Roland Gori : de quoi la psychanalyse est-elle le nom ?

NICE, Samedi 12 mars 2011

Faculté des lettres Campus Carlone, 98, Bd E. Herriot 06204 NICE. AMPHI 68, Entrée libre


Communiqué par la SIHPP


Il convient d’élargir le champ de la psychanalyse à celui des disciplines opérant à partir du procès de subjectivation, englobant dans un même espace épistémo politique psychanalyse et psychothérapie relationnelle. Tant que ce lien ne sera pas identifié clairement la psychanalyse seule ne pourra porter le poids de la mission qui revient aux deux disciplines – voisines au sein du Carré psy –, dont l’union ne sera pas de trop pour peser sur l’Histoire et le processus de maintien de la civilisation.

Roland Gori, dont le remarquable ouvrage éponyme du titre de la présente annonce doit être lu sans attendre, milite bien pour sa discipline de référence, outil de culture humaniste ayant fait ses preuves, en butte à la déferlante comportementaliste médicalo scientiste ayant au passage inféodé la psychologie clinique chère à notre éminent professeur de psychopathologie clinique. Le courant progressiste en psychanalyse doit convenir que la méconnaissance de l’existence à ses côtés de la psychothérapie relationnelle et de sa dynamique humaniste mine sa capacité de faire face avec suffisamment d’efficacité à la barbarie techno scientiste.

La psychothérapie relationnelle doit de son côté faire son devoir d’union avec ce que la psychanalyse comporte de sagesse humaine, de promesse et garantie dans le nécessaire combat qui se livre dans le domaine des sciences humaines cliniques – psychiatrie comprise – pour que la mondialisation ne conduise pas aux catastrophes qu’évoque lucidement Roland Gori.

Philippe Grauer


Journée de travail

autour du livre de Roland GORI

De quoi la psychanalyse est-elle le nom ?

Doit-on dépister les schizophrènes dangereux comme on dépiste le diabète? Doit-on soigner sans consentement les malades mentaux soupçonnés de présenter un danger pour eux-mêmes ou autrui? L’imagerie médicale du cerveau dit-elle la vérité? Devrait-on y soumettre les prévenus, les conjoints adultères et les employés soupçonnés d’indélicatesse? Autant de questions que nos sociétés abordent par le fait divers et les émotions collectives pour ne pas avoir à y réfléchir. Face à une logique de l’audimat qui ne cesse de gagner du terrain, face à une régression sécuritaire qui atteint la vie politique, mais aussi la justice, l’école et la santé, la psychanalyse apparaît comme un antidote. Elle résiste aux nouvelles idéologies de la résignation en reconnaissant à l’humain sa dimension tragique, conflictuelle, singulière autant qu’imprévisible. Confrontés aux nouveaux cyniques qui veulent en finir avec elle et avec la culture qui en est issue, il nous importe plus que jamais de savoir de quoi la psychanalyse est le nom.


Programme

Matinée

Président de séance : P. AMOYEL, discutant : M. HAM

9h30 : Ouverture de la journée par le professeur J.Y.BOURSIER

9h45 : 1ère Conférence du professeur Roland GORI : Démocratie et subjectivité

10h30 : Débat avec la salle

10h45 : Pause

11h : Conférence du professeur P. DE NEUTER : Normes, normativité, homosexualités et homoparentalités.

11h30 : Conférence de Mr E. DE MONTGOLFIER

12h : Débat avec la salle

12h30 : Pause déjeuner

Après midi

Président de séance : M. HAM, discutant : P. AMOYEL

14h : Conférence du professeur S. LESOURD : Le Nom du Non

14h30 : Conférence du professeur J. CABASSUT : De l’holocauste du sujet …

15h : Débat avec la salle

15h45 : Pause

16h : 2nde Conférence du professeur R. GORI : L’évaluation : la nouvelle manière de donner des ordres?

16h30 : Débat avec la salle

17h : Clôture des travaux : M. HAM


Vendredi 11 mars 2011


DE QUOI LA PSYCHANALYSE EST-ELLE LE NOM ?

Editions Denoël, 2010

Rencontre avec le Professeur Roland GORI à la librairie Masséna

18h : Séance de signature. 19h : Rencontre – Débat avec l’auteur

Animés par les Professeurs J. CABASSUT et M. HAM

Librairie Masséna 55, rue Gioffredo – 06000 NICE Tel : 04 93 80 90 16

psychiatrie : troubles mentaux amalgamés à la délinquance

COMMUNIQUE DE PRESSE PARIS, le 8 MARS 2011

Pour une action coordonnée en faveur des personnes présentant une souffrance ou un handicap psychiques dans les champs sanitaire, social et médico-social.


Dormez bien braves gens. À l’ombre des murs de l’asile, grillages, caméras et chambres de confinement partout déjà mises en place, les fous relevant du futur Secrétariat d’État à la Santé mentale, qu’on pourra confier à un proche de Marine Le Pen après les élections, ne hanteront plus les cauchemars du Ministre de l’intérieur. Il y aura un fichier national des dingues, que l’inventeur du Ministère de l’Amour n’aurait pas désavoué. Pas grave, vous n’êtes pas fou, vous. Ni Tzigane, ni lépreux, arrêtons là l’énumération. Vous ne relevez d’aucune catégorie désignée à la méfiance publique. Pourquoi bouger ?

Attention tout de même. Le ministère de la Santé organise périodiquement par exemple des campagnes de dépistage de la dépression : plusieurs millions de cas dans le pays paraît-il, de malades potentiellement dangereux qui s’ignorent. Mal dénoncé mal psychotropé, qui sait s’il ne vous prendrait pas un beau jour, il ne faut jurer de rien, fantaisie d’une petite bouffée délirante justifiant d’une minime garde à vue psychiatrique. Là, tare ta gueule à la récré, vous voici engrillagé, goûtant aux charmes d’une hospitalisation flicarde dont vous n’auriez jamais pensé qu’elle pût concerner vous ou un proche. Il vous sera bientôt temps de repenser à cet article.

Une fois enfin relâché (le préfet n’est pas forcément pressé de le faire) eux ne vous lâcheront plus. Que ferez-vous alors pris dans la nasse d’une santé mentale discrètement soviétisée ? que feront les autres, ignorants de la nature du soin psychiatrique ? que fera la société, embarquée dans l’injustice mentale en plus de la sociale ? que seront devenues la citoyenneté et l’humanisme ? partis en grillages, psycho, non, flico médicalisées.

Ça dérape vite ces choses-là. À coups d’électrochocs médiatiques on vous chauffe une opinion à blanc, on bâcle une loi sans moyens d’application par ailleurs – pas grave on dénoncera médiatiquement des coupables présumés en cas de bavure – et on entre dans un système de soins policiers populistes. Adieu démocratie bonjour la société contrôlitaire. La médicalisation de l’existence peut conduire à l’engrillagement puis à l’administration du « soin » préfectoral de tout ce qui bouge (de travers bien entendu).

Le texte de Joseph Mornet et Bernard Durand est particulièrement mesuré. Prenons-en la mesure, au moment où il n’est pas encore trop tard. Les psychopraticiens relationnels sont totalement solidaires de cette prise de position.

Philippe Grauer


troubles psychiques et dangerosité sociale

Malgré une mobilisation sans précédent le gouvernement a décidé de délibérer en procédure accélérée à partir du 15 mars sur un projet de loi « relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques ».

La FASM Croix Marine rappelle qu’il y a exactement quatre ans, elle s’était vivement prononcée, à côté des représentants des familles et des usagers qui avaient été le fer de lance de la mobilisation d’alors, contre la confusion introduite par le projet de loi sur la prévention de la délinquance qui faisait un amalgame entre délinquance et troubles mentaux se manifestant dans l’espace public, avec la mise en place d’un fichier des personnes internées comparable aux fichiers des personnes délinquantes. Il faut rappeler qu’à l’époque, même le Conseil national de l’Ordre des médecins avait déclaré que ce projet de loi constituait « une violation grave des droits à une vie privée et à l’intimité des patients ».

Force est de constater que le pouvoir actuel réitère cette volonté d’assimiler troubles psychiques et dangerosité sociale, au mépris de toutes les avancées de ces dernières années en termes de lutte contre la stigmatisation et de droits des patients, avec la loi de mars 2002 et celle du 11 février 2005 qui a reconnu que les personnes présentant des troubles psychiques avaient également le droit de bénéficier des compensations que notre société reconnaît aux personnes en situation de handicap.

D’ores et déjà grillages et caméras partout

Lorsque l’on lit attentivement ce texte, on constate qu’il relève beaucoup plus du vocabulaire du ministère de l’Intérieur que de la Santé : il y est question de manière récurrente de la sûreté des personnes et de l’atteinte à l’ordre public comme si la maladie mentale induisait inéluctablement ce type de problématique alors qu’à aucun moment il n’y est question de la souffrance psychique des personnes concernées et de leur famille.

Il faut que les citoyens sachent que les mesures de sureté imposées déjà aux établissements de soins, en application de la circulaire de janvier 2009, publiée en urgence après les injonctions du président de la République à Antony, le 2 décembre 2008, ont contribué à réduire la qualité de l’accueil de ces établissements. C’est l’ensemble des patients, dont la grande majorité est hospitalisée de son propre chef qui doit subir la présence de grillages et de caméras vidéo qui induisent une ambiance de surveillance aux dépens d’une attention soignante ; par ailleurs, de nombreuses familles attendent aujourd’hui de retrouver leur proche, qui bien que médicalement en état de sortir, est retenu « enfermé » par la seule volonté de certains préfets.

Soins sous contrainte

Mais ce projet de loi ne se cantonne pas aux procédures de privation de liberté à laquelle la société a parfois besoin de recourir dans l’intérêt des personnes concernées ou de leur entourage social. En effet, il propose un changement de paradigme dont le législateur n’a pas pris la mesure en substituant la contrainte liée au fait d’être hospitalisé contre son gré au fait que ce sont dorénavant les soins eux-mêmes qui se feront sous contrainte, en prévoyant que cette contrainte puisse s’exercer jusqu’au domicile personnel du patient. Ce projet de loi précise, dans le cas où l’hospitalisation complète n’apparaît pas nécessaire et que le choix d’un traitement ambulatoire sous contrainte est décidé, que ce soit le directeur de l’établissement qui aura reçu initialement ce patient qui ait la charge d’établir le document fixant la date des visites médicales obligatoires ; si ce calendrier n’est pas respecté et qu’il s’avère impossible d’examiner le patient, il appartiendra au psychiatre d’alerter la direction de l’établissement qui saisira elle-même les autorités.

casier judiciaire psychiatrique

On voit ainsi que ces modalités sont en contradiction avec l’éthique du soin qui impose la recherche d’une confiance, le respect de l’intimité du patient et des garanties de liberté de prescription des actes thérapeutiques choisies par le psychiatre et son équipe en accord avec le patient lui-même et le cas échéant sa famille, mais qu’elles relèvent plus d’une logique de contrôle social et de sureté publique. De même, on ne peut se satisfaire de la création d’un nouveau fichier de patients considérés a priori comme dangereux, parce qu’à un moment de leur parcours de soins il aura fallu recou-rir à une unité pour malades difficiles, fichier qui constituera un véritable casier judiciaire psychiatrique.

garde à vue psychiatrique

Il faut noter que la décision du Conseil constitutionnel du 26 novembre dernier, à la suite d’une question prioritaire de constitutionnalité, a déjà nécessité de modifier ce projet de loi. Il ne s’est agi, en fait, que d’un ajustement de détail sans qu’une véritable réflexion n’ait été engagée sur la manière d’assurer le recours aux soins, y compris lorsque celui-ci demande une limitation temporaire de liberté.
Une réflexion nous semble nécessaire sur la place du juge judiciaire, éventuellement susceptible de se substituer au représentant de l’Etat ou au préfet de police, comme cela est le cas dans la majorité des pays européens.

Quoi qu’il en soit, en l’absence d’un véritable travail de concertation qui n’a pas eu lieu (ou de pure forme), nous allons être confrontés, si cette loi est votée, à de nombreux recours tant au niveau du conseil constitutionnel que devant les instances européennes. Pourquoi le juge n’interviendrait-il pas d’emblée et seulement au bout de 15 jours ? Quelle garantie sera donnée sur les 72 heures d’hospitalisation initiale, que d’aucuns appellent déjà, et en particulier le syndicat de la Magistrature, garde à vue psychiatrique ? Comment peut-on imaginer que la nécessité d’un recours au juge, au quinzième jour d’une hospitalisation sous contrainte, puisse ne pas s’appliquer également aux soins sous contrainte en ambulatoire ? Sans compter que cela va demander des moyens en termes de juges, de greffiers, d’experts alors même que toutes ces catégories de professionnels sont déjà saturés. Bref, on va vers une catastrophe en termes de droit, de procédures de recours et de soins.

en contradiction avec l’éthique du soin

Pourtant, ce projet de loi parle à juste titre de la nécessité de lever les obstacles à l’accès aux soins. Nombre de familles déplorent en effet de manière récurrente le fait d’être confrontée à des patients en rupture de soins pour lesquels malgré leur sollicitation insistante, aucune réponse n’est apportée. Ce constat méritait une véritable analyse afin de déterminer la nature des obstacles, incluant les différents acteurs médicaux et sociaux (médecins généralistes, travailleurs sociaux, police, pompiers) et les équipes de psychiatrie elles-mêmes, afin d’y remédier et de limiter le recours aux hospitalisations sous contrainte. Est-ce vraiment en décidant que les soins pourront être obligatoires en ambulatoire que les équipes de secteur, qui ont tendance à voir leurs moyens se déliter ou « rapatriés » sur l’hôpital, pourront se mobiliser pour remédier à cet état de fait, alors que ce que propose ce projet de loi est en contradiction avec l’éthique du soin évoquée par le conseil de l’Ordre en 2007.

contrainte à tout va

Nous comprenons le désarroi des familles confrontées au fait de voir un de ses proches abandonné à domicile dans un déni total de sa pathologie du fait qu’un certain nombre d’équipes de secteur se soient insuffisamment mobilisées pour aller vers le patient. Mais est-ce que l’UNAFAM peut vraiment croire qu’une telle loi qui privilégie la contrainte à tout va en renforçant la stigmatisation des personnes atteintes de troubles psychiques, davantage victimes qu’auteurs de troubles à l’ordre public comme cela a été maintes fois rappelé, va apporter une solution à cette préoccupation légitime ? Au lieu de ce subterfuge de soins ambulatoires sous contrainte ne convient-il pas plutôt de donner davantage de moyens aux équipes en développant et en élargissant, par exemple, les visites à domicile : elles représentent les premières véritables garanties du suivi du soin et de l’accompagnement de la personne et de son entourage.

Complexité du soin psychique

Nous nous associons en revanche à la volonté de ce mouvement de réclamer un nouveau plan santé mentale. La loi HPST a modifié les conditions de travail sur les territoires et voudrait favoriser le décloisonnement entre les équipes de secteur psychiatriques et les structures médico-sociales et sociales d’accompagnement au quotidien qu’il est effectivement nécessaire de développer. Mais faut-il encore prendre la mesure de ces besoins et reconnaitre les exigences propres à la psychiatrie. Celles-ci ne sauraient se calquer sur celles d’un simple modèle médical où ne serait pris en compte que le traitement psychotrope au détriment de la complexité du soin psychique et encore moins d’un modèle de surveillance policière. La maladie mentale, en effet, qu’on l’appelle folie, troubles psychiques ou handicap psychique met en question la conception même de l’humain et du lien social et il est indispensable que cette dimension anthropologique soit prise en compte.

Nous appelons donc les pouvoirs publics à engager rapidement une réelle concertation impliquant élus nationaux et territoriaux, professionnels de la psychiatrie et du social, représentants des familles et des usagers eux-mêmes, juristes, sur la manière d’organiser et de rénover la politique de santé mentale à l’heure de la loi HPST et du développement des aidants de proximité non professionnels.

Pour un véritable accueil professionnel

Ce n’est que dans le cadre d’une telle réflexion partagée que pourront s’inscrire alors les modalités de privation de liberté qu’exigent certaines situations toujours douloureuses. Ces situations dramatiques ne représentent, rappelons-le, qu’un pourcentage limité sur les centaines de milliers de patients suivis en psychiatrie. Elles constituent, néanmoins à chaque fois, des situations éprouvantes aussi bien pour les personnes elles-mêmes, que pour leur famille et le corps social. Elles demandent une attention partagée afin qu’elles fassent l’objet le plus rapidement possible d’un véritable accueil professionnel, au lieu qu’elles soient politiquement exploitées pour alimenter des peurs ancestrales et exclure encore un peu plus une catégorie de citoyens dont la maladie a déjà suscité un retrait social.

Dans l’immédiat, la FASM Croix Marine ne peut que s’associer à tous ceux qui demandent le retrait de ce projet de loi qui est inapplicable dans sa forme et inacceptable quant au fond. Elle est prête en revanche à participer à cette réflexion sociétale qu’elle appelle de ses vœux.


Contacts presse :

Dr Bernard DURAND Président – Tel : 06 85 21 38 79

Mr Joseph MORNET Secrétaire général – Tel : 06 83 54 40 58
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psychothérapie & révolution arabe : liberté & responsabilité

Où en suis-je de ma révolution arabe interne ? Vlatslav Havel, Hervé Kempf ne sont ni psychothérapeutes ni psychopraticiens relationnels ni psychanalystes. Ils peuvent pourtant aider à la manœuvre, à notre manœuvre, d’humanisation de l’humanité au jour le jour du duel avec la souffrance et du laborieux et lent passage de chacun à sa justesse en quoi consiste notre pratique.

Si nous avons besoin pour faire face à l’évolution du village monde d’un bond démocratique, tout mouvement collectif qui lui ressemble mobilise l’enthousiasme du sentiment de citoyenneté. Ce sentiment est le même que celui surgissant dans nos psychothérapies ou psychanalyses, au décours du processus de subjectivation, quand la personne se trouve face aux bouleversements de sa propre histoire. Cela nous le savons ne va pas sans mal, mais le travail accoucheur en vaut la peine. Liberté et responsabilité : une même exigence dans les deux champs.

PHG


Un calife démocratiquement qualifié

Les mutations qui traversent le monde arabe dépassent de loin des révolutions de palais dont le résultat serait qu’un « calife » succède à une autre « calife » ou qu’un « colonel » remplace un autre « colonel » ! Les professionnels de la politique et de la diplomatie, dans leur très grande majorité, n’avaient jamais envisagé que des sociétés civiles puissent émerger dans le monde arabe. De même d’ailleurs qu’ils n’avaient pas prévu les grands mouvements populaires qui ont précédé la chute du mur de Berlin. Aussi, une des meilleures lectures pour comprendre la situation de ces pays, est celle des Essais politiques de Vaclav Havel. Je ne connais pas d’homme d’État qui ait autant intégré à sa pratique politique l‘existence d’une société civile qu’il ne cherche pas à réduire à une clientèle électorale ou partisane.

Lorsqu’avec une poignée d’amis, Havel luttait contre le totalitarisme communiste, il se faisait traiter d’idéaliste inefficace ou de naïf. Face à la pensée unique des partis, des chancelleries et des ambassades, il opposait ce qu’il appelait « le pouvoir politique explosif et incalculable de la vie dans la vérité » qu’il définissait ainsi : « ce pouvoir ne réside pas dans la force d’un quelconque groupe social ou politique limitable, mais avant tout dans une force potentielle enfouie dans toute la société, y compris dans toutes les structures du pouvoir. (…) Ce pouvoir constitue une espèce d’arme bactériologique grâce à laquelle – si les conditions évoluent dans ce sens – un simple civil peut tenir en échec une division entière. (…) Et dans la mesure où tous les problèmes véritables et tous les phénomènes de crise sont enfouis sous la couverture épaisse du mensonge, on ne peut jamais savoir de manière tout à fait sûre quand tombera la fameuse goutte qui fera déborder le vase et quelle nature sera cette goutte » (1« ).

Il écrivait ainsi, quelques années avant, le scénario de la révolution de velours par laquelle la Tchécoslovaquie se libéra du joug totalitaire. Comment ne pas voir que beaucoup de caractéristiques des révolutions des pays arabes se retrouvent dans ces propos. Ainsi les sociétés civiles arabes se sont levées contre le mensonge qui a permis aux potentats de justifier leur dictature, leur népotisme et leurs détournements au nom du combat contre « l’ennemi sioniste » ou « l’impérialisme américain ». Elles ont compris que les luttes légitimes contre les aspects les plus insupportables des politiques israéliennes et américaines supposaient que d’abord soit renversé un pouvoir qui, dans leur pays, méprisait les citoyens. Face au sentiment d’impuissance que distillait le pouvoir totalitaire, Havel affirmait : « Un citoyen peut dire la vérité même sous le règne du mensonge institutionnalisé. Chacun peut assumer sa co-responsabilité pour le destin de la collectivité, sans attendre une directive d’en haut. Bref, que chacun qui aspire à un changement peut commencer par lui-même, dès maintenant » (2). Analysant les révoltes arabes, Alain Touraine note ceci : C’est un fait que les mouvements actuels sont partis de la rue et d’abord des réseaux de blogueurs et non pas des partis organisés. C’est un fait que la revendication la plus fortement lancée a été l’élimination d’un dictateur et aussi que les jeunes diplômés, écrasés par le chômage, ont joué un rôle essentiel dans les manifestations, qui se multiplient » (2« ).

L’histoire montre, hélas, que trop souvent les révolutions généreuses sont récupérées par des apparatchiks dont la seule finalité est le pouvoir pour le pouvoir. Ceci dit, le pire n’est pas toujours sûr et il n’est pas interdit d’espérer que les convulsions actuelles permettent la réalisation du « principe civique » dans les sociétés arabes que V. Havel explicite ainsi : »Je suis partisan du principe civique parce que c’est lui qui permet le mieux aux hommes de se réaliser et de s’identifier avec ce qu’ils sont dans toutes les composantes de leur chez-soi, de jouir de tout ce qui fait partie de leur monde naturel. (…) Fonder un État sur d’autres principes que civiques, par exemple sur des principes idéologiques, nationaux ou religieux, signifie mettre en exergue une composante de notre chez-soi en dépit des autres, nous limiter en tant qu’hommes et limiter notre monde naturel. Et cela ne mène habituellement à rien de bon« (3« ).


20/02/2011


Le long travail démocratique

Les révolutions des peuples du monde arabe qui rejettent des dirigeants installés à vie et préoccupés de créer une dynastie familiale et d’entasser, par la corruption, des sommes extravagantes, se font au nom de la démocratie. Retrouvant leur dignité bafouée pendant des lustres, des citoyens ont fait tomber le mur de la peur pour intervenir directement dans l’histoire. Il reste la tâche la plus difficile, celle de construire une société nouvelle qui fasse appel à la responsabilité de chaque citoyen et non à l’abandon à des nouveaux chefs ou de nouvelles idéologies.

Aux Occidentaux qui seraient un peu trop pressés de saluer par un « on a gagné ! » ces luttes des peuples pour leur dignité et leur liberté, je ne saurais trop conseiller de lire l’essai du journaliste et essayiste Hervé Kempf (L’oligarchie çà suffit, vive la démocratie qui s’ouvre par cette affirmation : « Il est de l’intérêt des puissant de faire croire au peuple qu’il est en démocratie. Mais on ne peut pas comprendre le moment présent si l’on explore pas la réalité soigneusement occultée : nous sommes en oligarchie, ou sur la voie de l’oligarchie« . Il ne s’agit ni de dictature, pouvoir d’un seul pour ses intérêts propres, ni de démocratie, pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, mais « du pouvoir de quelques uns, qui délibèrent entre eux des solutions qu’ils vont imposer à tous« . Comme le note l’auteur, l’oligarchie risque de se conforter par l’alliance objective de certains militants écologistes qui pensent que « la démocratie ne permet pas de prendre en compte les intérêts du long terme. (…) Il faut confier à une élite vertueuse le soin de mener la société sur le bon chemin » et des maîtres de la finance internationale qui pensent que « les électeurs européens sont le plus grand obstacle aux ambitions de l’Europe de devenir plus dynamique et performante« (4« ).

De bons esprits voient dans la gouvernance chinoise un nouveau modèle de despotisme éclairé qui serait le chemin inéluctable vers l’efficacité. Ainsi, Thomas Friedmann, éditorialiste du New York Times écrit : « Une autocratie gouvernée par un parti unique présente certainement des défauts. Mais quand elle est dirigée par un groupe de gens raisonnablement éclairés, comme c’est le cas en Chine aujourd’hui, elle peut avoir de grands avantages« . Georges Steiner, quant à lui, affirme : « il est concevable que la solution dans les grandes crises économiques soit une solution à la chinoise, technocratique. Que nous évoluions vers un despotisme libéral« (5« ).

Tout au long de son ouvrage Hervé Kempf montre que l’oligarchie qui règne de plus en plus en Occident est celle de l’argent. Quelques exemples : « En France, 98 personnes détiennent 43% des droits de vote dans les 40 premières entreprises du pays » (6« ). Aux États-Unis d’Amérique, « dans 93% des cas, les représentants et sénateurs élus aux élections de novembre 2008 étaient ceux qui avaient dépensées le plus d’argent dans leur campagne« (7« ). Cette situation devient intenable dans une période où vont s’imposer de plus en plus des régulations mondiales pour lutter contre la criante injustice dans la répartition des richesses de la planète. Pour Hervé Kempf, la question climatique est emblématique de l’incapacité d’une oligarchie autoproclamée lucide d’y faire face car « elle n’est soluble que par un bond démocratique. Elle est la première question politique totale de l’histoire humaine. Elle exige, non pas la soumission, non pas l’obéissance, mais l’adhésion de chacun d’entre nous pour faire évoluer ses comportements. Les changements sont d’une telle ampleur qu’ils ne peuvent pas être réalisés sans une nouvelle culture« (8« ).

Commentant le propos de l’économiste indien Amartya Sen, prix Nobel dans sa discipline, pour qui « la politique de la démocratie donne aux citoyens la chance d’apprendre les uns des autres« , Hervé Kempf souligne que « le cœur de la démocratie n’est pas l’élection, mais la délibération, par laquelle nous apprenons les uns des autres« (9« ). C’est dire que la démocratie est un processus permanent et non l’abandon au hasard des élections de toute responsabilité au profit d’oligarchies qui prétendent s’égaler au bien commun.

Les sociétés occidentales devront faire face, dans les années qui viennent, à ce que Hervé Kempf ne craint pas d’appeler « un appauvrissement matériel« . Ce sera le prix à payer pour une meilleure justice au niveau planétaire. Aussi, écrit-il, « je conclus qu’au lieu de prendre la démocratie comme acquise, il faut la revivifier, en résistant à l’oligarchie et en développant la culture et les pratiques démocratiques. C’est la seule voie par laquelle les sociétés occidentales pourront organiser l’appauvrissement matériel dans des conditions qui lui permettront de bien vivre » (10« ) .

Le long travail de la démocratie ne concerne pas seulement des peuples qui se libèrent de dictatures intolérables, c’est une exigence qui concerne tous les habitants de notre planète, et d’abord ceux qui sont les plus prédateurs.

Chronique hebdomadaire de Bernard Ginisty 27/02/2011

  • 1 Vaclav HAVEL : « Le pouvoir des sans-pouvoirs » in Essais politiques, Calmann-Lévy, 1989, pages 89-90.
  • 2 Alain TOURAINE : « Sortons de la guerre froide ! Le social remplace le national » in Le Monde, 19 février 2011, page 20.
  • 3 Vaclav HAVEL : Méditations d’été, éditons de l’Aube 1991, page 26.
  • 4 Hervé KEMPF : L’oligarchie çà suffit, vive la démocratie, Seuil 2011, 186 p., page 9.
  • 5 idem p.16.
  • 6 idem p. 40.
  • 7 idem p. 78
  • 8 idem p. 133
  • 9 idem p. 148-149
  • 10 Idem page 156. Cf. également : »La politique de la biosphère indique une direction à contre-courant de tout le discours dominant : les Occidentaux doivent réduire leur consommation matérielle et leur consommation d’énergie, afin de laisser une marge d’augmentation à leurs autres compagnons de planète. L’appauvrissement matériel est le nouvel horizon de la politique occidentale. L’appauvrissement matériel des Occidentaux est le nouvel horizon de la politique mondiale » (page 129).

psychopraticiens relationnels s’intéressant au titre de psychothérapeute

I – Titre de psychothérapeute

Marche à suivre


avec l’aimable autorisation du SNPPsy.

Le point sur la situation aujourd’hui.

Savoir que de nombreux psychopraticiens relationnels et psychanalystes s’interrogent sur l’opportunité pour eux de nourrir le nouveau cadre de psychothérapeute d’État. Leurs valeurs les pousseraient à ne le point briguer. Nous ne saurions là-dessus intervenir, rappelant que d’une part ils militent pour des valeurs que nous partageons, de non inféodation à une médecine organiciste aveugle au psychisme tel que depuis Freud puis la psychologie humaniste nous le considérons comme affaire de processus de subjectivation, et que peut-être se dire psychothérapeute { {relationnel pourrait ne pas déshonorer.

Philippe Grauer}}


1– remaniement

Ce nouveau titre universitaire de psychothérapeute débouche sur une réorganisation au sein des professions du psychisme réparties dans le Carré psy (1« ).

Il ne s’agit pas d’une profession mais uniquement d’un titre, réparti exclusivement (corporatisme oblige) entre deux professions :

– psychologues (cliniciens et autres) et médecins (psychiatres et autres)

– et une discipline non profession (2« ) : la psychanalyse.

Ce titre à terme remplacera celui de psychologue (monopole de l’usage du titre : 1985) la profession sous ce nouveau nom devenant paramédicale (ce que n’était pas le cas de celle de psychologue).

2 – Intérêt de la chose

a) Si vous exercez en institution vous avez intérêt à détenir ce titre. Sachant que vous serez pris dans la tendance lourde à la paramédicalisation.

b) si vous exercez en cabinet libéral, vous pouvez avoir intérêt à détenir ce titre – échappant a priori à la paramédicalisation. Cela peut vous mettre à l’abri de l’angoisse de déconsidération ou de fantasmatiques persécutions. Vous pourrez y gagner en respectabilité, – ou y perdre, en vous trouvant confondu/e avec des praticiens n’ayant que peu à voir avec vos compétences cliniques relationnelles (les nouveaux psychothérapeutes n’étant nullement tenus d’avoir traversé personnellement l’aventure de la psychanalyse ou de la psychothérapie relationnelle), et relevant de plus en plus de la médicalisation de l’existence. Là c’est vraiment à vous de voir et savoir pour vous. Il y en a qui n’en veulent pas de ce nouveau titre, et qui donnent à leur refus le sens d’une protestation.

3 – Marche à suivre

3.1 – Vous appartenez aux catégories suivantes : Psychologue, psychanalyste ou ex psychothérapeute diplômé en médecine ou psychologie, et vous exercez depuis au moins cinq ans. Vous bénéficiez des mesures transitoires.

Une Commission régionale d’inscription – CRI, dépendant de l’ARS Agence régionale de santé, vous appliquera les mesures de faveur prévues selon les catégories et mérites de chacun.

Vous serez totalement ou partiellement dispensé/e du complément de formation de psychopathologie clinique et du temps de stage afférent prévus dans votre cas.

– Les médecins, psychologues et psychanalystes (généralement psychologues mais les rares psychanalystes non psychologues peuvent y prétendre) enregistrés dans les annuaires des associations psychanalytiques bénéficieront de dispenses (partielles) concernant la nouvelle formation en psychopathologie clinique.

3.2 – Pour cela faites état de votre formation, de votre expérience professionnelle, de votre formation continue et si c’est le cas de votre inscription dans une société de psychanalyse (même si à présent vous n’y appartenez plus). Preuves à l’appui.

3.3 – Vous n’appartenez pas aux catégories protégées, listées en (1) et que vous ayez pratiqué depuis cinq ans ou moins que cela importe peu : vous devenez psychopraticiens à titre exclusif. Si vous désirez bénéficier du titre de psychothérapeute il vous faudra commencer par

– devenir médecin

– détenir un Master en psychologie ou psychanalyse

– avoir bénéficié de la nouvelle formation en psychopathologie clinique.

3.4 – dépôt du dossier (pour les (3.1) et (3.2) uniquement :

– modèle de notice (nous sommes en train de nous le procurer)

date limite de dépôt des dossiers reporté du 23 mai au 30 juin

conseil auprès de vos Antennes locales ou du secrétariat national (du SNPPsy)

3.5 – ah ! n’oubliez pas de demander à être reçu/e personnellement.


II – Pages jaunes

1 – jusqu’à fin avril cf. notre Pages jaunes, du nouveau

2 – Ouverture fin avril de la rubrique Psychothérapie (pratiques (3« ) hors du cadre réglementé)

Elle est destinée à ceux qui relèvent de (3.3), qui ne désirent ou ne peuvent pas prétendre au titre de psychothérapeute.

2.1 – vous avez intérêt à vous y inscrire (nom de métier) en qualité de psychopraticien.

– À quoi vous pouvez ajouter vos spécialités et méthodes de référence

Si vous êtes membre non titulaire du SNPPsy vous inscrivez seulement comme psychopraticien car nous sommes pris dans l’obligation solidaire du GLPR de titulariser d’abord ceux qui veulent bénéficier du titre. Et vous vous préparez à devenir titulaires.

2.2 – Si vous êtes titulaire du SNPPsy (titre autoréglementé garanti dans le cadre du GLPR), vous mentionnez au choix

psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy

psychopraticien relationnel® (SNPPsy)

3 – Nous sommes en train d’affiner notre système de réglementation interne afin de nous tenir au plus près des besoins et exigences institutionnelles nouveaux venus (question de la deuxième liste, des membres en voie de titularisation). Pour l’instant nous devons nous en tenir au cadre ci-dessus défini, et nous resterons tenus par l’institution solidaire du GLPR, qui nous distingue, protège et garantit ensemble.

  • 1 Il débouche par contre-coup sur le reclassement des ex psychothérapeutes relationnels titulaires du SNPPsy sous le nouveau titre professionnel garanti de psychopraticiens relationnels®. Voir la suite de l’article.
  • 2 Le titre de psychanalyste, comme celui de psychopraticien relationnel (diplôme d’une école agréée (Affop) plus titularisation (SNPPsy)) est dispensé par une société de psychanalyse s’exerçant sous couvert des deux professions princeps : psychologie et médecine.
  • 3 Ça vient encore de changer : aux Pages jaunes le cadre est élastique.

Psychiatrie : signatures contre la déraison d’État

Départ en force de la pétition du

Collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire

Une déraison d’État (suite)

Déjà près de 7000 signataires en moins de 5 jours !

Votre participation massive nous permet de réunir parmi les premiers signataires des hommes politiques, des députés et sénateurs, des sociologues et chercheurs spécialisés dans ces questions de société, de nombreux psychiatres, psychanalystes, infirmiers, et soignants en psychiatrie, des patients bien sûr et leurs familles qui nous envoient leur soutien. Vous en trouverez une sélection sur la page de la pétition en ligne.

MAIS IL NOUS FAUDRA ÊTRE ENCORE PLUS NOMBREUX à signer, d’autant plus que nous pouvons annoncer la prochaine étape :

nous réunir le 15 mars pour une grande manifestation

le jour de la présentation du projet de loi à l’Assemblée Nationale. Plus d’infos très prochainement.

Pour l’instant, vous pouvez diffuser largement la pétition, les médias commencent à s’y intéresser (regardez demain vos journaux…)

Le collectif des 39


Signer la pétitionVoir les signataires

Comment choisir son psy ?

Surplace depuis deux ans

Elodie : Bonjour, je suis suivie par une psychiatre depuis deux ans pour cause de dépression. Mais je ne m’en sors pas. Je fais du surplace depuis deux ans. Lors de mes séances avec ma psychiatre, elle ne me pose aucune question sur mon passé, et je n’ai entamé aucune psychothérapie. Elle me prescrit des antidépresseurs de l’efficacité desquels je doute, car j’ai toujours des angoisses et des insomnies malgré les somnifères. Je souhaiterais savoir si le rôle d’un psychiatre est de prescrire seulement des médicaments et de ne pas faire de thérapie (par manque de temps, je suppose). Merci de me répondre.

La question d’Élodie est pertinente, mais malheureusement trop fréquente, car nombreuses et nombreux sont ceux qui errent dans un « parcours psy » avec des médecins ou des thérapeutes trop « variables ».

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord préciser quelques notions, que l’on connaît bien aujourd’hui, que j’ai récemment rappelées dans un livre intitulé Psy, mode d’emploi, sous-titré non sans une pointe d’acidité : « Pour les hommes et les femmes en difficulté de vie… et même les thérapeutes ! » En effet de nombreux thérapeutes méconnaissent, ou ne connaissent pas, les règles essentielles des psychothérapies et les connaissances actuelles en matière de psychologie et de psychiatrie. Je ne me place en aucune manière en donneur de leçons, mais les errances des patients dans des parcours psy difficiles sont trop fréquentes.

PSY ET PSY

Il faut déjà distinguer « psy » et « psy », ce terme recouvrant aujourd’hui plusieurs réalités : d’une part, le psychologue, qui est un professionnel spécialisé dans la connaissance du psychisme, son fonctionnement, son évaluation et ses approches thérapeutiques. Il a suivi une longue formation universitaire, il est qualifié dans sa discipline, et, la plupart des psychologues cliniciens sont formés à une méthode psychothérapique, psychanalytique, comportementale ou cognitive. Le psychologue n’est pas médecin, il ne prescrit pas de médicaments.

D’autre part, le psychiatre est un médecin, qui a suivi la formation de médecine générale puis s’est spécialisé dans la connaissance du psychisme et des maladies mentales. C’est une formation universitaire longue qui lui donne une expérience clinique auprès de ses patients. La plupart des médecins psychiatres ont été formés à un mode psychothérapique ou à la psychanalyse. Le psychiatre fait un diagnostic psychiatrique, prescrit des médicaments si nécessaire et accompagne son patient par une psychothérapie appropriée. Il oriente donc le patient vers des traitements, des thérapies ou le plus souvent l’association des deux.

Le psychanalyste, enfin, pratique la psychanalyse. Il a été formé au sein d’une école de psychanalyse par une cure personnelle puis une analyse didactique. C’est une formation longue et exigeante, que suivent beaucoup de psychologues et de psychiatres.
Psychothérapeute n’est pas un titre, c’est plutôt le qualificatif d’un professionnel qui exerce la psychothérapie. En France, pour l’instant, il n’existe pas de réel contrôle de la formation des psychothérapeutes (cela commence à être mis en place), ce qui fait que tout un chacun peut se dire psychothérapeute.

QU’EST CE QUE J’AI ?

L’une des grandes difficultés dans le domaine psy est qu’un diagnostic est rarement fait en raison de la demande précise des patients: « je désire faire une psychothérapie » ; « je veux un traitement » ; « je suis dépressif (ve) » ; « j’ai des crises d’angoisse »… Or, le diagnostic est toujours important, car une part des difficultés personnelles, bien qu’elles aient en général toujours une origine psychologique, peuvent être le signe d’une phase biologique secondaire. C’est le cas de l’épisode dépressif, qui est une réalité biologique méconnue, car l’état de mal-être premier s’est progressivement dégradé et le fonctionnement cérébral n’est plus le même. Cette phase doit être soignée par des médicament appropriés, suffisamment longtemps et donc par un psychiatre. Mais ce diagnostic n’est pas toujours facile à faire. Ce n’est pas parce qu’une personne se dit en dépression qu’elle est dépressive. Le diagnostic de l’épisode dépressif reste donc à faire par un médecin psychiatre. En fonction de cela, il peut instaurer un traitement qui résout la plupart du temps l’épisode. Un travail psychothérapique est en général nécessaire pour permettre de dépasser la crise et de ne pas se retrouver dans les mêmes conditions qui ont amené la décompensation dépressive. Ces deux approches sont complémentaires et peuvent être réalisées par le même psychiatre psychothérapeute. Le travail d’analyse est un peu différent, il ne se fait pas dans une période de crise aiguë, c’est plutôt un travail de réflexion et de connaissance personnelle. Ce n’est pas une démarche réellement médicale.

L’ALLIANCE THÉRAPEUTIQUE

Toutes ces précisions répondent en partie à la question d’Elodie, à qui il faut rappeler encore deux points particulier :

1 – Le silence « total » d’un thérapeute a peu de justifications. Sans que la thérapie soit un échange « de café du Commerce », la réserve du thérapeute permettant au patient d’exprimer son ressenti, il sera tout de même guidé par les réflexions en retour qui lui permettront d’élaborer progressivement sa pensée.

2 – Il est enfin important pour le patient d’oser dire ce qu’il ressent à son thérapeute, notamment s’il ne se trouve pas bien dans les séances, s’il ne comprend pas la démarche psychothérapique. Un remarquable travail comparatif des différents modes de psychothérapies a été fait il y a une dizaine d’années aux États-Unis afin de comprendre quel mode psychothérapique était plus efficace et menait à une issue favorable. En réalité, aucun type particulier de psychothérapie ne s’est révélé être meilleur qu’un autre. Le seul critère de réussite que l’on ait trouvé est que, quelle que soit la méthode, le patient ait senti qu' »il se passait quelque chose » dans les deux ou trois premières séances. C’est ce que l’on appelle l’alliance thérapeutique, qui s’instaure très vite entre le patient et le thérapeute. Si vous n’êtes pas à l’aise avec votre thérapeute, que cela dure, et que vous n’arrivez pas à en parler, il faut réfléchir à la poursuite ou non de ce travail.


BRENOT Philippe. Psy, mode d’emploi. Éditions l’Eprit du temps, PUF, 2007.-
Le Monde.fr

Psychothérapie et entreprise : sortir de la souffrance au travail

L’exaltation de la performance individuelle et l’évaluation incessante s’accompagnent d’une baisse de la productivité. Une meilleure coopération dans l’entreprise permet d’échapper à un stress qui mène parfois au suicide.


Prendre connaissance de La Voie


Le chapeau même de l’article proposé mériterait analyse. Comme MAM proposant à Ben Ali l’assistance et le coaching de ses services de police « intelligents » et plus « humains » pour l’aider à passer de la dictature à la démocrature, la question est-elle de maintenir un système détestable, intrinsèquement pervers comme Pie XII le disait du communisme, par une meilleure coopération avec la perversion, ou de porter le fer au cœur même d’un empire du mal en pire qui nous conduit à l’abîme ? lire à ce sujet notre présentation du dernier ouvrage d’Edgar Morin. Nous avons la responsabilité professionnelle et politique, citoyenne pour tout dire, de continuer de réfléchir à tout cela. Ce qui signifie que la psychothérapie relationnelle ne saurait être ni partisane, ça n’est pas notre office, ni politiquement déconnectée. Toute une posture, on appellerait ça éthique.

le modèle social néolibéral en question

Ils arrivent dans nos cabinets et ne s’en prennent qu’à eux. La question n’est d’ailleurs pas de retourner l’accusation à la Reich ou Rousseau – paranothérapie ! le mal ne vient pas non plus uniquement de l’extérieur. Nous n’avons rien à faire de spécifique pour permettre aux gens de finir par se repérer dans ce monde complexe qui les fait souffrir, d’y comprendre quelque chose et de s’y comprendre. Nous avons à les recevoir comme ils nous arrivent et à les aider dans leur entreprise de clarification d’eux-mêmes et de le devenir, eux-mêmes.

Cela ne nous empêche pas d’avoir réfléchi nous à la dureté de ce monde que nous partageons avec eux, et de disposer d’une intelligence critique et sensible de la nature de la souffrance qui les oppresse. Voir à de sujet l’intervention de Vincent de Gaulejac au colloque de l’Affop sur le thème Sauvons la pratique, intitulé psychothérapie et sociologie : j’ai compris que c’était pas tout dans ma tête.

Philippe Grauer


Échapper au métro, boulot, tombeau

Article paru dans le Monde du 22.02.11

Sortir de la souffrance au travail

L’ÉMERGENCE du néolibéralisme s’est accompagnée d’un processus d’invisibilisation du travail. Au cours des années 1980 et 1990, le travail a perdu son rôle de symbole de la question sociale, le chômage et l’exclusion l’ont remplacé. La question des conditions de travail a été délaissée par les partis politiques et les syndicats au profit de celle de l’emploi. La manière dont le passage aux 35 heures a été négocié par la gauche plurielle aussi bien que le discours sur la valeur du travail à droite s’inscrivent de façon caricaturale dans ce mouvement.

Depuis quelques années, une dynamique inverse semble être enclenchée. Le mouvement contre le contrat première embauche (2006) a constitué une première étape. La précarité n’y était plus contestée du point de vue de ses effets sur l’emploi mais sur le travail lui-même. Dans un contexte de précarité accrue, il apparaissait crucial de contenir doublement les rapports de domination inscrits dans la relation de subordination salariale : en amont par le code du travail, et en aval par des collectifs de travail.

Reconquête politique

La seconde étape de cette nouvelle critique du travail a été le débat sur la souffrance au travail à la suite des séries de suicides chez Renault et France Télécom-Orange. On aurait pu craindre que la médiatisation de ces événements tragiques produisît des effets d’aveuglement plus qu’une véritable sortie du travail de l’invisibilité. Comment rendre compatibles les effets de sidération induits par de tels événements avec une discussion approfondie de la nouvelle question sociale du travail ? Comment passer de la mise en scène spectaculaire d’une série d’actes individuels à une mise en cause générale de la condition contemporaine du travail ?

Si la souffrance au travail affecte profondément un grand nombre de salariés, seuls certains d’entre eux voient leur santé sérieusement affectée, et parmi ces derniers, seule une minorité commet l’irréparable… Mais la préoccupation publique envers ces séries de suicides s’inscrivait bien dans la dynamique d’une prise de conscience progressive des effets structurels du néolibéralisme sur le travail. Ainsi, au-delà de la précarité et de ses conséquences délétères, c’était la manière dont la flexibilité et l’évaluation individualisée des salariés participaient d’un nouveau dispositif d’organisation du travail qui était mise en lumière.

colonisant l’ensemble de l’existence

Le mouvement social de septembre-octobre 2010 contre la « réforme » des retraites marque la troisième étape de cette prise de conscience. Des slogans comme métro, boulot, tombeau, ou l’affirmation paradoxale selon laquelle un allongement de la durée de cotisation « nous priverait de la plus belle partie de la vie, » indiquent que le travail est conçu aujourd’hui comme une expérience difficilement supportable et colonisant l’ensemble de l’existence, y compris après la journée de travail. Ils indiquent que les salariés s’attendent à toujours devoir en faire plus à l’avenir alors que bon nombre d’entre eux sont convaincus d’avoir déjà atteint leurs limites. Malgré cette apparente résignation face aux évolutions lourdes inscrites dans le modèle social néolibéral, les salariés expriment encore un fort attachement au travail (davantage que les salariés des autres pays européens selon les études statistiques) et par l’intermédiaire du mouvement contre les retraites, ils trouvent également l’occasion de protester contre leurs conditions de travail, et d’exiger ainsi une reconquête politique du travail.

Emmanuel Renault

Réforme de la psychiatrie : où se tient la dangerosité ?

Nous venons de diffuser une première analyse du Collectif des 39(1« ), qui se et nous mobilisent un peu tard après avoir laissé faire l’opération charlatans conduite contre les organisations qui précisément luttaient pour autoréglementer le champ pratique de la psychothérapie relationnelle, qui se mobilisent à présent donc, contre un nouveau mauvais coup en préparation attentant à la fois aux libertés fondamentales et au concept même de soins pour des personnes atteintes de maladies mentales qui les rendent fragiles et requièrent qu’on les protège plutôt que les embastiller.

Bien entendu il faut se joindre à leur protestation. Tout en les rappelant au devoir corrélatif de solidarité envers nous, toujours d’actualité.

Les enjeux sont considérables. Comment une civilisation traite ses citoyens les plus fragiles, quel statut d’altérité de la folie construit-elle ? quelle mise aux normes chutant dans l’hénaurme propose-t-elle ? qu’est-ce qu’une néo démocratie aux couleurs du gestionnarisme, du tout contrôle en route vers un risque zéro qui conduit tout droit au pire des risques ? qu’avons-nous à dire de tout cela, nous psychopraticiens relationnels partenaires du Carré psy, co-responsables des éthiques qui s’y affichent et développent ? Tout discours sur la folie nous affecte directement et se situe à l’horizon de notre pratique et recherche. Il importe de ne pas le laisser déraper par des politiques aveuglés par le spectre d’une évidence fondée sur la médecine (quelle évidence, quel type de preuves, quelle médecine ?) parfaitement inquiétante.

Voir également l’article de Yves Guigou.


Un ami psychanalyste m’adresse le commentaire suivant, que je n’hésite pas à partager ici avec vous.

Une circonstance récente m’a amené à vérifier, non sans consternation,
que les milieux intellectuels les plus brillants ne sont pas exempts
d’une ignorance proprement ahurissante des conditions dans lesquelles se
déroule un internement psychiatrique.

Un père aimant, convaincu qu’un hôpital psychiatrique est un lieu où
l’on entre – et d’où l’on sort – facilement, n’a pas hésité à faire
interner son enfant majeur, bien entendu pour le mettre à l’abri de sa
propre dangerosité. Avec cette nouvelle loi, la suite aurait été
autrement plus dramatique, et l’excellence du service de Psychiatrie
concerné a permis une fin heureuse.

Le projet de Loi ici concerné vise en effet à dépouiller la psychiatrie
de son pouvoir de décision fondé sur son savoir thérapeutique, pour lui
substituer un pouvoir de coercition: lisez ci-dessous:
« les préfets
discréditent les avis des psychiatres, décident contre leur avis » et
pourraient désormais contremander une fin d’internement.

Si les citoyens de ce pays laissaient passer cette loi scélérate.

Philippe Grauer


Signer la pétitionVoir les signataires

Appel du Collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire

Trente mille personnes ont signé avec nous l’Appel contre La Nuit sécuritaire, lancé en réaction au discours du Président de la République le 2 décembre 2008 qui assimilait la maladie mentale à une supposée dangerosité. À nouveau, le Collectif des 39(2« ) en appelle à l’ensemble des citoyens.

Ce discours promettait un traitement sécuritaire des malades mentaux.

Il a depuis largement pris corps dans la pratique quotidienne : les lieux de soins psychiatriques sont désormais truffés de caméras de surveillance et de chambres d’isolement, des grillages ont été disposés, des protocoles de neutralisation physique des patients ont vu le jour, les préfets empêchent les levées d’internements caducs.

Un projet de loi propose aujourd’hui un cadre juridique à cette dérive sécuritaire. Adopté le 26 janvier 2011 en Conseil des Ministres, il sera discuté au Parlement le 15 mars après un simulacre de concertation.

– Dans un vocabulaire relevant du code pénal, il cautionne la défiance à l’égard de citoyens souffrants.

– Dans ce dispositif, seul le trouble à l’ordre public est pris en compte.

– Il instaure un changement paradigmatique sans précédent : l’institution des « soins » sans consentement en ambulatoire. En effet, le projet de loi n’identifie plus seulement l’hospitalisation comme contraignante, mais les soins eux-mêmes, à l’hôpital comme à l’extérieur, avec le risque majeur de la mise en place d’une surveillance sociale planifiée.

Ainsi, pour répondre à l’inquiétude légitime des patients et de leurs familles, ce projet de loi, sous couvert de déstigmatisation, va instituer une logique de dérive sécuritaire induisant un contrôle inédit de la population. Il s’appuie sur un principe de précaution inapproprié.

La mystification est totale :

Il ne s’agit pas d’un projet de soins, mais d’un engrenage portant atteinte aux libertés fondamentales dans un état démocratique.
Prétendant améliorer « l’accès aux soins » et leur « continuité », ce projet propose uniquement un accès à la contrainte sans limite de durée.
Il détourne la fonction des soignants vers une orientation de dénonciation, de rétention, de « soins » sous contraintes et de surveillance.
Il impose aux patients d’accepter des « soins » stéréotypés, protocolisés, identiques pour tous. Ils seront sous surveillance, associée à un contrôle de leur dignité : ainsi se met en place une police de l’intime. Il instaure un fichier national, « un casier psychiatrique ? », de toute personne ayant été soumise ne serait-ce qu’une seule fois aux soins sans consentement.
Il institue un mensonge en laissant penser que seuls les médicaments psychotropes administrés sous contrainte suffisent à soigner les patients gravement atteints : enfermés chez eux, malgré eux.

Une partie des citoyens a été désignée à la vindicte médiatique. Le mot schizophrène, jeté à tort et à travers, en bafouant le secret médical, n’est plus un diagnostic mais une menace, qui accable les malades et leurs familles, effraie jusqu’à leur voisinage.

Penser que ce projet de loi va améliorer cette situation est une déraison d’État. Bien plus, il risque de s’opposer frontalement à toute réforme sanitaire digne de ce nom, qui aurait pour principes élémentaires de reposer sur une fonction d’accueil, une logique ouverte et déségrégative, des thérapeutiques diversifiées centrées sur le lien relationnel et la confiance, dans la durée.

Ce projet va à l’encontre d’une politique de soins psychiatriques respectueux des libertés, offrant une hospitalité pour la folie au cœur du lien social, qui allierait sécurité publique et soins à la personne.

Il institue la défiance envers les professionnels dans une démarche politique analogue à celle appliquée récemment aux magistrats et à la Justice, comme à d’autres professions.

– Nous voulons que les budgets subventionnent des soins et non des aménagements carcéraux, la formation des personnels, des effectifs conséquents, pour une conception humaine de l’accueil de la souffrance.

– Nous rejetons les réponses démagogiques qui amplifient délibérément l’émotion suscitée par des faits-divers dramatiques. Ces réponses ne font qu’accroître et entretenir la peur de l’autre.

– Nous voulons résister, nous opposer, avec une élaboration citoyenne de propositions pour une politique de soins psychiatriques au plus proche des réalités de terrain. La psychiatrie est l’affaire de tous.

Nous soignants, patients, familles, citoyens appelons
au retrait immédiat de ce projet de loi.

* Mathieu BELLAHSEN,
* Selma BENCHELAH,
* Philippe BICHON,
* Hervé BOKOBZA,
* Loriane BRUNESSAUX,
* Marie CATHELINEAU,
* Patrice CHARBIT,
* Franck CHAUMON,
* Patrick CHEMLA,
* Guy DANA,
* Alexandra DE SEGUIN,
* Roger FERRERI,
* Sarah GATIGNOL,
* Yves GIGOU,
* Michaël GUYADER,
* Serge KLOPP,
* Émile LUMBROSO,
* Antoine MACHTO,
* Paul MACHTO,
* Bénédicte MAURIN,
* Simone MOLINA,
* Françoise NIELSEN,
* Sylvie PRIEUR,
* Pierre SADOUL,
* Olivier SCHMITT,
* Pedro SERRA,
* Bruno TOURNAIRE-BACCHINI,
* Anne TUFFELLI,
* Monique VINCENT,
* Élie WINTER

Signer la pétition – Voir les signataires

  • 1 39 comme le nombre de marches de la descente aux enfers dans le film éponyme d’Hitchcock. Comme dans le film, il convient de se mobiliser contre la progression d’une dangereuse idéologie menaçant de gangréner la République.
  • 2 Le Collectif des 39 s’est constitué le 12 décembre 2008, autour de l’Appel contre La Nuit sécuritaire signé depuis par près de 30.000 citoyens. Il réunit des professionnels de la psychiatrie tous statuts confondus (en grande majorité), et des personnes du monde de la Culture et des citoyens qui nous ont rejoint.

Edgar Morin la voie de la complexité

Article repris de Médiapart


EDGAR MORIN NOUS MONTRE LA VOIE : DÉBAT MARDI

À l’occasion de la sortie du livre d’Edgar Morin

La Voie pour l’avenir de l’humanité ed. Fayard,

nous vous invitons à un débat mardi 1er mars 2011 à 20h00

à la Maison de l’Amérique latine}} avec

Edgar Morin Claude Alphandéry & Edwy Plenel

Edgar Morin : « La conscience de la nécessité vitale de changer voie est désormais inséparable de la conscience que le grand problème de l’humanité est celui de l’état souvent monstrueux et misérable des relations entre individus, groupes, peuples. La question très ancienne de l’amélioration des relations entre humains, qui a suscité tant d’aspirations révolutionnaires et tant de projets politiques, économiques, sociaux, éthiques, est désormais indissolublement liée à la question vital du 21ème, qui est celui de la Voie nouvelle et de la Métamorphose. »

Réservation indispensable par mail à l’adresse : débats@mediapart.fr (merci d’indiquer un nom, un prénom et le nombre de places, deux places maximum par réservation)

En partenariat avec le Centre Edgar Morin, l‘Institut International de recherche politique et civilisation et l’Institut du Tout-Monde

Maison de l’Amérique latine – 217 bd St-Germain – 75007 Paris


Les sans papiers de la psychothérapie, praticiens de la complexité

par Philippe Grauer

La voie pour l’avenir de l’humanité} mérite de ne se voir point amputée de son sous-titre, au risque de passer pour quelque texte gouroutique n’ayant aucun rapport avec celle du penseur de la complexité, co-créateur de la revue Communications qui marqua la montée en puissance du structuralisme en même temps que de la pensée 68. La parution de ce maître ouvrage, venu peu après celle de l’opuscule de Stéphane Hessel dont le succès pourrait constituer l’avertissement que les braises de l’esprit révolutionnaire continuent de couver sous une cendre que les eaux glacées du calcul gestionnariste n’ont apparemment pas éteinte, cette parution qui eut l’à propos de coïncider de peu avec la flambée de la révolution arabe, nous semble tomber bien à propos dans une sorte de changement de direction du vent de l’histoire autrement appelé air du temps.

Le beau texte d’Élisabeth Roudinesco sur les révolutions que nous vous proposons par ailleurs souffle dans le même sens. Un parfum frais semble à nouveau tout prêt à sortir des touffes d’asphodèles du printemps en préparation, surprenant l’ambiance sécuritariste des projets de grand renfermement des fous devenus ennemis publics et de la désignation à la vindicte des Roms voleurs de poules et agresseurs de gendarmeries.

Nos psychopraticiens relationnels apprécieront de se ressourcer à la fraîcheur revigorante de la pensée d’Edgar Morin. Nous les sans papiers de la psychothérapie sur le nom de qui des conservateurs corporatistes très terroir bavent régulièrement de dénonciation, nous réjouissons de fréquenter la pensée tonifiante et libératrice de l’auteur du Journal de Californie. L’humanisme dont nous sommes par la psychologie du même nom héritiers relève avec lui la tête et le défi, un humanisme qui se réclame également de la psychanalyse – courant de pensée tout aussi mal traité par les mêmes si l’on considère le fond des choses. À nous d’assumer notre part de responsabilité et d’occuper notre place en professionnels dûment autoréglementés dans le processus que l’auteur de La voie s’efforce de penser avec rigueur jusque dans le détail, de l’humanisation de l’humanité.


Edgar Morin, la voie de la complexité

par Edwy Plenel, Hugo Vitrani in Mediapart


Vieux sages et principes d’espérance

Rares sont les livres au rendez-vous de leur époque, éclairant les ténèbres alentour et indiquant un chemin d’espoir. Tel est le cas de La Voie, le dernier livre d’Edgar Morin, directeur de recherche émérite au CNRS, mais surtout penseur aussi transdisciplinaire qu’indiscipliné. Sous-titré Pour l’avenir de l’humanité , La Voie fait écho à tout ce qui s’impatiente et s’invente dans le monde, de Tunis au Caire, et jusqu’à Paris. Edgar Morin sera l’un des orateurs de la soirée organisée par Mediapart, lundi 7 février, autour de Stéphane Hessel, où l’on entendra aussi les voix de la révolution démocratique arabe.

Frère en incertitude d’Édouard Glissant, qui vient de nous quitter (lire ici notre hommage), Edgar Morin avait tôt pressenti les lucidités des poètes. C’est ainsi que deux vers lui servent habituellement de repères, comme des balises sur la voie qu’il a su tracer. Le premier, de Friedrich Hölderlin (1770-1843), sauve le principe espérance des inquiétudes qui le minent : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Ce que Morin commente ainsi : « Là où croît la désespérance, croît aussi l’espérance. La chance suprême gît dans le risque suprême. » Le second, de Antonio Machado (1875-1939), sauve le principe d’incertitude d’une histoire jamais écrite par avance : « Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant ». Autrement dit, pour Morin, « l’espérance n’est pas synonyme d’illusion », pavée d’idéologies et de certitudes, c’est au contraire une invention qui se crée en s’engageant, en résistant et en avançant.

Nul livre, dans les livraisons récentes, n’est plus en écho avec l’ébranlement commencé en Tunisie et poursuivi dans tout le monde arabe, avec l’Egypte comme épicentre. Le premier des « principes d’espérance » qu’énonce Morin est, justement, celui qu’illustrent les événements récents : « Le surgissement de l’inattendu et l’apparition de l’improbable ». Du surgissement de la démocratie dans la petite Athènes qui, par deux fois, avait victorieusement résisté à la formidable puissance perse jusqu’à l’improbable retournement de la seconde guerre mondiale avec la contre-offensive soviétique, Edgar Morin rappelle ces moments où ce qui semblait impensable est néanmoins advenu – et ce fut le cas aussi bien de l’effondrement de l’URSS comme c’est sans doute le cas du « 89 » arabe qui commence.

Lire La Voie pour l’avenir de l’humanité (Fayard, 19 euros), c’est donc retrouver toute cette sagesse, au sens ancien, que porte l’œuvre morinienne, depuis L’Homme et la Mort (1951) jusqu’à La Méthode (six tomes, de 1977 à 2004, rassemblés en un seul volume en 2008, au Seuil), en passant par des dizaines de travaux qui illustrent aussi bien cette « pensée complexe » que cette « sociologie du présent » qui sont sa marque intellectuelle. « Sparsa colligo » (« Je réunis le dispersé »), souligne-t-il en introduction de La Voie dont il inscrit la genèse comme l’aboutissement de son cheminement. En écho à ces premières pages et en vue la soirée du 7 février au Théâtre de la Colline, nous avons d’abord demandé à Edgar Morin son regard sur cette redécouverte par notre époque inquiète des « vieux sages », à travers des personnalités comme la sienne (89 ans), celle de Stéphane Hessel (93 ans), l’auteur célébré d’Indignez-vous ! (Indigène Editions, 3 euros), ou celle de Claude Alphandéry (88 ans), dont il a préfacé le récent témoignage Une si vive résistance (Rue de l’échiquier, 9,90 euros) :

(vidéo)

La Voie réunit ce qui est dispersé et séparé

Réunissant ce qui est épars et divers, La Voie rassemble la démarche morinienne dans sa globalité, abordant en quatre parties les politiques de l’humanité, les réformes de la pensée et de l’éducation, les réformes de société et les réformes de vie. En ce sens, ce livre est une formidable introduction à toute l’œuvre et à l’originalité d’une pensée qui ne se laisse pas étiqueter ni classer. Mais, surtout, La Voie rassemble ce qui, pour chacun d’entre nous, semble si séparé, cloisonné et dispersé qu’aucune intelligibilité d’ensemble ne paraît atteignable. Tel est le défi incommensurable que s’est lancé Edgar Morin : échapper à ces spécialisations, savoirs morcelés et certitudes aveuglées qui sont autant d’obstacles à une pensée globale et, partant, à une politique d’émancipation. Librement, Edgar Morin improvise ici une introduction à La Voie :

(vidéo)

Edgar Morin raconte La Voie

Dans le moment de transition qui est le nôtre, La Voie est donc un livre essentiel. Et essentiellement politique. Appelant depuis longtemps à une « régénération de la pensée politique » qui allie « politique de civilisation » et « politique de l’humanité », Edgar Morin ébranle sa famille politique, la gauche, dans ce qui la paralyse et l’immobilise, la plongeant dans une longue impuissance et un lent chagrin. Il s’en prend à cet économisme qui, au pouvoir, l’a conduite à pactiser avec ce capitalisme financier qui « s’est mis au-dessus de l’humanité et (que) nous devrions mettre au ban de l’humanité ».

Prolongeant et approfondissant ses deux livres précédents (Pour et contre Marx, Temps Présent, 2010 ; Ma gauche, François Bourin, 2010), il l’invite à prendre l’homme dans toutes ses dimensions, non seulement sapiens, mais aussi demens, non seulement faber mais aussi mythologicus, non seulement economicus mais aussi ludens. Ne renonçant pas à ce qui fut au cœur de l’invention marxienne, ce souci d’embrasser l’expérience et la connaissance du monde, de ne pas séparer mais de relier, Edgar Morin appelle la politique à « penser en permanence et simultanément le planétaire, le continental, le national et le local ». Liant anciennes espérances et nouvelles lucidités, il met en garde la gauche socialiste sur les facilités qui la tentent, notamment avec l’éventuelle candidature de Dominique Strauss-Kahn :

(vidéo)

Une curiosité généreuse pour l’événement

« Nous ne savons pas ce qui se passe, et c’est cela qui se passe » : citant Ortega y Gasset (1883-1955), Edgar Morin souligne la difficulté de penser l’événement dans la mesure où « la connaissance est en retard sur l’immédiat ». Rejoignant ce qui fut son credo de chercheur avec la sociologie de l’événement (appliquée notamment lors des événements de Mai 1968 avec Cornelius Castoriadis et Claude Lefort dans leur livre commun Mai 1968 : la brèche), il développe et illustre, avec La Voie, une démarche qui pourrait utilement inspirer tous ceux qui, face au risque d’un événement inattendu, sont tentés de le rabattre sur leurs anciennes certitudes.

« Le présent, écrit-il dans un passage que tout journaliste devrait méditer, n’est perceptible qu’en surface. Il est travaillé en profondeur par des sapes souterraines, d’invisibles courants sous un sol apparemment ferme et solide. De surcroît, la connaissance est désarçonnée à la fois par la rapidité des évolutions et changements contemporains, et par la complexité propre à la globalisation […]. Enfin, nous, habitants du monde occidental ou occidentalisé, subissons sans en avoir conscience deux types de carences cognitives : les cécités d’un mode de connaissance qui, compartimentant les savoirs, désintègre les problèmes fondamentaux et globaux, lesquels nécessitent une connaissance transdisciplinaire ; l’occidentalo-centrisme qui nous juche sur le trône de la rationalité et nous donne l’illusion de posséder l’universel. Ainsi ce n’est pas seulement notre ignorance, c’est aussi notre connaissance qui nous aveuglent. »

(vidéo)

Cette curiosité généreuse d’Edgar Morin pour le présent, ses détours et ses bifurcations, se retrouve dans sa vision de la révolution numérique, à mille lieues des crispations conservatrices de certains milieux intellectuels. Le lecteur trouvera ainsi, au chapitre plaidant pour une « démocratie cognitive et communicationnelle », un plaidoyer lucide pour Internet, d’un Internet tiré vers son meilleur, c’est-à-dire « dans le sens de la connaissance et de la compréhension ». Illustration par son analyse de l’effet WikiLeaks, cette mèche d’informations planétaires qui, une fois allumée, a sans doute ébranlé l’hyperpuissance américaine et ses relais dictatoriaux :

(vidéo)

La compréhension, clé d’une réforme de vie

On louperait une partie essentielle de la pensée morinienne si l’on ne s’arrêtait pas sur lui-même comme spécimen de cette « réforme de vie » qu’il appelle de ses vœux et dont l’auto-éthique, cette capacité à s’auto-réformer, serait la clé. L’un des passages de La Voie nous importe, ici, plus que d’autres car il concerne très directement les pratiques d’un média participatif, communauté de lecteurs et de journalistes tissant des liens interactifs. « La réforme de vie, écrit Morin, nous conduirait à restaurer la convivialité, cette aptitude à la sympathie et au dialogue avec les partenaires de nos vies quotidiennes, à commencer par nos voisins, comme avec les inconnus de rencontre. »

Pour Morin, la compréhension de l’autre est le moteur de cette convivialité réinventée : « Réduire autrui à son ethnie, à sa race, à sa religion, à ses erreurs, à ses fautes, à son pire comportement, aveugle aussi bien sur lui que sur soi-même. La compréhension est une composante capitale de la réforme de vie. Comment espérer le moindre progrès de société s’il n’est pas lié à un progrès dans la compréhension d’autrui ? » On ne saurait trop inviter tous les contributeurs de Mediapart à méditer cette exhortation à se comprendre les uns les autres.

Aussi, en guise d’exercice pratique, avons-nous demandé pour finir à Edgar Morin comment il vivait cette statue de sage indiquant le chemin que forge son œuvre et qu’il se forge donc, fût-ce à son corps défendant. Réponse toute de finesse sur le nécessaire exercice de « dégouroutisation », ou comment se déstatufier :

(vidéo)

La Voie est un livre qui redonne espoir et courage, et c’est pourquoi il faut le lire d’urgence. C’est aussi un livre qui fait lien entre passé et futur, préservant le fil fragile des révoltes, de ces indignations qui mènent aux résistances où se créent de nouveaux possibles. De nouvelles métamorphoses, de nouvelles libérations.

Titre de psychothérapeute : nouvel arrêté

Arrêté du 13 décembre

« copie de l’extrait n° 3 de mon casier judiciaire »

Le nouvel Arrêté a tenu compte des observations que nous avons représentées au ministère, à savoir qu’il ne pouvait s’agir d’un extrait N°2 du casier judiciaire mais d’un extrait N°3. Le texte de l’Arrêté du 13 décembre remplace tout simplement celui de l’Arrêté du 9 juin 2010


JORF n°0292 du 17 décembre 2010 page 22244

texte n° 31

ARRÊTÉ

Arrêté du 13 décembre 2010 modifiant l’arrêté du 9 juin 2010 (1« ) relatif aux demandes d’inscription au registre national des psychothérapeutes

NOR: ETSH1032096A

Le ministre du travail, de l’emploi et de la santé et la secrétaire d’État auprès du ministre du travail, de l’emploi et de la santé, chargée de la santé,

Vu le code de la santé publique ;

Vu l’arrêté du 9 juin 2010 relatif aux demandes d’inscription au registre national des psychothérapeutes,

Arrêtent :

Article 1

L’annexe II de l’arrêté du 9 juin 2010 susvisé est remplacée par l’annexe jointe au présent arrêté.

Article 2

La directrice générale de l’offre de soins est chargée de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Annexe

A N N E X E I I

FORMULAIRE DE DEMANDE DE RECONNAISSANCE D’AU MOINS CINQ ANS DE PRATIQUE DE LA PSYCHOTHÉRAPIE

Le dossier complet, en double exemplaire, doit être envoyé dans le délai d’un an à compter de la publication du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute en courrier recommandé avec accusé de réception au directeur général de l’agence régionale de santé compétente)

Je soussigné (e) (nom, prénom),

né (e) le (date de naissance) à (lieu de naissance),

demande à ce que soient reconnus au moins cinq ans de ma pratique de la psychothérapie en application de l’article 16 du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.

À cette fin, je joins au présent :

1. Une lettre manuscrite exposant le motif de ma demande et tous les éléments que je souhaite porter à la connaissance de la commission régionale prévue à l’article 16 du décret du 20 mai 2010 susmentionné concernant mes formations, mon expérience professionnelle et ma pratique de la psychothérapie.

2. Une copie d’une pièce d’identité en cours de validité.

3. Une copie de l’extrait n° 3 de mon casier judiciaire. (2« )

4. Une copie des diplômes, certificats ou titres obtenus.

5. Un document de l’autorité ayant délivré les diplômes, certificats ou titres attestant du niveau de la formation et indiquant année par année le détail et le volume horaire des enseignements suivis.

6. Une attestation de la structure de formation spécifiant le contenu, la durée et le secteur dans lequel les stages ont été effectués pendant la formation.

7. Toutes pièces utiles permettant d’attester de mon expérience professionnelle ou de ma pratique de la psychothérapie, en termes, notamment, de durée et de modalités d’exercice.

Nota bene. ― Toutes les pièces justificatives sont rédigées en français ou traduites par un traducteur agréé auprès des tribunaux français.

Je souhaite être entendu (e) par la commission régionale d’inscription en application de l’article 16 du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.

Oui / Non

Fait à

Le

Signature du demandeur


Fait à Paris, le 13 décembre 2010.

Le ministre du travail, de l’emploi et de la santé,

Pour le ministre et par délégation :

Par empêchement simultané de la direction générale de l’offre de soins et du chef de service :

La sous-directrice des ressources humaines du système de santé,

E. Quillet

La secrétaire d’État auprès du ministre du travail, de l’emploi et de la santé, chargée de la santé,

Pour la secrétaire d’État et par délégation :

Par empêchement simultané de la direction générale de l’offre de soins et du chef de service :

La sous-directrice des ressources humaines du système de santé,

E. Quillet



NOTES :

L’ancien arrêté, fautif.

– Une note de la rédaction. Ces deux notes étant numérotées en rouge, ci-dessous.

  • 1
    (pour comparaison voici le texte du précédent arrêté, aujourd’hui donc périmé et remplacé par celui que nous éditons ci-dessus. NdlR) (ancien) Arrêté du 9 juin 2010 relatif aux demandes d’inscription au registre national des psychothérapeutes

    NOR: SASH1015346A

    La ministre de la santé et des sports,

    Vu l’article 433-17 du code pénal ;

    Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ;

    Vu la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 modifiée portant diverses dispositions d’ordre social, notamment son article 44 ;

    Vu la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, notamment son article 52, modifié par l’article 91 de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 ;

    Vu le décret n° 90-255 du 22 mars 1990 modifié fixant la liste des diplômes permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue ;

    Vu le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute ;

    Vu l’arrêté du 27 mai 1998 relatif à la mise en place d’un nouveau traitement automatisé de gestion des listes départementales des personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue et des professions réglementées par le code de la santé publique et le code de l’action sociale et des familles, ensemble les textes qui l’ont modifié ;

    Vu l’arrêté du 8 juin 2010 relatif à la formation en psychopathologie clinique conduisant au titre de psychothérapeute,

    Arrête :

    Article 1

    L’autorisation de faire usage du titre de psychothérapeute est réservée au professionnel inscrit au registre national des psychothérapeutes, conformément aux dispositions de l’article 7 du décret du 20 mai 2010 susvisé.
    Cette autorisation est subordonnée au dépôt auprès du directeur général de l’agence régionale de santé d’un dossier de demande, constitué selon les modalités prévues aux articles 7 et 8 de ce décret et comportant le formulaire prévu à l’annexe I du présent arrêté, dûment rempli par le demandeur.

    Article 2

    Les personnes souhaitant être inscrites sur la liste départementale des psychothérapeutes en application des dispositions des articles 16 et 17 du décret du 20 mai 2010 susvisé adressent, par voie postale, en recommandé avec accusé de réception, au directeur général de l’agence régionale de santé de la région où le demandeur souhaite exercer à titre principal un dossier en double exemplaire comportant le formulaire prévu à l’annexe II du présent arrêté, dûment rempli et accompagné des pièces justificatives.

    Article 3

    Les pièces justificatives présentées au titre des articles 1er et 2 du présent arrêté sont rédigées en langue française ou traduites par un traducteur agréé auprès des tribunaux français.

    Article 4

    Les dispositions du présent arrêté entrent en vigueur à compter du 1er juillet 2010.
    Pour l’application du présent arrêté à Saint-Pierre-et-Miquelon, les compétences dévolues au directeur général de l’agence régionale de santé par le présent arrêté sont exercées par les services déconcentrés chargés de l’administration territoriale de santé.

    Article 5

    La directrice générale de l’offre de soins est chargée de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.


    Annexe

    A N N E X E S

    A N N E X E I

    FORMULAIRE DE DEMANDE D’INSCRIPTION
    SUR LA LISTE DÉPARTEMENTALE DES PSYCHOTHÉRAPEUTES

    (Le dossier complet, en double exemplaire, doit être envoyé en courrier recommandé avec accusé de réception au directeur général de l’agence régionale de santé compétente)

    Je, soussigné (nom, prénom) ,
    né le (date de naissance) à (lieu de naissance) ,
    demande à être inscrit sur la liste départementale des psychothérapeutes en application de l’article 7 du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.

    À cette fin, je joins au présent :

    1° La copie d’une pièce d’identité ;

    2° L’attestation de l’obtention du titre de formation mentionné à l’article L. 4131-1 du code de la santé publique ou du diplôme de niveau master mentionné au quatrième alinéa de l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 modifiée ;

    3° L’attestation de la formation en psychopathologie clinique mentionnée à l’article 1 er du décret du 20 mai 2010 susmentionné (sauf professionnels bénéficiant d’une dispense totale), précisant les modules d’enseignement suivis et validés ;

    4° L’attestation d’enregistrement pour les professions et titres réglementés par le code de la santé publique et le code de l’action sociale et des familles (le cas échéant).

    Si j’appartiens à l’une des trois catégories mentionnées au cinquième alinéa de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 susmentionnée, je fournis en outre :

    – 1° Soit l’attestation de l’obtention du titre de formation de spécialiste en psychiatrie ;

    – 2° Soit l’attestation de l’obtention de l’un des diplômes mentionnés au décret n° 90-255 du 22 mars 1990 permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue ou l’autorisation obtenue en application des alinéas II et III de l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 ;

    – 3° Soit l’attestation de l’enregistrement régulier dans un annuaire d’association de psychanalystes, établie dans les conditions fixées au dixième alinéa de l’article 8 du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010, accompagnée d’une copie de l’insertion la plus récente au Journal officiel de la République française concernant l’association et mentionnant son objet.

    Fait à

    Le

    Signature du demandeur

    A N N E X E I I

    FORMULAIRE DE DEMANDE DE RECONNAISSANCE
    D’AU MOINS CINQ ANS DE PRATIQUE DE LA PSYCHOTHÉRAPIE

    (Le dossier complet, en double exemplaire, doit être envoyé dans le délai d’un an à compter de la publication du décret n° …. du…….relatif à l’usage du titre de psychothérapeute en courrier recommandé avec accusé de réception au directeur général de l’agence régionale de santé compétente)

    Je,

    soussigné (nom, prénom) ,

    né le (date de naissance) à (lieu de naissance) ,

    demande à ce que soient reconnus au moins cinq ans de ma pratique de la psychothérapie en application de l’article 16 du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.

    À cette fin, je joins au présent :

    1. Une lettre manuscrite exposant le motif de ma demande et tous les éléments que je souhaite porter à la connaissance de la commission régionale prévue à l’article 16 du décret du 20 mai 2010 susmentionné concernant mes formations, mon expérience professionnelle et ma pratique de la psychothérapie ;

    2. Une copie d’une pièce d’identité en cours de validité ;

    3. Une copie de l’extrait n° 2 de mon casier judiciaire (c’est là que résidait l’erreur du ministère) ;

    4. Une copie des diplômes, certificats ou titres obtenus ;

    5. Un document de l’autorité ayant délivré les diplômes, certificats ou titres attestant du niveau de la formation et indiquant année par année le détail et le volume horaire des enseignements suivis ;

    6. Une attestation de la structure de formation spécifiant le contenu, la durée et le secteur dans lequel les stages ont été effectués pendant la formation ;

    7. Toutes pièces utiles permettant d’attester de mon expérience professionnelle ou de ma pratique de la psychothérapie en termes notamment de durée et de modalités d’exercice.

    Nota bene. ― Toutes les pièces justificatives sont rédigées en français ou traduites par un traducteur agréé auprès des tribunaux français.

    Je souhaite être entendu par la commission régionale d’inscription en application :
    Oui / Non

    Fait à

    Le

    Signature du demandeur


    Fait à Paris, le 9 juin 2010.

    Pour la ministre et par délégation :

    La directrice générale de l’offre de soins,

    A. Podeur.

  • 2 Mis en gras par nous (NdlR).