L’autisme au cœur de l’humain. Approche psychanalytique

XXIII° COLLOQUE DE LA SIHPP

Samedi 27 Novembre 2010

Villa Gillet 25 rue Chazière, 69004 Lyon


Un terrain d’exercice aux enjeux immenses pour ce mal de l’enfermement psychique à propos duquel on assiste à de vigoureuses empoignades méthodologico idéologiques, la question des valeurs et de l’humanisme y prenant tout son relief. La psychanalyse là-dessus tient une place de tout premier choix.

Surtout, l’énigme radicale de l’autisme pose les questions de base de l’acte psychothérapique. À s’y confronter on y réfléchit aux fondements mêmes de la relation. La psychothérapie relationnelle, par sa nature même, puise dans la question de l’autisme de quoi se penser comme interrogation de la subjectivité en et comme relation, au lieu de l’énigme de l’humanité de l’humanité.

Philippe Grauer


Énigme

Au cours de l’histoire, l’autisme, tour à tour désigné comme « maladie » génétique, neurobiologique, handicap ou symptôme, demeure une énigme. Ces enfants, beaux, intelligents, doués, « dans leur monde », restent au bord de l’humain, au plus près de l’abîme, et n’en émergent qu’au prix de grands efforts.

Trouble du lien ou assemblage de segments DSM incohérents

La bataille actuelle des approches conceptuelles et thérapeutiques s’exacerbe. Ainsi la nouvelle nomenclature psychiatrique (DSM) a-t-elle évacué ce trouble profond de la communication cerné en 1943 par le psychiatre américain Leo Kanner, au profit de « signes » fragmentés sans cohérence.

Remis en question par les américains eux-mêmes

De même, les dispositifs en place dans le champ social, éducatif, thérapeutique, favorisent-il les méthodes comportementalistes, cognitivistes remises en question par les thérapeutes américains eux-mêmes, après des décennies d’expérimentation et d’évaluation.

Non agir, redoutable économie du symbolique

La psychanalyse persiste et signe, de découvertes en butées théoriques, à interroger cette souffrance des familles, des enfants, dominés, terrorisés par l’afflux de sensations primitives, internes et externes, les empêchant de tisser des liens avec leur entourage, d’accéder au langage, bloqués dans une position entre conservation et perte de substance — qu’en est-il d’un être humain, doué de parole, situé dans un non agir, faisant l’économie du symbolique ?

Long cheminement partagé au cœur de la nuit

Le chemin à parcourir, hors des repères conceptuels habituels, pour atteindre ces continents reculés, ces enclaves psychiques, est d’une difficulté insondable. Tenter de ramener à l’humain, à l’existence ce qui n’a pu s’y inscrire dès le début de la vie, afin qu’un sujet advienne, depuis le chaos à son activité créatrice intrinsèque, est le moindre des respects que nous devons à ces enfants, dans ce long cheminement partagé au cœur de la nuit, avec eux.


Programme

09:00 Accueil

09:15 Ouverture : Anny Combrichon

09:30 La bataille actuelle de l’autisme à la lueur de l’histoireJacques Hochmann

Discutants : Annick Hubert, Jean-Jacques Ritz

11:00 Hello Mrs Tustin présentation du film interview par Marie Allione

Discutants : Françoise Crozat, Anny Combrichon

13:00 — 14:30 : Déjeuner Villa Gillet

14:30 La réticence énigmatique de l’enfant autiste Henri Rey-Flaud

Discutants : Élisabeth Roudinesco, Francis Dumont, Emmanuel Suchet

16:00 Table ronde : La créativité Charles Juliet, Anne Costantini, Claude Burgelin

17:00 Clôture : Jean-Jacques Ritz


Renseignements :
Jean-Jacques Ritz, 5 rue Sala, 69002 Lyon, jjrz@orange.fr

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Bulletin d’inscription à renvoyer à Jean-Jacques Ritz, 5 rue Sala, 69002 Lyon

avec un chèque libellé à l’ordre de SIHPP

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Tarif normal : 50 euros
Tarif étudiants, chômeurs : 25 euros
Déjeuner Villa Gillet : 20 euros (S’inscrire rapidement)

Norbert Elias, avec et contre Freud

Au-delà de Freud. Sociologie, psychologie, psychanalyse , de Norbert Elias

LE MONDE DES LIVRES | 22.09.10 | [sous-titres de la Rédaction du site]

« L’origine psychique et sociale des mœurs civilisées »

« Monsieur Elias, manifestement influencé par la psychanalyse, désireux de marquer le conditionnement social des névroses, du refoulement, du sur-moi, étudie simultanément l’origine psychique et sociale des mœurs civilisées » : c’est là ce qu’écrivait Raymond Aron en 1941 dans les Annales sociologiques à propos du premier tome d’un livre allemand publié deux ans auparavant. Son auteur, Norbert Elias, avait fui l’Allemagne nazie et s’était réfugié à Londres depuis 1935. Son livre avait pour titre Sur le processus de civilisation : approches sociogénétiques et psychogénétiques. Il faudra attendre 1973 et 1975 pour que cet ouvrage soit traduit en français, en deux volumes séparés, La Civilisation des moeurs et La dynamique de l’Occident, et amputé d’une centaine de pages.

Le concept freudien de société et au-delà

La publication de cinq textes, difficiles d’accès ou jamais publiés et retrouvés dans les archives d’Elias conservées à Marbach (Bade-Wurttemberg) dans le Deutsches Literaturarchiv, conforte le jugement lucide de Raymond Aron. « Manifestement influencé par la psychanalyse« , Elias y reconnaît son immense dette à l’égard de Freud, qui a proposé « le modèle le plus clair et le plus avancé de la personne humaine« , tout en soumettant à sa propre approche, sociologique et historique, les concepts fondamentaux de la théorie freudienne. Les conférences et essais rassemblés et présentés par Marc Joly et Bernard Lahire déploient ce dialogue entre Elias et Freud, demeuré longtemps implicite, au fil de quarante années, entre 1950, date d’un cours inédit donné par Elias à l’Institut pour le traitement scientifique de la délinquance du King’s College à Londres, et 1990, date d’un manuscrit de 133 pages intitulé par Elias lui-même Le Concept freudien de société et au-delà. Ce dernier texte, rédigé en anglais, donne à lire des fragments de ce qui aurait dû être un livre consacré à l’œuvre qui a accompagné Elias tout au long de sa vie intellectuelle et que, pourtant, il n’a guère explicitement citée ni discutée. Il y travailla dans l’été de 1990. Sa mort, survenue le 1er août, laissa l’ouvrage inachevé.

Reconnaître les transformations qui affectèrent le développement de la personnalité humaine

Dans un entretien que j’ai eu avec lui en 1985, il énonce ce qui fait l’essentiel de son rapport, fondamental et critique, à Freud : « Sans Freud, je n’aurais pas pu écrire ce que j’ai écrit. Sa théorie a été essentielle pour mon travail, et tous ses concepts (moi, surmoi, libido, etc.) me sont très familiers. Mais Freud, sa vie durant, a étudié les hommes et les femmes qui vivaient à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle et, à la manière des sciences de la nature, il a forgé ses concepts comme si la structure de la personnalité qu’il observait était celle de tous les êtres humains. Aller au-delà de Freud, scientifiquement parlant, c’est reconnaître les transformations qui affectèrent le développement de la personnalité humaine. Le problème est de comprendre comment et pourquoi émergea progressivement la structure de la personnalité qui est décrite par Freud. »

Rencontres d’Elias avec la psychanalyse

La lecture de Au-delà de Freud, croisée avec celle du numéro d’avril-juin de la revue Vingtième Siècle dirigé par Quentin Deluermoz et intitulé « Norbert Elias et le XXe siècle« , permet de prendre la juste mesure des rencontres d’Elias avec la psychanalyse. Elias était né à Breslau (aujourd’hui Wroclaw en Pologne) en 1897, fils unique dans une famille juive aisée et germanisée. Son père mourut en 1940. Sa mère, Sophie, disparut dans l’un des crématoires d’Auschwitz.

Partie du décor à Francfort

Après une thèse de doctorat, soutenue à Breslau en 1924, dans laquelle il prenait ses distances avec l’idéalisme néokantien de son maître, le philosophe Richard Hönigswald, le départ pour Heidelberg signifia pour lui l’entrée en sociologie. Karl Mannheim lui proposa de le suivre à Francfort comme assistant lorsqu’il y fut lui-même nommé professeur en 1930. « À Francfort, la psychanalyse faisait presque partie du décor et il y avait une relation très étroite avec la sociologie« , déclara Elias, faisant allusion à l’Institut pour la psychanalyse, fondé en 1929, et aux rapports, étroits mais souvent conflictuels, entre celui-ci, l’Institut de recherche sociale de Horkheimer, le bastion de l’École de Francfort et le département de sociologie de l’Université.

Exil à Paris puis à Londres

Elias choisit comme sujet de sa thèse d’habilitation « l’homme de cour« . Il s’agissait de comprendre, à partir du cas de l’absolutisme français du XVIIe siècle, les relations nouées entre une modalité particulière de l’exercice du pouvoir, qui tend à établir le monopole de l’État sur la violence légitime, les liens d’interdépendance propres à une formation sociale spécifique, la société de cour, et les normes de comportement exigées par une « rationalité de cour » qui suppose le contrôle des affects et la maîtrise des émotions. La thèse ne fut jamais soutenue. Elias quitta l’Allemagne en mars ou avril 1933 et son livre, La Société de cour, ne fut publié qu’en 1969 – et traduit en français en 1974.

Transformations des structures sociales et structure de la personnalité

Il choisit Paris comme lieu de l’exil mais la France ne lui fut guère accueillante. Il partit donc pour Londres en 1935 où il put mener à bien son grand œuvre : les deux volumes du Processus de civilisation. Achevé en 1937, imprimé aux frais de son père à Prague puis à Breslau, l’ouvrage fut finalement publié à Bâle en deux tomes avec la date de 1939. Le livre ne fut pas ignoré. Plusieurs revues importantes lui consacrèrent des comptes rendus qui attribuèrent à Elias le mérite d’avoir montré le lien entre les transformations des structures sociales et la structure de la personnalité, ou bien qui le critiquèrent pour son infidélité aux concepts de la psychanalyse.

Un travail acharné

Les années anglaises ont sans nul doute approfondi ses rapports avec la théorie freudienne. Londres était devenue la capitale de la psychanalyse avec l’arrivée de Freud et de sa fille Anna en 1938 et, après la guerre, Elias participa à une recherche sur l’analyse de groupe menée par une équipe de psychiatres. En 1954, il obtint une position de lecturer en sociologie à l’université de Leicester. Après sa retraite, en 1962, il enseigna à Accra, puis retourna en Angleterre avant de s’installer à Bielefeld, en Allemagne, puis à Amsterdam. Les années 1970 et 1980 furent celles de la redécouverte de son œuvre, mais aussi celles d’un travail acharné, jalonné par un nombre imposant de nouveaux livres. Parmi eux, celui, inachevé, consacré à Freud.

Roger Chartier

Norbert Élias — Entre École de Francfort et « freudo-marxisme »

LE MONDE DES LIVRES | 22.09.10 |

Rejeter fermement une telle prétention

En 1986, Norbert Elias portait un jugement sévère sur les psychanalystes : « La tendance de la profession psychanalytique à éviter toute discussion théorique avec ceux qui n’appartiennent pas à son univers, disait-il, obère considérablement l’héritage de Freud. Si cette tendance est fondée sur le postulat tacite que seuls des analystes formés peuvent comprendre la nature et le travail de l’inconscient, il faut rejeter fermement une telle prétention. »

Franckfort — 1930

Et pourtant, il savait que cette fermeture des praticiens à l’histoire de leur discipline n’avait pas toujours été de mise puisqu’il avait lui-même participé, cinquante-cinq ans plus tôt, à l’une des rencontres les plus fécondes qu’ait connues le mouvement intellectuel européen de l’entre-deux-guerres : celle qui eut lieu à Francfort, autour des années 1930 — et à la veille de l’avènement du nazisme — entre le Frankfurter Psychoanalytisches Institut (FPI), fondé par Karl Landauer et Heinrich Meng, et l’Institut für Sozialforschung (IFS) dans les locaux duquel il était installé et où travaillaient Theodor Adorno, Max Horkheimer, Leo Lowenthal, Erich Fromm, Herbert Marcuse.

Noyau de la future école de Francfort, cet Institut de recherches sociales fut à l’origine de l’élaboration de la Théorie critique, doctrine sociologique et philosophique qui s’appuyait sur la psychanalyse, la phénoménologie et le marxisme pour réfléchir aux conditions de production de la culture au sein d’une société dominée par la rationalité technologique. C’est là qu’Elias se forma à la lecture des textes freudiens.

Révolution subjective et transformation sociale

Tous ceux qui s’étaient engagés dans cette aventure se réclamaient soit de la gauche social-démocrate, soit du communisme, soit du freudo-marxisme — visant à lier révolution subjective et transformation sociale — soit encore d’un néofreudisme orienté vers un dépassement ou une révision de la conceptualité freudienne. A cette mouvance francfortoise se rattachaient trois psychanalystes viennois : Sieg-fried Bernfeld, Wilhelm Reich, Otto Fenichel, les deux derniers installés à Berlin. Comme leurs collègues de l’IFS, ils fuiront l’Allemagne nazie. Un seul d’entre eux, Karl Landauer, sera assassiné à Bergen Belsen en 1945.

Sauvagerie originelle

Conservateur éclairé, Freud était convaincu que les pulsions destructrices propres à l’humanité devaient être contrôlées par un gouvernement des élites et non par les tenants d’une démocratie de masses. En outre, même s’il était attaché à l’émancipation des peuples par le droit, il restait tributaire d’une vision évolutionniste des rapports de la nature et de la culture, considérant que l’arrachement de l’homme à sa sauvagerie originelle passait par des processus inconscients : la sublimation plutôt que le libre arbitre. Aussi était-il éloigné de tous ceux qui, à Francfort, effectuaient une lecture novatrice de sa doctrine en cherchant à lier autrement que lui l’individuel et le collectif.

Pulsion de mort : un Hegel de la modernité

Elias avait en commun avec Adorno, Horkheimer et Lowenthal de regarder l’œuvre freudienne comme une théorie de la culture que l’on pouvait détacher de la clinique. Si le premier critiquait chez Freud le dualisme pulsionnel ou le mythe du meurtre du père, les deux autres lui empruntèrent l’idée que le progrès pouvait se retourner en son contraire. Adorno et Horkheimer firent de lui un Hegel de la modernité : « Ce besoin (chez l’homme) d’être cruel et de détruire résulte d’un refoulement organique de toute relation entre le corps et l’esprit ; Freud en eut l’intuition géniale. »

Quant à Lowenthal, il n’hésitait pas à historiciser la pensée de Freud en montrant que le déclin de la famille bourgeoise lui avait permis de construire, dans le contexte viennois, sa doctrine de la pulsion de mort : thèse à laquelle Jacques Lacan souscrivait, lui aussi, en 1938.

De Foucault à Derrida

En France, c’est aux philosophes qui entrent en scène dans les années 1960 — de Foucault à Derrida — que l’on doit une lecture de l’œuvre de Freud aussi intéressante que celle des tenants de l’école de Francfort. Et c’est à travers cet héritage que la pensée freudienne s’est enrichie. Au point qu’aujourd’hui, à la lecture des multiples interprétations divergentes qu’elle a suscitées — dont celle de Norbert Elias —, on a l’impression que le « vrai » Freud reste celui de ses meilleurs commentateurs.

Élisabeth Roudinesco

Norbert Elias, avec et contre Freud

« Au-delà de Freud. Sociologie, psychologie, psychanalyse », de Norbert Elias : Norbert Elias, avec et contre Freud
« Monsieur Elias, manifestement influencé par la psychanalyse, désireux de marquer le conditionnement social des névroses, du refoulement, du sur-moi, étudie simultanément l’origine psychique et sociale des moeurs civilisées » : c’est là ce qu’écrivait Raymond Aron en 1941 dans les Annales sociologiques à propos du premier tome d’un livre allemand publié deux ans auparavant. Son auteur, Norbert Elias, avait fui l’Allemagne nazie et s’était réfugié à Londres depuis 1935. Son livre avait pour titre Sur le processus de civilisation : approches sociogénétiques et psychogénétiques. Il faudra attendre 1973 et 1975 pour que cet ouvrage soit traduit en français, en deux volumes séparés, La Civilisation des moeurs et La Dynamique de l’Occident, et amputé d’une centaine de pages.
La publication de cinq textes, difficiles d’accès ou jamais publiés et retrouvés dans les archives d’Elias conservées à Marbach (Bade-Wurttemberg) dans le Deutsches Literaturarchiv, conforte le jugement lucide de Raymond Aron. « Manifestement influencé par la psychanalyse », Elias y reconnaît son immense dette à l’égard de Freud, qui a proposé « le modèle le plus clair et le plus avancé de la personne humaine », tout en soumettant à sa propre approche, sociologique et historique, les concepts fondamentaux de la théorie freudienne. Les conférences et essais rassemblés et présentés par Marc Joly et Bernard Lahire déploient ce dialogue entre Elias et Freud, demeuré longtemps implicite, au fil de quarante années, entre 1950, date d’un cours inédit donné par Elias à l’Institut pour le traitement scientifique de la délinquance du King’s College à Londres, et 1990, date d’un manuscrit de 133 pages intitulé par Elias lui-même « Le Concept freudien de société et au-delà ». Ce dernier texte, rédigé en anglais, donne à lire des fragments de ce qui aurait dû être un livre consacré à l’oeuvre qui a accompagné Elias tout au long de sa vie intellectuelle et que, pourtant, il n’a guère explicitement citée ni discutée. Il y travailla dans l’été de 1990. Sa mort, survenue le 1er août, laissa l’ouvrage inachevé.

« Sa théorie a été essentielle »
Dans un entretien que j’ai eu avec lui en 1985, il énonce ce qui fait l’essentiel de son rapport, fondamental et critique, à Freud : « Sans Freud, je n’aurais pas pu écrire ce que j’ai écrit. Sa théorie a été essentielle pour mon travail, et tous ses concepts (moi, surmoi, libido, etc.) me sont très familiers. Mais Freud, sa vie durant, a étudié les hommes et les femmes qui vivaient à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle et, à la manière des sciences de la nature, il a forgé ses concepts comme si la structure de la personnalité qu’il observait était celle de tous les êtres humains. Aller au-delà de Freud, scientifiquement parlant, c’est reconnaître les transformations qui affectèrent le développement de la personnalité humaine. Le problème est de comprendre comment et pourquoi émergea progressivement la structure de la personnalité qui est décrite par Freud. »
La lecture de Au-delà de Freud, croisée avec celle du numéro d’avril-juin de la revue Vingtième Siècle dirigé par Quentin Deluermoz et intitulé « Norbert Elias et le XXe siècle », permet de prendre la juste mesure des rencontres d’Elias avec la psychanalyse. Elias était né à Breslau (aujourd’hui Wroclaw en Pologne) en 1897, fils unique dans une famille juive aisée et germanisée. Son père mourut en 1940. Sa mère, Sophie, disparut dans l’un des crématoires d’Auschwitz.
Après une thèse de doctorat, soutenue à Breslau en 1924, dans laquelle il prenait ses distances avec l’idéalisme néokantien de son maître, le philosophe Richard Hönigswald, le départ pour Heidelberg signifia pour lui l’entrée en sociologie. Karl Mannheim lui proposa de le suivre à Francfort comme assistant lorsqu’il y fut lui-même nommé professeur en 1930. « A Francfort, la psychanalyse faisait presque partie du décor et il y avait une relation très étroite avec la sociologie », déclara Elias, faisant allusion à l’Institut pour la psychanalyse, fondé en 1929, et aux rapports, étroits mais souvent conflictuels, entre celui-ci, l’Institut de recherche sociale de Horkheimer, le bastion de l' »Ecole de Francfort » et le département de sociologie de l’Université.

En exil à Paris puis à Londres
Elias choisit comme sujet de sa thèse d’habilitation « l’homme de cour ». Il s’agissait de comprendre, à partir du cas de l’absolutisme français du XVIIe siècle, les relations nouées entre une modalité particulière de l’exercice du pouvoir, qui tend à établir le monopole de l’Etat sur la violence légitime, les liens d’interdépendance propres à une formation sociale spécifique, la société de cour, et les normes de comportement exigées par une « rationalité de cour » qui suppose le contrôle des affects et la maîtrise des émotions. La thèse ne fut jamais soutenue. Elias quitta l’Allemagne en mars ou avril 1933 et son livre, La Société de cour, ne fut publié qu’en 1969 – et traduit en français en 1974.
Il choisit Paris comme lieu de l’exil mais la France ne lui fut guère accueillante. Il partit donc pour Londres en 1935 où il put mener à bien son grand oeuvre : les deux volumes du Processus de civilisation. Achevé en 1937, imprimé aux frais de son père à Prague puis à Breslau, l’ouvrage fut finalement publié à Bâle en deux tomes avec la date de 1939. Le livre ne fut pas ignoré. Plusieurs revues importantes lui consacrèrent des comptes rendus qui attribuèrent à Elias le mérite d’avoir montré le lien entre les transformations des structures sociales et la structure de la personnalité, ou bien qui le critiquèrent pour son infidélité aux concepts de la psychanalyse.
Les années anglaises ont sans nul doute approfondi ses rapports avec la théorie freudienne. Londres était devenue la capitale de la psychanalyse avec l’arrivée de Freud et de sa fille Anna en 1938 et, après la guerre, Elias participa à une recherche sur l’analyse de groupe menée par une équipe de psychiatres. En 1954, il obtint une position de « lecturer » en sociologie à l’université de Leicester. Après sa retraite, en 1962, il enseigna à Accra, puis retourna en Angleterre avant de s’installer à Bielefeld, en Allemagne, puis à Amsterdam. Les années 1970 et 1980 furent celles de la redécouverte de son oeuvre, mais aussi celles d’un travail acharné, jalonné par un nombre imposant de nouveaux livres. Parmi eux, celui, inachevé, consacré à Freud.

Roger Chartier

Szondi et psychothérapie institutionnelle

Séminaire Léopold Szondi, animation Marc Ledoux, Bibliothèque de l’hôpital Edouard Toulouse, Lundi 8 mars 16:00 – 00:00. Pas d’inscription.

Il s’agit d’un éclairage des troubles psychiatriques à travers la théorie développée par Szondi et l’expérience de Marc Ledoux dans le contexte de la psychothérapie institutionnelle.

Marc Ledoux : philosophe, docteur en sociologie, psychanalyste, travaille depuis vingt ans à la clinique de La Borde à Cour-Cheverny, haut lieu de la psychothérapie institutionnelle. Il transmet depuis plusieurs années ses concepts fondamentaux dans différentes structures de soins en Belgique, par des séminaires, des supervisions et des publications.

Identité, légitimité, mémoire, Histoire

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Claude Lefort philosophe anti-totalitaire — un de nos grands intellectuels

Il a marqué l’époque. L’opiniâtreté de sa pensée anti-totalitaire proposant une critique lucide du soviétisme, dans une période où tenir une telle position était difficile, constitue une référence en matière de recherche dans le domaine de l’éthique en politique et sociologie. La psychosociologie s’est inspirée de sa pensée, et la psychothérapie relationnelle par voie de filiation se reconnaît comme héritière de sa vigueur et rigueur dans le domaine de l’humanisme contemporain.

Philippe Grauer


Philosophe de la politique, penseur du totalitarisme, intellectuel discret dont l’œuvre ardue aura pourtant marqué la seconde moitié du XXe siècle, Claude Lefort est mort ce dimanche 3 octobre à l’âge de 86 ans, des suites d’un cancer du pancréas.

Très jeune, repéré par son professeur de lycée, Maurice Merleau-Ponty, il publie des articles dans Les Temps modernes, y défiant même assez vite le directeur de la revue, Jean-Paul Sartre. Dès 1946, avec son ami Cornelius Castoriadis, il crée au sein du Parti communiste internationaliste la tendance «Montal-Chaulieu» (leurs pseudonymes respectifs) qui rapidement s’autonomise, rompt avec le trotskisme et s’incarne dans une revue, Socialisme ou barbarie. Elle jouera un rôle essentiel dans l’avènement d’une critique de gauche de l’Union soviétique (1« ).

Il fut, par exemple, le premier intellectuel de gauche à défendre le livre de Viktor Kravtchenko J’ai choisi la liberté en 1947, et il consacra beaucoup plus tard un beau livre à L’Archipel du Goulag de Soljenitsyne, Un homme en trop.

À partir du début des années 1960, Claude Lefort prend ses distances avec le militantisme pour se consacrer davantage à l’écriture, notamment d’un maître livre sur Machiavel, Le Travail de l’œuvre, qu’il publiera en 1972. Il prend pourtant part au mouvement de Mai 68 à Caen où il enseigne la sociologie – il publiera à chaud La Brèche, avec son vieux complice Castoriadis et Edgar Morin qu’il a rencontré lors des luttes contre la guerre d’Algérie.

Les années 1970 seront consacrées au travail philosophique sur le totalitarisme des régimes bureaucratiques soviétiques. Son œuvre, qui ouvrira les yeux encore semi-clos de nombre de marxistes de diverses obédiences, est aujourd’hui considérée par son ami Pierre Rosanvallon comme aussi décisive que celle de Hannah Arendt.

Mais c’est aussi la démocratie et, plus largement, le politique qui seront les objets de cette philosophie politique difficile, parfois sinueuse et du même coup rarement articulée avec les travaux de sciences sociales à la différence des œuvres anglo-saxonnes qui lui sont contemporaines.

Participant à la vie de très nombreuses revues dans les années 1950, 60 et 70, Claude Lefort aura également contribué à former quelques intellectuels de la génération suivante (Marcel Gauchet, Miguel Abensour, Pierre Manent, Pierre Rosanvallon) sans pour autant jamais tenter de construire une école ou un mouvement – prenant même, dans La Complication notamment, ses distances avec les positions de certains de ses anciens élèves.

Pour Mediapart — dont nous reproduisons ici l’article consacré à l’événement, trois chercheurs se souviennent de l’œuvre et de l’homme (documents audio sur Mediapart).

– Le sociologue Edgar Morin, qui l’a connu lors des mobilisations anti-colonialistes et du soutien à l’insurrection hongroise, est resté très proche jusqu’à la fin. Il rend ici hommage au stoïcisme de son ami face à la maladie.

– L’historien Pierre Rosanvallon, avec lequel il s’était entretenu en public l’an dernier à Grenoble lors du Forum de la République des idées, insiste sur l’importance politique et philosophique de l’œuvre.

– L’économiste et sociologue Alain Caillé, directeur de la revue du MAUSS, qui fut son assistant à l’université de Caen, se souvient de son Mai 68 aux côtés de Lefort.

  • 1 Elle inspirera la pensée du Groupe d’analyse institutionnelle, animé par Lapassade, Lobrot, Lourau, Grauer (alors tout jeune)

Comte-Sponville — le rôle du médecin dans la cité

À l’heure de la médicalisation de l’existence une telle causerie par un philosophe qui parle si bien du bonheur ne devrait pas faire de mal.

Nous verrons ensemble ce que Comte-Sponville veut dire du rapport de la médecine à la souffrance psychique et au sens de l’existence, ainsi que du tour de passe-passe par lequel un médecin généraliste devient au terme de la loi psychothérapeute en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il est vrai qu’il faudrait aussi déterminer ce que psychothérapeute NN peut bien vouloir dire. Le goût de vivre disiez-vous ?

Commençons par retenir la date.

Philippe Grauer

Jeudi 14 octobre

Nos étudiants ont apprécié l’événement, quoique Comte-Sponville ignorât tout de la problématique de la psychothérapie, côté loi Accoyer et médicalisation de l’existence. Bientôt ici même leur écho.


Madame, Monsieur, Cher (e) Ami (e),

Je vous invite à venir assister à la conférence du philosophe André Comte-Sponville qui aura lieu le mardi 12 octobre 2010, de 19h à 21 heures, à l’amphithéâtre Toga de la Faculté de médecine de Marseille.

La conférence aura pour thème :

Le rôle du médecin dans la cité

André Comte-Sponville évoquera l’évolution du regard collectif sur la médecine et les hommes de l’art : quelles sont les représentations culturelles qui gravitent autour de l’image du médecin ? Comment le médecin est-il perçu par ses contemporains ? Les attentes dont la médecine est aujourd’hui l’objet sont-elles démesurées ? La médecine est-elle devenue un métier comme un autre ? Doit-elle prendre en compte outre le corps, les maux de « l’esprit » ou les frustrations du désir ?

Organisée en partenariat avec l’Espace Éthique Méditerranéen, cette conférence sera suivie d’un débat avec le public.

Inaugurée par Monsieur le Doyen Georges Léonetti, animée par Pierre Le Coz, elle est

gratuite et ouverte à toutes et à tous.

Je vous remercie de bien vouloir diffuser cette information autour de vous à toutes les personnes susceptibles d’être intéressées.

Amicalement à tous

Didier Pachoud

Note : Membre du Comité national d’éthique, André Comte-Sponville est auteur de nombreux ouvrages philosophiques à succès dont :

Traité du désespoir et de la béatitude, PUF, 2 vol.(le mythe d’Icare/Vivre, 1988)

Valeur et vérité (Etudes cyniques), PUF Collection : Perspectives critiques, 1994

Petit Traité des grandes vertus, PUF 1995

Le capitalisme est-il moral ? Albin Michel, 2004

La Philosophie, PUF. coll « Que sais-je ? » 2004

L’Esprit de l’athéisme, Albin-Michel, rééd. Le Livre de Poche 2005

Le Miel et l’Absinthe (Poésie et philosophie chez Lucrèce), Éditions Hermann, 2008

Le goût de vivre, Albin Michel, 2010

La psychiatrie à la télé : ceci n’est pas une fiction mais une anticipation !

Communiqué du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire

En avant pour une psychiatrie rentabiliste véritablement moderne et même post-moderne, électrochocs — non : sismothérapie — pour les gentils, chambre de contention pour les indociles, médocs et silence pour tout le monde, le grand silence.

Ils sont peut-être fous mais pas cons, il finiront par comprendre qui exerce l’autorité et la sécurité à l’hôpital.

Et qui là-bas a parlé de régression de la psychiatrie ?

Le Carré psy bien mis au carré, que les autres psys se le disent.

Philippe Grauer


Deux documentaires diffusés récemment montrent une certaine image des services de psychiatrie : patients traités de manière autoritaire ou négligente quand ils ne sont pas abandonnés et livrés à eux-mêmes, « soins » se résumant aux médicaments et aux électrochocs quand les patients sont calmes, aux injections, à la chambre d’isolement et à la contention quand ils sont agités ou seulement « désobéissants ».

L’absence de réflexion semble généralisée. Un séjour en psychiatrie s’apparente à une maltraitance insupportable.

Ces documentaires ne sont pas une fiction, puisque les scènes filmées ont réellement eu lieu. Nous ne pouvons nier que ces situations surviennent parfois dans les services.

En revanche, ce concentré de scènes violentes est vraisemblablement une anticipation : quand la psychiatrie se voit régie par des principes essentiellement gestionnaires et sécuritaires – ce qui est le cas depuis plusieurs années et s’accentue avec les lois récentes et projets de loi en cours – le soin lui-même a toutes les raisons de se transformer en maltraitance.

En effet, ces documentaires fournissent une projection de ce qui pourrait constituer le quotidien de tous les services de psychiatrie dans un futur proche, lorsque seront définitivement appliqués les principes rentabilistes de la nouvelle organisation hospitalière, ainsi que les principes répressifs et sécuritaires du projet de loi réformant les hospitalisations sans consentement.

Ce travail journalistique, qui peut paraître orienté et extrême, semble toutefois avoir saisi l’essence de ce que devient un service de psychiatrie sans moyens, sans formation des soignants et dénué de réflexion sur le sens du métier. Or, le métier de professionnel dans le champ de la psychiatrie nécessite, plus qu’un autre, du sérieux et de la rigueur.

Ce sérieux et cette rigueur, qui consistent en une analyse approfondie et une mise en question permanente, à partir d’éléments cliniques, de nos pratiques psychiatriques, sont les grands absents de la politique actuelle de soin. Prônant une approche gestionnaire et sécuritaire, cette politique propose des réponses-recettes superficielles et démagogiques à coup d’enfermement, de sédation chimique ou physique, d’évaluation des pratiques sur la base de critères économiques.

Ces documentaires montrent très exactement ce que nous dénonçons : une psychiatrie honteuse et toxique dénuée d’analyse institutionnelle et d’humanité. Celle que les réformes actuelles favorisent, à leur insu, ou non. Plus que nos discours et nos argumentaires, ces images suscitent un malaise profond et une indignation salutaire.

Ce n’est pas la psychiatrie que nous voulons mais, si nous n’y prenons garde collectivement, c’est la psychiatrie que nous aurons.

Nous souhaitons attirer l’attention des patients, des familles et de l’opinion publique sur le fait que les solutions simplistes proposées pour les soins psychiatriques (tri des patients par pathologies, multiplication des unités pour malades difficiles.) génèrent par elles-mêmes ce que ces documentaires nous ont montré.

Aussi, parce que nous savons qu’une autre psychiatrie est possible, a existé, existe encore actuellement, humaine et engagée, c’est d’une voix indignée et émue que nous nous écrions, face aux pratiques montrées dans ces documentaires : « ça suffit ! »

7 juin 2010


Enfin, nous rappelons l’existence d’autres documentaires, tel celui de Philippe Borrel, Un Monde sans fous ?, diffusé sur FR5 en avril, et toujours disponible sur Mediapart :
http://www.mediapart.fr/content/un-monde-sans-fous-ou-les-de…

Psychiatrie : l’appel des 1000

Nuit sécuritaire des psychiatres alarmés (oui c’est parfois les mêmes qui se sont réjouis de contrôler notre titre, puis les psychologues, la vie politique est complexe, et ils ont raison cette fois de défendre l’hôpital contre sa perversion policière), Appel des appels contre la casse des métiers — donc tentative de casse du nôtre (auquel ont participé joyeusement les organismes de psychologues), plus facile à souhaiter qu’à mettre en œuvre —, nous soutenons tout ce qui lutte contre la déshumanisation dans le cadre du Carré psy, nous soutenons tout ce qui vise à promouvoir dans notre champ particulièrement sensible à ce type de réalité, l’humanisme.

Philippe Grauer


États généraux de la Nuit sécuritaire — suite.

Ce fut un beau samedi à l’Espace congés de Villejuif où se sont tenus les États généraux de la Nuit sécuritaire. Près de 1000 personnes, des débats, des échanges toniques. Et un petit événement. Tous les partis politiques de gauche, mais aussi tous les syndicats de psychiatres, se prononçant pour le retrait pur et simple du projet de lol sur l’hospitalisation en psychiatrie, qui vise à instaurer, entre autres, les soins ambulatoires, sous contrainte. « C’est un monde policier qui se dessine. Il faut savoir dire non« , a dit, avec force Serge Portelli, magistrat.

À l’issue de cette journée, un appel a été lancé. Le voici.

Appel des 1000

Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, fort de 30 000 signatures de soutien a organisé un grand meeting à Villejuif le 25 septembre 2010.

Mille citoyens, soignants en psychiatrie, parents, patients, artistes, sociologues, psychanalystes avec la participation de nombreux représentants syndicaux politiques et associatifs ont largement débattu du projet de loi sur la psychiatrie adopté en conseil des ministres.

Ces 1000 déclarent ce projet liberticide et exigent son retrait immédiat et définitif.

le souci sécuritaire s’opposerait au soin et désignerait des populations à la vindicte

Il s’agit en effet d’un enjeu de civilisation : le souci sécuritaire s’opposerait au soin et désignerait des populations à la vindicte. La continuité de la contrainte remplaçant la continuité des soins serait non seulement une insulte à la souffrance des patients et de leurs familles mais également une insulte à la culture. Le choix serait la piqûre ou l’enfermement qui plus est sous la menace ; le sécuritaire s’opposant ainsi au sanitaire. La confiance dans la relation étant pour nous la condition absolue du soin, enfermer les patients dehors sous contrainte légale et chimique serait une caricature de la psychiatrie et témoignerait du démembrement des conditions d’hospitalité pour la folie.

Il s’agit là d’un enjeu majeur de société.

Il est donc indispensable qu’un grand mouvement unitaire s’organise pour faire céder le gouvernement.

Déjà des initiatives nombreuses ont été prises allant dans ce sens :

– Grève des psychiatres des hôpitaux le mardi 28 septembre

– Création du collectif : mais c’est un homme

– Nombreuses initiatives locales prévues

Par ailleurs un colloque à l’Assemblée Nationale organisé par les 39 le 4 octobre sera l’occasion de poser ces questions vitales pour l’avenir du soin en psychiatrie à la représentation nationale largement invitée à en débattre

Organisons nous pour préparer tous ensemble une manifestation devant l’assemblée nationale le jour ou ce projet sera soumis au parlement.