Psychothérapeute : titre, alter titre, sans titre

Réplique au Figaro

les psychopraticiens relationnels sans préjugés

Le Figaro du 13 décembre consacre un dossier à la question du titre de psychothérapeute. L’article de Anne Juan en particulier comporte des inexactitudes et des prises à partie qui nous conduisent à produire le présent article rectificatif. La psychothérapie relationnelle, servie par ses psychopraticiens éponymes mérite le respect. À l’instar de la psychanalyse elle procède des Lumières et pas davantage que cette dernière ne mérite de souffrir d’incivilités médiatiques. Reprenons ici une description équanime du complexe disciplinaire et professionnel psy, à l’intention de l’opinion non prévenue.

identités multiples et combinables

Dans le domaine des professionnels du psychisme la figure est complexe et les spécialités emmêlées. Il en résulte des confusions même chez les spécialistes, qui se perdent parfois eux aussi dans la complexité de leurs identités multiples. Voici pourquoi le grand public parle de psys pour éviter d’avoir à distinguer surtout en cas de cumul, entre tous ces professionnels. Au Snppsy et à l’Affop (1« ) nous nous référons pour nous y retrouver dans le labyrinthe des professions psys à la figure d’un carré, le Carré psy, donc chaque côté représente une profession cardinale. En haut trône la psychiatrie. En bas – quoiqu’il y ait un trône aucun des quatre côtés, strictement égaux comme il se doit dans un carré, ne régit l’espace commun, contentez-vous de cet à peu près ambivalent de quatre égaux dont l’un (ou l’autre, cela peut fonctionner à la française en cascade de mépris) se le dirait plus que les autres – au nadir donc la psychanalyse, ça convient à ses « profondeurs ». À l’ouest, pardon, à babord, à gauche si vous préférez, la psychologie. Face à elle à droite la psychothérapie relationnelle.

une seule psychothérapie : la nôtre

Or tout ce voisinage donne lieu à d’incroyables combinaisons et imbroglios. De plus n’oublions pas qu’il existe plusieurs psychothérapies relevant de champs méthodologiques et pratiques différents, chaque praticien cependant considérant qu’il n’existe qu’une seule psychothérapie, la sienne. Quant à la psychanalyse c’est pire, pour elle la psychothérapie c’est caca, mais voici – en qualité de psychologues notamment – que nombre de psychanalystes s’apprêtent à devenir …psychothérapeutes. On vous l’avait dit que c’était compliqué. Notre Carré commence à ressembler à un billard avec des boules de couleur. On joue comment et à quoi sur cette surface entre ces bandes ?

titre tout nouveau

Remettons la bille rouge au centre. Il s’agit du tout nouveau titre de psychothérapeute (2« ). C’est que ex psychothérapeute et nouveau psychothérapeute c’est plus du tout la même chose ! On vous le disait, c’est un peu complexe, pour tout clarifier on en a simplement rajouté une couche. Ne vous découragez pas on vous explique.

psychiatre

À tout seigneur tout honneur, le psychiatre est néo psychothérapeute de plein droit. Ne demandez pas pourquoi, nous avons décidé de faire bref, rappelons que les psychiatres s’occupent de la maladie mentale mais que par contre très souvent ils n’ont jamais appris la psychothérapie telle que la définirait un psychanalyste (3« ) ou un psychopraticien relationnel pour l’appeler par son nouveau nom.

psychologue clinicien

Le psychologue clinicien (il y en a de plusieurs espèces, les cliniciens sont ceux qui pensaient être déjà psychothérapeutes (4« )) s’estime lésé de devoir repasser sur les bancs de l’université, cette fois côté médecine (plus stage), pour pouvoir exercer ce à quoi il était formé jusqu’à présent (guerre des corporations, tendance à la paramédicalisation). Notons par exemple que les psychologues qui ont effectué entre 400 et 500 heures de psychopathologie sont priés de compléter leurs études auprès de la psychiatrie qui compte … 250 heures de psychopathologie. Comprenne qui pourra.

psychanalyste

Le psychanalyste, régulièrement inscrit dans sa société qui l’a fait psychanalyste, est, généralement mais pas toujours, psychologue clinicien, médecin ou psychiatre. Son cas se rabat donc sur celui de sa corporation de couverture. Voir § ci-infra. De plus, elle s’estime résider scientifiquement ailleurs, du côté de l’inconscient, hors de portée de la psychologie et de la médecine. Mais à l’occasion tout de même on se considère comme psychanalyste in partibus en terre médico-sociale (CMPP) ou hospitalière. Eh oui, rien n’est simple au sein de la galaxie psy.

psychothérapeute relationnel –> psychopraticien relationnel

Le psychothérapeute relationnel s’appelait jusqu’en juillet de cette année psychothérapeute à titre exclusif s’il n’était pas déjà aussi psychologue, psychanalyste, psychiatre. Selon ses états de services antérieurs et sa formation en particulier en psychologie, il bénéficiera ou non de la clause du grand-père qui lui donnera accès au titre après avoir lui aussi repassé par la fac de médecine (plus stage). On disait simplement psychothérapeute (relationnel). On va dire autrement à partir de maintenant.

quatre professions, un titre réservé, un alter titre

Résumons-nous. Le nouveau titre de psychothérapeute est praticable à l’avenir selon des modalités diverses d’homologation, aux quatre professions suivantes : psychiatre (automatique), psychologue, psychanalyste, certains ci-devant psychothérapeutes d’Ancien Régime. Les praticiens formés à la psychothérapie relationnelle dans les Écoles privées s’appelleront dorénavant, s’intituleront (i.e. prendront le titre de), s’altertitreront psychopraticiens relationnels (5« ) s’ils n’appartiennent pas aux trois catégories pré-citées ou préfèrent ne point revendiquer le nouveau titre (anciennement le leur, on l’a compris).

écoles,titularisation, autoréglementation

Les Écoles de formation à la psychothérapie relationnelle forment régulièrement des psychothérap/ pardon, dorénavant des psychopraticiens relationnels. Ils les forment à la mi temps de l’âge, par reconversion, à l’issue d’une démarche personnelle déjà entreprise. Ce sont gens d’expérience et de maturité. Les institutions historiques qui ont présidé à l’installation en bon ordre et bonne et due forme depuis près de quarante ans de ceux qu’on appelait « les psychothérapeutes » sans même préciser relationnels car les appellations ont évolué avec le temps et la montée en spécificité et qualité, ont mis en place :

– D’une part des institutions de formation par elles agréées. 2000 heures, cinq ans de formation, comme à l’université, mais en établissement privé, avec à la clé psychanalyse ou psychothérapie personnelle obligatoire, cela ne correspond pas véritablement à la phrasette qui tue : » psychothérapeutes autoproclamés qui n’ont strictement aucun diplôme ». Il y a de bonnes écoles qui délivrent des diplômes honorables. Non universitaires pour des raisons historiques tenant à la France, mais éminemment respectables. Le Cifp prétend en être une.

– D’autre part des systèmes de titularisation fiables et honorables, comme les Cinq critères et le code de déontologie du SNPPsy, souvent reconnus par un maillage d’associations professionnelles européennes, qui constituent un dispositif d’autoréglementation qui a bien fonctionné jusqu’ici et continue de le faire.

GLPR

Les quatre organisations historiques responsables (Affop, FF2P, Psy’G, SNPPsy), fédérations et syndicats en place de longue date qui ont pris soin de la profession et discipline se sont récemment regroupées dans un groupe de liaison, le GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle. Elles entendent garantir et elles seules la qualité des praticiens qu’elles encadrent.

corporatisme

Tout ce petit monde d’un bord à l’autre du Carré (je vous épargne les conflits internes) se chamaille de façon perfide que vous n’imaginez pas et se traite de nul d’incompétent de charlatan (ça c’est l’insulte médicale classique), voir d’inexistant, comme encore hier dans l’article de Anne Juan un psychanalyste dont par charité nous tairons le nom proférant : « on peut s’autoproclamer membre d’une profession qui n’existe pas ! » Les humains sont ainsi faits, et le corporatisme aussi borné et hargneux que le nationalisme quand il s’y met.

guerre des clans psys – psycho diversité

On relève encore des informations inexactes ou tendancieuses dans l’article d’Anne Jouan. Le Temple solaire, c’est une affaire de médecins, pas de « psychothérapeutes ». Un décret a bien créé un Registre mais ne le cherchez pas celui-ci est loin d’être en place. Chaque corporation a son taux de dérives, pas élevé, aucune plus que l’autre en réalité, et ses institutions de surveillance éthique. Mais c’est tellement tentant de dénoncer la paille dans l’œil du voisin. Les « victimes sont malheureusement extrêmement nombreuses » de Bernard Accoyer constitue une accusation gratuite, à effet. On évoque de façon populiste les innombrables méfaits supposés de l’autre, celui qu’il s’agit de stigmatiser dans la guerre des clans psys. Comme le disait notre bon La Fontaine Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.

L’ennui c’est qu’il n’y a de chien noyer nulle part, mais une simple psycho diversité bien utile au public, chaque profession lui servant à quelque chose de différent (sans compter les multi casquettes). La vérité c’est que la médecine scientiste aimerait se subordonner l’ensemble du champ psy. À tout il faut sagement concevoir une limite.

les vrais « autoproclamés » mis à la marge ?

À propos de limite la nouvelle loi, qui ne fait pas que des heureux, pourrait avoir eu à la limite cela de bon que tout se recale plus précisément. Et que les autoproclamés, les vrais, ceux qui ne relèvent d’aucune des quatre catégories dûment instituées que nous venons de décrire, se retrouveront sans couverture, le public pouvant s’enquérir de la référence de son psy. Le risque zéro n’existe pas. N’allez a priori pas pour autant consulter quelqu’un que vous ne pourriez situer précisément dans une organisation repérable affichant un système de garantie crédible.

réglementés, non réglementés mais auto réglementés, « autoproclamés »

Du point de vue de la nouvelle réglementation on trouve trois catégories. Profession réglementée (par la loi), « non réglementée » mais autoréglementée (par la profession responsable), et le reste, hors garantie, les autoproclamés. Dans la polémique incessante mettant aux prises les uns et les autres la rhétorique consistera à assimiler ceux à qui on veut s’en prendre à la catégorie la plus déconsidérée (principe de la cascade). La polémique dans laquelle entre imprudemment Anne Jouan illustre ce syndrome collectif. Nous le frôlons nous-mêmes en chargeant ici même les professionnels sans garantie sérieuse : ceux que nous ne garantissons pas, les véritables « autoproclamés », ceux qui ne sont pas authentifiés solidairement par une institution elle-même solide, ceux dont aucune personne morale scientifique valable ne répond.

caution solidaire : la garantie

Des enjeux scientifiques et idéologiques puissants tendent les ressorts de l’évolution des professions psys, passionnent les professionnels et concernent le public. Il importe dans ce domaine sensible de ne pas affoler les cadrans avec des formules qui tuent mais n’éclairent pas, tant il est vrai que le diplôme n’est pas garant de la compétence, mais bien davantage la caution solidaire d’une société ou association professionnelle sérieuse et responsable.


L’article de Anne Juan au Figaro ayant donné lieu à cette reprise se trouve ici.

  • 1 Dont fait partie le Cifp.
  • 2 Dérobé aux psychothérapeutes (relationnels), c’était leur nom jusqu’ici. Les voici débaptisés par la création d’un nouveau titre universitaire.
  • 3 Qui a par ailleurs cette variété en horreur parce qu’elle lui rappelle la psychologie, qui révulse ses convictions concernant l’inconscient.
  • 4 À leur manière, car un psychologue clinicien n’a aucune obligation d’avoir effectué un travail sur soi pour exercer tout à fait légalement. C’est pour établir une distinction claire entre des pratiques psychothérapiques hétérogènes qu’à partir de 1997 nous avons entrepris de distinguer nos psychothérapeutes relationnels des psychothérapeutes tout courts sortis de l’université, ou des dits « autoproclamés », sans lien avec une organisation historique responsable.
  • 5 Titre relevant d’agrément SNPPsy, dans le cadre GLPR. C’est un peu plus complexe. La terminologie d’ensemble sera affinée au cours de l’an qui vient. L’unification venant du nouveau nom de métier : psychopraticien, et de l’autorité morale et professionnelle historique GLPR.

Gestation pour autrui : un cadre contre les dérives

LEMONDE.FR | 13.12.10 | 09h19 • Mis à jour le 14.12.10 | 14h51

Chaque victoire emportée par la France contre ses propres conservatismes est le résultat d’une confrontation. Lorsqu’il s’agit de prendre acte de l’évolution de notre société, les libertés à conquérir sont toujours précédées d’incompréhensions, d’inquiétudes et de prophéties menaçantes. C’est en répétant les choses avec obstination que les Français, et plus encore les Françaises, ont dissipé les doutes et obtenu le droit au divorce, puis le droit de disposer librement de leur corps, malgré tous les messagers de l’apocalypse qui s’y sont opposés.

Il y a un demi-siècle, on imposait aux futurs parents la naissance d’enfants non désirés. Aujourd’hui, à travers les interdictions inscrites dans la loi de bioéthique, on interdit à des parents la naissance d’enfants désirés. La distance qui sépare notre droit ancestral des réalités de nos familles n’a cessé de s’étendre.

La multiplicité et la plasticité des modèles familiaux ne peuvent être ignorées plus longtemps. En sociologie, en psychanalyse et en droit, voilà bien longtemps que les liens sociaux priment sur les liens biologiques. Parenté et filiation n’ont rien de naturel, ce sont des liens institués. Ce ne sont pas les liens génétiques mais la manifestation de la volonté d’être parent, l’engagement irrévocable, et la réalité d’une vie de famille qui font d’une personne un parent. Ce n’est pas le fait de porter un enfant qui fait d’une femme la mère de cet enfant, mais le fait de le vouloir, de s’engager à l’élever et de s’y préparer.
Voilà trente ans que les techniques médicales permettent aux femmes de porter l’enfant d’une autre. Il y a vingt ans, alertés par les dérives qui pouvaient affecter cette pratique en l’absence de toute loi, le juge puis le législateur français ont préféré mettre un terme à la pratique elle-même, plutôt qu’à l’absence d’encadrement. C’est ainsi que toute gestation pour autrui est prohibée dans le droit français depuis 1991.

Depuis, des enfants naissent grâce à des gestations pour autrui dans plusieurs démocraties avancées. Les droits des femmes et l’intérêt des enfants y sont protégés. Leurs témoignages invalident les justifications que les avocats de la prohibition vont chercher là où aucun cadre n’est proposé par la loi. Refuser un encadrement de la gestation pour autrui en prenant exemple sur les dérives connues dans les pays qui n’encadrent pas les gestations pour autrui : voilà l’artifice auquel se prêtent les partisans du statu quo.

Oui, sans encadrement, la société peut dériver vers une instrumentalisation des femmes, une réification de leurs corps, une marchandisation de l’enfant. Sans encadrement, les droits de tous ceux dont le corps peut être source de profit sont en danger. C’est la raison pour laquelle nous proposons de fixer le cadre qui permettra aux femmes de porter un enfant pour d’autres parents sans voir leurs droits menacés.

FIXER DES CRITÈRES

L’élaboration d’un tel cadre nécessite, comme toute élaboration de nouvelles règles, l’ouverture d’un débat, l’emploi d’un vocabulaire commun et l’écoute des arguments contradictoires. Les états généraux de la bioéthique, organisés par le gouvernement en 2009, n’ont pas permis ce débat.

La gestation pour autrui ne sera une authentique pratique altruiste que si elle est encadrée. Cela signifie qu’il faudra fixer des critères psychologiques, physiques et sociaux objectifs et non discriminatoires pour autoriser une femme à porter un enfant pour d’autres parents. Pour éviter toute forme de dérive, nous proposons de ne pas autoriser les femmes sans enfant à porter un enfant pour autrui, de limiter le nombre de gestations pour autrui par femme, et de fixer une limite d’âge. Nous ne proposons pas de permettre à une mère de porter un enfant pour un de ses descendants. Nous excluons toutes relations financières entre les parents et la femme qui porte leur enfant. C’est au juge d’établir l’état civil de l’enfant et de fixer les conditions de la grossesse, en respectant la liberté de la femme de prendre à tout moment toutes les décisions relatives à son corps. C’est à la société de prendre en charge le coût de la grossesse, comme dans le cas d’un congé maternité.

Au XXIe siècle, la fondation d’une famille est l’expression d’une volonté, c’est à dire de la conjonction d’une liberté individuelle et d’un projet partagé. La venue au monde d’un enfant résulte de cette liberté et de ce projet. Encadrer la gestation pour autrui, c’est reconnaître que cette liberté et ce projet ne s’arrêtent pas aux frontières biologiques. Des parents, des géniteurs, une gestatrice peuvent permettre, ensemble, la venue au monde d’un enfant. Il revient à la société de fixer le cadre nécessaire à la protection de cette liberté.

Michèle André, sénatrice du Puy-de-Dôme, Elisabeth Badinter, philosophe, Gérard Bapt, député-maire de Saint-Jean, Joëlle Belaisch-Allart, gynécologue obstétricienne, Serge Blisko, député de Paris, Patrick Bloche, député-maire du XIe arrondissement de Paris, Gilles Bon-Maury, président d’HES, Jean-Michel Boucheron, député d’Ille-et-Vilaine, Nathalie Boudjerada, avocate, Christophe Bouillon, député-maire de Canteleu, Laurence Brunet, juriste, Anne Cadoret, anthropologue, Laure Camborieux, présidente de Maia, Olivia Cattan, présidente de Paroles de femmes, Monique Cerisier Ben Guiga, sénatrice des Français établis hors de France, Nadia Cherkasky, psychologue, psychanalyste, François Dagnaud, adjoint au maire de Paris, Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, Valérie Depadt-Sebag, juriste, Olivier Dussopt, député-maire d’Annonay, Rémi Féraud, maire du Xe arrondissement de Paris, Olivier Ferrand, président de Terra Nova, Aurélie Filippetti, députée de Moselle, Antoinette Fouque, psychanalyste, Caroline Fourest, rédactrice en chef de la revue ProChoix, Véronique Fournier, médecin, Geneviève Fraisse, philosophe, Maurice Godelier, anthropologue, Jean-Pierre Godefroy, sénateur de la Manche, Martine Gross, sociologue, Juliette Guibert, gynécologue obstétricienne, Bruno Julliard, secrétaire national du PS, Serge Hefez, psychiatre, psychanalyste, Géraud de La Pradelle, juriste, Jean-Marie Le Guen, député de Paris, Catherine Lemorton, députée de Haute-Garonne, Claudine Lepage, sénatrice des Français établis hors de France, Annick Lepetit, députée de Paris, Roger Madec, sénateur-maire du XIXe arrondissement de Paris, François Marc, sénateur du Finistère, Sylvie et Dominique Mennesson, co-présidents de l’association Clara, Jennifer Merchant, politologue, Jean-Pierre Michel, sénateur de la Haute-Saône, Jacques Milliez, gynécologue obstétricien, Frank Natali, avocat, Israël Nisand, gynécologue obstétricien, Ruwen Ogien, philosophe, François Olivennes, gynécologue obstétricien, Corine Pelluchon, philosophe, Mao Peninou, adjoint au maire de Paris, François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, Marie-Line Reynaud, députée de Charente, Elisabeth Roudinesco, historienne, psychanalyste, Joy Sorman, écrivain, Irène Thery, sociologue, Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS, André Vallini, député, président du conseil général de l’Isère, Alain Vidalies, député des Landes, Richard Yung, sénateur des Français établis hors de France.
Michèle André, Elisabeth Badinter, Gérard Bapt, Joëlle Belaisch-Allart, Serge Blisko, Patrick Bloche, Gilles Bon-Maury, Jean-Michel Boucheron…

Gestation pour autrui : un cadre contre les dérives

LEMONDE.FR | 13.12.10 | 09h19 • Mis à jour le 14.12.10 | 14h51

Chaque victoire emportée par la France contre ses propres conservatismes est le résultat d’une confrontation. Lorsqu’il s’agit de prendre acte de l’évolution de notre société, les libertés à conquérir sont toujours précédées d’incompréhensions, d’inquiétudes et de prophéties menaçantes. C’est en répétant les choses avec obstination que les Français, et plus encore les Françaises, ont dissipé les doutes et obtenu le droit au divorce, puis le droit de disposer librement de leur corps, malgré tous les messagers de l’apocalypse qui s’y sont opposés.

Il y a un demi-siècle, on imposait aux futurs parents la naissance d’enfants non désirés. Aujourd’hui, à travers les interdictions inscrites dans la loi de bioéthique, on interdit à des parents la naissance d’enfants désirés. La distance qui sépare notre droit ancestral des réalités de nos familles n’a cessé de s’étendre.

La multiplicité et la plasticité des modèles familiaux ne peuvent être ignorées plus longtemps. En sociologie, en psychanalyse et en droit, voilà bien longtemps que les liens sociaux priment sur les liens biologiques. Parenté et filiation n’ont rien de naturel, ce sont des liens institués. Ce ne sont pas les liens génétiques mais la manifestation de la volonté d’être parent, l’engagement irrévocable, et la réalité d’une vie de famille qui font d’une personne un parent. Ce n’est pas le fait de porter un enfant qui fait d’une femme la mère de cet enfant, mais le fait de le vouloir, de s’engager à l’élever et de s’y préparer.
Voilà trente ans que les techniques médicales permettent aux femmes de porter l’enfant d’une autre. Il y a vingt ans, alertés par les dérives qui pouvaient affecter cette pratique en l’absence de toute loi, le juge puis le législateur français ont préféré mettre un terme à la pratique elle-même, plutôt qu’à l’absence d’encadrement. C’est ainsi que toute gestation pour autrui est prohibée dans le droit français depuis 1991.

Depuis, des enfants naissent grâce à des gestations pour autrui dans plusieurs démocraties avancées. Les droits des femmes et l’intérêt des enfants y sont protégés. Leurs témoignages invalident les justifications que les avocats de la prohibition vont chercher là où aucun cadre n’est proposé par la loi. Refuser un encadrement de la gestation pour autrui en prenant exemple sur les dérives connues dans les pays qui n’encadrent pas les gestations pour autrui : voilà l’artifice auquel se prêtent les partisans du statu quo.

Oui, sans encadrement, la société peut dériver vers une instrumentalisation des femmes, une réification de leurs corps, une marchandisation de l’enfant. Sans encadrement, les droits de tous ceux dont le corps peut être source de profit sont en danger. C’est la raison pour laquelle nous proposons de fixer le cadre qui permettra aux femmes de porter un enfant pour d’autres parents sans voir leurs droits menacés.

FIXER DES CRITÈRES

L’élaboration d’un tel cadre nécessite, comme toute élaboration de nouvelles règles, l’ouverture d’un débat, l’emploi d’un vocabulaire commun et l’écoute des arguments contradictoires. Les états généraux de la bioéthique, organisés par le gouvernement en 2009, n’ont pas permis ce débat.

La gestation pour autrui ne sera une authentique pratique altruiste que si elle est encadrée. Cela signifie qu’il faudra fixer des critères psychologiques, physiques et sociaux objectifs et non discriminatoires pour autoriser une femme à porter un enfant pour d’autres parents. Pour éviter toute forme de dérive, nous proposons de ne pas autoriser les femmes sans enfant à porter un enfant pour autrui, de limiter le nombre de gestations pour autrui par femme, et de fixer une limite d’âge. Nous ne proposons pas de permettre à une mère de porter un enfant pour un de ses descendants. Nous excluons toutes relations financières entre les parents et la femme qui porte leur enfant. C’est au juge d’établir l’état civil de l’enfant et de fixer les conditions de la grossesse, en respectant la liberté de la femme de prendre à tout moment toutes les décisions relatives à son corps. C’est à la société de prendre en charge le coût de la grossesse, comme dans le cas d’un congé maternité.

Au XXIe siècle, la fondation d’une famille est l’expression d’une volonté, c’est à dire de la conjonction d’une liberté individuelle et d’un projet partagé. La venue au monde d’un enfant résulte de cette liberté et de ce projet. Encadrer la gestation pour autrui, c’est reconnaître que cette liberté et ce projet ne s’arrêtent pas aux frontières biologiques. Des parents, des géniteurs, une gestatrice peuvent permettre, ensemble, la venue au monde d’un enfant. Il revient à la société de fixer le cadre nécessaire à la protection de cette liberté.

Michèle André, sénatrice du Puy-de-Dôme, Elisabeth Badinter, philosophe, Gérard Bapt, député-maire de Saint-Jean, Joëlle Belaisch-Allart, gynécologue obstétricienne, Serge Blisko, député de Paris, Patrick Bloche, député-maire du XIe arrondissement de Paris, Gilles Bon-Maury, président d’HES, Jean-Michel Boucheron, député d’Ille-et-Vilaine, Nathalie Boudjerada, avocate, Christophe Bouillon, député-maire de Canteleu, Laurence Brunet, juriste, Anne Cadoret, anthropologue, Laure Camborieux, présidente de Maia, Olivia Cattan, présidente de Paroles de femmes, Monique Cerisier Ben Guiga, sénatrice des Français établis hors de France, Nadia Cherkasky, psychologue, psychanalyste, François Dagnaud, adjoint au maire de Paris, Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, Valérie Depadt-Sebag, juriste, Olivier Dussopt, député-maire d’Annonay, Rémi Féraud, maire du Xe arrondissement de Paris, Olivier Ferrand, président de Terra Nova, Aurélie Filippetti, députée de Moselle, Antoinette Fouque, psychanalyste, Caroline Fourest, rédactrice en chef de la revue ProChoix, Véronique Fournier, médecin, Geneviève Fraisse, philosophe, Maurice Godelier, anthropologue, Jean-Pierre Godefroy, sénateur de la Manche, Martine Gross, sociologue, Juliette Guibert, gynécologue obstétricienne, Bruno Julliard, secrétaire national du PS, Serge Hefez, psychiatre, psychanalyste, Géraud de La Pradelle, juriste, Jean-Marie Le Guen, député de Paris, Catherine Lemorton, députée de Haute-Garonne, Claudine Lepage, sénatrice des Français établis hors de France, Annick Lepetit, députée de Paris, Roger Madec, sénateur-maire du XIXe arrondissement de Paris, François Marc, sénateur du Finistère, Sylvie et Dominique Mennesson, co-présidents de l’association Clara, Jennifer Merchant, politologue, Jean-Pierre Michel, sénateur de la Haute-Saône, Jacques Milliez, gynécologue obstétricien, Frank Natali, avocat, Israël Nisand, gynécologue obstétricien, Ruwen Ogien, philosophe, François Olivennes, gynécologue obstétricien, Corine Pelluchon, philosophe, Mao Peninou, adjoint au maire de Paris, François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, Marie-Line Reynaud, députée de Charente, Elisabeth Roudinesco, historienne, psychanalyste, Joy Sorman, écrivain, Irène Thery, sociologue, Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS, André Vallini, député, président du conseil général de l’Isère, Alain Vidalies, député des Landes, Richard Yung, sénateur des Français établis hors de France.
Michèle André, Elisabeth Badinter, Gérard Bapt, Joëlle Belaisch-Allart, Serge Blisko, Patrick Bloche, Gilles Bon-Maury, Jean-Michel Boucheron…

Jacques Sédat et « la jungle des psys en France »

Un décret a créé un registre de praticiens que tout patient peut consulter.

Comment le patient qui souhaite faire une psychothérapie peut-il s’y retrouver dans la jungle des psys en France? La prise en charge de la maladie mentale est en général dévolue aux psychiatres. Ceux-ci proposent parfois, en complément d’un éventuel traitement médicamenteux, une psychothérapie. Certaines personnes en souffrance ne veulent pas médicaliser leur prise en charge et optent directement pour la psychanalyse ou la psychothérapie. Cette dernière est définie comme «la thérapie par la parole, selon le psychanalyste Serge Tisseron. Elle est faite pour repérer ses défaillances, dissocier le passé du présent, faire la part de son éducation dans les difficultés que l’on rencontre». Par ailleurs, il existe toute une gamme de thérapies à visée psychologique, avec une approche et des objectifs variés.

Jusqu’à présent, n’importe qui pouvait prétendre au titre de psychothérapeute. Ce qui explique pourquoi cette discipline n’avait pas très bonne presse auprès des pouvoirs publics et une certaine partie de l’opinion, notamment depuis le suicide collectif du groupe sectaire de l’Ordre du temple solaire dans le Vercors en 1995. «Tout est parti de cette histoire et du fait que le leader de cette secte était un psychothérapeute», explique le psychanalyste Jacques Sédat. C’est la raison pour laquelle le député maire d’Annecy, le Dr Bernard Accoyer, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, avait proposé de réglementer la profession de psychothérapeute à la fin des années 1990.

Formation et stage

En mai 2010, soit onze ans plus tard, paraissait au Journal officiel un décret réglementant la profession. «C’est une avancée considérable pour le droit des malades, le droit à l’information pour ceux qui ont recours à des psychothérapeutes. Il y a un nombre très important de psychothérapeutes autoproclamés qui n’ont strictement aucun diplôme, aucune garantie de la moindre compétence. Leurs victimes sont malheureusement extrêmement nombreuses», avait alors déclaré Bernard Accoyer. Désormais, tous ceux qui désirent utiliser le titre doivent être inscrits sur un registre départemental. Ce dernier est à la disposition des patients. Pour y figurer, il faut avoir un diplôme de niveau master en psychologie ou en psychanalyse et il sera obligatoire d’avoir suivi une formation en psychopathologie clinique d’au minimum 400 heures, délivrée dans un établissement public (ou privé agréé) et d’avoir effectué un stage pratique d’une durée minimale de cinq mois.

Seuls les psychiatres sont dispensés de cette formation, cette dernière étant normalement incluse dans leur cursus initial. Ils pourront s’inscrire automatiquement sur le registre. Pour les psychologues et les psychanalystes déjà installés et qui souhaitent s’inscrire, la donne est différente. Les psychologues devront suivre deux mois de stage et 150 heures de formation théorique pour les cliniciens et 300 heures pour les non-cliniciens. Quand aux psychanalystes, ils devront valider 200 heures de formation et deux mois de stage pour utiliser le titre de psychothérapeute. «Il est important que les psychothérapeutes soient formés sur l’aspect clinique», plaide le Pr Jean-Pierre Olié, chef de service à l’hôpital Sainte-Anne (Paris), qui juge cette réglementation «insuffisante».

«Membre d’une profession qui n’existe pas»

Mais certains psychothérapeutes ont trouvé le moyen de contourner la loi. «Il suffit de dire que l’on est “psy-praticien” ou “psycho-praticien relationnel” pour échapper à la règle, déplore Jacques Sédat. En résumé, on peut s’autoproclamer membre d’une profession qui n’existe pas!» Un détournement sémantique intéressant pour une discipline qui se présente comme la thérapie par la parole… Jean-Pierre Olié estime que des infirmiers, des éducateurs, des travailleurs sociaux ainsi que des historiens et des sociologues ne manqueront pas de devenir psychothérapeutes.

Le psychanalyste Serge Tisseron voit surtout derrière cet encadrement législatif une «préparation à l’évolution de la santé en règle générale et de la santé mentale en particulier qui va devenir de plus en plus épidémiologique et statistique». Pour lui, les psychothérapeutes viendront combler les rangs des psychiatres de moins en moins nombreux. Sans compter que cette raréfaction des médecins psychiatres aboutira à leur hyperspécialisation. Mais croire que seul le diplôme est le garant de la compétence serait illusoire. «On peut être chirurgien et charlatan», résume Jacques Sédat.

Une chose est sûre, il est difficile de s’y retrouver. D’autant qu’il existe quasiment autant de sortes de psychothérapies (d’inspiration psychanalytique, comportementales, corporelles, etc.) que de psychothérapeutes. Pour ceux qui cherchent une approche impliquant essentiellement la parole, le meilleur conseil est d’aller voir un professionnel pouvant faire un diagnostic et capable de discuter les indications (et contre-indications) thérapeutiques. Et bien sûr, de vérifier qu’il est bien inscrit sur les registres des agences régionales de santé.

L’Affop : dernières nouvelles

Décembre 2010. Où en sommes-nous de notre profession ?


Ce texte fait le tour de la situation actuelle et nous vous engageons à en prendre soigneusement connaissance. Il complète notre éditorial, qui lui même se conjugue avec d’autres textes édités sur ce site, notamment la rubrique Devenir psychothérapeute NN ou psychopraticien relationnel.

Attention. La terminologie toute récente distingue encore confusément parfois entre le nom de métier psychopraticien, ouvert à tout praticien qui y prétendra, et le titre auto réglementé de psychopraticien relationnel (Affop.) (1« ) Tout cela mériterait un prochain article : notre profession, son nom, ses titres.

Le samedi 22 janvier au cours du colloque Sauvons la pratique se préciseront à ce sujet au cours d’un débat ouvert désignations, analyses et résolutions communes.

Alors, bonne lecture et à bientôt !

Philippe Grauer


Face à une loi et une réglementation que nous persistons à considérer comme iniques, nous avons poursuivi le combat législatif, comme nous nous y étions engagés auprès de vous.

Recours devant le Conseil d’État

En effet, nous n’avons pas baissé les bras ! L’Affop et le SNPPsy ont déposé un nouveau recours devant le Conseil d’État contre le décret n° 2010-534, paru au Journal Officiel du 22 mai 2010 et les arrêtés des 8 et 9 juin 2010 qui l’accompagnent.

Nous ne sommes pas les seuls, car plusieurs associations de psychologues se sont réunies pour exercer le même type de recours. Les psychologues à propos des psychiatres, les psychothérapeutes à propos des psychanalystes. Tous faisant valoir l’inégalité devant la loi qui encadre notre titre.

Quant aux psychanalystes, l’action de certains d’entre eux, issus pour la plupart du Groupe de Contact et réunis dans l’Association Analyser sous l’égide de F.R. Dupond-Muzart, dans leur souci d’éviter de nouvelles créations d’associations de psychanalystes que pourtant la loi autorise, pourraient même aller jusqu’à demander un encadrement par l’État de la psychanalyse, soit de leur pratique ou plus probablement de leurs associations.

Hélas dans cette bataille, chacun ne peut que chercher à défendre ses intérêts corporatifs et à combattre, ensemble ou séparément les inégalités devant la loi qui encadre désormais notre titre.

GLPR : groupe de liaison des 4

En ce qui nous concerne, nous avons participé à la création d’une instance de collaboration : le GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle, réunissant les deux fédérations responsables (Affop, FF2P) et les deux syndicats historiques (PSY’G & SNPPsy).

Pages jaunes

Le GLPR est déjà parvenu à une avancée notable concernant nos inscriptions sur les Pages Jaunes :

En effet, les responsables des Pages Jaunes nous proposent désormais la création d’une nouvelle rubrique intitulée : Psychothérapie (soins hors d’un cadre réglementé). Après avoir envisagé d’en demander, de diverses manières, une modification concernant le terme de soins dont nous n’apprécions guère la connotation médicale, nous sommes, maintenant et après concertation, nombreux (Affop & SNPPsy) à penser qu’il serait préférable d’accepter leur proposition toutefois en vérifiant que la rubrique sera bien accessible sur les Pages jaunes via le terme de Psychothérapie, ce qui constitue un grand avantage concernant notre lisibilité. Le processus de concertation au sein du GLPR et de négociations avec les Pages jaunes se poursuit. Nous vous tiendrons au courant.

En attendant, sachez que si vous êtes déjà inscrit sur les PJ et ne pouvez pas prétendre à déposer un dossier de grand-parentage (5 ans d’exercice déclaré) vous devez légalement vous en retirer temporairement. Si vous exercez officiellement depuis plus de 5 ans vous pouvez y demeurer puisque vous disposez des délais légaux pour présenter votre dossier de demande d’homologation auprès de l’Agence régionale de santé de votre région.

Dans les deux cas, nous vous recommandons de refuser fermement toute proposition d’inscription dans leur rubrique fourre-tout : Soins en dehors d’un cadre réglementé, ce qui vous a peut-être déjà été proposé. L’action du GLPR vous permettra bientôt de figurer dans une rubrique spécifique et mieux appropriée pour faire valoir auprès des usagers nos spécificités ainsi que notre auto réglementation. Nous œuvrons en ce sens.

CRI, CRA, ARS !

Du côté des pouvoirs publics, qui, jusqu’à ces derniers temps restaient silencieux, il persiste toujours un vide effectif concernant la nouvelle formation à la psychopathologie clinique qui est absente des cursus de cette année universitaire.

Néanmoins, plusieurs régions, via leurs ARS – Agences régionales de Santé, viennent de mettre en place le processus d’organisation des CRI – Commissions régionales d’inscription des professionnels justifiant de 5 années d’exercice, et des CRA – Commissions régionales d’agrément des instituts dispensant une formation à la psychopathologie clinique.

Ayant été sollicités, à titre institutionnel, par l’ARS (Agence régionale de santé) Rhône-Alpes, nous devons nous concerter sur la pertinence d’y participer ce qui nécessite de solliciter la contribution de collègues certes psychothérapeutes selon nos 5 critères, mais aussi obligatoirement et prioritairement médecins, psychologues, ou psychanalystes. Notons à ce propos que le futur Registre national des psychothérapeutes sera établi en fonction des professions d’origine des inscrits. Cela signifie clairement que la profession de psychothérapeute n’existe pas aux yeux des pouvoirs publics mais que le titre de psychothérapeute pourra être accordé à des diplômés en psychiatrie, médecine, psychologie ou bien à des psychanalystes inscrits dans leurs associations, tous ayant suivi, sauf dispenses totales (pour les psychiatres) ou partielles pour d’autres diplômés, une formation complémentaire selon les dispositions figurant à l’annexe du décret.

Avant le 23 mai

En ce qui concerne votre envoi d’un dossier d’homologation, selon les
dispositions transitoires. Vous pouvez légalement et dès à présent, l’adresser au directeur de l’ARS (Agence régionale de santé) de la région dont vous vous dépendez (par LR avec AR).

Les délais : impérativement avant le 23 mai 2011, même si ceux-ci pourraient peut-être être différés jusqu’au 30 juin selon une préconisation du ministère dont nous avons eu connaissance, mais qui n’est encore pas avérée pour toutes les régions.

Certes, rien ne presse et personne n’a envie d’essuyer pas les plâtres et peut-être est-il plus prudent d’attendre les premières décisions des Commissions créées par les ARS qui devront d’ailleurs et auparavant se concerter au niveau national ? Pourtant si vous tardez trop, vous risquez de vous retrouver pris(es) dans un engorgement de réception de dossiers qui pourrait se solder par le délai fatal de 6 mois de non réponse valant refus de votre demande.

Questions-clés

Si vous hésitez à constituer et présenter ce dossier, nous vous invitons à vous poser ces quelques questions-clés concernant :

– votre décision de demander à appartenir à ce nouveau corps de Psychopathologues d’État (bientôt titulaires du titre de Psychothérapeutes) qui ne répondra pas aux 5 critères que nous défendons ni consécutivement à notre éthique professionnelle.

– votre attachement au titre de psychothérapeute que nous avions créé et auto-réglementé via nos instances professionnelles titularisantes, titre que vous souhaiteriez continuer à porter légitimement et aussi légalement.

– votre capacité à présenter un dossier suffisamment complet pour être acceptable par les commissions des ARS (Agences régionales de santé) dont les critères sont encore à harmoniser au niveau national. Sans oublier l’extrait de casier judiciaire qui est a priori refusé à tout particulier mais peut, peut-être, être obtenu en fonction d’une démarche particulière dont nous vous tiendrons informés.

– l’incidence sur votre vie personnelle et professionnelle d’avoir à prendre le risque de devoir suivre un complément de formation universitaire ou de stages institutionnels exigés par les pouvoirs publics.

– votre attachement à la liberté de notre pratique que nous pourrions continuer à exercer et affirmer sous un nouveau titre tel que psychopraticien relationnel en référence à notre éthique professionnelle représentée par les 5 critères que nous défendons.

Sauvons la pratique !

Pour faire le point, nous vous espérons très nombreux à nous rejoindre pour participer à notre Journée d’étude du samedi 22 janvier 2011 sur le thème SAUVONS LA PRATIQUE.

Cet événement sera une journée d’information autant que de concertation grâce à votre présence et votre participation.

Nous pourrons vous y faire part des dernières informations dont nous disposerons en ce début d’année, répondre à vos questions concernant le processus d’homologation (selon les dispositions transitoires) et vous conseiller quant à la composition de votre dossier, si vous avez décidé de tenter l’aventure.

Nouveau nom de métier

Nous nous proposons aussi à cette occasion de dialoguer avec vous à propos de la création du nouveau nom de métier de psychopraticien dont nous avions eu l’initiative et qui devient majoritairement consensuel au sein du GLPR. C’est celui sous lequel nous souhaitons nous réunir afin de préserver la liberté de notre pratique et permettre à tous ceux (surtout ceux issus nos écoles agréées) qui ne peuvent prétendre à bénéficier des dispositions transitoires, d’exercer légalement la profession à laquelle ils se sont formés ou sont en cours de formation.

Malgré la crise économique et les difficultés créées par la nouvelle législation, nos étudiants demeurent mobilisés et bien résolus, contre vents et marées, à s’établir en tant que psychopraticiens relationnels(2« ). Saluons leur détermination sans faille, leur travail assidu, leur confiance dans nos actions ainsi que leur fidélité aux principes que nous leur avons transmis et qu’ils s’attachent à respecter.

Soyons tous réunis le samedi 22/01/11, enseignants, formateurs et superviseurs, praticiens établis ainsi que les nouveaux porteurs d’espoir que sont nos étudiants, afin de mettre en commun nos forces vives pour « sauver la pratique. »

Les responsables de l’Affop vous souhaitent une très bonne fin d’année 2010 et, dès maintenant, forment des vœux afin que l’année 2011 conforte, grâce à notre mobilisation commune, l’affirmation de notre nouvelle identité de psychopraticiens relationnels.

Bien à vous tous, à bientôt.

Arlette GASTINE, vice-présidente, pour le bureau de l’Affop

  • 1 Ou SNPPsy, l’essentiel étant d’accoler au titre son poinçon institutionnel le cautionnant.
  • 2 Il s’agit alors d’un titre.

Manifeste pour la psychanalyse

Marie Darrieussecq, psychanalyste et écrivain, et Yann Diener, psychanalyste, saluent la parution du «Manifeste pour la psychanalyse», un livre «éclairant et percutant».


puceinvite.jpgLa politique s’est toujours méfiée de la psychanalyse, et les psychanalystes sont souvent mal à l’aise avec la politique. Aujourd’hui où l’évaluation généralisée attaque toutes les pratiques, tous les métiers, la pratique psychanalytique est menacée de disparition par son assimilation à une psychothérapie. A rebours de la position de Freud et de Lacan, de nombreux psychanalystes ont souhaité ou accepté que la psychanalyse soit intégrée dans le marché des psychothérapies régulé par l’Etat. Ils espéraient trouver un abri dans cette réglementation : en échange d’un statut officiel, ils ont soumis leur formation, leur pratique et leur vocabulaire au contrôle d’experts en santé publique. Heureusement, d’autres psychanalystes refusent de sacrifier la singularité de leur pratique : le Manifeste pour la psychanalyse, lancé en 2004, a recueilli 970 signatures à ce jour. Six des initiateurs de ce mouvement publient aujourd’hui un livre éclairant et percutant, le Manifeste pour la psychanalyse (1). Les auteurs estiment que les psychanalystes doivent aujourd’hui s’engager publiquement pour la psychanalyse, en dépassant l’opposition artificielle entre l’individuel et le collectif.

La psychothérapie vise un soulagement du symptôme (angoisse, dépression, empêchements divers, agitation de l’enfant). Or ce symptôme est une coûteuse mais précieuse solution trouvée par le sujet pour dire son refus de rester à la place que lui assignent parents ou institutions (famille, école, travail). Grain de sable dans le système, le symptôme a une portée insurrectionnelle. Une psychanalyse peut dévaloriser la jouissance pathologique du symptôme –c’est ce qui aura un effet de guérison de surcroît– sans réprimer la rébellion portée par ce symptôme. Ce serait faire le jeu de l’Etat, qui tend à confondre les «sujets» avec l’objet de son pouvoir. Des organismes homologués commencent à former des psychothérapeutes habilités à faire purement et simplement disparaître les symptômes par rééducation, par suggestion ou par médicaments psychotropes, quand ce n’est pas en les recouvrant d’étiquettes pseudo-scientifiques mais très vendeuses («hyperactivité» pour l’enfant ou «trouble d’anxiété sociale» pour l’adulte, entre autres).

A l’opposé de cette forte tendance, c’est sur une conception du symptôme promu à la dignité d’un acte politique qu’une rencontre a eu lieu entre le Manifeste pour la psychanalyse et sa maison d’édition, La fabrique. Quand l’éditeur de Jacques Rancière, Tariq Ali ou Auguste Blanqui publie un texte de psychanalyse, c’est déjà une petite révolution. Les conditions d’un débat au-delà des cercles psychanalytiques sont réunies, parce que ce Manifeste dépasse autant la caricature du psychanalyste enfermé dans sa tour d’ivoire que celle du militant politique embarrassé par ses préjugés sur Freud, le bourgeois viennois. Parce que «l’inconscient, c’est la politique» (2).

(1)

Manifeste pour la psychanalyse, Sophie Aouillé, Pierre Bruno, Franck Chaumon, Guy Lérès, Michel Plon & Erik Porge, Paris, éditions La fabrique, septembre 2010.

(2) Jacques Lacan, Séminaire «La logique du fantasme», 10 mai 1967, inédit.

Le Manifeste pour la psychanalyse organise un débat le samedi 4 décembre

de 14h00 à 18h00, au 92 bis bd du Montparnasse, Paris (14e), en présence des auteurs du livre et de l’éditeur, Eric Hazan.

Guy Dana : Quelle politique pour la folie ?

Nous vous rappelons l’intervention de Guy DANA

le Jeudi 9 décembre à 19:00.

[Image : Guy DANA psychothérapeute institutionnel]

Psychiatre et psychanalyste, Guy Dana est né en 1948 en Égypte. Après des études de médecine et de philosophie, il s’engage dans le monde de la psychiatrie. Formé par Lacan, il est nommé en 1991 chef de service d’un secteur de psychiatrie générale. Il est de 1997 à 2000 le président du Cercle freudien. Cofondateur de l’association mondiale Convergencia, il organise aussi en 2003 au Sénat le Forum des psychanalystes pour le Proche-Orient. Auteur de nombreux articles et ayant participé à des collectifs, il publie aujourd’hui son premier livre. Membre depuis janvier 2009 du groupe des 39, il se bat pour une orientation de la psychiatrie comptable des sciences humaines et de la psychanalyse. Il a publié de nombreux articles cliniques et théoriques.

La soirée ISADORA permettra à Guy Dana de présenter les réflexions qu’il mène actuellement et qu’il a développé dans son ouvrage Quelle politique pour la folie ? Le suspense de Freud. Stock, 2010.

C’est un nouvel espace d’hospitalité à la folie que ce livre tente de penser à partir de ce que l’auteur a pu créer au sein même du service qu’il dirige et dans les cures auprès des malades.

Partant des principes directeurs de la psychanalyse, l’idée tenace de ce livre est qu’une politique qui s’installe au cœur de la ville peut permettre de contourner la menace qui pèse actuellement sur le champs social dans son entier, et sur la psychiatrie en particuliers : exigence de rendement et instrumentalisation de nos peurs, évaluation tronquée par les normes, culte de la performance et du résultat.

Dans ce contexte, l’isolement sécuritaire et la réponse médicamenteuse systématique peuvent-ils être évités ?

Guy Dana répond, soutenu par l’inventivité de la psychanalyse, en privilégiant une solidarité indéfectible avec ceux qui sont au quotidien sur le terrain. Il montre, et l’idée est novatrice, que les impasses que l’on rencontre dans le traitement des psychoses sont aussi des balises pouvant ouvrir un nouvel horizon.

La psychanalyse, pense-t-il, revisitée par Freud, Lacan et Winnicott, est aujourd’hui l’antidote qui permet de proposer et d’initier de façon rigoureuse une autre approche de la folie et de la souffrance humaine. Malgré, ou avec, un certain suspense.

WikiLeaks : la dictature de la transparence

Du temps du Mouvement du potentiel humain les psychologues humanistes rêvaient une politique appliquant le principe de la relation juste et de l’authenticité qui mettrait enfin le monde en paix perpétuelle. En matière d’authenticité et de transparence Bill Schutz(1« ), le père de la Rencontre (2« ), après avoir expliquait-il tenté l’aventure de vivre en privé en absolue ouverture et transparence, et rencontré l’inévitable limite, en était revenu à une transparence bien tempérée. La sincérité et l’honnêteté surmoïsées relèvent de l’enfer, la réalité des relations humaines, a fortiori politiques, est heureusement plus complexe, il est recommandé de savoir disposer d’un par devers soi lorsqu’on rencontre l’autre.

Heureusement que nous avons un dos, dans lequel les autres peuvent parler librement de nous et de leur relation à nous, heureusement que nous n’en savons jamais rien. Le doux commerce des hommes dont parle Rousseau, et les relations internationales sont à ce prix.

Du bon usage de la transparence

La Glastnost a marqué la fin du siècle – et de l’Union soviétique. La transparence peut constituer la meilleure des choses, humaines et politiques. Les révélations de WikyLeaks révèlent que l’idéologie du tout dire, éliminant la discrétion, peut s’en prendre au principe même de la communication responsable, montrent la fragilité de certains de nos dispositifs et que la transparence absolue peut tuer le principe de transparence et d’information, qui consiste à montrer mais jamais tout.

Nous avons besoin de confidentialité sûre. Aux aguets de toute indiscrétion – jusque là tout est normal, le principe de diffusion de l’information dissimulée fonde l’exercice de la liberté de la presse – prenons garde de nous trouver pris au vertige de l’hyper miroir aux alouettes sans tête.

Philippe Grauer


LIBÉ DES PHILOSOPHES.

Tout en contrebalançant le pouvoir des États, les révélations du site internet alimentent les thèses conspirationnistes et donnent aux médias un pouvoir sans précédent.

Le déballage par le site WikiLeaks de milliers de courriers, mails et échanges qui auraient dû demeurer secrets jusqu’à l’ouverture des archives par des historiens pose, une fois de plus, le problème de la transparence. Depuis qu’Internet a acquis un pouvoir de divulguer tout et n’importe quoi, des pirates surdoués peuvent se prendre pour les nouveaux Robin des bois d’un altermondialisme pour le moins suspect, consistant à faire croire à leurs internautes que tous les États du monde auraient organisé un vaste complot visant à asservir les pauvres citoyens (lire page 4). Ces derniers seraient ainsi les victimes inconscientes d’une puissance obscure et antidémocratique fondée sur le règne du crime et de la corruption. Telle est en tout cas l’idée fixe de cet étrange hacker australien – Julian Assange -, qui se croit un bienfaiteur de l’humanité alors même qu’il est pourchassé – peut-être à tort – par la justice suédoise dans le cadre d’une enquête pour suspicion de viol et d’agression sexuelle. Au point qu’il se cache quelque part en Grande-Bretagne et ne communique plus avec le reste du monde qu’à l’aide d’une messagerie cryptée. «Il est mon fils et je l’aime», a déclaré sa mère à la chaîne australienne ABC.

Arroseur

Si le hacker a pu occuper sur la Toile tantôt la place d’un héros planétaire et tantôt celle d’un suspect adoré de sa maman, le voilà devenu maintenant la proie de ses propres machinations, puisque ses «disciples» sont entrés en dissidence. Ils lui reprochent de s’être compromis avec la presse internationale – El País, le Monde, Der Spiegel, The New York Times, The Guardian -, en acceptant qu’un tri soit effectué dans les documents, permettant de contrôler les «révélations» qu’ils contiennent.

Autrement dit, l’arroseur est arrosé : après avoir fait trembler le monde des puissants, il est accusé par ses propres troupes, plus extrémistes que lui, de s’être conduit en dictateur et d’avoir rompu le pacte de la transparence absolue. Le projet de Herbert Snorrason, étudiant islandais de 25 ans, chef de file des opposants à Assange, repose sur la volonté d’aller beaucoup plus loin encore dans l’organisation du déballage : «Nous souhaitons que la structure de l’organisation du projet soit aussi ouverte que possible. Nous n’envisageons pas d’avoir un contrôle par une seule personne, mais plutôt que la majorité des personnes impliquées participent à toutes les décisions. Nous voulons que ce soit transparent.»

Négociation

Cette surenchère repose sur une logique connue : un groupuscule se scinde pour engendrer un nouveau groupuscule qui se scinde à son tour. L’ennui dans cette affaire, c’est que le processus de déballage ne se limite pas à un règlement de comptes entre un maître saisi par la folie conspirationniste et des groupies habitées par un fantasme de destitution d’une chefferie défaillante. Il révèle d’une part que les gouvernants sont victimes de la même dictature de la transparence que celle qui affecte la vie privée des citoyens – et que seule la loi peut protéger -, et que, de l’autre, les médias sont devenus aussi puissants qu’eux dans la gestion des affaires du monde. La décision de déballer telle ou telle archive plutôt que telle autre a fait l’objet, on le sait, d’une négociation : entre les pirates et la presse, puis entre celle-ci et les gouvernants. Dans cette partie à trois, les premiers sont des voleurs d’archives, les seconds imposent une sélection au nom d’une déontologie qui leur est propre et les troisièmes négocient avec les seconds pour rester maîtres d’un événement qu’ils ne contrôlent pas.

Bien entendu, cette dictature de la transparence possède deux facettes, l’une positive, l’autre négative. Grâce à elle, les crimes commis par les États peuvent être révélés en temps réel à l’opinion : actes de torture, bavures militaires, crimes, viols, etc. Mais à cause de cette dictature, toutes sortes de discours délirants peuvent se déguiser en énoncés rationnels : négationnisme, complotisme, divulgations de rumeurs, etc.
Toutefois, le plus étonnant dans cette histoire, c’est que les secrets révélés ne sont rien d’autre que ce que l’on sait déjà. Dans l’exercice de leurs fonctions, les hommes qui nous gouvernent ressemblent aux autres hommes : derrière le semblant propre à toute relation sociale ou diplomatique, chacun est capable d’insulter ou de faire preuve d’une belle sévérité dans ses jugements. À cet égard, pour rétablir l’équilibre entre la nécessité du secret, sans quoi aucun État de droit ne saurait exister, et la nécessité d’une certaine rigueur de l’information, il faudra bien trouver une parade à la sottise infantile des nouveaux dictateurs de la transparence.

Par ÉLISABETH ROUDINESCO historienne, directrice de recherches à l’université de Paris-VII (GHSS).

  • 1 Dans Here comes everybody.
  • 2 Que je distingue soigneusement par le R majuscule de la simple rencontre.

Grand-parentage : date limite au 23 mai 2011

Date limite : ne pas commettre d’erreur

Attention, ceci est une information syndicale SNPPsy

Ne pas s’embarquer dans une lecture audacieuse et risquée de la loi. Celle-ci fixe la date limite {dans le délai d’un an à compter de la publication du décret, ce qui nous met au {23 mai et non au 1er juillet. Geneviève Mattei nous alerte : ne pas suivre imprudemment les consignes fournies par la FF2P dans son dernier bulletin d’information, qui pourraient conduire à des accidents de non inscription.

PHG}}


Info du Syndicat national des praticiens en psychothérapie relationnelle et psychanalyse – SNPPsy

Je me permets de réagir aux informations diffusées par la FF2P dans sa
lettre d’information au sujet des délai de saisine de la commission régionale
d’inscription des psys ayant plus de 5 ans d’exercice. Elle indique que le décret étant entré en vigueur le 1er juillet les psys concernés ont jusqu’au 30 juin 2011 pour déposer leur dossier et qu’il ne faut pas se presser et que c’est à cette date qu’il faut évaluer les 5 ans d’exercice. Il ajoute que l’administration est d’accord pour cela.

Or, l’article 52 de la loi qui seul fait foi – et que l’Administration, quelles que
soient ses bonnes intentions n’a pas le pouvoir de modifier – vise dans ses
mesures transitoires les professionnels justifiant d’au moins 5 ans de pratique
à la date de publication du décret.

Dépôt des dossiers jusqu’au 23 mai dernière limite

Exigence que le décret a respecté, comme il y était tenu, dans l’article 16 relatif aux mesures transitoires. Il en résulte que c’est bien la date du 23 mai et non celle du 1er juillet qui doit être respectée pour le calcul des 5 années d’exercice (article 16 du décret al. 1er) et le dépôt des dossiers (article 17 § 1er).

L’entrée en vigueur au 1er juillet s’applique aux autres dispositions et signifie
notamment que les psychothérapeutes en exercice depuis moins de 5 ans
qui continueront à utiliser le titre entre le 23 mai et le 1er juillet ne pourront pas être poursuivis pour usurpation de titre. Le syndicat ne peut donc absolument pas retenir comme délai le 30 juin et doit donc insister sur le respect de la date du 23 mai.

Quant à la tolérance de l’administration dont fait état la FF2P, elle doit être réservée aux cas limites ou aux ratés des délais par certaines personnes (il y en a toujours) mais ce ne peut être confondu avec la règle juridique.

D’autant que rien ne garantit que toutes les autorités locales qui vont instruire les dossiers suivront cette pratique et accepteront de ne pas respecter les délais légaux.

Tabler sur cette tolérance de cuisine interne – qui peut certes être utile – peut être dangereux également en cas de contestation ultérieure des décisions de rejet car ce sera alors la règle de droit qui prévaudra.

Prendre ses précautions en n’attendant pas la dernière minute

Quant à conseiller d’attendre le dernier moment cela me parait aussi problématique car l’article 17 al.3 prévoit que l’AR qui va faire courir le délai de 6 mois n’est délivré qu’à la réception du dossier complet : quid si un dossier arrive à la limite du délai et est considéré comme incomplet ?

L’arrêté du 9 juin juin fait bien état d’un dossier complet qui doit être envoyé dans le délai d’un an à compter de la publication du décret.

Je pense qu’il ne faut pas confondre la rigueur des délais qu’il faut inciter les adhérents à respecter avec toute les précautions nécessaires, et les possibles arrangements et tolérances administratives à n’utiliser que pour régler les situations litigieuses.

Geneviève Mattei

Rue 89 — Michel Onfray versus Freud : la réaction d’Élisabeth Roudinesco

Par Élisabeth Roudinesco | historienne | 17/11/2010 | 17H18

Voir également au bas du texte le billet de Raphaël Sorin.

Suite à l’interview de Michel Onfray dans laquelle je suis mise en cause, je tiens à préciser les faits suivants : je n’ai jamais téléphoné à monsieur Laurent Beauvais, président PS de la région Basse-Normandie pour lui demander que soit retirée la subvention accordée à l’université populaire de Caen. C’est monsieur Laurent Beauvais lui-même qui m’a appelée sur mon portable, le 29 avril 2010, à 8h30 du matin, sur le conseil du sénateur PS Jean-Pierre Sueur.

Je lui ai simplement proposé, comme à d’autres, de venir assister à la conférence qui devait se tenir à l’université de Caen, à l’occasion de la sortie de mon livre Mais pourquoi tant de haine ? au Seuil, 2010. Cette conférence était organisée par le professeur Franck Lelièvre, l’un des co-auteurs du livre et vice-président de la Société normande de philosophie. Il avait également convié à la tribune Guillaume Mazeau, historien et co-auteur du livre, ainsi que Anne Golse, psychologue.

La conférence a bien eu lieu le 27 mai à l’amphithéâtre Tocqueville, en présence de plus de 700 personnes. Elle a été filmée par France 3 et l’on peut Sur son blog, en mai dernier, M. Beauvais apportait sa vision des faits, replaçant dans son contexte la conversation avec Mme Roudinesco.

Concernant la conférence du 27 mai, Michel Onfray certifie ne pas avoir été invité personnellement. Nous espérons que le débat, et non les querelles de maïeutique et d’intentions, pourra bientôt avoir lieu dans des conditions apaisées.

Hubert Artus


Est-il interdit de ne pas lire Onfray?

Par Raphaël Sorin sur SURLERING.COM – THE BOOKMAKER

Hédoniste déclaré, libertaire affiché, Michel Onfray va-t-il me pardonner mon absence absolue d’envie de lire ce qu’il écrit ? Je l’espère mais j’en doute. Samedi soir, chez Ruquier, une délicieuse comédienne, Mathilda May, a eu le tort de commencer à dire au philosophe qu’elle ne lirait pas son dernier opus. Le visage d’Onfray se crispa aussitôt avec une expression de haine pure. Il coupa la parole à son interlocutrice ; sous la violence de l’attaque, elle est resta bouche bée. Un freudien débutant en aurait fait son miel : quel aveu magnifique ! Un beau retour en fanfare du refoulé : »Tu m’as pas lu, tu la fermes !«