ne comporte nulle mesure d’application sérieuse qu’appellent et qu’ordonnent, à propos des « psychanalystes » et de « leurs associations », les dispositions de l’article législatif, article 52 modifié de la loi nº 2004-806 du 9 août 2004 « relative à la politique de santé publique », et requérant injonction au Premier ministre de prendre les mesures nécessaires. – Le Dossier de Requête introductive d’instance est publié à l’adresse :http://analyser.asso.fr

– François-R. Dupond Muzart ~ frdm

Un commentaire que je reporte ici :

— Vous me demandez pourquoi la requête d’Association Analyser en annulation du décret devant le Conseil d’État est limitée au point concernant les associations de psychanalystes (dont pour autant la presque totalité sont des psychologues, du moins les psychanalystes déclarés, et hormis les médecins bien sûr).

— Tout d’abord, le but associatif d’Association Analyser est soigneusement rédigé pour ne pas faire doublon avec les buts connus et supposés des organisations de psychologues. A priori ce n’est pas pour… ensuite présenter des requêtes au Conseil d’État qui reprennent les buts des organisations de psychologues. Mais c’est un argument au moins partiellement formel : si cela pouvait être utile, nous pourrions modifier les statuts, le but associatif, d’Association Analyser.

— Ensuite, ce n’est précisément pas ce que j’ai cru bon proposer dans nos discussions d’association.

En effet, un projet de loi relatif à la psychiatrie et la “santé mentale” a été présenté en Conseil des ministres ce printemps. Il est prévu qu’il vienne en discussion au Parlement à l’automne. Il faudrait se souvenir de ce que sont les amendements… surprise. Comme juriste, je peux bien évaluer des moyens juridiques d’attaquer un décret, mais si c’est pour voir au cours du contentieux des amendements… surprise venir confirmer, dans la loi relative à la psychiatrie et à la “santé mentale”, le décret attaqué, voire faire empirer celui-ci au détriment, ici, des psychologues, je ne vois pas l’intérêt.

— Or, j’ai déjà écrit ceci, je l’ai diffusé à 400 responsables et récents responsables au sein d’organisations et collectifs de psychologues, en parlant d’épée de Damoclès. Ce que j’ai dit précédemment, c’est que s’agissant d’une question de société, elle méritait le débat démocratique ultime qui est celui du principe procédural du contradictoire devant une juridiction. J’ai même dit que je pourrais verser une contribution si un “Psychothon” était lancé pour financer un tel recours des organisations de psychologues.

Mais je n’ai jamais dit que je voudrais être celui qui par une requête de partie principale, prendrait la responsabilité ou si peu, de contribuer à la motivation d’amendements surprise au Parlement, venant conforter le décret ou le faire empirer. Si les organisations de psychologues prennent cette “responsabilité”, alors je les soutiendrai. Mais moi je n’en prendrai pas la responsabilité de partie principale demanderesse devant le Conseil d’État.

— Par conséquent, je me contente d’attaquer le décret en son silence relatif aux conditions d’applications relatives aux associations de psychanalystes, parce que là, c’est ce silence même qui rend absurde l’application, et je considère que ce silence est volontaire, destiné à ridiculiser la mention des psychanalystes et de leurs associations dans l’article de loi. Parce que je sais, pour l’avoir entendu rapporter et pour l’avoir entendu de mes propres oreilles de Mme Aronica, maintenant pékinoise, quand elle était conseillère sur ce dossier au ministère, que le ministère de la Santé est uniment opposé à la mention des psychanalystes et de leurs associations.

Donc ils ont fabriqué un décret qui ridiculise l’application de la loi en ce qui concerne ces mentions dans la loi, pour ensuite venir la bouche en cœur demander au Parlement de supprimer ces mentions dans la loi. Donc sur ce point il n’y a strictement rien à perdre. Mais j’estime de plus qu’ils ne le feront pas dans la loi en cours de procédure relative à la psychiatrie et à la “santé mentale”. C’est trop tôt, semble-t-il, l’application absurde sur laquelle le ministère compte pour convaincre les parlementaires, dont Bernard Accoyer soi-même, de supprimer les psychanalystes et leurs associations de la loi, cette application absurde n’aura pas eu le temps de se manifester. Et bien au contraire de fuir les parlementaires, je vais envoyer une copie de ma requête à Bernard Accoyer, qui incessamment ne tarit de protestations de ses bonnes intentions et opinions à propos des psychanalystes et de la psychanalyse, et de Sigi en or bien sûr.

— En toute hypothèse, le tableau annexe au décret, tableau qui fixe les dispenses seulement partielles de formation complémentaire pour les psychologues, pour l’obtention du titre de psychothérapeute, ne présente pas d’illégalité éventuelle par rapport à la loi, puisque la loi dit « dispense totale ou partielle pour les psychologues », et en donne le pouvoir de décider au Premier ministre par décret.

L’illégalité éventuellement constatée par le Conseil d’État le serait donc non par rapport à la loi, mais par rapport aux faits : au fait que les psychologues suivent déjà une formation en psychopathologie au cours de la formation qui les conduit au diplôme de master. Il faudrait donc convaincre le Conseil d’État de quelque chose de très difficile, presque subjectif, qui est à la limite du droit et des faits.

— De plus, même si l’on peut apparemment trouver des exceptions, la formation supplémentaire n’est pas “la même”, puisque la formation supplémentaire en psychopathologie pour le titre de psychothérapeute comporte obligatoirement des médecins (psychiatres)-professionnels de santé non seulement dans l’équipe pédagogique, mais aussi dans le conseil scientifique de la formation. Le Conseil d’État prendra précisément, éventuellement, appui là-dessus, pour prononcer que n’y ayant en cela d’identité et de doublon des formations, le décret ne serait pas illégal.

— Je comprends donc très bien que les organisations de psychologues prennent du temps pour arriver à formuler une décision et un communiqué commun à propos d’un recours contentieux (si même du moins c’est sur de telles considérations qu’elles hésitent, mais peut-être pouvez vous leur rappeler ces considérations, au cas où elles les auraient oubliées…).

Sur une illégalité manifeste du Décret d’application

Associations de psychanalystes et Décret d’application relatif au Titre de psychothérapeute


L’excellent frdm nous livre ici une méditation juridique intéressante. Il en ressort que la loi Accoyer contient en elle l’hyper réglementation de la psychanalyse comme la nuée contient l’orage. Nous étions déjà alertés par le fait que le quatrième personnage de l’État se permet de dénommer « auto-proclamés » les auto réglementés ce qui comporte on l’aura noté une petite différence.

Nos institutions responsables historiquement de la psychothérapie relationnelle ont tout mis en place, actuellement regroupés dans le cadre du GLPR, en plus de trente ans d’activité syndicale puis fédérative, pour sécuriser, précisément, notre profession. Cette réalité ne pourra pas indéfiniment se voir opposer le déni rigidifié du pouvoir, qui sait parfaitement où nous trouver pour nous rencontrer, comme où ne pas aller nous chercher quand ça l’arrange, pour tenter de nous livrer à la vindicte médiatique, sauf que les gens ne sont pas idiots, et savent à qui faire confiance quand ils s’adressent en connaissance de cause à nos praticiens, membres vérifiés de nos institutions responsables.

Que les autoproclamés, les véritables, qui ne sont rattachés à rien d’institutionnellement solide, vivent et prennent leurs risques, mais de grâce qu’on cesse de faire semblant de les confondre avec nous. La mauvaise foi du bon docteur Accoyer, viendra un temps où elle se retournera contre ses auteurs. En attendant, nous consoliderons notre légitime et éthique identité professionnelle et disciplinaire, au moment où les psychanalystes sont confinés avant d’être éliminés de l’université, et où la voie du salut pour les mainteneurs du processus de subjectivation dans le Carré psy se trouve dans la protection de leurs écoles et institutions tutélaires historiques, au service des personnes qui savent ce qu’elles font en adressant leur demande à leurs membres régulièrement inscrits sur leurs listes professionnelles associatives pour parler en termes d’enregistrement.

Philippe Grauer


L’article législatif, art. 52 relatif au titre de psychothérapeute, indique http://goo.gl/aric :
« [Al. 3] « Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article (…) ».
« [Al. 5] « Le décret en Conseil d’État définit les conditions dans lesquelles (…) les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations peuvent bénéficier d’une dispense totale ou partielle pour la formation en psychopathologie clinique. ».

La décret d’application du 20 mai 2010 relatif relatif à l’usage du titre de psychothérapeute indique http://goo.gl/L3Qx :
« Article 8 / (…) / II. — Les professionnels appartenant à l’une des trois catégories mentionnées au cinquième alinéa de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 susvisée fournissent en outre selon les cas : (…) 3º Soit l’attestation de l’enregistrement régulier dans un annuaire d’association de psychanalystes. / Cette attestation est établie par le président de l’association. Elle est accompagnée d’une copie de l’insertion la plus récente au Journal officiel de la République française concernant l’association et mentionnant son objet. ».

L’arrêté du 9 juin 2010 relatif aux demandes d’inscription au registre national des psychothérapeutes indique http://goo.gl/1hB3 :
« Annexe I / Formulaire de demande d’inscription sur la liste départementale des psychothérapeutes / (…) / Je, soussigné (nom, prénom) , / né le (date de naissance) à (lieu de naissance), / demande à être inscrit sur la liste départementale des psychothérapeutes en application de l’article 7 du décret nº 2010-534 du 20 mai 2010. / A cette fin, je joins au présent : / (…) / Si j’appartiens à l’une des trois catégories mentionnées au cinquième alinéa de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 susmentionnée, je fournis en outre : / (…) / 3º Soit l’attestation de l’enregistrement régulier dans un annuaire d’association de psychanalystes, établie dans les conditions fixées au dixième alinéa de l’article 8 du décret nº 2010-534 du 20 mai 2010, accompagnée d’une copie de l’insertion la plus récente au Journal officiel de la République française concernant l’association et mentionnant son objet. / Fait à… / le… ».

Illégal

Il ressort de l’ensemble de ces dispositions que le décret du 20 mai 2010 est illégal, en ce qu’il ne prévoit pas la justification de ce que les « associations de psychanalystes » sont composées exclusivement de psychanalystes.

Le décret est illégal aussi en ce qu’il ne prévoit pas d’écarter les attestations émanant de présidents d’associations dont l’objet n’est pas la psychanalyse. En effet, une association composée exclusivement de psychanalystes peut très bien avoir exclusivement pour objet associatif « la promotion de la pêche à la ligne ». Il est illégal que le décret d’application ne prévoie aucune condition à cet égard, alors que l’article de loi indique « [Al. 3] « Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article (…) ».

Il y a donc lieu à annulation du décret devant le Conseil d’État, en ce que le décret ne prévoit pas de « conditions » sur ces deux points, en violation de l’article de loi qui en donnant le pouvoir au Premier ministre de préciser ces conditions, comporte corrélativement l’obligation pour le Premier ministre de préciser toutes les conditions qu’appelle l’application de l’article de loi. L’erreur d’appréciation est manifeste, en ce que le décret ne comporte pas l’exigence de justification de ce que les associations de psychanalystes sont composées exclusivement de psychanalystes, et des conditions relatives notamment à l’objet associatif desdites associations.

Vu à la télé

Or, M. le président de l’Assemblée nationale, M. Bernard Accoyer, a déclaré le 29 mai 2010 dans une émission de télévision :

« — Bernard Accoyer : Je n’ai jamais visé les psychanalystes, non ! Jamais !

— Laurent Ruquier : Vous vous y êtes mal pris au départ, alors. Ils ont cru qu’ils étaient visés.

— B. Accoyer : Non, le problème qu’ils redoutaient, et qui peut d’ailleurs se produire maintenant, c’est que les auto-proclamés qui représentent probablement plus de dix-mille professionnels en France(1« ) les auto-proclamés maintenant qu’ils ne vont plus pouvoir s’appeler « psychothérapeutes », ils vont peut-être chercher un autre nom, et je pense que certains psychanalystes redoutent cela. C’est un problème. Eh bien, il faudra faire pour les psychanalystes — mais j’espère en moins de onze ans ! — ce que j’ai fait pour sécuriser les usagers, ceux qui sont en souffrance, et qui ont besoin de leurs soins. ».

Et maintenant, réglementer la psychanalyse

La carence du décret d’application à poser les conditions susvisées, en violation de l’article législatif susvisé, correspond au projet de M. Accoyer d’imposer une nouvelle réglementation supplémentaire aux psychanalystes. La prétendue nécessité d’une telle réglementation supplémentaire trouve son fondement exclusif dans l’abstention du Premier ministre d’appliquer la loi, en ce qu’il s’est abstenu de prévoir au décret d’application des conditions d’application s’agissant des associations de psychanalystes.

Ceci constitue un motif d’annulation du décret précité, en ce que celui-ci reste taisant quant aux conditions susvisées, qu’appelle pourtant nécessairement l’article législatif.

François-R. Dupond Muzart ~ frdm

  • 1 On compte à ce jour environ 7500 « psychothérapeutes » — j’emploie volontairement les guillemets pour désigner ceux qui jusque là s’intitulaient tels, nos organisations doivent en encadrer, à la louche disons environ 4500, ce qui est considérable vu le taux ordinaire de syndicalisation dans notre pays. Cela laisse environ 3000 « auto-proclamés ». Les 2500 de plus pour atteindre les 10 000, nous ignorons où le Président de l’Assemblée nationale est allé les chercher. En tout cas l’amalgame entre ceux qui se sont donné le mal au service des fameux « usagers » que protège le pavé l’ours accoyériste, de qualibrer leurs écoles et leurs organismes titularisants, avec la masse flottante de personnes dont on ne saurait déterminer la professionalité, reste interrogeable sur le plan, précisément, de l’éthique.

Le statut de psychothérapeute : vers une psychothérapie d’État ?

Pas si simple. La situation au sein du Carré psy ressemble assez à ce qui se passe dans un casier à homards. S’ils sont trop serrés il doit bien s’en trouver pour se pincer eux-mêmes sans se rendre compte de ce qui se passe.

Les Écoles qui bénéficieront de l’agrément en vue de dispenser les fameux cursus de psychopathologie seront essentiellement celles que monteront les universitaires eux-mêmes, nous avons déjà vu fonctionner ce système en Italie, évidemment, elles bénéficieront de toutes les autorisations sans aucune difficulté. On y formera selon la règle du quatre quarts, une pâtisserie parfois étouffe chrétienne, intégrant son petit quart de psychanalyse et voilà tout.

Quoi qu’il en soit et advienne ne pas oublier que la psychothérapie relationnelle n’a rien à voir avec la « psychothérapie » à guillemets mentionnée dans le texte de Joseph Mornet, à base neuro-cognitivo-DSM. Cette vraie « psychothérapie » d’État des psychothérapeutes Accoyer, appelons-les accoyothérapeutes pour ne pas tout confondre, se nommerait accoyothérapie qu’on y verrait plus clair.

Bien entendu l’accoyothérapie ne serait pas davantage à l’abri des sectes que les médecins du Temple solaire. Et puisque nous voici rendus à la médecine, comment vous confier en toute sécurité à votre médecin traitant devenu accoyothérapeute en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ! Cette farce, comment va-t-elle tourner ? — accessoirement pourvu que les patients n’en soient pas les dindons.

Notre nouveau nom qui arrive bientôt si le GLPR s’acquitte de sa tâche en cours, au moins nous mettra à l’abri de ces vicissitudes et offrira une alternative humaniste et saine à une situation en passe de tourner au rocambolesque(1« ).

Philippe Grauer


Le décret n°2010-534 du 20 mai 2010 vient définir l’accès au titre de psychothérapeute. Il entend venir clore une longue et vieille histoire.

A son origine, elle s’est justifiée d’une protection de cette fonction et de ses clients contre l’emprise des sectes. A son point de départ, nous trouvons le Docteur Accoyer, actuel Président de l’Assemblée Nationale, simple député UMP alors. Cette question semblait particulièrement le préoccuper puisqu’il avait organisé dès 2000 un colloque sur La psychothérapie et la loi. Sa deuxième (2« ) proposition législative en 2001 ayant été écartée, il dépose le 16 octobre 2003 un nouveau texte d’amendement dans le souci de « réserver la psychothérapie aux médecins psychiatres, médecins et psychologues ». Le 9 août 2004, une première loi avait subordonné l’usage du titre de psychothérapeute à l’inscription dans une registre national. Le décret actuel vient en préciser les conditions d’accès.

Entre temps, le projet de loi avait connu de nombreux rebondissements et créé de multiples agitations dans les milieux des professionnels, des universitaires, des instituts de psychothérapie, des psychanalystes, Jacques Alain Miller s’érigeant comme porte-parole des défenseurs de la psychothérapie. Le bilan : une agitation de façade qui n’a servi qu’à masquer la lente et sûre progression d’un projet dont les conclusions sont non seulement inacceptables mais dangereuses pour l’avenir de la psychothérapie et donc du soin de la souffrance psychique.

Pour beaucoup, l’attitude la meilleure aurait consisté à, d’emblée, refuser d’entrer dans un tel projet de définition d’un statut de psychothérapeute, les garanties universitaires fournies par la formation en psychopathologie et en relation de soin par les facultés de médecine et de psychologie étant amplement suffisantes.

Mais le décret est désormais là : son texte s’inscrit tout à fait dans la logique de la loi HPST et des orientations politiques actuelles du soin psychique c’est-à-dire déqualification des professionnels (psychiatres et psychologues cliniciens) et ouverture des « psychothérapies » à des techniciens sous-formés. Au bout du compte, l’espoir d’économies sur le soin et un barrage fait aux sectes ? Difficile à en savoir l’exacte finalité pour le législateur.

Par contre ce qui est sûr c’est que le texte renforce l’encadrement de la psychothérapie par le champ des nouvelles approches cognitives, comportementales et neuroscientifiques : il prévoit des formations basées sur quatre champs pré-définis, les champs cliniques et psychanalytiques classiques n’en représentant qu’un quart, les trois autres étant réservées aux approches évoquées ci-dessus.

Le texte est par ailleurs, étrangement évasif sur les institutions pouvant donner ces formations : la psychothérapie rentre sur le marché de la formation et déjà des instituts privés peaufinent leurs plaquettes pour être habilités. L’enseignement universitaire, c’est sûr, y perd un peu plus sa crédibilité et sa place centrale au profit d’une privatisation déguisée (qui, entre parenthèses, n’offre aucune protection contre les emprises sectaires).

Pour justifier cette analyse, la simple lecture du tableau récapitulatif des formations et stages qui habiliteront désormais les futurs « psychothérapeutes » (décret du 20 mai 2010, consultable sur legifrance.gouv.fr) est suffisante :

– L’accès est sans condition pour les psychiatres. Il exige 2×100 h de deux modules de formation pour les médecins : « théories se rapportant à la psychopathologie » et « approches utilisées en psychothérapie » + 2 mois de stage.

-Les psychologues cliniciens ne devront se soumettre qu’à 2 x 50 h pour ces deux modules, mais ils devront suivre 50 h d’un module supplémentaire : « les critères des grandes pathologies psychiatriques ». Ils devront également justifier de 2 mois de stage.

-Les psychologues non cliniciens sont soumis aux mêmes contraintes mais doublées : les heures de formation sont portées à 3 x 100 h, et le stage à 5 mois

– Les psychanalystes devront se soumettre à 100 h du module sur les critères puis 2 x 50 h pour les deux suivants ainsi que 2 mois de stage
Enfin, les autres ne devront s’acquitter que de la même chose ou presque (si l’on tient compte de la longueur et de la lourdeur des études universitaires et des processus de reconnaissance comme psychanalystes) : 3 x100 h de chaque module, 5 mois de stage Ils devront cependant se former en 100h à un nouveau module, « développement, fonction et processus psychiques ».

Comment les universitaires peuvent-ils accepter un tel désaveu de leur enseignement ? Comment les psychiatres, si prompts à réagir sur la politique actuelle de la santé, peuvent-ils accepter qu’un médecin généraliste soit aussi naturellement qualifié pour exercer la psychothérapie qu’un psychologue alors que sa formation ne l’y qualifie en rien ?

Comment tous, psychiatres, psychologues et psychanalystes peuvent-ils accepter ces nouvelles contraintes d’une « psychothérapie d’État » (puisque c’est l’État désormais qui dicte ce que doit être « la » vraie psychothérapie) ouverte à des personnes sans formation sur un nouveau « marché » du diplôme ?

Comment, enfin, envisager les « stages » imposés dans un environnement où les institutions ne sont même pas capables de répondre aux stages imposés par les formations universitaires (sans parler de leur rémunération imposée qui pose d’énormes problèmes dans la champ de la santé) ?

De multiples réactions surgissent, des pétitions : il est urgent de savoir, enfin, se mobiliser.

Joseph Mornet

  • 1 Sans oublier son côté usine à gaz qui fait l’unanimité, psychiatres exceptés, contre elle.
  • 2 La première date de 1999, c’est en riposte à ce premier amendement que le SNPPsy prit l’initiative de déposer la proposition de loi Marchand. Note de la Rédaction CIFPR.

8 mai 1945 — Massacre de Sétif et récit national : identité filiation histoire

Le film de Rachid Bouchareb  » Hors-la-loi  » doit fournir l’occasion de redonner leur juste place à tous les acteurs de la guerre d’Algérie


Une horreur, ces massacres coloniaux le jour même de la reddition de la Bête, obtenue avec l’aide pleine et entière des indigènes de la République, qui constituèrent tout de même la majorité des troupes qui libérèrent le Midi de la France, sans parler du reste du front. Une tragédie, une ironie de l’Histoire plutôt — encore une, ces massacres au cœur même de la restauration de la liberté et de la démocratie sur le sol européen, ces massacres de la population dont les fils venaient d’acquitter l’impôt du sang antinazi de Monte Cassino à Marseille. Le colonialisme réprima et refoula, les algériens cultivèrent la mémoire et préparèrent en toute logique leur libération insurrectionnelle.

L’affaire, tue depuis tout de même plus de 60 ans à la mémoire française, parvient enfin à surmonter son refoulement. À lire Herbert Marcuse on ne distingue pas clairement entre refoulement et répression. La connexion entre les deux termes a diffusé un concept amalgamé. À Sétif il est clair qu’on a la répression d’abord le refoulement ensuite. Une guerre coloniale terrible pour suivre.

Quel rapport entre les indigènes et « les psychothérapeutes »(1« ) ? C’est que la loi tente de nous indigéniser. Et que tels les algériens de 45 mieux qu’eux peut-être, mutatis mutandis, nous avons notre histoire, nos institutions, notre pensée politique professionnelle, nos alliés, notre ancrage au sein de la population, notre inscription dans l’imaginaire collectif.

Avec la loi Accoyer nous assistons à une Restauration. On en revient à la situation d’avant la loi Evin instituant le titre de psychologue, d’avant 1985. La psychiatrie elle retourne à avant 1968, quand elle s’était dégagée de la neurologie. La psychanalyse se retrouve rétrogradée, selon son échelle de valeur, à la psychothérapie, comme l’avait vu venir Élisabeth Roudinesco. Avec les massacres de Sétif s’est inscrite une restauration de l’ordre colonial. Avec le grand cafouillage accoyéresque, les colons TCC, neorologues, hygiénistes, paramédicaux organicistes, les scientistes du DSM — non seulement le sigle d’un traité de « psychopathologie » mais aussi quasiment l’acronyme d’un parti, jubilent de nous croire liquidés.

Jusqu’à Bernard Accoyer annonçant à la télévision que nous nous apprêtons à, sous un nouveau nom, « exercer impunément ».

Notre psychothérapie relationnelle, prétendument passée à l’effaceuse — tentative de refoulement et de répression combinées, sort du cadre de la loi rétrograde, et à l’occasion du changement de son nom se refait une santé (pas mentale rassurez-vous).

Hors-la-loi , le film de Rachid Bouchareb, dont on ne peut évaluer les qualités cinématographiques et historiques avant de l’avoir visionné, représentera, du moins faut-il l’espérer, un tournant majeur dans l’élaboration de notre récit national. Le 8 mai 1945, les Français célèbrent à l’unisson la capitulation de l’Allemagne nazie, et, par là, en un mouvement d’occultation des luttes fratricides d’hier, la refondation de la nation et de l’Etat souverain. Or, en ce 8 mai 1945, la France, réconciliée autour du mythe gaullo-communiste de son héroïque et collective résistance à l’occupant nazi, se livre, en Algérie, à une sanglante répression contre les populations musulmanes de Sétif et de Guelma.

Certes, les massacres du 8-Mai répondent à l’assassinat de 103 Européens suite à la dispersion dans le sang d’une manifestation pacifique nationaliste dans les rues de Sétif. Les noms des victimes européennes figurent en légende des photos que la presse coloniale d’Algérie publie les jours suivants, cependant que les dizaines de milliers de  » musulmans  » exécutés en représailles par l’armée française sont enterrés par les leurs dans l’indifférence de la société coloniale, signe que les uns jouissent du respect qu’ils méritent ainsi que leurs familles endeuillées, tandis que, pour les autres, infrahumains réduits au rang de sujets de seconde zone, l’humiliation s’ajoute à la colère et au désespoir.

Il en résulte que ce massacre, dont il revient aux historiens d’établir un bilan (les spécialistes français et américains non suspects de parti pris l’estiment à plusieurs dizaines de milliers), radicalisera les militants du mouvement national algérien dans leur revendication d’indépendance. La classe politique française de l’époque n’en tire guère de leçon décisive, et seul le général Duval, qui commande alors les troupes de l’armée responsable du massacre du 8-Mai, prophétise :  » Je vous ai donné dix ans.  » L’histoire lui donnera raison, puisque, le 1er novembre 1954, les nationalistes algériens déclenchent l’insurrection qui les mènera à l’indépendance.

Or, de cet aspect du 8 mai 1945, enjeu de mémoire tout aussi légitime que celui qui voit tous les ans le président de la République décorer d’anciens combattants sous l’Arc de triomphe, il n’est jamais question dans l’espace public, signe d’un déni consensuel des crimes imputables à la colonisation. Aussi bien, le film de Rachid Bouchareb, oeuvre cinématographique d’un artiste en un sens produit de l’histoire coloniale, a-t-il, jusqu’à présent, suscité polémiques et débats monopolisés par les nostalgiques de l’Algérie française relayés par des élus soucieux de ces clientèles électorales, privant, pour l’heure, notre société d’une mise à plat de notre passé indispensable à la préservation de la paix sociale et au bon fonctionnement de la vie démocratique.

Ce n’est pas la première fois que nous tardons à entreprendre un travail de mémoire, fût-ce à contre-courant d’une histoire officielle magnifiant à loisir le génie français et volontiers donneuse de leçons à l’adresse du reste du monde.

Il en est ainsi allé de l’histoire du régime de Vichy, dont la responsabilité dans la déportation des juifs de France a tardé à être reconnue et prise en compte dans le continuum du récit national.

De fait, le mythe  » résistancialiste  » a, au lendemain de la Libération, permis d’éviter une guerre civile et de confiner le Parti communiste français à une fonction tribunicienne d’expression des mécontentements dans un cadre légal, et n’a été battu en brèche que tardivement. Ce travail de mémoire, jalonné de débats passionnels, d’anathèmes et de règlements de comptes, ne fut guère un chemin de roses. Le Chagrin et la Pitié, réalisé par Marcel Ophuls en 1971, fut censuré à la télévision durant dix ans. Et c’est à un historien américain, Robert Paxton, avec son ouvrage paru en 1973, La France de Vichy, que l’on doit la première brèche dans le mythe, déconstruit à partir de la fin des années 1980 par de jeunes chercheurs tels qu’Henri Rousso.

Autre étape décisive de cette reconnexion mémorielle, le procès Barbie, en 1991, a fait oeuvre d’exorcisme collectif. Nos grands-parents, résistants, collabos ou passifs durant l’Occupation, ont découvert ou fait mine de découvrir avec effroi le sort réservé aux juifs de France avec la complicité active des autorités françaises. Des victimes de la barbarie nazie, qui s’étaient tues durant des décennies, soit parce qu’elles avaient compris que la société française n’était pas disposée à les entendre, soit que leur martyre fût indicible pour elles, commencent à témoigner et à s’emparer, par leurs récits, d’une histoire dont elles avaient été dépossédées, au point de rendre problématique toute transmission aux générations ultérieures.

Le passage, pour les communautés juives de France, de la mémoire privée à l’histoire commune à l’ensemble de la nation française, est aussi redevable à l’oeuvre de Serge Klarsfeld, qui, par la recension exhaustive, patiente et minutieuse des noms, origines, professions, âges et destinées des déportés juifs de France, a contribué à rendre à ces victimes une humanité permettant à leur descendance de s’inscrire dans un continuum.

A cet égard, il convient de saluer l’ultime étape de ce processus d’intégration historique : la reconnaissance officielle et solennelle des crimes de Vichy par Jacques Chirac en 1995. Désormais, il va de soi de commémorer la rafle du Vel’ d’hiv’ de juillet 1942 et de consacrer une journée commémorative à la déportation, tandis qu’un monument situé à Paris porte inscription des noms de la totalité des 75 000 déportés juifs de France.

Les enjeux de la sortie du film de Rachid Bouchareb sont du même ordre dans la mesure où, pour la première fois dans l’histoire cinématographique française, une fiction évoquant la guerre d’Algérie est traitée du point de vue des militants nationalistes, et non plus, comme ce fut le cas jusqu’à présent, du point de vue des militaires français. On voudrait voir, dans la diffusion de ce film, l’amorce d’un débat, dans l’espace public, sur le bilan et les conséquences de cent trente ans d’occupation coloniale.

Ce n’est qu’au prix d’un tel débat que les Français d’origine algérienne pourront à leur tour s’approprier notre histoire nationale – y compris sur son versant colonial – dont ils demeurent peu instruits, sinon par bribes incomplètes et pourvoyeuses de rancoeurs, et, par là, pourront être à même d’avoir le sentiment de n’être plus objets mais sujets de leur histoire.

Il en va de la consolidation et de la pérennité du processus d’intégration et d’adhésion des nouveaux Français issus de l’Empire à la République et de leur sentiment d’appartenance à une nation. Une appartenance que d’aucuns s’empressent de leur contester au motif qu’il arrive à ces populations, notamment juvéniles, à l’occasion de matches de football, d’agiter des drapeaux algériens, ce qui serait un signe de manque de loyauté à l’égard de la France. Or, il est admis, quoi que ces esprits chagrins en veuillent, que lors des matches disputés par l’équipe française ces mêmes jeunes s’enthousiasment pour notre équipe nationale, dont ils célèbrent les exploits.

Leurs parents, ouvriers immigrés, n’ont sans doute pas disposé des ressources en capital culturel pour assurer la transmission de leur histoire, pourtant liée à celle du mouvement national algérien, né dans les années 1930 parmi la main-d’oeuvre algérienne immigrée, et représenté par la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance.

Aussi bien, dépourvus de filiations historiques permettant la construction d’une conscience individuelle et politique propre à les transformer en sujets de leur histoire, les jeunes Français issus de l’immigration algérienne en sont-ils souvent réduits, en raison des stigmatisations dont ils font l’objet, à afficher, de façon souvent maladroite et ressentie comme agressive, une identité singulière dans l’espace public français – pratiques islamiques ostentatoires, radicales, et en rupture avec les pratiques traditionnelles de leurs parents ; tentation d’un repli communautaire où l’identité nationale, dont ils ne se perçoivent pas partie prenante, fait place à une identité de quartiers discriminés.

Faute de donner une place à ces nouveaux Français dans notre récit national, la situation ne peut que perdurer et alimenter violences urbaines et tensions communautaires. Car, si ces violences et ces tensions peuvent céder le pas à l’expression pacifique des revendications et mécontentements au moyen de la médiation d’institutions légales telles que les partis, les syndicats ou les associations citoyennes porteuses de valeurs partagées, encore faut-il que se fasse jour une capacité à décrypter le monde social à partir d’une conscience politique forgée par des filiations admises. Et seule une culture historique nationale non amputée peut le permettre.

C’est dire l’enjeu de la recherche historique concernant l’histoire de l’Algérie française et exploitant l’ensemble des archives sans aucun ostracisme. Mais ne nous y trompons pas. Il faut aussi que, face à Lionnel Luca (député UMP des Alpes-Maritimes), héraut d’une partie de la communauté pied-noire arc-boutée à une mémoire parcellaire, et face au Service historique des armées, où résonnent encore les légendes de la Coloniale, se dressent des créateurs affranchis des tabous. C’est ainsi que se forge la mémoire collective, ciment du vouloir-vivre ensemble.

C’est alors que la classe politique française pourra prendre ses responsabilités à l’égard de ces nouveaux Français pour le bien commun de la nation. Cela devrait passer, sous une forme ou une autre, sinon par un acte de contrition, du moins, à l’instar de la démarche de Jacques Chirac concernant les crimes du régime de Vichy, par la reconnaissance officielle des exactions commises par la France dans son ex-Empire, et, par voie de conséquence, par l’inscription de leur récit dans les manuels scolaires. Ce n’est qu’à ce prix, à l’abri des gesticulations d’arrière-garde, que nous parviendrons à dépasser les faux débats, y compris celui sur la prétendue incompatibilité entre islam, démocratie et République.

Ce débat qui ne sert qu’à tenir une partie de l’électorat captif de prurits sécuritaires et à éluder la question centrale de l’intégration politique de nos concitoyens ex-colonisés. Ceux-ci ont au reste plus d’une fois témoigné de leur amour pour la France en versant l’impôt du sang. Il n’y a pas de raison que leurs enfants, formés par l’école républicaine, n’aient pas hérité d’une partie de cet amour, pour la France, pour la Révolution française – qui a inspiré les dirigeants indépendantistes algériens -, pour les droits de l’homme, qui incluent celui de l’accès au savoir, notamment historique.

Si un tel droit ne leur était pas reconnu, ainsi d’ailleurs qu’à tous les nationaux, nos nouveaux compatriotes ne deviendraient jamais des citoyens à part entière, et ils resteraient des citoyens entièrement à part.

Séverine Labat


Chercheur au CNRS et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

Née en 1966, docteur en sciences politiques, spécialiste de l’Algérie contemporaine, elle réalise aussi des documentaires et s’est fait connaître par un ouvrage important,  » Les Islamistes algériens  » (Seuil, 1995). Elle a coréalisé avec Malik Aït-Aoudias le long-métrage  » Algérie 1988-2000 : autopsie d’une tragédie « , diffusé en 2003.

© Le Monde

  • 1 Avec pluriel et guillemets, il s’agit de nous.

Onfray déblogue à fond la caisse

Réthorique façon années 30

Onfray, comme la vie, continue. Mortellement, sur son blogue. Réthorique années 30, de la pensée d’extrême droite plaquée ultra gauche. On reconnaît la terrible réthorique qui s’en prenait aux personnes, remplaçait l’argumentation rationnelle par l’insulte et la vindicte, ne reculait devant rien pour conduire des campagnes haineuses et mensongères. Que faire et que dire arrivé là ? lister.

Soupe servie ou fleurs livrées ?

• »Franz-Olivier Giesbert a été convoqué par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour n’avoir pas servi la soupe à la dame comme elle l’aurait souhaité et pour avoir fait son métier de journaliste qui a lu les livres dont il parle quand il l’a invitée sur son plateau Vous aurez le dernier mot, une invitation, me dit-on également, quelque peu sollicitée par sa hiérarchie… » Franz-Olivier Giesbert n’a pas été convoqué par le CSA. Le seul fait réel dans cette histoire c’est que la Production de l’émission a envoyé des fleurs à Élisabeth Roudinesco avec ses excuses pour la façon dont elle avait été traitée.

« Je n’ai évidemment pas été invité »

Signalons en passant qu’invitée [l’anaphore de l’accord au féminin revoie à E.R.] à France-Inter (Philippe Val est un ami de la dame, qui se ressemble s’assemble …) à l’émission de Nicolas Demorand, le futur ex présentateur de la matinale a fait savoir à l’antenne que j’avais été invité et que j’avais refusé de venir : je n’ai évidemment pas été invité à cette émission… }

Quelques amis qui ont essayé d’intervenir en faveur de mon travail ce matin-là ont été bloqués au standard… (À
Libération et au Monde les responsables des pages débats connaissent la méthode).

Arrêtez tous d’embêter Onfray !

Michel Onfray a bien été invité. Son assertion inexacte installe son auteur dans la longue liste des martyrs autoproclamés. Quant aux amis bloqués au standard allez prouver quelque chose avec ça. L’affirmation par contre de l’existence d’un complot, oui, indiquerait qu’il y a bien « quelque chose » du côté de celui qui la produit.

Onfray risque une métaphore sur le marquage éthologique du territoire

Pour la soirée à l’université de Caen, voici ce qu’on trouve : « en vertu de la vieille loi éthologique selon laquelle on marque un territoire menacé avec son urine et ses matières fécales, elle avait tenu son conseil de guerre contre moi à l’Université de Caen avec un professeur de philosophie nommé Lelièvre (pour l’éthologie, c’est parfait !, précisons que ce grand homme à l’œuvre invisible est aussi subventionné par le Conseil Régional pour les activités de son inénarrable Société de philosophie bas normande – tudieu, quel talent !) et quelques universitaires en caricatures de leur fonction, etc. « 

Invectiver ou argumenter, il faut choisir

L’invective et le sarcasme tiennent lieu d’argument. La métaphore entre en confusion, la volonté de choquer l’emportant sur la construction de la pensée. L’affabulation s’insinue. Dans le style de Je suis partout. Que le cauchemar renaisse sous une faconde ultra-gauche ne lui ôte rien de la terrible odeur de la Bête.

Invité / non invité ? qui dit vrai ?

Et ça continue. « cette presse régionale, donc, a finalement trouvé mon numéro de téléphone pour me demander ce que je pensais de la venue de Madame Roudinesco à Caen sous prétexte qu’elle m’aurait invité à venir et que je refusais le débat : or, Madame Roudinesco n’a pas daigné m’inviter à venir débattre… Ces deux médias régionaux lui ont déroulé un tapis rouge, bien sûr…« 

Sauf que Michel Onfray a bien été invité. Que dire de plus ?

Milice freudienne

Si, ajouter un commentaire à ceci : « « truffé d’erreurs », s’il y en avait eu autant, vous pensez bien que Madame Roudinesco, qui a fourni l’argumentaire à la milice freudienne, aurait fait un très gros livre pour les pointer ! Au lieu de cela elle a été obligée de mobiliser deux ou trois souffreteux du concept auxquels elle a fait emboucher la trompette de l’antisémitisme, de la réactivation des thèses de l’extrême droite, de la complicité avec le fascisme, etc. »

On relèvera au passage que la milice relève d’un champ sémantique évocateur, et que parler de souffreteux (exaltation hygiéniste de la force physique) du concept ne dissipe pas, loin de là, le soupçon de dérive à l’extrême droite. Ce souffreteux du concept dresse l’image tout de même très typée de l’intellectuel dégénéré que notre vaillant auteur de la France profonde, dont « la terre ne ment pas », épingle de main de maître.

4500 € / jour ! prenez garde, les juifs en veulent à votre argent

Sur le thème passablement usé des juifs et l’argent, les 450 € de la séance freudienne, une ânerie — tiens, en voilà une des erreurs dont est truffé le best seller de notre Freud Killer national et même régional — celle des 450 € insiste. Sortis par prestidigitation de la calculette aveuglelette du philosophe peu averti de l’impossibilité de convertir les monnaies et les époques, ils reviennent sans arrêt, ne prenant nullement en compte les observations publiées ici même et dans le bulletin de la SIHPP par Henri Roudier. Il ne faut pas chercher et trouver, il faut asséner et marteler. Plus le mensonge est gros — 450 € tout de même ça frappe l’imagination et fait monter l’affect, sinon les prix, plus il est répété, plus il a de chances de passer, comme professait en substance Gœbbels.

« haineuse, méchante, menteuse, affabulatrice, vindicative, intrigante, conspiratrice » : habillée pour l’hiver

Bouquet final. « Ce fut pitoyable de voir cette dame haineuse, méchante, menteuse, affabulatrice, vindicative, intrigante, conspiratrice, intervenant auprès du Conseil régional de Basse-Normandie pour que les subventions de l’Université Populaire soient supprimées, mentant éhontément pour dire que c’était faux malgré le blog du président de région qui confirmait et précisait les modalités de son intervention avec la complicité du sénateur socialiste Suard (…) ». Bouquet d’insultes d’abord, on appréciera, bobard ensuite. Le sénateur Sueur — et non Suard, le cardinal ayant écrit à Vichy pour protester contre les persécutions antisémites —, a téléphoné en effet à une personne qu’Élisabeth Roudinesco s’apprêtait à inviter à la réunion universitaire. Petit fait détourné donne rumeur plus affabulation égale persécution ?

Liberté d’affabuler

Bref, Michel Onfray se classe parmi les philosophes amoureux de la liberté. De la liberté d’insulter au lieu de démontrer. D’affabuler à répétition, d’aligner comme arguments des adjectifs dépréciatifs. Cette liberté-là se moque de la vérité. À moins que la vérité ultime tienne dans celle des chiffres de vente ? vendre abondamment une information sans valeur scientifique ne la fonde pas pour autant. Il s’en trouvera pour préférer à tout prendre la fronde de David, plus petite, bien ajustée, 15 000 exemplaires, aux vantardises de Goliath tirant à dix fois plus.

Un nouveau titre pour le même exercice

21 juin 2010

NewsLetter n° 72 : Un nouveau titre… pour le même exercice !

Ainsi, après 11années de combat pied à pied, l’État a fini par « confisquer » le titre de « psychothérapeute » et le confie à des « psychopathologues », formés à la hâte…
L’art. 52 de la loi de 2004, révisée en 2009, a été complété par un décret (20 mai 2010) et des arrêtés (8 et 9 juin 2010) – que l’on pourra trouver sur notre site : ff2p.fr

Le CA de la FF2P s’est réuni en session extraordinaire, avec l’un de nos avocats, et a élaboré des suggestions de conduite à tenir pour nos membres, cela en concertation étroite avec les membres du GLPR (Groupe de Liaison de la Psychothérapie Relationnelle – qui regroupe la FF2P, l’AFFOP, le SNPPsy et le PSY’G), ainsi qu’avec nos collègues de Psy en Mouvement.

Voici donc un résumé des propositions, votées à une large majorité :

• Ceux qui désirent entreprendre les démarches pour être enregistrés sur le Registre public national disposent d’une année pour le faire (art.17). Donc, nous suggérons d’éviter toute précipitation, dans l’attente de la mise ne place des jurys régionaux, de l’agrément éventuel de formations privées à la psychopathologie et de lieux de stages.
Jusqu’en mai 2011, chacun peut donc conserver en toute légalité son titre de psychothérapeute et l’évoquer sur sa plaque, sa carte de visite ou sa publicité ; d’ici-là, on pourra tirer les leçons des premières décisions des jurys.

• La loi ne règlemente que l’usage du titre et non l’exercice de la psychothérapie – qui demeure libre et sans changement.

• Une procédure légale de recours immédiat contre la loi et/ou le décret, adressée via le Conseil d’État, semble avoir peu de chances d’aboutir, puisque nos avocats ont déjà adressé un mémoire circonstancié au Conseil d’État (qui n’en a tenu compte que très partiellement). En revanche, un recours auprès du Conseil Constitutionnel demeurera possible (pour vices de procédure dans l’adoption de la loi, rupture d’égalité entre psychanalystes et autres psychothérapeutes de formation comparable, etc.), sans limitation de date, mais seulement à l’occasion d’un procès. De même, pour un recours auprès des instances européennes.

• Ceux qui exercent légalement depuis 5 ans (mai 2005) – pourront, s’ils le désirent, bénéficier de « la clause du grand père » (mesures transitoires) et demander leur homologation devant les instances prévues (cf. Décret, complété par l’arrêté du 9 juin), en sollicitant, de préférence, une audition directe par les jurys régionaux. Si leur dossier correspond aux normes de la FF2P, le CA pourra décider l’assistance de notre avocat et prendre en charge les frais juridiques, voire les frais éventuels d’amende, en cas de condamnation. Notre avocat pense que le travail à temps partiel, ainsi que le travail bénévole en association devraient pouvoir être pris en considération, sous réserve de documents fiables.
Conformément au Droit français, l’absence de réponse de l’Administration dans un délai de 6 mois, vaut refus… mais un recours demeure possible auprès du Tribunal administratif (avec l’appui d’un avocat de notre Fédération).

• Ceux qui figurent déjà sur l’Annuaire des psychothérapeutes inscrits au Registre national de la FF2P, en tant que « psychanalystes », pourraient solliciter le titre de « psychothérapeute », avec une lettre du président de notre Fédération – bien qu’elle ne soit pas une « association de psychanalystes », à titre principal.

• Les praticiens ayant moins de 5 ans d’exercice, ainsi que les étudiants des écoles, devront se déclarer sous un nouveau titre. Nous recherchons un accord sur un titre générique simple, regroupant les diverses approches, et commun aux diverses fédérations, syndicats ou associations professionnelles.
Après un large tour d’horizon, le CA insiste pour une dénomination commençant par « psy » et non par « praticien » ou « conseiller » ou tout autre terme. Ainsi, deux titres ont été retenus pour le moment, permettant une recherche facile des usagers potentiels sur les pages jaunes ou sur internet. Il s’agit des termes « psy » et « psypraticien », assortis, le cas échéant, de qualificatifs, tels que « certifié » ou « relationnel ». Cela donnerait, par exemple :

Jean Dupont,
psy certifié en (analyse transactionnelle, Gestalt-thérapie, analyse psycho-organique, etc.)
titulaire du Certificat Européen de Psychothérapie (CEP) (si c’est la cas, bien entendu !)

ou encore

Jean Dupont,
psypraticien relationnel,
certifié (en analyse transactionnelle, Gestalt-thérapie, analyse psycho-organique, etc.)
titulaire du Certificat Européen de Psychothérapie (CEP) (si c’est la cas, bien entendu !)

Nos avocats pensent que des termes trop proches de « psychothérapeute », tels que « praticien en psychothérapie » etc., risquent d’être sanctionnés par le Tribunal pénal comme une tentative de contournement de la loi, et que le terme de « psychopraticien » risque de nous valoir des poursuites par le Tribunal civil de la part de psychologues, anciens élèves de l’École de Psychologues praticiens, surnommés « psychoprat », pour détournement de clientèle ou publicité mensongère, induisant une confusion chez les usagers.

La dénomination définitive sera arrêtée prochainement, après un vaste sondage par internet auprès de l’ensemble des membres de nos diverses fédérations ou syndicats, puis diffusée auprès du grand public, des pages jaunes, des caisses de retraite, etc.

Vous pouvez, dès à présent, par retour de mail, classer vos préférences personnelles entre les cinq propositions suivantes, en les numérotant de 1 à 5 (1 étant votre titre préféré) :

• psy (nom « populaire », mais est-ce suffisant pour une plaque ou une carte de visite ?)
• psy certifié (mais « certifié » par qui ? Est-ce possible de déposer ce nom à l’INPI ?)
• psy relationnel (mais est-ce clair pour le « commun des mortels » ?)
• psypraticien (néologisme, évitant sans doute les poursuites)
• psypraticien certifié (donne un caractère plus « sérieux », pour compenser « praticien » –
qui peut évoquer, pour certains, une sous-qualification)

et les envoyer par e-mail, à l’adresse de contact@ff2p.fr

• Les écoles de formation annonceraient dans leurs futures brochures et dépliants une formation spécialisée dans une méthode, en évitant le terme « psychothérapeute » : « formation en approche centrée sur la personne, en Gestalt-thérapie, en analyse bioénergétique, etc. »
Elles pourraient, le cas échéant, maintenir une section de formation de psychothérapeutes, réservée aux candidats répondant à la loi (c’est-à-dire déjà titulaires d’un diplôme de médecin ou psychologue, ou psychanalystes inscrits sur un annuaire).
Elles pourront demander, en outre, un agrément pour dispenser un enseignement en psychopathologie clinique, selon les modalités précisées dans l’arrêté du 8 juin 2010 (art. 5).

qu’est-ce qu’un « clinicien » en matière de psychologie ?

X-ProXaD-SC: state=HAM score=0
X-ME-UUID: 20100620044905834.CBCE2100072E@mwinf1k01.orange.fr
From: psy-g Reply-To: psy-g To: FOURCADE , Philippe GRAUER ,
Serge FF2P GINGER
Subject: Titre psychotherapeute, Decret son annexe, Arretes, et
« Psychologues cliniciens », et quelques observations residuelles
X-Originating-IP: [86.217.76.26]
X-Wum-Nature: EMAIL-NATURE
X-WUM-FROM: |~|
X-WUM-TO: |~||~||~|
X-WUM-REPLYTO: |~|
Date: Sun, 20 Jun 2010 06:49:05 +0200 (CEST)

Chers Amis,

Ci-dessous message de FRDM qui prolonge nos analyses…

Bien amicalement.

Alain Naissant.

> Message du 19/06/10 11:07
> De : « frdm : francois-r. dupond muzart »
> A : « psych-ana-logie »
> Copie à :
> Objet : [psychanalogie] 20100619 Titre psychotherapeute, Decret son annexe, Arretes, et « Psychologues cliniciens », et quelques observations residuelles
>
> ===
> http://psychanalogie.fr
> pour suivre l’actualité relative au titre de psychothérapeute
> (plus de 5000 inscrits-abonnés depuis le 7 juin 2010)
> ===
>
> Titre de psychothérapeute, Décret son annexe, Arrêtés, et « Psychologues cliniciens » et « non cliniciens »
> et quelques observations résiduelles
>
> Sur quelques points de « détail » des textes récents, points qui font l’objet de discussion.
>
> L’article 52 de la loi du 9 août 2004, tel que modifié en 2009 http://goo.gl/aric indique que seuls des professionnels peuvent être inscrits et peuvent demander à être inscrits sur les listes départementales des psychothérapeutes. Voici les dispositions en question :
> « [Alinéa 1er] L’usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
> [Al. 2] « L’inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l’État dans le département de leur résidence professionnelle. (…) Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même obligation s’impose aux personnes qui, après deux ans d’interruption, veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute.
> [Al. 3] « Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article et les conditions de formation théorique et pratique en psychopathologie clinique que doivent remplir les professionnels souhaitant s’inscrire au registre national des psychothérapeutes. (…)
>
> Mais rien dans l’article de loi ne réserve la formation spécifique « formation 52 » aux professionnels. Au contraire, l’article législatif indique que les professionnels en question doivent « remplir » des conditions de formation, non qu’ils doivent « suivre » ces formations. Lesdits professionnels peuvent donc avoir suivi ces formations alors qu’ils n’étaient pas encore professionnels.
> Le décret d’application http://goo.gl/L3Qx non plus ne réserve pas la formation aux « professionnels » (si le décret le faisait, il serait contraire à l’article législatif sur ce point, donc il serait illégal sur ce point). Autrement dit les intéressés pourront éventuellement être embauchés sous condition d’obtention effective de l’inscription au registre des psychothérapeutes, après vérification préalable par l’employeur qu’apparemment les conditions sont bien remplies. J’exposais cela dès le 5 juin http://goo.gl/18hr sur ma Page Facebook http://psychanalogie.fr – Le candidat à la profession peut donc se présenter comme « apte au titre de psychothérapeute », mais pas comme « psychothérapeute ».
>
> Le tableau annexe au décret d’application http://goo.gl/L3Qx indique les conditions de dispense de formation et les quotités de formation selon ces dispenses (art. 2 du décret).
> Cette annexe ne vise pas du tout des diplômes, mais des situations professionnelles (par exemple, « médecin » n’est pas un diplôme mais une profession).
> Dans le tableau, le « psychologue clinicien » n’est pas celui qui a un master particulier, c’est le psychologue qui est en situation professionnelle de clinicien. C’est une question de fait, pas de titre par diplôme. Voilà pourquoi la notion de « clinicien » n’est pas définie et ne le nécessite pas : cet élément résulte du contrat de travail et/ou d’une attestation par l’employeur, correspondant bien entendu à l’activité professionnelle réelle : question de fait (et qui pour les psychologues travailleurs indépendants résulte des déclarations administratives, sociales, fiscales, etc.).
> Aussi, les diplômés de master qui ne travaillent pas encore, quel que soit leur master en poche ne sont pas des cliniciens au sens du décret et de son annexe.
> Ces diplômés de master qui ne travaillent pas encore devraient apparemment suivre la « formation 52 » complète (400h + 5 mois stage) : l’on pourrait croire qu’ils ne bénéficient pas de quelconque dispense, puisque seuls les « professionnels » ont droit éventuellement aux dispenses selon le tableau. Mais ceci n’est examiné qu’une fois que l’intéressé travaille, est un « professionnel », et demande son inscription sur la liste départementale des psychothérapeutes. Par conséquent, l’on peut se demander si un étudiant n’ayant pas encore travaillé, et qui accomplit la « formation 52 » à la suite de son master en psychologie, peut choisir de suivre cette formation 52 complète ou la formation réduite s’agissant des « psychologues cliniciens » (ou même celle s’agissant des « psychologues non cliniciens »). Si l’étudiant est certain de travailler ensuite comme clinicien, il peut choisir de faire la formation réduite : rien dans le décret ni l’arrêté ne s’y oppose.
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> La 6e colonne dans le tableau annexé au décret http://goo.gl/L3Qx – colonne intitulée « Professionnels n’appartenant à aucune des catégories précédentes », n’a nullement pour portée que des non professionnels ne puissent pas suivre la formation. Cette colonne ne sert à rien. Lui chercher un sens n’aboutit qu’à contredire l’article 52, ce qui rendrait le décret illégal sur ce point : cela voudrait dire que seuls des professionnels peuvent suivre la « formation 52 ». Or rien dans l’article de loi ne permet une telle contrainte. Par conséquent la 6e colonne est malheureusement dépourvue de toute portée, ce qui est un cas très regrettable pour un texte normatif, mais l’on est contraint à cette conclusion pour ne pas lire le décret de sorte qu’il serait illégal. Mais cette 6e colonne fait s’interroger sur les « intentions » des rédacteurs du décret : auraient-ils désiré que l’article de loi réserve la « formation 52 » aux professionnels ?
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> Justification de la qualité de professionnel et résidence professionnelle :
> Mais par ailleurs, il se présente une anomalie étonnante dans le décret http://goo.gl/L3Qx et surtout l’arrêté http://goo.gl/1hB3 : nulle part il n’est exigé de présenter une justification de la qualité de professionnel lors de la demande d’inscription sur les listes de psychothérapeutes. Pourtant le décret indique que l’inscription sur liste des psychothérapeutes doit être faite (et donc ne peut être faite) que dans le département de résidence professionnelle principale. Et naturellement, en justifiant de résidence professionnelle principale, l’on est amené ipso facto à justifier d’être un professionnel. Mais pourquoi l’arrêté ne cite pas cette justification de résidence professionnel (et donc de la qualité de professionnel) au nombre des pièces à produire (Annexe I http://goo.gl/1hB3 de l’arrêté), c’est un mystère.
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> Extrait de casier judiciaire :
> Dans l’annexe II de l’arrêté relative au dossier de demande à bénéficier des mesures transitoires http://goo.gl/1hB3 – « demande de reconnaissance d’au moins cinq ans de pratique de la psychothérapie », il est exigé de l’intéressé de produire son extrait de casier judiciaire nº 2. Mais un particulier (même « professionnel ») ne peut pas obtenir son extrait de casier judiciaire nº 2, et un simple arrêté ne peut modifier cet état du droit législatif et décrétal. Des employeurs peuvent obtenir dans certains cas cet extrait nº 2, mais les cas prévus ne couvrent apparemment en rien la variété des situations d’emplois de personnes titrées psychothérapeutes, et de plus rien n’autorise ces employeurs à remettre cet extrait nº 2 aux intéressés. À propos de ces questions de délivrance des extraits de casier judiciaire nº 2, cf. <http://faq.cjn.justice.gouv.fr/selfservice/template.do?id=42> = http://goo.gl/dkrI + art. 776 du Code de procédure pénale http://goo.gl/gDE6 + art. D.571-4 du Code de procédure pénale http://goo.gl/HKtj + art. R.79 du Code de procédure pénale http://goo.gl/MEjd
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> Naturellement toutes lumières latérales ou supérieures sur tous ces points seront bienvenues à l’adresse fr@frdm.fr
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> François-R. Dupond Muzart ~ frdm
> juriste de Droit public
> La diffusion email est effectuée à notamment 400 responsables ou récents responsables au sein d’organisations et collectifs de psychologues. Mais il ne s’agit ni techniquement ni juridiquement de « liste » éventuellement dite « de diffusion ». Plus les 300 abonnés à la liste publique de diffusion « Psych-ana-logie » : http://goo.gl/MevM
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> Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, 1950, Conseil de l’Europe : « Résolus, en tant que gouvernements d’États européens animés d’un même esprit et possédant un patrimoine commun d’idéal et de traditions politiques, de respect de la liberté et de PRÉÉMINENCE DU DROIT, à prendre les premières mesures propres à assurer la garantie collective de certains des droits énoncés dans la Déclaration universelle ».
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