La psychiatrie française va de plus en plus mal

La veille de l’Assemblée générale du SNPPsy voici un dossier qui tombe à pic. L’événement ayant créé l’émotion mériterait plus de sérénité et des mesures complexes sans rapport avec l’effet d’annonce d’un simple tour de vis spectaculaire.

La psychothérapie relationnelle, qui n’a pas directement affaire à la santé mentale et aux terribles maladies dont elle s’occupe si mal. Seule la réhumanisation et non un peu plus de déhumanisation des conditions d’internement résoudra le drame de personnes fragiles qui n’ont pas besoin qu’on les emprisonne davantage quand on ne les jette pas à la rue, mais qu’on les aide, en les écoutant, accueillant, soignant. Il faut une grande politique psy, et que cesse la liquidation de l’hypothèse psychodynamique et de la psychiatrie hospitalière dans notre pays.
Nous reviendrons bientôt sur cette terrible situation.

Philippe Grauer


Comme en boomerang, l’affaire réveille toutes les plaies de la psychiatrie. Le meurtre d’un jeune homme en pleine rue, mercredi 12 novembre, par un patient schizophrène échappé de l’hôpital psychiatrique de Grenoble, a secoué les équipes soignantes en santé mentale. Comme après l’affaire du double meurtre de Pau, en 2004, commis par un ancien patient de l’hôpital psychiatrique de la ville, médecins et soignants témoignent de la crise profonde de leur discipline. « On ne parle de la psychiatrie que quand il y a des faits divers, s’alarme Séverine Morio, infirmière à l’hôpital parisien Maison-Blanche. Mais c’est toute l’année que nous sommes en difficulté. On organise les ruptures de soin en faisant sortir trop tôt les patients, et ensuite on s’étonne qu’il y ait des passages à l’acte… »

Le drame de Grenoble intervient dans un contexte de crise latente, les appels à la grève se multipliant dans les services de psychiatrie. A l’hôpital de la Conception à Marseille, une équipe a observé un mois d’arrêt de travail, en octobre, pour refuser l’arrivée d’un patient réputé très violent ; le 6 novembre, une centaine de salariés de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu, à Lyon, ont débrayé pour protester contre l’agression d’une infirmière par un patient qui ne voulait pas sortir de l’hôpital ; mardi 18 novembre, des soignants des hôpitaux parisiens de Sainte-Anne, Esquirol et Maison-Blanche observaient également une grève pour « lancer l’alerte sur la dégradation de la psychiatrie en France ».

De fait, malgré l’effort consenti par l’Etat au titre du plan santé mentale 2005-2008 (plus d’1,5 milliard d’euros consacrés surtout aux rénovations d’établissement), les hôpitaux psychiatriques sont soumis à une forte contrainte financière.

En vingt ans, 50 000 lits d’hospitalisation ont été fermés, sans que les structures alternatives de prises en charge (appartements et centres d’accueil thérapeutiques) aient été ouvertes en compensation. Comme les hôpitaux généraux, les hôpitaux psychiatriques doivent répondre aux impératifs de gestion médico-économique, qui imposent de rentabiliser au maximum les lits disponibles : « Résultat, on pratique de plus en plus une psychiatrie de turnover, de portes tournantes », s’insurge Nadia Missaoui, syndicaliste CGT à Maison-Blanche.

Les soignants souffrent de ne plus pouvoir s’occuper suffisamment de leurs patients. « Le mot d’ordre, c’est des hospitalisations de plus en plus courtes, de quelques jours seulement, alors que les traitements mettent trois semaines à agir, explique Mme Morio. Du coup, on met dans la rue des patients pas encore stabilisés et qui ne savent pas où aller. » Il n’est pas rare que les soignants retrouvent leurs patients sur le trottoir, alcoolisés et délirants… avant qu’ils ne décompensent à nouveau et soient renvoyés à l’hôpital. « Le matin, on est rivés à nos plannings pour savoir quel patient on va pouvoir faire sortir parce qu’il y en a trois qui attendent dans le couloir, dénonce Agnès Cluzel, de l’hôpital Bichat. Et quand ils sortent, ils n’ont souvent que le numéro du SAMU social dans la main. »

En face, les familles ont souvent un sentiment d’abandon. « Beaucoup de malades mentaux sont hors de tout soin, s’alarme Anne Poiré, écrivain, auteur d’Histoire d’une schizophrénie, Jérémy, sa famille, la société (éd. Frison-Roche). Les patients viennent d’eux-mêmes à l’hôpital et on ne les soigne pas. On est dans une situation de déni de soin et de non-assistance à personne en danger. » Mme Poiré relate le cas d’une jeune femme qui avait fait une bouffée délirante. Sortie contre son gré de l’hôpital public, elle s’est présentée dans une clinique privée qui a refusé de la prendre et l’a renvoyée vers l’hôpital d’où elle venait. Sur le chemin, elle s’est suicidée.

Dans ce contexte, l’annonce par Nicolas Sarkozy, au lendemain du drame de Grenoble, d’un durcissement de la loi de 1990 sur l’hospitalisation sans consentement est perçue avec inquiétude par les soignants. Le président de la République veut créer un fichier des personnes hospitalisées d’office et durcir leurs conditions de sortie. « Nous sommes tous favorables à une réforme, mais nous refusons l’exploitation éhontée d’un fait divers pour servir la cause sécuritaire, s’insurge Norbert Skurnik, président du Syndicat des psychiatres de secteur. Qu’une population aussi inoffensive que les schizophrènes soit stigmatisée est inadmissible : ce sont nos patients qui sont en danger par manque de soins, pas l’inverse ! »

Pourtant, la psychiatrie est loin de rester sourde aux injonctions sécuritaires. Confrontées à des patients agressifs du fait d’un défaut de prise en charge, les équipes recourent de plus en plus à la contention et aux chambres d’isolement. A côté des cinq unités pour malades difficiles (UMD), réservées pour des séjours de six à douze mois, se créent aujourd’hui des unités de soins intensifs psychiatriques (USIP) pour de plus courts séjours : l’hôpital recrée en son sein les murs qu’il a tenté d’abolir au début des années 1980.

« On est dans le paradoxe permanent, explique Serge Klopp, cadre infirmier. Au nom de la désinstitutionnalisation, on a fermé les lits et on nous dit aujourd’hui qu’il faut enfermer les plus dangereux. Alors on multiplie les placements en chambre d’isolement, parce qu’on n’a pas le temps de les soigner quand ils sont en crise. Comme on ne peut plus contenir l’angoisse du psychotique par une présence rassurante, ils passent à l’acte beaucoup plus souvent. Résultat, on est dans le rapport de force et la gestion de la violence. » Entre sa mission de soin et l’impératif de sécurité qui s’impose à elle, la psychiatrie se débat de plus en plus dans les injonctions contradictoires.

Meurtre par omission

[Image : Sans titre]
de Jean-Pierre Klein

publié aux Éditions de l’Amandier

préface de Henri Caillavet.


L’ami Jean-Pierre Klein ne se contente pas de faire le psychiatre ou le directeur d’école, il affiche une créativité véritablement increvable. Pour rien au monde il ne faudrait omettre d’aller l’admirer et soutenir son texte et sa mise en scène. Ensuite, vous pourriez revenir ici même écrire ce que le spectacle vous aura inspiré, histoire de bavarder un peu sur la Toile.

Philippe Grauer


Cette pièce aborde avec pudeur et d’infinies nuances, mais aussi avec force et clarté la question de l’euthanasie.

Les interrogations sont nombreuses :
– Y-a-t-il une bonne et une mauvaise façon de mourir ?
– Comment réagir à l’appel désespéré d’aide à mourir ?
– Faut-il arrêter l’acharnement thérapeutique ?
– Comment vivre avec le souvenir obsédant de l’euthanasie d’un proche ?
– Comment vivre avec la tristesse de n’avoir pas été choisi pour offrir à un proche « une bonne mort » ?

La pièce, mise en scène par Philippe Adrien avec Agathe Alexis, Anne de Broca et Nicole Estrabeau sera jouée au Théâtre de l’Atalante

10 place Charles Dullin 75018 Paris

du 12 novembre au 10 décembre 2008

Débats tous les lundis et jeudis
– 17 novembre avec Jean-Luc Roméro (ADMD),
– 20 novembre avec Patrice van Eersel (Nles Clés)
– 24 novembre avec Michel Maffesoli (Sorbonne),
– 27 novembre avec Didier Dumas (le jardin d’idées)
– 1er décembre avec Dominique Desmichelle (JALMALV),
– 4 décembre avec Christian Phéline (neurochir.)

Réservations : 01 46 06 11 90

latalante.rp@gmailcom

Théâtre de l’Atalante

ALLONS AU CINÉMA ! 4 mois, 3 semaines, 2 jours : l’IVG en débat

4 mois, 3 semaines, 2 jours

de Christian Mungiu (2007)

Palme d’or Cannes 2007

Prix de l’Éducation Nationale, prix European Award 2007


Ce film dur, mais d’une qualité exceptionnelle, qui plonge au coeur d’une source de souffrances très répandue, nous permettra d’ouvrir le débat sur une problématique rarement discutée en France (ni ailleurs d’ailleurs), sans doute considérée comme sujet-piège et source de conflits : l’IVG, ses implications morales, sociales et humaines. Notre approche selon l’éthique philosophique devrait permettre sinon de résoudre le problème du moins de l’aborder.


Séance présentée et animée par Daniel Ramirez :

— L’avortement, une question de vie et de mort.

— Comment peut-on en débattre ?


L’Entrepôt — lieu des cultures — tel: 01 45 40 07 50

7, rue Francis de Pressensé, Paris 75014

métro Pernety

prix unique 8 €

Qu’est-ce que le sexuel pour la psychanalyse ?

INSTITUT DU CHAMP FREUDIEN

Sous les auspices du Département de Psychanalyse de l’Université de Paris VIII

SECTION CLINIQUE D’AIX-MARSEILLE SESSION DE PSYCHANALYSE APPLIQUÉE

14e année – Directeur : Jacques-Alain Miller

ENSEIGNEMENT de PROPÉDEUTIQUE À MARSEILLE (4e année) année 2009


Nous sommes heureux de vous transmettre cette informaiton sur un sujet sensible et central de la psychanalyse, dont la formule lacanienne il n’y a pas de rapport sexuel condense l’apport de Lacan. Si vous n’y entendez pas grand chose — par là je n’entends pas grand chose répondait Pierre Dac — allez-y voir. Si vous êtes connaisseur, allez-y reconnaître. Sinon, passez votre chemin, on vous aura informé. Cela se passe à Marseille, et de davantage de commentaire.

Phillippe Grauer


Qu’est-ce que le sexuel pour la psychanalyse ?

« Tout est sexuel » : cette considération est la plupart du temps imputée à la psychanalyse. C’est une interprétation de la découverte freudienne qui a fait scandale à l’époque : il y a dès la première enfance une sexualité, non réductible à la génitalité. Dès ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud a cherché à déterminer ce qui oriente le désir du sujet ; il ne transige pas quand il soutient que la sexualité donne sa spécificité à la psychanalyse.

La sexualité de l’homme est toujours problématique ; elle n’est pas, comme dans le règne animal, réglée et régulée par l’instinct mais par des pulsions. Freud construit la sexualité à partir du mythe d’Œdipe et du complexe de castration qui se décline différemment pour la fille et pour le garçon à partir du phallus et de sa signification. Pour Lacan, le signifiant phallique deviendra le signifiant privilégié du désir. La rencontre avec le sexuel est toujours traumatique.

La libido freudienne, essentielle dans la psychanalyse, désigne l’énergie en jeu du psychisme. Dès 1915 dans sa Métapsychologie, Freud introduit le concept de pulsion « comme concept limite entre le psychique et le somatique ». Pour Freud, la différence sexuelle s’exprime en terme d’activité-passivité. Il « n’y a qu’une seule libido qui est mise au service de la fonction sexuelle masculine aussi bien que féminine ». Comme toutes les pulsions, les pulsions sexuelles ne sont alors identifiables qu’au regard de l’objet. La libido d’objet ouvre sur la dialectique de l’amour.

À partir de Au-delà du principe de plaisir de 1920, Freud, reprenant le mythe grec d’Aristophane, indique la recherche nostalgique par le sujet de sa « moitié sexuelle » dans l’amour. Il oppose Éros, la pulsion de vie à Thanatos, la pulsion de mort. Le concept de jouissance lacanienne articule l’un à l’autre.

Saisissons le pas de Lacan. En 1964, la sexualité est prise dans les défilés du signifiant qui découpent la libido suivant une structure pulsative. En 1972, par contre, le dire du sexe ne s’atteint que par la démonstration dont l’écrit est le support. Il n’y a plus, pour Lacan, de réalité prédiscursive. Dans Encore, il dira même : « Chaque réalité se fonde et se définit d’un discours. » Mais ce qui s’obtient par la démonstration est l’impossible à écrire. L’impossible qui s’énonce : « il n’y a pas de rapport sexuel ».

Cet impossible n’a de consistance que logique. Aussi Lacan lui donnera son statut logique : il est ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire. Les dits – qui sont toujours des dits de castration –, dans les années 1960, sont impuissants à tout significantiser du réel sexuel ; dans les années 1970, ils cernent le dire comme impossible et le sexuel, comme rapport, ne peut être écrit.

Le réel que livre le « il n’y a pas de rapport sexuel » procède des impasses logiciennes. D’où une nouvelle définition du sexe : « l’ab-sens désigne le sexe ». Au point de l’écriture du rapport se démontre l’impossible à écrire le rapport sexuel. En 1964, le sexuel est traumatique, par définition. En 1970, c’est la langue qui est traumatique – c’est elle qui affecte le corps.


Déroulement

L’enseignement se déroule de janvier à juin 2009, tous les 15 jours, le vendredi de 14h à 18h à Marseille (nombre d’heures de formation : 44 heures)

Dates : 16 et 30 janvier, 6 et 20 février, 13 et 27 mars, 3 avril, 15 et 29 mai, 12 et 26 juin

Conditions financières : particuliers : 240 €, Institutions : 450 €, Étudiants : 165 €

Association Uforca Aix-Marseille pour la formation permanente N°Agrément 9 3 1 3 0 6 5 7 8 1 3 Secrétariat : 5, rue Vallence -13008 Marseille Tél. 04 91 22 63 79 ou 06 61 89 98 70 – Fax. 04 96 10 34 51 Courriel : section.clinique.am@wanadoo.fr SITE : www.section-clinique.org

Mort d’Alexander Lowen

Peu de temps après Eva Reich, voici que le fondateur de la bioénergie et continuateur de Wilhelm Reich vient de disparaître. Le Cifp qui s’honore d’une formation complète à la discipline dont il fut le père, l’Analyse bioénergétique, salue le pionnier créatif et résolu, une personnalité éminente de la psychologie humaniste américaine, puis de la psychothérapie relationnelle. Il s’est toujours dit psychanalyste, dans la lignée Reich. Saluons cet hommage qu’il entendait ainsi rendre à Freud.

Philippe Grauer


Dear friends and colleagues:

It was with great sadness that I inform you of the passing of our founder and mentor, Dr. Alexander Lowen. While expected, Al’s death nevertheless carries the shock of immediacy and finality. It falls to us now to honor his legacy. We have little information about the circumstances of his death, other than it occurred on Tuesday October 28, and it seems he passed peacefully. We have many different layers of connection to Al in our community, some near to him, others from afar, but we are all the beneficiaries of his courage and determination. The loss will be felt in many ways. I hope this serves as an opportunity for us to come together as a community and value our common heritage and grieve our loss together. Plans are underway for a events memorializing Al and his enormous contribution to our work and to our organization, and will be announced shortly.

C’est avec une grande tristesse chers collègues et amis, que je vous informe de la disparition de notre fondateur et guide, le dr. Alexandre Lowen. Quoique prévisible, la mort d’Al surgit avec la vigueur du choc de l’instant et de la finitude. Il nous appartient maintenant d’honorer ce qu’il nous lègue.

Nous ne disposons pas de beaucoup d’information sur les cirrconstances de sa mort sinon qu’elle est survenue le mardi 28 octobre et qu’il semble qu’il s’éteignit paisiblement. De près ou de loin, nous sommes tous les bénéficiaires de son courage et de sa détermination. Sa perte nous affectera diversement selon notre degré d’intimité avec lui. J’espère qu’elle fournira l’occasion pour nous de resserrer les rangs de notre communauté, valoriser notre commun héritage, et pleurer ensemble notre perte.

Des projets son en cours pour célébrer la mémoire de Al et sa contribution considérable à notre travail et organisation. Cela sera annoncé brièvement.

Scott Baum, Ph.D. on behalf of the IIBA Board of Trustees

This information is sent by email to all IIBA members. Please share it with any colleagues you know of who do not have internet access, thank you.

La présente information est adressée par courriel à tous les membres de l’IIBA. Nous vous prions de la partager avec tout collègue qui ne jouirait pas de l’accès à Internet.

Relational psychotherapy training, a hardy plant, thrives and will continue. Tout TCC à l’université : changer d’arrogance c’est passer du même à l’identique

& maintenant la même chose en anglais. Nos voisins britanniques, ceux de UKCP, voient eux-mêmes leur situation évoluer tant et si bien que leur modèle, de phare pourrait passer au statut de feu de naufrageurs.

Voici ce que leur écrit Michael Randolph leur rapportant la situatin française. Nous profitons de l’occasion pour rayonner au-delà de la sphère d’influence de notre francphonie, et procurer aux lecteurs anglophones le plaisir de changer de langue pour un temps, ça rafraîchit parfois.

En attendant de vous attaquer à Cassandra’s Daughter, mordez déjà dans ces quelques §§.

Philippe Grauer


Hi Maria, Here’s a brief outline of the French psychotherapy situation:

 Five years after a surprisingly vindictive and destructive psychotherapy law was passed in France, we are still arguing about its practical modalities. In the absence of any university based psychotherapy training, the government is trying to corner the use of the title of psychotherapist for clinical psychologists and psychiatrists. The local committees supposed to administer the registration are unlikely to contain any members from the psychotherapy community and will likely stick to the minimal stance demanded of them, checking the number of hours spent studying psychopathology and in clinical training in psychiatric units, for the most part essentially unsupervised and radically disconnected to any normal psychotherapy practice.

As in other countries, the French government is trying to impoverish even further the poor cousin of mental illness treatment. By some wayward amalgam, all psychotherapy has been drawn into this budgetary fray, and is often portrayed in parliamentary committees and sometimes in the press, what’s more, as a stalking horse for sectarian alienation. Creating even more confusion, the ranks of the psychoanalytic establishment, a quarrelsome brotherhood, can never seem to decide whether the writing is also on their own bedroom wall, or whether they would rather hold on to their usual disdainful rejection of psychotherapy as an inferior offering in every way. The net result is a feeling of backs to the wall (if only a Gauloise between the teeth and the running-board  of a flat six Citroen were suitable psychotherapeutic accoutrements, there would be many Résistants and few Collabos.)

In spite of important battles won – the Council of State has knocked back much of the content and formulations designating certain professional groups registered by simple decree as being unconstitutional – it is unlikely that the law will be shelved in favour of something more enlightened. This dismal picture is also darkened by the awareness that university psychology teaching has been almost completely taken over by a particularly unimpressive and truncated curriculum of cognitive-behaviorist leftovers.

The unassailable arrogance of triumphant  Lacanian psychoanalysis monopolizing psychology faculties in the seventies and eighties has, perhaps unsurprisingly, been replaced by the present unassailable arrogance of their erstwhile defeated enemies.  Nonetheless, in nooks and crannies, relational psychotherapy training, a hardy plant, thrives and will continue to train many outstanding students for a profession which is not about to bask or even warm itself in any form of official recognition.


Sounds a bit grim, but grim it is, unless you’re a Polyanna!

Do you know the book { Cassandra’s Daughter  by Joseph Schwartz (Karnac Books)? Really the best short history of the whole psychoanalytic movement up to the present (almost) that I’ve ever read. A remarkable piece of intellectual history enlightened  by a clear understanding and exposition of most of  the major clinical issues. Well worth suggesting to your students.

Michael}


   

Les femmes & la psychanalyse

Comme nous l’avons annoncé Le séminaire d’Élisabeth Roudinesco aura lieu cette année à l’École nationale supérieure des Beaux-arts, 14 rue Bonaparte, 75006 Paris.

Notez bien qu’il se tiendra par quinzaine le deuxième et quatrième mardi dans l’Amphithéâtre du Mûrier

Élisabeth Roudinesco
HISTOIRE DE LA PSYCHANALYSE
2008-2009

Les femmes et la psychanalyse

AGENDA : Deuxième et quatrième mardi du mois , de 18h à 20h
25 nov 2008, 9 décembre, 13 janvier 2009, 27 janvier, 24 février, 24 mars, 7 avril, 5 mai, 19 mai, 9 juin.


Ce séminaire est inclus dans :

– ÉCOLE DOCTORALE 382-EESS Économie, espaces, sociétés, civilisations.
UFR DE GÉOGRAPHIE, HISTOIRE, SCIENCES DE LA SOCIÉTÉ (GHSS) – UNIVERSITÉ DE PARIS VII-DENIS DIDEROT.

– Des étudiants avancés franciliens du CIFP s’y rendront avec profit en complément de leur formation. Contacter préalablement leur École.


On peut écrire à Élisabeth Roudinesco au 89 av Denfert Rochereau 75014 Paris


Mort des humanités ? psychothérapie, philosophie, histoire, lettres, même combat.

La révolte gronde dans les universités

Que vient faire ici l’offensive ministérielle contre les sciences humaines à l’université, dans le cadre d’une politique qui mine le principe même de la recherche dans ce domaine ? Au centre de gravité de la psychothérapie relationnelle qui s’appuie sur l’avènement du sujet on trouve l’humanisme. Que le commerce des hommes cède la place au commercial, voici qu’on retrouve les mêmes contre les mêmes.

« Triste vision de la science et du savoir« .

Les sciences humaines seraient-elles plus utiles au service du concept de yogourt au lait de chamelle rehaussé par sa cuillère panther qu’à s’efforcer de conceptualiser des systèmes à la Lévy-Straus ou Foucault ?

Tragique confusion des niveaux et des objectifs. L’humanisme est indivisible, et qu’il soit combattu par les comportementalistes en psychologie et psychiatrie, ou par leurs homologues dans le domaine de l’Histoire de la Philosophie ou des Lettres, il s’agit toujours de mettre à bas les humanités.

Culte de l’inculte

Nous sommes par nature opposés au culte de l’inculte et au désastre et déficit d’humanité afférents. Les Humanités restent indispensables au développement et à l’exercice de la psychothérapie relationnelle, nous participons des mêmes valeurs et appartenons à la même famille intellectuelle. Voici pourquoi nous affirmons notre solidarité avec elles.

Philippe Grauer


La  » mastérisation  » des concours d’enseignement menace la recherche

La révolte gronde dans les universités. Les uns après les autres, leurs conseils d’administration votent à l’unanimité des motions de protestation. Lyon-III, Paris-III, Paris-IV, Bordeaux-III, Caen : la liste s’allonge jour après jour. Ce que ni la loi sur l’autonomie ni la réforme du CNRS n’ont réussi à faire, la réforme des concours de recrutement du secondaire l’a finalement obtenu : une résistance généralisée aux diktats du ministère.

Le problème est d’abord celui du calendrier. Depuis plus d’un an, les universités croulent sous les réformes successives à absorber : autonomie, élections internes, plan licence, statuts des personnels, etc. Elles ne cessent de tout défaire et de tout refaire, mois après mois, pour complaire au ministère. Jamais elles n’ont subi autant de dirigisme technocratique que depuis qu’on a voté leur autonomie de façade.

Or, voici que le ministère leur demande, sur un coup de tête, de refaire en urgence la plupart de leurs diplômes de master, à une période où les universitaires sont débordés par les tâches de toute sorte et ne trouvent plus le temps de faire de la recherche, qui relève pourtant de leurs missions fondamentales. Ils en ont assez de marcher comme de petits soldats. Trop, c’est trop. Voilà une première raison du niet.

Certes, tout le monde se félicite que les enseignants du premier et du second degré soient désormais recrutés non plus au niveau de la licence, mais à celui du master. Ils seront, dit-on, mieux payés. Mais seront-ils mieux formés ? Ils le seraient s’ils bénéficiaient effectivement des deux années supplémentaires de formation par la recherche prévues pour un master.

Or tel n’est pas le cas. Le ministère se contente d’exiger des universités qu’elles valident comme master une formation bâtarde, correspondant peu ou prou à ce qui existe déjà, à savoir une année de préparation au concours du capes, suivie de l’année de formation en IUFM. Cela portera le nom de master, mais n’en sera plus un.

Ce sont surtout les disciplines universitaires les plus liées à l’enseignement secondaire qui se sentent menacées : lettres, philosophie, histoire, langues vivantes, etc. Actuellement, un étudiant qui souhaite présenter le capes dans ces disciplines fait souvent le choix de préparer un véritable master, sanctionné par un mémoire de recherche, avant de se présenter au concours. Les actuels professeurs certifiés sont donc pour beaucoup déjà titulaires d’un master, qui garantit la qualité de leur formation.

Dans le nouveau projet, ce ne sera plus possible : la plupart des étudiants choisiront les nouveaux masters d’enseignement, qui les prépareront aux concours, plutôt que les masters de recherche. Résultat : loin d’être mieux formés qu’aujourd’hui, ils le seront plutôt moins bien, puisqu’ils n’auront plus derrière eux cette expérience d’initiation sérieuse à la recherche qui fait tout le prix des masters actuels.

Mais là n’est pas le plus grave. Si toutes les universités se mobilisent, c’est que se profile la fin programmée de la recherche française dans les humanités. Face à la concurrence déloyale des masters d’enseignement, en effet, les masters de recherche n’auront plus qu’à disparaître et, avec eux, tous les séminaires qui les accompagnaient. Il ne sera plus possible de recruter les doctorants parmi ceux qui auront présenté les meilleurs mémoires. Tout le monde fera de la formation pédagogique à l’envi pour mieux préparer aux concours, qui se concentrent sur la simple connaissance du système éducatif, et tout ce à quoi aura abouti la » mastérisation  » des enseignants du secondaire, c’est de secondariser les universités. Dans le meilleur des cas, elles seront devenues de gros IUFM.

Le ministère de l’éducation nationale l’aura alors définitivement emporté sur celui de l’enseignement supérieur et de la recherche : triste vision de la science et du savoir… Si quelqu’un, au ministère, avait juré la mort de la recherche dans les humanités, il n’aurait pas fait mieux. Faut-il s’en étonner, quand on a entendu dernièrement un conseiller du premier ministre proclamer que la mission principale des sciences humaines consiste à former de bons VRP pour l’économie française ?

William Marx

Professeur à l’université d’Orléans, membre de l’Institut universitaire de France

Pourquoi le monde arabe n’est pas libre

La psychanalyse a quelque chose à dire quand le processus démocratique bloqué interdit l’avènement du processus de subjectivation, intimement corrélé à la liberté de parole et au développement de la citoyenneté.

PHG


JEUDI 13 Novembre 21h15 Séminaire mensuel de psychanalyse actuelle — 2008-2009

L’actuel, Ça n’empêche pas de penser…

Moustapha Safouan

ce 13 novembre 08 à 21:15

– Au 4 Place St Germain des Prés 75006 Paris — Salle des Bibliothèques,

nous recevons Moustapha Safoun pour son ouvrage :

Pourquoi le monde arabe n’est pas libre. Politique de l’écriture et terrorisme religieux

Éd. Denoël, 2008 — Trad. de l’anglais par Catherine et Alain Vanier.

ALLONS AU CINÉMA — Psychiatrie : Vies de fou

[Document : Samuel Luret & Jean-Thomas Ceccaldi, Vies de fou]

On nous signale ce bon film paru sur Canal. Il confirme ce que l’on savait de la misère de la psychiatrie en France. Nous rappelons qu’à côté du malaise il y a la maladie (l’un n’empêche pas l’autre mais ils ne sont pas forcément conjoints), que la maladie mentale, affaire de la psychiatrie, l’autre versant du soin, le médical, qui s’oppose (et parfois complète) au socio psycho philosophique du malaise affaire du soin pris de soi, ou souci de soi, souffre du fait que cette profession, rattrapée par la neurologie et progressivement effacée de la carte dans notre pays présente les caractères de la catégorie de l’espèce en voie de disparition. Situation hautement dommageable car les médecins généralistes manquent de la compétence spécifique requise.

Cela ne veut pas dire non plus que la psychiatrie n’aurait pas intérêt à s’appuyer, en réseau, sur la spécificité différente des psychothérapeutes relationnels et psychanalystes : ccopération logique souhaitable.

De plus en plus de schizophrènes sont à l’heure actuelle dans la rue et en prison. Qui croira que c’est le bon traitement à administrer à ces malades, et par voie de conséquence à la société ? le tout sécuritaire apparenté au tout neurologique tout médicament et tout génétique s’apparente à une nouvelle barbarie. Prenons garde qu’elle ne frappe, c’est bien le mot, un soir à nos propres portes.

Philippe Grauer


Quelle place notre société accorde-t-elle aux malades psychiatriques? Comment ceux-ci vivent-ils avec leur maladie? Ces deux questions guident le documentaire de Canal+ Vies de fous , “un voyage” plein d’humanité au coeur de la psychiatrie.

Les réalisateurs Samuel Luret et Jean-Thomas Ceccaldi ont passé dix-huit mois dans le milieu de la psychiatrie, des urgences de Sainte-Anne à Paris aux associations et hôpitaux fermés. Leur conclusion: celle-ci subit une diminution drastique de ses moyens alors que la demande de soins n’a jamais été aussi grande. Par exemple, on recense six fois plus de dépression qu’il y a trente ans, explique le documentaire. En 20 ans, les demandes de consultation ont doublé, de 700.000 en 1989 à 1,4 million en 2007.

Sans tomber dans le voyeurisme, la caméra s’attarde sur les visages des malades et des soignants. “Je suis toujours déçue quand je me réveille le matin et que je suis toujours là”, explique une patiente dépressive au chef du Centre psychiatrique d’orientation et d’accueil (CPOA) de l’hôpital Sainte-Anne, Marie-Jeanne Guedj. Cette dernière assure, lors de la présentation du documentaire, que le temps est à la rentabilité. Il faut faire sortir les patients au plus vite, ce qui pose problème au niveau de la continuité des soins, déplore-t-elle.

On charge le milieu associatif, afin de pallier les manques de l’État”, déplore le responsable d’une association. “Nous finissons par faire du gardiennage et non des soins”, se plaint un soignant. “De plus en plus de malades mentaux échappent au système de soin, et nombreux sont ceux qui se retrouvent jetés à la rue ou viennent remplir des prisons déjà surchargées”, raconte Samuel Luret. Près de 30% des détenus seraient atteints de troubles psychologiques.

Le documentaire met en outre l’accent sur l’augmentation de la responsabilité pénale des malades mentaux. Les réalisateurs et Marie-Jeanne Guedj mettent en cause notre modèle de société. Ils pâtissent d’”une crise sociale” et de “la politique sécuritaire”: “Quand les gens lâchent, ils ont plus de mal qu’avant à se réinsérer”, assure cette dernière, déplorant par ailleurs de voir “de plus en plus chez les malades des gens dangereux”.

Diffusion lundi 20 octobre à 20h45 sur Canal +