Psychanalystes et psychologues à leur tour au Conseil d’État

Décret relatif au titre de psychothérapeute, recours contentieux devant le Conseil d’État par les organisations de psychologues et de psychanalystes.


Ils se disputent le gâteau, nous maintenons l’alternative

Ils ont raison, et leur raison est tordue. il avait bien été dit part à deux avec la médecine. Le décret publié ne correspond pas à l’attente des fidèles alliés, scientifiques, anti charlantans et tout, de la psychologie. La psychiatrie ramasse la mise et inféode de fait grossièrement la psychologie : Messieurs et dames, vous reviendrez en faculté de médecine refaire vos études en psychopathologie qui ne valent pas tripette et vous n’oublierez pas, comme le dit notre professeur Kammerer, que la psychothérapie c’est nous, la psychiatrie, par excellence et de droit académique de médecine divin.

Alors ils recourent au Conseil d’État et demandent audience aux ministres de tutelle. Rien de grave on va leur arranger ça. Pour faire un peu plus de bruit ils lancent une souscription pour les frais. Nous connaissons et supportons à l’AFFOP (le CIFP en est membre fondateur) depuis des années ce genre de frais, sur des budgets incommensurablement plus réduits. En lançant une souscription ça fait de la mousse dans la baignoire. Cela dit les souscripteurs plus les psychanalystes de l’Association Analyser(1« ) réunis sur la même affiche, nous tenons la liste des voleurs de notre titre. Il est bon de savoir qui a participé à la curée, et continue de s’en réjouir.

Nous dénonçons d’une main et soutenons de l’autre. La mainmise par la médecine sur la « santé mentale » envahissant le maximum du champ des travailleurs du psychisme, progressant vers la médicalisation de l’existence que dénonce à juste titre Roland Gori, n’est pas une bonne chose.

Les ministères approchés vont leur arranger ça, aussitôt après le remaniement ministériel à venir, vous verrez. L’essentiel c’est tout de même de nous avoir expulsés du titre.

Nous, ex psychothérapeutes à titre exclusif, nous n’aurons plus qu’à continuer à exercer honnêtement et avec compétence un métier qui aura changé de nom mais pas de mérite ni d’intérêt, offrant l’alternative d’une écoute professionnelle qualifiée non paramédicalisée et rigoureuse, résolument à visage humain : relationnel.

Philippe Grauer


APPELS À SOUSCRIPTION POUR LES FRAIS RELATIFS AUX RECOURS DEVANT LE CONSEIL D’ÉTAT

Par ordre de date des recours :
Récapitulatif sur http://goo.gl/2O8j

I. Recours par Association Analyser

20100707
Pour le recours devant le Conseil d’État relatif à la mention des psychanalystes et leurs associations dans le décret relatif au titre de psychothérapeute, et son appel à souscription, cf. http://analyser.asso.fr (la Requête et un Journal sélectif sont publiés sur le site).

La requête devant le Conseil d’État et d’autres documents y relatifs sont publiés sur le site
http://analyser.asso.fr

II. Recours conjoint par les six Organisations principales de Psychologues

20100722

Voir l’appel à souscription pour le financement du recours des organisations de psychologues devant le Conseil d’État :

Site SNP 2 août 2010 : http://goo.gl/dFhc

et site FFPP 4 août 2010 : http://goo.gl/ceBL

Cinq organisations de psychologues ont formé un recours comme parties principales devant le Conseil d’État contre le décret relatif au titre de psychothérapeute.

Ces organisations sont le SNP Syndicat national des psychologues, la FFPP Fédération française des psychologues et de psychologie, le SIUEERPP Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse, la SFP Société française de psychologie et le syndicat UNSA-Santé-Sociaux. Une organisation est partie intervenante au soutien de la requête : la Fédération CGT Santé et Action sociale.

Décret… Appel à souscription
Site SNP 2 août 2010 : http://goo.gl/dFhc
et site FFPP 4 août 2010 : http://goo.gl/ceBL

le 2/8/2010

Décret réglementant le titre de psychothérapeute : les psychologues s’engagent pour agir !

Appel à souscription

Site SNP 2 août 2010 : http://goo.gl/dFhc

et site FFPP 4 août 2010 : http://goo.gl/ceBL

Chers (ères) collègues

Lors de notre communiqué commun du 7 juillet nous avons affirmé notre décision d’agir conjointement. Notre première action est un recours en Conseil d’État, précédant une rencontre au ministère de la santé. D’autres actions sont en cours d’élaboration dont une rencontre au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Cette action en justice a un coût important : 7176 € sans compter les frais de fonctionnement qui s’y rattachent et qu’il est à ce jour difficile d’estimer. Aucune de nos organisations n’est en capacité d’assumer ces dépenses même si, comme nous l’avons décidé ensemble, elles seront partagées.

Vous avez été très nombreux à signer les motions-pétitions : onze mille signatures individuelles et cent soutiens institutionnels à ce jour. Si votre soutien est précieux, votre engagement l’est plus encore et nous nous adressons à l’ensemble des professionnels sous forme d’une souscription exceptionnelle.

Vous pouvez adresser votre participation financière sous forme de chèque à l’association ou au syndicat de votre choix participant au recours et en stipulant au dos du chèque que cette somme est destinée à soutenir l’action « Recours en Conseil d’État, décret psychothérapeute ». Un reçu vous sera adressé par le trésorier de l’organisation choisie par vous.

Vous êtes seul décideur de la somme. Si votre soutien contribuera à aider notre profession, l’ampleur de votre participation montrera aussi aux rédacteurs de ce décret que notre détermination est majeure.

Ensemble, agissons !

Adressez votre contribution à l’organisation de votre choix :
SNP

http://goo.gl/dFhc

40 rue Pascal – Porte G – 75013 PARIS

Jacques Borgy, Secrétaire général :
snp-sg@psychologues.org 06 82 16 44 71


FFPP
http://goo.gl/ceBL

71 avenue Edouard Vaillant 92774 Boulogne Billancourt cedex

Brigitte Guinot et Benoît Schneider coprésidents
Jacques Garry Trésorier
copresidents@ffpp.net 06 81 56 47 13


SIUEERPP

35 rue Élisée Reclus – 93300 Aubervilliers

Alain Abelhauser, Président & Mohammed Ham, Secrétaire Général
mohammed.ham@wanadoo.fr ou abelh@wanadoo.fr
06 11 63 86 88


UFMICT CGT

Syndicat CGT Fédération santé action sociale

Case 538 263 rue de Paris
93515 MONTREUIL cedex

tel 01 48 18 20 92
ufmict@sante.cgt.fr


SFP

71 av. Edouard-Vaillant 92774 BOULOGNE cedex

gerard.guingouain@uhb.fr 01 55 20 58 32


UNSA

LORET JC Secrétaire Général UNSA santé et sociaux

unsa.picardie@wanadoo.fr et unsa@ch-stquentin.fr

TEL: 03.23.06.74.70


  • 1 Coucou les revoilà, il s’agit du Groupe de contact, Jacques Sédat, vous vous souvenez, ceux qui à l’acmé de la crise n’ont pas levé le petit doigt pour protester contre la déferlante ostraciste contre les psychothérapeutes-charlatans — les Roms de l’époque qu’il fallait déloger de leur titre, lancée contre nous. Le Groupe de contact conjugue à présent ses efforts avec l’ECF sous l’appellation commune Association Analyser, avec l’ECF, où apparaissent, à part mais avec, Jacques-Alain Miller et Lilia Mahjoub.

    Autres temps autres mœurs, on se souvient que Jacques-Alain Miller au plus fort de la crise Accoyer fut le seul avec Élisabeth Roudinesco à manifester sa solidarité avec les psychothérapeutes relationnels, qu’il fit reconnaître par le ministre Douste-Blazy. Ministre parti, reconnaissance restée, soutien de Jacques-Alain Miller indélébile.

Onfray : »j’ai tapé au portefeuille »: mauvaise foi manichéenne

Une méchante polémique à propos d’un méchant livre


Freudophilie vs. freudophobie

Après l’excès de gloire celui d’indignité. Freud, ni saint ni ange, ne mérite pas les actuels accès d’excès dont Onfray nous gratifie sur France-culture. Où l’on voit Onfray en ange exterminateur se retrouver exécuter selon Pascal la figure de la bête. Bête médiatique certes, sa faconde est parfois plaisante, il tient son public, mais tout de même, peu regardant sur l’argumentation et les faits, péremptoirisés. Mais l’histoire c’est pas du catch, et l’anti idolâtrie ne vaut pas mieux que l’idolâtrie. Sa pensée de philosophe rappelons-le — aucune expérience ni sens clinique, n’est pas éblouissante et hélas son argumentation ne présente pas toujours le niveau attendu.

Démasquer oui écorcher vif, non !

Attendu sur France-culture ! C’est vrai c’est les vacances et les programmes d’été, allégeons-nous. Sauf que ça n’est pas si divertissant que ça de s’entendre marteler des énormités, des informations biaisées, de la pensée malhonnête. Et pourquoi surtout, en arriver là, alors que les recherches, ni pro ni anti, les recherches freudiennes sérieuses n’ont pas besoin de ça. Onfray arrive en démolisseur d’idoles déjà jetées à terre. Moins fatigant. Comme les portes ouvertes tellement plus facile à enfoncer, il s’en prend à ce qui était connu et démasque une figure depuis longtemps démasquée. On connaît l’histoire du sultan qui d’un petit geste de la main ordonne aux eunuques d’ôter à chaque fois un nouveau voile à la danseuse. Distrait, d’un geste de trop il fait écorcher vive la danseuse déjà dénudée.

Soutenir la vérité et une certaine dignité

Onfray en est réduit à écorcher Freud. Enfin, la vérité. On en arrive à la question d’éthique et non de fric, n’en déplaise à Julie Malaure. La même méthode Onfray appliquée aux religions ne volait pas plus haut. Cet homme imbu de lui-même fait feu de tout bois susceptible par l’incendie de rehausser sa figure. Là comme il s’en prend — c’est le moment opportun avec tout ce qui se passe sur la scène psy et de la santé mentale — à la psychanalyse, psychanalystes et psychopraticiens relationnels (comme vous savez les ci-devant psychothérapeutes relationnels n’ont plus droit à ce titre) ont pétitionné pour soutenir la vérité, et qu’il était peut-être indigne de France culture d’héberger ce drôle de berger pour moutons de Panurge que ne sont pas ses auditeurs.

Maccarthisme ou manichéisme ?

Michel Onfray ne manque pas non plus de bassesse. Un seul exemple. À la façon années 30, il stigmatise les psychanalystes et leur avidité « bien connue ». Bien connue puisque Freud l’était, avide, au point de demander (en fin de carrière et très malade il est vrai mais tout de même) selon Onfray impavide la modique somme de 450 € pour une consultation. Qu’il s’agisse là d’une traduction anti scientifique, et pour tout dire malhonnête, puisqu’il ne tient aucun compte des remarques et études critiques, comme celle ici même publiée, tout le monde s’en fout, cela rehausse le portrait d’Onfray. Tout le monde sauf les quelques uns qui ont protesté auprès de France culture parce que c’était leur devoir d’intellectuels. Alors accourt Julie Malaure pour crier au Maccarthysme anti Onfray. Détournement de concept peu glorieux.

Dorian Gray

Voici donc la prose parue dans le Point s’efforçant de discréditer les outrés transformés en outrageurs. On peut imaginer, s’agissant de portrait, que celui produit par Onfray de Freud fonctionne sur le principe cette fois inversé du célèbre Dorian Gray.

L’honneur maintenu de la psychanalyse et des psychopraticiens relationnels

Il est inadmissible de voir assimiler des praticiens honorables et dévoués à ceux qui recourent à eux par millions (8, je ne sais pas) pour y voir un peu plus clair dans l’affaire de leur vie, ces collègues si souvent ces temps-ci vilipendés par des politiciens à la faconde populiste, il est indigne de les assimiler aux dénonciateurs ultra réactionnaires qui firent une si triste réputation aux États-unis aux durs moments de la guerre froide. J’ai signé, nous sommes nombreux à avoir signé, la pétition demandant que Michel Onfray aille ailleurs que sur France-culture diffuser ses prêches bien biaisés et mal fondés. Nous l’avons fait dans le souci de l’honneur, car nous honorons Freud à la pensée de qui nous savons devoir beaucoup, et de la vérité, une matière première très appréciée de notre côté du Carré psy et chez les chercheurs en sciences humaines. Je me soucie bien davantage de mon éthique que de ma caisse, c’est hélas pour cette dernière proverbial. Je trouverai pusillanime de ne pas soutenir l’honneur de ces collègues, atteints non au portefeuille fantasmé de Onfray et Malaure réunis, mais au cœur et à la raison : de grâce relevons le débat.

Et relevons le défi de l’insulte, gratuite pour le coup. Quoi qu’il en soit lisez et appréciez à sa valeur le § paru dans Le Point, qui ne manque en tout cas ni d’odieux ni de culot ni de ridicule.

Philippe Grauer


Un Maccarthisme anti-Onfray

Nouvelle offensive dans la cabale lancée contre Michel Onfray. Une pétition rédigée par les émules de l’historienne et psychanalyste Élisabeth Roudinesco réclame la cessation définitive de la diffusion sur France Culture des conférences du philosophe, réalisées dans le cadre de l’Université populaire de Caen. Une initiative qui n’est pas sans rappeler la chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis dans les années 50. La pétition en appelle à la  » diversité des voix  » par la censure d’une seule, celle d’Onfray. Une contradiction dans la forme et une ambiguïté quant au fond. Car c’est lui, personnellement, qui est visé. Onfray et son  » entreprise de dénigrement « , les  » outrages et affabulations de ses ouvrages « , sa  » tentative de destruction « . Destruction de quoi ? D’une certaine légende de Freud. Rappelons que son livre, Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, chez Grasset, a en partie déboulonné la statue en présentant notamment Freud comme un imposteur cocaïnomane, un incestueux avide d’argent et de gloire, inventant des preuves pour étayer ses théories. Vérité pour Onfray, révisionnisme pour les psychanalystes ; le philosophe est depuis la cible d’un lynchage médiatique. Roudinesco, en tête, exerce un abondant droit de réponse au nom de Freud et vient de signer un ouvrage anti-Onfray, Pourquoi tant de haine, Seuil. « Elle attaque ma sexualité, la mémoire de mon père, mon intégrité. J’ai été traité de fasciste, de nazi, d’antisémite« , explique Onfray, invité à répondre pour Le Point. Plus grave encore, il raconte les manœuvres pour la suppression des subventions de l’Université populaire de Caen. La raison profonde d’un tel déferlement ?  » C’est que j’ai tapé au portefeuille « , poursuit-il. Malgré les 8 millions de personnes en thérapie en France, la pétition laisse entrevoir des psychanalystes aux abois, flairant les  » effets nocifs  » de la voix d’Onfray sur une manne de personnes  » en voie de s’adresser à des praticiens « . Un détournement de clientèle, en somme, et un sacré manque à gagner. Comme si Onfray avait visé juste (1« ).

Julie Malaure, Le Point, Polémique.

Si le cœur vous en dit vous pouvez écrire ce que vous pensez de tout cela directement à Françoise Vernat au Point, c’est l’adresse du pseudo Malaure, l’auteur réel de l’article saura réceptionner.

On nous signale une nouvelle adresse, plus pertinente, permettant d’atteindre son destinataire sans coup férir mais avec un coup de fou rire.

  • 1 Peut-être bien mais visé quoi ou qui, au juste ? celui qui le dit qui l’est ? Michel Onfray entretiendrait un rapport très serré à l’argent. Pourquoi pas ? La question du portefeuille lui tiendrait personnellement à cœur. L’auteur de ce § qui ne pêche ni par élévation de pensée ni par excès de méthode entreprend de relayer ainsi sans chercher un peu plus loin certaines préoccupations propres à son héros du jour.

Psychothérapeutes : cafouillage autour d’une loi

Dans l’article qui suit le SNPPsy et l’AFFOP sont absents des références de base de la profession, sans compter le Psy’G, on ne saurait tout savoir quand on est journaliste. Il eût été bon qu’elle sût que le GLPR regroupe Psy’G, SNPPsy, FF2P, AFFOP, dans l’ordre d’entrée en scène institutionnelle historique, et que ça représente tout ce qui compte vraiment en la matière.

Psychopraticiens /psypraticiens

Ces quatre organismes ont décidé de se concerter en septembre sur le nom à donner à leur profession rebaptisée à la suite du coup de force légal médicalisant le titre (1« ) de psychothérapeute. Sont en lice parmi d’autres psychopraticien (à quoi le SNPPsy et l’AFFOP accolent relationnel, déterminant auquel ils tiennent beaucoup), déjà adopté par ces deux organisations, ou psypraticien certifié, choix organisé tout récemment par la FF2P. Ça, c’est du débat interne qui regarde principalement les professionnels entre eux.

Universitaires / reconvertis

Ce qui concerne tout le monde c’est que dans tous les cas les professions de la psychothérapie se scindent :

universitaIres d’un côté, axés sur la psychopathologie d’inspiration médicale, — côté diagnostic et thérapies brèves à protocole d’inspiration TCC mais pas uniquement ;

reconvertis (2« ) de l’autre — côté relation, ces derniers centrés sur la dynamique de subjectivation, tout comme la psychanalyse, ce qui les situe dans son voisinage quand on se réfère au Carré psy, avec un accent sur la dimension phénoménologique et émotionnelle.

Casse des métiers

En dehors des ex ou ci-devant psychothérapeutes (relationnels) — ex pour expulsés de leur titre — les psychologues scandalisés de se voir dépouillés par la médecine du vol de notre nom qu’ils avaient organisé avec elle protestent unanimement auprès de la Ministre qui va bien entendu les rassurer. N’empêche qu’on s’avance à grands pas vers une médicalisation du psychisme, comme de l’existence, et qu’on assiste comme le dit le Roland Gori de l’Appel des appels, à une véritable casse des métiers.

Celui de psychopraticien relationnel et/ou psypraticien certifié rebondira bien, avec ses environ 5500 professionnels organisés sur 7500 (nous renonçons à la gonflette des chiffres), un record quant on songe au taux de base de la syndicalisation en France. Il n’offre pas du tout le même service dans la même ambiance, les offres se complèteront.

Le côté positif de l’affaire

c’est que l’organisation

– soit universitaire — diplôme de psychothérapeute ou de psychologie révisé médecine

– soit associative — auto réglementation des Écoles agréées et des praticiens à titularisation professionnelle de société savante ou syndicale professionnelle

encadre sérieusement les professionnels du psychisme — mais nous c’était déjà fait et les psychologues c’est ni fait ni à faire.

Laissant les « autoproclamés » de Bernard Accoyer sur le bas-côté de la route, à la fameuse rubrique « Soins hors d’un cadre réglementé » des Pages jaunes. L’affaire n’est pas achevée loin de là, les remaniements en cours se prolongeront des années durant. Qu’on songe que la psychiatrie s’est séparée de la neurologie en 1968, pour y revenir trente ans plus tard. Chaque génération remanie les configurations, tant la matière psy est explosive, fissible, insaisissable. Comme l’âme humaine dont elle s’occupe.

{{La psychothérapie relationnelle

se verra administrée par les ex psychothérapeutes relationnels renommés(3« ), les étudiants sortis de leurs bonnes écoles car il y en a de bonnes personne ne le conteste, et les praticiens des institutions historiques indépendantes et reliées dans le cadre du GLPR. Longue et bonne vie à elle et ses serviteurs dévoués.

Le public les connaît de longue date et n’est pas près de renoncer à leurs services,, uniques et précieux, centrés sur la relation, le dialogue, une implication mutuelle maîtrisée, une pratique éthique hautement professionnalisée.

Le côté négatif

Un embrouillamini phénoménal. On n’y comprenait déjà pas grand chose, la clarté style ministère de l’intérieur qui vient vous aveugler quand vous considérez la nouvelle lampe qu’on vient d’allumer est ravageuse pour pratiquement tout le monde — à l’exception notable des psychiatres reneurologisés et de droit divin : « {un psychiatre est par essence psychothérapeute » — ce qui fait tout de même beaucoup. Le désir d’éradiquer notre profession et la psychanalyse par dessus le marché, s’il est probablement du style yeux plus gros que le ventre, reste à intention nociceptive.

Franchir l’obstacle

Nous y ferons face et franchirons l’obstacle, aidés par le public, le soin de citoyenneté et le développement constant de notre souci de qualité humaine et scientifique, par notre détermination humaniste.

Note

Attention aux notes. Le diable est dans le détail. Nous avons annoté le texte figarelien à l’endroit des chiffres qu’il produit. Surmontez votre phobie des chiffres au cas où, ne vous laissez pas embarquer dans des comptages ayant un coup de pouce dans l’aile.

Philippe Grauer}}


Depuis début juillet, les personnes souhaitant user du titre de psychothérapeute doivent répondre à des critères stricts. Une réglementation attendue depuis longtemps mais qui laisse une grande partie des professionnels insatisfaits.

Près de 4 millions de Français suivent, ou ont suivi, une psychothérapie (ou une psychanalyse). Or, jusqu’au 1er juillet dernier, aucun diplôme ni expérience n’étaient exigés pour se revendiquer « psychothérapeute ». Ce flou juridique laissait notamment le champ libre aux charlatans et aux sectes pour profiter de la faiblesse de certains patients mal renseignés. Inquiets, professionnels et autorités ont lancé il y a plus de dix ans des travaux pour réglementer l’usage du titre. Après des années de négociations, on aurait pu croire le problème réglé avec la publication, le 20 mai dernier, d’un décret listant les compétences requises pour les psychothérapeutes désireux de se présenter comme tels. Mais la fronde lancée par une partie des professionnels concernés, insatisfaits de la nouvelle réglementation, risque de rendre la situation encore moins lisible pour le grand public.

Au cœur du problème, les nouvelles exigences de formation, qui vont contraindre certains psychothérapeutes, psychanalystes, psychologues ou médecins non psychiatres à revenir sur les bancs de l’école s’ils souhaitent exercer en tant que psychothérapeutes. Le décret d’application de la loi HPST prévoit en effet que seuls les psychiatres puissent revendiquer cette appellation d’emblée, toutes les autres professions devant se soumettre à une formation théorique complémentaire plus ou moins longue (de 100 à 400 heures), assortie d’un stage de plusieurs mois dans des établissements accrédités par les Agences régionales de santé. Une dérogation totale ou partielle est toutefois possible pour ceux qui exercent depuis au moins cinq ans, après décision de commissions régionales (non encore nommées).

« On ne tient pas compte de la réalité du terrain »

En première ligne des insatisfaits, les organisations professionnelles de psychothérapeutes, qui déplorent que l’on renvoie en formation des gens ayant en moyenne « bac +7 ». « Les psychothérapeutes certifiés inscrits dans nos annuaires professionnels ont suivi en moyenne quatre ans d’études dédiées uniquement à la psychothérapie (dans des instituts privés, NDRL). Ils sont reconnus par une commission nationale de pairs, sont supervisés par d’autres professionnels plus expérimentés, et ont eux-mêmes suivi une thérapie », rappelle Serge Ginger, secrétaire général de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P), qui représente près de 5 000 psychothérapeutes certifiés, sur les 7.000 (4« ) estimés en France.

Pour lui, la formation exigée par la loi « ne tient pas compte de la réalité du terrain ». « Elle fait la part belle aux diplômes universitaires, mais ceux-ci ne permettent pas de sélectionner une personne équilibrée, alors que c’est un critère essentiel pour accéder à la formation en psychothérapie. En outre, elle se concentre trop sur le diagnostic (psychopathologie), et pas assez sur les méthodes pour soigner. C’est comme si on accordait le permis de conduire juste après les épreuves théoriques du code ».

Le ministère relativise

Les psychologues cliniciens s’indignent pour leur part de l’obligation qui leur est faite de suivre une formation redondante avec leur master. Une intersyndicale, soulignant sa « mobilisation sans précédent », a été reçue fin juillet par le cabinet de Roselyne Bachelot. « Nos interlocuteurs on pu entendre nos remarques et se sont engagés à y chercher des solutions. Les discussion sont ouvertes », précisent les organisations dans un communiqué.

D’une façon générale, le cabinet de Roselyne Bachelot tente de minimiser la grogne. « C’est une opinion vraiment minoritaire, relativise-t-on. La formation minimale exigée par la loi a été définie en concertation avec les professionnels. Elle est consensuelle ».

Un psychiatre est par essence psychothérapeute

Les psychiatres, qui n’ont, eux, aucune obligation nouvelle, sont les seuls à juger la loi « légitime ». « Un psychiatre est par essence psychothérapeute », affirme François Kammerer, vice-président du Syndicat français des psychiatres, regrettant l’image de « pharmacologue » dont souffre parfois la profession. Il juge en revanche nécessaire que les autres professionnels aient l’obligation de suivre des stages dans des établissements certifiés. « Le stage prévu n’est pas très long, la formation théorique non plus, mais ça servira au moins à acquérir une certaine culture générale commune, estime-t-il. Il ne serait pas normal que l’on puisse être psychothérapeute sans avoir vu des cas graves, des névroses, même si on n’y est pas confronté tous les jours ».

En attendant, la fronde autour de ce décret risque d’avoir des effets contre-productifs pour le grand public en termes de lisibilité. La FF2P s’apprête par exemple à faire inscrire ses membres dans les pages jaunes sous une autre désignation, vraisemblablement « psypraticien certifié ». Psy en mouvement, une autre organisation professionnelle de psychothérapeutes (4 000 membres (5« ) – dont un certain nombre sont aussi membres de la FF2P), a de son côté consulté ses troupes de manière informelle. Bilan : une majorité se dit prête à une « désobéissance civile collective » en gardant sa plaque, même si 60 % envisagent de s’enregistrer sur les listes pour revendiquer le titre officiellement.

Pauline Fréour
Journaliste. Le Figaro.

  • 1 Seulement le titre, attention c’est déjà considérable mais la pratique de la psychothérapie (relationnelle en tout cas) reste libre.
  • 2 Écoles associatives et privées, 2000 heures soit cinq années de formation spécifique. Formation proposée aux deuxième âge, déjà psychothérapisés ou psychanalysés, ayant déjà exercé un autre métier, et le plus souvent constitué une famille, ce qui ne gâche rien, franchement, pour bien écouter les gens.
  • 3 Attention, le {{titre (pas la pratique) devient strictement réservé aux psychologues-psychothérapeutes et aux médecins (eh oui ! avec formation bidon).
  • 4 Serge Ginger annonce officiellement 4500, chiffre probablement renforcé. Le système Affop-SNPPsy devrait peser 1500, Il faut encore compter le Psy’G. Si l’on abaisse les 4500 de Ginger à 3500, avec l’Affop maintenu à 1500 on arriverait aux environs de 5500, ce qui n’est pas mal du tout rapporté aux 7500 de l’ensemble de la profession car c’est le chiffre exact. Minorer le dernier en majorant le premier, coups de pouce complémentaires, permet de se représenter la FF2P comme couvrant les 3/4 du champ, ce qui est inexact. Les chiffres fluctuent mais la raison se doit d’y flotter sans sombrer.

    Loger là-dedans les « 4000 » dont « un certain nombre » relevant en fait de la FF2P au dire du président de l’officine bien connue des internautes qui les revendique, agitant le chiffon rouge de la « désobéissance civile collective », on commence à ne plus savoir où on en est, ça va finir par ressembler aux quatre tiers de Raimu dans une de ses meilleures colères à propos de la composition du Pastis.

  • 5 D’où provient ce chiffre inflationniste ? il mesure quelle population au juste ? Cf. note précédente.

La parole ou la mort

Film documentaire réalisé par Abraham Ségal,
produit par Olivier Mille.
Une production Artline Films et Films en Quête (96 min).


Les attaques acharnées et malhonnêtes intellectuellement contre Freud, en ce moment relayées par Michel Onfray sur France culture, relèvent de la même ligne obscure et obscurantiste.

Murs ou passerelles, murs de la honte et de la connerie réunies ou passerelles de l’espérance, à chacun ses préférences en architecture.

Philippe Grauer


La Parole ou la Mort est un film sur les dangers des fondamentalismes et sur les moyens de les contrer. Ce documentaire est une enquête sur les relations dangereuses entre politique et religion, entre religions et sciences, entre doctrines religieuses et règles de vie en société.

En effet, les répercussions du mélange politique-religion et de la confusion, dans le champ de l’éducation, entre faits scientifiques et convictions religieuses sont largement répandues en ce début du 21e siècle.

À l’origine de notre enquête on trouve cette question inspirée de la réflexion critique de Spinoza sur la lecture des textes fondateurs : comment les mêmes paroles extraites des textes sacrés de la Bible et du Coran peuvent-elles conduire aussi bien à la haine, au meurtre et au sacrifice qu’à éclairer les chemins de la sagesse et de la vie ? Une piste essentielle d’investigation est celle des manipulations politiques des paroles bibliques ou coraniques par des fondamentalistes issus des religions du Livre.

Mais, à l’instar de la musique, les paroles peuvent aussi vivifier, éclairer l’esprit, établir des ponts entre cultures. Le West-Eastern Divan Orchestra dirigé par Daniel Barenboïm rappelle d’autres expériences de vivre ensemble entre juifs, musulmans et chrétiens.

Si l’imbrication entre religion et politique est très ancienne, avec ses ententes historiques et ses affrontements meurtriers, de nouveaux liens entre la politique et Dieu apparaissent aujourd’hui de par le monde. Nous pensions que les notions de croisade, djihad, guerre sainte appartenaient au Moyen Âge. À l’aube du XXIe siècle, nous sommes frappés par la force du cocktail explosif entre versets bibliques ou coraniques, messages politiques et actions meurtrières qui enflamme et nourrit des guerres au nom de Dieu.

Mais les offensives fondamentalistes débordent le domaine du politique. Elles visent la science, l’éducation, la vie sociale. Ainsi les attaques acharnées contre Darwin et sa théorie de l’évolution ont d’abord été menées par des créationnistes religieux bardés de certitudes bibliques, puis par des néo-créationnistes « scientifiques », promoteurs de l’Intelligent Design.
Aux États-Unis, les tentatives d’introduire des théories anti-darwiniennes dans les programmes scolaires bénéficient du soutien de puissantes organisations chrétiennes et de l’appui de figures politiques de premier plan.
Notre enquête sur les dangers du fondamentalisme portera enfin sur les visions apocalyptiques – messianiques de la fin des temps dans les trois religions monothéistes.

Dans ce documentaire, on verra d’une part les murs érigés par des fondamentalistes entre peuples, entre civilisations et, d’autre part, les ponts entre communautés, jetés par des hommes de culture, de science et de foi.

La parole ou la mort est une investigation effectuée à tour de rôle par deux enquêteurs : la journaliste Maya Siblini et l’écrivain Frédéric Boyer. Présent à l’écran dans de nombreuses situations, l’enquêteur se déplace de lieu en lieu, interroge des témoins, cherche des preuves, établit des liens entre faits et textes, formule les questions qui structurent l’enquête.

Pages Jaunes : un conseil, ne suivez pas le leurre

Les Pages Jaunes diffusent ces derniers temps une sorte de directive. Ne vous y laissez pas prendre.

1) Vous remplissez les conditions

Ou bien vous êtes grand-père ou grand-mère, et il ne vous reste plus si vous le désirez qu’à souscrire aux réserves que vous proposent les Jaunes pages.

Vous remplissez donc la condition exigée par la loi d’un exercice de plus de cinq ans, et disposez d’un an pour déposer une demande d’homologation auprès de la DRASS de la région où vous exercent après la date de parution du décret. L’Administation a six mois pour vous répondre, ce qui vous laisse la possibilité de conserver le titre de psychothérapeute pendant un an et demi, jusqu’au 22 octobre 2011.

La réponse à adresser aux Pages jaunes est alors celle du maintien dans la rubrique Psychothérapeute jusqu’à cette date et au-delà si la demande d’homologation a reçu une réponse positive. En cas de réponse négative le retrait de la rubrique doit être demandé par la personne par lettre RAR pour être en conformité avec la loi.

2) Vous ne remplissez pas les conditions grand-parentales

Vous n’avez plus droit au titre de psychothérapeute NN, ou préférez ne pas solliciter ce nouveau titre. S’offrent alors trois voies

– a) demander à être inscrit dans une autre rubrique existante (1« ).

– b) demander à être inscrit dans la rubrique commune convenable dont le nom est en négociation entre les quatre grandes organisations du GLPR (Psy’G, SNPPsy, FF2P, AFFOP) travaillant ensemble au choix du nouveau nom de notre métier, ce dont les Pages Jaunes ont été saisies. À noter que depuis le 14 septembre 2009 nous avons entamé avec elles une correspondance visant à créer la rubrique psychopraticien. Cette ancienneté milite d’ailleurs pour l’adoption de ce terme, au moins par notre mouvance.

– c) s’inscrire dans la case proposée aimablement par les Pages jaunes, à leur vieille rubrique Soins hors d’un cadre réglementé. Vous jouirez ainsi du prestigieux statut d’une catégorie fourre-tout sans rapport avec ce que vous faites, qui va de techniques corporelles de bien-être à coach (2« ) en passant peut-être par quelque spécialité n’ayant rien à voir avec la souffrance psychique. Vos ennemis (car nous avons non seulement des adversaires mais des ennemis, ce qui nous honore par ailleurs) seront ravis et la confusion à son comble.

La pire des solutions : le fourre-tout Pages jaunes

Cette dernière solution [c] est la pire. Elle provient d’une proposition scandaleuse, puisque nous avons approché les Pages jaunes largement à temps pour éviter ce ridicule cas de figure. Ne souscrivez pas à la rubrique Soins hors d’un cadre réglementé aimablement adressée pendant les vacances par les Jaunes pages, par ailleurs déjà approchées par les nôtres de soins (3« ) en vue de constituer une rubrique convenable.

« Je suis les consignes de mon syndicat, je désire m’inscrire à la rubrique psychopraticien »

Dans l’expectative, répondez seulement que vous désirez vous désinscrire (car l’usurpation de titre ne vous intéresse pas et si vous n’avez plus droit au titre il faut le faire sans délai) mais pour vous réinscrire à la rubrique psychopraticien, }bien dommage qu’elle ne soit pas proposée à ce jour, vous attendez les consignes de votre syndicat en une aussi délicate matière, pour vous déterminer pour une désignation de nom de métier. Sachant que votre fédération responsable (le SNPPsy est membre de l’Affop qui a déposé une demande) a entrepris dès 2009 les démarches nécessaires auprès des Pages jaunes. Le choix définitif sera arrêté à la Rentrée par le GLPR. Vous pouvez toujours vous déclarer psychopraticien relationnel en attendant, à charge pour les Pages jaunes d’enregistrer cette requête et de ne pas la dévoyer en lui substituant une autre réponse.

C’est simple, on attend calmement la Rentrée et les conseils des quatre institutions historiques responsables, on oublie les orientations, vides de sens par manque de mise à jour de leur part en ce qui nous concerne, des Pages Jaunes(4« ).

Donc, pas de panique, les Pages Jaunes ne sont pas tout à fait à la page. Nous nous en occupons, ne vous précipitez pas.


Cet article provient du site snppsy.org

[Image : Sans titre]

  • 1 Si cela bien entendu correspond à votre activité professionnelle. Par exemple psychanalyste qui ne fait l’objet d’aucune définition légale.
  • 2 « Ils n’auront qu’à s’appeler coaches !« , s’exclame M. About au Sénat interrompant J-P Sueur soutenant notre cause. Que les coaches, eux-mêmes organisés en profession émergeante nous pardonnent, nous ne relevons pas de la même profession, ce qui ne discrédite pas la leur, nous désirons seulement bien délimiter la nôtre.
  • 3 Lesquels comme chacun sait sont auto réglementés, relèvent de l’ordre du souci et ne se dénomment prudemment pas « soins ».
  • 4 Par ailleurs évidemment immédiatement interpelées par nous. Nous attendons leur réponse.

Décret : à propos des dispenses de formation suplémentaire

Décret Psychothérapeutes : Retour sur les dispenses de formation supplémentaire


Ceci concerne exclusivement les grands-parents et psychologues. Bien entendu il y en a chez nous. Il y en a aussi qui entendent volontairement ne pas s’intituler psychothérapeute NN. Tout ce remue-ménage dans le Carré psy aboutira tout bien recalé et calé à une nouvelle répartition des titres, appellations et zones de compétence, constituant de ce qu’on appelle communément un paradigme. Pas de souci, nous y occuperons toute notre juste place.

Philippe Grauer


Conditions principales des dispenses de formation supplémentaires pour l’obtention du titre de psychothérapeute : article de loi “art 52 tel que modifié en 2009” http://goo.gl/aric : Les dispenses partielles ou totale de formation supplémentaire concernent « les titulaires d’un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l’article 44 de la loi nº 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d’ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations ».

– Il n’y a aucun critère de master pour les dispenses : c’est le titre de psychologue qui est le critère (lequel n’exige pas dans tous les cas le master), ou l’enregistrement dans les annuaires (pour les psychanalystes), ou le diplôme de docteur en médecine (le master mention ou spécialité psychanalyse ne fait pas partie des critères pour les dispenses, pas plus que le master en psychologie).

– Les conditions supplémentaires des dispenses sont fixées dans les entêtes de colonnes du tableau annexe au décret http://goo.gl/L3Qx

– En 6e et dernière colonne du tableau, l’on trouve comme intitulé « Professionnels n’appartenant à aucune des catégories précédentes ».

– Par conséquent, cela nous indique que les catégories précédentes des entêtes de colonnes représentent des professionnels, et non des diplômés.

En-têtes

– Parmi les entêtes, Médecin signifie la profession de médecin, réelle, pratiquée, non le diplôme de docteur en médecine.

– S’agissant de Psychiatres l’on pourrait hésiter s’il s’agit du diplôme ou de la profession, mais l’intitulé de colonne 6 nous oblige à comprendre qu’il s’agit des professionnels psychiatres, exerçant réellement la psychiatrie.

Psychanalystes enregistrés dans leurs annuaires signifie praticiens pratiquant réellement la psychanalyse.

– De la même manière, Psychologues cliniciens signifie une profession, consistant à recevoir des patients pour des soins : ce n’est pas un master, c’est une pratique réelle, c’est la pratique réelle entraînant actuellement l’exonération de la Tva, on connaît donc déjà très bien cela comme critère de fait.

Psychologues non cliniciens signifie de même tous les professionnels qui travaillent effectivement, qui font usage professionnel du titre de psychologue, mais qui ne reçoivent pas de patients. Ils peuvent avoir droit au titre de psychologue, mais si dans leur pratique, statut, emploi professionnel, ils ne font pas usage réel du titre de psychologue, alors ils relèvent de la 6e colonne.

– La 6e colonne concerne donc les Autres professionnels , et ceux-ci n’ont pas de dispense ; et a fortiori, ceux qui n’exercent aucune profession n’ont pas de dispense – et d’ailleurs ne peuvent pas s’inscrire sur les listes de psychothérapeutes : il faut être professionnel pour cela, cf. 1er alinéa de l’article 52 http://goo.gl/aric

— Il n’y a donc pas besoin de définir, justifier en droit de la signification de Psychologue clinicien dans le tableau du décret, puisque c’est une catégorie déjà bien connue des services fiscaux pour l’exonération de la Tva : cette catégorie concerne tous les psychologues par exemple travailleurs indépendants actuels dont l’activité est actuellement exonérée de la Tva : les Finances pourraient en fournir la liste à la Santé. S’agissant des psychologues travaillant dans des établissement de santé, une attestation de leur employeur de ce qu’ils reçoivent des patients pour une activité clinique de soins psychologiques ou psychothérapeutiques sera appropriée.

L’annexe du décret est donc bien pire que je ne l’ai vu dénoncer le plus souvent.

– En effet, pour parler du cas des étudiants qui sortent de master, ils ne sont pas encore professionnels. L’on pourrait donc croire qu’ils ne bénéficient d’aucune dispense. Mais ce serait inexact. Les conditions de la dispense sont à réunir à la date de la demande. Un étudiant qui sort de master et qui suit la formation pour obtenir le titre de psychothérapeute, peut demander dix ans après, par exemple, à être inscrit sur la liste des psychothérapeutes. Rien ne l’interdit dans le décret et les arrêtés. C’est donc dix ans après que l’on examinera si à cette époque il remplit les conditions d’un des cas de dispense prévus au tableau annexe du décret. Donc, l’étudiant en question peut avoir choisi juste après son master de suivre la formation réduite s’agissant des psychologues cliniciens. Simplement, pour s’inscrire le moment venu sur la liste des psychothérapeutes, il devra à ce moment être un professionnel clinicien.

Jusque là, tout va bien, je viens d’exposer des souplesses du régime prévu par le décret.

Là où tout va mal

– Mais là ou tout va mal, c’est qu’en réalité, compte tenu du “marché du travail” des psychologues, tous les étudiants voudront obtenir immédiatement le titre de psychothérapeute, lors de leur première embauche, en indiquant sur leur curriculum qu’ils ont suivi la formation et qu’ils remplissent les conditions pour obtenir le titre de psychothérapeute. Et comme leur première activité professionnelle ne sera pas forcément clinicienne, mais que même dans ce cas les employeurs privilégieront ceux à leurs yeux les plus formés, c’est-à-dire ceux aptes à obtenir le titre de psychothérapeute, alors tous les étudiants ne pourront que faire le “choix” de suivre la formation réduite pour les psychologues non cliniciens, voire par sécurité suivront la formation complète, sans réduction.

Comme cela ils pourront s’inscrire sur les listes de psychothérapeutes, quelle que soit leur première activité professionnelle, même si celle-ci n’est pas clinicienne, même si cette activité ne comporte pas l’usage professionnel du titre de psychologue, et même si cette activité n’a aucun rapport formel avec la psychologie. (Cependant rappel : le titre de psychothérapeute se “perd” si l’on en use pas professionnellement pendant plus de deux ans ; auquel cas il faut repasser par la démarche de demande d’inscription, mais après tout, l’on peut comme cela refaire la demande tous les deux ans, pour disposer du titre de psychothérapeute même si l’on n’en use pas.)

François-R. Dupond Muzart ~ frdm

Question écrite du sénateur Sueur

Le sénateur Sueur appuie la revendication des psychologues de se voir restituer la partie du butin à nous volé concernant le nouveau titre de psychothérapeute paramédical.

Réparer une injustice locale ne change rien au fait qu’il s’agit d’une loi mal faite nous ayant injustement dépouillés d’un titre que nous avons su soutenir et illustrer au point de faire très envie à la médecine, suivie de près par la psychologie. Il s’agissait de venir mettre un peu d’ordre dans nos affaires, en s’efforçant de les confisquer, et de tenter de nous interdire de faire ce que l’on ne sait ni ne veut pas faire soi-même.

On sait que ça continue de batailler entre psychologie et médecine, les premiers se voyant spoliés protestant, mais pas contre la première spoliation. Les cartes battues en voie de redistribution, le Carré psy attend sa nouvelle donne, et ses nouvelles batailles.

On peut compter sur nous pour n’en manquer aucune, jusqu’à la victoire de notre bon droit. La justice viendra sur nos pas triomphant.

Philippe Grauer


Paris, le 21 juillet 2010

Formation des psychologues et décret relatif au titre de psychothérapeute.

M. Jean-Pierre SUEUR s’étonne auprès de Madame le Ministre de la Santé et des Sports des termes du décret n°2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute eu égard aux diplômes et qualifications dont peuvent se prévaloir les psychologues des filières psychopathologie et psychologie clinique. Ces derniers ont reçu une formation de haut niveau en psychopathologie, articulant enseignements, stages et travaux de recherche. Il est, dans ces conditions, incompréhensible que ces professionnels soient mis dans l’obligation par le décret précité, s’ils veulent user du titre de psychothérapeutes, de suivre une formation en psychopathologie… qu’ils ont déjà suivie. Il lui demande en conséquence quelles dispositions elle compte prendre pour mettre fin à cette anomalie. Il lui demande en particulier si elle compte modifier ce décret après concertation avec les professionnels concernés.

JEAN-PIERRE SUEUR
_____
SENATEUR DU LOIRET _____
VICE-PRESIDENT DE LA COMMISSION DES LOIS _____
ANCIEN MINISTRE

La psychanalyse à la portée du plus grand nombre


Que devient la psychanalyse, magnifiquement illustrée par la NRP ? Chez nous dans notre École elle est étudiée soigneusement, mais pas en position dominante. Dans le cadre d’un paradigme où elle a toute sa place, mais pas toute la place. D’elle-même la psychanalyse n’a tendance qu’à tenter d’absorber, d’intégrer, des disciplines connexes, comme le psychodrame ou certaines pratiques de relaxation. Elle ne s’inquiète pas trop de s’interroger là où les autres voient et font ce qui lui est inaccessible. Il lui reste beaucoup d’arrogance, de prétention, de mépris. Elle s’en dégagera progressivement, sous peine de s’étouffer avec.

C’est notre multiréférentialité qui peut donner le coup de neuf de disciplines s’interpelant et s’interrogeant mutuellement, sur un pied d’égalité, révérence gardée pour l’immense avance qu’un siècle de pratique et d’histoire a pu conférer à la psychanalyse par ailleurs. L’Histoire ne s’arrête jamais et la psychothérapie relationnelle a quelque chose d’important à apporter à la recherche permanente dans le domaine de la dynamique de la subjectivation. Nous nous honorons d’y contribuer. Fort heureusement, le voyage n’est pas tout à fait fini, mais quel trajet déjà parcouru !

Philippe Grauer


C’est une petite tache d’encre qui en dit long. Pendant vingt-cinq ans, de 1970 à 1994, elle a orné chacune des 50 couvertures de la Nouvelle Revue de psychanalyse (NRP). Une sorte de test de Rorschach. À l’interprétation libre, donc. Dans son bureau perché en haut des escaliers en colimaçon de la maison Gallimard, Jean-Bertrand Pontalis s’amuse encore aujourd’hui de ce choix illustratif, qui, bien sûr, n’avait rien d’anodin. L’intellectuel, ancien élève de Sartre et collaborateur des Temps modernes, n’avait qu’une idée en tête lorsqu’il décida, en 1970, de se lancer dans l’aventure de la NRP : créer une revue libre où « chacun pouvait y voir ce qu’il voulait ».

À la fin des années 1960, la guerre des clans fait rage en France au sein de la psychanalyse. Pour faire simple, c’est freudiens contre lacaniens. « J.-B. » a beau être un ancien proche de Lacan, avec qui il a fait son analyse didactique, il ne supporte pas cette « allégeance à la parole d’un Maître », quel qu’il soit. Dans le premier numéro, « Incidences de la psychanalyse », qui paraît au printemps 1970, Pontalis expose son projet : « Ne pas rester entre soi« , pourfendre les chapelles, et « s’ouvrir à des travaux d’auteurs étrangers, par leur pays, leur discipline, leur pensée singulière« . La revue, qui sortira deux fois par an, ne sera donc ni l’organe officiel d’une institution, ni réservée aux seuls analystes.

Cette liberté se traduit d’abord par la présence, au sein du comité éditorial, de cinq analystes d’obédience différente — Didier Anzieu, André Green, Masud R. Khan, Guy Rosolato et Victor Smirnoff — mais aussi du philosophe et ethnologue Jean Pouillon, et de l’historien des idées et critique littéraire Jean Starobinski. J.-B. refuse aussi que ses auteurs jargonnent. Le vocabulaire technique est proscrit. « Une seule exigence, écrit-il : rendre sensible, sans l’effacer, l’animation de l’inconscient, rendre son travail intelligible, sans prétendre le maîtriser. » Pas question de « sortir la grosse artillerie psychanalytique ».

Ces principes se retrouvent dans le choix des titres des 50 volumes collectifs publiés, et tous centrés sur un thème. Le numéro 5 est ainsi intitulé « L’espace du rêve » pour éviter le terme « interprétation« . De même celui (n° 13) consacré à la question du narcissisme se dénomme « Narcisses » : « Le narcissisme avait été théorisé en long et en large, explique l’analyste Michel Gribinski, qui fut pendant treize ans membre de l’équipe de rédaction de la revue. L’intitulé « Narcisses » permettait d’explorer les différents destins de ce concept cher à la pensée grecque, à la mythologie et à la philosophie. »

J.-B. Pontalis semble particulièrement fier du titre du 33e numéro : « L’amour de la haine » qui rompait avec le traditionnel « amour et haine« , grand classique de la littérature analytique. Un choix éditorial inspiré de la nouvelle de Joseph Conrad, Le Duel, qui raconte comment la vie de deux officiers napoléoniens s’organise autour de la haine qu’ils ont l’un pour l’autre.

Mis à part ceux à qui la psychanalyse fait trop peur, peu d’auteurs sollicités pour collaborer à la NRP refusent d’y apposer leur signature. Les historiens Georges Duby et Pierre Nora participent à « Mémoires« , le numéro 15. Un bel exercice puisque le premier écrit sur « Mémoires sans historien » et le second est interrogé sur « Mémoire de l’historien, mémoire de l’histoire« . Fasciné par les mots, J.-B. Pontalis demandera à son ami Georges Perec de collaborer au numéro 16 « Ecrire la psychanalyse« , avec un article intitulé « Vues d’Italie« .

La liste des invités — Claude Lanzmann, Roger Grenier, Jean Baudrillard… — est trop longue pour en faire une recension complète. Mais ce que l’on pouvait penser n’être au départ qu’un projet marginal au monde de la psychanalyse s’impose rapidement comme une référence. Au point d’y faire écrire des membres de la Société psychanalytique de Paris, la gardienne du temple freudien. « Les réunions du comité étaient un lieu passionnant de remue-méninges, se souvient Michel Gribinski. On brassait les idées, c’était drôle, c’était vif. Chacun y était tout entier soi-même et les désaccords quand il y en avait étaient vite oubliés. » Même si la revue déroute parfois, les ventes atteignent au total 250 000 exemplaires, soit une diffusion moyenne de 5 000 numéros par titre. Le plus beau score revient au thème (n° 19) consacré à « L’enfant » (près de 8 000 ventes). Claude Gallimard, qui dirige alors la prestigieuse maison d’édition, est largement satisfait.

Pourtant, alors que la renommée de la revue et les ventes ne font qu’augmenter, J.-B. Pontalis décide de mettre fin à l’aventure. Le cinquantième numéro sera le dernier : il s’appelle « L’inachèvement« . Pourquoi ce sabordage ? L’agrégé de philosophie s’en explique dans l’éditorial : « Je m’étais dit, dès le départ, que le jour où la force de l’habitude l’emporterait sur l’amour des commencements, il serait bon de marquer au moins un temps d’arrêt (…). Quelque chose n’est plus au rendez-vous. Quelque chose qui pourrait s’appeler le désir de fonder, à chaque fois, comme au premier jour.« 

Aujourd’hui, il reconnaît volontiers que cette décision regrettée par ses collaborateurs avait été dictée par « un peu d’égoïsme« . « Au bout d’un certain temps, j’ai eu envie de passer à autre chose. » J.-B. souhaitait notamment se consacrer davantage à la nouvelle collection « L’un et l’autre« , qu’il dirigeait, depuis 1989, chez Gallimard. Mais dans nombre de bibliothèques, il reste comme un vide. Beaucoup de lecteurs n’ont pas compris cet arrêt brutal. Afin de les consoler, J.-B. terminait son éditorial par cet aphorisme : « Quand le train entre en gare, le voyage n’en est pas pour autant fini !« 


Paru dans la rubrique La saga des revues du Monde du 28 07 2010

Nouvelle Revue de psychanalyse. 1970-1994. Dirigée par Jean-Bertrand Pontalis.

Les 39 contre la nuit sécuritaire : Meeting à la Rentrée !

Non à une loi de grand renfermement !

3ème Meeting national du Collectif des 39

Samedi 25 Septembre 2010
De 10:00 à 17:00


La psychiatrie aussi se trouve mise à mal. Les gens du Carré psy n’harmonisent pas leurs luttes, les psychiatres trop occupés à dominer les psychologues trop occupés à éliminer les psychothérapeutes relationnels, les psychanalystes cherchant sous couverture de psychologie ou de psychiatrie à naviguer au mieux de leurs supposés intérêts, et … de l’élimination des psychothérapeutes relationnels.

Pendant que tout ce petit monde s’occupe au jeu d’un clou chasse l’autre, la même politique de médicalisation de l’existence s’exerce vers un « hospitalocentrisme » qui nous ramène du côté du XIXème siècle. Alors, chacun dans son coin soudain se rend compte que quelque chose ne va pas et sonne l’alarme. L’alarme des alarmes existe d’ailleurs, c’est l’Appel des appels, impulsé par Roland Gori.

Nous répercutons ici le combat du collectif contre le retour de la barbarie en psychiatrie (c’est déjà fait sur un nombre important de points, les électrochocs rebaptisés, ça y va ! et il n’y a pas que ça), car tous nos combats objectivement se rejoignent et nous nous portons solidaires de tout ce qui va contre nos convictions humanistes et citoyennes, bases capitales de l’éthique dans nos professions et disciplines.

La garde à vue psychiatrique, le casier psychiatrique et le tout sécurité ne nous mettrons jamais à l’abri d’un drame occasionnel (alors que la population concernée est massivement inoffensive), mais mettront en danger nos libertés fondamentales et ruineront l’idée de « soin ». On savait déjà les fous dans la rue pour une part en prison pour l’autre, voici que les pouvoirs publics tendent à mettre en place une psychiatrie sécuritaire, comme ça la boucle sera bouclée les fous relèveront du ministère de l’intérieur et tout le monde sera bien policé.

Vous me direz, peu importe je ne suis pas directement concerné, ni fou ni psychiatre. Notre profession frôle trop parfois le domaine de la folie pour s’indifférer de ce qui se passe du côté de la psychiatrie. Et puis, si on vous fait peur avec les fous, méfiez-vous à tout hasard des institutions qui joueraient avec votre peur et l’émotion du public, ça n’est jamais très sain.

Quand on considère tout cela on se prend à s’interroger sur l’usage qui sera fait des futurs psychothérapeutes Accoyer délégués par la psychiatrie pour accompagner la médicamentation des astreints.

Philippe Grauer


Un projet de loi de réforme de la loi du 27 Juin 1990 va être débattu au Parlement à l’automne, « Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge ».

Trois mots résument ce projet qui s’inscrit dans le droit fil du discours sécuritaire du Président de la République à Antony le 2 décembre 2010 :

IMPOSTURE, ILLUSION, ET RÉGRESSION.

Imposture

Car ce texte détourne, pervertit le mot « soin ». Sous le prétexte « d’améliorer l’accès aux soins et de garantir la continuité des soins« , il met en place une logique de contrôle et de surveillance aux antipodes d’une approche qui permette de tisser une relation thérapeutique. Il est articulé uniquement (pas un article ne concerne les soins sans contrainte !) autour de la dangerosité.

Avec la notion de soins sans consentement, qui remplace celle d’hospitalisation, il instaure une « garde à vue psychiatrique » de 72 h. qui pourra passer à 6 jours avec le délai dont disposerait le Préfet pour rendre son avis.
Avec l’instauration des soins sans consentement, il s’agit d’un saut, d’une rupture avec la conception des soins psychiques et des libertés analogue à celle de la loi de février 2008 sur la rétention de sûreté !
À aucun moment, il n’est question des hospitalisations libres ou des soins librement consentis, alors que ceux-ci représentent 80 % des situations cliniques.
Imposture enfin, car il s’appuie sur un pseudo – consensus des syndicats et des associations professionnelles, qui pour la plupart ont dénoncé cette loi comme une loi sécuritaire et non sanitaire.

Illusion

Car elle laisse croire aux familles que cette loi « répondra enfin » à leurs inquiétudes, leurs désarrois, leurs impasses dans les situations complexes.
Car elle veut faire croire à l’opinion publique qu’avec cette loi, le risque zéro drame sera possible !
Car elle veut faire croire que le traitement médicamenteux est le seul garant et le seul à même de soigner les maladies mentales.

Régression

Car il s’agit d’un renforcement de l’hospitalocentrisme, avec la mise en place systématique d’une hospitalisation à plein temps inaugurale pendant au minimum trois jours.
Car, de ce fait, elle conduirait à la fermeture systématique des services d’hospitalisation.
Car elle instaure des assouplissements pour les entrées et un durcissement des procédures de sortie.
Car « les soins sans consentement en ambulatoire » assortis d’une obligation à accepter visites et consultations seraient sous – tendus par une menace de réhospitalisation par la force publique !
Car il instaure sans le dire un fichier psychiatrique (équivalent du casier judiciaire) : le médecin, demandant que le patient bénéficie du droit commun, devra systématiquement rappeler tous les antécédents d’hospitalisation sous contrainte.

Ce projet de loi est inacceptable !


Le Collectif des 39 appelle à un grand débat national de société sur l’hospitalité pour la folie, qui définisse une nouvelle politique de soins en psychiatrie :

– Quelle conception de la folie ?
– Quelle formation pour les professionnels ?
– Quels moyens en effectifs et quel budget pour la psychiatrie ?
– Quels droits et libertés ?
– Quelles places pour les patients et les familles dans le dispositif soignant ?

À Villejuif 94800

ESPACE CONGRÈS LES ESSELIÈRES

3, boulevard Chastenet de Géry

Rond point du Général de Gaulle

94800 Villejuif

Lettre ouverte aux responsables de France Culture au sujet de l’émission de Michel Onfray

programmée de fin juillet à fin août 2010 à 19h


Le texte qui suit a été établi par un collectif de psychanalystes

___________________________________________________

À Monsieur Bruno Patino Directeur de France Culture

et

À Monsieur Jean-Luc Hees Président de Radio France

France-Culture possède aujourd’hui un rayonnement important ; c’est en trouvant le ton juste lorsqu’il s’agit des affaires du monde qu’elle peut maintenir son statut de radio d’exception. Nous sommes donc stupéfaits que France-Culture fasse de nouveau une très large place aux conférences que donne M. Onfray à l’université populaire de Caen en les diffusant cet été.

Depuis des années en effet, universitaires et chercheurs, venus des horizons les plus divers, ont démontré que les publications de M. Onfray ne reposaient le plus souvent que sur l’approximation grossière, l’affabulation, l’erreur ou la rumeur, notamment lorsqu’il s’agit des trois grands monothéismes, de Marx, de Montaigne, de Charlotte Corday, de Marat, d’Eichmann et de Kant, de Freud enfin.

Les outrances et les aberrations que contiennent ses ouvrages, dont le dernier en particulier, Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne, ont suscité une protestation qui ne cesse de s’étendre ; car le débat qui s’est installé autour de celui-ci dépasse largement la question de Freud et de la psychanalyse : il s’agit une fois encore d’une imposture érigée en savoir. Cela fait maintenant sept ans que sont ainsi diffusées les conférences de Michel Onfray. On se demande au nom de quoi celui-ci bénéficie d’une telle pérennité. Onfray ne peut même pas être considéré comme une des voix de la philosophie.

Nous ne pouvons accepter que France Culture, radio publique, continue ainsi à légitimer une telle entreprise de dénigrement et de désinformation qui risque fort à l’heure qu’il est d’avoir des effets nocifs sur des personnes peu averties et qui, de par leur souffrance psychique sont en voie de s’adresser à des praticiens de la psychanalyse et de la psychothérapie qui s’en inspire. Nous sommes là face à une tentative de destruction envers une profession, et de tout un ensemble de professionnels (psychiatres psychologues et autres de formation psychanalytique).

Michel Onfray est le seul intellectuel français à bénéficier ainsi d’une situation qui fait de lui l’égal d’institutions aussi prestigieuses que le Collège de France, ou l’Ecole des Hautes Etudes. Or très nombreux sont les philosophes, historiens, chercheurs en sciences humaines dont les travaux font autorité en France et à l’étranger et qui pourraient trouver sur France-Culture une égale diffusion, dans le respect de la pluralité des voix.

Pour toutes ces raisons, nous demandons que dans les conditions réglementaires en vigueur, il soit mis fin à un contrat qui lie ainsi la radio publique à Michel Onfray. L’antenne sera ainsi de nouveau disponible à une diversité des véritables voix philosophiques.

Pour signer on clique ici et on signe en ligne. Attention, en phase 2 on vous demande de l’argent en anglais. Vous pouvez parfaitement l’ignorer, vous serez inscrit sans paiement aucun. C’est une habitude anglosaxonne de se nourrir des dons de signataires, si vous désirez sacrifier aux mœurs exotiques vous le pouvez, mais on peut choisir de s’inscrire à la latine, sans frais, avec seulement de la conviction.


Notre site s’est situé immédiatement aux côtés non seulement de la psychanalyse mais de la faculté de bien juger et de distinguer le vrai du faux, contre les affabulations pas trop « culturelles », en tout cas pas critiques du tout, au sens kantien du terme mais on sait par le goy du boccage que Kant et Eichmann c’est tout un, pas critiques pour un sou donc, du philosophe de l’université populiste.

Il s’ensuit que nous collaborons volontiers à l’important mouvement qui se dessine de rejet d’un manichéisme frustre et prétentieux qui manque de respect à l’idée que nous nous faisons de la France et de la culture, sans parler de la psychothérapie.

Philippe Grauer


Premiers signataires

Christine Accarion (Psychanalyste)
Jean Andreau (Directeur d’Etudes émérite à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)
Nuria d’Asprer (Professeur de traduction. Faculté de Traduction et d’Interprétation. Universitat Autònoma de Barcelona)
Fabienne Ankaoua (Psychanalyste)
Martine Bailly (Pédiatre)
Marie de Beauchêne (Médecin)
Alban Benoit (Psychologue clinicien)
Wladimir Berelowitch (Directeur d’études à l’EHESS, professeur d’histoire à l’Université de Genève)
Francis Bismuth (Psychologue clinicien, psychothérapeute et psychanalyste)
Christophe Bisson (Auteur réalisateur).

Danièle Brun (Professeur de psychologie)
Olivier Brunschwig (Psychiatre, psychanalyste)
Marianne Carabin (Etudiante en psychologie)
Patrick Chemla (Psychiatre et psychanalyste, Centre Antonin Artaud ,Reims)
Marie Cousein (Psychanalyste)
Laurence Croix, (Maître de Conférences à Paris Ouest en sciences humaines)
Mélanie Cuvelier (Auteur en littérature jeunesse)
Alejandro Dagfal (Professeur adjoint, Université de Buenos Aires, Argentine ; Professeur titulaire, Université de La Plata, Argentine)
Chercheur (CONICET, Argentine)
Pierre Delion (Psychiatre)
Anne Delobelle (Professeur de philosophie)

Jean-Marie Demarque (Psychanalyste)
Alain Deniau (Psychiatre, psychanalyste)
Bernard Desroches (Doctorant en philosophie)
Barbara Didier-Hazan (Psychanalyste)
Marie-Laure Dimon (Psychanalyste)
Olivier Douville (Maître de Conférences ; Directeur de publication de Psychologie Clinique)
Marthe Dubreuil (Psychanalyste)
Fabienne Espitalier Jacquinot (Analysante)
Romuald Esman (Psychologue clinicien et professeur de chaire supérieure en mathématiques)
Nabile Farès (Psychanalyste, écrivain)
Frédéric Forest (Chercheur associé au CRPMS – Université Paris 7 Denis Diderot)

Xavier Gassmann (Psychanalyste Psychologue clinicien Hospitalier)
Helèhe Godefroy (Psychanalyste)
Marie-Noël Godet (CNRS-EHESS)
Wilfried Gontran (Psychologue)
Catherine Guilbot (Commissaire d’expostion)
Anne-Marie Houdebine-Gravaud (Professeure émérite de linguistique et sémiologie)
Florian Houssier (Psychanalyste)
Jean-Pierre Journet (Psychanalyste)
Alexandre Khetib (Psychologue)
Michel Kreutzer (Professeur à l’Université Paris 10 – Nanterre)

Adeline Landolt (Psychanalyste)
Charlotte Laplace (Psychologue Clinicienne, Bruxelles)
Jacques Le Brun (Directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes, section des sciences religieuses, Sorbonne)
Chrisine Leguisai (Psychanalyste)
Patrick Linx (Psychanalyste)
Paolo Lollo (Psychanalyste)
Khadija Maach (Psychologue clinicienne)
Nicole-Claude Marhieu (A, EHESS Paris)
Jean-Pierre Martin (Psychiatre responsable médical des équipes Psy Précarités CH Esquirol)
Céline Masson (Psychanalyste, Université Paris 7)

Nicole Milgram (Psychanalyste)
Cedric Moine- Urbain (Artiste )
Simone Molina (Psychanalyste,Présidente du Point de Capiton –Vaucluse, Responsable pédagogique de l’ECRPF/ Inter-S-tisse, Chargée de cours à l’Université de Marseille.)
Geneviève Morel (Psychanalyste)
Jean-Jacques Moscovitz (Psychiatre, psychanalyste)
Christian Muller (Psychiatre des hôpitaux, chef de pôle du secteur 59 G23, epsm de l’agglomeration lilloise)
Marc Nacht (Psychanalyste, écrvain)
Stéphane Nannini (Responsable de projet Design graphique)
Françoise Nielsen (Psychanalyste)
Nathalie Patti-Grimopont (Infirmière en psychiatrie)

Françoise Peille (Psychologue psychanalyste auteur de plusieurs ouvrages sur l’enfance)
Mariane Perruche (Professeur agrégée de Lettres Modernes, chargée de cours à Paris 7)
Claude-Noële Pickmann (Psychanalyste)
Tama Pogna (Psychologue clinicien, Pointe Noire, Congo)
Marie-Claire Potier (Psychanalyste)
Sylvie Protassieff (Psychanalyste, Psychologue clinicienne)
Marie-José Proust (Psychanalyste)
Katell Quidelleur, (Psychologue, psychanalyste).
Roland Reumond (Alcoologue, psychanalyste)
Hans Richter (Ecrivain, La Haye Pays Bas)
Michel Rotfus (Professeur de philosophie au Lycée Balzac, Paris)

Henri Roudier (Professeur agrégé de mathématiques au Lycée Chaptal, Paris),
Jacques Roussille (Psychanalyste)
Jean-Pierre Rumen (Psychiatre des Hôpitaux Honoraire)
Carnita Sabater (psychologue clinicienne)
Guy Samama (Agrégé de philosophie, directeur de la revue Approches, ancien membre du Collège international de philosophie)
Catherine Sautter (ingénieur d’études à l’EHESS)
Sabine Schaefer (Psychologue clinicienne)
Silke Schauder, (Maître de conférences à l’IED-Université Paris 8, psychologue clinicienne, art-thérapeute)
Gérard Schmitt (professeur agrégé de philosophie, chargé de cours Université Nancy 2)
Sandra Stein (Etudiante)
Senja Strin (Présidente du Réseau national des psychologues)
Pierre-André Taguieff (Philosophe et historien des idées, Directeur de recherche au CNRS)

Khadija Taoujni. (Étudiante en psychologie)
Christine Theodore (Psychologue, psychanalyste)
Francis Theodore( Praticien Hospitalier, chef de pôle, président de la CME de Ville Evrard)
Bruno Vincent (Etudiant en psychologie à Paris 7)
Dimitry Weill (étudiant en recherche doctorale, Université Paris 7)
Micheline Weinstein, Psychanalyste / Écrivain (Diplômée de l’Institut National d’Orientation Professionnelle, de l’Institut de Musicologie, artiste musicienne, Professeur de Conservatoires Nationaux de Région jusqu’en 1983)
Nicole Yvert (Psychanalyste)
Colette Zapponi (Psychanalyste, Luxembourg)
Joseph Zudas (Psychanalyste)
Jeanette Zwingenberger (Critique d’art contemporain et membre de l’AICA – International Association of Art Critics)