Geisser : une pétition à l’aveuglette

Libération du 25 juin 2009

Par Élisabeth Roudinesco,
historienne, directrice de recherches à l’Université de Paris VII (GHSS)

– suivi du

Droit de réponse d’Esther Benbassa


Et si demain on brûle les livres ? interpelle Esther Benbassa. La même réthorique suit son cours, excessive à l’excès. Ça n’est pas en maintenant le taux d’excitation polémique à son plus haut niveau qu’on s’y retrouvera dans cette affaire où l’invective tire plus vite que l’ombre du Prophète. S’il est fâcheux que le CNRS invite ses chercheurs à rendre des comptes sur ce qu’ils écrivent, il l’est tout autant que l’on soit sollcité à pétitionner par réflexe, sans qu’on vous explique tout de même auparavant de quoi il s’agit et si l’auteur incriminé ne serait pas quelque peu incendiaire. Pire encore, contre vous à qui on demande votre appui à son bénéfice, comme c’est le cas de Fehti Benslama et Abdelwahab Meddeb.

En tout cas cette pétition pose problème et ça n’est l’invocation ni de Vichy ni du régime nazi amateur d’autodafés qui va nous conduire sur la voie d’une réflexion mesurée et d’une réaction politique juste. Le site du Cifp, qui s’occupe de l’actualité de la psychothérapie relationnelle (aujourd’hui attaquée par une méchante loi partisane mais pas vychiste on ne confond pas tout) et de la psychanalyse, a hébergé volontiers le démarrage de la polémique en cours. Plutôt habitué du pétitionnement je n’avais pas en l’occurrence à me prononcer sur celui-ci. Je l’ai fait indirectement en appelant à ne pas prendre feu et flammes pour un pamphlétaire qui a bien le droit de forcer le trait en parlant de « national-laïcisme », mais ne devrait pas s’étonner que l’État l’interpelle à son tour sur ses emportements ultras, qui cessent de relever de la recherche pour verser dans l’insulte politique ; pas si scientifique que ça ce Monsieur du CNRS.

Philippe Grauer


Une pétition à l’aveuglette

Chercheur au CNRS, politologue et membre de l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe (IREMAM), Vincent Geisser, auteur d’un pamphlet, La nouvelle islamophobie, 2003, destiné à dénoncer les chercheurs et intellectuels qui se permettent de critiquer, non pas l’islam, mais l’islamisme radical, a été convoqué par un Haut fonctionnaire de la sécurité défense (HFD) devant le conseil de discipline du CNRS pour y répondre de “manquement à l’obligation de réserve”.

       Cette procédure est discutable et doit être critiquée car elle met en cause l’indépendance qui a été reconnue aux professeurs d’Université par le Conseil constitutionnel dans une décision (83-165) du 20 janvier 1984 et qui a été ensuite étendue à bon nombre de chercheurs. Mais il semble que jusqu’à présent elle n’a pas été contestée au sein du CNRS : ceci est à vérifier. On aimerait comprendre avec précision quel est le statut de ces fonctionnaires, quel rôle jouent-ils, etc…              

 Toujours est-il qu’à l’initiative d’Esther Benbassa, un comité de chercheurs parmi les plus brillants de ce pays a lancé le 10 juin 2009 une pétition en faveur de Vincent Geisser afin de le soutenir au nom de la liberté d’expression. Cette pétition a reçu le soutien de nombreuses associations. Esther Benbassa a cependant omis dans son appel de mentionner que Vincent Geisser n’est pas seulement un chercheur mais aussi un défenseur officiel en France de l’islamisme radical, largement contesté pour la dangerosité de ses propos par les représentants de l’islam des Lumières, Fethi Benslama et Abdelwahab Meddeb, notamment et bien d’autres encore, qui lui reprochent de les présenter comme des “ennemis de l’islam vendus à l’Occident” et de favoriser ainsi la cause de l’extrémisme religieux. Tous deux se sont manifestés dans des mails auprès d’Esther Benbassa pour que leur protestation soit simplement entendue. Bon nombre de signataires de cette pétition n’avaient pas connaissance des interventions de Vincent Geisser quand ils ont décidé de le soutenir.

       Or, les membres du comité n’ont pas pris en compte leurs arguments ni ceux des laïques attachés à l’islam des Lumières et qui réclament que soient fermement condamnés les propos insultants de Vincent Geisser, même si par ailleurs, ils sont favorables à une contestation des procédures disciplinaires imposées à des chercheurs du CNRS. Notons que Vincent Geisser a qualifié les dirigeants de SOS racisme de “facilitateurs d’islamophobie”, qu’il a fait de même avec l’Association Ni putes ni soumises (NPNS), qu’il s’en est pris également au Recteur de la Mosquée de Paris et qu’il a qualifié de “national-laïcisme” la loi contre le port des signes religieux à l’École.

       Il a surtout comparé Le HFD Joseph Illand chargé de son dossier à un “idéologue qui traque les musulmans et leurs amis, comme à une certaine époque, on traquait les Juifs et les Justes”. Celui-ci a porté plainte pour diffamation à titre personnel. Or les deux procédures sont incompatibles : un chercheur ne peut être à la fois poursuivi au pénal et objet d’une simple enquête administrative. Il faut donc maintenant que la direction du CNRS prenne clairement position afin de montrer que cette prestigieuse institution n’est pas un nid d’espions et que les chercheurs n’y subissent aucune atteinte à leur liberté d’expression sauf quand ils cessent d’être des chercheurs pour devenir des insulteurs.
    
       En attendant que le comité qui a lancé la pétition intègre ces données dans sa prise de position — ce qui contribuera d’ailleurs à la renforcer — et ne se contente pas de faire de Vincent Geisser le martyr d’une entrave à la liberté d’expression digne du régime de Vichy, au moment même où, en Iran, les opposants à l’obscurantisme fanatique risquent leur vie en se battant pour un islam modéré, j’ai refusé de la signer après une longue discussion par mails avec les membres du comité d’organisation.

       Quand j’ai fait connaître mes motivations, j’ai reçu une avalanche de mails. Certaines personnes et même des collectifs généreux avaient signé une pétition contre une procédure sans savoir qui ils défendaient ; d’autres, plus informées, avaient refusé de la signer parce qu’elle laissait entendre que les organisateurs de ladite pétition soutenaient les propos inacceptables de Vincent Geisser. Certains ont retiré leurs signatures et demandé des explications qui ne viennent toujours pas.

       Que ce soit clair : la phrase de Voltaire sans cesse invoquée, selon laquelle on doit, au nom d’un principe, défendre absolument la liberté d’expression d’une personne, ne s’applique que lorsqu’on est informé de ce que pense cette personne. Or, dans cette affaire, ce n’était pas le cas puisque la pétition présente le chercheur comme la  victime d’un harcèlement sans faire référence au contenu de ses interventions qui ne relèvent pas d’un travail de recherche. Si la pétition avait été plus “voltairienne”, je l’aurais signée : ce n’était pas le cas; elle est manichéiste et contraire à l’idée que l’on doit toujours requérir le “consentement  éclairée” des personnes auxquelles on s’adresse et donc les informer avec le maximum d’objectivité. Tel doit être, à mon sens, le véritable débat autour de cette affaire. La discussion est désormais publique et ouverte.


Droit de réponse dans Libération : Esther Benbassa

Le cas du chercheur Vincent Geisser, convoqué devant le conseil de discipline du CNRS pour «manquement à l’obligation de réserve», divise le monde universitaire. Une pétition en sa faveur, lancée par Esther Benbassa, a été refusée par Libération (et les autres quotidiens français) : il s’agit d’un appel pour le droit à la liberté intellectuelle – nous sommes tous pour, bien sûr – mais très vague. L’historienne Élisabeth Roudinesco a pris position dans Libération le 25 juin, expliquant qu’elle aurait signé cette pétition si on n’avait pas «oublié» de présenter ce chercheur qui défend l’islamisme radical, et attaque d’autres intellectuels comme « ennemis de l’islam vendus à l’Occident. » Esther Benbassa tente de montrer, ici, que Geisser n’est pas un islamiste. Chacun se déterminera.

L’appel lancé, à mon initiative, par «un comité de chercheurs parmi les plus brillants de ce pays» (1) a rassemblé à ce jour près de 5 000 signatures. Il bénéficie du soutien d’un grand nombre d’associations professionnelles (en sociologie, anthropologie, ethnologie et sciences sociales et politiques). Le 24 juin, 46 universitaires nord-américains parmi les plus prestigieux ainsi que les California Scholars for Academic Freedom (plus de 125 personnes) ont adressé une lettre ouverte à la présidente du CNRS et relayé à leur tour notre appel au respect du principe indivisible et inaliénable de la liberté intellectuelle des chercheurs et enseignants-chercheurs.

Tous, sur les deux rives de l’Atlantique, au nom de ce principe, nous exigeons la levée de la procédure disciplinaire engagée contre Vincent Geisser, pour empêcher qu’elle fasse jurisprudence. Les intellectuels américains, qui ont connu le maccarthysme et le bushisme, savent de quoi ils parlent. Nombre de membres du comité de lancement, de signataires et moi-même ne partageons pas, loin de là, toutes les prises de position de notre collègue. Nous considérons seulement qu’exiger de lui le respect d’un devoir de réserve, qu’accepter qu’un fonctionnaire de la défense, logé au Centre national de la recherche scientifique, juge sa recherche sur l’islam sans en avoir la moindre compétence constitue un précédent gravissime et une menace pour la démocratie elle-même.

D’autres que Vincent Geisser ont été la cible du même harcèlement, jusqu’à un chercheur en sciences dures dont le blog, hébergé par un serveur CNRS, a été censuré parce qu’il évoquait cette affaire. Cette ingérence intolérable risque de devenir la règle dans des universités dont les présidents, désormais autonomes, à savoir tout puissants, pourront se sentir autorisés à imposer toutes les censures. Un bon chercheur ne sera-t-il désormais plus qu’un chercheur docile, ressassant une science inoffensive, et se pliant aux diktats des sots et des puissants ? Vincent Geisser n’est pas un islamiste. Elisabeth Roudinesco, qui a expliqué dans une tribune dans Libération jeudi dernier pourquoi elle ne s’est pas associée à l’appel, ne l’a jamais lu sérieusement.

La rumeur faisant office de jugement scientifique, voilà où nous en sommes en effet. Le laboratoire de Geisser, la commission 33 du CNRS, instance d’évaluation légitime, ont dûment protesté contre cette dérive. Mme Roudinesco qui, si elle se prévaut d’un titre universitaire, n’appartient pas, à ma connaissance, au corps des chercheurs ni à celui des enseignants-chercheurs de la fonction publique, ne pourrait d’ailleurs pas siéger dans de telles instances. Intellectuelle jamais évaluée par sa tutelle, elle jouit d’une indépendance sans risque, à la différence de Geisser. Comme Mme Fourest dans Le Monde, Mme Roudinesco dans Libération juge et condamne dans l’ignorance. Elle pense et agit en fait exactement comme l’ingénieur général Joseph Illand, le fonctionnaire de défense du CNRS.

En accusant Geisser d’être un relais de l’islamisme radical (du terrorisme en fait), elle lui fait courir un danger majeur : la perte éventuelle de son emploi ou sa rétrogradation. La tribune de Mme Roudinesco est une insulte aux 5000 signataires de notre appel, qui ne sont ni des naïfs ni des ignares. Elle est un nouveau coup porté à la liberté intellectuelle dans ce pays. Oui, Mme Roudinesco, vous faites le jeu de ceux qui nous gouvernent et qui ne se lassent pas de mépriser les intellectuels. Bravo. Tant d’articles dans la presse, tant de renvois au travail de Geisser, un site web régulièrement alimenté pour informer le public en toute transparence, et vous parlez encore de «pétition à l’aveuglette» ?

Fethi Benslama et Abdelwahab Meddeb, «représentants de l’islam des Lumières» , du témoignage desquels vous vous prévalez, ont eux signé notre appel, et je leur rends solennellement hommage sur ce point, parce qu’ils ont eu la sagesse et le courage de signer en faveur d’un homme qu’ils considèrent comme un adversaire. Eux savent, comme nous, le prix de la démocratie et de la liberté de penser – y compris de penser contre eux. J’ajoute que nous n’avons enregistré à ce jour, malgré votre action contre cette pétition, que 5 retraits de signatures. De quoi nous parlez-vous donc ? Qui manipule qui ici ? Madame, je veux bien que vous soyez «voltairienne» . Soyez seulement un peu plus modeste. Car l’aveugle, pour l’instant, c’est vous. Si l’on brûle des livres demain, «voltairienne» , le serez-vous encore ?

Mme Benbassa est Directrice d’études à l’EPHE, membre du Collectif pour la sauvegarde de la liberté intellectuelle des chercheurs et enseignants-chercheurs de la fonction publique

(1) On obtient le texte de l’appel en cliquant sur ce lien.

Sauvons la clinique à Lyon

Sauvons la clinique Lyon communique


Informez-vous. Les psychologues cliniciens pratiquent un métier différent du nôtre. Allez comparer. Cela dit nous restons solidaires de nos confrères dans leur lutte pour une meilleure condition du travail hospitalier (celui qui nous est interdit), et pour une clinique du processus de subjectivation, d’inspiration psychanalytique.

À quand les enjeux de la formation de psychothérapeute relationnel aujourd’hui ? À quand maintenons et développons notre clinique relationnelle ?

Philippe Grauer


Lettre d’information 23 juin 2009

Prochainement soirée Sauvons la Clinique à Lyon

En raison du grand nombre d’inscrits pour cette soirée, la salle a changé pour une plus grande capacité d’accueil.

Mardi 30 juin, 20H30

à LYON

l’Espace Jean Couty,

56 rue Sergent Berthet 69009 Lyon.

Le 30 juin à Lyon Entrée libre sur inscription à l’adresse suivante

Psychologues cliniciens, formation, transmissions, pratiques, état des lieux.

Ouverture: Rémy Potier, maitre de conférence en psychopathologie, ,

Institut de psychologie, Université Lumière Lyon 2

Vers une définition de la clinique

René Roussillon, Professeur en psychopathologie, Institut de Psychologie, université Lumière Lyon 2

– Table ronde:

pratiques cliniques en institution, actualités

• Yannick Milleur, psychologue clinicien, CMP de St Priest, CH St Jean de Dieu.

• Mathieu Garot, psychologue clinicien, Interface 42, CHU St Etienne

• Eliane Moulin, psychologue clinicienne, ITTAC, CH Le Vinatier

– Table ronde:

La gratification des stages, quels enjeux pour la transmission

• Noémie Bonnefoy et Aurélie Frenay, étudiantes en psychologie, Membres du collectif stage

• José Da Silva psychologue clinicien, Association Santé mentale et communauté, Membres du collectif stage

Quels enjeux pour la formation du psychologue aujourd’hui

Albert Ciccone, Professeur en psychopathologie, Institut de Psychologie, université Lumière Lyon 2


Entrée libre sur inscription

à l’adresse suivante : 30juin@sauvons-la-clinique.org

Pour se rendre à l’Espace Jean Couty :

En métro

Ligne D jusqu’à la station Gorge de Loup.

– Sortie : Rue Sergent Berthet n°pairs.

– sur la place, prendre à droite jusqu’au niveau supérieur, puis à gauche, suivre les flèches « Espace Jean Couty ». (3 mn)

En voiture

– De Bellecour, prendre le tunnel de Fourvière, puis, à la sortie du tunnel, 1ère à droite.

– Puis 1ère à droite direction Gorge de Loup, puis 1ère à gauche, et 1ère à gauche direction Parc Relais.

– Se garer dans le Parc Relais niveau 0 extérieur, situé devant la salle, (accord avec les TCL pour la sortie sans ticket).

Burka : signe de secte signe des temps signe d’obligation éthique et citoyenne

La burqa, un signe sectaire et non religieux
On oscille entre diabolisation et laxisme

Le Monde, 22 juin 2009


Signe de secte ?

Puisque sur ce site nous voici rendus au chapitre de l’islam nous vous livrons cette réflexion anthropologique d’un observateur des religions. La psychothérapie relationnelle se voit quotidiennement diffamée par une campagne Accoyer victimariste populiste, malhonnête en ce sens qu’elle impute à ceux qui s’en démarquent une collusion avec des pratiques psycho totalitaires, elle se voit diffamée donc, au motif de « dérive sectaire », et à ce titre nous avons une petite idée de la manière dont on peut s’efforcer de discréditer n’importe quoi n’importe comment.

Cachez ce sein que je ne saurais voir

La question que pose ce vêtement cage, prison portative, du style Cachez ce sein que je ne saurais voir, mais tu n’as qu’à pas regarder ! et si tu regardes quand même interroge-toi toi-même au lieu d’entraver la vie d’autrui à cause de tes problèmes, qui fait honte de son corps à la moitié de l’humanité au bénéfice de l’autre installé de ce fait dans le statut de son propriétaire, nous concerne, nous psychothérapeutes relationnels. Nous savons le statut du corps dans le fait psychique et ce qu’il en est du moi corps , pas trop éloigné du moi peau. Nous avons quelque chose à dire à partir de notre clinique au sujet de la citoyenneté, de l’égalité des sexes et de la démocratie, et des signes extérieurs d’infériorisation ontologique de la femme.

Soutenir le principe de libération

L’articulation privé-public, intime-politique, est ici à l’œuvre. Quand et comment le fait individuel devient-il acte politique, et en faveur de quoi ? De l’oppression. Depuis quand ne devrions-nous pas soutenir le principe de libération au fondement même de la démocratie de nos sociétés, corrélativement au fondement même de la psychothérapie relationnelle, au motif qu’une secte intégriste somme toute récente prêche la régression au nom d’un islam qui n’en a jamais demandé tant, et que notre propre principe de tolérance laïque nous serait opposable ? À partir de quand avons-nous le devoir de dire non ?

De la soumission volontaire au devoir de protestation

On sait comment fonctionne la soumission volontaire. Dans notre droit, une personne n’a pas celui de se vendre comme esclave, fût-elle consentante. Jouir de la condition d’exclue n’empêche pas qu’il en soit protesté. Même, il fait un devoir de protestation à ceux qui sont témoins de cette aliénation imposée. Cela contribuera certainement à réveiller l’endormi. En tout cas à marquer le caractère de notre identité et de l’exigence de son respect, du respect des droits humains, droits universels, la question est bien là. La psychothérapie relationnelle, comme la psychanalyse, là-dessus n’a pas à marchander.

La liberté d’allure, de vesture et d’aller et venir est imprescriptible

Autant il est nécessaire d’user de discernement dans le maniement de l’argument anti sectaire qui peut se voir lui-même utilisé malhonnêtement, autant une fois qu’on a caractérisé un lieu de sectarisme totalitaire il convient de s’en tenir aux principes de la démocratie, du respect de la personne humaine sans exception dite culturelle qui annulerait la démarche. C’est valable pour les charlatans de la scientologie qui vendent comme objet de culte de simples machine à mesurer les intensités électriques, comme pour les tenants de pratiques entravant rien moins que la simple liberté d’allure et de circulation de la moitié de l’humanité.

Philippe Grauer


Rappelons que  » religion  » vient du mot latin relegere (accueillir) et religare (relier). Le croyant se ressource dans sa relation à Dieu pour aller vers les autres et trouver du sens à sa vie.

En revanche, le mot  » secte  » signifie  » suivre  » et  » séparer « . Historiquement, ce mot désignait la dissidence d’un groupe religieux mais, aujourd’hui, on l’emploie pour désigner toute  » association totalitaire qui porte atteinte aux libertés individuelles « .  » Secte  » a définitivement pris une signification péjorative en raison de l’intolérance manifestée par ces groupes, grands ou petits, vis-à-vis du monde extérieur, et des effets destructeurs constatés sur la personnalité des adeptes.

Que faut-il de plus pour interdire tout vêtement qui dépersonnalise un être humain ? La burqa ou le nikab ont ça de bien qu’ils sont clairs – si l’on peut dire – sur le but qu’ils poursuivent : il s’agit d’ériger une frontière infranchissable entre ceux qui sont  » dedans  » et ceux qui sont  » dehors « … Il s’agit de mener les adeptes à l’autoexclusion et à l’exclusion des autres, tous ceux qui ne sont pas comme eux…

Est-ce la peine d’entamer un grand débat sur de telles évidences ? Serait-ce le cas si ces groupuscules se référaient non pas à l’islam mais au christianisme ou au bouddhisme ? Car c’est un fait, lorsque la religion musulmane est en cause, chacun perd son latin et n’applique plus ses critères de raisonnement habituels. On ne sait pas où mettre le curseur : à partir de quand tel ou tel comportement relève de la liberté de conscience et à partir de quand révèle-t-il un dysfonctionnement, voire du radicalisme ? Tiraillé entre la peur d’entraver la laïcité et celle de tomber dans  » l’islamophobie « , on oscille entre diabolisation et laxisme. Celle qui porte un petit foulard rose assorti à son jean passe pour une islamiste alors que les intégristes passent pour des musulmans…

Car ne nous trompons pas : ces groupuscules qui se réclament  » salafistes  » ne s’inscrivent pas dans l’histoire musulmane, ils sont une émanation moderne de ce dernier siècle ! Ouvrir un débat pour limiter la liberté religieuse reviendrait à les considérer comme un courant musulman et non pas comme une simple secte. Toute leur stratégie consiste justement à faire passer leurs discours totalitaires comme s’ils étaient de simples commandements religieux. Selon ces gourous, pour respecter l’islam, la société est censée les accepter. Le positionnement contraire serait preuve d’islamophobie et d’ethnocentrisme.

Si un groupuscule avait la même attitude au nom d’une autre religion, cela fait longtemps que l’opinion publique aurait diagnostiqué son comportement comme préoccupant d’un point de vue psychique. À aucun moment, s’enfermer dans un drap noir n’aurait pu être rattaché à la simple application automatique d’une religion.

Cette hésitation à distinguer ce qui relève de l’islam de ce qui relève du dysfonctionnement d’une personne part, a priori, d’un bon sentiment : respecter les musulmans qui ont d’autres traditions. Mais à mieux y regarder, elle est aussi le produit de représentations négatives. Le laxisme et la diabolisation sont les deux faces d’une même pièce : tout accepter  » au nom de l’islam  » revient à avoir une bien piètre considération pour cette religion, qui continue à être perçue comme  » l’altérité même « .

Au nom du  » respect de la différence  » apparaît alors une nette tendance à tomber dans une sorte d' » enfermement dans la différenciation absolue « , qui permet d’appréhender n’importe quel dysfonctionnement comme le produit de cette religion  » restée archaïque « , puisque  » chez eux « , ce n’est pas comme  » chez nous « … Cette religion continue à incarner  » un autre monde « .

Accepter le drap noir ne serait pas un signe de respect de l’islam, ce serait au contraire perpétuer les stéréotypes datant de la période coloniale.

Dounia Bouzar

Anthropologue et chercheur associé à l’Observatoire du fait religieux


Burqa en débat

Le Monde vendredi 26 juin


Nous versons ce second texte à cet épineux dossier. PHG


Cinq ans après les débats passionnés sur le port du voile islamique à l’école et l’adoption d’une loi interdisant le port de tout signe religieux ostentatoire, la polémique rebondit aujourd’hui à propos du port du voile intégral – burqa ou niqab – par des femmes musulmanes. Lancée à la mi-juin par le député et maire (PCF) de Vénissieux, André Gérin, elle vient d’être relayée de façon spectaculaire par Nicolas Sarkozy.

Dans son discours devant le Congrès, le 22 juin, le président de la République a en effet jugé que la burqa  » n’est pas un problème religieux. C’est un problème de liberté et de dignité de la femme. C’est un signe d’asservissement. Ce n’est pas l’idée que nous nous faisons de la dignité de la femme. Je veux le dire solennellement : la burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République française « .

L’on a assez contesté, ici même, les ambivalences du chef de l’Etat sur la laïcité, notamment lors de son discours au Latran en décembre 2007, pour ne pas saluer la netteté de son propos. Adopté par les franges les plus conservatrices des sociétés musulmanes dans le monde – et par quelques milliers de femmes en France, semble-t-il -, le port du voile intégral ne peut se prévaloir d’aucune justification, ni du Coran ni de la tradition. La dissimulation radicale du corps féminin dans l’espace public soulève donc bien un problème d’égalité, de liberté et de dignité de la femme.

Mais ce constat posé – et justement posé -, que faire ? Le chef de l’Etat a prudemment demandé au Parlement de répondre à la question. Et en décidant, le 25 juin, de créer une mission d’information sur le sujet qui aura au moins six mois pour proposer un rapport, l’Assemblée nationale s’est, non moins prudemment, donné le temps de la réflexion. Sans s’enfermer, a priori, dans l’hypothèse d’une loi.

Prohiber par la loi le port de la burqa ou du niqab soulèverait, en effet, deux questions plus qu’épineuses. D’une part, au nom de quel argument ou de quel principe interdire à des femmes majeures une tenue vestimentaire, quelle qu’elle soit, dans l’espace public, sauf à confondre le législateur français avec une assemblée d’oulémas ? Ce qui a été décidé pour les établissements scolaires, précisément parce qu’il s’agissait des jeunes et de l’école, trouve, là, sa limite. D’autre part, sauf à imaginer une détestable ou ridicule police des moeurs, comment appliquer une telle interdiction, si le choix en était fait ? Beaucoup plaident avec énergie pour un islam moderne et tolérant. Ils ont raison. Il faut convaincre plutôt que légiférer.

Éditorial du Monde

Islamisme radical : soutenir une « victime » virulente contre ceux qui la soutiennent ?

A propos de l’affaire Vincent Geisser


L’affaire n’est pas du ressort strict de la psychothérapie, mais du domaine plus large des sciences humaines. Au moment ou l’Iran est soulevé par une vague de protestation sans précédent depuis des années contre celui que les manifestants par millions dénoncent comme dictateur usurpateur, il convient de ne pas s’embrouiller dans la défense d’un chercheur rappelé à l’ordre, non pour sa recherche mais pour son engagement dans une politique dont la République a le droit et le devoir de s’inquiéter.

Ne confondons pas tout, les temps sont difficiles, nous autres psychothérapeutes relationnels en passe de nous voir interdits de porter notre propre titre en savons quelque chose, mais ça n’est pas Vichy.

Élisabeth Roudinesco, applique à ce cas la méthode de chercheur en histoire soucieuse de l’établissement rigoureux des faits. Nous vous livrons sa mise au point. Il est toujours bon que les partisans des Lumières soient eux-mêmes éclairés.

Les intertitres sont de la Rédaction.

Philippe Grauer


Un chercheur pamphlétaire

Chercheur au CNRS, politologue et membre de l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe (IREMAM), Vincent Geisser, auteur d’un pamphlet (La nouvelle islamophobie, 2003) destiné à dénoncer les chercheurs et intellectuels qui se permettent de critiquer, non pas l’islam, mais l’islamisme radical, a été convoqué par un Haut fonctionnaire de la sécurité défense devant le conseil de discipline du CNRS pour y répondre de “manquement à l’obligation de réserve”.

Procédure discutable

Cette procédure est discutable et doit être critiquée, car elle met en cause l’indépendance qui a été reconnue aux professeurs d’Université par le Conseil constitutionnel dans une décision (83-165) du 20 janvier 1984 et qui a été ensuite étendue à bon nombre de chercheurs. Mais il semble que jusqu’à présent elle n’a pas été contestée au sein du CNRS : ceci est à vérifier.

Dangerosité

Toujours est-il qu’à l’initiative d’Esther Benbassa, un comité de chercheurs a lancé le 10 juin 2009 une pétition en faveur de Vincent Geisser afin de le soutenir au nom de la liberté d’expression. Cette pétition a reçu le soutien de nombreuses associations. Esther Benbassa a cependant omis dans son appel de mentionner que Vincent Geisser n’est pas seulement un chercheur mais aussi un défenseur officiel en France de l’islamisme radical, largement contesté pour la dangerosité de ses propos par les représentants de l’islam des Lumières, Fethi Benslama et Abdelwahab Meddeb notamment et bien d’autres encore, qui lui reprochent de les présenter comme des “ennemis de l’islam vendus à l’Occident” et de favoriser ainsi la cause de l’extrémisme religieux. Tous deux se sont manifestés dans des mails auprès d’Esther Benbassa pour que leur protestation soit entendue. Il semble d’ailleurs que bon nombre de signataires de cette pétition n’avaient pas connaissance des interventions de Vincent Geisser quand ils ont décidé de le soutenir.

Comdamner les propos, contester la procédure

Or, les membres du comité n’ont toujours pas pris en compte les arguments des laïques attachés à l’islam des Lumières et qui réclament que soient condamnés les propos de Vincent Geisser, même si par ailleurs, ils sont favorables à une contestation des procédures disciplinaires imposées à des chercheurs du CNRS. Notons que Vincent Geiger a également qualifié les dirigeants de SOS racisme de  “facilitateurs d’islamophobie”, qu’il a fait de même avec l’Association Ni putes ni soumises (NPNS), qu’il s’en est pris également au Recteur de la Mosquée de Paris et qu’il a qualifié de “national-laïcisme” la loi contre le port des signes religieux à l’Ecole. Il a comparé le FD à un “idéologue qui traque les musulmans et leurs amis, comme à une certaine époque, on traquait les Juifs et les Justes”. Ses interventions et les critiques qui ont été formulées contre lui sont disponibles sur l’Internet. Chacun pourra en juger et décider ou non de le soutenir.

Digne du régime de Vichy ?

En attendant que le comité qui a lancé la pétition intègre ces données dans sa prise de position et ne se contente pas de faire de Vincent de Geisser la victime d’une entrave à la liberté d’expression digne du régime de Vichy, au moment même où, en Iran, l’islam modéré combat l’obscurantisme fanatique, j’ai refusé de signer cette pétition.

SNPPsy/AFFOP communiqué commun

– Syndicat national des praticiens en psychothérapie et psychanalyse — SNPPsy

– Association fédérative française des organismes de psychothérapie et psychanalyse — AFFOP


Nos bonnes Écoles dûment agréées par nos institutions historiques responsables et reconnues, comme le CIFP, poursuivent leur tâche de transmission de la psychothérapie relationnelle dont elles continuent de détenir le monopole de la formation, conduisant bien entendu à son exercice.

Seul le titre générique de psychothérapeute se voit accaparé par la médecine et la psychologie, qui désirent l’utiliser dans le cadre de la fonction hospitalière. Nominalisme. C’est l’enseigne qui se voit captée. Notre profession reste en place au sein du carré psy, comme auparavant, dans le cadre de l’exercice libéral.

Rien ne change sur le fond puisque nous demeurons les seuls à savoir ce que nous savons, à le transmette, partager et pratiquer, au mieux des intérêts de notre profession et de ceux qui y recourent. Nos institutions tutélaires protestent, c’est la moindre des choses, puis avec elles nous poursuivons notre chemin. Nos étudiants continuent d’étudier puis de pratiquer. La vie, notre métier, continuent.

Philippe Grauer


COMMUNIQUÉ — 1er juin 2009

Vote d’une loi partisane sur le titre générique de psychothérapeute

La loi du 4 août 2004 créant le titre légal de psychothérapeute rend obligatoire une formation à la psychopathologie pour obtenir ce titre.
Le projet de loi — amendement 22 septiès de la loi sur la Reforme de l’hôpital — voté à l’Assemblée nationale et légèrement amendé au Sénat, réserve l’accès à cette formation aux titulaires d’un diplôme de médecine ou d’un master de psychologie ou de psychanalyse — soit après cinq années d’études universitaires dans une université d’État.

Si cette disposition est votée, elle aura pour effet de fermer l’accès au titre à des psychothérapeutes formés hors de l’Université par les organisations professionnelles, dont certaines représentent pourtant des garanties de haut niveau pour l’acquisition des compétences nécessaires à l’exercice de ce métier.

Les organisations professionnelles (syndicats, fédérations, écoles de formation) des psychothérapeutes relationnels ont créé depuis vingt cinq ans des règles de formation et d’exercice de ce nouveau métier qui démentent le rideau de fumée d’accusations de « sectes et charlatans » utilisées par ceux qui mêlent un souci légitime de protection du public avec la défense des intérêts corporatistes ou idéologiques des autres professionnels du psychisme.

Les psychothérapeutes relationnels qui refusent cette loi partisane continueront de combattre pour une reconnaissance légale légitime (1« ), à la mesure de celle que les patients leur ont déjà manifestée.

Philippe GRAUER, président du SNPPsy

Jean-Michel FOURCADE président de l’AFFOP

  • 1 Sous le nom du titre générique de psychothérapeute. Il est bien entendu que nous sommes maintenus comme profession privée. Psychopraticiens relationnels et multiréférentiels, nous sommes libres d’exercer.

Les sans papiers du CARRE PSY : non expulsables

PHILIPPE GRAUER

Une ambition légitime

On peut estimer légitime de vouloir définir des conditions d’accès au titre générique de psychothérapeute. Il devient déraisonnable de tirer la couverture de la définition d’un côté ou de l’autre des quatre du carré psy, une couverture raccourcie découvrant l’un ou l’autre plus ou moins totalement, au lieu de tenir compte de l’existence paradigmatique de ces quatre protagonistes institutionnels des professions du psychisme.

Déshabiller Pierre pour revêtir Paul

Par manque volontaire de tissu on procéda successivement des années durant au déshabillage de Paul pour revêtir Pierre. Cela n’a jamais fonctionné. À chaque fois le déshabillé protestait qu’il était demi nu, et pourquoi lui, que c’était tant qu’à faire à l’autre de l’être, pis qu’il exigeait que ce le fût. L’opération se doublait d’ailleurs de vastes offensives de politiques universitaires d’occupation du territoire scientifique, au bénéfice généralement du cognitivisme, au détriment de la psychanalyse.

Noms d’oiseaux en vue d’un nettoyage psychique

L’hostilité s’adressait le plus souvent d’abord à la psychothérapie relationnelle, dernière arrivée au carré psy — naguère triangle, dont une rhétorique hostile refoulait jusqu’au nom, nié ou dénié, connoté à des termes diffamatoires tels que charlatanisme et dérive sectaire. Bref, il fallait procéder d’urgence à un sérieux nettoyage psychique.

Mobilisation

Une mobilisation sans précédent de l’opinion éclairée, des experts et d’une partie importante du peuple psy, fit barrage à cette vindicte. Elle n’atteignit pas ses objectifs. En face enfla la rage.

3 côtés égaux sur 4

L’article 52 étant contradictoire dans ses différents articles, aucun décret d’application ne put jamais habiller une loi bancale, demeurée du coup inapplicable. Un nouvel amendement Accoyer, car il en est l’auteur véritable, proposé récemment dans le cadre de la loi HTSP, vient remettre d’équerre la loi 52. Cette fois tout le monde sera traité pareil, réjouissons-nous s’exclame M. Le Guen, du Parti socialiste, appuyé par l’éternelle alliée du Dr. Accoyer, le Dr. Génisson. Traité de façon égale sauf pour ceux qui sont moins égaux que les autres. Les locataires des trois côtés du Carré reconstituant le triangle initial, auront accès à l’usage du titre selon les mêmes conditions, embrassons-nous ! le quatrième n’existant plus, peu importe, titre confisqué à ceux qui précisément l’avaient introduit, soutenu, maintenu et honoré, voici qu’on vous propose un Carré psy singulier, un carré triangulaire équilatéral aux trois côtés égaux certes, amputé de son côté gênant.

250 à 500 heures de psychopathologie universitaire

Le fond du problème est simple : que tout usager du titre générique de psychothérapeute ait bénéficié d’un volume d’heures — le ministre Xavier Bertrand avait chiffré à 250, c’était remonté à 450 — de psychopathologie clinique diligentée par l’université. Proposition finalement oubliée. On vient d’y substituer une issue ultra. Solution rudimentaire à la Accoyer, simplicissime : devenir préalablement psychologue, ce qui comporte pour un quart les fameuses heures, et au terme de cinq ans d’études dans une discipline qui n’a à voir que pour moins d’un quart, de l’aveu même des psychologues, avec la psychothérapie relationnelle, bénéficier du droit au titre générique. Psychologue on se trouvera dispensé même d’études sérieuses dans le domaine, autant il est vrai que pour administrer des thérapies à protocole point n’est besoin d’études spécialisées longues et difficiles. Réjouissons-nous de cette égalisation du jeu : la loi garantit que dorénavant aucun psychothérapeute officiel ne connaîtra notre métier. Docte ignorance.

Injustice redoublée

Et si l’on est consciencieux, on pourra reprendre des études en psychothérapie relationnelle sur cinq nouvelles années pour se spécialiser, que les psychologues se rassurent, d’ailleurs ils n’ont craint à aucun moment, il s’agit seulement d’une option, le législateur se désintéresse de la question. Ils protègent leur pré carré et militent pour l’ignorance de notre domaine. Manque de curiosité scientifique et injustice sur injustice.

Acharnement

Pourquoi un tel acharnement, et surtout est-il équitable de procéder ainsi ? les Écoles aux formations spécifiques que se sont données les psychothérapeutes relationnels sont variées de contenus et de niveau. Les deux fédérations de praticiens en psychothérapie relationnelle et psychanalyse connues et responsables, ainsi que les deux syndicats professionnels historiques, ont de longue date critérisé les écoles dépendant de leur système d’encadrement et de contrôle.

Certification double et à double sens

Il demeure que lesdites écoles délivrent des diplômes privés, garantis seulement par les fédérations, fussent-elles européennes elles sont surtout uniquement professionnelles, et que le niveau d’équivalence au Master 2 de psychologie n’est pas garanti. Le législateur a raison, en l’état actuel des choses la certification doit être double pour valoir pour tous. D’où l’idée du quota d’heures de psychopathologie, venant appuyer les formations spécifiques de 2000 heures (cinq années universitaires, la quotité ordinaire pour un master professionnalisant) des dites écoles. Y joindre l’idée connexe que tout psychologue ou médecin désireux d’exercer la psychothérapie relationnelle devrait venir l’apprendre de nos institutions, seules détentrices d’un savoir qu’ignore et veut continuer d’ignorer l’université française. Au grand dam de la qualité de la réflexion théorique et des soins dont on nous rebat les oreilles.

Deuxième âge

Il se trouve par ailleurs que le recrutement de nos écoles s’adresse à des personnes du deuxième âge, parvenant à cette profession par reconversion, atypiques donc par rapport à la population étudiante classique, en cela comparable aux Sciences de l’Éducation, sauf que cette dernière constitue une discipline universitaire et que pour des raisons historiques trop longues à expliquer ici la psychothérapie relationnelle n’a pour l’instant pas accédé à cette dignité, et quand elle l’eut esquissé, avec Max Pagès et Edmond Marc, l’entreprise ne survécut pas à leur magistère.

VAE : vae victis ?

Précisément le moment est venu de créer un premier système de passerelles, plutôt que de couper les ponts. La VAE, validation des acquis de l’expérience, constituerait une passerelle idéale. Obstacle majeur, les psychologues refusent systématiquement de faire jouer ce système en direction des psychothérapeutes relationnels au motif … qu’il s’agirait d’une tout autre profession.

Clans et vengeances ou juste loi

Il faudrait savoir. La rhétorique ici s’embrouille, on trouve facilement à cinq lignes de distance s’accumuler l’argument selon lequel la psychologie comprend (attention au sens ici de ce verbe) la psychothérapie, puis strictement l’inverse, que de plus il ne s’agit en aucun cas d’une profession, et le contraire. Ce cafouillage révèle l’existence d’une zone confuse, tout aussi grise que le concept de soin, entendu médicalement comme soin administré, ou philosophiquement comme souci, véridiction de soi. Il révèle également le jeu de rivalités corporatistes intenses dans ce milieu— qui n’en détient toutefois pas le monopole. Rappelons qu’il n’appartient pas au législateur d’entrer dans le jeu des clans et des vengeances, mais de proposer une juste loi.

Intégrisme contre homologation

Une autre solution consisterait à homologuer les écoles qui le peuvent, quitte à leur donner un délai raisonnable pour entrer dans des normes elles-mêmes raisonnables. Point n’est en ce domaine l’intention du ministère, inspiré jalousement par le Dr. Accoyer qui sait ce qu’il veut : une éradication. La République n’est pas intégriste, nous ne sommes pas une incarnation du mal, qu’un député à idée fixe pourrait traquer jusqu’au dernier représentant, associé à un site victimaire et à des scientistes adorateurs du Chiffre. Certains voudraient en finir avec 68, d’autres avec le processus de subjectivation en commençant par nous, au nom d’une morale populiste et de l’ignorance.

Barrer la route à l’intolérance

Jamais ils ne toléreront notre existence, jamais non plus les français n’admettront l’intolérance. Leurs groupes de pression continueront de barrer la voie à notre originalité rigoureuse en étanchéifiant tous les circuits possibles. L’entreprise est condamnée d’avance. Leur règne n’aura qu’un temps. Nous pouvons annoncer sans savoir de quelle façon cela se produira que nous avons déjà gagné. Nous serons comme l’eau, elle trouve toujours son chemin. Nous barrer la route est heureusement devenu chimérique.

Une loi partisane

Ainsi au cours de la bataille d’amendements que connut le Sénat la semaine passée, où le sénateur Sueur proposa une série de modestes aménagements (mais de bonne consistance), le verrouillage et la mauvaise foi opposés à toute amélioration de la loi mise au vote ont manifesté un souci autre que d’équité. Cela est dommage, et injuste. Il n’est jamais bon pour la République de se doter d’une loi partisane, marquée d’iniquité, d’arrogance et de contre-vérités. Cela constitue à terme un facteur de désordre et risque d’instaurer une ambiance discriminatoire ruineuse du bien vivre ensemble.

Un type de pratique clinique originale

La psychothérapie relationnelle dans ses meilleures écoles, programmes et résultats , représente une ressource au titre de la psycho diversité profitable à la recherche, à la clinique, au développement des sciences humaines dans notre pays, à la population enfin, à qui elle propose un type de pratique clinique original, inédit, honorablement efficace et autorégulé. Heureusement que nous existons, sur le terrain et par nos écoles, car si on avait compté sur l’université actuelle pour répandre notre savoir la France serait dans ce domaine un pays arriéré. Au lieu de s’occuper de discréditer et bannir nos cliniciens de la cité, mission impossible au demeurant, il serait grand temps de songer à les accueillir, en toute rigueur et sans discrimination partisane.

Une équitable psycho diversité

Notre psychothérapie ne cessera de revendiquer l’usage d’un titre générique qu’elle a su créer et de soutenir qu’il est malhonnête de le lui confisquer pour le confier à des adversaires épistémologiques. Elle trouvera ses solutions dans la situation qui vient. En aucun cas une véritable normalisation du champ psy ne doit faire jouer ce dernier terme dans son sens soviétique, sans quoi le nouveau mur qu’on aurait édifié se verrait destiné à l’issue de beaucoup de souffrances et d’injustice à voler en éclats par le simple effet d’une inévitable épiphanie institutionnelle à venir. Nous le proclamons solennellement, et appelons tous les psychothérapeutes et psychanalystes épris de conscience professionnelle et de justice de ce pays à nous rejoindre dans le combat pour la nécessaire diversité des professions du psychisme faisant pleinement place au processus de subjectivation, pour en un mot qui ici pèse de tout son poids, nous voir à notre tour traités de façon normale.

Paradigme incontournable

On peut prédire que notre psychothérapie relationnelle, sérieusement implantée comme pratique et référence théorique d’esprit pluraliste dans le tissus social de notre pays, se maintiendra et vivra, jusqu’à sa pleine et légitime reconnaissance au service de tous. Déterminés, nous demandons aux professionnels de se mobiliser pour que continue de vivre un courant psy héritier de la psychologie humaniste existentialiste américaine, inspiré de psychanalyse, paradigme inévitable des autres courants et tendances dont aucun ne doit exercer les pleins pouvoirs au détriment d’un autre.

Nous imposer sur le plan intellectuel

Il nous reste une responsabilité historique à assumer. Quelles qu’en soient les modalités, accéder au domaine de la recherche universitaire en nombre et en force, accéder au domaine du concert de la pensée, la seule vraie, la pensée scientifique (au sens de sciences humaines cliniques). Notre mouvement dispose de revues, dont certaines tiennent la route, nos congrès et colloques se succèdent, continuons d’écrire écrivons ouvrages et articles, dont certains, produits ou non par des universitaires, sont de qualité. Nous ne sommes pas absolument absents sur la scène du débat scientifique. Mais nous manquons de personnalités comme Roland Gori ou Élisabeth Roudinesco, qui nous imposeraient sur le terrain intellectuel. Français encore un effort ! Nos Écoles devront former les défenseurs de demain des valeurs et savoirs qu’elles seules sont en capacité et charge de représenter et diffuser.

Devoir de transmission

Continuons de faire fonctionner des Écoles sérieuses et dignes, soigneusement sélectionnées et encadrées par nos modestes seules forces. Ça n’est pas suffisant mais déjà nécessaire. Continuons de transmettre, comme nul part ailleurs, le cœur du message spécifique qui est le nôtre, dont nous sommes les uniques dépositaires, de l’héritage de la psychologie humaniste à son point d’articulation problématique mais fécond avec la psychanalyse. Nous avons le devoir de le maintenir, développer et remettre aux mains de la génération qui vient. Nous continuerons d’honorer ce service historique.

Saine légitimité

Parallèlement on devrait être en droit d’attendre des pouvoirs publics qu’ils fassent savoir que nous méritons le respect, en qualité de professionnels organisés et responsables, et suscitent les moyens législatifs d’exister et d’exercer en paix et saine légitimité dans une société ouverte et tolérante.

Accéder à la vérité de soi

Si tel devait ne pas être le cas, au vu de l’attitude d’une Ministre de la Santé ayant rompu avec le style d’ouverture de ses deux prédécesseurs, nous dénoncerions une loi agonistique, visant non à encadrer les pratiques psys mais à chercher à en détruire une que pour d’obscures raisons certains ne pourraient pas souffrir et ce au détriment des besoins légitimes de la population de ce pays et de son droit de recourir — ce qu’elle fait déjà et conforte notre situation sur le terrain, pour accéder à la vérité de soi aux parrésiastes de son choix.

Vers des États généraux de Sauvons la clinique en 2010

Vers les Etats Généraux de la Clinique en 2010.

Très bientôt nos commentaires

Depuis les pétitions du 23 mai 2007 (13000 signataires) et du 5 juillet 2008 (16285 signataires), les réunions et les assemblées générales que nous avons tenues, nous ont permis de partager les analyses de la situation actuelle et de mieux définir les buts du mouvement en cours. En même temps, l’actualité n’a cessé de confirmer les craintes qui ont été à l’origine de « Sauvons la clinique » et de la nécessité d’une réponse collective à la hauteur des menaces qui se précisent jour après jour. Il est clair aujourd’hui, que nous assistons à une convergence des forces du néolibéralisme, du scientisme et de l’utilitarisme pour imposer une vision réductrice de l’humain dont nous constatons les applications dans plusieurs domaines : l’éducation, la recherche, le soin, les libertés, etc.

C’est pourquoi nous avons dernièrement concentré nos efforts sur l’articulation de ces différents champs touchés par cette idéologie, en initiant l’appel des appels (www.appeldesappels.org) qui compte aujourd’hui 76000 signatures de soutien et plus d’une dizaine de comités locaux partout en France. Fort de cette coordination regroupant des professionnels du soin, du travail social, de la recherche, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, il est plus que jamais nécessaire de poursuivre nos efforts pour penser ce qui constitue la menace spécifique à notre secteur d’activité.

La démarche clinique reste en ligne de mire à travers des textes législatifs et administratifs, à travers des dispositifs d’évaluation quantitative, homogénéisante. Or, ce que nous appelons « clinique » correspond à une conception du soin que la communauté humaine doit au sujet souffrant, ce qui engage une politique et un choix de civilisation.

Ce choix est antinomique de la logique de la performance économique et de ses artifices déréalisant qui destinent la société à une débâcle comparable à celle de la sphère financière, que la crise actuelle vient cruellement d’actualiser. C’est pourquoi, notre intérêt pour la clinique n’est pas dissociable des intérêts de la cité et qu’il nous faut plus que jamais penser ensemble les enjeux d’aujourd’hui et de demain.

Sur la base d’une solidarité du clinique et du politique, nous appelons à la plus large participation possible à la préparation des Etats généraux, à l’horizon 2010. Les enjeux liés à la loi Bachelot, à la logique ARS et par ailleurs à la masterisation des diplômes de l’université, invitent plus que jamais à ce rassemblement et à un travail de fond pour ne pas sombrer dans ce qui se dessine et vient mettre plus que jamais à mal nos professions et la possibilité de remplir nos missions. A cette étape, la mobilisation passe par : La créa tion de comités locaux « Sauvons la clinique » à l’échelle institutionnelle, départementale, régionale, inter associative, etc. L’initiative reste ouverte à tous, à titre individuel ou collectif et suite à vos sollicitations, nous reprenons contacts avec vous pour vous encourager à la mise en place de tels dispositifs. Il revient à chaque comité de décider de la forme à donner à son action et à sa contribution. Indiquons néanmoins quelques dossiers importants :

Etat des lieux faisant ressortir à la fois les difficultés, les menaces, les atteintes à l’activité clinique, et en même temps les expériences de refus de se soumettre, d’inventivités pratiques, théoriques et institutionnelles.

– Elaborations théoriques individuelles ou collectives autour des grands axes suivants
:

1) Qu’appelle-t-on clinique ?

2) La formation

3) L’évaluation

4) la recherche

5) Clinique et lien social

6) Pratiques clinique et politique

– Contact et sensibilisation des acteurs politiques et associatifs susceptibles d’apporter leur appui moral, logistique ou financier au mouvement « Sauvons la clinique ».

Sortir de l’isolement est un impératif catégorique de résistance, plus que jamais nécessaire. Aussi, pour témoigner dès maintenant de cette impulsion, une soirée Sauvons la Clinique s’organise à Lyon le 30 juin prochain et entend inaugurer une longue série de rencontres que nous espérons nationales. Ainsi, suite à vos initiatives locales, à vos réflexions, un premier rassemblement des comités locaux pourrait avoir lieu début 2010 afin de préparer les Etats généraux, qui ne seront utiles qu’à témoigner de nos efforts collectifs dans la durée et de produire et permettre des résultats concret dans l’exercice de nos professions engageant le soin psychique.

Dernière minute au Sénat

Peu d’amendements acceptés au Sénat, une argumentation non exempte de mauvaise foi et d’attaques diffamatoires, le spectre d’Accoyator rôdait dans les discours sécuritaires verrouillés.


Jean-Michel Fourcade nous mande, depuis le Sénat

Cet après midi le Sénat a adopté l’article 22 septies déjà voté par l’Assemblée Nationale, plus :

– l’amendement 799 du sénateur SUEUR : « Compléter le troisième alinéa de cet article par une phrase ainsi rédigée: Le diplôme de niveau master peut être délivré par l’Université dans le cadre de la validation des acquis de l’expérience« 

– le sous amendement du sénateur VASSELLE à l’amendement du sénateur SUEUR adopté: « Dans le texte de cet amendement remplacer les mots  » l’Université » par les mots: un établissement d’enseignement supérieur« .

La Ministre peut à la fin de l’examen de la loi par le sénat demander un nouveau vote (à 1heure du matin …) pour que le Sénat annule ces deux textes et ainsi échapper à la Commission mixte paritaire sur l’article 22 septiès.

(À suivre)


Le débat — texte intégral

Pour en savoir plus cliquez sur Sénat mais n’oubliez pas d’écouter Armstrong.

Allez, un peu de douceur pour compenser tout cela.

MIVILUDES : erreur de cible ou campagne diffamatoire ?

Nouvel amendement Accoyer

Le Sénat débat de l’amendement Bachelot, en fait un nouvel amendement Accoyer, lequel exerce sa haute surveillance sur l’opération pour s’assurer que cette fois ça passera, strictement dans ses termes et conditions.

On méconnaît les institutions responsables on charlatanise une profession toute entière

Georges Fenech président de la Miviludes, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, publie les résultats des travaux 2008 de la Mission. À l’occasion de quoi il lance un avertissement diffamatoire contre “les psychothérapeutes”, généreusement repris par les médias, quitte ensuite lors d’une obscure interview à nuancer son propos sur le thème ils ne sont pas tous mauvais, il y a aussi grâce à Dieu quelques bons juifs. Mais vous savez, faire le tri serait trop difficile, en se méfiant de tous on est sûr de ne jamais commettre d’erreur. Reprise du fameux “Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens”.

Paralogisme rampant

Ainsi le Rapport aborde la question de la « multiplication d’offres relatives au bien-être et à l’épanouissement personnel dépourvues de toute évaluation sérieuse, et dont certaines présentent un risque réel pour la santé« , à “l’encadrement des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique”. Il poursuit sur la frontière sensible entre un “charlatanisme” simple, plus ou moins inoffensif quoique parfois dangereux, et la dérive sectaire, qui peut être supportée (l’auteur doit vouloir dire soutenue) ou favorisée par de telles pratiques.

Marchands de bonheur vs. praticiens de la souffrance, confusion générale

Un irrépressible glissement — faudrait-il parler de dérapage à ceux qui parlent de dérapeutes au lieu de faux thérapeutes ? — brouille la fameuse “frontière sensible”. Parti de méthodes de “bien-être” on glisse vers la pratique “à visée thérapeutique”, glissement furtif, équivoque, fallacieux, car on ne franchit pas impunément la frontière entre ces deux espaces épistémiques et scientifiques distincts, l’un s’occupe de développement personnel et de course au bonheur, l’autre de la souffrance, on confond au lieu de distinguer. Fâcheux méthodologiquement et éthiquement.

Au Temple solaire c’était des médecins

Le tout enfariné dans le “charlatanisme simple”, farine blanche, bientôt décliné en “dérive sectaire”, farine brune : les charlatans, faux thérapeutes (et non psychothérapeutes notons-le au passage), confineraient à la dérive sectaire. Possible pour certains, nous ne recevons au SNPPsy pratiquement aucune plainte de ce genre. Laquelle dérive peut aussi bien on le sait concerner des praticiens dûment diplômés. En matière de secte le diplôme ne fait rien à l’affaire et même souvent les bons sectateurs sont hyper diplômés, médecins par exemple, comme au Temple solaire proche de la circonscription du dr. Bernard Accoyer, ils se sont souciés d’une bonne couverture, eux.

Le chaînon douteux

Une chaine sémantique et logique douteuse se trouve ainsi constituée : développement personnel > “à visée thérapeutique” > “charlatans simples” (déjà dangereux) > dérive sectaire. Le premier chaînon menteur, dérapeur, abusif, étant le à visée thérapeutique.

Et voilà pourquoi votre fille est muette

Mais nous tenons le second chaînon douteux. Comme charlatan égale psychothérapeute relationnel (par extension ou contagion psychanalyste) en langage Accoyer standard, depuis le développement personnel, domaine parfaitement étranger à la psychothérapie, jusqu’à la dérive sectaire, en quatre pas vous avez disqualifié par paralogisme redoublé la psychothérapie relationnelle.

Prestidigitation : distinguer le vrai du faux devient malaisé

Il aura suffi de substituer les faux psychothérapeutes aux vrais. Il aura suffi d’ignorer que les vrais, les psychothérapeutes relationnels, de notoriété publique, ont établi la distinction depuis plus d’un quart de siècle et se sont comme le SNPPsy expressément policées pour se distinguer des pseudos. Et se sont dotés d’Écoles soigneusement critérisées aux vastes programmes où l’ouverture, la critique et l’exigence intellectuelle sont constatables par qui voudrait s’en enquérir.

Primum non nocere

Certains en effet comme en scientologie singent grossièrement la psychologie d’ailleurs davantage que la psychothérapie, encore moins la relationnelle. Qu’on les confronte à leurs turpitudes et ne nous mêle pas avec une entreprise parfaitement étrangère à nous. Au lieu malignement de nous confondre avec ceux contre qui nous luttons puisque nous faisons métier de libérer les sujets. Il n’est jamais recommandé d’user de malhonnêteté intellectuelle, disons de méthodologie incertaine, a fortiori lorsqu’on entreprend de lutter contre l’immoralisme et le désir d’emprise de sectes antidémocratiques et antihumanistes. Pour paraphraser l’adage, premièrement ne pas se nuire. Ne jamais se disqualifier soi-même dans le cadre d’une juste lutte contre toute entreprise d’asservissement de l’autre.

Pourquoi diable nous sataniser ?

On aurait souhaité en l’occurrence ne pas voir engager de combat collatéral partisan à l’occasion de la nécessaire vigilance contre les véritables sources d’aliénation. Alors, pourquoi diable (mot à ne pas prononcer ici) constate-t-on que cela s’est produit sous nos yeux sidérés ?

Hommage aux travaux de Roland Gori

Le veille de la fête de la musique ce sera à Marseille la fête à Gori.

Des études sur la passion à la dénonciation vigoureuse de la médicalisation de l’existence, Roland Gori marque notre époque et nous nous réjouissons de voir célébrer ses travaux par sa chère université de Provence.

Tous ceux qui sont libres ce jour-là, allez en profiter

Samedi 20 juin

3 place Victor Hugo

Amphi Marion

[Document : En hommage aux travaux de Roland Gori]