par Philipe Grauer

« psychothérapie relationnelle » — charte

CHARTE DE LA PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE

1) le psychopraticien s'engage en tant que sujet auprès de la personne venue lui demander son aide à l'occasion d'une situation de souffrance psychique. Son implication, comportant le recul professionnel nécessaire, relèvera d'une empathie émotionnelle, cognitive, mature. Sa compétence de professionnel engagé est garantie par une formation et un encadrement constant, validés par une institution historique responsable.

2) le patient[1] reste "l'expert" de son cas[2] et s'engage de son côté à prendre en charge activement, de façon impliquée autant émotionnellement que cognitivement, le processus qui va se développer à partir de leur rencontre.

3) le processus de recherche et d'évolution s'effectue à deux[3], à l'occasion d'un dialogue non vertical, dans lequel le patient conserve une large initiative. Le praticien pouvant proposer, interpeler, se montrer confrontatif, sur une base non autoritaire (principe de démocratie participative).

4) la relation existentielle telle qu'elle se développe en situation de séance, dans l'ici maintenant — et ensuite, constitue un des matériaux de base du processus à travailler.

5) la dimension inconsciente de la relation demeure partie intégrante de ce processus. Elle est prise en charge différemment selon les méthodes.

6) le psychopraticien se tient à l'écoute amicale bienveillante de la personne du patient. Ce qui n'empêche ni le débat contradictoire, ni la coïncidence de soi à soi du praticien, ni son écoute de sa relation en retour (contre-transfert).

7) Cette navette relationnelle permet à celui qui est venu "voir quelqu'un" de constater qu'il existe sur terre un lieu dans lequel il est attendu et entendu dans une ouverture d'être à être, engageant en commun le dialogue de leur humanité au service du souci de soi du demandeur.


[1] Patient : personne venue "voir quelqu'un", en psycho dépannage. Nous optons ici pour ce terme d'origine médicale (qui renvoie à souffrance) donc bourré de contre-sens, au motif qu'il faut dans ce genre de démarche souvent s'armer de patience. Une patience relationnellement assistée.

[2] Cela n'empêche pas tout dialogue critique utile.

[3] Ou à plusieurs sous la conduite du professionnel.