Libération de RAFAH NACHED

Après la libération de RAFAH NACHED

Information SIHPP

Si celle-ci semble aller assez bien, sa situation ainsi que celle de ses collègues reste difficile. On lui a retiré son passeport et elle reste sous surveillance.
Nous avons également appris (via Amnesty International Allemagne) que Amnesty avait soutenu Rafah Nached pendant son emprisonnement. Cet engagement a été tenu secret afin de ne pas nuire à Rafah Nached.

Signalons d’autre part une RENCONTRE-DEBAT à Paris

Les femmes dans la révolution syrienne ?

Mardi 29 novembre à 19 h 30
Mairie du 3e arrondissement, 2, rue Eugène Spuller, 75003 Paris. Métro Arts et Métiers, Temple

Plus de renseignements

– sur le site de Ziad Majed

vendredis-arabes.

Entrouverture du tombeau de Lacan au tribunal : violents courants d’air de famille

http://passouline.blog.lemonde.fr/

Mort et résurrection de Jacques Lacan au tribunal

On s’est battus pour quatre mots cet après-midi à Paris. Verbalement, s’entend, mais cela suffit à susciter métaphoriquement des coups et des blessures. Cela s’est passé tout à l’heure devant la 17ème chambre du Tribunal de grande instance. Deux ténors face à face : un ancien bâtonnier face à un ancien Garde des sceaux. Une salle bondée qui semble divisée en deux groupes antagonistes bien distincts : à gauche les milleristes canal historique, à droite les roudinesciens, chacun derrière son champion. Une travée les sépare, à défaut d’un cordon de gendarmerie protégé par des gilets pare-balles. À moins que cette distinction ne soit illusoire tant sont venus en nombre les premiers, psychanalystes de la Cause freudienne et du Diable probablement, que la seconde appelle sans affection manifeste « la garde rouge » de Jacques-Alain Miller, actuellement en conflit avec son éditeur pour la publication des Séminaires de son beau-père dont il est l’exécuteur testamentaire, avec le Seuil par conséquent dont le Pdg Olivier Bétourné se trouve être également l’éditeur d’Élisabeth Roudinesco dont il partage la vie (vous suivez ?).

Certains psys consacrent tellement de temps à se déchirer, s’affronter et s’exclure qu’on en vient à se demander où ils trouvent encore le temps de s’occuper de leurs patients. Judith Miller, fille du docteur Lacan et épouse de Jacques-Alain Miller, présent dans la salle mais parmi le public (il n’a pas été associé à l’action), assigne donc en diffamation Elisabeth Roudinesco pour avoir écrit à la page 175 de Lacan, envers et contre tout (Seuil, 2011), ceci :

« Lacan mourut sous un faux nom, le 9 septembre 1981, à la clinique Hartmann des suites d’un cancer du colon qu’il n’avait jamais voulu soigner. Bien qu’il eût émis le vœu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise, et qu’il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière de Guitrancourt. »

Des lignes jugées d’emblée « »anodines » selon Me Kiejman, défenseur d’Elisabeth Roudinesco. Une poignée de mots qui ont tout d’un prétexte réglant un vieux conflit de personnes entre une historienne et une héritière et, sous-jacent, entre psychanalystes et historiens, et entre les familles et les biographes. « Sans cérémonie et dans l’intimité » : y a-t-il diffamation ? Accuser quelqu’un, fût-ce indirectement mais publiquement, d’avoir trahi la volonté de son père, voire même l’insinuer, sans le citer nommément, ce n’est certes pas rien. Mais est-ce vraiment le cas ? Si trahison il y a, c’est un délit, et c’est donc bien diffamatoire, rappelle Me Charrière-Bournazel qui s’emploie tout au long de l’audience à démontrer la mauvaise foi d’Élisabeth Roudinesco. Non seulement chaque mot compte mais chaque signe. « Qu’il eût souhaité » : quel est le temps ? Tout est là. Enfin, presque tout. Il y a aussi le problème posé par la conjonction de coordination (ou de subordination, on ne sait plus) « bien que » : faut-il entendre « malgré tout » ? Dans ses conclusions, Me Kiejman, qui a bossé son Grevisse pour l’occasion, écrit, semble-t-il, à l’attention spéciale des lecteurs de la République des livres :

« Le plus-que-parfait du subjonctif marque généralement une proposition à valeur conditionnelle. Son emploi est dicté par la conjonction bien que (« bien qu’il eût souhaité »), qui introduit une proposition dite concessive qui peut être lue comme ayant valeur indicative ou conventionnelle. Mais, ce qui doit être souligné ici, c’est la concordance des temps et le fait que le plus-que-parfait vient marquer une action révolue et antérieure à celle de la proposition principale. »

Lacan, maître paradoxal et paradoxe fait homme, si soucieux des rites et traditions, était attaché à la portée symbolique des pompes de la religion sans pour autant confondre les grandes orgues et la sépulture ; cela fut l’occasion, pour Me Kiejman, de se lancer dans un rapprochement avec la figure mythique d’Antigone, qui se sacrifia pour que son frère obtienne une sépulture, et perdit la vie sans obtenir gain de cause. En l’absence de disposition testamentaire relative à ce point particulier, ni l’une ni l’autre ne peut prouver ce qu’elle avance. Catholique, Lacan ? Il disait « Dieu est dire » mais fort heureusement, les magistrats n’ont pas eu à se prononcer là-dessus (on y serait encore et dans quel état !). Tout incroyant qu’il fut, il n’en tenait pas moins le catholicisme roman pour « la vraie religion ». Imprégné de culture chrétienne, éduqué par les frères maristes, ayant perdu jeune la foi, il rêvait de funérailles en grandes pompes mais n’en était pas moins athée. Il s’était marié une première fois à l’église et avait fait baptiser tous ses enfants.

Me Kiejman plaida donc « l’hypothèse raisonnable ». Une messe est possible : c’est François Mitterrand qui l’a dit mais Jacques Lacan a pu l’envisager par bravade. Et puis quoi, Marc-François, le frère de Lacan, n’avait-il pas fait célébrer une messe en l’église Saint-François-de-Sales à Paris avant que son corps ne fût enseveli ? Il est vrai que c’est un moine bénédictin.

Judith Miller demeure stoïque, le regard droit devant, durant toute l’audience. Pas un mot, pas un regard. Tout juste des haussements de sourcils. Lorsque le président lui donne la parole, elle en use à peine : » La liberté d’expression n’autorise pas à dire n’importe quoi ». Intervenant à son tour, Élisabeth Roudinesco calme le jeu, contextualise, recadre les quatre mots incriminés dans la perspective d’ensemble de son travail intellectuel de longue haleine sur un homme qu’elle admire, mais en toute indépendance d’esprit et sans jamais abdiquer de son sens critique tant vis à vis de lui, du milieu que de ses proches. Sybille Lacan, demi-sœur de Judith Miller, lève le doigt : « Je peux dire un mot ! » Le président lui demande d’attendre la fin de la plaidoirie. Mais même là, elle n’aura pas la parole, la procédure ne l’autorise pas puisqu’elle n’est pas dans le dossier.

Ce qu’elle voulait dire au tribunal, elle le dira tout de même, assez perturbée, en se tournant vers le banc de la presse : « Mon père a été enterré dans l’intimité sans que mon frère Thibault et moi soyons consultés. J’habite Montparnasse, je connais donc beaucoup de psychanalystes, dont des anciens lieutenants de mon père, qui auraient tant voulu y assister. » Dans son livre Un Père, (1997, repris en Folio), elle évoque l’enterrement comme « les débuts de l’appropriation post mortem de Lacan ». Le passage est cité par le plaideur tandis que, discrètement, tendue sur son banc, elle laisse échapper des larmes. Me Kiejman a beau jeu d’opposer la rigueur de sa cliente, historienne de la psychanalyse à l’imposante bibliographie, à Judith Miller « philosophe sans œuvre » suggérant au passage que le succès éditorial de l’une contrarie la « volonté d’appropriation » de l’héritage intellectuel de Jacques Lacan de celle qui n’a d’autre statut que celui de « fille préférée », aménités que Me Charrière-Bournazel balaie comme relevant de « la fable ». Judith Miller réclame un euro de dommages et intérêts pour la diffamation, ainsi que la publication du jugement dans des journaux et les dépens ; Élisabeth Roudinesco, qui s’estime dénigrée par une violente campagne de diffamation à son endroit menée dans les universités où elle enseigne et dirige des recherches (Normale sup, EHESS, Paris-7), réclame que la fille de Lacan soit déboutée, condamnée à publier un communiqué dans trois organes de presse et sur le site Lacan Quotidien et à lui verser 15 000 euros (article 700 du code procédure civile). In fine, Me Kiejman confie au tribunal l’intuition qui lui est venue la veille à la relecture de l’assignation, intuition inspirée par La Lettre volée d’Edgar Poe ; il est vrai que la manière dont Judith Miller y exprime son amour pour son père, a une tonalité sentimentale assez œdipienne dont les psychanalystes font leur miel ordinaire, mais dont les greffiers n’ont guère l’habitude. L’avocat s’essaie alors à une psychanalyse sauvage et judiciaire de la plaignante interrompue par un rire. Il se retourne vers son confrère :

« – J’ai l’air plus intelligent que vous ?

– Cela me divertit… »

Lorsque Me Kiejman donne par erreur du « Mme Lacan » à Élisabeth Roudinesco, avant même qu’il ait temps de se reprendre, son confrère saute immédiatement dessus dans un rire : « Lapsus ! ». On s’attend à ce que Jacques-Alain Miller au deuxième rang se précipite d’urgence pour faire allonger le plaideur sur un divan de fortune. Il n’en est rien. L’audience est levée. On en aura appris davantage sur la guerre en terrain psychanalytique, la distinction entre funérailles et sépulture, l’imprégnation de l’éducation catholique sur un esprit ayant élevé le goût du paradoxe au rang d’un des beaux-arts et l’extension du domaine du plus-que-parfait du subjonctif.

Délibéré au 11 janvier.


Pascale Robert-Diard, Le Monde.fr

17 novembre 2011

Lacan, l’Église et l’imparfait du subjonctif

À les observer, l’une vêtue de noir, visage cadenassé, lame échappée d’un atelier de Giacometti, l’autre virevoltante et passionnée, dardant des regards inquiets sur le public, on se disait qu’il y avait là, entre ces deux femmes, une tension – rage, mépris et répulsion mêlés – qui valait celle dont s’enveloppe, d’ordinaire, l’évocation d’un crime en cour d’assises.

Le « crime » se niche dans une phrase à l’imparfait du subjonctif reprochée par Judith Miller, fille de Jacques Lacan, à l’universitaire et historienne de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco. Dans son dernier essai publié au Seuil, Lacan envers et contre tout, celle-ci écrit : « Bien qu’il [Lacan] eût émis le vœu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise et qu’il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière de Guitrancourt ».

Passe encore pour Rome ou Venise. Mais l’évocation, ainsi prêtée à son célèbre père, d’un vague souhait de « funérailles catholiques » a été perçue comme gravement diffamatoire par Judith Miller, qui a décidé de poursuivre Elisabeth Roudinesco devant les tribunaux.
Circonstance aggravante, l’opus a été édité au Seuil, également poursuivi, dont le président Olivier Bétourné n’est autre que le compagnon de l’historienne.

Le tout a donné lieu, mercredi 16 novembre dans la salle comble de la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris, à trois heures de cabotinage acide entre avocats, Me Christian Charrière-Bournazel pour Judith Miller, Me Georges Kiejman en défense d’Elisabeth Roudinesco.

« Mme Roudinesco fait partie de ces auteurs qui s’attachent à des personnages qui ne sont pas attachés à elle», persifle Me Charrière-Bournazel avant d’évoquer « l’insulte insupportable » faite à la fille préférée de Jacques Lacan. Une moitié du public approuve bruyamment.

L’autre moitié manifeste son soutien à Me Kiejman, citant Jacques Lacan – « je suis un enfant de curé » -, évoquant le premier mariage du psychanalyste à l’église et le baptême de ses trois enfants, « y compris Judith Miller qui a fait sa communion », dans lesquels il voit la preuve que « l’on peut ne plus avoir la foi mais rester obsédé par le rituel catholique ».

Me Kiejman convoque Sophocle, Freud et Hegel – la partie gauche du public, qui les connaît manifestement mieux que lui, s’indigne – il s’emmêle dans un superbe lapsus – « Élisabeth Lacan », dit-il de sa cliente – pour finalement ramener l’affaire à son nœud: « Mon papa m’aimait beaucoup et j’aimais beaucoup mon papa. Mais cela ne justifie pas que l’on porte atteinte à la liberté d’expression».

À l’adresse du tribunal dont il pressent qu’il hésitera à s’aventurer dans l’interprétation des dernières volontés lacaniennes, Me Kiejman propose une caution plus familière. Celle de Grevisse, selon lequel, assure-t-il, le plus que parfait du subjonctif – « bien qu’il eût souhaité » – peut avoir « une valeur indicative ou conditionnelle sans que rien ne permette de distinguer ces deux modes ». Et vient la péroraison : « Le doute, fût-il grammatical, doit bénéficier à l’accusé ! ».

Jugement le 11 janvier.


La tribu Lacan au tribunal

17-11-11 à 12:50 par BibliObs 2 réactions

Judith Miller, fille du psychanalyste, poursuit Élisabeth Roudinesco pour diffamation, pendant que sa demi-sœur l’accuse de s’être approprié la mémoire de son père. Ce petit monde était hier au Palais de justice. Eric Aeschimann a assisté à ces retrouvailles

Élisabeth Roudinesco, Jacques Lacan et Jacques-Alain Miller: la biographe, le Maître et l’héritier

Une dispute intellectuelle, qui vire à la rivalité personnelle et qui finit par faire ressurgir un terrible arrière-fond familial: tel fut le spectacle étrange, parfois poignant et au total un peu pathétique donné hier au tribunal correctionnel de Paris, à la 17ème chambre, celle dite «Chambre de la Presse». Judith Miller, fille de Jacques Lacan et épouse de Jacques-Alain Miller, exécuteur testamentaire du psychanalyste et responsable de la publication de ses séminaires, y assignait pour «diffamation» l’historienne de la psychanalyse Élisabeth Roudinesco.

En jeu: une phrase tirée du livre d’Élisabeth Roudinesco sorti à la rentrée à l’occasion des trente ans de la mort de Lacan: «Bien qu’il eût émis le vœu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise, et qu’il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière de Guitrancourt», peut-on lire à la dernière page de Lacan, envers et contre tout, publié aux éditions du Seuil.

Ayant organisé les obsèques de son père, Judith Miller estime que la formule revient à l’accuser d’avoir trahi ses dernières volontés. Son avocat, maître Christian Charrière-Bournazel, écrit dans ses conclusions:

«Trahir la volonté d’un mort constitue une faute grave et, le cas échéant, un délit. Imputer à quelqu’un un comportement de cette nature, c’est porter atteinte à son honneur et à sa considération au sens de l’article 29 alinéa 1 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse.»

Une plainte picrocholine : le contexte

Le contexte de cette plainte pichrocoline, c’est la récente rupture entre Jacques-Alain Miller et les éditions du Seuil. Tout en publiant au Seuil deux textes de son beau-père (le livre XIX du séminaire, … Ou pire, et un petit ouvrage intitulé Je parle aux murs) et bien qu’il n’ait manifesté que très tardivement son intérêt pour ce trentième anniversaire, Jacques-Alain Miller a eu le sentiment d’en avoir été écarté. Un sentiment de dépossession qui faisait écho à celui qu’il avait éprouvé, tout comme sa femme Judith, lorsqu’en 1993, Elisabeth Roudinesco avait publié sa passionnante biographie de Jacques Lacan, restée unique en son genre jusqu’à aujourd’hui.

Début septembre, Jacques-Miller annonce qu’il quitte le Seuil et que les prochains séminaires de son beau-père seront publiés par… les éditions de la Martinière, holding de tête du Seuil. Un revers pour Olivier Bétourné, PDG du Seuil depuis deux ans et par ailleurs pacsé avec Elisabeth Roudinesco depuis dix ans. Mais, à l’évidence, ce n’était pas assez: depuis deux mois, les mises en cause de l’historienne se multiplient, par le biais du Lacan Quotidien, bulletin publié sur Internet par Jacques-Alain Miller, où elle se voit à l’occasion traitée de «démone» (et l’attachée de presse du Seuil de «soubrette»), mais aussi de mails envoyés aux universités où Roudinesco enseigne, pour mettre en cause ses diplômes universitaires, ou encore d’un véritable déchaînement sur sa page Wikipedia, devenue absolument illisible. En engageant cette procédure judiciaire, Judith Miller et son époux ont signifié qu’entre deux couples qui se connaissent bien, qui ont combattu ensemble l’amendement Accoyer sur la psychanalyse, la guerre était désormais totale.

Au tribunal, devant un public visiblement acquis à la cause de Jacques-Alain Miller, maître Charrière-Bournazel a estimé qu’Elisabeth Roudinesco s’est rendu coupable d’une «imposture», elle «ne fait pas partie de la famille», elle s’est «attachée à un auteur qui ne s’était pas attachée à elle» de son vivant. Il a aussi fait valoir que Lacan ayant perdu la foi à 17 ans, lui supposer le désir de funérailles catholiques ne saurait se défendre, ni s’écrire.

Placée au premier rang, les traits tirés, Judith Miller a ajouté que «la liberté d’expression n’autorise pas à dire n’importe quoi.» Deux rangs derrière était assise sa demi-sœur, Sibylle Lacan. Les deux femmes n’ont pas échangé un regard et la plaidoirie de maître Georges Kiejman, avocat de la défense, permettra peu à peu de comprendre pourquoi.

Maître Kiejman a parlé deux fois plus longtemps que son confrère et a développé deux thèmes. D’une part, il a vu dans la plainte la tentative d’une «descendante sectaire» et il a lu un extrait du livre de Sybille Lacan, «Un père», racontant comment elle avait été conduite par son père dix-huit mois avant sa mort et comment elle avait été prévenu au tout dernier moment de sa mort et des choix pour l’organisation de ses funérailles. «L’appropriation post-mortem de mon père commença», écrit-elle.

Lacan catho ?

Maître Kiejman a également retracé l’histoire compliquée de Lacan avec le catholicisme. Athée certes, mais éduqué par les maristes, le psychanalyste s’est marié à l’église, a fait baptiser ses enfants et passer sa première communion à sa fille Judith. En 1953, il écrit à son frère, moine bénédictin, pour lui demander d’intercéder auprès du pape: il veut alors non seulement faire annuler son premier mariage par l’Eglise, mais surtout convaincre le pontife que la psychanalyse n’est nullement contradictoire avec la foi catholique. «Il y avait un tel goût de la parade chez lui que l’on ne peut s’étonner qu’il ait pu rêver de la pompe du rite catholique pour ses funérailles», estime maître Kiejman.

Dans son dossier, la défense a produit le témoignage de Catherine Clément, auteur de «Vies et légendes de Jacques Lacan», paru en 1980. Amie de Judith Miller, elle affirme que rien dans le texte d’Elisabeth Roudinesco, dont elle avait lu les épreuves, n’est diffamatoire. Maître Kiejman a également cité l’attestation d’un petit-fils de la psychanalyste Jenny Aubry, la mère d’Elisabeth Roudinesco, relatant un dîner chez Lacan où celui-ci aurait exprimé le vœu d’être enterré selon le rite catholique. «En tout cas, moi, je n’y serai pas», aurait répliqué Sylvia Bataille.

Imbroglio familial

Qui est Sylvia Bataille? La femme de Georges Bataille avant de devenir la seconde femme de Jacques Lacan, en 1954. C’est aussi la mère de Judith Miller, née en 1941; à l’époque, ni elle ni Lacan n’avaient divorcé de leurs premiers conjoints. Sibylle Lacan, elle, est une enfant du premier mariage. Un imbroglio familial qui, soixante ans plus tard, continue de nourrir la souffrance.

Au détour de sa démonstration, maître Kiejman note que Sibylle a vu le jour «trois mois avant Judith». Sibylle Lacan jaillit de son banc: «Huit mois !» Le président du tribunal l’arrête: n’étant pas partie prenante au procès, elle n’a pas droit à la parole. Elle tentera à nouveau de s’exprimer à l’issue des plaidoiries, en vain. Jugement le 11 janvier.

Eric Aeschimann


http://blogs.mediapart.fr/blog/michelrotfus/171111/judith-miller-et-sa-soeur-oubliee-sibylle-lacan-un-proces-contre-elisa

17 Novembre 2011

Par Michel Rotfus

Blog de Michel Rotfus, Médiapart

Judith Miller et sa sœur oubliée : Sibylle Lacan.

Un procès contre Élisabeth Roudinesco

Je sais bien que les procès intellectuels n’ont pas bonne presse mais hier, 16 novembre 2011, à la 17e chambre, j’ai assisté à une scénographie étrange. Judith Miller, 70 ans, visage en lame de sabre sans le moindre affect apparent mais ravagée de l’intérieur, convaincue de sa bonne foi et certaine de détenir toute la vérité sur l’œuvre de son père était dans le prétoire entouré de son fils et de son mari, Jacques Alain Miller, sourire méprisant aux lèvres, au milieu d’une cohorte d’épigones.

Tout ce petit monde poursuivait en justice l’historienne et universitaire Élisabeth Roudinesco, visiblement émue. Elle avait commis le péché dans son dernier essai, Lacan envers et contre tout, de souligner qu’un jour Lacan “eût souhaité” des funérailles catholiques, lui le matérialiste athée, proche de sa mère Jenny Aubry, attaché comme on sait au rituel de l’Église romaine depuis toujours. Il s’était marié à l’Église avait voulu faire annuler par le pape son premier mariage et il avait baptisé tous ses enfants, dont Judith qui fit sa communion. Il avait un frère bénédictin qu’il aimait beaucoup, se disait «fils de curé» et pensait que la religion catholique romaine triompherait de tout.

Un procès sur une phrase ? Un procès pour diffamation? Tout cela serait loufoque si le droit ne permettait pas à chaque citoyen d’un état démocratique de saisir la justice pour tout et n’importe quoi. Donc Judith Miller et les siens se sont sentis diffamés, humiliés, indignés qu’une telle phrase ait été écrite. Et les avocats furent contraints de se livrer à une véritable joute sur des mots, des accents circonflexes et un imparfait du subjonctif. Georges Kiejman démontra, Grevisse à l’appui, qu’il ne s’agissait pas dans cette phrase objet de la plainte d’une référence à des volontés exprimées mais d’une supposition qui renvoie antérieurement à ses derniers moments à l’imaginaire lacanien, à l’importance qu’il accordait à la pompe de la religion catholique. Homme paradoxal.

Christian Charrière-Bournazel, avocat des Miller, n’avait guère travaillé son dossier. Il est arrivé les mains dans les poches, mondain et rieur, grossier parfois, pressé d’en finir, persuadé comme ses clients d’avoir raison contre la méchante historienne. Et de la brocarder en lui donnant des leçons de style : pourquoi pas une fessée? Et de rire lorsque son confrère, Georges Kiejman – ton grave et parole ferme – fit un lapsus en confondant le nom de Roudinesco avec celui de Lacan. Et la meute était là derrière, prête à bondir sur l’avocat.

Pourtant, force est de constater que Kiejman, soutenu d’ailleurs par sa consœur, Bénédicte Amblard (qui plaidait pour le Seuil et son PDG, Olivier Bétourné), livra une plaidoirie longue et érudite, rappelant que Judith Miller, philosophe sans œuvre et se regardant elle-même comme une “bâtarde” – parce qu’elle était née sous un autre nom que celui de son père -, n’avait jamais rien produit qu’une Album de photographies de famille et que son époux, excellent transcripteur des séminaires de Lacan, n’avait pas, lui non plus, produit d’œuvre importante : sa Vie de Lacan, feuilleton en 24 pages écrites à la va vite au mois d’août dernier sur un ton rageur ne saurait en effet rivaliser avec l’œuvre d’Élisabeth Roudinesco, ni avec les 800 pages de sa biographie de Lacan rédigée en 1993 (Fayard et pochothèque) et traduite dans le monde entier. Ouvrage de référence donc qui fait pâlir de haine et d’envie cette famille qui entend faire main basse aujourd’hui en France sur la liberté d’expression dans la plus pure tradition des pays totalitaires.

J’ai eu froid dans le dos quand Judith Miller – apportant une confirmation supplémentaire à la plaidoirie de Kiejman, prétendant détenir le vrai et le juste concernant son père –, a expliqué que la liberté d’expression n’autorisait pas un auteur à “dire n’importe quoi”. Mais bien sûr que si qu’on a le droit en démocratie de dire n’importe quoi. Heureusement. A ceci près que Kiejman démontra qu’Elisabeth Roudinesco ne disait pas n’importe quoi sinon dans l’imaginaire de l’accusatrice en proie à la persécution. On a même le droit de blasphémer et d’envoyer Dieu aux enfers. Mais on n’a pas le droit de calomnier, d’insulter, de tirer à vue sur une personne comme le fait la famille Miller en permanente éructation.

Donc vive le droit de dire n’importe quoi !

Le moment le plus émouvant fut celui où l’autre fille de Lacan, Sibylle Lacan, 70 ans, sœur oubliée, bannie même de la mémoire des Miller, née du premier mariage de Lacan, presqu’en même temps que Judith et auteure d’un beau livre sur son père (Un père, Gallimard, 1994), tenta de s’exprimer. Assise dans le prétoire, telle une intruse, elle se mit à sangloter à l’évocation de l’enterrement de son père. Elle se souvenait, comme elle raconte dans son livre, que la question centrale de ce procès était refoulée : “L’enterrement de mon père fut doublement sinistre. Profitant de mon hébétude (…) Judith prit seule la décision de cet enterrement “dans l’intimité”, de cet enterrement-rapt annoncé après coup dans la presse et où je dus subir la pression de l’Ecole de la cause (école fondée par Jacques-Alain Miller). L’appropriation post-mortem de Lacan, de notre père débutait.”

(Le rapt de la mémoire et de l’histoire de Lacan par Judith a d’ailleurs été une des points forts de l’argumentaire de Kiejman) N’ayant pas été cité comme témoin, Sibylle Lacan ne put prendre la parole mais ses larmes montraient bien, comme le rappela calmement Elisabeth Roudinesco, que le biographe et l’historien sont toujours confrontés à des tragédies familiales et à la haine qu’un clan voue à un autre clan.

Je ne connaissais pas cette histoire mais Sibylle m’a ému comme elle a ému l’assemblée qui était là à l’exception de la meute qui ricanait.

Procès ridicule, oui, mais belle plaidoirie, beau moment de prétoire et l’on s’efforcera de pardonner à maître Charrière-Bournazel son incapacité à entendre la souffrance d’une femme, demie soeur de celle qu’il défendait. Il n’eut pas la moindre émotion devant ses larmes, alors que l’intruse laissa un moment sans voix maître Kiejman, visiblement touché par cette douleur de fille…

Je ne peux m’empêcher de citer le témoignage de Catherine Clément qui fut lu au tribunal, très émouvant lui aussi : “Je connais et j’aime mon amie Judith Miller depuis plus de cinquante ans ; je connais aussi l’immense respect qu’elle porte à son père, respect que je partage. Pour autant, je n’ai pas senti la moindre offense faite à Judith Miller en lisant le dernier livre d’Élisabeth Roudinesco ; si tel avait été le cas, ayant eu les épreuves de ce livre avant publication, je l’aurai certainement fait remarquer à l’auteur de « Lacan, envers et contre tout ».

J’ai été stupéfaite de la très forte réaction émotionnelle de mon amie Judith, réaction provoquée sur le moment, m’a-t-elle dit, par la lecture qu’on lui a faite au téléphone d’un seul paragraphe de ce livre-le paragraphe incriminé. Il ne m’avait pas semblé, à aucun moment, qu’É. Roudinesco y visait la fille de Jacques Lacan, non plus que sa famille, ni qu’à aucun moment il ait été question dans ces lignes d’une trahison des vœux paternels.»

Judith a affirmé n’avoir pas lu la moindre ligne des écrits de Roudinesco (qu’elle connaît pourtant depuis l’âge de neuf ans) tellement ils lui font horreur. Mais pourquoi poursuivre en diffamation une ligne d’un texte sans avoir daigné lire même cette ligne qui lui fut lue au téléphone ? Ni de surcroît le texte en son entier.

Quelle folie, tout de même!


Procès Lacan, querelle de chapelles

Par Jérôme Dupuis (LEXPRESS.fr), publié le 17/11/2011 à 10:30, mis à jour à 15:01

Élisabeth Roudinesco, auteur de Lacan, envers et contre tout (Seuil), est attaquée pour diffamation par la fille de Jacques Lacan, Judith Miller.


AFP/MIGUEL MEDINA


La fille du célèbre psychanalyste attaquait pour diffamation la biographe de son père, Élisabeth Roudinesco. Une audience hautement névrotique.

Avertissement au lecteur : cet article est garanti 100% sans jeu de mots lacanien.

Sigmund, reviens, ils sont devenus fous! Voilà, très succinctement résumée, l’impression que l’on a ressentie, hier, en assistant à la joute « lacanienne » qui s’est tenue devant la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. On y aura vu un ancien ministre et ténor du barreau s’improviser « psychanalyste du dimanche », deux filles de Jacques Lacan se haïr polairement et un auditoire, qui devait totaliser quelques millions d’heures d’analyse à lui seul, pousser des petits « Oohhh! » d’indignation sur les bancs réservés au public. Tout cela pour huit petits mots…

Reprenons. A l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Lacan, disparu en septembre 1981, l’historienne de la psychanalyse, Élisabeth Roudinesco, a publié un petit ouvrage intitulé Lacan, envers et contre tout (Seuil), dans lequel on pouvait lire cette phrase: « Bien qu’il eût émis le vœu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise, et qu’il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière de Guitrancourt. » À sa lecture, la fille chérie de Jacques Lacan, Judith Miller, s’étrangle: jamais, ô grand jamais, selon elle, son père n’a émis le désir d’être enterré selon le rite catholique! Blasphème! Diffamation! Procès! Judith Miller réclame l’euro symbolique.

Et voilà le pauvre président Cathelin et ses deux assesseurs de la XVIIe sommés de sonder l’âme passablement torturée du psychanalyste aux célèbres cigares mâchonnés ! Heureusement, il est au moins quelques points sur lequel tout ce petit monde s’accorde: Jacques Lacan était athée depuis ses 17 ans ; la religion l’intéressait comme objet d’études, comme en témoigne la correspondance avec son frère Marc-François, moine de son état; mais ni dans son testament, ni dans une lettre, il n’a donné la moindre instruction pour ses funérailles.

Mais, on le sait, les délices de la psychanalyse résident dans l’interprétation. Et là, il faut bien le dire, le tribunal a été servi. Me Georges Kiejman, avocat d’Élisabeth Roudinesco, a audacieusement tenté de démontrer que fumer le Davidoff menait tout droit au rite catholique : « Cet homme qui portait des costumes extravagants, roulait en voiture de sport et fumait des cigares entortillés, qui peut dire qu’il n’aurait-il pas souhaité des funérailles spectaculaires? « Réponse de Me Charrière-Bournazel, défenseur de Judith Miller: « Très bien, mais, alors, pourquoi n’a-t-il laissé aucune instruction écrite? On accuse ma cliente d’avoir trahi les dernières volontés de ce père dont elle fut le « bâton de vieillesse »! D’avoir joué avec sa dépouille! C’est grave, tout de même! »

Alors, Me Kiejman se lance dans une psychanalyse sauvage – féroce même – de Judith Miller: « Née hors-mariage, vous avez été considérée comme un bâtarde et n’avez porté le nom de votre père qu’à l’âge de 13 ans! Toute votre vie, vous avez vécu avec cette blessure. Et lorsque votre père est mort, vous avez organisé des obsèques à la sauvette, sans prévenir personne ! Et, depuis, vous pensez que ce père vous appartient exclusivement ! » Pour un peu, on s’attendrait à ce que Me Kiejman demande à Judith Miller de s’allonger sur le banc des parties civiles et de se confesser. Mais celle-ci, petite femme menue ceinte d’une écharpe sombre, se contente, les yeux au ciel, de faire « non » de la tête.

On eut même droit au lapsus freudien de rigueur, toujours signé Me Kiejman: « Ma cliente, madame Lacan, euh, madame Roudinesco… » Rires entendus sur les bancs du publics, où les tenants de la Fondation du Champ freudien côtoyaient les « milleristes », prenant bien garde de ne pas se mélanger aux « roudinescistes », tandis que quelques dissidents (jungiens?) comptaient les points…

C’est le moment que choisit une petite voix pour s’élever du troisième rang: « Je suis Sybille Lacan, fille de Jacques Lacan et demi-sœur de Judith. Puis-je m’exprimer? « Non! », répond sèchement le président, respectant en cela strictement la procédure. La petite femme se renfrogne sur son banc. Mais l’on apprend bientôt, par la voix des avocats, que, fâchée à mort avec sa sœur, elle a évoqué, dans un livre, l' »enterrement-rapt » de son père. Et nous voilà plongés dans les Atrides du VIIe arrondissement. Résumons: Judith hait Elisabeth et Sybille, mais Sybille aime Elisabeth et Elisabeth aime Sybille… Le taux de névrose au mètre carré monte dangereusement sur les bancs de la XVIIe.

Bien vite, on a donc compris que le véritable enjeu de ce procès était ailleurs. À qui appartient Lacan? A sa fille adorée, Judith, et à son époux, Jacques-Alain Miller, exécuteur testamentaire du grand homme ? Ou aux chercheurs et biographes dont Élisabeth Roudinesco, comme l’a plaidé l’avocate des éditions du Seuil, Me Bénédicte Amblard ? On eût beau évoquer Hegel, « l’inconscient-structuré-comme-un-langage », les déviationnistes freudiens, le signifiant et le signifié, le Congrès de Stockholm de l’Association internationale de psychanalyse de 1963, les micros cachés dans les chambres d’hôtels dont se croyait victime le paranoïaque Lacan, les débats se résumaient à cette seule question : a-t-on le droit d’écrire sur Lacan, si l’on est ni sa fille ni son gendre ? « J’ai consacré trente de ma vie à l’histoire de la psychanalyse et je viens d’être victime d’une invraisemblable campagne de calomnie, a calmement déploré Élisabeth Roudinesco. Il y a toujours une querelle entre les biographes et les familles. Mais quand en plus les familles sont divisées… »

Bref, il faut bien l’avouer, après deux heures de débats, lorsque le président a annoncé le jugement pour le 11 janvier 2012, on n’était guère plus avancé. Et l’on ne pouvait que sourire en observant notre pauvre consœur du Monde s’escrimer à résumer cette ténébreuse affaire en 140 signes pour Twitter…


Corriere della Sera

http://archiviostorico.corriere.it/2011/novembre/20/Dura_polemica_tra_figlie_sulle_co_9_111120015.shtml> di Corriere.it

Candide Lundi 21 novembre 2011

Le Temps, 21 novembre

Paris sera toujours Paris

Par Anna Lietti

Le procès de la biographe de Lacan vire au pugilat autour d’un plus-que-parfait du subjonctif. Quel déchet ne ment, comme dit l’autre.

Vous y étiez ? Moi non plus. Mince, ce que c’est que la province.

Mercredi dernier, le Tribunal de grande instance de la Ville-Lumière a vécu un grand moment de vie parisienne. Judith Lacan, fille de Jacques, y faisait face à Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse et auteure d’une biographie du maître. Elle y laisse entendre que la famille du psychanalyste mort il y a trente ans n’a pas respecté son souhait d’avoir des funérailles catholiques.

Judith accuse Élisabeth de diffamation. Après des années d’escarmouches exégétiques et de tirs de roquettes éditoriaux, c’est la guerre ouverte. Dans chaque camp, la mobilisation est totale.

Parce qu’il s’agit d’une vraie guerre des clans, à la versaillaise. D’un côté, rangés derrière la fille du maître, dite la «préférée», il y a les héritiers légitimes, ceux que Pierre Assouline appelle les «milleristes canal historique». Judith est en effet la femme de Jacques-Alain Miller, psychanalyste lui-même et héritier moral de Lacan. Miller est en conflit avec l’éditeur des Séminaires, Le Seuil. Dont le patron n’est autre qu’Olivier Bétourné, compagnon d’Élisabeth Roudinesco, égérie du clan des séditieux.

Roudinesco et les siens revendiquent, au nom de la vérité historique, l’irrespect face à la statue de «Sa Majesté». Les milleristes n’ont que mépris pour celle qu’ils regardent comme une pilleuse d’aura. Pire, une rancunière qui n’a jamais digéré la disgrâce de sa mère, Jenny Aubry, auprès de Lacan.

Par ailleurs, le camp familial n’est pas si uni que ça : Sybille, demi-sœur de Judith, raconte à qui veut l’entendre qu’elle et son frère n’ont même pas été consultés pour les funérailles. L’autre, la préférée, a tout décidé.

Tout ce monde se retrouve donc au procès. Où, dans le plus pur esprit lacanien, l’avocat d’Élisabeth Roudinesco virevolte verbalement autour d’un plus-que-parfait du subjonctif et plaide l’acquittement au bénéfice du doute grammatical.

La biographe a écrit que «le maître «eût souhaité des funérailles catholiques» ? Eh bien, cet «eût souhaité»-là peut avoir «une valeur indicative ou conditionnelle sans que rien ne permette de distinguer ces deux modes», explique-t-il. En d’autres termes, Roudinesco a peut-être écrit que Lacan, selon certains, souhaitait des funérailles catholiques. Ou alors qu’il les souhaitait bel et bien mais ne les a pas eues. Who knows, that’s french.

L’article du Monde relatant le procès a suscité, sur le Web, un virulent débat. Sur la question de savoir comment enterrer un incroyant imprégné de culture catholique et manifestement ambivalent? Ou s’il est diffamatoire de dire qu’un enfant n’a pas respecté la volonté de son père?

Point du tout. On s’est passionnés pour le plus-que-parfait du subjonctif, on s’est écharpés sur sa valeur indicative, conditionnelle ou concessive. Certains ont douté que le spécimen fût authentique. D’autres qu’il indiquât une virtualité. On s’est donné du «Ce que vous dites est imprécis» et du «Pardonnez pour la pédanterie, mais…». On a surtout attendu que l’adversaire, dans le feu du débat, commît une faute d’orthographe pour la terrasser en vol d’une flèche empoisonnée. Jusqu’à ce que toute cette effervescence accouche de l’inévitable bon mot : «Quel déchet ne ment !»

Les détracteurs de la psychanalyse l’accusent d’être élitaire, sectaire et verbeuse. Où diable vont-ils chercher ça ? Où donc, je vous le demande.


Rédigé par : Hydrogène | le 17 novembre 2011 à 16:08 |

L’usage d’un subjonctif dans la phrase incriminée me paraît contestable pour ce qui est du sens. Le français a la tendance fâcheuse, parce que beaucoup de ses subjonctifs ne sont pas phonétiquement distincts de ses indicatifs, de considérer qu’un « que » précédant le verbe suppose un subjonctif. Madame Roudinesco aurait pu écrire : » Bien qu’il souhaitait ». Ou peut-être a-t-elle pensé « Bien qu’il a eu souhaité », mais dans ce cas la crainte des surcomposés l’a entraîné à « Bien qu’il eut souhaité », puis « Bien qu’il eût souhaité », formellement correct, mais dépourvu de valeur subjonctive.

Il reste que le sens est affirmatif. Dès lors, il y avait quatre possibilités :
– Lacan souhaitait des funérailles religieuses et les a eues;
– Lacan souhaitait des funérailles religieuses et ne les a pas eues (c’est l’opinion de Madame Roudinesco);
– Lacan ne souhaitait pas de funérailles religieuses et en a pourtant eu;
– Lacan ne souhaitait pas de funérailles religieuses et n’en pas eu.

On le voit, Madame Roudinesco avait 3 chances de se tromper sur 4. Dès lors, on doit condamner son imprudence et, dans le même mouvement, lui accorder des circonstances atténuantes s’il est prouvé qu’elle a fait erreur. Ces circonstances atténuantes sont d’autant plus nécessaires que, selon le baveux même de l’adversaire, qui a perdu là une belle occasion de se taire, elle s’est attaché, en tant qu’historienne, à un personnage qui ne lui était pas attaché, ce qui est a priori une raison de ne pas suspecter un manque d’objectivité.

J’ai personnellement une opinion et j’ose l’énoncer ici-même : bien que Loup, duc d’Aquitaine, portait la barbe, il se la fit raser en 657. Il reste à ceux qui veulent me faire un procès le soin de prouver qu’ils descendent de l’illustre gouvernant, ou de son barbier.

Rafah Nached et les prisons de la peur

Cet article de Josyane Savigneau est paru dans Le Monde du 05.11.11

Cette pionnière de la psychanalyse en Syrie offrait un lieu de parole à ceux qui ont peur. Son arrestation vise l’activité psychanalytique elle-même, s’indignent ses confrères

On entend déjà des reproches sur la mobilisation autour de Rafah Nached, psychanalyste syrienne emprisonnée depuis le 10 septembre. Il y a des arrestations journalières en Syrie, peut-être déjà 70 000 prisonniers, alors pourquoi elle ? Parce qu’elle est psychanalyste ? On saisit tout de suite l’accusation : Rafah Nached appartient à une communauté de gens éduqués et, en Europe, on s’occuperait d’elle au détriment de tous les autres.

Mais qu’elle soit psychanalyste, qu’elle ait été la première psychanalyste en Syrie, dans les années 1980, après ses études en France, et qu’on ne lui connaisse aucune activité politique, militante, ne peut pas « laisser indifférent », comme le précise le psychanalyste libanais Chawki Azouri, en marge d’un colloque qu’il organisait à Beyrouth du 28 au 30 octobre sur le thème « Guerre finie, guerre infinie ». « Dans le monde arabe, il a été difficile de faire exister la psychanalyse, explique-t-il. Et Rafah Nached a été une pionnière. Elle a fondé l’école syrienne de psychanalyse. Elle ne faisait pas de politique, elle faisait son métier. Elle n’était vouée qu’à une cause, celle de la psychanalyse et de ses patients. » C’est aussi le sentiment de la psychanalyste et historienne de la psychanalyse française Élisabeth Roudinesco, qui l’a rencontrée dans des colloques, notamment à Beyrouth, et pour qui « elle est avant tout une excellente clinicienne ».

De quoi est donc vraiment coupable Rafah Nached, 66 ans, arrêtée le 10 septembre à l’aéroport de Damas ? Elle allait s’embarquer pour rejoindre à Paris sa fille, sur le point d’accoucher, et aussi pour voir ses médecins – elle a eu un cancer et a des problèmes d’insuffisance cardiaque. Elle a été inculpée le 14 septembre d’« activités susceptibles d’entraîner une déstabilisation de l’État », comme le rapportait Benjamin Barthe dans Le Monde du 16 septembre. Sa libération sous caution a été refusée.

Mais son seul « délit » est d’avoir donné la parole à ceux qui, dans la situation actuelle de la Syrie, cherchaient un moyen d’exorciser leur peur. Comme l’a écrit son mari Fayssal Abdallah, professeur d’histoire à l’université de Damas, dans une lettre ouverte à plusieurs journaux, dont Le Monde, Rafah Nached, « au début des événements dramatiques qui se déroulent actuellement en Syrie, a entrepris un projet de travail de thérapie de groupe avec un collègue, père jésuite, psychanalyste aussi. Ce travail était fondé sur le psychodrame et se tenait dans les lieux de prière des jésuites, à Damas ».

Il se trouve que l’Agence France-Presse (AFP) a publié une dépêche sur ce travail et a cité des propos de Rafah Nached – déjà tenus dans un article de la revue de psychanalyse Topique, en 2010 – sur la nécessité d’offrir un lieu de parole à ceux qui ont peur, « un lieu où l’on peut prendre de la distance par rapport à la famille, au travail ou à la société, où règne la fusion ». Il est peu probable que les membres des services de renseignements, les moukhabarat, soient de grands lecteurs de la revue Topique. En revanche, l’article de l’AFP aurait pu attirer leur attention sur Rafah Nached, comme le pensent certains de ses proches.

Si la communauté psychanalytique s’est mobilisée pour demander sa libération, c’est parce que l’activité psychanalytique elle-même est visée par son arrestation. « Je dirige aujourd’hui l’UFR dans lequel Rafah a été formée, à Paris-VII, dit Fethi Benslama. Elle a soutenu sa thèse sous la direction de Sophie de Mijolla. Le conseil d’administration a voté une résolution pour demander sa libération. Le pouvoir syrien ne sanctionne pas une opposante en la maintenant en prison, il sanctionne une clinicienne, et une femme qui a un esprit de fondatrice. Elle est le seul cas d’une femme psychanalyste ayant fondé une école dans un pays où la psychanalyse n’existait pas. C’est une personne qui est passionnée par la transmission. Elle n’est jamais dans l’abus de pouvoir. Elle est aujourd’hui détenue dans une cellule collective, dans des conditions sanitaires qui, évidemment, laissent à désirer. Son mari dit que son état de santé est stable. Et il est dans son caractère de résister à l’adversité. Mais elle est tout de même fragile physiquement. »

Toutes les sociétés de psychanalyse françaises ont aussi transmis un texte au Parlement européen pour qu’il se saisisse du cas de Rafah Nached, « accusée à tort, ses activités ne dépassant pas le cadre d’une pratique analytique et psychothérapeutique ».

Julia Kristeva, psychanalyste, écrivaine, n’a pas rencontré Rafah Nached. Mais depuis son arrestation, elle s’est intéressée de près à son parcours, à son travail et à ses publications. « Dans ses articles publiés en français, en particulier dans Topique [n° 110], Rafah Nached précise qu’après avoir fait ses études de psychologie clinique à Paris, elle a travaillé à Alep, et, je la cite, «dans un hospice de vieillards», «un milieu où vivaient des personnes présentant un mélange incroyable de psychoses, d’épilepsies, d’hystéries, de retards mentaux, de handicaps physiques couvrant toutes les tranches d’âge, de 2 ans à la vieillesse». »
Elle a continué ce lourd travail à Damas, dans des centres pour handicapés mentaux. « Je sais que son cabinet personnel est devenu aussi, peu à peu, un lieu de parole et d’écoute pour ceux qui souffraient du climat social de leur pays, avant même les récents événements, poursuit Julia Kristeva. «À l’extérieur», écrivait-elle, «la parole libre est interdite, obligeant à mille et un détours pour exprimer quelque chose d’un peu personnel.» Son cabinet devait donc être ce lieu où le moi peut exister, alors qu’à l’extérieur il est barré. »

Pour Julia Kristeva, qui a pris la parole dans une des manifestations de soutien organisées à Paris par le psychanalyste Jacques-Alain Miller, cette affaire vient à « un moment qu’il faut bien dire historique, pour la psychanalyse, pour la politique, pour les femmes ». La psychanalyse est l’expérience intime par excellence, souligne-t-elle. Freud et Lacan ne cessent de le faire entendre, chacun à sa façon unique. « En revanche, l’écoute du «parlêtre» est cette révolution copernicienne des valeurs et des normes qui ouvre de nouvelles possibilités de lien à autrui, lesquelles constituent l’essence même de la politique. Puisque l’écoute de l’inconscient dévoile la singularité de l’être parlant, il est inévitable que la psychanalyse rencontre la préoccupation centrale du IIIe millénaire : quel sens donner à la singularité qui est devenue synonyme de bonheur par la liberté ? » Si la psychanalyse est appelée à répondre à cette question, son exercice est certainement périlleux dans certains pays. « Oui, elle est appelée à répondre à cette question », insiste Julia Kristeva. Pourquoi ? « Parce que la découverte freudienne de l’inconscient a transféré les ambitions religieuses et philosophiques d’un Occident soucieux des droits de l’homme au cœur même de la rationalité scientifique. Et cette approche s’oppose aussi bien au pseudo-humanisme qu’à la terreur que répandent les intégrismes politiques ou religieux, ainsi qu’aux divers acharnements scientistes. Rafah Nached est le témoin de cette résistance, lorsqu’elle essaie de donner la parole à la peur, face au régime syrien. »

En Syrie, la peur est partout. Le régime essaie d’écraser la révolte, par peur de perdre son pouvoir. Les manifestants ont peur aussi, mais ils descendent quand même dans la rue, sans armes. Et on compte beaucoup de morts – officiellement 3 000, sans doute beaucoup plus. Rafah Nached et le Père Rami Elias, le psychanalyste qui dirige la résidence jésuite dans laquelle se tenaient les groupes de parole qu’ils organisaient ensemble, voulaient créer un espace où chacun – même ceux qui ne peuvent pas consulter de psychanalyste – pouvait dire sa peur. « Il n’est pas question ici de faire de la politique, déclarait le Père Rami Elias à l’AFP, mais que chacun puisse partager la peur qu’il ressent et la canaliser afin qu’elle ne se transforme pas en violence. »

« Je crois que ce travail, mené en commun par ce père jésuite et Rafah Nached, était absolument nécessaire, ajoute Julia Kristeva. Les peurs que cette femme analyste essaie d’entendre vont bien plus loin que la peur d’un régime politique, elles sont verrouillées dans l’attitude religieuse. Rafah Nached n’attaque pas frontalement ces peurs, elle ne cible personne. Je lis ces travaux comme le début d’une voie que nos collègues syriens tentent d’ouvrir, non pour stigmatiser l’expérience religieuse, mais pour la mettre en question. L’analyser, la déconstruire, infiniment. Et je crois que ces avancées ne peuvent que se renforcer, malgré ce qui vient de frapper Rafah Nached. »

Comme dans le cas des prises d’otages, un débat demeure ouvert. Faut-il faire silence, laisser la diplomatie tenter de faire libérer Rafah Nached ? « Mais que peut faire aujourd’hui le Quai d’Orsay en Syrie ? » s’interroge Fehti Benslama. Ou bien faut-il parler, faire entendre la voix de Rafah Nached, dire et redire ce que son arrestation a de singulier et de symbolique, faire qu’elle ne soit pas oubliée ? Ces deux positions n’ont certainement pas fini de s’affronter. Mais pour les psychanalystes, la parole étant au cœur même de leur pratique, il ne semble pas possible de se taire.

Josyane Savigneau

Serge Ginger nous quitte : la psychologie humaniste en deuil

Chères Amies, Chers Amis,

Nous avons la douleur de vous annoncer le décès de Serge Ginger survenu la nuit du 1er au 2 novembre à l’hôpital Georges Pompidou à Paris.

Nous sommes en contact avec sa famille, qui souhaite que la cérémonie de crémation se fasse dans la stricte intimité. Par la suite, une cérémonie du souvenir sera organisée pour les collègues et amis. Nous vous ferons parvenir les informations nécessaires.

Nous perdons non seulement un collègue, fondateur de la FF2P(1« ), qui depuis 1995 au sein de cette institution a donné son temps, son énergie, son intelligence pour la défense de notre profession.

Nous perdons aussi un ami de 40 ans, un humaniste, infatigable combattant pour la reconnaissance de la profession de psychothérapeute, au sein du SNPPsy, puis de la FF2P, de l’EAP et de l’École parisienne de Gestalt.

Nous pensons à sa femme Anne, à leurs enfants et petits enfants à qui vous pouvez adresser vos condoléances par courrier au 183 rue Lecourbe – 75015 Paris ou par courriel à ginger.serge@gmail.com

Bien amicalement,

Michel Meignant
Président

Isabelle Crespelle
Vice-présidente


Anne GINGER, son épouse

Irène, Catherine, Luc, Nathalie, ses enfants, et leurs conjoints

Jean, Maëlle, Simon, Albin, Lise, Pascal, Robin, Jade, Denis, Maugane,

ses petits-enfants, vous informent du décès de

Serge GINGER

Survenu le 1er novembre 2011 à l’âge de 83 ans.


La crémation aura lieu dans l’intimité.

Une cérémonie du souvenir aura lieu le 6 janvier 2012

  • 1 La FFdP fut fondée à l’initiative du PSY’G par ce dernier syndicat et le SNPPsy, auquel appartenait Serge Ginger. Qui par la suite la transforma, après scission de l’AFFOP (1998), en FF2P. Note de la Rédaction.

Michel Rotfus sur Médiapart

Miller toqué du pape et de Julia Kristeva

04 Novembre 2011

Par Michel Rotfus

On s’amuse beaucoup ces temps-ci dans la tribu Miller sans trop se préoccuper de l’état de catastrophe dans laquelle se trouve l’Europe.

Chez les Miller, on joue à habemus papam. Comme la tribu n’a jamais supporté les relations de papa Lacan avec le pape – il voulait le rencontrer et il avait demandé à son frère de servir d’intermédiaire – les Miller, épouse, fils, fille, gendre, adeptes ont envoyé au cimetière où est enterré le vieux à Guitrancourt toute leur secte. Et les toqués de Miller ont défilé des heures devant la tombe, très contents comme ils le disent de vérifier que celle-ci n’était pas surmontée d’un crucifix. Oh bonheur ! Pas de sépulture pour Lacan-papam antéchrist.

Et puis patatrac ! Voilà que la tribu se met à adorer le pape. Ils aiment papam, ils adorent papam, ils sont toqués de papam au point qu’ils font de la publicité pour leur grande, chère et belle Julia Kristeva qui pourtant n’est pas très lacanienne : elle l’a dit des dizaines de fois. Elle n’aime pas les séances toquées à la va vite. Mais, oh grand honneur, elle a rencontré le Pape. Et oui! Elle était à Assise chez Saint François, le 27 octobre dernier, avec une écharpe sur l’épaule digne d’un évêque : Sollers devait se cacher dessous, on le voit avec son whisky gigoter tel un démon. Sur la photo, très sulpicienne (Da Vinci code est passé par là), on la voit entourée de moines encapuchonnés façon Zurbaran pour prononcer son grand discours en dix points sur l’humanisme au XXIe siècle.

Et du coup les Miller ont changé d’église : plus de haine des crucifix plus d’Antéchrist ni de Lacan sans dieu ni religion : vive la puissance papale ! Et je ne résiste pas au plaisir de citer un extrait du discours papal de Julia Kristeva, rendant hommage à Benoît XVI. Point de Lacan (prudente la Julia) mais du Rousseau, du Freud, du Voltaire, du Sade (diantre ! Sollers gigote sous l’écharpe) et du Coran et de la Bible en pagaille avec en plus Bouddha et le Tao. Elle aime toutes les églises la belle Julia. Elle en appelle aux “codes moraux immémoriaux”. Tout le monde est beau et gentil dans l’univers kristevien.

Voilà : « Mais le Babel des langages génère aussi chaos et désordres, que l’humanisme ne régulera jamais par la seule écoute attentive prêtée aux langages des autres. Le moment est venu de reprendre les codes moraux immémoriaux : sans les affaiblir, pour les problématiser, en les à rénovant au regard des nouvelles singularités. Loin d’être de purs archaïsmes, les interdits et les limites sont des garde-fous qu’on ne saurait ignorer sans supprimer la mémoire qui constitue le pacte des humains entre eux et avec la planète, les planètes. L’histoire n’est pas du passé : la Bible, les Évangiles, le Coran, le Rigveda, le Tao nous habitent au présent. Il est utopique de créer de nouveaux mythes collectifs, il ne suffit pas non plus d’interpréter les anciens. Il nous revient de les réécrire, repenser, revivre : dans les langages de la modernité. »

Habemus Kristevam, habemus Millerium, papam, papam.

Je crois qu’en ces jours des morts, je vais aller fleurir la tombe du divin Lacan à Guitrancourt et j’ajouterai un beau crucifix acheté place Saint Sulpice en souvenir de Da Vinci Code : Lacan les adorait comme les mystiques et les Jésuites. Le pauvre, lui il n’a jamais pu rencontrer le pape, il faudrait intervenir auprès de papam pour qu’il ait enfin sa vraie demeure chrétienne : en latin s’il vous plaît.


Miller Jacques-Alain, toqué de Pierre Macherey

23 octobre 2011

N’en déplaise à ceux qui pensent à tort que j’utilise les mêmes méthodes que la famille Miller, je suis tout de même effaré de l’entreprise policière qu’elle met en œuvre, cette famille, pour affirmer que seule doit prévaloir sa lecture de Lacan.

Tout est donc maintenant suspecté de déviation, d’incorrection politique et de malveillance. N’importe quel discours philosophique, historique, théorique est brocardé au nom de la “bonne ligne”, façon Corée du Nord. Voilà donc ce que JAM, sa tribu et ses clones appellent l’opinion éclairée : procès de Moscou, persécution, délire, dénonciation. On a froid dans le dos. Et voilà qu’il s’en prend au dernier livre de Pierre Macherey. Toqué, toqué ce Miller.

Je me souviens de Pierre Macherey, ce professeur qui nous a tant apporté. La rigueur et la richesse de son enseignement étaient égales à son côté bougon. Je me souviens de ses bretelles et de ses chemises à carreaux, salle Cavaillès à la Sorbonne.

Il vient de publier un excellent ouvrage, La parole universitaire, La Fabrique. Plutôt que de faire des remontrances aux professeurs ou aux ministres, il examine soigneusement les discours tenus par les penseurs sur l’Université : Rabelais, Kant, Hegel, Hermann Hesse, etc… Au passage, je me souviens que Roudinesco était aussi salle Cavaillès, dix ans après moi : elle cite beaucoup Macherey dans ses livres (c’est sans doute la raison de l’ire millérienne).

Voilà donc que Macherey a eu le culot de consacrer un chapitre de ce beau livre, son dernier, à Lacan. Péché, péché : les harpies sont en émoi. Il a osé dire que le bon docteur n’est pas une idole que l’on doit vénérer chaque jour à travers son guide suprême. Il montre, en étudiant le séminaire L’envers de la psychanalyse, les contradictions de Lacan à l’égard du discours universitaire : mépris, fascination, retournements, instrumentalisation. Lacan n’était pas simple, tout le monde le sait et plutôt que de raconter des sornettes sur les feux rouges brûlés comme le dit JAM, en se prenant pour un nouveau Plutarque, Pierre Macherey montre, – comme il a été le premier à le dire depuis trente ans –, que Lacan doit plus à Kojève qu’à Hegel. Il dit aussi que Lacan ne croyait pas aux illusions de la révolution et qu’il craignait de voir son enseignement devenir très universitaire, mais que, en voulant dégonfler les idéaux de l’Université réelle, il n’a fait qu’en reconstruire ses formes et les enjeux allant même jusqu’à rêver d’une Université idéale.

Lacan était un sac à malices, un Socrate qui envoyait des boulets de canon : vraiment je préfère ce Lacan là, celui de Macherey, insulté par les Miller, à tout le fatras sectaire que cette famille cherche à nous imposer. Quelle liberté de ton, quelle intelligence chez Macherey. Lisez vite ce livre décapant qui sans apporter de solution à la crise de l’Université contemporaine, décrit sa complexité : son envers, son endroit, ses méandres.


Miller Jacques-Alain insulte François Hollande

20 octobre

Décidément la tribu Miller s’en donne à cœur joie ces temps ci. Insultes, calomnies, campagnes de diffamation contre tout le monde, délire de persécution. Et maintenant la tribu et son chef New Age-born Again, se sont entichés de politique. Le chef toqué tient une chronique (Le Point, 20 octobre) : il déteste la gauche depuis toujours. Le voilà qui traite François Hollande de “relooké imperator” et qui nous explique, tel Monsieur Homais dans son officine à poisons, que la France veut être gouvernée au centre. Quelle découverte! Monlacan par-ci, monlacan par là, ode à monlacan chéri, je t’aime, je t’aime Lacan chéri. Il a tout expliqué monlacan, il a tout dit, il sait, grâce à son petit Miller bien grassouillet que Hollande est un monstre : “Une mue, une métamorphose à la Kafka, le lifting de tout le corps fade et flou…”. Je vous assure, c’est écrit comme ça, dans ce style années trente. Quelle vulgarité tout de même. Pauvre Hollande transformé en gros cafard par un psy timbré.


Miller toqué de Carla, de Rosanvallon et des autres

16 octobre

Dans ses publications insultantes contre le monde entier, Miller se désigne comme l’incarnation vivante de Lacan – born again? Diantre! Nous voilà dans le New Age! On comprend que son vieil ami Partrick Valas l’ait représenté sur son site avec un entonoir sur la tête. Il est vraiment toqué le pôvre. Et du coup, il a fait son université populaire pour se célébrer lui-même en Dieu vivant réincarné. Et il s’est déclaré le Coach de Carla Bruni : Carla, Carla où es-tu, j’ai déjeuné avec toi, je veux encore et encore… C’est écrit, c’est archivé.

Mais le voilà maintenant toqué de Pierre Rosanvallon. Vieille histoire. Le Miller, avec famille et tribu, insulte toute la gauche – vieille affaire – lui reprochant d’adhérer à la politique du marché. Et vlan, un coup contre Mélenchon, un coup contre Obama, un coup contre les autres et vive Tapie et Berlusconi, il les aime, il le dit parce qu’il accuse le peuple de les aimer. Quel mépris pour le peuple!
Mais c’est quand même Rosanvallon dont il est le plus toqué, comme il le dit dans Le Point (29 septembre 2011, p. 72 : “Rosanvallon, lui, rêve à chaque rentrée de faire rêver. Ah qu’il serait beau nous dit-il de vivre dans une société “refondée”, où les égaux – gogos, go! – danseraient tous en rond sur le pont d’Avignon.”
Pourquoi tant de vulgarité? Pardi. Rosanvallon est un auteur du Seuil dont le dernier livre, La Société des égaux, est un best-seller. Quelle tristesse pour la psychanalyse!

Pour l’heure, je vais aller soutenir François Hollande qui n’est pas du tout toqué. Certes, nul n’est “normal” mais enfin on a envie d’un peu d’humour – et il en a – et d’un peu de sérieux au milieu de cette folie. Moi j’aime bien la gauche et je ne supporte pas qu’on l’insulte de façon imbécile…. Ou alors il faut avoir des arguments.


Miller toqué de Roudinesco

11 octobre

Je ne m’attendais pas pour cette rentrée, où la presse célèbre avec intelligence et dignité le trentenaire de la mort de Lacan (avec des conférences de Jean-Claude Milner, Alain Badiou et Élisabeth Roudinesco notamment), à voir surgir sous la plume collective d’une petite secte convaincue de détenir la seule lecture possible de l’œuvre de leur maître, des écrits dignes des pamphlets de l’entre-deux-guerres, façon Léon Daudet ou des imprécations staliniennes des années cinquante.

Tel est bien le style de Madame Nathalie Jaudel, illustre inconnue, qui écrit sous la dictée de son mentor-psychanalyste Jacques Alain Miller, le tout étant hébergé par le site, genre Corée du Nord, de la Règle du Jeu (par BHL alias Botul) :

Roudinesco plagiaire de soi-même. Diantre! Nouveau concept dit lacanien ? De quoi se tordre de rire si l’on ignorait que hélas des cinglés de cette espèce mènent des cures psychanalytiques à cinq minutes la durée de séance, cinq fois par semaine comme ils s’en vantent eux mêmes dans un film documentaire passé récemment à la télévision, réalisé sous la houlette de Gérard Miller, frère du précédent (on s’y perd). Un analyste allumé y explique que Lacan volait de l’argent dans la poche de ses patients. Et il trouve ça formidable, très lacanien, absolument génial.

C’est quoi un « plagiat de soi-même »? : on recopie ce qu’on a déjà écrit? Mais pas une ligne du livre de Roudinesco, Lacan envers et contre tout, n’est la copie de ce qu’elle a écrit. Un plagiat de soi-même? Un auteur reprend des conférences dans un ouvrage? Tout le monde le fait. Et c’est normal. Mais ce n’est pas le cas du livre de Roudinesco. Et quand elle souligne qu’elle reprend des arguments déjà avancés, elle ajoute une note en bas de page comme tous les auteurs sérieux.

Incapable d’achever la transcription des séminaires de son beau-père – Miller, Jacques-Alain, le frère de l’autre, en a fait 15 en 38 ans, il en reste 10 et il a 67 ans, jugez vous-même – et incapable d’écrire la moindre ligne qui ne soit pas insultante, le voilà parti en croisade maniaque contre Elisabeth Roudinesco, historienne de renommée mondiale, dont il est à l’évidence jaloux. Il ne l’aime pas, la belle affaire! Miller, amoureux même pas éconduit, Miller toqué de Roudinesco, la suivant à la trace depuis trente ans. Il peut courir longtemps.

Aveuglé par sa haine, il a ordonné à ses troupes, qui lui obéissent comme des robots, d’organiser chaque jour un déluge d’immondices. Tout le monde en prend pour son grade : Michel de Certeau, le grand historien, traité de sale curé antilacanien, Henri Ellenberger, autre grand historien insulté, Derrida voué aux gémonies (il avait l’habitude), d’autres encore. Badiou en prend plein la figure. La tribu n’aime ni l’histoire ni la philosophie, ni la littérature, elle n’aime rien que son gourou adoré, elle se vautre dans la calomnie.

Lors de la manifestation de l’ENS du 9 septembre pour le trentenaire de Lacan – comme me l’a raconté un ami philosophe qui se marrait bien – Miller, Jacques-Alain, est arrivé vers 23h45 entouré de sa petite famille (enfants, petits-enfants) et de sa secte, hurlant et vociférant, tapant sur des tables sous l’oeil médusé de ceux qui étaient là. Et l’ancien normalien, devenu dingue de Roudinesco, laquelle enseigne justement dans cette prestigieuse école, s’est fait huer par les jeunes élèves qui buvaient tranquillement un verre dans le jardin face au magnifique bassin.

Inutile de dire qu’on ne doit jamais répondre à de tels brulots – tendance jaudéliens-millériens – qui déshonorent ceux qui en sont les auteurs. Et Roudinesco l’a bien rappelé dans son entretien à Libération (1er octobre,Comment former des psychanalystes équilibrés?)

Donc pas question de commenter les sottises robotiques de la pauvre Jaudel, certainement éprise de son mentor, qui n’a pas lu une ligne des textes qu’elle prétend commenter, qui se trompe de sources, de références et de citations : pas une seule n’est conforme à la réalité. Repassez vos examens Madame pauvre Jaudel, vous insultez, vous calomniez et vous êtes illisible. Et en plus, vous traitez d’antisémite un brillant universitaire, Jeffrey Mehlman, traducteur de Roudinesco (justement, ça ne vous plait pas), de Vidal-Naquet et de Régis Debray. Et accusé d’être le complice en antisémitisme de Roudinesco. On n’y comprend plus rien.
Quelle somme de conneries!

Lacan a dit que la psychanalyse ne pouvait rien contre la connerie. Elle peut encore moins contre la connerie des psychanalystes qui se prennent pour ses seuls héritiers et qui calomnient tous ceux, psychanalystes ou non, qui ne pensent pas comme eux. Amusant spectacle! Mais très triste quand on pense aux vrais événements d’aujourd’hui. Cette bande d’insulteurs professionnels, qui se disent psychanalystes, défigurent le débat psychanalytique français…

A qui appartient l’avenir ?


Julien Green

J’ai toujours beaucoup aimé la psychanalyse et son histoire et je suis triste de voir qu’elle est défigurée par ceux qui pourtant devraient la défendre. Mais passons pour le moment.

Aujourd’hui, il me revient en mémoire, le beau journal de Julien Green, L’avenir n’est à personne (Fayard, 1993) dont le titre me rappelle d’ailleurs un autre texte, L’avenir dure longtemps de Louis Althusser qui est aussi un journal par certains côtés, un émouvant témoignage de la vie d’un homme, détesté lui aussi par des médiocres et des imbéciles.

Et voilà ce que je lis à la page 317 de ce journal de Green, datée du 8 novembre 1991 (vingt ans déjà!) et dans lequel il relate sa rencontre avec l’historienne venue l’interroger sur ses relations avec Gide, Stefan Zweig et la psychanalyse : “Hier, journée passée avec Élisabeth Roudinesco qui m’a paru plus belle encore qu’à l’ordinaire dans une grande robe blanche. Arrivée tôt, elle est restée une grande partie de l’après-midi.” Et encore : “Que son œil noir est beau et que l’intelligence y brille mystérieusement.”

On comprend à lire ces pages combien l’intelligence et la beauté peuvent rendre bêtes et jaloux ceux qui ne se nourrissent de la haine et du mépris des autres….

Miller toqué

Quelques extraits du Blog de notre ami Michel Rotfus sur Médiapart. Octobre 2011

Miller toqué de Roudinesco

Je ne m’attendais pas pour cette rentrée, où la presse célèbre avec intelligence et dignité le trentenaire de la mort de Lacan (avec des conférences de Jean-Claude Milner, Alain Badiou et Elisabeth Roudinesco notamment), à voir surgir sous la plume collective d’une petite secte convaincue de détenir la seule lecture possible de l’oeuvre de leur maître, des écrits dignes des pamphlets de l’entre-deux-guerres, façon Léon Daudet ou des imprécations staliniennes des années cinquante.

Tel est bien le style de Madame Nathalie Jaudel, illustre inconnue, qui écrit sous la dictée de son mentor-psychanalyste Jacques Alain Miller, le tout étant hébergé par le site, genre Corée du Nord, de la Règle du Jeu (par BHL alias Botul) : «Roudinesco plagiaire de soi-même». Diantre! Nouveau concept dit lacanien ? De quoi se tordre de rire si l’on ignorait que hélas des cinglés de cette espèce mènent des cures psychanalytiques à cinq minutes la durée de séance, cinq fois par semaine comme ils s’en vantent eux mêmes dans un film documentaire passé récemment à la télévision, réalisé sous la houlette de Gérard Miller, frère du précédent (on s’y perd). Un analyste allumé y explique que Lacan volait de l’argent dans la poche de ses patients. Et il trouve ça formidable, très «lacanien», absolument génial…

C’est quoi un « plagiat de soi-même »? : on recopie ce qu’on a déjà écrit? Mais pas une ligne du livre de Roudinesco, Lacan envers et contre tout, n’est la copie de ce qu’elle a écrit. Un plagiat de soi-même? Un auteur reprend des conférences dans un ouvrage? Tout le monde le fait. Et c’est normal. Mais ce n’est pas le cas du livre de Roudinesco. Et quand elle souligne qu’elle reprend des arguments déjà avancés, elle ajoute une note en bas de page comme tous les auteurs sérieux.

Incapable d’achever la transcription des séminaires de son beau-père – Miller, Jacques-Alain, le frère de l’autre, en a fait 15 en 38 ans, il en reste 10 et il a 67 ans, jugez vous-même – et incapable d’écrire la moindre ligne qui ne soit pas insultante, le voilà parti en croisade maniaque contre Elisabeth Roudinesco, historienne de renommée mondiale, dont il est à l’évidence jaloux. Il ne l’aime pas, la belle affaire! Miller, amoureux même pas éconduit, Miller toqué de Roudinesco, la suivant à la trace depuis trente ans. Il peut courir longtemps…

Aveuglé par sa haine, il a ordonné à ses troupes, qui lui obéissent comme des robots, d’organiser chaque jour un déluge d’immondices. Tout le monde en prend pour son grade : Michel de Certeau, le grand historien, traité de sale curé antilacanien, Henri Ellenberger, autre grand historien insulté, Derrida voué aux gémonies (il avait l’habitude), d’autres encore. Badiou en prend plein la figure. La tribu n’aime ni l’histoire ni la philosophie, ni la littérature, elle n’aime rien que son gourou adoré, elle se vautre dans la calomnie.

Lors de la manifestation de l’ENS du 9 septembre pour le trentenaire de Lacan – comme me l’a raconté un ami philosophe qui se marrait bien – Miller, Jacques-Alain, est arrivé vers 23h45 entouré de sa petite famille (enfants, petits-enfants) et de sa secte, hurlant et vociférant, tapant sur des tables sous l’oeil médusé de ceux qui étaient là. Et l’ancien normalien, devenu dingue de Roudinesco, laquelle enseigne justement dans cette prestigieuse école, s’est fait huer par les jeunes élèves qui buvaient tranquillement un verre dans le jardin face au magnifique bassin….

Inutile de dire qu’on ne doit jamais répondre à de tels brulots – tendance jaudéliens-millériens – qui déshonorent ceux qui en sont les auteurs. Et Roudinesco l’a bien rappelé dans son entretien à Libération (1er octobre, «Comment former des psychanalystes équilibrés?»)

Donc pas question de commenter les sottises robotiques de la pauvre Jaudel, certainement éprise de son mentor, qui n’a pas lu une ligne des textes qu’elle prétend commenter, qui se trompe de sources, de références et de citations : pas une seule n’est conforme à la réalité. Repassez vos examens Madame pauvre Jaudel, vous insultez, vous calomniez et vous êtes illisible. Et en plus, vous traitez d’antisémite un brillant universitaire, Jeffrey Mehlman, traducteur de Roudinesco (justement, ça ne vous plait pas), de Vidal-Naquet et de Régis Debray. Et accusé d’être le complice en antisémitisme de Roudinesco. On n’y comprend plus rien.
Quelle somme de conneries !

Lacan a dit que la psychanalyse ne pouvait rien contre la connerie. Elle peut encore moins contre la connerie des psychanalystes qui se prennent pour ses seuls héritiers et qui calomnient tous ceux, psychanalystes ou non, qui ne pensent pas comme eux. Amusant spectacle! Mais très triste quand on pense aux vrais événements d’aujourd’hui. Cette bande d’insulteurs professionnels, qui se disent psychanalystes, défigurent le débat psychanalytique français…

À qui appartient l’avenir ?


Après les calomnies, voilà maintenant le mépris bien poli et bien lisse. Je n’ai jamais eu la prétention de penser que la vie intellectuelle française avait besoin de moi et des mes hauteurs de vue. J’ai enseigné modestement pendant plus quarante ans la philosophie dans des classes terminales et j’ai participé à de nombreux débats, notamment au Greph ou bien à ceux que j’ai moi-même organisé dans mon dernier lycée en y invitant des intellectuels prestigieux.

J’ai eu parfois des élèves difficiles mais jamais ils ne m’ont méprisé de cette façon grotesque.

J’ai été souvent très heureux d’enseigner et pendant si longtemps. J’y reviendrai dans ce blog en évoquant quelques souvenirs.

J’ai toujours beaucoup aimé la psychanalyse et son histoire et je suis triste de voir qu’elle est défigurée par ceux qui pourtant devraient la défendre. Mais passons pour le moment.

Aujourd’hui, il me revient en mémoire, le beau journal de Julien Green, L’avenir n’est à personne (Fayard, 1993) dont le titre me rappelle d’ailleurs un autre texte, L’avenir dure longtemps de Louis Althusser qui est aussi un journal par certains côtés, un émouvant témoignage de la vie d’un homme, détesté lui aussi par des médiocres et des imbéciles.

Et voilà ce que je lis à la page 317 de ce journal de Green, datée du 8 novembre 1991 (vingt ans déjà!) et dans lequel il relate sa rencontre avec l’historienne venue l’interroger sur ses relations avec Gide, Stefan Zweig et la psychanalyse : “Hier, journée passée avec Elisabeth Roudinesco qui m’a paru plus belle encore qu’à l’ordinaire dans une grande robe blanche. Arrivée tôt, elle est restée une grande partie de l’après-midi.” Et encore : “Que son œil noir est beau et que l’intelligence y brille mystérieusement.”

On comprend à lire ces pages combien l’intelligence et la beauté peuvent rendre bêtes et jaloux ceux qui ne se nourrissent de la haine et du mépris des autres…


Miller toqué de Carla, de Rosanvallon et des autres

Dans ses publications insultantes contre le monde entier, Miller se désigne comme l’incarnation vivante de Lacan – born again? Diantre! Nous voilà dans le New Age! On comprend que son vieil ami Partrick Valas l’ait représenté sur son site avec un entonoir sur la tête. Il est vraiment toqué le pôvre. Et du coup, il a fait son université populaire pour se célébrer lui-même en Dieu vivant réincarné. Et il s’est déclaré le Coach de Carla Bruni : Carla, Carla où es-tu, j’ai déjeuné avec toi, je veux encore et encore… C’est écrit, c’est archivé…
Mais le voilà maintenant toqué de Pierre Rosanvallon. Vieille histoire. Le Miller, avec famille et tribu, insulte toute la gauche – vieille affaire – lui reprochant d’adhérer à la politique du marché. Et vlan, un coup contre Mélenchon, un coup contre Obama, un coup contre les autres et vive Tapie et Berlusconi, il les aime, il le dit parce qu’il accuse le peuple de les aimer. Quel mépris pour le peuple!
Mais c’est quand même Rosanvallon dont il est le plus toqué, comme il le dit dans Le Point (29 septembre 2011, p. 72 : “Rosanvallon, lui, rêve à chaque rentrée de faire rêver. Ah qu’il serait beau nous dit-il de vivre dans une société “refondée”, où les égaux – gogos, go! – danseraient tous en rond sur le pont d’Avignon.”
Pourquoi tant de vulgarité ? Pardi. Rosanvallon est un auteur du Seuil dont le dernier livre, La Société des égaux, est un best-seller. Quelle tristesse pour la psychanalyse !

Pour l’heure, je vais aller soutenir François Hollande qui n’est pas du tout toqué. Certes, nul n’est “normal” mais enfin on a envie d’un peu d’humour – et il en a – et d’un peu de sérieux au milieu de cette folie. Moi j’aime bien la gauche et je ne supporte pas qu’on l’insulte de façon imbécile…. Ou alors il faut avoir des arguments.

à suivre

SYRIE : Libérez Rafah Nached

Laure Murat, L’homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une histoire politique de la folie

L’Homme qui se prenait pour Napoléon, de Laure Murat : l’Histoire en délires

Critique | LE MONDE DES LIVRES | 13.10.11 , daté du 14 octobre. La Une.

Par Élisabeth Roudinesco

Laure Murat, L’homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une histoire politique de la folie, Gallimard, 367p., 24,90 €.

Tous les médecins de l’âme se sont posés la question de savoir si les troubles politiques jouaient un rôle dans l’éclosion du délire et dans l’apparition de la folie. C’est dans cette perspective que les fondateurs français de la psychiatrie, Philippe Pinel et Etienne Esquirol, tous deux héritiers des Lumières, de la Révolution, de l’Empire et de la Restauration, ont abordé cette question à travers leurs écrits et leur pratique clinique. Quant à Laure Murat, elle revisite à son tour cette problématique de façon résolument nouvelle dans cet essai fort bien documenté et appuyé sur des archives inédites.

Elle compare en effet les élaborations théoriques et cliniques des deux aliénistes et de leurs successeurs avec les discours des aliénés célèbres ou anonymes. D’un côté comme de l’autre, les paroles, les concepts, les diatribes, les engagements s’enchevêtrent. Les savants et les fous sont persuadés, les premiers que les troubles liés aux violences politiques de l’époque se retrouvent dans les délires et les seconds que ces mêmes troubles sont à l’origine de leur destin glorieux ou malheureux.

Aussi bien retrace-t-elle l’itinéraire du Marquis de Sade, haï de tous les régimes et enfermé contre son gré à Charenton, en 1803, pour ses vices et ses écrits alors qu’il n’était pas fou, et, a contrario, celui de Théroigne de Méricourt, internée à la Salpêtrière au lendemain de la Terreur, après qu’elle eut sombré dans une mélancolie profonde, consécutive à l’effondrement de son idéal révolutionnaire qui avait fait d’elle l’une des pionnières du féminisme.

A quoi Laure Murat ajoute l’une des grandes figures paradigmatiques de l’univers asilaire post-impérial et toujours présent dans la conscience collective moderne : « l’homme qui se prend pour Napoléon, monomane coiffé d’un bicorne, la main dans sa redingote grise et le regard braqué sur un horizon de gloire. » Et elle cite un rapport d’Alphonse Esquiros rédigé en 1847 : « L’année où l’on ramena à Paris le cercueil de Napoléon, écrit-il, le docteur Voisin constata à Bicêtre l’entrée de treize à quatorze empereurs (…) Cette présence de Napoléon parmi nous, les images, les signes extérieurs dont on entoura sa mémoire et qui semblaient pour ainsi dire multiplier sa figure, tout contribua à créer dans cet événement une cause particulière d’aliénation mentale. »

Si chaque maison de fous héberge ses dieux, ses rois, ses reines, ses empereurs, ses ministres et ses courtisans, cela signifie bien que le discours de la folie – celui des fous et celui des savants – va de pair avec une organisation de l’asile et de la clinique qui ne fait que refléter l’ordre social dont il est issu. Et pour montrer que cette concordance existe, Laure Murat reprend à son compte, pour en analyser les effets, la thèse balzacienne selon laquelle en coupant la tête du roi les révolutionnaires auraient mis fin à l’autorité patriarcale et à toute une représentation de la société centrée sur la figure de dieu le père.

Et d’ailleurs, souligne-t-elle avec subtilité, la naissance de la psychiatrie coïncide avec l’invention de la guillotine dont le spectre demeure présent au coeur de l’œuvre et de la pratique de Pinel. Traumatisé par l’exécution de Louis XVI à laquelle il avait assisté le 21 janvier 1793, celui-ci en avait conclu qu’à dater de jour la France entière avait «perdu la tête» et que les aliénés étaient les plus touchés. En témoigne cet horloger, traité par lui, et devenu fou à cause du «mouvement perpétuel» de la guillotine. Il affirmait avoir perdu sa véritable tête au profit d’une autre de substitution qui ne lui convenait pas.

Si les fondateurs de la psychiatrie cherchaient à restaurer la figure de l’autorité patriarcale en inscrivant le fou dans la dépendance du savant, nouveau consolateur des passions d’une époque, leurs successeurs n’eurent de cesse de poursuivre cette entreprise notamment entre 1840 et 1870.

On sait qu’à partir des années 1860, sous l’influence du darwinisme, le discours psychiatrique épousa de plus en plus les principes répressifs du nouvel ordre bourgeois au point de définir la notion même de révolution comme un acte de terreur et de folie. Les foules, comme l’indique Laure Murat, furent alors stigmatisées pour leur «hystérie» tandis que se profilait la montée d’un antisémitisme qui allait faire du Juif comme de l’homosexuel un dégénéré. Quant à l’aliéné, réduit à ses comportements, il fut assimilé à un déviant dangereux et de plus en plus incurable. D’où la transformation de l’asile en une vaste institution d’observation : un lieu de mort et de misère, sans échange thérapeutique, et qui ne sera mis en cause qu’après 1905, avec l’abandon progressif de la doctrine de la dégénérescence et sous l’influence d’un nouveau dynamisme fondé sur l’apport de Freud.

À cet égard, on lira avec intérêt les belles pages que Laure Murat consacre à la Commune et à ses pétroleuses désignées comme des monomanes syphilitiques : « En cela, les aliénistes confortent l’opinion bourgeoise prompte à assimiler la Commune à un acte de démence. » Et elle ajoute, citant Jules Vallès, qu’il faudra bien « un jour renverser les maisons de fous comme celles des rois ».

L’ouvrage s’achève sur une visite effectuée par l’auteur à l’hôpital de Charenton, rebaptisé Esquirol en 1973, et devenu de nos jours une sorte de dépôt où sont hébergés en silence des patients hébétés, soumis à des traitements chimiques. Dans une niche, au centre de tous les regards, se dresse une statue d’Esquirol protégeant de son manteau un aliéné étendu à ses pieds : mémorial muet de ce que fut, dit-elle, « la période la plus brillante de la psychiatrie française ».

Au terme de ce parcours, on ne peut que se rappeler l’injonction de Bertrand Barère, le 23 Messidor an II, annonçant tout à la fois la création de l’asile et l’espoir de sa disparition future. Comme si la Révolution s’était donné pour tâche de faire parler le délire plutôt que de le taire. Car on sait bien que l’effacement de ses traces menace une société bien plus qu’elle ne la protège.

Tel est le message délivré par ce beau livre érudit et original.

Titre de psychothérapeute: une réécriture de l’annexe au décret d’application est en cours!

S’organiser ou périr, tel est le diktat !

07 octobre 2011

titre de psychothérapeute : où en sont-ils ?

Selon le SNP – Syndicat national des psychologues, la réécriture par le ministère de l’annexe du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif au titre de psychothérapeute serait en cours. Voici ce qu’en dit ce syndicat.

Comme l’a précisé Xavier Bertrand dans une réponse faite à un député l’interrogeant sur ce point à la demande d’une adhérente du SNP, le Syndicat national des psychologues : « Les discussions menées ont permis de finaliser une proposition visant à mieux reconnaitre les cursus de psychologie. Cette proposition fait actuellement l’objet d’une expertise avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et devrait permettre de trouver rapidement un consensus avec la profession. »

Après plusieurs aller-retour et discussions, une nouvelle rédaction de l’annexe du décret nous est effectivement soumise conjointement par les deux ministères, santé et enseignement supérieur.

Cette proposition stipule :

Psychologues : dispense totale de l’enseignement théorique

&

– Aucun mois de stage, soit dispense totale, pour les titulaires d’un titre de formation accompagné d’une attestation de stage d’une durée de 5 mois minimum au sein d’un établissement mentionné au deuxième alinéa de l’article 4 du présent décret.

– Deux mois de stage pour les titulaires d’un titre de formation non accompagné d’une attestation de stage d’une durée de 5 mois minimum au sein d’un établissement mentionné au deuxième alinéa de l’article 4 du présent décret.

Cette formulation ferait enfin droit à notre demande de reconnaissance de la formation des psychologues sur le plan théorique pour tous et sur le plan pratique pour tous les masters incluant des stages au contact de la psychopathologie et dont attestation pourra être fournie par les universités en accompagnement du diplôme.

Les deux ministères attendent notre éventuel accord sur ce texte avant le 15 octobre 2011.

J.Borgy, SNP, le (05/10/2011)

http://www.psychologues.org/modules/news/article.php?storyid=200


nos nouveau nom de métier et titre demeurent

Les ARS ne travaillant ni au même rythme ni apparemment toujours selon les mêmes critères, ces dernières modifications (toujours en cours) risquent d’accentuer les différences de traitement des dossiers. Il n’y aura plus qu’à s’armer de patience et de recours quand nécessaire.

De toute façon cela ne change rien au nouveau nom de métier de psychopraticien que notre déjà ancienne profession professe dorénavant ni au titre de psychopraticien relationnel (SNPPsy), dorénavant notre bien commun.

« psychothérapeute ou psychopraticien ? »

La profession de psychothérapeute est désormais réglementée en France. Pourtant, il vous est toujours possible de bénéficier d’une solide formation en psychothérapie, tant pratique que théorique… et de devenir un professionnel de la psy !

1) Psychothérapeute est juridiquement parlant un titre et non une profession. La confusion est constante. La dénoncer ou énoncer, ne jamais la commettre.

2) Préciser : un professionnel de la psy désigne à proprement parler l’ensemble des professionnels du psychisme, soit psychiatres, psychologues, psychanalystes (eux-mêmes psychiatres ou psychologues dans leur quasi totalité), psychopraticiens, au total quatre métiers.

• Quel statut ?

• Les écoles

• Les fédérations

Quel statut ?

Psychopraticien, c’est désormais le titre que vous pourrez porter si vous désirez vous engager dans une formation en psychothérapie.

3) psychopraticien n’est pas un titre mais un nom de métier

4) auparavant psychothérapeute désignait en tant que terme générique un praticien précisément en psychothérapie, comme ce nom l’indique, sans aucune précision sur ce que le terme psychothérapie peut signifier, c’est pourquoi il s’agissait d’une dénomination générique.

5) autrefois le SNPPsy décernait le titre de psychothérapeute titulaire du SNPPsy. a) psychothérapeute : nom de métier – b) titulaire : porteur du titre, décerné à ceux des membres du syndicat satisfaisant aux Cinq critères dont le 5ème critère). (1« )

« Le titre de psychothérapeute a été vidé de son sens… » déplore Serge Ginger, secrétaire général de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P). C’est pourquoi tous les syndicats représentatifs de la profession se sont mis d’accord sur le terme de psychopraticien – qui peut éventuellement être assorti du qualificatif « certifié » ou « relationnel ».

6) inexact, il ne s’agit pas de « tous les syndicats représentatifs » mais des {{deux syndicats historiques représentatifs, PSY’G et SNPPsy, + les deux fédérations FF2P et AFFOP historiques représentatives de la profession qui se sont mis d’accord sur le terme de psychopraticien – qui, assorti du qualificatif certifié (FF2P), agréé (PSY’G) ou relationnel (SNPPsy, AFFOP), se mue en titre. Cela compte uniquement les 4 organisations regroupées dans le cadre du GLPR, délivrant 3 titres et aucun autre. Attention aux contre-façons mises en ligne.}}

[Le texte se poursuit ainsi :] Il ne s’agit donc pas d’un titre, mais de la dénomination d’une activité professionnelle, comme celle d’ingénieur ou de chef d’entreprise, mais qui a été déposée à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) en 2009.

7) Exact : pas un titre (cette seconde assertion, correcte, vient en contradiction avec la phrase erronée du début de l’article : « Psychopraticien, c’est désormais le titre que vous pourrez porter« ). Seulement partiellement exact : une activité professionnelle devient profession en s’organisant et se pourvoyant d’institutions de référence, c’est ce qui est arrivé aux psychopraticiens.

En effet, sous couvert de vouloir réglementer la profession et de protéger les patients, le nouveau titre légal de psychothérapeute défini par la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010 est maintenant réservé aux psychiatres, ainsi qu’aux médecins qui auront effectué quelques stages, aux psychanalystes et psychologues moyennant des formations complémentaires, aux « anciens » psychothérapeutes qui ont plus de cinq ans d’exercice et devront passer devant une commission… Au final, on aboutit à un méli-mélo de dispositions incompréhensibles. Les connaissances théoriques sont dorénavant privilégiées par rapport à l’expérience personnelle.

8) pas si incompréhensible que ça. Les seuls détenteurs du savoir académique, pourvu d’un diplôme universitaire se verront désormais, à leur demande, pourvus du titre de psychothérapeute de nouvelle désignation.

Aussi, les deux fédérations FF2P et AFFOP, conjointement aux deux syndicats PSY’G et SNPPsy regroupés dans le cadre du GLPR ont-ils synchronisé leurs efforts et veillent-ils ensemble à la rigueur des cursus et systèmes de certification qu’eux seuls encadrent, fournissant une saine alternative.

La FF2P pour sa seule part ayant clarifié ses positions (?) donne les conseils suivants pour choisir son école. Toutes les formations crédibles exigent un solide engagement dans une démarche personnelle de thérapie. Cela vous permet de vous assurer que la méthode dont vous voulez suivre le cursus de formation correspond à votre personnalité, à votre demande, aux espoirs que vous mettez dans votre futur métier. Pour obtenir le titre de psychopraticien certifié (FF2P), vous devrez suivre une formation complète à une méthode reconnue : gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, hypnose éricksonienne, programmation neurolinguistique, approches psychocorporelles… Vous devrez suivre une formation en psychologie et en psychopathologie clinique ; avoir une supervision tout au long de votre pratique ; vous engager à vous conformer à la charte déontologie de votre profession et être accrédité par une commission nationale de pairs. Lorsqu’une école affiche la mention « formation certifiante », cela signifie qu’une attestation de formation est décernée à la fin d’un cycle de formation. Ces attestations ne sont pas reconnues par l’État, mais dans la plupart des cas par les fédérations d’une même méthode.

9) En effet la FF2P est une fédération fondée sur le principe de la reconnaissance des méthodes (dont elle esquisse la liste EAP) et par les méthodes (dont elle valide après-coup les diplômes qu’elle transmue alors en CEP). Son système la caractérise, par quoi elle se différencie de ses trois partenaires du GLPR, qui valident la personne du praticien lui-même, lors de son passage devant des comités de pairs (5ème critère).

L’AFFOP (dont le SNPPsy est membre) ne délivre pas les mêmes conseils, elle propose d’en passer par ses écoles agréées (diplôme) puis de franchir la seconde ligne de la titularisation qu’offrent ses organismes titularisants (cinq critères dont l’accent sur le Cinquième)


Voir également à ce sujet

profession
reconnaissance
– titre générique de psychothérapeute
– psychopraticien relationnel [ex psychothérapeute relationnel]
– psychopraticien [ex psychothérapeute]
psychothérapeute
psychothérapeute NN : nouvelles normes
– psychothérapeute relationnel et/ou psychopraticien relationnel
– psychothérapeutes (les)
Carré psy


  • 1 Il décerne maintenant le titre de psychothérapeute relationnel membre titulaire du SNPPsy (titre).