par Philippe Grauer

JEAN-MICHEL FOURCADE S’ÉTEINT & RESTE BRILLANT AU FIRMAMENT DE LA PSYCHOTHÉRAPIE HUMANISTE ET RELATIONNELLE

Un des grands leaders de la psychothérapie humaniste puis, dans le cadre de la psychothérapie relationnelle, co-"inventée" puis constamment soutenue par lui et moi juste avant la fin du siècle précédent (1997-2000), de sa psychanalyse intégrative (2011), s'est éteint cette nuit à 5 heures du matin. Né à Dax, qu'il aimait beaucoup, le 3 mai 1943, inéteignable comme personnalité marquante de la psychothérapie et de la psychanalyse (il fut analysé par Lucien Kokh), à laquelle, membre de la SIHPP, il demeura fidèle, il restera une des références majeures du mouvement des Nouvelles Thérapies, qu'il a puissamment contribué à diffuser en France et en Europe.

Organisateur émérite du 5ème congrès de Paris de l'Association européenne de psychologie humaniste, qui réunit plus de 1 000 participants en 1981, sous le haut patronnage du Président de la République, il avait présidé à l'organisation en août 1972 du premier rassemblement officiel à Nice de ce qui allait devenir le mois suivant le CDPH. Co-fondateur de la FFRAPIM en 1978, il co-fonda l'AFFOP, par scission de la FFdP, à la cofondation de laquelle par le SNPPsy et le PysG il avait participé en 1996, AFFOP dont il fut le premier et troisième président, en 1999. Homme de principe et de fidélité à la foi révolutionnaire qui l'animait, il aura combattu jusqu'à ses dernières forces, donnant ultimement à la NFL qu'il avait fondée, et à l'AFFOP qu'il avait co-fondée, toute son énergie de reste. Fondateur de la SFPI, Société française de psychanalyse intégrative, en 2011, il est resté jusqu'au bout attaché à l'idée intégrative, fondamentale à ses yeux. Il a contribué à soutenir, illustrer, diffuser, protéger, sans relâche la profession de psychothérapeute, rebaptisée psychothérapie et psychopratique relationnelle, à l'issue de la honteuse confiscation du vocable psychothérapeute* en France par la médecine et les psychanalystes-psychologues opportunistes, à qui cette manœuvre n'aura pas porté chance.

Tous ceux qui ont eu le privilège de travailler avec lui, à commencer par son syndicat, le SNPPsy, dont il fut longtemps une personnalité dirigeante, peuvent en être fiers. Il est mort vaillamment, tenant tête à un cancer avec une fortitude exemplaire. Honneur et longue vie posthume à l'un de nos plus remarquables fondateurs et militants.


* Devenu titre d'exercice professionnel, réservé aux psychologues, à l'exclusion des praticiens qui avaient fondé et illustré ce vocable en l'autoréglementant de façon responsable sous l'égide du SNPPsy. Il n'y a qu'en France que les véritables psychothérapeutes, interdits de leur nom, doivent s'appeler psychopraticiens relationnels.


Voir également sur le Bulletin de la SIHPP : Disparition de Jean-Michel Fourcade, par Élisabeth Roudinesco