ARMÉNIE 24 AVRIL, anniversaire de la mise à feu et à sang du premier génocide du XXè siècle

POST-SCRIPTUM

Comme souvent nous tenons à réunir différentes pièces du dossier immédiatement à la disposition du lecteur. Voici. Avec toutes nos réserves concernant la pétition des 300, d’une maladresse consternante.


Dossier réuni par Anne-Bénédicte Hoffner , le 24/04/2018  dans La Croix.

Des imams s’engagent à prévenir « toutes formes d’extrémisme pouvant conduire au terrorisme »

Une trentaine d’imams dénoncent la prolifération de « lectures et de pratiques subversives de l’islam ». Dans une tribune publiée mardi 24 avril par Le Monde, ils s’engagent aussi à participer – aux côtés des autres institutions – à la prévention de la radicalisation.

« Si nous avons décidé de prendre la parole, c’est parce que la situation, pour nous, devient de plus en plus intenable ; et parce que tout silence de notre part serait désormais complice et donc coupable. »

Dans une tribune publiée mardi 24 avril par Le Monde, une trentaine d’imams emmenés par Tareq Oubrou, celui de la Grande Mosquée de Bordeaux, ont choisi de prendre la parole pour dénoncer l’antisémitisme et le terrorisme, et s’engager à prendre leur part dans la mobilisation contre le fanatisme religieux.

Alliage entre criminalité et religion

« Notre indignation est aussi religieuse en tant qu’imams et théologiens qui voyons l’islam tomber dans les mains d’une jeunesse ignorante, perturbée et désœuvrée. Une jeunesse naïve, proie facile pour des idéologues qui exploitent son désarroi », écrivent-ils. À leurs yeux, le « phénomène Daech » a révélé « un étrange alliage entre la criminalité et la religion ».

« Daech n’était au fond qu’un alibi qui nous a révélé une réalité latente que nous soupçonnions », écrivent ces imams membres, pour certains, de la fédération Musulmans de France (ex-Union des organisations islamiques de France, branche française des Frères musulmans) et, pour d’autres, du Conseil théologique musulman de France, qui lui est lié.


À lire aussi

Selon moi PHG une pétition calamiteuse :

300 personnalités dénoncent le « nouvel antisémitisme »

Ils reconnaissent aussi que « depuis plus de deux décennies, des lectures et des pratiques subversives de l’islam sévissent dans la communauté musulmane, générant une anarchie religieuse, gangrenant toute la société ». « Une situation cancéreuse à laquelle certains imams malheureusement ont contribué, souvent inconsciemment, écrivent-ils. Beaucoup d’imams ne réalisent pas encore les dégâts que pourraient provoquer leurs discours ».

Confusion des genres

Aux imams, les signataires demandent donc de résister à « la confusion des genres ». « L’islam est d’abord une aspiration spirituelle (…) et non une idéologie identitariste et politique », rappellent-ils, appelant les responsables religieux « à dispenser un discours d’apaisement ».

Ils appellent également « les imams éclairés à s’investir et à s’engager dans le virtuel, et prodiguer un contre-discours » contre l’extrémisme.

Faire preuve de discernement

Au lendemain de la publication d’une autre tribune, dans Le Parisien cette fois, dénonçant « un nouvel antisémitisme » alimenté notamment par des versets du Coran, les signataires demandent également, notamment « aux intellectuels et politiques », de « faire preuve de plus de discernement », inquiets d’en voir certains « incriminer toute une religion » et avancer « que c’est le Coran lui-même qui appelle au meurtre ».

« Cette idée funeste est d’une violence inouïe. Elle laisserait entendre que le musulman ne peut être pacifique que s’il s’éloigne de sa religion », s’insurgent-ils.


À lire aussi

Rachid Benzine : « L’urgence n’est pas d’expurger le Coran mais d’en faire une lecture critique »

La « radicalisation » actuelle « doit être combattue intelligemment par tous les concernés, des politiques aux imams en passant par la famille, l’école, le sécuritaire… Que chacun assume sa part de responsabilité », concluent-ils.

Les imams « seuls ne peuvent donner la solution ». Mais ils peuvent en revanche mettre leurs « compétences » au service de leur pays « pour aider les pouvoirs publics et parer à tout danger terroriste qui sommeille encore dans certains esprits malades », notamment « lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux ».

Une tribune en préparation depuis deux à trois semaines

« Cet appel était en préparation depuis au moins deux ou trois semaines par Tareq Oubrou », note Mohamed Bajrafil, imam à Ivry-sur-Seine, spécialiste de droit musulman, et signataires du texte. « Il n’a rien à voir avec celui publié il y a deux jours sur l’antisémitisme, mais finalement, il n’aurait pas pu mieux tomber ». Plus qu’un programme d’action ou une méthodologie d’interprétation du Coran, l’idée est venue « d’un ras-le-bol, d’une envie d’exprimer notre solidarité à nos concitoyens ».

Auteur lui-même d’un livre en forme d’interpellation – Réveillons-nous ! Lettre ouverte à un jeune musulman (Plein Jour, 2018) – le jeune imam est plus que conscient de la nécessité d’une relecture de la tradition musulmane. « On n’a plus le choix, elle s’impose à nous. Oui, bien entendu, certaines prescriptions issues de la tradition doivent être reconnues caduques. Moi-même, je reste très classique dans mon approche, mais il y a moyen de faire du nouveau avec de l’ancien ! »

Anne-Bénédicte Hoffner

Avec David Reich la génétique sur le terrain miné des « races »

David Reich relance une question minée

Une tribune publiée par le New York Times relance une question minée, celle des différences génétiques observées entre groupes humains. Laurent Alexandre met en garde contre les dérives d’une telle discussion.

Thèse improbable

La part de la génétique dans nos destinées est un sujet douloureux en France. Notre pays est probablement l’un des derniers où une majorité de gens et même d’intellectuels sont persuadés que l’intelligence est purement produite par l’environnement culturel et familial. Toutes les études montrent pourtant le contraire et relativisent au passage le rôle de l’école. Des études ont mis en évidence le fait que la réussite et les capacités intellectuelles étaient fortement dépendantes du patrimoine génétique. Partager un environnement commun – famille et éducation – n’explique qu’environ un tiers des différences cognitives. Autrement dit, l’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique, qui compte pour près des deux tiers dans nos différences intellectuelles, si l’on en croit les travaux du Britannique Robert Plomin (King’s College, Londres).
 Nier les différences interraciales serait contre-productif.
 Les différences de réussite scolaire ne traduisent pas avant tout la qualité des professeurs ou des écoles. Ce n’est pas un défaut de compétence des professeurs, ou même des problèmes de méthode, qui expliquent les mauvais résultats de l’école. Égaliser les chances à travers l’éducation est une tâche décourageante ; et la gestion politique des différences neuro-génétiques interindividuelles est difficile.

la notion de « race » à travers l’analyse génétique

Aux États-Unis, certains généticiens de haut vol [attention caution imprudente. NdlR] implorent néanmoins l’opinion de rouvrir un autre débat miné : le lien entre notre race, notre ADN et nos caractéristiques, sans même s’interdire de traiter des différences cognitives. Dans un long article publié dans le New York Times, le 23 mars [cf. infra ici même] David Reich – généticien à Harvard de réputation internationale – plaide pour l’ouverture d’une discussion sur la notion de « race » à travers l’analyse génétique. Il défend avec vigueur l’idée (aussi exposée dans un ouvrage tout juste publié) que nier les différences interraciales ne peut être que contre-productif et renforcerait le racisme : « Je partage la crainte que les découvertes génétiques puissent être mal utilisées pour justifier le racisme. Mais, en tant que généticien, je sais aussi qu’il n’est (…) plus possible d’ignorer les différences génétiques moyennes entre les “races”. » Faire l’autruche n’est plus une option, à ses yeux : « Il sera impossible – en fait, anti-scientifique, stupide et absurde – de nier ces différences. » David Reich conclut : « Prétendre qu’il n’y a pas de différence significative possible entre les différentes populations humaines conduira seulement au dévoiement raciste de la génétique que nous souhaitons éviter. »

Boîte de Pandore

La tribune de David Reich a suscité une critique en règle de certains anthropologues. Il a depuis précisé que les différences génétiques moyennes observées entre populations étaient bien moindres que celles entre individus. « La “race” est une catégorie socialement construite [construct], pas biologique », insiste-t-il encore, même s’il constate que certaines différences génétiques ancestrales sont corrélées avec ces représentations sociales.
Les arguments de David Reich sont intéressants mais ne peuvent conduire qu’à libérer la parole raciste : comment éviter, par exemple, que des comparaisons de QI par « race » soient utilisées par les racistes ? David Reich affirme d’ailleurs : « Les influences génétiques sur le comportement et la cognition diffèrent entre les groupes humains. » La génétique doit être prudente : elle a été instrumentalisée pour justifier les pires folies raciales comme la Shoah ou des opinions conservatrices et coloniales.
 En 1925, des hommes de gauche, unanimement respectés aujourd’hui, parlaient encore des races supérieures et inférieures, tel Léon Blum à la Chambre [?]. Nous avons mis tant de temps à faire reculer – incomplètement, hélas – le racisme. La génétique ne peut pas prendre le risque de cautionner une idéologie inégalitaire. À titre personnel, je suis farouchement opposé à l’ouverture de cette boîte de Pandore : exceptionnellement, les savants doivent faire passer la vérité scientifique après le principe philosophique fondamental de l’égalité de tous les groupes d’hommes.

Who We Are and How We Got Here: Ancient DNA and the New Science of the Human Past, David Reich, Oxford University Press, 344 p., 20£ (non traduit).


New York Times Opinion, March 23, 2018

How Genetics Is Changing Our Understanding of ‘Race’

By David Reich

In 1942, the anthropologist Ashley Montagu published “Man’s Most Dangerous Myth: The Fallacy of Race,” an influential book that argued that race is a social concept with no genetic basis. A classic example often cited is the inconsistent definition of “black.” In the United States, historically, a person is “black” if he has any sub-Saharan African ancestry; in Brazil, a person is not “black” if he is known to have any European ancestry. If “black” refers to different people in different contexts, how can there be any genetic basis to it?

Beginning in 1972, genetic findings began to be incorporated into this argument. That year, the geneticist Richard Lewontin published an important study of variation in protein types in blood. He grouped the human populations he analyzed into seven “races” — West Eurasians, Africans, East Asians, South Asians, Native Americans, Oceanians and Australians — and found that around 85 percent of variation in the protein types could be accounted for by variation within populations and “races,” and only 15 percent by variation across them. To the extent that there was variation among humans, he concluded, most of it was because of “differences between individuals.”

In this way, a consensus was established that among human populations there are no differences large enough to support the concept of “biological race.” Instead, it was argued, race is a “social construct,” a way of categorizing people that changes over time and across countries.

It is true that race is a social construct. It is also true, as Dr. Lewontin wrote, that human populations “are remarkably similar to each other” from a genetic point of view.

But over the years this consensus has morphed, seemingly without questioning, into an orthodoxy. The orthodoxy maintains that the average genetic differences among people grouped according to today’s racial terms are so trivial when it comes to any meaningful biological traits that those differences can be ignored.

The orthodoxy goes further, holding that we should be anxious about any research into genetic differences among populations. The concern is that such research, no matter how well-intentioned, is located on a slippery slope that leads to the kinds of pseudoscientific arguments about biological difference that were used in the past to try to justify the slave trade, the eugenics movement and the Nazis’ murder of six million Jews.

I have deep sympathy for the concern that genetic discoveries could be misused to justify racism. But as a geneticist I also know that it is simply no longer possible to ignore average genetic differences among “races.”

Groundbreaking advances in DNA sequencing technology have been made over the last two decades. These advances enable us to measure with exquisite accuracy what fraction of an individual’s genetic ancestry traces back to, say, West Africa 500 years ago — before the mixing in the Americas of the West African and European gene pools that were almost completely isolated for the last 70,000 years. With the help of these tools, we are learning that while race may be a social construct, differences in genetic ancestry that happen to correlate to many of today’s racial constructs are real.

Recent genetic studies have demonstrated differences across populations not just in the genetic determinants of simple traits such as skin color, but also in more complex traits like bodily dimensions and susceptibility to diseases. For example, we now know that genetic factors help explain why northern Europeans are taller on average than southern Europeans, why multiple sclerosis is more common in European-Americans than in African-Americans, and why the reverse is true for end-stage kidney disease.

I am worried that well-meaning people who deny the possibility of substantial biological differences among human populations are digging themselves into an indefensible position, one that will not survive the onslaught of science. I am also worried that whatever discoveries are made — and we truly have no idea yet what they will be — will be cited as “scientific proof” that racist prejudices and agendas have been correct all along, and that those well-meaning people will not understand the science well enough to push back against these claims.

This is why it is important, even urgent, that we develop a candid and scientifically up-to-date way of discussing any such differences, instead of sticking our heads in the sand and being caught unprepared when they are found.

To get a sense of what modern genetic research into average biological differences across populations looks like, consider an example from my own work. Beginning around 2003, I began exploring whether the population mixture that has occurred in the last few hundred years in the Americas could be leveraged to find risk factors for prostate cancer, a disease that occurs 1.7 times more often in self-identified African-Americans than in self-identified European-Americans. This disparity had not been possible to explain based on dietary and environmental differences, suggesting that genetic factors might play a role.

Self-identified African-Americans turn out to derive, on average, about 80 percent of their genetic ancestry from enslaved Africans brought to America between the 16th and 19th centuries. My colleagues and I searched, in 1,597 African-American men with prostate cancer, for locations in the genome where the fraction of genes contributed by West African ancestors was larger than it was elsewhere in the genome. In 2006, we found exactly what we were looking for: a location in the genome with about 2.8 percent more African ancestry than the average.

When we looked in more detail, we found that this region contained at least seven independent risk factors for prostate cancer, all more common in West Africans. Our findings could fully account for the higher rate of prostate cancer in African-Americans than in European-Americans. We could conclude this because African-Americans who happen to have entirely European ancestry in this small section of their genomes had about the same risk for prostate cancer as random Europeans.

Did this research rely on terms like “African-American” and “European-American” that are socially constructed, and did it label segments of the genome as being probably “West African” or “European” in origin? Yes. Did this research identify real risk factors for disease that differ in frequency across those populations, leading to discoveries with the potential to improve health and save lives? Yes.

While most people will agree that finding a genetic explanation for an elevated rate of disease is important, they often draw the line there. Finding genetic influences on a propensity for disease is one thing, they argue, but looking for such influences on behavior and cognition is another.

But whether we like it or not, that line has already been crossed. A recent study led by the economist Daniel Benjamin compiled information on the number of years of education from more than 400,000 people, almost all of whom were of European ancestry. After controlling for differences in socioeconomic background, he and his colleagues identified 74 genetic variations that are over-represented in genes known to be important in neurological development, each of which is incontrovertibly more common in Europeans with more years of education than in Europeans with fewer years of education.

It is not yet clear how these genetic variations operate. A follow-up study of Icelanders led by the geneticist Augustine Kong showed that these genetic variations also nudge people who carry them to delay having children. So these variations may be explaining longer times at school by affecting a behavior that has nothing to do with intelligence.

This study has been joined by others finding genetic predictors of behavior. One of these, led by the geneticist Danielle Posthuma, studied more than 70,000 people and found genetic variations in more than 20 genes that were predictive of performance on intelligence tests.

Is performance on an intelligence test or the number of years of school a person attends shaped by the way a person is brought up? Of course. But does it measure something having to do with some aspect of behavior or cognition? Almost certainly. And since all traits influenced by genetics are expected to differ across populations (because the frequencies of genetic variations are rarely exactly the same across populations), the genetic influences on behavior and cognition will differ across populations, too.

You will sometimes hear that any biological differences among populations are likely to be small, because humans have diverged too recently from common ancestors for substantial differences to have arisen under the pressure of natural selection. This is not true. The ancestors of East Asians, Europeans, West Africans and Australians were, until recently, almost completely isolated from one another for 40,000 years or longer, which is more than sufficient time for the forces of evolution to work. Indeed, the study led by Dr. Kong showed that in Iceland, there has been measurable genetic selection against the genetic variations that predict more years of education in that population just within the last century.

To understand why it is so dangerous for geneticists and anthropologists to simply repeat the old consensus about human population differences, consider what kinds of voices are filling the void that our silence is creating. Nicholas Wade, a longtime science journalist for The New York Times, rightly notes in his 2014 book, “A Troublesome Inheritance: Genes, Race and Human History,” that modern research is challenging our thinking about the nature of human population differences. But he goes on to make the unfounded and irresponsible claim that this research is suggesting that genetic factors explain traditional stereotypes.

One of Mr. Wade’s key sources, for example, is the anthropologist Henry Harpending, who has asserted that people of sub-Saharan African ancestry have no propensity to work when they don’t have to because, he claims, they did not go through the type of natural selection for hard work in the last thousands of years that some Eurasians did. There is simply no scientific evidence to support this statement. Indeed, as 139 geneticists (including myself) pointed out in a letter to The New York Times about Mr. Wade’s book, there is no genetic evidence to back up any of the racist stereotypes he promotes.

Another high-profile example is James Watson, the scientist who in 1953 co-discovered the structure of DNA, and who was forced to retire as head of the Cold Spring Harbor Laboratories in 2007 after he stated in an interview — without any scientific evidence — that research has suggested that genetic factors contribute to lower intelligence in Africans than in Europeans.

At a meeting a few years later, Dr. Watson said to me and my fellow geneticist Beth Shapiro something to the effect of “When are you guys going to figure out why it is that you Jews are so much smarter than everyone else?” He asserted that Jews were high achievers because of genetic advantages conferred by thousands of years of natural selection to be scholars, and that East Asian students tended to be conformist because of selection for conformity in ancient Chinese society. (Contacted recently, Dr. Watson denied having made these statements, maintaining that they do not represent his views; Dr. Shapiro said that her recollection matched mine.)

What makes Dr. Watson’s and Mr. Wade’s statements so insidious is that they start with the accurate observation that many academics are implausibly denying the possibility of average genetic differences among human populations, and then end with a claim — backed by no evidence — that they know what those differences are and that they correspond to racist stereotypes. They use the reluctance of the academic community to openly discuss these fraught issues to provide rhetorical cover for hateful ideas and old racist canards.

This is why knowledgeable scientists must speak out. If we abstain from laying out a rational framework for discussing differences among populations, we risk losing the trust of the public and we actively contribute to the distrust of expertise that is now so prevalent. We leave a vacuum that gets filled by pseudoscience, an outcome that is far worse than anything we could achieve by talking openly.

If scientists can be confident of anything, it is that whatever we currently believe about the genetic nature of differences among populations is most likely wrong. For example, my laboratory discovered in 2016, based on our sequencing of ancient human genomes, that “whites” are not derived from a population that existed from time immemorial, as some people believe. Instead, “whites” represent a mixture of four ancient populations that lived 10,000 years ago and were each as different from one another as Europeans and East Asians are today.

So how should we prepare for the likelihood that in the coming years, genetic studies will show that many traits are influenced by genetic variations, and that these traits will differ on average across human populations? It will be impossible — indeed, anti-scientific, foolish and absurd — to deny those differences.

For me, a natural response to the challenge is to learn from the example of the biological differences that exist between males and females. The differences between the sexes are far more profound than those that exist among human populations, reflecting more than 100 million years of evolution and adaptation. Males and females differ by huge tracts of genetic material — a Y chromosome that males have and that females don’t, and a second X chromosome that females have and males don’t.

Most everyone accepts that the biological differences between males and females are profound. In addition to anatomical differences, men and women exhibit average differences in size and physical strength. (There are also average differences in temperament and behavior, though there are important unresolved questions about the extent to which these differences are influenced by social expectations and upbringing.)

How do we accommodate the biological differences between men and women? I think the answer is obvious: We should both recognize that genetic differences between males and females exist and we should accord each sex the same freedoms and opportunities regardless of those differences.

It is clear from the inequities that persist between women and men in our society that fulfilling these aspirations in practice is a challenge. Yet conceptually it is straightforward. And if this is the case with men and women, then it is surely the case with whatever differences we may find among human populations, the great majority of which will be far less profound.

An abiding challenge for our civilization is to treat each human being as an individual and to empower all people, regardless of what hand they are dealt from the deck of life. Compared with the enormous differences that exist among individuals, differences among populations are on average many times smaller, so it should be only a modest challenge to accommodate a reality in which the average genetic contributions to human traits differ.

It is important to face whatever science will reveal without prejudging the outcome and with the confidence that we can be mature enough to handle any findings. Arguing that no substantial differences among human populations are possible will only invite the racist misuse of genetics that we wish to avoid.

David Reich is a professor of genetics at Harvard and the author of the forthcoming book “Who We Are and How We Got Here: Ancient DNA and the New Science of the Human Past,” from which this article is adapted.


Follow The New York Times Opinion section on Facebook and Twitter (@NYTopinion), and sign up for the Opinion Today newsletter.

À New York un avocat se suicide pour dénoncer la crise écologique

psychothérapie relationnelle : AFFOP, FF2P, SNPPsy communiquent

[voir]

L’AFFOP, la FF2P, et le SNPPsy communiquent

Les représentants des trois organisations se sont réunis le jeudi 29 mars 2018 , pour continuer à travailler ensemble à la protection et la promotion de nos métiers.

Nous avons réaffirmé que nous partageons les critères suivants parmi ceux sur lesquels se basent nos différentes certifications et reconnaissances professionnelles.

— Un travail de thérapie personnelle suffisant
— Une formation théorico-pratique et théorico-clinique de qualité
— Une pratique obligatoire de la supervision

Nous avons échangé des informations sur les actions menées par les différentes organisations.

Nous nous sommes mis d’accord sur le principe d’organiser une grande manifestation réunissant nos trois organisations afin de donner la parole à nos praticiens, de renforcer ainsi leur légitimité et de continuer à informer le grand public sur notre place dans le champ de la santé mentale.

Décision a été prise de nous réunir trois fois par an.

pour l’AFFOP, Caroline Ulmer-Newhouse, Secrétaire générale
Pour la FF2P, Sandrine Calinaud, Secrétaire générale
Pour le SNPPsy, Christiane Laurent, Secrétaire générale

[/voir]

Mort aux juifs, aux cons, etc. — la suite : vive l’universalisme

Mort aux juifs, mort aux cons ou mort aux coiffeurs ? l’horreur est humaine

Mort du prêtre et psychanalyste Denis Vasse

une lignée de jésuites

Membre de l’École freudienne, ami de Françoise Dolto, Denis Vasse appartenait à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse. Il est mort lundi 12 mars, à 84 ans. Prêtre, médecin et psychanalyste, Denis Vasse est mort lundi 12 mars à Francheville, dans le Rhône, à l’âge de 84 ans. Cette identité multiple ne dissimule pas une contradiction ni même un affrontement. Au centre d’une vocation plurielle et unique, il y a la parole. Parole entendue, écoutée, étudiée, avec le plus grand soin, le plus haut sérieux.

« L’homme est réponse à la question que pose toute parole », écrivait-il en 1969, dans un premier livre qui marqua profondément les esprits : Le Temps du désir. Essai sur le corps et la parole (Seuil). Cette citation valant aussi bien dans l’espace de la psychanalyse que dans celui de la foi. Lire Freud et Lacan n’empêche pas de méditer les Évangiles ! Il écrivait aussi, avec simplicité et profondeur : « Sans la foi en la parole, les mots se redoublent en songe de l’esprit. »
Né en 1933 en Algérie dans une famille modeste, Denis Vasse fait ses études de médecine à Alger, avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus en 1958 et de prononcer ses premiers vœux en 1960. Cette même année, il soutient sa thèse de médecine. Partisan de l’indépendance, il exerce comme médecin au sein de l’armée.

Vice-président de l’École freudienne



Ordonné prêtre en 1971, il s’installe à Villeurbanne, près de Lyon, où il conduit des cures d’enfants au centre médico-psychologique. Psychanalyste, il se rapproche de Jacques Lacan et de l’École freudienne, dont il sera même le vice-président à la fin des années 1970, juste avant la dissolution de l’institution décidée par Lacan en 1980. Entre 1978 et 2007, il donna de nombreux cours et séminaires, aussi bien en France qu’en Italie ou au Canada.

Ami de Françoise Dolto, dont il célébrera les obsèques à Paris en août 1988, Denis Vasse appartient à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse, notamment après Vatican II et Mai 68 – événements fondateurs, chacun à leurs mesures, et catalyseurs de pensée. On peut citer Louis Beirnaert (1906-1985), ou encore Maurice Bellet (né en 1923), et même l’historien Michel de Certeau (1925-1986). Il y eut aussi, dans la même génération, François Roustang (1923-2016), qui, lui, avec le levier de la psychanalyse, rompit avec la Compagnie et l’Église, avant de récuser également la théorie freudienne. Les travaux de l’historienne et théologienne Agnès Desmazières rendent compte de ce phénomène.

L’œuvre de Denis Vasse, à la fois variée et concentrée, est riche de plus de quinze livres, publiés pour la plupart au Seuil et chez Bayard. Le corps, la chair et le désir, la voix et la parole en sont les thèmes principaux, aussi peu étrangers à la psychanalyse qu’à la théologie et à la philosophie. Pas de séparation nette, chez lui, entre la clinique, la pratique, l’écoute concrète des cas et la théorie que l’on peut en déduire. « En ne prenant pas le temps du désir, l’homme perd le chemin de la vérité », écrit-il.

« “Droiture” de sa pensée »



Au cours des dernières décennies, il avait été frappé par deux AVC qui l’avaient, lui l’homme de parole, réduit au silence. Le philosophe Jean-Louis Chrétien, qui préfaça en 2010 un recueil d’articles (L’Arbre de la voix. La chair, les mots et le souffle : le sujet naissant, Bayard), écrit : « Ce qui saisit d’emblée lorsqu’on découvre l’écriture de Denis Vasse, c’est la “droiture” de sa pensée et de son style ou de sa diction (…). Parole qui, en exposant ses questions, s’expose avec la nudité du visage. »
Parmi ses autres ouvrages, on peut citer – tous au Seuil : L’Ombilic et la voix. Deux enfants en analyse (1974), Le poids du réel. La souffrance (1983), ou encore L’Homme et l’argent (2008), dans lequel il plaide pour une « vie sans prix » et souligne le caractère mortifère de la réduction de l’existence à son aspect monétaire : « L’homme n’est pas une valeur en puissance. »
En 2001, il publia, avec Françoise Muckensturm un livre d’entretiens : La Vie et les vivants. Enfin, il consacra aux deux saintes Thérèse – d’Avila et de Lisieux – des essais, en 1991 et 1998. A propos de la seconde, la « petite Thérèse », Denis Vasse note son « étonnement » de découvrir en la sainte « cette traversée purifiante du narcissisme par un amour qu’aucune jouissance ne retient en soi-même, pas même la souffrance qu’il procure ». C’est un peu la synthèse des grandes intuitions de Denis Vasse.


1933 Naissance à Aïn Bessem (Algérie). 1958 Entre dans la Compagnie de Jésus.
 1969 Le Temps du désir (Seuil).
1971 Ordonné prêtre. 
1983  L’Ombilic et la voix (Seuil). 2008 L’Arbre de la voix (Bayard). 12 mars 2018 Mort à Francheville (Rhône)

 

la psychothérapie relationnelle, un champ disciplinaire spécifique à contre-courant

psychothérapie en Belgique : refus de la médicalisation forcée, nos collègues vers une autre dénomination ?

Georges Dandin s’est procuré une femme féministe !