Sigmund Freud, Abrégé de théorie analytique (1931) – restitution d’un inédit

« Nous sommes autorisé à dire : tous les êtres sont plus ou moins névrosés. Chez certains malgré tout le compromis est si solidement fondé qu’ils peuvent supporter beaucoup de malheurs sans sombrer dans la névrose. Mais chez d’autres il suffit de très peu de déboires pour occasionner la formation de symptômes névrotiques. On peut dire pour conclure que tout Moi humain est le résultat final des efforts déployés pour trouver le compromis entre tous ces conflits, entre les conflits qui opposent les diverses aspirations de la libido, les conflits de la libido avec les exigences du Surmoi et avec les faits objectifs du monde extérieur réel. »

Sigmund Freud

Voici le texte, inédit en français, d’un document de travail rédigé par Freud en 1931 pour affermir la culture analytique du diplomate américain William C. Bullitt, qui préparait un ouvrage consacré au président T.W. Wilson. Il s’agit d’un bref résumé des grands principes de la psychanalyse, tels que Freud les avait alors constitués.

Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre
Présentation par Élisabeth Roudinesco

Parution le 2 février 2017

Le dialogue entre sociologie et psychiatrie est-il suffisamment bon ?

SOCIOLOGIE / PSYCHIATRIE

Les débats publics présentent leur 4ème soirée :

Le dialogue entre sociologie et psychiatrie est-il suffisamment bon ?

carrefour tridisciplinaire
La psychiatrie s’interroge et se situe par rapport à la sociologie – quand nous y sommes la psychothérapie relationnelle se situe par rapport à ces deux autres disciplines. Nous voici avec Les débats publics à un carrefour tridisciplinaire. Les étudiants et anciens élèves de nos écoles ont tout intérêt à assister et participer à ce genre de débat, au cœur en particulier des préoccupations du CIFPR qui s’affiche interdisciplinaire.

le modèle des Maudsley Debates
Les célèbres Maudsley Debates du Kings’College (Londres), une formule de controverse libre entre professionnels, incluant le public, inaugurée en 2000 et qui se poursuit jusqu’à nos jours, représentent un modèle qui va à rebours de la façon bien française de débattre en se méprisant réciproquement d’abondance. Patrick Landman s’en inspirant organise le 17 mars à 21:00 sa 4ème soirée ouverte (sur inscription car il y a du monde). Voici un événement ouvert à tous les sens du terme à tous les professionnels et au public. On s’y exprime librement à partir de toute position ou doctrine qui soit la sienne, sans polémique qui envenime. Un endroit démocratique de réflexion libre de la psychiatrie française contemporaine. De fait l’éventail se déploie largement. On entend de tout. Venez y apprendre des choses.

sociologie / psychiatrie / et le reste
Les étudiants de nos écoles auront tout intérêt à fréquenter un tel lieu, typiquement interdisciplinaire, et à se rendre compte par eux-mêmes des problèmes et problématiques de la psychiatrie contemporaine, notre grande discipline voisine, quand elle s’expose au carrefour à trois branches des deux plus une disciplines : psychiatrie, sociologie, plus ou moins psychanalyse. Notre psychothérapie relationnelle, cordialement invitée, bénéficie du dialogue et peut depuis la salle participer aux débats. Ainsi le carrefour est à trois branches plus un chemin. Celui sur lequel se mettent en marche les gens du malaise non médicalisé, notre canal historique.

Autisme – les mondes à l’envers d’Henri Rey-Flaud

LE MONDE DES LIVRES | 19.01.2017 à 09h09 |

Henri Rey-Flaud, L’Autiste et son miroir. Alice parmi nous, Campagne première, 226 p., 21 €.

Auteur de plusieurs livres sur l’autisme, Henri Rey-Flaud a toujours évité d’entrer dans la bataille sans fin opposant les fanatiques de la persécution maternelle et les dénonciateurs de la prétendue criminalité freudienne. Loin des polémiques, ce psychanalyste s’attache, une fois de plus, à décrire avec tendresse et émotion l’univers mental inversé et tellement étrange des personnes autistes qui parlent le langage du mimétisme et de l’écholalie, répétant mécaniquement, en écho ou en miroir, une phrase de l’interlocuteur.

Utilisant témoignages, histoires ordinaires et fictions – cinéma, peinture et littérature –, Rey-Flaud étend son étude de l’inversion autistique à d’autres inversions : gauchers, dyslexiques, personnages atteints de binocularité, de bégaiement ou de strabisme. Il en fait les émules d’Alice, magnifique héroïne de Lewis Carroll (Alice au pays des merveilles, 1865) : « La mise en lumière du “monde à l’envers” des enfants gauchers, dyslexiques ou autistes découvre ainsi une part oubliée de l’humanité que la vie a rendue captive de l’étrange contrée (…) dans laquelle Lewis Carroll avait plongé Alice. »

une érudition époustouflante

En effet, de l’autre côté du miroir traversé par Alice, tout est nonsense. Pour atteindre une destination, il faut reculer au lieu d’avancer. Et, de même, il faut courir afin de demeurer à la même place. Chaque personnage évolue sur un échiquier géant, chacun se doit d’utiliser les mots comme bon lui semble, chacun a le devoir de poser des énigmes que nul ne saurait résoudre.

Alice est donc « parmi nous », partout où l’on accepte de la voir et de l’entendre. Tel est le message de cet ouvrage d’une érudition époustouflante que l’on peut lire en tous sens, depuis le début jusqu’à la fin ou selon un autre itinéraire, et qui se présente comme un catalogue des situations les plus improbables. Découpé en six parties et cent quarante-cinq chapitres, il mêle des histoires issues de plusieurs cultures et attitudes vitales, y compris celles des animaux légendaires, réels ou en peluche.

Rainer Maria Rilke, poète du retournement

Tout au long de cette « vie mode d’emploi » des mondes à l’envers, on découvre donc les aventures du buvard de Cosette (dans Les Misérables, d’Hugo, 1862), de la prière en cuillère de Charlotte, du regard du Cyclope, d’Odilon Redon (1914), du ­héros maléfique de La nuit du chasseur, de Charles Laughton (1955), des femmes africaines et de leurs enfants dans le dos, du peintre absent (Van Eyck) mais tout entier présent dans son tableau, etc.

Toujours pudique et rigoureux, Rey-Flaud laisse néanmoins entendre qu’il n’est pas étranger lui-même à cette traversée du miroir dont le troisième passager, assis à ses côtés et en face d’Alice, n’est autre que l’auteur de la Huitième élégie de Duino, Rainer Maria Rilke (1923), poète du retournement et du dernier regard sans cesse attardé :

Qui nous a bien retournés que de la sorte
Nous sommes, quoi que nous fassions, dans l’atitude
Du départ ? Tel celui qui, s’en allant, fait halte
Sur le dernier coteau d’où sa vallée entière
S’offre une fois encore, se retourne et s’attarde
Tels nous vivons en prenant congé sans cesse.

Un beau livre, très surprenant.

Que signifie être de gauche en 2017 ?

Huffington Post – En association avec le groupe Le Monde. Les intertitres sont de notre site.

Être de gauche, c’est se réclamer du progrès et de l’idée qu’un individu peut se transformer au cours de la vie et qu’il n’est pas le fruit d’une hérédité figée de toute éternité.

Qu’est-ce que la gauche ?

Le fait même de poser une telle question signifie que la gauche est en état de crise dans un monde ravagé par le terrorisme et confronté, depuis la chute du mur de Berlin et la destruction des tours du World Trade Center, à une formidable poussée de valeurs réactionnaires, anti-démocratiques et obscurantistes. Si nous n’étions pas dans une telle situation, on ne se demanderait pas ce qu’est la gauche, on n’aurait pas besoin de redéfinir son identité. J’ai donc envie de poser la question autrement : « De quoi la gauche peut-elle hériter aujourd’hui ? », de quels idéaux, de quel récit ?

Issue d’une famille de résistants – mon père gaulliste et ma mère social-démocrate – j’ai le sentiment d’avoir toujours été politiquement de gauche en ce sens que j’ai été anticolonialiste et sartrienne, puis contestataire, en mai 1968, d’un enseignement figé qui ne prenait jamais en compte la moindre modernité littéraire, puis marquée par la pensée de Michel Foucault, Michel de Certeau, Louis Althusser, Jacques Derrida, Roland Barthes, Gilles Deleuze – auteurs aujourd’hui insultés en France, notamment par la droite, mais traduits et commentés dans le monde entier. J’ai toujours spontanément voté à gauche et j’ai été aussi très éloignée du « gauchisme »: ni maoïste, ni trotskyste, ni anarchiste, etc. Mais je n’accepte pas comme on le fait aujourd’hui, que l’on compare le gauchisme à l’extrême-droite, comme s’il s’agissait de deux fanatismes en miroir. Rien n’est plus ridicule. Et de même, je n’aime pas que l’on assimile la droite républicaine à l’extrême-droite, car c’est bien souvent cette droite républicaine qui a su combattre la droite extrême. Il ne faut pas confondre le conservatisme éclairé avec la bêtise réactionnaire. C’est cela aussi être de gauche.

de 1789 à 1794

Pour être vraiment de gauche, la gauche politique doit revendiquer la mémoire de la Révolution française, prise en bloc, de 1789 à 1794, et non pas par petits bouts. Elle doit se réclamer de la Déclaration des droits de l’homme, de Valmy, des Girondins, des Montagnards, des robespierristes, des régicides. Elle doit aussi savoir hériter de la Résistance antinazie, toutes tendances confondues, du Front populaire et des congés payés, de Jean Jaurès, de Léon Blum, de Raymond Aubrac et de Jean Moulin, et bien entendu des dreyfusistes : ceux-ci ont donné naissance à la notion « d’intellectuel » si décriée aujourd’hui par ceux qui haïssent les élites.

penser l’Histoire en général dans toutes ses composantes

Être de gauche, c’est savoir hériter de l’histoire du socialisme français, de la philosophie allemande, de l’art de la Renaissance italienne, du communisme, des brigades internationales et de la littérature: autant de Balzac – qui était conservateur – que de Hugo qui ne l’était pas. J’ajouterais qu’elle doit aussi hériter d’Alexandre Dumas qui a eu le génie de réinventer l’héroïsme aristocratique. Autrement dit, la gauche doit savoir penser l’Histoire en général dans toutes ses composantes et pas seulement son histoire mémorielle.

chacun à sa place et la misère sera bien gardée

Être de gauche, c’est se réclamer du progrès et de l’idée qu’un individu peut se transformer au cours de la vie et qu’il n’est pas le fruit d’une hérédité figée de toute éternité. Être de gauche, c’est penser qu’il n’y a pas de détermination absolue qui assignerait une place à chaque sujet. La droite, même si elle dit le contraire, a toujours été convaincue que chacun devait rester à sa place et que les inégalités étaient le résultat d’un ordre immuable et naturel auquel il faudrait remédier par la valorisation d’un esprit de concurrence afin de ne pas trop favoriser la misère, source de révoltes et d’indignations.

changer l’ordre du monde

Au contraire, la gauche affirme qu’il faut changer l’ordre du monde et agir sur le présent. La droite est tendanciellement biologico-héréditariste et la gauche nettement sociologiste. En France, de nombreuses lois émancipatrices ont été instaurées, au XXème siècle, par la gauche : séparation de l’Église et de l’État (1905) abolition de la peine de mort (1981), dépénalisation de l’homosexualité (1981), intégration des homosexuels dans l’ordre familial (2014).
Mais il est vrai aussi que la droite a été porteuse de progrès dans ce domaine, après la Deuxième guerre mondiale: droit de vote accordé aux femmes (1944), dépénalisation de la contraception (1967), loi sur l’interruption volontaire de grossesse (1975). Mais pour porter ce progrès il a fallu des personnalités hors du commun qui agissaient en grande partie contre leur propre camp : Charles de Gaulle, Lucien Neuwirth, Simone Veil.

l’homme ne se réduit ni au social ni à un ancrage territorial

Je reprocherai à la gauche de trop croire qu’il suffit de changer le social pour transformer le sujet, et à la droite de vouloir toujours ramener l’être humain à des racines. Ces deux attitudes ont pour point commun de méconnaître les complexités de la subjectivité, c’est-à-dire le psychisme inconscient qui est une composante majeure de tout individu. L’homme ne se réduit ni au social, ni à un ancrage territorial, il est aussi le produit de son intériorité, de ses névroses, de ses désirs.
La gauche a le devoir de haïr l’antisémitisme, le racisme et le régime de Vichy, elle ne doit faire aucune concession à la France honteuse de la collaboration, ce qui est monnaie courante de nos jours dans ce pays où existe un désir inconscient de fascisme incarné par la montée extravagante des thèses du Front national. Mais la gauche ne doit pas occulter ces périodes noires de l’histoire. Il faut refuser autant l’hagiographie réactionnaire dont rêvent les nostalgiques du « c’était mieux avant » que la prétendue neutralité objective des pédagogues jargonneux.
Aucun régime politique n’a encore réussi à concilier les deux grands idéaux de la Révolution: la liberté et l’égalité. Je pense que la gauche doit toujours tenter de lier les deux termes, sans pour autant favoriser le capitalisme fou au nom de la liberté ou l’égalitarisme forcené au nom de l’égalité. Peut-être est-ce une tâche impossible? Mais alors raison de plus pour essayer.

non irréconciliables

Par ailleurs, nous savons que la gauche politique est fragile et susceptible, parce qu’elle n’est pas autoritariste, de se diviser en courants fratricides. Au contraire, la droite et bien plus disciplinée. Elle déteste la gauche et se veut légaliste en France, qu’elle soit orléaniste, légitimiste ou bonapartiste. D’où la très grande difficulté pour la gauche de devenir une gauche de gouvernement : ce sont ses propres acteurs politiques qui la détruisent par leurs divisions et leur narcissisme. En ce sens, il est suicidaire d’affirmer que les différentes gauches sont irréconciliables. Je n’aime pas que la gauche réformiste méprise la gauche insoumise. Quand elle le fait, elle perd son identité, fût-elle éclatée, ainsi que toute possibilité de gouverner.
Quand la gauche politique ne revendique pas une culture européenne, quand elle se détache de sa mission éducative auprès du peuple, elle sombre dans le technicisme, l’économisme, l’expertise, et, hélas, c’est ce qui arrive aujourd’hui. Autant je suis internationaliste, autant je suis hostile au souverainisme borné, à la nostalgie des identités fantasmatiques, au complotisme qui s’exprime ouvertement dans les réseaux sociaux.

« littéraire » et humaniste

La gauche française doit être « littéraire » et humaniste, seule manière de défendre la science contre la pensée magique et les croyances. Elle ne doit pas confier le Ministère de la culture à des technocrates, ni le Ministère de l’éducation nationale à des experts, ni le service public audiovisuel à des forcenés de l’audimat. Elle doit soutenir le théâtre, le cinéma, le livre, l’art, envers et contre tout, ce qu’elle ne fait pas assez depuis longtemps. Elle doit penser et avoir des idées et non pas être simplement moraliste.

double mise à mort

Je dois dire que j’ai été effarée par le spectacle que nous ont donné les primaires de droite et de gauche. Deux mises à mort : celle du dernier représentant du gaullisme chiraquien (Alain Juppé), traîné dans la boue par son propre camp, ou déguisé en islamiste radical par l’extrême-droite ; celle du dernier acteur de la social-démocratie mitterrandienne (François Hollande) exécuté par son premier lieutenant et contraint de se livrer à une cruelle abdication. Grande scène freudo-shakespearienne.
Tout cela fait froid dans le dos. La droite s’apprête à reconquérir le pouvoir mais dans quel état ! Elle a perdu sa gauche. Quant à la gauche, elle a perdu sa droite, sa gauche et la gauche de sa gauche. Elle est pulvérisée.

Et après un tel constat, que fait-on ? De quoi héritons-nous ?


Texte issu de Qu’est-ce que la gauche ? Livre collectif coordonné par Cécile Amar et Marie Laure Delorme, Fayard, 18 janvier 2017.

Sommes-nous devenus ces électeurs-là ?

rendez-vous chiffré d’un pouvoir déjà élu ?

Époque d’élection, notre rendez-vous privilégié. La politique s’invite dans chaque foyer. Certains évoquent une révolution, d’autres un droit universel à la vie, certains défendent le retour au raisonnable des chrétiens, d’autres le retour aux frontières nationales.

Un rendez-vous important, nous sommes tous présents et nos médias sont les premiers à prendre part et à émettre des parts pour nous offrir les tribunes des programmes et des débats constructifs. Nous les exigeons. Chiffrés s’il vous plait !

Alors, les chiffres fusent, on ajuste, on ose, on y revient, on précise, on affine. Les chiffres des meetings, les chiffres de popularité, les chiffres de la sécurité sociale, les chiffres pour l’école, l’hôpital, le chômage, les chiffres des réfugiés, les chiffres des malheurs, et les promesses chiffrées pour le mandat à briguer.

Nous voici conviés à un rendez-vous chiffré d’un pouvoir déjà élu ? De gauche comme de droite, de gauche et de droite, des extrêmes jusqu’aux centres, tout un chacun nous le promet et vante sa propre capacité de nous l’offrir au mieux et le plus grand possible. Ce pouvoir pulvérise tous les autres pouvoirs, un pouvoir sacrum, l’os des cinq vertèbres sacrées : le pouvoir d’achat.

notre pouvoir d’acheter nous est cher

Pour le gagner, on nous dit « en marche ! » et on marche, on nous dit « il faut se serrer la ceinture » et on se la serre, on nous dit, « il faut virer les Roms » et on les a virés, « il faut stopper les Migrants », aussitôt, on paie Erdogan et il les stoppe pour nous. Quelques inconscients, s’il le faut, on les met en prison avec sursis pour avoir tendu une main fautive à des êtres errant sur une bretelle d’autoroute.

notre pouvoir d’acheter a ses besoins

Le marché lui est vital. Pour pouvoir acheter, il est fondamental d’instaurer des bons marchés. Mais ils sont sensibles. Ils « boudent » telle ou telle mesure, ils sont « frileux » face à telle ou telle candidature. Ils peuvent se volatiliser, ils peuvent se déplacer, ils votent à la milliseconde près. Les marchés veillent nuit et jour sur notre pouvoir d’acheter. Ils agissent « efficients », entre le typhon et la sève, ils défendent notre « cause efficiente ». Notre force créatrice première ?

notre pouvoir d’acheter est un pouvoir exigeant

Le mesurer devient essentiel. Une première mesure est nécessaire, ériger le pourcentage en unité de compte. Une unité de compte sans dimension, afin de lui attribuer toutes les dimensions. Le pourcentage ouvre la porte vers tout un chacun de nous. Libéré de dimension fixe, il jongle dans l’univers des multiples. Pour plus de clarté, on donne avec liberté, à chaque pourcentage, son exemple concret : « la femme qui élève seule ses deux enfants » a la cote du moment ; puis, viennent le « chômeur de longue durée » et « les bassins de populations isolées » ; suivent « l’entrepreneur de TPE », les « serviteurs d’état », le « professeur en difficulté », « l’interne des hôpitaux » ; et, « l’auto-preneur » fait son apparition, le « travailleur détaché » tout à côté… Des pourcentages multiples dédiés à une question toute primordiale, « que pouvons-nous acheter ? »

notre pouvoir d’acheter nous tient à cœur

Époque d’élection, nous le défendons et, vous autres pouvoirs inférieurs, passez votre chemin de nos libres débats. Pouvoir d’achat, what else ?! « Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, pas de boogie-woogie avant de faire… » vos comptes du pouvoir d’achat.

Sommes-nous devenus ces électeurs-là ?


 

Albena Dimitrova est écrivain-dramaturge, autrice de Nous dînerons en Français, éd. Galaade (roman finaliste du Prix des Cinq Continents).

OURY : Le sous-bois des insensés, film

Le sous-bois des insensé, une traversée avec Jean Oury.

Un film documentaire, en présence de son autrice Martines Deyres. 2015 – 89 min.

dimanche 26 février 2017 à 11:00

Au cinéma le Saint André des Arts, 30 rue Saint André des Arts, 75006, Paris

débat : Christian CHAPUT, Patrick CHEMLA, Pascale HASSOUN, Jean-François SOLAL

Tarif unique 6,50 €

Organisateurs : Société de psychanalyse freudienne, les Films du tambour de soie.

Depuis son bureau de la clinique de La Borde, Jean Oury raconte une vie passée à accueillir la folie [un objet en voie de disparition ? NdlR]. Témoignage précieux d’un des acteurs majeurs de la psychiatrie du XXème siècle, ce film nous invite à partager la qualité d’une rencontre dont les enjeux excèdent de toutes parts le champ clinique. En nous entraînant au plus proche d’une connaissance subtile de la psychose, il renvoie chacun à une essentielle reconquête d’humanité.

La minute de poésie avec Claude Haza

[voir]Dès les premières lueurs le soleil plonge dans une parade d’ombre et de lumière. D’où surgit une harmonie de bleus entre clair et obscur. Se continue un cercle ou spirale dans l’abstrait du blanc, tel une forme en mouvement qui va de sa conception jusqu’à sa fin derrière le bois. Une autre succède, suit le même parcours. Alors les yeux cherchent une continuité de lignes englobant des volumes de vide au-delà du seul nuage visible.[/voir]
Claude Haza, né à Aspet (Haute-Garonne), vit aujourd’hui à Nice. Après une carrière de psychothérapeute et de responsable de formation dans le domaine de la communication, il consacre désormais son temps à l’écriture.

Ce poème vous est offert avec l’aimable autorisation de l’éditeur

Le Flou du monde, Claude Haza
ÉDITIONS ALCYONE, 2016

Rencontre avec Émilie Hache à l’Odeur du Temps (Marseille)

Rencontre avec Émilie Hache, écoféministe

« Le capitalisme consacre en parallèle la destruction généralisée de la nature. Dans The Death of Nature (1980), l’historienne des idées et philosophe américaine Carolyn Merchant rappelle qu’avant la modernité, le charbon n’est prélevé qu’en toutes petites quantités, parce que le sous-sol était considéré comme un ventre précieux et sacré. Mais cette vision de la nature a été progressivement défaite par les philosophes, poètes et hommes de science au cours des XVIe et XVIIe siècles en parallèle d’un changement de comportement effectif à son égard.

reclaim-couv

du sacré à la science

Merchant cite ainsi Descartes ou Bacon. Tous plus misogynes les uns que les autres, ils utilisent en permanence des métaphores sexistes à l’égard de la nature pour expliquer comment passer d’une épistémé de la nature sacrée, considérée comme un tout vivant, à quelque chose qu’on peut complètement détruire, en considérant que la nature est féminine. L’articulation de la destruction de la nature et de l’oppression des femmes ressemble à un ruban de Möbius : les femmes sont inférieures parce qu’elles font partie de la nature, et on peut maltraiter la nature parce qu’elle est féminine.

re-clamer !

Les écoféministes ont donc une réflexion critique à l’égard de l’idée de nature telle qu’elle a été élaborée dans la modernité ainsi que sur la façon de concevoir la féminité à cette même période. Mais, pour ces femmes, il ne s’agissait que d’une étape. Elles ont proposé ensuite de se réapproprier aussi bien l’idée de nature que ce qui relève de la féminité. Ce geste de réappropriation/réhabilitation/réinvention peut se traduire par reclaim, le concept majeur des écoféministes.

 

Guy Corneau entre Jung et Développement personnel

expériences extraordinaires

La biographie de Guy Corneau, « auteur et conférencier de notoriété internationale. Psychanalyste de formation, il est aussi un passionné de théâtre ayant écrit, mis en scène et joué plusieurs pièces depuis les années 70, »se trouve sur un site qui s’appelle INREES, pourquoi pas, il faut bien porter un nom. Cet acronyme se développe ainsi : Institut de recherche sur les expériences extraordinaires. Gurdjief, mage de son état, affectionnait les hommes extraordinaires, des maîtres que leur sagesse avait fini par munir de pouvoirs, a minima de celui d’étonner et fasciner. Avec cette terminologie on commence à deviner où vogue notre galère. Phénomènes inexpliqués qualifiés ainsi, telle l’expérience de mort imminente, ajoute le site, « des communications, des rencontres avec des esprits, etc. » ajoute Wikipedia. Toujours pourquoi pas, mais aussi nous avons le droit de savoir dans quelles eaux au juste nous évoluons, vu qu’on nous annonce d’entrée de jeu qu’il est psychanalyste, ce qui veut dire ordinairement tout autre chose.

GUY CORNEAU IMAGE

croissance personnelle

En fait psychanalyste jungien (on voit ici jouer l’ambiguïté de cette dénomination demeurée problématique) se situant à la limite du développement personnel, conférencier hors pair, extraordinaire vulgarisateur et homme de media, Guy Corneau dans son discours s’adresse en termes simples à Madame et Monsieur Tout-le-monde pour leur parler des choses de la vie dans le sens d’une idéologie que les canadiens appellent la Croissance (rien à voir avec le monstre conceptuel sur l’autel duquel le productivisme scientiste sacrifie des générations entières).

raconte-moi mon histoire

Agréable à lire, il expose et soutient la théorie jungienne qu’il a apprise à Zurich, puis pratiqué durant 12 ans, dispensant après cela en termes simples une pensée complexe. À juste titre il est connu pour ses best-sellers, sortes d’essais, dont Père manquant fils manqué, Le meilleur de soi et Victimes des autres, bourreaux de soi-même. On consultera avec plaisir ses deux interviews à Psychologies magazine, Guy Corneau appartient à cette espèce d’auteurs qui témoignent de leur parcours de vie et de leur conviction qu’on peut faire et vivre autrement, qu’on peut Revivre, selon l’idéologie de la psychologie humaniste américaine, des auteurs qui parlant d’eux s’adressent au lecteur et savent capter son intérêt, se rendant compte que c’est sa propre histoire qu’on est en train de lui raconter.

phytospiritualité

Il prêche d’exemple mais prêche tout de même. En tout cas de telles prédications ne sauraient faire de mal, en ce sens qu’elles vont dans le bon, de sens, au nôtre, toujours de sens. Auteur type de Psychologies magazine, il y passe très bien, avec « Commençons par faire la paix avec nous-même« ou « Nous sommes faits pour nous déployer« . Évidemment, avec en plus « un homme en quête de sens« , la phytospiritualité, tout de suite ça embraye. Pour finir, décidément très à la mode, on le retrouve au psycho-sahara où il entraîne des groupes d’hommes à la recherche de leur masculinité.

authenticité

Certes, des suiveurs peuvent coller à ce discours, facile à cathéchiser, le réciter, à l’occasion se le faux-selfiser. Il faut bien qu’il y ait inconvénient à tout. Dans le genre inconvénient, après celui d’être né on compte celui d’être mort. Notre bon Guy (a very good guy he was, they say) nous aura quittés trop tôt. Merci pour ce parcours témoignage dont l’authenticité touche, en cohérence avec une vision du monde humaniste spiritualiste savamment médiatisée. Un guide de vie milieu de gamme, qui ne vous dispense pas de pousser un peu plus loin votre enquête.

Trouvez l’école qui vous convient.

 

LE MÉTIER DE PRATICIEN EN PSYCHOTHÉRAPIE PAR LA RELATION vous intéresse.

Vous cherchez une FORMATION

EXPÉRIMENTÉE conduite par une équipe de formateurs cliniciens de haut niveau. Nos 31 ans d’ancienneté vous apportent sérieux, solidité, pédagogie ouverte, recherche, originalité

MULTIRÉFÉRENTIELLE : pas de méthode unique qui vous enferme mais multiaxiale, intégrative, interdisciplinaire, adaptée à la complexité contemporaine

– au CURSUS suffisant et légitime pour vous former en vous transformant

PROFESSIONNALISANTE en praticien/ne en libéral. La dimension standard c’est cinq années universitaires, nous vous offrons 4 cycles de 18 mois (sauf équivalences) d’apprentissage intensif expérientiel du métier

– de bon rapport QUALITÉ PRIX au regard des prestations et résultats (voir le groupe des anciens élèves)

– en RECONVERSION par WEEK-ENDS bimensuels en continuant de travailler 

COMPATIBLE avec votre cadre de vie, votre âge, votre étape de vie professionnelle

ACCESSIBLE culturellement (si vous pouvez lire cet article, a priori c’est bon)

MODULABLE & PROGRESSIVE en certains cas, par grappes d’UFA thématiques (unités de formation et d’apprentissage). Personnalisation selon équivalences

AGRÉÉE. C’est le cas, de notre école agréée AFFOP (Association française fédérative des organismes de formation à la psychothérapie relationnelle et psychanalyse), en référence au code de déontologie et aux Cinq critères du SNPPsy, reliée au GLPR (Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle).

[voir]

entrez libres

Pour y voir plus clair contactez nous. Place au DIALOGUE, fondement de votre futur métier. Notre cursus commence par une PHASE D’EXPLORATION de toute façon. Bienvenue à votre projet. Entrez libres et espérons-le devenez le davantage.[/voir]

mots clés

[blocdroite]

Une école comme la nôtre vous propose d’accéder à

• un savoir, un savoir faire, un savoir être, mieux, un savoir faire être
• une attitude, une posture de base, un style, qui se communique autant par apprentissage que par étude (grosse différence avec l’université actuelle)
• un art (donc une esthétique), une créativité
• une morale, une éthique : résolution par l’autre en situation et en relation, de problèmes en accord avec son système de valeurs [[Quitte à ce qu’il décide de le faire évoluer. Dans le respect du cadre des lois de la cité.]]
• une déontologie (morale professionnelle collective garantie)
• une manière d’être au monde avec l’autre en difficulté en s’impliquant soi-même tout en maintenant le cadre qui rend la manœuvre productive.

En résumé il s’agit d’aider l’autre qui ne s’y retrouve plus dans sa vie à devenir / redevenir l’auteur/e de son existence.

  • Ça vous dit quelque chose ?

[/blocdroite]

Sur internet on compose psychothérapie, formation à la psychothérapie, psychothérapeute, psychopraticien, psychothérapie relationnelle : comment s’y retrouver ?

discerner

Il vaudrait mieux s’y connaître mais précisément puisque vous nourrissez le projet de vous former c’est que vous n’êtes pas trop averti du domaine. Ça a l’air bien compliqué, un brin corporatiste. Que de psys, que de méthodes, que d’écoles, que d’annonces ! Quand on ne peut réellement déchiffrer les offres on ne discerne pas toujours à première vue les intéressantes de celles dont la réthorique commerciale promet la lune dans un seau.

à l’université, un autre métier

Avec la fac c’est relativement plus facile, encore que là aussi mieux vaut détenir les clés du code. De toute façon la fac forme à une autre discipline, à un autre métier. Celui de psychologue. Voisin certes mais bien différent. La plupart du temps plus de votre âge de toute façon.

démarche personnelle

Investir tant de temps, d’énergie, d’argent, d’espérance, requiert qu’on minimise les risques d’erreur. Alors comment savoir ? Il est probable que vous avez déjà engagé une démarche, comme on dit. Cela vous rend mieux capable de discriminer. Si vous n’avez jamais rien fait dans ce domaine, passez nous voir nous vous prodiguerons les conseils pour grands débutants.

entrevue, entrouverture

De toute façon si vous lisez ceci c’est que vous êtes tombé sur notre site et n’avez pas encore cliqué adieu, bravo pour tant de persévérance ! et si vous lisez cette phrase c’est que votre intérêt s’est accroché jusque là, pour vérifier et poursuivre votre enquête. Rendu/e là, le pas suivant c’est un contact, une rencontre. Ensuite, si cela vous convenait, vous pourriez explorer la situation en venant participer pour vous rendre compte, sur le terrain lui-même, pour sentir l’ambiance. C’est ce que nous pratiquons régulièrement, l’entre-ouverture. Là vous verrez bien si vous partez en courant ou non. Décidément vous n’aurez plus qu’à suivre vos pieds.

valeurs

La question connexe c’est pourquoi ces écoles, pourquoi celle-ci ? jamais pour gagner beaucoup d’argent. Si on veut faire fortune on distribue des sardines en boîte, des composants électroniques, on fabrique des vêtements en Indonésie, on crée une start up spécialisée dans la connectique des lunettes, on ne se lance pas dans la psychothérapie ! d’ailleurs côté finances, si vous vous engagez dans cette profession vous pourrez gagner honnêtement votre vie mais pas des sommes fabuleuses. Vous gagnerez peut-être autre chose. Nous en reparlerons si vous voulez. Alors que veulent et proposent ces écoles et pourquoi ces écoles ?

transmission

La question demeure, pourquoi désirer transmettre ? pour que le savoir faire être qui tient à cœur à notre équipe ne se perde pas d’une génération l’autre, ce serait trop dommage. Notre désir de transmission comporte ce zest de passion professionnelle qui nous porte à nous battre pour une certaine idée de l’homme comme relevant du « courage d’être en participant »[[L’expression est de Paul Tillich.-]] à la communauté humaine.

dimension humaine de l’existence

Ce qui rend nos écoles uniques, irremplaçables. L’actuelle université n’étant pas apte à transmettre notre discipline, à former à un métier comportant une manière de savoir-vivre, pas le choix, elles constituent un passage obligé. Fragile, précieux. Notre humanisme nous situe du côté de l’écologie, de la préservation de parcelles de sol vivant, contre le bétonnage cognitiviste, pour le maintien du soin des âmes par la relation.

diversité

Ceux qui les dirigent portant cette conviction se consacrés à cette formation pour contribuer à maintenir et développer une psychothérapie de la dynamique de subjectivation, une psychothérapie de la relation dans l’ouverture à la psychodiversité, conforme à la complexité des sciences humaines cliniques, une psychothérapie de la responsabilité, qui refuse la médicalisation de l’existence, la soumission au principe DSM, l’effacement du concept de symptôme.

sécurité légitimité d’exercice

Dernier point, une fois dûment certifié/e et diplômé/e, ne me trouverai-je pas un beau jour en butte aux psychothérapeutes officiels estampillés par l’université, victime d’une loi discriminatoire ? Non. Nous vous expliquerons comment ça fonctionne. Il n’y a pas à redouter d’interdit professionnel pour un exercice alternatif libéral de la psychothérapie relationnelle, sécurisé et garanti par les grandes organisations historiques reliées dans le cadre du GLPR.

diplôme, titre d’exercice, garanties

Il convient encore de vérifier que notre système de certification vaut quelque chose, se voie garanti par un cadre institutionnel qui tient la route et fasse de vous un/e praticien/ne confirmé/e, assurée/e d’une reconnaissance et confirmation sociale nationale et internationale consistante. Le cadre du diplôme de psychopraticien multiréférentiel® que nous délivrons, puis du titre d’exercice professionnel de psychopraticien relationnel® étayé au système SNPPsy-AFFOP que nous proposons vous procurera la légitimité, l’autorité morale requise à qui veut exercer dans un domaine qui n’admet ni l’amateurisme ni la prétention autoproclamée. Attention aux promesses qui n’engagent que ceux qui les dispensent. Il convient que leur engagement soit validé par des instances responsables. De cela aussi nous devrons dans le cadre d’un dialogue parler.

entrez libres

Vous savez déjà un peu tout ça. Il va falloir pour y voir plus clair passer par la case rendez-vous. Place au DIALOGUE, fondement de votre futur métier. On verra bien. Si vous faites l’affaire, si cette école vous semble pouvoir le faire. Rencontrons-nous et advienne que voudra, vous êtes en période d’enquête, vous aurez tout le temps de décider. Notre cursus commence par une PHASE D’EXPLORATION de toute façon. Bienvenue à vous qui cherchiez dans nos parages des éléments de réponse à vos interrogations, à votre projet. Entrez libres et espérons-le devenez le davantage.